Archives pour: 2014

30.12.14

Permalien 16:22:23, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Lettre d’une enfant de la guerre aux enfants de la crise, d’Evelyne Sullerot (Fayard) est l'antidote au "Suicide français"

Madame Sullerot est l’une des plus grandes rebelles du XXe siècle. Nous lui devons beaucoup et pourtant les médias parlent de banalités consternantes au lieu de rendre compte du nouvel ouvrage de la très grande dame. “C’est le dernier” dit-elle. Et le respect il est où ? A force de voir les pantins du PAF, les gens, qui n’ont plus le temps de penser, regardent et ne voient plus, entendent et n’écoutent plus.

Voici le “J’accuse… !” d’Evelyne Sullerot. Il s’agit d’une forte opposition au Suicide français d’Eric Zemmour qui attise la discorde. Les vrais rebelles sont interdits de télévision. On n’y voit que des amuseurs publics de mèche avec le système bien établi par 200 personnes qui défilent dans notre salon souvent dans des simulacres de dispute. Ils s’insultent avant de se congratuler lors du démaquillage. A 90 ans, Mme Evelyne Sullerot dérange tant l’establishment que les médias institutionnels l’ignorent parce qu’elle n’a pas construite de marionnettes du PAF : « Je n’ai jamais voulu faire carrière ». Elle est l’illustration vivante du vers de Philippe Soupault : «Quand on est jeune, c’est pour la vie ». Au Japon, elle serait un Trésor national. En France, on l’a oubliée, pire on la boycotte. Et pourtant, elle est une Reine de notre démocratie, si loin de ses décervelées qui pensent en playback, tous faux seins dehors.
On ne parle que des livres dont on parle. Le nouvel ouvrage de Mme Sullerot – dont elle dit que «c’est le dernier, vu mon âge… »- ne fait pas le « buzz» parce qu’il a été écrit par une femme libre, très loin des histrions médiatiques patentés. L’indomptable fait peur. Avec sa lucidité légendaire, elle précise que nous sommes dans le règne de la «culture narcissique». La preuve ? Les deux auteurs de bestsellers en 2014 ont fait la une du journal… où ils sont salariés ! Ceux qui sont heurtés par le «c’était mieux avant» doivent lire Mme Sullerot qui nous rappelle « qu’avant », il y avait les nazis et les collaborateurs sur le sol français. La parole de l’éternelle insoumise effraye parce qu’elle se permet de dire : « A un moment, je me suis aperçue que j’étais entourée de gouines (sic). On ne peut pas faire un mouvement de femmes, rien qu’avec des gouines. A l’époque, elles ne pouvaient pas comprendre la vie d’une mère de famille ». L’époque c’était l’immédiat après-guerre.
Mme Sullerot est l’une des plus grandes intellectuelles de notre temps, étant entendu qu’elle intervient toujours pour améliorer la vie de ses semblables. De sa voix douce, il dégage la force des cœurs purs à l’éthique de fer. Face à Mme Sullerot, on est devant une héroïne moderne, de la trempe de Mairie Curie, Colette, Joséphine Baker et Germaine Tillion. Féministe de la première heure, elle est désormais considérée comme une traîtresse parce qu’elle estime que les pères n’ont pas assez la garde de leurs enfants. C’est un comble de voir la pionnière du féminisme condamnée par des femmes qui bénéficient des acquis de ses anciens combats très loin d’être gagnés d’avance.
Son livre est enthousiaste sur l’avenir à condition que les Français soient aussi unis que les Allemands depuis leur réunification. A propos de l’Allemagne, il est bon de rappeler qu’on y entend ce dicton : « Heureux comme Dieu en France ». Il n’y a pas meilleur slogan publicitaire en faveur de notre pays. Pour combattre le racisme- cette peste que d’aucuns répandent à des fins électorales- il est urgent de rappeler la confidence de Picasso: « Devant les statuettes africaines c’est moi qui les interrogent et non pas le contraire ». Personne ne cite Schopenhauer : « Tout homme blanc est un homme décoloré ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mme Sullerot, dès ses 15 ans, est devenue résistante. Une attitude qui tranche avec celle de Simone de Beauvoir au micro de Radio Vichy quand elle ne séduisait pas une de ses jeunes élèves pour la refiler à son amant, l’auteur de La nausée. Orpheline de mère à 18 ans, en 1943, la résistante Sullerot a dû aussi s’occuper de ses frères et sœurs plus jeunes qu’elle. Brillante étudiante, elle est arrêtée par les sbires de Pétain qui l’accusent de «propagande antinationale et propos hostiles au Chef de l’Etat ».
Dans la Lettre d’une enfant de la guerre aux enfants de la crise, elle ne se vante pas de son courage, préférant massacrer la vision idyllique des «Trente glorieuses ». Là où il est courant de saluer le plein emploi, elle rétorque que la période 1945-1975 est celle où les femmes étaient dépendantes d’un mari qui leur donnait de l’argent de poche comme on paie une putain. De fait, s’il y a plus de chômage c’est parce que les femmes ne se contentent plus de récurer les casseroles. Mme Sullerot nous rafraîchit la mémoire pour nous dire «qu’avant» on n’avait rien à manger dans des lieux sans chauffage, sans eau chaude, sans aucun progrès des commodités. En revanche, il y avait de l’amour à revendre. On n’avait pas le temps de sniffer de la cocaïne qui était réservée à l’élite artistique. A propos de poésie, Madame Sullerot précise qu’elle lui a permis de rêver pendant les années noires de l’Occupation. Son goût l’a portée vers Apollinaire, Saint-Pol-Roux, Desnos, Joë Bousquet, René Char et Jacques Prévert. « La France était rayée de la carte du monde, mais la culture française brillait toujours par ses poètes ».
Certains écrivains sont des artistes du langage, d’autres- comme Mme Sullerot- écrivent pour faire avancer la société vers un bien-être qui profite à tous. Mère de famille nombreuse, la sociologue a fondé, en 1955, avec le soutien de la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé et l’aide du docteur Pierre Simon, ce qui deviendra le « Planning Familial » : « Lucien Neuwirth est allé voir de Gaulle pour le convaincre de se prononcer en faveur de la contraception orale… » Mme Sullerot, l’une des plus grandes femmes de gauche, et Mr Neuwirth, du camp opposé, ont travaillé ensemble pour améliorer notre vie. La pilule a été acceptée par les politiques en 1967. Cela n’a pas empêché le démographe Alfred Sauvy d’avoir la plus haute estime pour Mme Sullerot. « Il n’y avait que des hommes là-dedans » dit-elle à propos de l’Assemblée nationale au temps du général. Cela a fait tellement scandale qu’il a fallu attendre la loi Simone Veil de 1975 pour que soit acceptée la dépénalisation de l’avortement, sous la présidence VGE.
La combattante a retiré du pouvoir aux hommes afin de permettre aux femmes de décider quand elles veulent tomber enceinte et aussi de s’épanouir dans leur sexualité. Pour encourager l’émancipation professionnelle des femmes, elle fonda «Retravailler », en 1974. Voilà pourquoi la gent masculine ne se précipite pas vers elle pour la célébrer. La lutte n’est pas finie puisque d’innombrables jeunes filles considèrent l’avortement sous l’angle de la contraception. Mme Sullerot fait appel à ce qu’on a de meilleur en nous, à l’opposé de ceux qui ont la haine pour fonds de commerce.
-Lettre d’une enfant de la guerre aux enfants de la crise, d’Evelyne Sullerot. Fayard, 208 p., 17 €.
A écouter sur You Tube les entretiens de Mme Sullerot réalisés par l’Agence Info Libre.

29.12.14

Hommage perpétuel à Nelson Mandela: un film de Justin Chadwick, un livre de Katie Daynes (Usborne)

Nelson Mandela était un artiste de la politique. Son charisme et son talent d’orateur étaient immenses. Picasso a peint pour chanter les louanges de la liberté totale. Mandela a fait la même chose mais dans la vie réelle et non pas dans sa représentation.

Mandela, un long chemin vers la liberté
Un film de : Justin Chadwick
Avec : Idris Elba, Naomie Harris, Tony Kgoroge, Riaad Moosa, Fana Mokoena, Zolani Mkiva, Simo Magwaza.
En complément du film de Justin Chadwick, il faut se procurer le petit livre de Katie Daynes- petit par la pagination- car il est d’un apport très important. Bourré d’illustrations, il condense toute la vie du grand rebelle pacifiste. Je ne me séparerais jamais de ce livre. Voilà le vrai livre rouge !
Nelson Mandela était même doté d’un humour décapant. Quand Mg Tutu lui a dit:
-"Un chef d’état ne porte pas des chemises bariolées comme vous…"*
Mandela a riposté, éclatant de rire:
-"Et c’est un homme en robe qui ose me dire cela!”
D’habitude, les acteurs qui incarnent des gens réels sont plus beaux que les originaux.
Concernant Nelson et Winnie Mandela c’est impossible. Les comédiens sont aussi beaux que leurs modèles. Pas plus.
Nelson Mandela est l’un des hommes les plus importants du XXe siècle et sans doute le plus important.
Il a est à l’origine de la fin officielle du régime de l’apartheid installé en Afrique du Sud.
Pacifiste convaincu, il a fini par prendre les armes quand les blancs ont tiré à vue sur les noirs désarmés.
Cet homme au mental d’acier n’a jamais voulu prendre sa revanche: il a empêche la guerre civile.
Il avait tout: beau, fort, intelligent, cultivé, aimant le sport, grand séducteur, exceptionnel orateur, auteur d’aphorismes, poète, philosophe, chef de guerre… Nous sommes en face d’un génie. Et quelle élégance ! Chirac, Jospin et Hollande sont ridicules avec le maillot de l’équipe de France. Mandela lui avec celui de l’Afsud semblait porter un smoking.
Il ne faut pas non plus oublier Frederik de Klerk, l’ex président de l’Afsud a en effet été à la base de la libération de Mandela.
Le dernier président blanc sud-africain, Frederik De Klerk, a partagé le prix Nobel de la paix avec Mandela:
-"Le courage, le charme et l’engagement de Nelson Mandela envers la réconciliation et la Constitution, ont été une source d’inspiration non seulement pour les Sud-Africains, mais pour le monde entier. Je crois que son exemple lui survivra et qu’il continuera à inspirer tous les Sud-Africains, pour réaliser sa vision de société multiraciale, de justice, de dignité humaine et d’égalité pour tous. Tata [Papa], vous allez nous manquer. Mais sachez que votre esprit et votre exemple seront toujours là pour nous guider vers la vision d’une Afrique du Sud meilleure et plus juste", a déclaré De Klerk à la mort de Mandela.
Le film retrace le parcours de Nelson Mandela, de son enfance en milieu rural à son investiture comme premier président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement. Nous sommes en face du destin extraordinair d’un homme très humble qui s’insurgea contre l’ordre établi pour faire triompher ses convictions. Mandela n’est pas une stupide icône contestable comme Che Guevara.
Le superbe comédien britannique Idris Elba s’est glissé dans la peau de l’homme devenu président de l’Afrique du Sud en 1994, après 27 années de prison. Sa sublime compatriote Naomie Harris incarne sa deuxième épouse Winnie Mandela. Le très réussi film de Justin Chadwick est réalisé dans la grande tradition romanesque d’Autant en emporte le vent. Avec celui de Clint Eastwood, il sert très bien la mémoire de Mandela. Le XXe a donné Hitler mais aussi Mandela. Il faut savoir choisir son camp.

-Nelson Mandela, par Katie Daynes. Traduction de l’anglais par Véronique Duran. Usborne, 64 p., 5,50 €

Les diffusions du film:
Mardi 30 décembre 2014 à 16h45, Canal+ Cinema
Mercredi 31 décembre 2014 à 09h30? Canal+ Sport
Vendredi 2 janvier 2015 à 14h30, Canal+ Cinema
Lundi 5 janvier 2015 à 10h00, Canal+

28.12.14

Lloris empêche Man United de gagner alors que City et Chelsea ne se sont pas imposés. Arsenal est le grand gagnant du premier match retour

19e journée de Premier League. Début des matchs retour
Dimanche 28 décembre 2014 (13 h, Canal + sport)
Tottenham 0-0 Manchester United

Man United a perdu une belle occasion de reprendre deux points sur Chelsea et Man City qui ont été tenus en échec. Au lieu de revenir à 8 points de Chelsea, MU reste à 10 points des leaders.
Man United ne s’est pas imposé à Tottenham parce que le gardien niçois Hugo Lloris a fait un très grand match. Il a arrêté un ballon de Young qui s’apprêtait à se loger en pleine lucarne. Et auparavant, Lloris eut même la baraka de voir un coup franc s’écraser sur le montant alors qu’il était scotché sur sa ligne soudain pleine de glue. En deuxième période, MU n’avait plus d’essence.
La plus belle opération du jour est signée par Arsenal, seul vainqueur des clubs en haut de tableau.
MU reste invaincu en 9 matchs avec 7 victoires et 2 nuls. Dommage de n’avoir pas raflé la mise à Londres.

Classement:
1 Chelsea 46 pts 19 matchs
2 Man City 43 19
3 Man United 36 19
4 Southampton 33 19
5 Arsenal 33 19

Résultats:
Southampton 1 - 1 Chelsea
Man City 2 - 2 Burnley
West Ham 1 - 2 Arsenal

27.12.14

Permalien 09:35:51, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Rooney et van Persie font encore des étincelles pendant le Boxing Day 2014

Contre Newcastle, MU a démontré ses qualités collectives retrouvées: Falcao a offert le premier but à Rooney d’une passe d’un altruisme fantastique dans la surface de réparation. Le second but est encore parti de Mata, un diffuseur perpétuel de caviar. Le troisième fut une nouvelle offrande, cette fois de Rooney qui a lobé toute la défense adverse pour trouver van Persie, maître absolu de la conclusion en mouvement, qui a marqué d’une parfaite tête décroisée. Trois buts splendides sur trois passes splendides. Dire que des imbéciles pensent que le football est un sport d’abrutis surpayés ! Ces sinistres critiques ne sont que des voyants-aveugles qui traversent la vie sans rien voir du tout.

Boxing Day
Vendredi 26 juillet 2014

Manchester United 3-1 Newcastle
Buts pour MU: Rooney (23e, 36e), Van Persie (53e)
But pour les visiteurs: Cissé (87e sur pen.)
[Rediffusion le 27 décembre à 10 h 40 sur C + Sport et à 21 h sur Sport +]

Les fans de MU sont heureux: Rooney et van Persie ont été de très bons Père Noël.
MU poursuit sa série de matchs invaincus sur 8 matchs: 7 victoires et un nul.
Contre Newcastle, MU a aligné 10 joueurs qui jouaient jadis sous les ordres de Sir Ferguson.
Tout semble rentrer dans l’ordre à MU.
Les expériences incongrues sont abandonnées, à part la défense rouge à trois.

Manchester United: De Gea/ Jones, McNair, Evans/ Valencia (Rafael 80e), Carrick (Fletcher 62e), Mata, Young/ Rooney/ Falcao (Wilson 64e), van Persie.

Non utilisés: Lindegaard, Blackett, Pereira, Smalling.

Manager: van Gaal. A enfin compris qu’il devait remettre en place l’ossature fergusonienne. Contre Newcastle, il a mis en œuvre l’identité mancunienne, à savoir l’attaque rien que l’attaque avec six joueurs à vocation offensive au cou d’envoi: Valencia, Mata, Young, Rooney, Falcao et van Persie.

Classement:
1 Chelsea 45 pts 18 m/ 14 3 1/ 40 13/ + 27
2 Manchester City 42 18/ 13 3 2/ 39 15/ + 24
3 Manchester United 35 18/ 10 5 3/ 33 19/ + 14

Les deux prochains matchs de MU:

19e journée de Premier League. Début des matchs retour
Dimanche 28 décembre 2014 (13 h, Canal + sport) Tottenham - Manchester United

20e journée de Premier League
Jeudi 1er janvier 2015 (13 h 45, Canal + sport) Stoke - Manchester United

Les beaux livres illustrés pour la jeunesse de chez Grasset

Le débit de lait, de Charles Trenet et Francis Blanche, deux phares de notre jeunesse.

Les éditions Grasset ont un département de livres pour la jeunesse de premier plan.
De petits grands livres ou de grands petits livres.
Impeccable présentation, format agréable, qualité d’impression haut de gamme.
Un pommier dans le ventre de Simon Boulerice permet à Gérard DuBois de nous proposer des illustrations d’un rétro distingué. Le héros mange une pomme et panique après avoir avalé des pépins. Le garçonnet blond est le sosie Charles Trenet jeune.
Bernard Santini met en scène un requin à la retraite après une grande carrière cinématographique. Très bonne idée d’évoquer le destin de ce genre de héros: que deviennent les Rintintin de notre enfance ? Les magnifiques illustrations en noir et blanc de Paul Mager nous plongent dans les aventures d’un requin qui n’est pas rapport avec les Dents de la mer. L’ensemble de haute tenue est plein d’humour et d’émotions.
On capte la beauté des éditions pour la jeunesse de chez Grasset dès la couverture qui sont le couvercle d’une maquette de très grande technique d’impression. Le secret de la Joconde nous dévoile une jeune Amandine qui va au Louvre, en pleine nuit. Elle parle à la Joconde et se retrouve face à deux voleurs qui veulent dérober le tableau de Léonard de Vinci.
Mon cheval de papier raconte la stupeur d’un garçon qui découvre que les personnages du nouveau roman de sa mère sont devenus des êtres en chair et en os.
Et Avant le nuage nous révèle un peintre qui prend conscience de sa dépendance au tabac. Un vieil homme le fait redevenir enfant afin qu’il refuse sa première cigarette !

-Un pommier dans le ventre, de Simon Boulerice et Gérard DuBois. Grasset, 48 p., 13,50 €
-Jonas le requin mécanique, de Bertrand Santini. Illustrations de Paul Mager. Grasset, 111 p., 12,90 €
-Le secret de la Joconde, de Catherine Ternaux. Illustrations de Boiry. Grasset, 64 p., 6,90 €
-Mon cheval de papier, d’Anne-Marie Pol. Illustrations de Vincent Dutrait. Grasset, 96 p., 7,90 €
-Avant le nuage, d’Olivier Ka. Illustrations de Yan Thomas. Grasset, 96 p., 7,90 €

26.12.14

Permalien 07:36:49, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Pour fêter un demi siècle de G Flammarion: Bescherelle/Assouline, Balzac/ Garcin, Rivarol/ Laferrière...

La prestigieuse collection de poche GF fête ses 50 ans.
Une bonne occasion de saluer huit récentes publications qui font appel à des préfaciers. Ce mélange d’anciens et d’actuels se pratiquait jadis et c’est très bien de renouer avec la tradition: j’ai en poches des éditions préfacées par Blondin et Léo Ferré qui sont précieuses.

Le premier mot de L’art de briller en société et de se conduire dans toutes les circonstances de la vie est “Abandon". Le dernier ? “Yeux". On n’y trouve pas Amour. Ni Ami et Mort. “La liste de ce que l’on doit éviter […] est plus longue que l’inventaire de ce que l’on doit faire". Pierre Assouline est le parfait Monsieur Loyal pour évoquer le souvenir de l’indispensable Bescherelle qui est sur le bureau de tous les écrivains.
“Des classiques décalés et décapants” annonce G Flammarion. A juste titre.
Jérôme Garcin est tenté d’envoyer un courriel à honoredebalzac@free.fr pour voir s’il y a quelqu’un à l’autre bout de sa préface. Il y a nous ! En avant-propos des Parisiens comme ils sont, Garcin dit à Balzac combien il lui manque. Il se souvient que Balzac pouvait aller au Véfour pour engloutir 100 huitres, un bouillon d’escargot et des cuisses de grenouilles ! Le préfacier nous fait croire qu’il a reçu les bonnes feuilles du nouveau livre de Balzac: “non seulement délicieux mais très actuel". Pour être heureux à Paris, il convient à la fois riche et égoïste, cela va souvent ensemble il est vrai. Cela ne garantie pas le bonheur. Chamfort a dit que Paris était la ville des lumières où les trois quarts de la population meurt de chagrin. “Paris à son Colisée comme l’ancienne Rome; mais ses gladiateurs sont des écrivains: ses hyènes, ses tigres sont des journalistes". Signé Balzac.

-Les Parisiens comme ils sont, Balzac. Préface de Jérôme Garcin. GF 234 p., 7 €
-L’art de briller en société et de se conduire dans toutes les circonstances de la vie, Bescherelle. Préface de Pierre Assouline. GF 430 p., 8 €
-La pensée console de tout, Chamfort. Préface de Frédéric Schiffter. GF 225 p., 7 €
-Pensées paresseuses d’un paresseux, Jérôme K. Jérôme. Préface de Christophe Claro. GF 260 p., 8 €
-De l’inconvénient d’avoir trop d’amis, Plutarque. Préface de Vincent Delecroix. GF 275 p., 7 €
-De l’universalité de la langue française, Rivarol. Préface de Dany Laferrière. GF 130 p., 6 €
-Résolutions pour l’époque où je reviendrai vieux et autres opuscules humoristiques, Jonathan Swift. GF 320 p., 7 €
-De l’horrible danger de la lecture, Voltaire. Préface d’Edouard Launet. GF 190 p., 6 €

25.12.14

Permalien 10:22:38, Catégories: FORZA ITALIA !, GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT  

Gino Bartali, le Juste, de Jean-Paul Vespini (Les Pas d'Oiseau)

Gino Bartali et Fausto Coppi, deux sportifs monumentaux.

Avec Binda et Coppi, Gino Bartali reste l’un des phares du cyclisme italien.
Les gazettes aimaient opposer Coppi qui avait une maîtresse à Bartali qui ne renvoyait que l’image d’un Pieux amoureux de sa femme.
Tous les duels font les grandes heures du cyclisme. La France a connu les duels Anquetil-Poulidor.
Bartali a réussi l’exploit de gagner le Tour de France 1938 puis celui de… 1948 !
Sans la guerre, il aurait fait main basse sur plusieurs éditions de la Grande boucle.
A propos de guerre, il a accompli son devoir de patriote de manière exemplaire.
Il a parcouru l’Italie en cachant dans les tubes et la selle de son vélo des faux papiers destinés à sauver des Juifs.
Le courageux Bartali a bravé tous les contrôles dans le pays occupé, pouvant se faire tuer tous les jours. Sans jamais se vanter de rien, on a découvert qu’il a sauvé 800 Juifs !
Les grands résistants sont des gens très modestes car ils ont beaucoup souffert.
Bartali est désormais un Juste.
Un saint Homme qu’il était vraiment.
Bartali a la chance de pouvoir compter sur le gegrario Vespini.
Et nous, sur le bas côté de la route, on les applaudit. On leur tend une bidon d’eau.
Bartali avait du sang dans les veines; Coppi, de l’essence. Le mot cinglant et si juste est de Curzio Malaparte qui signifiait ainsi les prises de “bomba” (amphétamines)dont se vantait Coppi. A l’époque cela ne dérangeait personne. Lance Armstrong a couru trop tard.
Bartali, lui, ne s’en remettait qu’à la force de son corps relié à son cerveau.

-Gino le juste. Bartali, une autre histoire de l’Italie. De Jean-Paul Vespini. Le Pas d’Oiseau, 174 p., 18 €

24.12.14

Le Boxing Day de Manchester United et jours suivants

Pendant que les pros de la L1 mangent des dindes ou se font dorer dans un pays chaud, les pros de la Premier League sont sur la pelouse.

La vie continue et n’oublions que Joe Cocker était Anglais et non pas Américain.
La vie continue en Angleterre où le football ne s’arrête pas pendant les fêtes de Noël.
En France, on entend: “Chic ! on part au ski! “
Les Anglais eux se réjouissent de rester chez eux et d’aller au stade lors du Boxing Day et les jours suivants.
Et après certains ont le culot de se demander pourquoi le football anglais est tellement télévisé. A Noël, il n’y a plus qu’en Angleterre que l’on joue !

Voici le calendrier des matchs de Manchester United pendant les festivités.
MU a stoppé sa série de six matchs gagnés de suite par un nul 1-1 à Aston Villa (but égalisateur de Falcao). Son calendrier des fêtes n’est pas facile.
D’une manière générale, il n’y a pas de grandes affiches lors des trois matchs, hormis des derbys dans la capitale.

18e journée de Premier League. Fin des matchs aller. BOXING DAY
Vendredi 26 décembre 2014 (16 h, Canal + sport) Manchester United - Newcastle

19e journée de Premier League. Début des matchs retour
Dimanche 28 décembre 2014 (13 h, Canal + sport) Tottenham - Manchester United

20e journée de Premier League
Jeudi 1er janvier 2015 (13 h 45, Canal + sport) Stoke - Manchester United

Permalien 11:42:18, Catégories: GRAND MONSIEUR  

Jacques Chancel (1928-2014) n'a jamais fait le trottoir du PAF

Jacques Chancel était un journaliste qui respectait le public à la différence des m’as-tu-vu qui nous méprisent. Son père lui disait: “On est ce que l’on fait". Son père était un remarquable constructeur d’escalier. Le fils aussi élaborait des escaliers qui mènent au sommet de l’esprit.

Jacques Chancel appartient à cette petite frange de journalistes du PAF de grand talent. On les compte sur les doigts des deux mains.
En 1968, il crée Radioscopie et présente, vingt années durant, 6 826 émissions sur France Inter.
1972-1989 : Le Grand ?chiquier (Deuxième cha?ne de l’ORTF et Antenne 2) devient un grand rendez-vous.
A 16 ans, à NICE, j’écoutais Radioscopie tous les soirs de 17 à 18 h.
Jacques Chancel avait l’art de la relance.
J’ai beaucoup appris à écouter gr?ce à lui.
Tous les soirs, il invitait un univers différent.
Je ne comprenais pas tout mais j’étais à l’écoute.
Une grande émission c’est quoi ?
Un générique, un animateur avec une voix, un invité.
A l’époque, on n’avait pas peur du silence et de l’intelligence.
On pouvait douter en direct.
Chancel radiographiait ses invités.
Evidemment, il y avait d’immenses artistes: Brel, Barbara, Devos mais aussi Nucéra, César, Hinault.
Il aimait les gens et savait de quoi il parlait.
Chancel préparait ses émissions. Ses invités le respectaient.
Aujourd’hui, on ne fait plus que de l’après-vente. C’est la télé des putains.
Beaucoup de présentateurs et présentatrices ont fait du mal à la presse car ils n’ont médiatisé que leur visage.
On les voit plein cadre, suffisant, des fiches plein les mains, parler devant l’invité qui dit oui ou non. C’est le présentateur qui parle: l’interviewé n’est qu’un faire valoir.
Chancel pensait énormément à ceux qui étaient de l’autre c?té du poste. Il présentait ce que l’on pouvait aimer et non pas que ce qu’on aimait déjà.
Beaucoup de ses entretiens restent car il vivait bien le présent.
Chancel, Santelli, Fouchet, Desgraupes, Dumayet, Jullian, Sallebert, Glaser, Boutang, Polac, Labarthe, Drot…
Oui, la télévision n’est pas qu’un divertissement débile.
Parfois, elle a la noblesse de l’écrit.
Pleurer Chancel, c’est aussi pleurer notre jeunesse qui s’éloigne de plus en plus.
Pleurer nos parents que Chancel vient de rejoindre.

PS: Les rediffusions

Mercredi 24 décembre, 23 h 50, France 3: Le grand échiquier consacré à Lorin Maazel. (Certains médias annon?aient celui de Lino Ventura).
Jeudi 25 décembre, 14 h 05 et le 28 décembre à 22h30, France 5: Empreinte, Jacques Chancel

Permalien 09:10:01, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Philippe Lacoche et Thomas Morales, deux amoureux de la Littérature

Deux livres, deux auteurs. Un éditeur.
Dans les maternités, il n’est pas conseillé d’échanger les bébés dans les berceaux. Si à l’imprimerie on avait interverti les noms des deux écrivains sur la couverture des livres que je vous présente on n’y aurait vu que du feu, tant il s’agit d’écrivains très proches : 100% dans le fond et 80 % dans la forme. C’est question d’affinités électives, de vibrations communes, de regard identique posé sur la vie et les gens. Une attention perpétuelle, une rigueur de chaque instant et aussi le dégoût des parvenus et autres vulgaires promoteurs de bouquins qui passent leur temps à se montrer dans le PAF parce qu’ils savent très bien que la postérité les a déjà condamnés. Alors comme plus personne ne les lira après leur mort autant qu’ils passent un peu de bon temps devant les micros et les caméras pour jouer à l’écrivain eux qui ne le sont absolument pas. En revanche, Lacoche et Morales sont écrivains jusqu’au bout de leur stylo qu’ils tiennent comme une arme, prêts à dégainer pour écrire une formule jamais dépourvue de sens. Belle à lire et surtout juste.
Philippe Lacoche n’est pas un bobo qui écrit comme on va boire un Guignolet Kirsch aux Deux Magots. Lui il aime plutôt zoner en province et surtout en Picardie à la recherche de Bove, Calet ou Hardellet Il sait qu’il descend d’eux au moins autant que de ses parents. Ses chroniques sont merveilleusement ciselées sans la moindre trace de besogne. Pourquoi faut-il qu’on entende à la radio la prose nullissime d’une vieille image Panini de mai 1968 ou celle encore plus stupide d’une ex du patronat alors que les textes de Lacoche et de Morales sont dix mille fois supérieurs ? Lacoche prend un malin plaisir à penser qu’il est surtout lu par des femmes. Il n’a pas tort : dans les salons littéraires, il y a 8 lectrices pour 2 lecteurs.
Lacoche aime les blondes, surtout les blondes.
Sa prose sent le tabac, sans filtre.
Il écrit sans filet.
Il fait du trapèze volant mais ne tombe jamais.
Au Prisunic, il va acheter du champagne, en hommage à son père.
Je trinque avec lui mais pas au Nouveau Roman qui nous tombe des mains sans nous blesser le bout des pieds.
Lire Lacoche revient à voyager dans un pays où la littérature sert de soleil. On n’y croise que des femmes et des amis. Le paradis.
Son double, Thomas Morales gagne à être connu. L’écrivain aime Nucéra et Boudard, deux amis. Il en parle très bien. Je le déclare ami posthume du duo Nucéra-Boudard. Ils aimeraient lire un écrivain comme Morales, un ennemi du relâchement stylistique. Il a la dent dure dès qu’il parle des imposteurs modernes. Bienvenue dans la galaxie des réfractaires à la connerie humaine.

-Les dessous chics, de Philippe Lacoche. Chroniques 2005-2010. Préface de Patrick Besson. La Thébaïde, 350 p., 20 €

-Lectures vagabondes, de Thomas Morales. Articles buissonniers. Préface de Jérôme Leroy. La Thébaïde, 252 p., 18 €

23.12.14

Les Princes de l'argot, de François Cérésa (Ecriture)

Hommage à Alphonse Boudard qui raconte ses premiers pas d’écrivain édité.

Nul n’était mieux placé que François Cérésa pour saluer les grands artistes de l’argot qui nous ont laissé de belles partitions.
Près de nous, les deux fleurons qui ont hissé haut le pavillon de l’argot ont pour nom Audiard et Boudard.
Ils sont en bonne place dans l’ouvrage tout comme François Villon, Céline, Simonin et Frédéric Dard.
Mais aussi le méconnu Pechon de Ruby et le très célèbre Renaud.
Qui lit Cérésa sait qu’il a une veine argotique de première bourre.
Ses chroniques gastronomiques dans Service Littéraire sous le nom de Jules Magret sont toutes des exercices de style de très haut vol. Elles font rire tout en étant extrêmement documentées, argumentées. Un style imparable.
François Cérésa est dans la vie comme il écrit: franc, direct, sans détour, pan ! dans le mille.
Les imposteurs le fuient car ils ne veulent pas être démasqués.
Si Cérésa aime tant les Princes de l’argot c’est qu’il en est un lui-même.
Son livre est enlevé, aéré, il n’a rien du pensum universitaire écrit à la truelle.
Il n’utilise pas un mot à la place d’un autre.
Tout semble si facile mais ce n’est pas facile d’écrire simplement.
Au niveau de l’argot, il est bon aussi de penser à Jean Genet qui a préféré laisser de côté l’argot. Genet n’aimait pas Céline car il prétendait que pour attaquer le bourgeois il faut parler comme lui, avec l’imparfait du subjonctif !
Il ne faut pas se leurrer: les écrivains qui ont choisi de s’exprimer en argot sont de très grands lettrés.
Alphonse Boudard jouait le jeu qui consistait à être le taulard de service.
Ceux qui l’ont connu savent que cet autodidacte s’était forgé une culture qui ne craignait personne.
Boudard était aussi capable d’écrire comme Voltaire ou Chateaubriand.

-Les Princes de l’argot, de François Cérésa. Ecriture, 235 p., 17,95 €

22.12.14

Permalien 22:46:03, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Joe Cocker rejoint Jimi Hendrix et Richie Havens

Star Spangled Banner par Jimi Hendrix
With a Little Help from My Friends des Beatles par Joe Cocker
Freedom par Richie Havens

Ces trois temps forts de Woodstock ont bouleversé des millions de jeunes.
Là rien de commercial.
Que des gens qui crient ce qu’ils ont de plus sérieux en eux. Un besoin de fraternité, d’amour, de liberté, de vie.
Ce fut notre révolution. Ils étaient nos guides de la contre culture.
Ces trois artistes se sont déchirés pour nous.
Du jamais vu, du jamais entendu.
Une vibration, une révolte.
On les a perdus. Rien n’est plus triste que de voir s’éteindre des phares.
En 2014, vous ouvrez la radio et vous entendez se déverser la haine des petits esprits du PAF qui attisent la haine.
En 1969, on entendait Cocker, Hendrix, Havens.
Ils sont morts mais on ne laissera pas les salauds étouffer l’œuvre de nos guides spirituels car depuis que les écrivains ont été bannis des médias, seuls quelques chanteurs font office de phares. Je parle de la catégorie Brassens pas des rigolos qui nous comptent fleurette pour mieux nous berner. Je vous rappelle que le discours du prix Nobel de littérature Modiano n’a pas été diffusée à la télévision française, ce qui équivaut à la censure d’une démocratie totalitaire qui préfère diffuser pendant trois heures l’élection de Miss France.
Cocker nous a appris à rester debout. Alors restons debout.
Cocker était un interprète d’exception. De la trempe de Ray Charles.
Une gestuelle qui lui faisait dégouliner son âme sur tout le corps.
On l’aimait et on l’aimerait toujours.
On n’en dira pas autant des fumiers qui se servent des micros pour vomir leurs paroles purulentes.

[Post dédié à John Lennon et Bob Dylan]

Permalien 10:58:23, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME, CERDANEMENT  

Les grands boxeurs remis dans la lumière par Guy Lagorce et Sylvie Girard (Tana)

Dans la désormais célèbre collection Portraits légendaires des éditions Tana voici l’album consacré aux boxeurs.
Il est signé par l’ancien champion d’athlétisme, Guy Lagorce, devenu journaliste-écrivain ou écrivain-journaliste et par Sylvie Girard traductrice et passionnée de sports parmi les multiples cordes à son arc. (Guy Lagorce m’avait fait le grand plaisir de chroniquer mon premier livre consacré au sport, celui sur le Racing club de Paris).
La force de cette collection c’est le mariage des mots avec les photos mieux que dans le journal qui s’en vante. C’est une nouvelle fois dans le mille.
La galerie de portraits est magnifique. Enfin des images qui sont fortes comme des tableaux.
Les portraitistes anonymes de jadis avaient plus de talent que les fausses gloires de la pellicule. Les reporters d’agence, notamment ceux de Keystone, travaillaient bien et sans moteur. Il captait l’âme des boxeurs.
L’album est présenté sous la forme de cinq chapitres:

Les Légendes (Georges Carpentier, Marcel Cerdan, Muhammad Ali, Ray Sugar Robinson, Joe Louis, Rocky Marciano…)
Les Stylistes (Gene Tunney, Floyd Paterson, Ray Leonard…)
Les Puncheurs (George Foreman, Roberto Duran…)
Les Démolisseurs (Jack LaMotta, Carlos Monzon, Mike Tyson…)
Les Phénomènes (Panama Al Brown, Maw Schmeling…)

Je vous conseille de vous procurer ce livre- à un prix abordable- pour vous et/ou pour offrir.
Les Stylistes et les Phénomènes nous permettent de retrouver des champions oubliés: le playboy Gene Tunney- aussi beau que Clint Eastwood-,"la Brindille Willie Pep", “le Faucon cubain Kid Gavilan, et “Mâchoire de fer Eugène Criqui".
Tous ces champions ont écrit les grandes pages du Noble Art qui fascine tant les écrivains, les peintres, les cinéastes, les acteurs, tous les artistes en général.
Au-delà de la boxe, il n’y a plus rien, sauf le duel armé.
Les boxeurs imposent le respect.
Il y a quelques jours, on a assisté au dernier combat de Jean-Marc Mormeck. Le champion a été d’une dignité absolue. Les politiciens français actuels à côté de Mormeck ne sont que vulgarité.
Il est vraiment triste de voir que la boxe soit si mal traitée dans les médias.
La boxe ne permet pas des carrières surcotées comme il en existe dans le football.
Grand merci aux éditions Tana de permettre au duo Lagorce-Girard de remettre dans la lumière tous ces grands astres de la boxe que l’on placardise trop souvent dans les geôles de la mémoire.

-Portraits légendaires de la Boxe, par Sylvie Girard et Guy Lagorce. Tana, 168 p., 29, 95 €

[Post dédié à Arthur Cravan]

Hommage à Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) et Hans von Dohnanyi (1902-1945), deux grands opposants à l'Allemagne nazie

Dans la France débile qui fête des histrions des PAF au lieu de célébrer Patrick Modiano, il est important de rendre hommage à deux Allemands qui ont combattu Hitler jusqu’à la mort. Les bons citoyens n’acceptent jamais les mauvaises lois.

De nos jours, le premier qui dit une énormité à la télé devient star du jour au lendemain. Pire, on donne le statut de rebelle à de tragiques pitres. Il est important de revenir à l’essentiel: aux vrais combattants et non pas à ces rigolos du PAF qu’on vire par la fenêtre et qui reviennent aussitôt par la porte car ils font de l’audience avec leur façon accablante de parler. Plus vous êtes vulgaire plus vous avez du succès.
Donc, dans l’Allemagne nazie deux hommes se sont dressés contre Hitler. Bien sûr, on les a tués.
Ces deux héros sont:
Le pasteur et théologien Dietrich Bonhoeffer et son beau-frère, l’avocat Hans von Dohnanyi.
Le pasteur refusa de soumettre les églises protestantes à l’autorité nazie.
Le juriste a secouru des Juifs et tint un registre des crimes nazis passés inaperçus. L’avocat mis aussi en œuvre des projets d’attentats contre Hitler.
En 1942, les deux amis parviennent à faire fuir des personnes menacées de déportation.
Arrêtés le 5 avril 1943, les héros ont été exécutés en avril 1945, juste avant la débâcle du régime nazi.
On connaissait Les lettres et notes de captivité de Bonhoeffer mais le rôle de Dohnanyi restait inconnu.
L’éditrice Elisabeth Sifton et son mari Fritz Stern, historien, ont travaillé ensemble pour rendre ce double hommage.
Elisabeth Sifton est la fille d’un pasteur américain (Reinhold Niebuhr) et Fritz Stern a fui l’Allemagne nazie en 1938 quand il avait douze ans.
Les auteurs montrent bien que Bonhoeffer a lutté pour sauver l’éthique en période de guerre tandis que Dohnanyi voulait conserver une attitude civique dans un Etat massacré par les fascistes.
Les deux héros ont été tués sur ordre d’Hitler, juste avant son suicide.
Le duo d’amis n’a jamais abdiqué devant la gestapo.
Nous devons le respect à ces deux grands soldats de la démocratie.
Ce livre paraît dans une France de 2014 qui a fait un triomphe à un bouquin de coucherie présidentielle et à un autre plein de haine d’un chroniqueur membre patenté du PAF où chacun à son bout de trottoir.
Ce grand livre de mémoire paraît dans la collection Témoins-Gallimard où fut publié en 1976 Interrogatoire , le livre d’entretien entre Emmanuel Berl et Patrick Modiano dont le prix Nobel 2014 a sauvé l’honneur de la littérature bafouée par des auteurs people.

-Des hommes peu ordinaires, de Fritz Stern et Elisabeth Sifton. Traduit de l’anglais par Olivier Salvatori. Gallimard, 180 p., 19 €

21.12.14

Permalien 14:56:16, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

C. Ronaldo a-t-il zappé Platini parce que le Ballon d'Or 2014 est déjà attribué à Neuer ?

Samedi 20 décembre 2014
Finale de la Coupe du monde des Clubs 2014
Real Madrid 2-0 San Lorenzo
.

La question se pose: Ronaldo connait-il déjà le résultat du Ballon d’Or 2014 qui serait peut-être attribué à Neuer, d’où son mécontentement vis-à-vis de Platini, ou alors Ronaldo a juste manifesté de l’indifférence car il sait que Platini a d’autres préférences que le Portugais alors que son rôle de président de l’UEFA devra lui imposer de la réserve ?
Toujours est-il qu’au terme du match, le dribbleur C. Ronaldo a subi Blatter, le président de la FIFA, avant de zapper Platini.
On peut le comprendre.
Au moment de saluer les officiels, l’attaquant a profité que Carlo Ancelotti parle avec Platini pour ne pas lui serrer la main.
Il faut savoir que Platini a déclaré :
-«Cristiano Ronaldo et Lionel Messi sont indiscutablement les meilleurs joueurs du monde. Mais le vainqueur, ça devrait être un Allemand, quelqu’un qui a gagné la Coupe du monde. Neuer ? Pourquoi pas ? Ce serait très bien. »

C.Ronaldo a de la mémoire. Lors de l’attribution de son deuxième Ballon d’Or de CR, début 2014, Platini a dit:
-"Je suis très déçu pour Franck Ribéry. Même si je reconnais que Cristiano Ronaldo est un très beau Ballon d’Or. Si un Espagnol ne le gagne pas en 2010 et que Franck ne le gagne pas cette année alors qu’il a tout gagné, c’est qu’il y a un petit problème. Pour Franck, c’était l’année ou jamais. L’année prochaine, on aura encore Ronaldo ou Messi. Et dans deux ans Messi ou Ronaldo. Pendant 50 ans, le Ballon d’Or a tenu compte du palmarès sur le terrain. Là, c’est plutôt basé sur la performance globale des joueurs. Même si Ronaldo est un très grand Ballon d’Or, il y a un petit quelque chose qui a changé depuis qu’il est passé à la FIFA.”
Platini a dénoncé le mode de désignation du lauréat qui récompense le talent individuel plus que les titres. Depuis 2010, la célèbre récompense est chapeautée par la FIFA. Avant, seul France Football organisait l’attribution du trophée et définissait son réglement.
Si le Bayern Munich a remporté en 2013 Bundesliga, Coupe d’Allemagne, Ligue des champions, Super Coupe d’Europe, Mondial des clubs c’est grâce à l’ensemble du club et absolument pas à Ribéry car à ce moment-là, il fallait donner le trophée à Robben bien plus talentueux et décisif que Ribery.
Le comportement de Ronaldo n’a rien de choquant: de plus cette compétition c’est de l’esbroufe, encore un match de trop télévisé pour gagner de l’argent sur le dos des joueurs.
Ronaldo n’est pas une vache à lait. Ronaldo ce n’est pas le joueur d’une saison, comme Ribéry. Ronaldo est au sommet depuis 10 ans.
C’est l’un de plus brillants ambassadeurs de l’Histoire du football.
Il peut être mécontent. L’an passé, Blattter avait dit qu’il était pour Messi et cette année, Platini est pour le gardien Neuer. C’est écœurant de voir des dirigeants se comporter de la sorte. Platini, n’est plus joueur depuis longtemps.

Compte-rendu du match:
Le champion d’Argentine n’a rien pu faire face aux leaders de la Liga qui ont ouvert le score juste avant la mi-temps grâce à leur défenseur central Sergio Ramos. En deuxième période, l’attaquant gallois Gareth Bale a doublé la mise. Le Real Madrid a remporté un nouveau sacre lors d’une 22e victoire consécutive.
Les hommes de Carlo Ancelotti ont décroché un trophée que ne possédait pas la Maison Blanche. Cette coupe est la quatrième de 2014 pour le club madrilène après la Ligue des champions, la Coupe du Roi et la Supercoupe d’Europe. Une nouvelle récompense pour Iker Casillas, le gardien et capitaine du Real et de la sélection espagnole, qui fêtait à Marrakech son 700e match dans la cage Merengue.


Top Ten des meilleurs sportifs français de l'Histoire: Mimoun, Cerdan, Anquetil, Killy, Prost, Zidane...

Alain Mimoun est l’un des plus grands sportifs de l’Histoire. Beaucoup de champions actuels devraient avoir honte de gagner autant d’argent tout en se comportant comme des voyous de bas étages. Ils salissent le sport alors que lui l’a servi de tout son être, sans jamais être payé à la hauteur de son immense talent. Mimoun était de plus un conteur exceptionnel.

Mon Top Ten des meilleurs sportifs français de l’Histoire.
En fin d’année, c’est l’époque des classements, j’élargis donc.

Mon Panthéon des champions français de tous les temps (par ordre alphabétique):

Jacques Anquetil, vélo. Charisme extraordinaire
Marcel Cerdan, boxe. Grand rayonnement
Jean-Claude Killy, ski. Le style fait homme
Renaud Lavillenie, athlétisme. L’homme le plus haut du monde
Sébastien Loeb, auto rallye. Le professionnalisme dans toute sa splendeur
Alain Mimoun, athlétisme. Un humaniste qui courait pour l’amour de la France et non pas pour l’argent
Christian d’Oriola, escrime. Un immense compétiteur
Marie-José Perec, athlétisme. L’une des plus grandes championnes olympiques, tous pays confondus
Alain Prost, F1. La constance au plus haut niveau
Zinedine Zidane, football. Il a réussi là où ont échoué Kopa et Platini

Champion sortant: Laure Manaudou, natation. Inutile de dire pourquoi. Jules Ladoumègue a été radié de la Fédération internationale d’athlétisme parce qu’il avait perçu une poignée de figues. Quand on voit le comportement de certains champions actuels on se dit que les sportifs n’ont rien à envier aux politiques !

Le classement tient compte du talent et du palmarès.
3 athlètes, deux pilotes auto, et un seul pratiquant des autres sports.

PS: j’ai écarté la voile (Tabarly), l’alpinisme et la tauromachie.

19.12.14

Permalien 08:26:37, Catégories: LE JARDIN D'ENFANT  

Comment ça marche. Avions et hélicoptères, le coffret de Gallimard nous tranforme en Mermoz

Le coffret présenté par Gallimard a la chic des anciens jouets, ceux d’antan où il ne fallait ni piles ni prise électrique.
Bonne nouvelle: tous les magasins de jouets annoncent que les ventes jeux de cubes et les jouets en bois ne souffrent pas de l’omniprésence des consoles électroniques.
Comment ça marche offre la possibilité de construire 5 modèles d’avions et hélicoptères ce qui permet de vérifier son niveau de dextérité dans le silence. On se divertissant, on comprend “les principes simples de l’aérodynamique". Ceux qui ont peur de l’avion devrait de procurer l’ensemble de ce kit interactif.
Un livre de 30 pages retrace l’histoire de l’aviation à travers une chronologie et des dates importantes. Nous y trouvons les explications sur le fonctionnement de planeur, de l’aile volante, l’hélicoptère, les avions à hélices monomoteur ou bimoteur. Ces modèles peuvent être testés après avoir été fabriqués : 3 modèles réduits sont en balsa et 2 avions en papier qui fait appel à l’art du pliage. Bien sûr, il faut bien ajuster les pièces pour obtenir le parfait équilibre entre les lignes et la répartition du poids
En bonus, on trouve un carnet de vol où l’on peut inscrire le résultat des tests de vols effectués
Les illustrations du livret sont d’une très grande précision.
Tout à coup on a l’impression de devenir des Saint-Exupéry de salon, des Mermoz du dimanche.
Très bonne impression.
Ce jouet est destiné “aux plus de 36 mois", voire de beaucoup plus. “Quand on est jeune c’est pour la vie” a dit Philippe Soupault qui a voyagé dans des avions non pressurisés.

-Comment ça marche. Avions et hélicoptères. Création Nick Arnold, Brendan Kearney et Naomi Hiscock. Coffret. Edition française réalisée par Thomas Dartige, Anne-Flore Durand, Bruno Porlier, Dominique Maurel-Mojal et Claire Poisson. Gallimard Jeunesse, 19, 95 €

18.12.14

La galaxie des "Saigneurs du sport" et autres bad boys panthéonisés par Pascal Paillardet

Il y a ceux qui ont servi le football comme Best et ceux qui s’en servent comme tant d’intermittents du talent.

Pascal Paillardet doit être remercié rien que pour avoir mis à l’honneur Claudio Gentile, le défenseur italien champion du monde 1982. L’auteur l’a rangé dans la catégorie: “Faucheurs, débroussailleurs et tondeuses à gazon". On voit que Pascal Paillardet ne manque pas d’humour. Et de connaissance car sans Gentile, le football n’aurait pas ses acteurs de l’ombre qui sont indispensables aux équipes qui veulent gagner quelque chose. Gentile c’est le soldat inconnu dans toute sa splendeur. Blessé, il pouvait se relever et dézinguer encore une compagnie d’artilleurs. Tout ça pour vous dire que c’était le genre de gars qui savait ce que veut dire professionnalisme et amour du maillot. Ce joueur me fascinait par son charisme: dur sur l’homme, fier, courageux, intelligent, grand lecteur de jeu, un mur en béton coulissant. Quand je le voyais j’étais fier d’avoir des origines italiennes alors que lui en avait des libyennes.
Les saigneurs du sport, bad boys et têtes brûlées des terrains met en lumière des seconds rôles du sport et d’anciennes gloires, de tous les sports, pas que du football, c’est ce qui fait sa grande originalité : Tonya Harding (la puncheuse du patinage), Gavin Henson (le “Beckham du rugby gallois), Jody Cundy ("cycliste amputé de la jambe droite à l’âge de trois ans"), Bodin Issara (champion de badminton)… Il y a aussi des stars comme Lance Armstrong que tout le monde a mis plus bas que terre alors qu’il s’est dopé comme Coppi et Anquetil. On sait que dans les autres sports ce n’est pas non plus très clean. Pourquoi Anquetil a pu dire “mes fesses sont des écumoires” tant il se piquait sans qu’on retire son nom du palmarès ? Parce qu’il était Français. Et la “bomba’ (amphétamines) de Coppi ? Armstrong a fait passer le dopage à l’ère moderne. Le dopage fait partie du cyclisme comme la mort de la vie.
Etes-vous prêt à vous doper pour gagner le Tour ? Moi, non. Les champions sont des êtres à part. Je respecte infiniment Armstrong qui est revenu de la mort: il avait des métastases dans le cerveau! Il avait le droit de prendre des médicaments. Quand il était en course, on le lui permettait. Il a été contrôlé tant de fois sur la route du Tour et on l’a toujours laissé repartir le lendemain matin. Pourquoi ne l’a-t-on pas pincé dès sa première victoire dans la Grande Boucle ? Dès qu’il a arrêté sa carrière, on l’a “assassiné". Je me demande comment cet orgueilleux fait-il pour vivre alors qu’on lui a tout retiré ? Lui, drogué ? Non, c’est Maradona qui se droguait. Armstrong a juste utilisé la médicalisation comme tous les grands cyclistes de l’Histoire. On n’a pas inventé l’expression “charger la mule” pour rien. Et les premiers règlements du Tour de France stipulaient que les apports médicaux étaient à la charge des coureurs. Lance Armstrong a un mental d’exception. Je ne suis pas dupe de l’hypocrisie: quand on a des cas de dopage positif en L1 et L2 on n’inquiète pas les joueurs, on dit qu’il s’agissait de “contrôles expérimentaux". Un champion du monde de football français s’est fait pincer mais on a parlé de “vice de forme” dans la procédure. Ainsi de suite.
Le très bel album de Pascal Paillardet est celui d’une passion. Le jeune Paillardet reste un blessé de Séville. Il n’a jamais oublié la charge de Schumacher (Harald) sur Battiston lors de la 1/2 finale de la Coupe du Monde 1982. Ce soir-là, la France de Platini-Giresse-Tigana était la plus belle équipe de la terre. Il ne suffit pas d’être bon pour gagner, la preuve en reste la défaite des Français aux tirs au but de France 3-3 RFA. Les Allemands étaient plus violents, c’est tout.
Pascal Paillardet propose une prose où il entremêle très bien les faits, le récit journalistique, les propos recueillis les plus significatifs et les annotations personnelles. Sa galaxie comporte Maradona, Best et Cantona, trois noms qui brillent encore dans le cerveau de ceux qui connaissent vraiment le jeu. Quand je vois jouer Ribéry et Nani, je pense à Magnusson et à Waddle tant je n’embête! Aujourd’hui on paie des Solex au prix d’une Ferrari. Les joueurs au football quelconque ont de la chance de vivre en 2014. Je préfère un tâcheron comme Stiles, ex MU. Là on était en présence d’un vrai footballeur, pas une invention médiatique. Il y a des joueurs au grand palmarès qui ne m’ont jamais fait vibrer, par exemple Henry. Sa retraite ne me fait ni chaud ni froid. C’est un grand homme d’affaires. Chapeau ! Il a gagné des titres en équipe de France grâce à Zidane et au Barça grâce à Messi. A Arsenal ? Deux championnats en 8 saisons. Cantona n’a pas établi de record de buts mais il a gagné 5 championnats anglais avec deux clubs différents entre 1992 et 1997. Henry est un joueur de football simple messieurs. Cantona était un vrai footballeur collectif, il faisait jouer les autres. Pour en revenir au livre de Pascal Paillardet, on remarque l’absence de “Titi". Même sa main contre l’Irlande ne l’a pas fait entrer dans les Bad Boys. On ne se rappelle même plus de sa présence dans le bus de la honte 2010 ni de sa visite en catimini chez Sarkozy. Ce n’est pas un hasard s’il devient consultant en Angleterre. Là-bas on lui donne beaucoup d’argent parce que le football anglais est diffusé dans le monde entier tandis que la L1 est du niveau du championnat albanais. Vous enlevez Ibrahimovic au PSG, il reste qui ? Berbatov à Monaco. Ces deux joueurs sont à la retraite. Ils sont en France pour ramasser encore un peu de monnaie dans un championnat sans pression. Vous croyiez qu’il y a de la pression à la Turbie à part celle des jets d’eau pour arroser la pelouse ? La pression de la Turbie c’est quoi pour Berbatov qui a joué à MU ?
Cet album anti langue de bois est un hymne au sport qui n’a rien à voir avec les commentaires insipides à 90 % des chroniqueurs habituels.
Un constat: tous les athlètes du livre de Pascal Paillardet déraillaient parfois mais on se souvient d’eux. Leur train finissait par arriver. Les autres se sont perdus en route. On les a oubliés.

-Les saigneurs du sport, bad boys et têtes brûlées des terrains, de Pascal Paillardet. Huginn & Muninn, 216 p., 39,95 €

17.12.14

Avant-première: La France Big Brother (Ring) de Laurent Obertone

Manque Zemmour dans le panorama des marionnettes du PAF de cette vidéo.

Non, ce n’est pas un film. Il s’agit d’un livre.
Ring porte bien son nom. Un éditeur pour livres coups de poing.
Celui annoncé pour le 15 janvier 2015 se présente comme un uppercut contre tous ces gens qui nous gouvernent dans la démocratie totalitaire.
Dans notre salon, ils défilent sans cesse. Font semblant de se disputer avant d’aller manger ensemble.
“Quelle est votre actualité ?” entend-t-on. Un film, un livre, une rentrée politique, rien que des prétextes pour occuper le terrain du PAF.
Les médias n’invitent que les rebelles institutionnels.
Les adeptes de la reptation n’aiment pas les gens qui restent debout.
Laurent Obertone a pris un pseudonyme pour qu’on laisse tranquille sa famille.
C’est dire que la vraie liberté d’expression n’existe pas.

[Post dédié à Guy Debord]

PS: lors du débat Hollande-Sarkozy, le candidat socialiste a dit: “moi président de la république je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée” (sic) https://www.youtube.com/watch?v=53b-pBPvjmA Le 17 décembre 2014, il invite à diner plusieurs “députés socialistes et leurs administrés", signale l’AFP. Des socialistes, rien que des socialistes. Les électeurs non encartés sont à nouveau bernés.

16.12.14

Hommage à Madame Joséphine Baker (1916-1975), artiste et résistante

Joséphine Baker:
« Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. »

Ses décorations reçues au titre d’agent secret auprès de la France, Gaulliste des premières heures:

Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec palme
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre

Pendant qu’elle combattait pour la France, les “grands intellectuels” faisaient la fiesta dans le Paris de l’Occupation quand ils ne travaillaient pas à Radio Vichy, servant la France nazifiée.
Joséphine Baker a révolutionné la chanson et les revues, devenant la première artiste noire au monde, ouvrant la voix aux jazzmen, aux sportifs et à tous les gens de la population civile.
J’ai souvent discuté de cette période avec Philippe Soupault, immense poète à la lucidité implacable. Il en voulait aux blancs d’avoir “instrumentalisé les Noirs". Il estimait que les Blancs voulaient bien des Noirs mais uniquement sur scène ou dans les stades.
Pendant la guerre, Joséphine Baker met sa célébrité au service de la Résistance pour obtenir des renseignements très confidentiels parce que les Allemands ne se méfient d’une artiste de music-hall. L’Américaine devenue française fut une très grande combattante de la France Libre.
A la fin de la guerre, elle fonde un tour de Babel avec onze enfants d’horizons différents.
Pionnière, visionnaire, rebelle, patriote exceptionnelle, elle reste une des plus grandes humanistes du XXe.
Avec Colette, elle illumine encore la France pour ceux qui savent voir.

Deuil mondial

Depuis Georges Brassens, seul Alain Souchon a écrit un grand texte sur la folie des hommes.
L’actualité m’impose de le remettre en ligne.
Il n’y a qu’une religion: l’amitié entre les Hommes.

15.12.14

Permalien 18:16:00, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Les beaux livres chez Larousse, du Petit Larousse à un Quizz sur les régions, en passant par Stéphane Bern, Alain Dag'Naud, Daniel Lacotte et Catherine Mory

“Je sème à tout vent", disait l’ancienne réclame Larousse - on disait réclame. Cela voulait bien dire ce que ça voulait dire. Le dico donne des mots et nous on devient plus intelligent. Intelligent c’est mieux que cultivé.
Voici une série de beaux livres que vous pouvez acheter les yeux fermés, tous sont estampillés Larousse.
Depuis mon enfance, Larousse accompagne ma vie de lecteur.
J’en ai passé du temps à regarder les dictionnaires. A l’époque, ils étaient en noir et blanc, très rébarbatifs. Il y avait des dessins, plus quelques petites photos de mauvaise qualité. Je me disais: je suis Français mais je connais très peu de mots sur chaque page, et derrière chaque mot il y a une façon de ressentir. Donc plus tu connais le français plus tu vis des émotions et surtout en sachant les nommer. Vous me suivez ?
En cette fin 2014 paraît la nouvelle édition du Petit Larousse, celle de 2015. Les Français en ont fait le leader du genre depuis 110 ans. Il est présenté dans un coffret qui protège le couverture signée par Jean-Charles de Castelbajac, dont le trait rappelle celui de Jean Cocteau. Cette édition du nouveau dictionnaire comprend 62 500 mots, 125 000 sens et 20 000 locutions.
Et 170 000 définitions, 4 500 compléments encyclopédiques et 5 500 dessins, schémas et photographies.
A l’heure du net, il n’est pas interdit de feuiller un dictionnaire. Ce n’est pas le même rythme. On va plus lentement. On assimile davantage.
On peut rester 10 minutes ou plus sur les drapeaux du monde entier: Mauritanie, Moldavie…
Stéphane Bern, l’un des derniers représentants de la télévision qui peut être intelligente, présentent deux ouvrages:
-Les Rois de France. L’indispensable galeries des souverains français. Là aussi quelle différence avec les livres de jadis. Tout est en couleur, fort bien maquetté. Un régal. On a envie de tout retenir. On a droit aux arbres généalogiques. Ceux qui l’ignorent apprendront que Juan Carlos 1er a fait passer l’Espagne de Franco à la démocratie sans guerre civile. Au lieu de toujours le brocarder sur la chasse, on devrait ne parler que de l’essentiel.
-Dynasties Royales d’Europe. Dans cet album, nous sommes en présence des dix souverains régnant actuellement: Elizabeth II du Royaume-Uni, Albert II de Monaoo, Carl XVI Gustaf de Suède qui vient d’honorer Modiano… Pas de scoop, bien sûr. Rien que la surface lisse de l’iceberg. La tradition ne veut pas autre chose. Pas de Closer, ici ! Stéphane Bern est à l’aise dans ce registre. Il a repris le flambeau de Léon Zitrone. C’est un genre journalistique comme un autre. Le plus de cet ouvrage réside dans la vingtaine de documents en fac-similés dont un dessin de Louis XIII enfant. Ce cadeau est parfait pour les enfants studieux. En existe-t-il toujours ?
De manière originale, Alain Dag’Naud est un iconoclaste qui casse des images conventionnelles pour revisiter l’Histoire de façon attractive. Pourquoi le 27 juillet 1214 est-il si important dans l’Histoire de France ? Pourquoi parle-t-on des Trois Glorieuses ? Riche de 300 illustrations, l’album, magnifiquement imprimé, est augmenté d’une suite de fac-similés que l’on compulse avec curiosité et intérêt. Histoire de France comme on ne l’apprend plus à l’école n’est pas réservé aux enfants.
Le lexicographe de cœur et d’esprit, Daniel Lacotte, nous donne un nouveau livre dont il a le secret. Sa veine du savoir et du partage est intarissable. Il souffre de la boulimie de connaissances dans un monde qui semble devenir de plus en plus stupide, attaqué par les sentiments moisis de la religion des petits esprits. Les proverbes de mes grands-mères, de Daniel Lacotte est un festival de finesse linguistique. Nous sommes en présence d’une galaxie de proverbes que l’on connaît souvent sans imaginer une seconde la véritable signification.
Les expressions les plus extravagantes de la langue française, de Catherine Mory, font écho au livre de Daniel Lacotte comme pour former l’autre pilier d’un même monument dressé en l’honneur du langage. Ici nous revisitons des anecdotes, des citations dans un vaste panorama de comparaisons avec d’autres pays sans oublier l’étymologique des mots mis en lumière. Les illustrations de Tiphaine Desmoulière apportent à la prose de l’ensemble.
Le meilleur de savoir-inutile. com. termine notre voyage dans la langue française par une succession de 1000 informations insolites qui auraient enchanté les surréalistes première période, celle de Breton et Soupault. Le petit album par la taille présente 320 jeux qui nous permettent de tester notre… ignorance ! En voiture, a une vitesse moyenne de 110 km/h, il faudrait 150 ans pour arriver au soleil. Qui savait ça ? La France détient le record de consommation de Nutella: 300 000 tonnes par an ! Soit 26 % de la production mondiale. On comble des lacunes: Ben Bella, le premier président algérien, joua à l’OM en 1939-1940 au poste de milieu de terrain. Rien que pour ça, ce livre mérite d’être primé.
Le coffret Curiosités et trésors de nos régions permet de jouer de manière intelligente. 320 cartes nous donnent l’occasion de savoir ce que nous savons ou pas sur l’Alsace, l’Auvergne, la Bretagne, la Corse, la Martinique, la Normandie, la Provence… Toutes les 27 régions de France sont présentes. Il y a un sablier, quatre jeu de cartes et un livret de 96 pages. Ce QUIZZ est l’équivalent de Questions pour un champions mais de manière rétro. Donc simple et directe. Pas besoin de piles !

-Le Petit Larousse 2015, 2048 p., 29,90 €
-Les Rois de France, Stéphane Bern. Larousse, 128 p., 30,90 €
-Dynasties Royales d’Europe, Stéphane Bern. Larousse, 160 p., 30,90 €
-Histoire de France comme on ne l’apprend plus à l’école, Alain Dag’Naud. Larousse, 128 p.,30, 90 €
-Les proverbes de mes grands-mères, Daniel Lacotte. Larousse, 215 p., 12 €
-Les expressions les plus extravagantes de la langue française, Catherine Mory. Larousse, 190 p., 12, 90 €
-Le meilleur de savoir-inutile. com. Larousse, 349 p., 15,90 €
-Curiosités et trésors de nos régions. Coffret jeu Larousse, 15, 90 €

14.12.14

Permalien 17:25:36, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Man United is back ! 18 points sur 18 points

Les Beatles sont de Liverpool mais c’est Antonio Valencia qui a mis les Reds dans le vent ! L’Equatorien a enrhumé trois défenseurs de Liverpool avant de servir du caviar à Wayne Rooney. Et c’est ainsi que débuta le récital de la Maison Rouge dans le Théâtre des rêves. Le moral est au beau fixe: le Nobel à Modiano, Man United est de retour en battant une fois de plus Liverpool qui n’est plus qu’une ombre face à MU, et C. Ronaldo est le favori pour le Ballon d’Or. Tous mes Poulains me font honneur.

Dimanche 14 Décembre 2014
Manchester United 3-0 Liverpool

Buts pour les Red Devils: Rooney (12e), Mata (40e), van Persie (71e)

Classement:
1 Chelsea 39 16/ 12 3 1/ 36 13/ + 23
2 Manchester City 36 16/ 11 3 2/ 33 14/ + 19
3 Manchester United 31 pts 16 m/ 9 4 3/ 29 17/ + 12

Les Red Devils sont revenus dans la course au titre.
MU a répondu présent dans le choc contre l’ennemi héréditaire.
Gerrard a erré tout le monde sans savoir quoi faire ni où se mettre. Une fois encore on a vu ses limites. Il ne sait jouer que dans son stade et encore pendant les entraînements.
MU a fait le jeu par les ailes, comme le réclame son ADN.
On a vu de l’animation. Des superbes séquences collectives. De la fluidité. Du caractère. Et de la joie. De Gea se disait à lui-même: “VAMOS !”
MU est de retour. Ses joueurs-là sont en mesure de remporter le titre car ils n’ont plus que ça comme objectif.
Dans le camp d’en face, on a vu Balotelli. Il n’est plus que l’ombre du bon joueur qu’il fut quand il était junior. En 2014, il joue autant avec les mains qu’avec les pieds. Il fait tout ce qu’il ne faut pas faire.

Manchester United:
De Gea: 10. Il a stoppé 8 tirs cadrés. Le fait de jouer parfois en défense à trois l’a forcé à devenir encore plus attentif. Ses réflexes ont augmenté. Merci à Sir Ferguson d’être allé le chercher en Espagne. L’un des cinq meilleurs gardiens au monde. (1)
Valencia: 9. Joueur d’exception. Un ailier-défenseur reconverti défenseur-ailier. A rendu chèvres les défenseurs des Reds. C’est lui qui fait la passe décisive sur le premier but.
Jones: 8. Beau match sérieux de reprise (McNair 88e, non noté)
Evans: 5. A commis une grosse toile qui a failli permettre aux Reds de revenir dans le match mais de Gea était là !
Young/ 7. A apporté de la vitesse. Une passe décisive pour le deuxième but. Celui de Mata. Hors-jeu ? Cela compense la passe volontaire de Gerrard à Drogba qui a permis, dans un sordide match, à Chelsea de gagner le championnat devant MU…
Carrick: 8. Depuis qu’il est revenu, MU ne perd plus. Sa lecture de jeu prouve qu’il a QI de 250 !
Fellaini: 7. Joueur capable du pire et du meilleur dans le même match. Peut faire une bourde atroce puis juste après une passe décisive. Il est à l’origine du 3e but de la Maison Rouge. Qualité première: il n’a peur de rien et sait marcher sur l’homme. Défaut principal: la déconcentration
Mata/ 8. Maître des petits espaces. Grande lucidité
Wilson: 4. Trop jeune pour des matchs de ce niveau(Herrera 70e: 5 S’est bien fondu dans l’ensemble)
Rooney ©: 9 Le grand Rooney était de sortie. Un opéra de l’œil à lui tout seul. Un orfèvre dans un corps de boxeur (Falcao 80e, non noté)
Van Persie: 9 Avec Rooney, il forme un homme à deux têtes. La complémentarité de rêve

Non utilisés: Lindegaard, Blackett, Fletcher, Januzaj.

Manager: Van Gaal (10) A enfin compris qu’il fallait revenir à une base fergusonienne. 8 joueurs sur 11 ont joué avec Sir Ferguson. Le Néerlandais a aussi compris qu’il ne faut pas aligner trop de jeunes en même temps. Pour qu’une équipe soit solide, elle doit compter sur des hommes de grande expérience. La Premier League ce n’est pas un tournoi de sixte au stade de l’Oli ! (Vieux stade dans la périphérique niçoise)

(1) A voir http://youtu.be/5n6wVO2B6mo

[Post dédié à King Cantona]

13.12.14

Permalien 23:18:30, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Les Red Devils sont-ils vraiment de retour ? Ils vont devoir faire honneur à leurs fans devant Liverpool

Dimanche 14 décembre 2014, 14 h 30
Manchester United - Liverpool

Le football est un esthétisme, une mystique.
Et contre Liverpool, je veux en voir !
Cela fait une éternité que je n’ai plus vu jouer MU.
Je me suis désintoxiqué alors que depuis 1992, je suivais le club jour après jour.
MU n’est pas QPR ou Hull City. Si c’est pour voir MU jouer comme une PH française, cela ne m’intéresse pas. Quand je lis Modiano, je ne suis pas dans la collection Arlequin !
J’enregistre que le groupe de van Gaal s’est bien repris.
Les débuts calamiteux semblent loin: MU vient d’enchaîner cinq victoires de suite.
On se croit revenu au temps de Sir Ferguson, au plan comptable s’entend.
Rooney est redevenu magique et van Persie revient aussi très bien.
Rooney… avec le talent qu’il a il devrait être dans la course du Ballon d’Or.
J’espère que MU va proposer de l’animation au milieu de terrain.
J’espère aussi voir Gerrard dans le camp d’en face. Ce joueur est de l’esbroufe. Il est surtout bon dans les journaux. Gerrard n’est pas un champion. Un champion cela ne fait pas volontairement une passe à Didier Drogba (Chelsea) pour que MU ne gagne pas le championnat!
Gerrard n’est jamais parvenu à remporter un championnat d’Angleterre. Il traîne ce fardeau depuis des années. Son football est triste, sans imagination. Je n’ai jamais compris pourquoi on le met tant au sommet. Les journalistes fantasment sur lui dans le mythe du héros de la classe ouvrière, si bien chanté par l’inoubliable John Lennon. Gerrard n’est pas un ouvrier, plutôt un Golden Boy qui gagne des centaines de milliers d’euros par mois. En échange de quoi ? Une C1 plus quelques bricoles. En Angleterre, gagner le championnat est plus important que la C1. Mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres.

Permalien 16:23:58, Catégories: LITS ET RATURES, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

Après le Nobel de Modiano, j'attends le Ballon d'Or de C. Ronaldo

CR7 est en route pour son 3e Ballon d’Or. Ils sont où ses détracteurs ? Dans les poubelles du net. J’ai toujours aimé Ronaldo. Je célébrais son talent à Europe 1 à son arrivée à MU quand autour de la table tous lui taillaient des costards trois pièces.


Cristiano Ronaldo a déjà inscrit 25 buts en 14 matchs de championnat auxquels il faut rajouter 5 buts en Champions League, ce qui fait un total de 29 buts !

Classement des meilleurs buteurs de la Liga 2014-2015, le 13 décembre 2014:

1 Ronaldo Cristiano/ Real Madrid 25 buts 14 matchs
2 Messi Lionel/ FC Barcelone 13 buts 14 m
3 Neymar/ FC Barcelone 11 buts 13 m
4 Bacca Carlos/ Séville FC 10 buts 14 m
5 Benzema Karim/ Real Madrid 8 buts 13 m

Bon des deux pieds, de la tête, sur coup de pied arrêté, Ronaldo est l’un des 10 plus grands joueurs de l’Histoire depuis un siècle. Il se remet en questions à chaque match. Il sait aussi être passeur quand il le faut.

Histoire de rire un bon coup voici le Top 20 en nombre d’abonnés sur Twitter (10 décembre 2014):

1 Real Madrid/ Liga 13 800 000
2 FC Barcelone: Liga 13 400 000
3 Arsenal/ Premier League 4 900 000
4 Chelsea/ Premier League 4 760 000
5 Galatasaray SK/ Süper Lig 4 540 000
6 Manchester United/Premier League 3 900 000
7 Fenerbahçe SK Süper Lig/ 3 710 000
8 Liverpool/ Premier League 3 560 000
9 Milan AC/ Serie A 2 300 000
10 Manchester City Premier League 2 150 000
******************************************************
11 Paris Saint-Germain/ L1 1 760 000
16 Olympique de Marseille/ L1 1 200 000

Permalien 08:34:21, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Patrick Modiano, le vrai président de la France

La sublime simplicité de Patrick Modiano. A part Pierre Assouline, je n’ai pas vu un autre écrivain français se réjouir du Prix Nobel décerné à Modiano.

Je n’ai qu’une patrie: la Littérature, celle dont parlait Albert Camus.
Et j’ai donc pour Président: Patrick Modiano.
Avec lui nous sommes au pays de l’intelligence, de la sensibilité. De la culture vécue d’abord avec le cœur.
Avez-vous écouté son dernier discours à Stockholm ?
Il a prononcé le mot “humilité” que je ne cesse pas de lui associer.
Il a parlé aussi de “gentillesse” terme devenu complétement ringard de nos jours.
Quand un écrivain, un vrai écrivain, fait un discours cela sonne juste parce que c’est lui qui l’a écrit.
Les discours du président de la république française- de gauche ou de droite- sont devenus tous inaudibles car ils sont écrits par d’autres. Ce n’est que du bruit.
Toute la famille Modiano- gendres compris- a sauvé l’honneur de la France en lui redonnant sa dignité.
On a vu des êtres humains simples et généreux. Des filles émues aux larmes par leur père. Auprès d’elles, leur mère était fière et discrète. En retrait, les gendres affichaient plein d’admiration pour leur beau-père. Modiano est un jeune patriarche qui nous a fait oublier toute la médiocrité contemporaine, celle qui plastronne à la télé et dans les ministères.
Au nom des habitants de la Littérature, je dis merci aux Modiano.

[Post dédié à Stig Dagerman]

12.12.14

Permalien 10:45:08, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Hommage à la Beat Generation. La correspondance Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughs chez Gallimard.

Jack Kerouac a parfaitement illustré l’amitié telle que la concevait Roger Nimier. Le 14 août 1944, le futur auteur de Sur la route a été incarcéré dans le comté du Bronx, à New York, parce qu’il aida Lucien Carr a effacé toutes les traces du meurtre qu’il avait commis. Nimier a toujours dit qu’un vrai ami dit à l’annonce d’un crime perpétué par un ami: «Où est le corps ?» Et surtout aucun jugement ou condamnation. Dans la vidéo, Kerouac parle français. Il est plus moderne que n’importe quel écrivain de la branchitude actuelle. Il ne suffit pas d’écrire bite, couilles ou cul pour avoir du talent.

Voici une belle occasion de nous replonger dans le parcours des fondateurs de la Beat Generation le plus grand mouvement littéraire après Dada et le Surréalisme. Les Américains liés comme les doigts d’une seule main ont tout fait avant nous, et encore plus. Une précision s’impose : ils sont touché à la drogue à la différence près qu’ils étaient artistes, savant mélange entre intelligence et sensibilité. Tout ça pour dire qu’un abruti qui se came reste abruti. Les artistes n’ont pas le monopole de la drogue mais il y a une grande différence entre un Henri Michaux qui se défonce et un bas du plafond que se fait un rail de coke. Pour ma part, je dis la drogue à distance : elle a trop détruit Hendrix et cie. Pas la peine de prôner la liberté si c’est pour devenir dépendant des dealers. On a un cerveau pour s’en servir pas pour le détruire.
Les journaux nous ont un peu trop vite fait croire que le rock pour la pop avaient fait reculer les murs de la convenance pour les faire exploser. Avant les deux grandes messes commerciales, il y a eu le jazz et la Beat Generation. Kerouac et ses amis nous ont appris à partir à l’aventure sur les routes sans connaître de destination à la rencontre des gens dont on ne soupçonnait pas l’existence la seconde d’avant. Ces êtres généreux méritent notre respect. Beaucoup de jeunes de 2014 ne leur arrivent pas aux chevilles. Il faut dire que les membres de la Beat Generation étaient des littéraires. Kerouac lisait beaucoup d’écrivains français : de Rimbaud à Céline en passant par Thoreau. Une partie des lettres que nous lisons dans la correspondance Kerouac-Ginsberg a été relue par Kerouac quand il a relu le courrier en 1961. L’amitié entre les deux amis a été l’axe fondamental de la Beat Generation comme celle entre Breton et Soupault fut celle du Surréalisme. J’ai bien dit Soupault et Breton, non pas Aragon-Breton. De leur rencontre en 1944 jusqu’à la mort de Kerouac, en 1969, les deux pionniers des beatniks s’écrivent régulièrement.
Réveille-toi c’est la vie du Prince Siddartha Gotama racontée par Kerouac. Texte fondateur et initiatique du catholique devenu adepte de Bouddha qui lui permettait d’avoir une plus grande ouverture de compas sur la vision de la vie. Quitte a choisir une religion autant choisir le Bouddhisme nous démontre le Prince qui abandonne les richesses de sa famille. Lui ce qu’il veut c’est la richesse intérieure.
Dans Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines, le premier roman de Kerouac- Burroughs on est en présence de Phillip (17 ans) et Al (40 ans) qui est amoureux de Phillip. On y retrouve tous les thèmes de la Beat Generation. Ceux qui croient avoir tout inventé faire bien de lire cette histoire sur la vie glauque à Manhattan. Il y a aussi le double itinéraire d’un serveur de bar (Will) et d’un marin (Mike). Les nightclubbers contemporains ne sont que des ringards à côté d’eux. Au mieux des clones.

-Correspondance Jack Kerouac-Allen Ginsberg (1944-1969). Edition de Bill Morgan et David Stanford. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard. Gallimard, 2014

-Lettres choisies (1943-1997), d’Allen Ginsberg. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Peggy Pacini. Édition de Bill Morgan. Gallimard, 464 p., 20,99 €

-Réveille-toi, la vie du Bouddha, de Jack Kerouac. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claude et Jean Demanuelli. Gallimard, 224 p., 13,99 €

-Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines, de William Burroughs et Jack Kerouac. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun. Postface de James Grauerholz. Folio, 240 p., 6,80 €

11.12.14

Permalien 11:33:00, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Prix Nobel 2014. Les deux dernières interventions de Modiano, le virtuose de l'humilité

Voici le dernier entretien de Patrick Modiano, accordé le 10 décembre 2014. Le dernier, cela veut dire le plus récent. Par son comportement fraternel, il a eu la grande gentillesse de partager sa joie avec ses lecteurs.
On est d’autant plus touché qu’il nous permet de rester en connexion avec les écrivains de jadis, ceux du temps où seuls les écrivains écrivaient. Contrairement à la légende, Modiano parle très bien. Et c’est parce qu’il parle peu souvent qu’on aime l’entendre. Il ne parle jamais pour ne rien dire. C’est la marque de ceux qui respectent le public. Quand il a appris que Modiano était prix Nobel, Le Clézio a déclaré :"Cela ne va pas être facile pour Patrick Modiano, il faut beaucoup converser” (L’Express, repris dans Le Figaro Littéraire du 4 décembre 2014). “L’auteur du Procès verbal a perdu une bonne occasion de se taire” ai-je alors commenté. On vient de le vérifier à Stockholm où Modiano a évolué de la plus belle des façons: digne, simple, humble et généreux. C’est le plus bel ambassadeur des Lettres françaises. Enfin, un véritable écrivain! Cela nous venge des imposteurs du PAF qui font écran aux talents masqués par “la racaille moderne". (Baudelaire) Modiano vient d’offrir à l’académie Nobel une photographie qui a longtemps été sur son bureau: il s’agit du portait d’un enfant, par Willy Ronis. En donnant cette photographie, Modiano a ainsi l’impression de “rester en permanence à Stockholm". A noter sa façon de légèrement se pencher vers son interlocutrice. C’est toute la politesse de celui qui est vraiment à l’écoute des autres.

Voici la dernière intervention de Patrick Modiano lors du banquet pour fêter les Prix Nobel, 10 December 2014:

“Vos Majestés
Vos Altesses Royales
Excellences
Chers Lauréats
Mesdames et Messieurs

La cérémonie qui vient de se dérouler m’a profondément ému, et témoigne de la générosité et de la grâce avec laquelle vous m’avez reçu parmi vous.

Cela, je ne l’oublierai jamais.

Je n’oublierai jamais la gentillesse et la délicatesse des membres de L’Académie Suédoise que j’ai pu rencontrer.

J’ai l’impression qu’ils m’ont fait entrer, d’un coup de baguette magique, dans ce Panthéon où figurent beaucoup des héros de ma jeunesse, ceux qui m’ont donné l’envie d’être écrivain, et dont la lecture m’a aidé à vivre aux heures de solitude de l’adolescence.

“Je voudrais que cette récompense, loin de m’étourdir, me donne plus de lucidité et d’humilité dans mon métier d’écrivain, et qu’elle m’inspire une vision plus juste des êtres et de la vie.”

En ma qualité de vieux rêveur, je ne peux m’empêcher de penser à ces Suédois dont les destins romantiques ont été liés à la France, Axel de Fersen, August Strindberg, Raoul Nordling …

Je suis d’autant plus touché d’être honoré à Stockholm, cette ville que j’aime, et en Suède, ce pays auquel je suis attaché par l’esprit et par le coeur.

TACK SÅ MYCKET/ Copyright © The Nobel Foundation 2014 “

Maintenant l’heure est venue de remercier Patrick Modiano d’avoir si bien partagé sa joie avec ses lecteurs.
Il a joué collectif, ne boudant pas son plaisir. Sa façon de remercier est bouleversante.
Il est à mille lieues des gens qui jouent à être écrivain et qui ne sont en fait que des auteurs parmi d’autres.
Chez Modiano la littérature est une question de vie ou de mort. C’est toute la différence avec les carriéristes.
“Je voudrais que cette récompense, loin de m’étourdir, me donne plus de lucidité et d’humilité dans mon métier d’écrivain, et qu’elle m’inspire une vision plus juste des êtres et de la vie.” Ce souhait me renvoie à Hokusai qui a dit dans son grand âge: “Peut-être vais-je enfin savoir peindre…”

Nota Bene: il faut féliciter l’organisation du Nobel qui a retransmis toutes les séquences de l’événement sans toxique commentaire. Voir et entendre ce qui se passait devant nous suffisait. Bravo ! Je rêve d’une télé sans commentaire, surtout lors des retransmissions sportives. Le football me plait pour son silence. Félicitations au secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Peter Englund. On voyait qu’il aime vraiment Modiano, l’homme et l’œuvre. Le timing des cérémonies a toujours été respecté, dans un parfait tempo.

10.12.14

Il fallait le Nobel à Modiano pour contrecarrer tous les Philippe Henriot actuels.

Dans la France de 2014 où les nouveaux Philippe Henriot se bousculent au portillon de la gloire, il est très important que l’œuvre de Patrick Modiano serve d’étendard à la Culture française contemporaine. C’est le meilleur bouclier contre l’abjecte démagogie des esprits en carence de générosité, apôtres du repli sur soi. Dire que Raymond Devos était plus talentueux que Bigard ne suffit pas à nous faire dire que “c’était mieux avant". “Avant” c’était l’époque des nazis et des collaborateurs !

L’honneur de la France, voilà ce que représente Patrick Modiano.
Le mercredi 10 décembre 2014, à 17 h 27, il a reçu le prix Nobel de Littérature des mains du Roi de Suède.
Il est scandaleux que la télévision française n’ait pas retransmis cette cérémonie.
En France, on n’est bon qu’à célébrer les comédiens, les présentateurs TV, les je ne sais qui du CAC 40.
D’un autre côté, je me félicite tous les jours que les Molières de la littérature n’existent pas car ils seraient trustés par toute la “racaille moderne” - l’expression est de Baudelaire- et autres dérisoires membres du PAF.
Ce Nobel attribué à Modiano et beau et grand car il est tombé sur Modiano comme un bout d’étoile.
La cérémonie fut digne, pleine de solennité.
En France, il faut toujours des amuseurs dans ce genre de festivités.
A Stockholm, il y avait en rang d’oignons 11 lauréats. Du lourd. Des cerveaux qui équivalent à des Rolls Royce.
Voilà pourquoi la télévision était absente.
Cette semaine, on a vu l’élection de Miss France pendant 4 heures de direct.
Le prix Nobel de Littérature à un Français, plus un prix Nobel d’Economie à un autre compatriote, cela n’intéresse aucun patron de chaîne de télévision française.
Avant la remise du prix Nobel de Littérature, un poète suédois- Jesper Svenbro, membre de l’Académie suédoise- a rappelé le parcours de Modiano. La présentation fut en suédois mais j’ai entendu citer: le personnage de La Place de l’étoile, Louis Malle, Paris, l’Occupation, Vichy, Villa Triste, Dora Broder, les numéros de téléphone qui sonnent dans le vide et les adresses où il n’y a plus personne, soit toute la thématique de Modiano.
L’écrivain suédois a rappelé ce que je ne cesse de dire: avant l’historien américain Paxton, Modiano nous a démontré que Vichy n’a pas eu besoin des nazis pour mettre les Juifs hors de la communauté française. Depuis 2010, on sait que Pétain a durci les lois antijuives sans que les occupants ne lui aient forcé la main. Dans les livres de Modiano, il y avait tout ce que l’on ne savait pas encore ! Jesper Svenbro a eu l’extrême gentillesse de dire quelques mots en français au moment où Modiano a déplié ses deux mètres pour aller se présenter devant le roi.
Le romancier était rasé de près, il avait les cheveux impeccables de quelqu’un qui sort de chez le coiffeur.
Il portait un nœud papillon blanc. Et la célèbre queue de pie. Pas du tout écrasé par le poids des honneurs, Modiano a l’humilité chevillée au corps. On ne peut être que modeste quand on passe son temps à sauver des noms oubliés dans les annuaires qu’il sauvegarde des déchiqueteuses.
Lors de la remise des prix Nobel, les intermèdes musicaux furent honorés par un orchestre philarmonique et une superbe cantatrice, Kristine Opolais. Une voix, un physique, une présence. On se souvenait alors que les Suédoises sont parmi les plus belles femmes du monde.
Un protocole aussi superbe que celui de Wimbledon.
Modiano n’est autre que le Federer de la Littérature, un homme stylé, la grande classe. Autant par l’allure que par sa prose. L’élégance est de mise, la vraie celle des gens simples. Pas de pédantisme. Pas de prétention.
Il accepté son prix avec son humilité habituelle. Là où d’autres affichent l’arrogance il n’est que timidité.
Ce mercredi 10 décembre, date de l’anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, le romancier a reçu le prix Nobel de Littérature des mains du roi de Suède, Charles XVI Gustave.
Grand moment, d’une belle gravité.
Le lauréat a salué la salle comme un judoka.
Tant de journées seules à gratter le papier tout à coup dans les projecteurs !
Dans la salle, sa fille Zina faisait semblant de ne pas pleurer. Sa sœur, Marie, applaudissait à tout casser. Il est rare que Modiano soit applaudi par ses filles. Sur l’estrade, il y avait leur père. Elles n’habitent plus avec lui et leur mère qui a crié “Bravo!". Comme le temps passe !
Ce prix Nobel de Littérature attribué à Modiano est un cadeau qui nous fait très plaisir dans une France qui serait au bord du suicide d’après un auteur qui couche dans les médias, à l’inverse de Patrick Modiano.
L’honneur est sauf. Le Nobel a été attribué à un véritable écrivain. Les guignols du PAF peuvent piétiner dans l’antichambre. On ne leur ouvrira pas la porte.
Modiano ne fait pas partie de l’organisation du commerce des hommes. Il aime trop la littérature pour siéger à l’Académie française, entre Jean d’Ormesson et VGE.
La France a besoin de Patrick Modiano pour rester à bonne température.
Il n’y a pas si longtemps, un plumitif a osé écrire que “Modiano mérite le Prix Drancy à chaque rentrée littéraire".
Les profiteurs de la collaboration qu’il dénonce, mine de rien- et avec grand courage - dans ses livres des années 1960-1970 sont de retour parmi nous.
Restons vigilants !

Le lien pour voir la remise:
https://twitter.com/NobelPrize/status/542718000550260736

[Post dédié à mes amis Emmanuel Berl et à Robert Gallimard]

09.12.14

Permalien 10:57:29, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

La remise officielle du prix Nobel de Littérature à Maestro Patrick Modiano

Il est cocasse de voir cette vidéo: Modiano marche dans Paris avec un commentaire allemand ! On le voit sourire devant un bâtiment qui s’appelle Horizon… comme le titre de l’un de ses romans. Hasard objectif, dirait André Breton.

Mecredi 10 décembre 2014
Remise des Prix Nobel dont celui de P. Modiano (Littérature)
Entre 16 h 30 et 18 h

Suivez la cérémonie en direct:

http://www.nobelprize.org/ceremonies/archive/video/ceremony_sthlm/2014/index.html

Restons dans la bonne vibration. Souvent je célèbre des disparitions, comme celle de Nelson Mandela.
Mandela était important sur cette terre.
Modiano aussi. Il appartient à mon Panthéon intime depuis des décennies.
J’ai perdu beaucoup de balises. Elles restent allumées dans mon cœur mais je ne les vois plus à l’extérieur.
Il est bon d’apercevoir la lumière des contemporains qui ne trichent pas avec le public.
Savoir Modiano déambuler dans Paris rend respirable l’air de la capitale.
Patrick Modiano reçoit officiellement son prix Nobel, mercredi 10 décembre, au Stockholms Konserthus (Stockholm Concert Hall). Le roi de Suède lui remettra, comme à tous les lauréats 2014, un diplôme et une médaille. Cette cérémonie fait suite au beau dimanche qui a vu l’écrivain prononcer, devant l’Académie Nobel, son discours de quarante minutes dans lequel il évoque si humblement toute la géopoétique de son parcours consacré à l’écriture. [Lire le post suivant.]
D’habitude les récompenses me passent au-dessus de la tête car elles sont le résultat de tractations quand il ne s’agit pas de transactions !
L’Oscar ? Il faut faire des courbettes pendant des mois.
Etre élu à l’Académie française ? Il faut aller cirer les pompes aux cacochymes illisibles.
Les prix littéraires ? A 95% du copinage.
Les décorations ? De sacrés voyous portent la légion d’honneur.
Simenon disait que les médailles appartenaient au domaine agricole pour récompenser les vaches.
Je me réjouis de la récompense décernée à Patrick Modiano car il n’a rien demandé.
On a vu à sa mine réjouie qu’il était content d’être distingué.
Modiano représente beaucoup car il est authentique dans un monde où l’on encense tout et n’importe quoi.
Qui peut nier son talent ?
Ne pas aimer l’œuvre de Modiano cela revient à dire que Brassens ne sait pas chanter.
Dans un monde où des footballeurs surcotés gagnent 800 000 euros par mois, il est important qu’un écrivain de la trempe de Modiano obtienne le Ballon d’Or de la Littérature.

07.12.14

Permalien 19:16:41, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

A Stockholm, la sincérité de Modiano a crevé l'écran

A Paris ou à Stockholm, Patrick Modiano est toujours le même. C’est la marque des authentiques, si loin des imposteurs qui font florès dans le PAF. Modiano est la catharsis de tout le système médiatique. Il nous est indispensable. Ici, il parle quelques heures avant son discours du 7 décembre 2014. Tout ce qu’il a dit tourne autour de l’acte d’écrire, chez lui cela devient de la politique, un acte de résistance. Pas un seul instant, il n’a essayé de nous dire comment améliorer la marche du monde, à l’opposé de tous les donneurs de leçons.

La Solitude et la discipline sont les maîtres mots de la vie de Patrick Modiano qui consacre sa vie à la littérature.
Le Discours de Suède de Modiano c’est sa Lettre à un jeune poète (Rilke). Un écrivain débutant devra lire ce texte s’il ne veut pas rester qu’un vulgaire auteur comme il y en a tant.
Vive internet! Grâce au net, on a pu voir en direct le discours de Patrick Modiano.
Pour rien au monde je ne l’aurais raté.
Je n’arrive pas à m’habituer à voir Modiano vieillir car on ne se voit pas vieillir soi-même. J’aurais voulu qu’il restât tout le temps jeune. Je précise qu’il vieillit très bien. La classe n’a pas d’âge. On l’a ou pas.
La salle était de nature humaine, pas un amphithéâtre. Juste une assemblée, disons une pièce pour la musique de chambre.
Il y avait une table ronde, avec les livres de Modiano en suédois. Pour nous français, cela donnait l’impression d’être avec une autre écrivain, à cause des couvertures que l’on découvrait. Heureusement, il y avait sa photo et son nom.
Il est entré par la porte du fond, il leva les sourcils. Déjà, il remerciait cet honneur. Il était gêné dès la première seconde.
Au premier rang, on reconnaissait ses deux filles que je vois comme des héroïnes échappées des films de Truffaut.
J’ai reconnu Antoine Gallimard dont le nom suffit à dire sa profession.
Sur le côté, j’ai vu Bernard Pivot, non sans plaisir. D’autres encore ici et là.
Patrick Modiano a voulu monter tout de suite sur la petite estrade mais on lui a demandé de s’asseoir, ce qui provoqua un gag. La salle se mit à rire. On avait l’impression d’être dans un film du cinéma muet. J’ai pensé aussi à Thomas Bernhard. Un jour de remise de prix, l’écrivain autrichien, s’est assis parmi le public pour démontrer que tout ça était une mascarade: en effet, on l’attendait alors qu’il était présent. Modiano, lui, voulut tout de suite prononcer son discours puisqu’il était venu pour ça. Il a ri de sa gaucherie légendaire. Il prit place à côté de sa femme, émue du parcours commun avec l’homme qu’elle aime depuis leur jeunesse.
Le très chaleureux organisateur de la cérémonie, le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Peter Englund, a dit quelques mots de bienvenue puis il a demandé à Modiano de venir parler aux deux micros.
Il a dit: ” Maestro, s’il vous plait". Oui, Maestro cela convient bien.
17 h 30 affichait la pendule. Il y avait ce parfum du Discours du Roi qui n’était venu à l’esprit, mettant un peu au même niveau la timidité majestueuse de Modiano avec la difficulté d’élocution de George VI.
Dès les premiers mots, Modiano s’est mis à transpirer autant que Jacques Brel.
“Je voudrais vous dire combien je suis heureux et ému” d’être ici. Oui, Modiano est heureux et depuis l’attribution de son prix, on l’est avec lui, pour lui, car à l’inverse de Le Clézio qui a la chaleur humaine d’un bout de banquise - ce qui est étrange pour quelqu’un qui écrit si souvent sur le désert- Modiano, lui, est généreux puisqu’il a partagé ce prix avec tous ses lecteurs. Impossible d’être plus humble que Modiano. Ses filles le regardaient comme des parents regardent leur enfant, le monde à l’envers ! Quand on l’a salué avant qu’il ne commence sa lecture, il a fait un geste qui disait: “Je n’ai rien fait, pourquoi m’applaudir ?”
Modiano a expliqué qu’il n’avait pas l’habitude de parler devant du monde. On le savait. Qu’il se rassure: il a été magnifique. Il a raconté comment il écrivait, pourquoi il écrivait. Ses lecteurs n’ont rien appris car Modiano n’a jamais menti sur son travail depuis qu’il a commencé à écrire. Ce discours a repris tous ses thèmes fétiches.
“Un romancier ne peut jamais être son lecteur, sauf au moment des corrections.”
Il a comparé la naissance d’un roman au développement d’une photo argentique. Révélateur, bain d’arrêt, fixateur.
Modiano a parlé comme s’il écrivait devant nous. Avec parfois quelques hésitations qui rajoutaient à l’ambiance émouvante de le voir faire ce qu’il ne fait jamais.
Il a expliqué son quotidien, sa vie en quête de la présence perdue à jamais des oubliés.
Il portait un bout de sparadrap à son index droit, comme s’il avait trop écrit: une blessure d’écrivain.
Il a expliqué qu’on ne pouvait plus partir à la recherche du temps perdu à la manière de Proust, en raison du changement de la perception du temps, précisément.
Il se situe à la charnière du XIXe et d’Internet. De la lenteur à la rapidité.
Il se considère tel un musicien qui écrit.
D’ailleurs à la fin on l’a applaudi, comme s’il venait de jouer un concerto. Un concerto de mots, à coup sûr.
“Mon cousin lointain Amédéo Modigliani” a-t-il précisé pour rendre hommage aux vrais gens de la vie. Quel plaisir de le voir saluer ses racines italiennes ! Il a pensé à tout.
Il a utilisé le mot “matrice” pour bien nous expliquer que le Paris de l’occupation est sa préhistoire.
Attention! Moment important, il a choisi le mot “artiste” pour définir un “écrivain". Il n’a jamais usé du terme “intellectuel". Ce choix est capital. Modiano est un artisan qui fait des romans identique à l’ébéniste qui fait un meuble. La poésie aussi a été mise à l’honneur.
Pas question pour lui de vouloir changer le monde. Il n’a rien à voir avec ces prétentieux qui s’agitent sur nos écrans car ils n’ont pour ambition que la vulgaire notoriété. Un écrivain reste un solitaire qui travaille à sa cadence parce qu’il ne peut pas s’empêcher d’écrire, poussé par un mouvement vital. Rien à voir avec les bonimenteurs qui viennent nous dire qu’il faut faire telle ou telle chose pour sauver l’humanité.
“Le romancier est un voyant, un visionnaire, un sismographe.” Parfait rien à rajouter.
Il a cité Yeats et parlé d’Hitchcock pour expliquer que le cinéaste enfant fut enfermé dans une cellule par un policier qui lui a dit: “Voilà ce qui t’attend si tu te comportes mal". De cette aventure pas banale, Modiano a tiré le fil de toute l’existence du magistral Hitchcock. Modiano a parlé d’Hitchcock pour nous faire comprendre que lui aussi avait un terreau créateur. Des “énigmes, des mystères” fondateurs.
Modiano a évoqué magistralement son jeu de l’oie perpétuelle dans les pages des annuaires.
Pendant tout son discours, il n’a pas bu une seule goutte d’eau. Il est resté concentré, exactement comme lorsqu’il écrit et c’est pour cela que ses livres sonnent si justes. “Pourquoi tant de notes, les bonnes suffisent” disait Miles Davis. Modiano, même combat.
Il s’est arrêté brutalement sur le mot “Océan". L’océan si cher à Lautréamont. La littérature encore et toujours. La vraie, celle qui vient du cœur, de l’âme, celle qui demande qu’on se mette à son service et non l’inverse.
La pendule affichait 18 h 10. Quarante minutes non stop. Aussi beau que Camus dans un registre plus intimiste.
Il a semblé un peu perdu. On pouvait croire qu’il avait mélangé ses derniers feuillets, mais non c’était bel et bien fini.
Il a souri. Il avait ce beau visage de l’enfant démesuré qu’il a souvent.
On l’a applaudi comme on applaudissait Rostropovitch ou Pablo Casals ou Hendrix.
L’organisateur, Peter Englund, a mis sur l’estrade Modiano et sa femme Dominique. Il est rare de voir un vrai couple. Cela nous change des pantins du PAF.
La famille Modiano fut à l’honneur et on la remercie de rehausser le niveau de la France.
A Stockholm on a vu de la sincérité, de l’authenticité, du talent et de l’amour.
Rendez-vous au prochain livre.

Pour écouter le discours:

http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2014/modiano-lecture.html

Le texte intégral de Modiano:

http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2014/modiano-lecture_fr.html

NOTA BENE: Mercredi 10 décembre 2014 aura lieu la remise officielle du prix Nobel.

Permalien 02:02:27, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le discours de Patrick Modiano en direct de Stockholm

Depuis le prix Nobel de Camus, aucun prix Nobel n’avait fait autant plaisir aux lecteurs français que celui attribué à Modiano. Le jour de sa désignation, Patrick Modiano fit partager sa joie de manière naturelle avec un sourire qui remonte de l’enfance. Il dédia son prix “à son petit-fils parce qu’il est Suédois". La signature de l’humilité ludique. J’attends avec un certain tract- comme les jours de grands matchs, genre Man United-Liverpool ou Barça-Real- son discours que je situe d’emblée entre celui de Malraux lors du transfert de cendres de Jean Moulin et ceux du film Le discours d’un roi où l’on voit la difficulté du roi George VI pour s’exprimer en public. Rassurez-vous, Patrick Modiano est grand parleur - et non pas un beau parleur- comme tous ceux qui ont le silence pour langue maternelle. Modiano ne va pas se contenter de parler, il va dire.

Dimanche 7 décembre 2014, 17 h 30
Remise du prix Nobel de Littérature, en direct de Stockholm
Discours de Patrick Modiano

Tunnel télévisuel interminable pour l’élection de Miss France, le 6 décembre 2014. Rien pour Modiano, le lendemain. Dans quel monde vit-on ? L’intelligence est interdite de télévision. La simplicité aussi. Le talent fait peur car il est indomptable.
Aucune chaîne de télévision française ne retransmet le discours de Patrick Modiano lors de la remise du prix Nobel de littérature.
La télévision étatique par contre le même jour à 20 h déroule son JT devant le premier ministre actuel qui “occupe le terrain médiatique” disent les articles. C’est signé.
Les médias françaises diffusent sans cesse des matchs de football dont on se moque complétement.
Les politiciens de carrière occupent les écrans non stop.
Le discours n’est pas diffusé ? Rien de surprenant, la ministre de la culture actuelle n’a pas lu un livre depuis deux ans.
Jadis, François Mitterrand invitait Patrick Modiano dans l’émission de Bernard Pivot.

Suivez le discours en direct ici:

http://www.nobelprize.org/


“C’est un très bon discours, portant sur son oeuvre, sur le sens de l’écriture en général et sur l’importance d’avoir des écrivains libres et indépendants. La conférence durera environ quarante-cinq minutes", a confié Odd Zschiedrich, directeur administratif de la Svenska Akademien.

06.12.14

Permalien 07:50:32, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Gallimard salue le 30e anniversaire de la mort du poète Henri Michaux (A distance, Moments)

Je suis tenté de dire aux éditions Gallimard: “Merci pour ce “Moments"…” si vous voyez où je veux en venir, et là où je n’irai pas.
Les lettres et les manuscrits de Michaux n’encombrent pas les salles de vente.
Tout simplement parce que le poète avait une broyeuse à portée de main !
Dès qu’il avait mis au net, ce qu’il voulait dire, sur un dactylogramme, il réduisait à néant son texte manuscrit, nous rappelle André Velter dans la préface.
Pour un écrivain cela revient à s’automutiler sachant que tous les écrivains ont une part narcissique. C’est sans doute pour cela que Michaux massacrait sa calligraphie.
Michaux ne voulait pas être bassement comestible dans les médias.
Si je me souviens bien, il refusait d’être édité en poche. Un livre cela se mérite !
Sacré Michaux: il est sans doute le seul écrivain à avoir été à la fois célèbre et maudit. Il était connu mais il vivait comme un homme de la rue, ne jouissant jamais de sa renommée. A côté de lui, Beckett était quasiment un vedette du show biz. Je plaisante à peine.
Un drame a frappé Michaux. “Henri riait tout le temps jusqu’au jour où sa femme à brûler vive. Ensuite je ne l’ai plus jamais vu rire” m’a raconté Philippe Soupault me suppliant de ne jamais porter de tissu Pilou, cause de la mort de la grande brûlée.
A distance a été publié la première fois en 1997 et Annonciation en 2004. Il s’agit d’œuvres posthumes. Si Michaux les a laissés en vie sur son bureau c’est que ces textes tiennent la route, la distance… Henri Michaux est mort le 19 octobre 2014, trois jours avant François Truffaut. La mort a vraiment trop bon goût. Elle fauche souvent les gens que j’aime et laisse en vie des pourritures humaines.
Heureusement, la postérité les venge: on parle toujours autant de Truffaut et de Michaux, sachant bien sûr la poésie est un art confidentiel. Les décideurs n’aiment pas qu’on en parle car les poètes sont des gens ingouvernables, sauf par la sincérité, l’ennemie des politiciens qui mentent comme ils respirent, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La politique c’est l’art d’empêcher les gens de penser à ce qui les intéresse, a dit Paul Valéry. Henri Michaux a fait le contraire: il écrit sur nous, pour nous, par le prisme de sa propre sensibilité. Mon bruit contre les bruits, disait-il. Allez-y voir pour votre plus grand bien.

-A distance, suivi de Annonciation. Avant-Propos d’André Velter. Poésie/ Gallimard, 170 p., 7,90 €
-Moments. Traversées du temps, par Henri Michaux. Poésie/ Gallimard, 130 p.

05.12.14

Permalien 23:37:46, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Les adieux du grand boxeur Jean-Marc Mormeck

Cent articles pour demander que la FFF refasse jouer Henry dans un match de kermesse promotionnelle et rien pour la retraite de Jean-Marc Mormeck. Au-delà de la boxe, il n’y a plus que le duel à l’arme.

Deux fois champion du monde en poids lourds-légers, Jean-Marc Mormeck a confirmé qu’il mettait un terme à sa carrière, comme il l’avait annoncé avant son combat. Le 5 décembre 2014 il a perdu sur décision des juges contre le Polonais Mateusz Masternak, ex-champion d’Europe de la catégorie, au palais des sports d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Les deux boxeurs ont livré un rude combat.
Deux grands boxeurs. Deux athlètes à la frappe lourde.
Un homme de 42 ans contre un homme de 27 ans.
Le Français s’est présenté sur le ring dans une forme impeccable. Un corps magnifique, taillé dans le roc.
A 42 ans, il affiche un corps puissant, parfaitement musclé. Que de sacrifices pour en arriver à une tel forme physique.
Le Polonais a été plus rapide à donner des coups. Mormeck a bien esquivé tant qu’il a pu, profitant de quelques ouvertures.
Il a quitté le ring, tête haute.
Pendant le combat, j’ai vu la mort dans les yeux des boxeurs, plus dans ceux du Français.
Bouleversante opposition. Le jeune et le vieux.
Noble art, dit-on, à juste titre.
A la fin du combat, Masternak est venu féliciter son adversaire selon la belle tradition de la boxe. Il savait qu’il avait gagné, et Mormeck n’ignorait pas qu’il avait perdu.
Ensuite, Mormeck a pris le micro pour demander qu’on arrête de siffler le vainqueur, demandant qu’on l’acclame car c’est un champion d’aujourd’hui. Aucun politique ne sait parler aussi bien que Mormeck.
Mormeck a expliqué- lucide après la pluie de coups qu’il venait de recevoir- qu’il fallait que la Fédération prenne conscience que la France avait besoin de boxe. Il a fait l’apologie de la boxe et a critiqué la fédération qui ne fait rien pour relancer ce sport admirable, la boxe.
Se livrer bataille sur un ring c’est autre chose que de jouer un match de football.
Les coups reçus ou donnés par Mormeck peuvent tuer un homme.
Mormeck s’est exprimé de manière parfaite.
Il a souvent parlé de sincérité, mot qui n’existe pas dans la classe politique qui ment 24 h sur 24.
Mormeck est une publicité vivante pour la boxe: il est beau, fort, intelligent, sensible, très bon orateur, courageux, pas frimeur. Je ne lui connais que des qualités.
J’espère le revoir vite dans d’autres activités.

Parcours Professionnel de Jean-Marc Mormeck, né le 3 juin 1972 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe:

Combats: 44
Victoires: 38
Victoires par KO: 24
Défaites: 6

Champion du monde poids lourds-légers WBA (2002-2006, 2007) et WBC (2005-2006, 2007)
Champion Inter-Continental WBA poids lourds (2010)
Champion Inter-Continental WBA poids lourds-légers (2000-2001)
Champion de France poids mi-lourds (1998-1999)

04.12.14

Le discours de Patrick Modiano en direct sur le Blog Morlino

Dimanche 7 décembre 2014, 17 h 30
Discours de Patrick Modiano

En direct de Stockholm, sur: http://www.nobelprize.org/

Vite internet !
Nous ne sommes plus à la merci de ces messieurs les décideurs qui dégainent leur indifférence dès qu’ils entendent le mot culture.
Quel plaisir d’attendre et d’entendre ce discours.
Je l’attends comme un grand match de football, oui mais un Man United-Man City de l’époque de Sir Ferguson.
Pourquoi la télévision française ne diffuse-t-elle pas ce discours ?
C’est simple: la télévision n’a plus de Pierre Dumayet, de Pierre Desgraupes, de Marcel Jullian, de Jean-Marie Drot, de Max-Pol Fouchet, de Bernard Pivot… Maintenant c’est l’ère du moins disant culturel.
Même Arte tourne le dos à Modiano.
La télé s’intéresse au sport non pas pour le sport mais pour les écrans publicitaires.
Gallimard ne peut pas dire “achetez Gallimard!” car tous les auteurs sont différents…” alors que la boisson gazeuse américaine c’est la même à Londres comme à Tokyo.
Donc pas de pubs, pas de Modiano.
Et après on s’étonne que la culture soit en perdition.
Le discours de Modiano c’est plus important que PSG-OM !
-"Cela ne va pas être facile pour Patrick Modiano, il faut beaucoup converser” a déclaré JMG Le Clézio dans L’Express, repris dans Le Figaro Littéraire du 4 décembre 2014. L’auteur du Procès verbal a perdu une bonne occasion de se taire. Modiano parle très bien et jamais pour ne rien dire. S’il a accepté le prix c’est que cela lui a très plaisir. Et sa joie ne fut pas feinte. C’était beau de le voir heureux, joyeux.
En 2008, dans son discours lors de la remise du prix Nobel, Le Clézio a écrit:
-"Pourquoi écrit-on ? J’imagine que chacun a sa réponse à cette simple question. Il y a les prédispositions, le milieu, les circonstances. Les incapacités aussi. Si l’on écrit, cela veut dire que l’on n’agit pas. Que l’on se sent en difficulté devant la réalité, que l’on choisit un autre moyen de réaction, une autre façon de communiquer, une distance, un temps de réflexion.”
Bien sûr, ensuite, il développe mais la phrase. “Si l’on écrit, cela veut dire que l’on n’agit pas"… je ne pense pas lire cela chez Modiano parce que lorsqu’il écrit Dora Broder, il agit ! A force d’écrire sur le désert, Le Clézio a peut-être l’impression d’écrire dans le vide.
Précision: le silence qui suit Modiano, c’est encore du Modiano ! (Hommage à Sacha Guitry)
Le prix Nobel impose un discours. Le prix Paul Morand, non. Le Clézio, le sait bien puisqu’il l’a accepté cette récompense du quai Conti sans dire un mot publiquement sur Morand. On le comprend.
J’attends le discours de Modiano comme celui de Malraux lors des transferts des cendres de Jean Moulin.
Modiano bien sûr est dans un autre contexte.
On va voir une sorte de remake du film Le Discours d’un roi. Je pense à la scène finale.
J’espère de la forme et du fond. Modiano est l’écrivain contemporain qui respecte le plus les lecteurs. Il ne fait jamais les trottoirs du PAF. Le Clézio non plus. C’est pour cela qu’ils sont respectés. Je souviens de ces auteurs du Tout-Paris qui descendaient d’un toboggan lors d’une émission de talkshow de la branchitude. Pire que grotesque. Consternant !

[Post dédié à mes amis Emmanuel Berl et Robert Gallimard]

03.12.14

Permalien 20:04:22, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Finitude célébre Pierre Autin-Grenier et Roger Rudigoz, deux écrivains dans un monde d'auteurs

« C’est le fils spirituel de Vialatte et de Topor » a dit Pierre Assouline. Il faut mériter ce compliment, et il le méritait. Pierre Autin-Grenier a pris soin à son dernier livre qui paraît à titre posthume. Ecrire ne changerait rien à la vie, pensait-il. Il a raison, sa mort n’a pas ému la France. Dommage pour elle : les financiers préfèrent demander qu’un footballeur à la retraite joue encore une fois avec l’équipe de France, cela rapporte plus de fric que de saluer un très bon écrivain contemporain. A quoi cela sert-il d’écrire quand on a tant de mal à communiquer avec les autres, pensait-il aussi. L’écriture est un plaisir solitaire qui peut se terminer en partouze !
Le grand nouvelliste a eu « la fort mauvaise idée » de mourir le 12 avril 2014, nous révèle son éditeur, Finitude. «A mon cancer» est tout simplement le dédicataire avec «Aline» qui l’a accompagné jusqu’à la mort.
Un matin, PAG se croise devant le miroir de la salle de bains et se dit : «Il me semble nécessaire d’analyser plus en avant la situation». Plus d’humour, tu meurs !
Il détestait les gens contents d’eux-mêmes qui viennent vendre leurs salades avariées à la télé, politiques et auteurs dans le même sac. Il a toujours été dans la marge par choix. Cela fait tenir les livres selon le mot de Jean-Luc Godard. Il savait très bien comment ça marche : soit une tête de gondole, soit André Laude. Pourquoi le public ne voit-il pas les vrais écrivains ? Parce qu’on les lui cache. Heureusement qu’un Modiano est parvenu à passer entre les mailles de l’indifférence. Parfois, la gloire a bon goût.
Il n’était bon qu’à ça, si on le rapproche de Beckett. PAG confiait ne pas savoir planter un clou. Il constate : je n’ai pas changé, le monde non plus.
Dans le livre qui lui rend hommage, on peut lire une série de textes de Franz Bartelt, Eric Holder, Antoine Volodine, entre onze autres. L’ouvrage est illustré notamment de photos, d’œil et de mains amis. Une vie d’enfant pas rigolote du tout. « Andouillette abandonnée par ses parents » dit PAG à son propre sujet.
On peut prolonger le plaisir de lectures avec A tout prix, de Roger Rudigoz (1922-1996) un frère d’humour noir de PAG. « La littérature fut toujours ma religion, mais malheureusement j’avais une vocation d’ermite plutôt que de curé, de moine ou d’évêque », dixit Rudigoz. Pierre Autin-Grenier aurait signé ces lignes des deux mains. Quand il allait à la radio faire un entretien, Rudigoz remarquait surtout la beauté de la standardiste. Cela s’appelle être un poète. “On a tort de craindre la mort. Elle est honnête au moins, elle ne promet rien et ne déçoit pas". Du Rudigoz, version 10 novembre 1962. On espère lire d’autres années de son Journal. La postérité doit le rattraper par le col de la chemise: pour lui le monde littéraire ce fut surtout l’immonde littéraire. Mieux vaut vivre comme Rudigoz et Autin-Grenier que d’appartenir à « la racaille moderne ». Un écrivain ne cherche ni gloire ni argent. Un écrivain n’écrit peut-être plus. Il se contente de voir, et de marcher, heureux d’être encore capable de vivre. Deux grands serviteurs de la langue sont fêtés par Finitude, grande maison d’éditions dans le genre épicerie fine et fromages affinés. Ou encore vins et spiritueux. Galaxie José Corti. Haut de gamme. Ennemie du pédantisme et des fausses valeurs. “Pourquoi tant de notes, les bonnes suffisent", disait Miles Davis. Pourquoi tant de livres, les bons suffisent, pourrait être la devise de Finitude.

-Analyser la situation, de Pierre Autin-Grenier. Finitude, 136 p., 13, 50 €
-Une manière d’histoire saugrenue. Hommage à Pierre Autin-Grenier. Finitude, 96 p. , 14 €
-A tout prix, journal 1961-1962, de Roger Rudigoz. Finitude, 202 p., 19, 50 €

Permalien 18:43:45, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS  

Les affaires du quinquennat Hollande: doit-on s'en réjouir ou en être accablé ?

Eblouissant Jean Gabin dans Le Président réalisé par Henri Verneuil (1961), d’après le roman de Georges Simenon. Dialogues de Michel Audiard.

Ne parlons pas du livre de l’ex.
Contentons-nous d’énumérer la liste des affaires qui plombent l’actuel quinquennat.
Il y a deux possibilités de les regarder.
1/ On se dit que nous sommes en présence de plusieurs scandales et qu’il faut faire plus attention quand on nomme quelqu’un
2/ On se dit que l’actuel président de la République ne rigole pas avec la déontologie et que dès qu’il est au courant d’un problème, il demande à l’intéressé de plier bagages, étant donné que les hommes restent des hommes et que l’on ne peut donc jamais vraiment savoir ce qui trame dans le cerveau des politiciens de carrière.

Une certitude, la politique est devenue une profession. Nous ne sommes plus au temps d’Edouard Herriot qui avait dit à mon ami Emmanuel Berl: “Il faut choisir, ou la politique, ou l’argent".

Principales casseroles du quinquennat en cours:

1. L’affaire du ministre délégué chargé du Budget

2. Le conflit d’intérêt d’un conseiller

3. Le compte aux Caïmans du trésorier de campagne de Hollande

4. Affaire d’un ex maire PS dans le Pas-de-Calais

5. Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger quitte le gouvernement pour un « problème de conformité » avec le fisc

6. Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants quitte le gouvernement

7 Un autre conseiller du président de la République, a présenté sa démission pour se donner les moyens de se défendre suite à sa citation en correctionnelle pour des faits remontant à 2007-2008

02.12.14

Permalien 16:55:23, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Une année avec Etty Hillesum. (Presses de la Renaissance)

Des jeunes lecteurs italiens parlent d’Etty Hillesum qui ne perdit jamais l’amour de la vie dans les camps de la mort. C’est autre chose que de se plaindre en temps de paix !

Ceux qui achètent les calendriers débiles des rugbymen, qui vendent leur corps comme une catin n’ose pas le faire, feraient mieux de lire les pensées d’Etty Hillesum présentées sous forme d’éphéméride. Etty Hillesum (1914-1943). Rien qu’à la date de mort, on pressent le destin brisé. Je ne la connaissais pas. Vous non plus, sans doute. La jeune femme de 29 ans est morte dans le camp de concentration d’Auschwitz. Elle y est morte parce qu’on l’a tuée. Tirées de son Journal intime (1941-1942) et de ses Lettres de Westerbock (1942-1943), voici réunis une suite de pensées qui révèlent le parcours spirituel de l’écrivain qui hélas ! n’a pas pu vivre sa vie de femme et d’écrivain.
Elle est née en Hollande dans une famille juive. Grande lectrice, elle dévore tout ce qu’elle trouve. Sa rencontre avec le psychologue Julius Spier, un adepte de l’école de Jung, lui fait découvrir l’amour. Spier était aussi un chirologue, spécialiste de l’étude de la main, de son apparence. Il était à la fois le médecin et l’amant d’Etty Hillesum, ce qui sous-entend un tas de vibrations dont on ne peut pas faire l’économie. Julius Spier, né en 1887, tombe malade au cours de l’été 1942 et meurt le 15 septembre 1942, d’un cancer du poumon, à la veille d’être déporté. Etty Hillesum, elle, décède le 30 novembre 1943.
Ce recueil de pensées montre sa joie de vivre, sa grande générosité, elle aidait beaucoup les autres, ne cédant pas au découragement portée par une force mystique. Quand elle rencontre Julius Spier, en 1941, elle a 27 ans et lui, le double. Leurs jours sont comptés et ils ne le savent pas à ce point. Elle lutte contre les pensées négatives et aime citer Rilke, son poète de chevet, son maître à rêver. Quand des amis lui proposent de fuir et de se cacher, elle refuse pour ne pas laisser tomber les prisonniers du camp de la mort.
La traductrice est allée à Auschwitz pour voir les « arbres alentour du camp qui avaient aidé » à vivre Etty Hillesum. Olympia Alberti, l’inspirée compilatrice de l’ouvrage, a choisi de placer à la date du 1er janvier: “J’ai beaucoup de travail à faire sur moi-même pour devenir adulte, et un être à part entière". Le 31 mars [1944], on apprend que le jeune frère d’Etty Hillesum- Misha- est assassiné à Auschwitz. Le 30 juillet, on tombe sur: “Les hommes politiques: ceux qui divisent et qui règnent; les poètes: ceux qui se rapprochent et qui servent.” Très modeste, elle avoue de pas vouloir devenir célèbre. Elle cherche seulement “quelques petits mots pour héberger la montée des sentiments". Elle nous encourage à devenir ami avec une ville ou un pays. “Une amitié pour la vie(…) Une amitié aussi ça se travaille, d’un travail intérieur". Elle cherche à ne pas englober toute l’Allemagne dans l’abjection. “La haine farouche que nous avons des Allemands verse un poison dans nos cœurs […] N’y aurait-il qu’un seul Allemand respectable qu’il serait digne d’être défendu contre toute la horde de barbares". Etty Hillesum était un cœur pur. Elle n’a jamais essayé de s’évader des camps, guidée par la volonté d’aider plus malheureux qu’elle.

-Une année avec Etty Hillesum. Un jour, une pensée. Textes choisie et traduits par Olympia Alberti. Presses de la Renaissance, 380 p., 7,50 €

Jean Gabin et Joséphine Baker, les deux grands artistes furent des héros pendant la guerre

Josephine Baker fut une grande résistante. Elle a voulu défendre la France car le racisme régnait de partout aux Etats-Unis. Madame Baker savait tout faire dans le spectacle. Elle dansait avec une ceinture de bananes sans aucune connotation raciste. C’est l’une des femmes les plus importantes du XXe siècle.

Lundi 1er novembre 2014
France 3
L’ombre d’un doute
Les artistes sous l’Occupation
Présenté par : Franck Ferrand
Quand René Clément est venu voir Jean Gabin pour lui demander de jouer dans Paris brûle-t-il ?, Jean Gabin a répondu au metteur en scène:
-"La guerre, je l’ai faite… en vrai!”
C’est Mathias Moncorgé qui raconte cette scène dans le documentaire. Le fils rajoute: ” Il [René Clément] est reparti avec ça…”
Magnifique! Le fils de Jean Gabin a eu la sagesse d’œuvrer dans le monde du cheval pourtant il a un très grand charisme. Il crève l’écran comme son père, fort et plein de retenue, la signature de la famille.
L’émission passe en revue le comportement des artistes sous l’Occupation, à partir de juin 1940.
“Ah! ça c’est Paris!” On connait la phrase des Boches, disait-on. Ils n’ont donc pas interdit les spectacles, bien au contraire.
Certains artistes ont continué leur travail comme les boulangers faisaient du pain quand ils avaient de la farine.
A Londres, le grand Pierre Dac chantait: “Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est Allemand".
L’émission raconte ce que firent Gabrielle Chanel, Sacha Guitry, Arletty, Joséphine Baker, Edith Piaf ou encore Jean Gabin. Ils sont deux à s’engager pour participer à la libération du pays: Jean Gabin rejoint l’armée et Joséphine Baker travaille pour les services secrets de la France libre. D’autres font des choix différents…
Trenet a chanté mais il a fait du bien aux Français. Ma mère, 16 ans en 1939, aimait l’écouter.
Chevalier s’est dit instrumentalisé par les nazis. La bonne excuse.
Piaf entama une tournée outre-Rhin, tout en protégeant son amant juif dans le sud de la France.
Jean Gabin et Joséphine Baker représentent l’honneur des artistes pendant la guerre.
Cette émission démontre une nouvelle fois qu’on a pratiqué l’épuration à la tête du client. On a fermé les yeux sur certains agissements de certaines personnes et fait porter le chapeau à d’autres.
Arletty est immense: elle dit avoir peur des rats et non pas des hommes.
J. Baker après guerre a adopté plusieurs enfants d’origines différentes pour démontrer au monde que l’on devait vivre ensemble.

PS: le documentaire n’a pas parlé du bon comportement de Jean-Pierre Aumont, ni de Robert Lynen, fusillé par les nazis, le 1er avril 1944, à 23 ans. L’acteur qui joua Poil de Carotte entra très tôt dans la Résistance.

01.12.14

OFFICIEL: Ronaldo CR7 grand favori pour un 3e Ballon d'Or (Série en cours)

Quand CR7 jouait à Man United, les médias institutionnels ont négligé CR7 qui était en pleine construction. Depuis 10 ans, CR7 répond présent chaque saison. Il n’a rien à voir avec ces faux champions français dorlotés par la presse, inutile de citer des noms. L’an passé les médias français ont fait le forcing pour que Ribéry soit le lauréat. Il est où cette année ? Les médias français n’ont pas peur du ridicule: ils ont fait croire que la France allait gagner la Coupe Davis 2014. En face, ils oubliaient qu’il y avait Roger Federer et ses coéquipiers, tous excellents. Le plus intelligent footballeur français actuel est sans doute Karim Benzema: il s’est mis au service de Ronaldo avec tout le bénéfice qu’il en a à tirer. Résultat, Benzema fait une très belle carrière au Real Madrid où sa qualité de passe est vraiment hyper performante, dans la réalisation et la lecture de jeu. Ronaldo va recevoir un 3e Ballon d’Or amplement mérité. Il n’a pas été écrasé par la récompense comme Kaka par exemple. Neuer fera un beau second. Le goal allemand est prétentieux quand CR7 est orgueilleux. Vive Ronaldo !

Lundi 1 er novembre 2014
La sélection officielle du podium pour le Ballon d’Or 2014 est connue.
Le trophée sera décerné, à l’un des trois joueurs nommés, le 12 janvier 2015.
Ronaldo est favori car c’est un attaquant, comme l’a dit de manière, à la fois, hautaine et désabusée, le portier allemand champion du monde Neuer qui regrette que l’on ne se souvienne pas des buts qu’il a… stoppés ! Pas avare d’une gentillesse, il a traité CR7 de marchands de slip, confondant avec Beckham. 3e du Ballon d’Or 2013, Ribéry a disparu des radars.

1/ Cristiano Ronaldo
2/ Lionel Messi
3/ Manuel Neuer

Le double Ballon d’Or (2008 et 2013) maintient toujours son infernal rythme statistique: meilleur buteur du Championnat d’Espagne la saison dernière (31 buts) et de l’exercice actuel (20 buts en 13 journées), CR7 est devenu au printemps 2014 le meilleur buteur de l’Histoire sur une saison de Ligue des champions (17 buts).

Pronostic pour le Ballon d’Or 2014:
1/ Ronaldo CR7 (Portugal, Real Madrid)
2/ Neuer (Allemagne, Bayern Munich)
3/ Messi (Argentine, Barcelone)

Sélection pour le meilleur entraîneur (en gras mon lauréat:

Carlo Ancelotti (Italie / Real Madrid)
Joachim Loew (Allemagne / équipe nationale allemande)
Diego Simeone (Argentine / Atlético de Madrid)

Prix Puskas, meilleur buteur:
J’ai voté Robin van Persie pour son but exceptionnel en Coupe du Monde: fantastique tête plongeante lobée

Mon onze pour 2014:
Neuer
Alba (Es), Kompany (Be), Godin (Ur), Lahm (Al)
Bale (P-Ga), Pirlo (It), Pogba (Fr), Hazard (Be)
C. Ronaldo (Po), Messi (Ar)

C.Ronaldo n’a jamais renoncé à conquérir le Ballon d’Or.
C’est la marque d’un champion. Il n’a pas abdiqué devant la forte poussée médiatique de Messi car la presse entière, sauf la portugaise, n’a pas cessé ce casser du Ronaldo disant qu’il passait son temps en boite. Un tissu de mensonges.
Au lieu de laisser le champ libre à Messi, CR7 s’est accroché au point de remporter une deuxième C1, cette fois avec le Real Madrid.
Au fil du temps, il est redevenu le numéro 1 mondial dès lors que le mental de Messi s’est effondré suite à ses déboires avec le fisc espagnol.
La voie est libre pour un 3e Ballon d’OR attribué au Portugais. C’est comme si Poulidor battait régulièrement Anquetil.
CR7 a un mental d’acier. Il n’est pas comme ce genre de faux champion qui s’est fait porter pâle quand est arrivé l’heure de croiser le fer contre Roger Federer. Aucun sportif ne joue à 100% de son physique. Il faut combler la douleur par une force mentale fantastique.
Certains disent que le gardien allemand Neuer mérite le Ballon d’Or. Je le pensais vu son impact lors de la conquête de la Coupe du Monde 2014 par l’Allemagne. Le hic c’est que Neuer est aussi prétentieux que talentueux. Il est hautain comme on est blond ou brun. De surcroît, il vient de traiter CR7 de marchand de slips. Il le confond avec Beckham !
CR7 est mon favori. Le vote est déjà fait. Le retour de forme de Messi arrive trop tard, il a été transparent pendant tout 2014. Ou presque. Jamais CR7 n’a passé une saison blanche. Sa condition physique est irréprochable depuis 10 ans. Il n’est quasi jamais à la rue.
Rien n’est aisé. Regardez Ozil. Cet immense joueur depuis qu’il est Arsenal a disparu de la circulation. CR7, lui, est passé de Man United au Real Madrid, en s’améliorant !
Ronaldo est souvent frappé du délit de belle gueule. On lui reproche d’être beau, riche et célèbre.
Ce qu’il a de fantastique chez CR7 ?
Il peut piquer un sprint de 100 m et être assez frais au bout pour faire un geste technique.
Messi ne fait jamais ça, c’est un joueur par brèves accélérations qui reste dans sa zone.
Les médias ont voulu faire de CR7 le sale beau gosse capricieux pendant qu’ils installaient Messi dans le rôle du petit frère à protéger. Cela n’a pas marché !
Au lendemain du nouveau record de buts inscrits en Ligue des champions établi par Leo Messi, Cristiano Ronaldo a répondu par un but décisif en C1. Bien servi par Karim Benzema, CR7 a permis au Real Madrid de s’imposer sur la pelouse de Bâle (1-0). Benzema a de l’influence sur le jeu offensif du Real: il marque des buts et a fait 10 passes décisives. Invaincu depuis deux mois et demi, le Real a signé en Suisse sa 15e victoire consécutive.
Après la 5e journée de C1, on connaît dix des seize équipes qui seront en course début 2015, en huitièmes de finale: le Real Madrid, l’Atletico, Arsenal, Barcelone, PSG, Dortmund, Bayern Munich, Porto, Chelsea et Shakhtar Donetsk.

Nombre de buts en C1 de Messi: 74
Nombre de buts en C1 de C. Ronaldo: 71

Messi
Meilleur buteur de l’Histoire de Barcelone: 371 buts, série en cours
Meilleur buteur de l’Histoire de Liga: 253 buts, série en cours
Meilleur buteur de l’Histoire de la C1: 74 buts, série en cours
4 Ballons d’Or: 2009, 2010, 2011, 2012
3 Souliers d’Or
3 C1
6 Liga

Ronaldo CR7
Meilleur buteur sur une saison de C1: 17 buts (2013-2014)
Meilleur buteur de l’Histoire de la sélection portugaise: 52 buts, série en cours
Corecord de triplés en Liga: 22, série en cours
2 Ballons d’Or: 2008, 2013
3 Souliers d’Or
2 C1
3 Championnats d’Angleterre avec Man United
1 Liga

Permalien 08:59:57, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

Après le désastre de la France en finale de la Coupe Davis 2014, offrant le titre de Champion du monde à la Suisse, sans se battre (hormis Monfils), Y. Noah est prêt à revenir

En 1983, je voulais gagner avec Noah.
En 2014, je ne voulais pas perdre avec cette France battue d’avance au niveau mental.
Suisse-France, ce fut la grâce et la pesanteur.
Le style de Federer est plein de poésie lyrique. Aussi beau qu’un aphorisme de Chamfort ou de Cioran.
Il joue de la raquette comme Hendrix jouait de la guitare.
Le samedi en double, et le dimanche en simple, Federer a fait gicler de sa raquette une pluie de points absolument magiques, merveilleux. J’espère le voir jouer encore longtemps sur un court.
Le maître absolu du tennis a 33 ans. Jamais je ne pensais voir un joueur de ce niveau. C’est un McEnroe qui joue sans gaspiller son influx. Beau à voir jouer, beau à entendre parler. Les politiciens devraient s’inspirer de lui et prendre des cours d’élégance.

-"Si je m’y mets, ça ne va pas rigoler. Si demain j’ai les cinq joueurs devant moi [Tsonga, Gasquet, Monfils, Simon et Benneteau], qui me disent “Yann on y va!", là c’est chaud, (…) mais si il y en a un qui hésite, même pas en rêve, ça ne m’intéresse même pas, je ne veux même pas en parler, sinon ça serait intéressant. Ce que je sais c’est que je suis le mec qui a le plus grand palmarès en France depuis longtemps, depuis 50 ans, et les mecs ils ne t’appellent jamais, c’est quand même intéressant ! Et je ne parle pas que des joueurs… Il faut aussi saluer la grande performance des Suisses. “

Un speaker de la radio s’est moqué de Noah en disant: “Vous venez d’entendre l’humilité de Noah". Voilà une remarque typiquement française. Premièrement, elle est faite par quelqu’un qui couche dans les médias, ce n’est rien de le dire, qui couche même avec les médias. Deuxièmement, on a toujours préféré en France la losermania à la Poulidor, au tempérament de feu d’Anquetil.
Si quelqu’un peut être arrogant, prétentieux, fier, tout ce que l’on voudra, en tennis en France, c’est bien Noah.
Quand il parle comme il vient de le faire c’est pour secouer le cocotier des ambitions françaises.
Lors de la finale de la Coupe Davis France-Suisse (3-1) la France est allé dans le mur.
La préparation fut désastreuse. On sait que le match se gagne pour beaucoup dans la préparation. Là, ce fut la faillite française. Moi, même Français, j’étais pour la Suisse ! Roger Federer est l’un des plus dix meilleurs sportifs de l’Histoire, comme Ali, comme Pelé. Les médias français ont fait croire aux Français que la France allait gagner: grotesque! Il fallait ne rien dire, se taire et jouer le mieux possible, au lieu de se répandre, raconter n’importe quoi, prétexter des blessures de dernier moment. Sans paroles, au moins nous aurions pu espérer des actes, la révolte des braves. Au lieu de ça, on a vu une façon de diriger la France qui s’apparent au néant. Tout le groupe de la France 2014 dégageait le charisme de l’actuel locataire de l’Elysée, à savoir l’apologie du vide. Sur le court, Monfils a été le seul à la hauteur, d’ailleurs il a battu Federer en simple.

Dernier Français vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem, en 1983, à Roland-Garros, Yannick Noah, fut le capitaine de l’équipe de France de tennis victorieuse de la Coupe Davis 1991 et 1996. Montrant la voie à Guy Forget qui a aussi gagné la Coupe Davis comme capitaine en 2001.
En tennis, Noah mérite le respect. Si des Français avait brillé depuis lui, il ne pourrait pas dire ce qu’il vient de dire.
Noah est donc le dernier Français vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem, en 1983. Cela fait 31 ans !
Avant lui, il faut quasiment remonter à la préhistoire du tennis: Marcel Bernard vainqueur à Roland Garros en… 1946. Avec Noah capitaine, on n’aurait pas vu de pleurnicherie sur le podium de 2014.
En finale 2014, les Français ont eu un langage corporelle désastreux. Même lors de la remise de la Coupe Davis aux Suisses, ils n’ont pas applaudi leurs vainqueurs, c’est signé ! “Ne pas saluer nos vainqueurs ne rajoutent rien à notre performance” m’a dit Jean Snella.
Moi, devant mon poste, j’étais hyper joyeux de voir Federer et ses amis soulever le trophée. Le sport avait gagné. Federer a gérer la pression de main de maître.
Les connaisseurs de sport étaient avec la Suisse, pour la Suisse, car les Suisses ont su faire partager leur tennis.
Partager, Noah sait le faire. Il n’est pas chanteur pour rien.

NOTA BENE:
Arnaud Di Pasquale, DTN, a ainsi commenté les déclarations de Noah:

-"Il se trouve que la Fédération française de tennis a reconduit Arnaud Clément. Les joueurs ont été consultés et se sont prononcés à l’unanimité en faveur de la reconduction d’Arnaud, avis qu’a validé le bureau fédéral. Je connais et j’apprécie énormément Yannick Noah. Est-ce une manière de toquer à la porte ? Je suis ravi en tout cas de l’intérêt qu’il porte à l’équipe de France, même si je ne partage pas son analyse du fiasco. Une collaboration n’est pas à exclure, il nous faut réfléchir à quelle forme elle pourrait prendre.”

Il n’y a qu’en France qu’on voit ça. En Italie, Monsieur Prandelli, loin d’être ridicule, a quitté la sélection italienne dès qu’elle a été éliminée de la Coupe du Monde 2014 de football.

29.11.14

Le quinquennat de la principauté de l'Elyséé

Décidément, on aura tout vu !
C’est à se demander si les services secrets n’enquêtent pas intramuros de l’Elysée pour savoir qui a pris en photo le locataire pris en flagrant délit de galante compagnie. Nous sommes chez Ubu rewrité par les scénaristes de Plus belle la vie.
Cette présidence a des relents de celle de Félix Faure, vous savez celui dont on a dit:
-« Le président a-t-il toujours sa connaissance ? »
-« Non, elle est sortie par l’escalier de service ! »
Les Guignols de l’info de l’époque ont dit: «Il voulait être César, il ne fut que Pompée».Cette phrase a été attribuée également à Georges Clemenceau qui a dit aussi : «En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui».
Qui aurait pu penser que le quinquennat 2012-2017 serait celui de la pipolisation à outrance après l’ère Sarkozy où l’on pensait avoir touché fond. On croyait qu’on en avait assez vu, eh! bien on n’avait encore rien vu.
Cela nous pendait au nez avec un président célibataire.
Pas obligatoirement. Bertrand Delanoë, maire de Paris, ne nous a jamais médiatisé sa vie privée, ni de loin ni de près. Voilà ce qui s’appelle la dignité.
Depuis 2012, pas un jour sans pipolisation.
On a droit au déballage en permanence.
La France n’est plus une République mais une principauté.
Prenons l’année en cours.
En janvier 2014, Closer dévoile le président se rendant casqué dans un appartement de la rue du Cirque pour partager des croissants avec visiblement une nouvelle élue.
Episode suivant: hospitalisation de la légitime encore en place.
Suite du feuilleton:
-annonce par un télex présidentielle qu’il n’y a plus de “première dame” au palais.
-l’ex va se réfugier dans une maison d’état, la Lanterne, au grand étonnement des électeurs.
-double traque médiatique de l’ex et de la nouvelle.
-sortie du bouquin de l’ex.
-le président socialiste traiterait les pauvres de “sans dents".
-en France, pluie d’articles sur le bouquin de l’ex.
-la presse continue sa chasse à la femme car aucune n’est désignée officielle au palais.
-pluie s’articles à l’étranger sur l’ex qui accorde plein d’interviews.
Nouveaux rebondissements:
-le 9 novembre 2014, la voiture de fonction du président s’est arrêtée devant le domicile de l’ex, starifiée à outrance. La suite est contée dans une interview que cette dernière a donnée au quotidien italien La Repubblica: “Vous voulez un scoop ? Il y a quelques jours à peine, il est venu me voir. (…) Il voulait me dire qu’il ne m’en voulait pas pour le livre. Et il voulait m’assurer que [X] ne vient jamais à l’Élysée. À l’évidence, le mensonge nous aura accompagnés jusqu’à la fin…” Allusion à la une de Voici qui montrait le président et la nouvelle élue autour d’une table de jardin dans le parc de l’Elysée.
-Cinq membres du personnel de l’Elysée affectés au “service privé” du président sont “en cours de réaffectation” après la publication de photos volées de François Hollande et de la nouvelle élue.
Cela ne cessera donc jamais.
Le quinquennat 2012-2017 restera celui de la pipolisation non stop des mœurs du locataire de l’Elysée.
Closer et Voici ont remplacé Le Monde et Le Journal Officiel.

Permalien 07:09:53, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Bon anniversaire Ryan Giggs! Voici ses 169 buts en 963 matchs sous le maillot de Manchester United entre 1991 et 2014

Aujourd’hui adjoint du coach de Man United, Ryan Giggs est le joueur le plus titré de l’Histoire avec 35 titres à son palmarès. Dans notre monde de fausses valeurs, il est bon de voir la vidéo ci-dessous. Tant de talent !

Samedi 29 novembre 2014
Manchester United 3-0 Hull City

Buts pour MU: Smalling, Rooney et van Persie

Man U vient de gagner trois matchs de suite. On s’en contente.
Contre les faiblards de Hull City, MU a développé un jeu plutôt attractif, renouant un peu avec ce qui fit sa grandeur il y a peu.
Du mouvement, de l’animation. Le premier but ne fut pas terrible mais l’important était d’ouvrir. Par instant, Smalling a fait songer à Rio Ferdinand. Il serait temps !
Rooney a été énorme. Van Persie a fait une passe décisive avant de marquer un beau but.
Fellaini se dépense toujours autant. Il revient de si loin.
Carrick met de l’ordre dans la maison.
Di Maria s’est encore blessé.
Rooney a fini dans les panneaux de publicité, se blessant sans doute pas gravement.
En jouant de la sorte MU finira dans les trois premiers.

Ryan Giggs dit le Feu follet
né le 29 novembre 1973, à Cardiff, Pays de Galles
A Manchester United depuis 1987
Gaucher
Ailier puis milieu de terrain
Joueur-entraîneur adjoint 21 avril-11 mai 2014
Entraîneur de l’équipe première depuis le 22 avril 2014, à 9 h 30, avec pour adjoint Nicky Butt, Paul Scholes et Phil Neville.
1er match professionnel le 2 mars 1991, MU-Everton
Dernier match joué à MU le 6 mai 2014
963 matchs, 169 buts
C’est le joueur qui a joué le plus avec Man United depuis la création du club.
64 matchs avec le Pays de Galles
20 mai 2014, nommé coach adjoint de van Gaal

Palmarès de Ryan Giggs: 35 titres majeurs, record mondial

2 Ligues des champions 1999, 2008
Coupe du monde des clubs de la FIFA 2008
Coupe intercontinentale 1999
Supercoupe de l’UEFA 1991
13 Championnats d’Angleterre 1993, 1994, 1996, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003, 2007, 2008, 2009, 2011, 2013
4 Coupes d’Angleterre 1994, 1996, 1999, 2004
4 League Cup 1992, 2006, 2009, 2010
9 Community Shield 1993, 1994, 1996, 1997, 2003, 2007, 2008, 2010, 2013

28.11.14

Bon anniversaire Madame Evelyne Sullerot !

Ecoutez Madame Evelyne Sullerot, opposée à tous les sectarismes. Vous ne perdrez pas votre temps. Donnez une heure à celle qui a donné sa vie pour notre bien-être commun. (Et même deux heures avec le second entretien.) Résistante, cofondatrice du Planning familial en 1955, elle œuvre cinquante ans plus tard pour que les pères soient moins exclus de la garde des enfants après la séparation des parents. C’est l’une des plus grandes personnalités contemporaines. Elle vient d’avoir 90 ans. Bon anniversaire madame ! Toute sa vie a été axée sur l’aide des personnes. C’est autre chose que l’égoïsme frénétique des catins du PAF.

Pour riposter à la médiocrité qu’on nous vend de partout, je salue dix grandes dames de l’Histoire.

Vive Colette !
Vive Simone Veil !
Vive Joséphine Baker !
Vive Marie Curie !
Vive George Sand !
Vive Simone Weil !
Vive Hannah Arendt !
Vive Evelyne Sullerot !
Vive Germaine Tillion !
Vive Berty Albrecht !

PS: A écouter la suite du magnifique entretien avec Mme Sullerot, rare et indispensable. Elle dit que nous vivons dans une “culture narcissique". On ne peut pas mieux dire. En 2014, les journaux mettent leurs salariés en une !
http://www.youtube.com/watch?v=DNHxHUNF7Ps

27.11.14

Permalien 10:09:35, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Hommage à la francophile Patti Smith dont Gallimard republie Glaneurs de rêves

Dans son récit autobiographique, Patti Smith, replonge dans son enfance. Des souvenirs sur sa vie réelle ou imaginaire de sa jeunesse new-yorkaise. Glaneurs de rêves est l’oeuvre d’une quarantenaire. Vingt ans plus tard, le texte paraît en France augmenté de fragments inédits et accompagné de nouvelles photographies et illustrations.
“L’eau bouillait. Je me suis levée, j’ai rincé une poignée de menthe et j’ai versé le liquide dans ma tasse préférée.” Rien d’extraordinaire, donc. Uniquement des choses de la vie. “A force d’être naturel, on devient surnaturel” a dit Jean Cocteau. Elle écrit sur les objets comme Chardin les peignait.
Chanteuse culte au même titre de Joan Baez, Patti Smith aimait son père qui a lu le livre avant de mourir: “Tu écris bien” lui dit-il. Tout à l’éclat de l’authenticité. Grande observatrice, Patti Smith est une exploratrice du quotidien.
On l’aime aussi parce qu’elle est très attachée à la France, ce qui est rare dans chez les stars américaines de la musique punk-rock.
Le jour de la remise du grande de commandeur des Arts et des Lettres, elle a dit:
“Nous sommes le 10 juillet 2005 et Marcel Proust est né un 10 juillet…” Exact, en 1871.
Aucun chanteur français n’aurait pu faire cette remarque.
Patti Smith a découvert Paris, en 1969, quand elle avait 22 ans.
Adolescente, elle lisait Genet, Artaud et Rimbaud. Beau tiercé dans le désordre.
A Paris, elle ne va pas dans les lieux branchés. Elle aime surtout marcher sur les traces des gens qu’elle admire:
Piaf, Nerval, Morrison, Apollinaire, Eluard, Baudelaire, Brancusi… Elle arpente souvent les cimetières pour se recueillir sur la tombe d’un artiste qui lui apporte quelque chose, encore aujourd’hui.
En 2011, pour fêter les 12O ans de la mort de Rimbaud, elle est allée jusqu’à l’Eglise Saint-Rémi de Charleville-Mézières pour se rapprocher encore plus de Rimbaud. Il y était pour la première fois en 1973. Qui dit mieux ?
Sa playlist ? Hendrix, La Callas, Coltrane, Beethoven… Fabuleux, non ?
Pour honorer Rimbaud, elle a chanté au Théâtre de Charleville.
Ami des fondateurs de la Beat Generation, Patti Smith a été proche de Williams Burroughs :"Il m’a appris à me comporter en être humain".
Et c’est ainsi que Patti Smith est une femme considérable.

-Glaneurs de rêves, de Patti Smith. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié. Gallimard, 100 p., 10 €

25.11.14

Permalien 09:20:44, Catégories: LITS ET RATURES  

Poule D, de Yamina Benahmed Daho. (Gallimard) Une plongée dans le football féminin antipaillettes.

L’univers du livre de Yamina Benahmed Daho c’est plus la France profonde que l’univers du foot glamour qui d’ailleurs n’existe pas ! Sauf dans les médias qui mettent en lumière des femmes de joueurs au lieu de parler des vrais championnes. Une injustice de plus.

Un livre qui traite de football féminin, signé par une femme, cela ne court pas les rues. En plus, chez Gallimard. Mazette !
Faut pas oublier que Jean Prévost y a publié Plaisirs des sports, il y a une éternité, au début du XXe siècle.
Le football féminin s’impose peu à peu.
Le 23 novembre 2014, les Allemandes ont gagné les Anglaises à Wembley (0-3)devant … plus de 45 000 spectateurs !
Pour un match amical svp. Ce match me rappelle celui des Hongrois de Pukas qui étaient venus ridiculiser l’équipe aux Trois Lions dans son jardin.
45 000 personnes, oui. Il faut dire que nous sommes dans le pays du football, du sport en général.
Les Anglais considèrent le sport sans ostracisme. En France, c’est le contraire. Le sport, pour beaucoup, c’est pour les bas du plafond. Que de clichés !
Yamina Benahmed Daho a titré son livre Poule D. C’est très amusant. Est-ce un tacle glissé pour le misogyne ? Elle ne peut pas avoir choisi ce titre par hasard. Dès le titre, il y a donc de l’humour, de la distance et de la force.
A 32 ans, Mina, la narratrice veut jouer dans un club de football.
Jusqu’alors elle ne connait le jeu que les livres et les matchs à la télé. Le vendredi elle quitte le collège pour aller s’entraîner. Avec des filles de tous âges et de différents milieux sociaux. C’est ce qui m’a attiré aussi la première fois que j’ai atterri dans un vestiaire.
Petit à petit, Mina s’aperçoit que le football n’a rien à voir avec le mannequin Beckham, ex joueur devenu marchand de slips, non le football de base c’est un stade sans public à part un pelé et deux tondus. Le football de campagne, disons, c’est du vieux matos, des vestiaires pourris, des coachs improbables, des défaites, de la concurrence violente, de la souffrance physique en veux-tu en vois-là.
Bienvenue dans le Val de Marne !
L’enseignante n’est pas d’accord avec l’observation d’Albert Camus qui a dit: “Ce que finalement je sais de la morale c’est au football que je le dois". Joueuse au milieu de terrain, elle ne compte plus les coups bas et autres attaques par derrière. Des adversaires avec cette morale-là elle s’en passerait bien.
“Le foot se joue les pieds dans l’herbe, à ras de terre, pas dans le ciel des valeurs” pense Mina, forte de son nouvelle expérience du terrain.
La narratrice est très terre à terre. Elle a le mérite d’aborder le football par sa face nord, celle du labeur incessant des footballeurs inconnus dont personne ne parle jamais.
Le football est un jeu qui fait autant appel à l’improvisation qu’au calcul millimétré, un mélange de technique et de physique, de cerveau et de muscles.
Le football n’a rien à voir avec les tribunes, les femmes de joueurs, les supporters, les médias, les agents et les dirigeants.
Le football est un art à part entière qui réclament des scénaristes de l’indicible, des massacreurs de hasard.
Et non pas des joueurs grassement payés parce qu’ils bénéficient d’un système très avantageux pour eux alors que le football a été vulgarisé par Puskas, Di Stefano, Kopa, Pelé, Garrincha, Maradona et Platini qui ont gagné moins d’argent qu’un banal ailier des années 2010. Le football est une affaire de style qui s’impose dans l’adversité totale de l’équipe d’en face qui veut vous empêcher de créer. D’où son intérêt et sa grandeur.
Le livre de Yamina Benahmed Daho est un roman d’apprentissage plein d’énergie qui nous pousse à réaliser nos rêves même s’ils se transforment parfois en cauchemars.

-Poule D, de Yamina Benahmed Daho. Gallimard/ L’Arbalète, 127 p., 15, 90 €

24.11.14

Permalien 10:26:33, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS  

Jean Moulin n'est pas mort pour que le Palais de l'Elysée devienne une sitcom

On a cru que la présidence Sarkozy était celle de la pipolisation.
On s’est trompé ou plutôt on a été trompé.
Il suffit de voir et d’entendre ce qui se passe depuis des mois et des mois.
Que doit faire un électorat qui a voté pour un candidat qui devait mettre fin à la pipolisation alors qu’une fois élu, il est le flambeau de la pipolisation ?
Un électorat trompé c’est des millions de gens trompés.
Jean Moulin n’est pas mort pour tout ce que l’on voit aujourd’hui.
En 1964, j’avais 12 ans. De Gaulle était à l’Elysée.
En 1964, André Malraux parlait de Jean Moulin.
Je m’aimerais pas avoir 12 ans en 2014.
Nous sommes le 23 novembre 2014.
Vous avez écouté la radio ?
On est passé de l’Appel du Général de Gaulle à la campagne de com. d’un bouquin depuis Londres.
André Malraux est mort le 23 novembre 1976.
Il vaut mieux qu’il ne voit pas ce qui se passe en 2014.
La politique, la littérature et le journalisme sont mis plus bas que terre.

23.11.14

Permalien 19:27:46, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

La Suisse de Federer sur le toit du monde

Finale Coupe Davis
Dimanche 23 novembre 2014
3e journée
Suisse 3-1 France
Federer - Gasquet (6-4, 6-2, 6-2)

Le Français n’a pas fait un pli contre le Suisse.
La messe a vite était dite.
Ce duo Suisse était magnifique, est magnifique.
Roger Federer est au Zenith du sport.
Il a du style comme les écrivains dignes d’intérêt. Ou les musiciens. Ou les grands hommes de la vie civile. On peut être inconnu est avoir beaucoup de classe. J’en connais plein.
Un jour, Federer a cassé sa raquette. Le soir même il décida de ne plus manifester sa joie ou sa colère avant la dernière balle du match, c’est ainsi qu’il est devenu un winner.
Quand la Suisse a soulevé la Coupe Davis, aucun Français n’a applaudi. Je parle des joueurs sur le podium.
Je vous laisse juge.
Comment les médias ont-ils pu faire croire que la France allait gagner ?
Pourquoi surtout ?
Pour que les ignorants regardent le match à la télévision, pour ne pas dévaloriser les spots publicitaires.
La Suisse a gagne. C’est tout, sauf une surprise.
Les Français ont été inexistant, à part Monfils.
La France est dans le ruisseau et pas qu’en Tennis.
Vous avez vu ce qui se passe dans les médias anglais ce week-end ?
Quand je vois cette hypermédiatisation, la France perd plus qu’une Coupe Davis.

Le collectif de MU, à base de joueurs de Sir Ferguson, bat Arsenal à Londres

A Londres, MU a marqué un but à trois (Fellaini, Di Maria, Rooney) comme au temps béni de Sir Ferguson-C.Ronaldo. On s’est cru revenu au temps de la C1 quand MU était venu se qualifier à l’Emirates Stadium

Samedi 22 novembre 2014
Arsenal 1-2 Manchester United

Buts pour les Red Devils: Kieran Gibbs (contre son camp 56e), Rooney (85e)
But pour Gunners: Giroud (90e +5)

L’homme du match élu a été David De Gea. C’est dire que le gardien de MU a été bombardé.
“Nous avons dominé 80 % du match a reconnu” Arsène Wenger, déplorant que ses joueurs n’ont pu su faire le dernier geste, à l’inverse de Rooney, si heureux après son but magique. Une occasion, un but. La signature des très grands.
Evènement ! MU a enfin gagné à l’extérieur.
Le but de Rooney peut être la naissance d’un groupe.
J’ai retrouvé un peu de magie. Le but de Rooney est sublime: récupération de Fellaini qui lance Di Maria qui poursuit son incursion avant de servir Rooney qui bat le très faible gardien d’Arsenal. Un but fantastique. Et Louis van Gaal qui note le nom du buteur sur sa feuille !
MU a joué à trois derrière. Etonnant. Cela ne me plaît pas.
Il y avait 8 joueurs de Sir Ferguson sur le terrain ce n’est pas un hasard.
Fellaini a livré un grand match de chiffonnier. Rooney a été grandiose, tout comme De Gea qui a maintenu plusieurs fois MU dans le match par des arrêts décisifs.
Arsenal ? Toujours aussi faiblard mentalement. Gibbs a craqué, ce n’est pas la première fois. Je me souviens de son craquage en C1 devant Park.
Et Ozil, il est où ? Une énigme totale. Cet immense joueur s’est arshanisé.
Le football devient étrange: c’est comme le transfert de Falcao à MU. Pourquoi faire ? Pas besoin de lui.
Même quand Sir Ferguson n’est plus là, Arsène Wenger ne gagne pas contre MU à Londres, en plus.
MU a gagné un match que tous les fans de MU attendent car Arsenal a souvent fait perdre des titres à MU.
Donc, merci aux Red Devils. Merci. On a peut être assisté la jonction des ères Sir Ferguson-van Gaal.

Manchester United: De Gea/ McNair, Smalling, Blackett, Valencia, Carrick, Fellaini, Di Maria, Shaw (Young 15e puis Fletcher 89e), Rooney, van Persie (Wilson 75e).
Non utilisés: Lindegaard, Herrera, Mata, Januzaj.
Manager: Louis van Gaal

Arsenal: Szczesny (Martinez 60e), Chambers, Mertesacker, Monreal, Gibbs, Ramsey (Giroud 77e), Arteta, Oxlade-Chamberlain, Wilshere (Cazorla 55e), Welbeck, Sanchez.
Non utilisés: Rosicky, Podolski, Flamini, Bellerin
Manager: Arsène Wenger

PS/ Je ne note plus les joueurs. J’attends le retour de la constance, dans le haut du classement. Dans ce match, je mets néanmoins 10 à Rooney, 9 à Di Gea, 8 à Fellaini et 7 à Di Maria.

22.11.14

Permalien 18:15:35, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

Tous pour Roger Federer, l'un des plus grands sportifs de tous les temps. Depuis Noah, la France n'a eu aucun grand champion de tennis

Toute la semaine d’avant-match, Roger Federer a pulvérisé la préparation mentale de la France en disant qu’il était souffrant et lors de la compétition c’est Tsonga qui flanche ! J’ai noté que les matchs se déroulaient sur terre battue. Tout le monde sait que ce n’est pas la surface préférée de Federer… Les Français n’ont rien compris: croyez-vous que Federer joue pour l’argent ? Non, il joue pour gagner. C’est l’un des plus grands sportifs de tous les temps. Et je suis de tout cœur avec lui. Je veux le voir brandir le trophée qui lui manque. Ce champion est hors normes. En duo, il a joué avec un maillot où n’était pas marqué SUISSE dans son dos.

Finale de la Coupe Davis 2014, 2e journée
France 1-2 Suisse
La Suisse a remporté le double, samedi 22 novembre 2014
(6-3, 7-5, 6-4)
Roger Federer a mis des points de toute beauté, en montant au filet.
Federer c’est la grâce faite homme, un divin mélange de McEnroe-Edberg.
La paire Gasquet - Benneteau a été balayée par le duo suisse Federer et Wawrinka, à Lille.
Dans les tribunes il y avait le président de la République français avec l’écharpe des supporters. N’est pas Nelson Mandela qui veut. Pendant ce temps son ex maitresse continue de ridiculiser la France dans la presse. Comme si la Coupe Davis ne suffisait pas !
Les Français se sont inclinés en trois manches devant leurs adversaires qui mènent deux victoires à une.
Les Bleus n’ont pas été à la hauteur à l’image de Tsonga qui a déclaré forfait avant le match laissant sa place. Il a eu les chocottes, dit-on.
C’est très amusant: les médias attendaient de voir K.O. Federer le dos en compote et c’est Tsonga qui n’a pas joué. A mourir de rire.
La hiérarchie est respectée: les Suisses sont supérieurs.
La victoire finale de la suisse est programmée, sauf accident la Suisse a déjà gagné et à l’extérieur en plus.
Roger Federer a servi pour le gain du match. Il a été majestueux.
C’est l’un de mes héros: Cerdan est mort, Cantona et Giggs ne jouent plus. Il me reste Federer.
Je pourrais traverser l’océan à la nage pour le voir jouer.
Il est digne, humble et plein de classe. Tout ce que j’aime.
Son coéquipier aussi. Les médias français ont essayé de les séparer par une histoire sans fondement cela n’a pas marché. Non, la femme de Federer n’est pas Yoko Ono !
Federer et Wawrinka c’est la grâce et l’acier.
J’attendais le match Federer-Tsonga: le Suisse va-t-il dérouler devant Tsonga ou Tsonga va-t-il se réveiller ?
On ne verra pas le match Federer-Tsonga car le Français ne jouera.
Et dire qu’on se moque de l’équipe de France de football !
Ils sont où les grands tennismen français. Aucun Français n’a gagné Roland Garros depuis Noah en 1983. Le dernier grand est donc Noah. Depuis lui, rien.
On attendait la paire Gasquet-Tsonga et on a eu Gasquet-Benneteau.
Faillite mentale de Tsonga ? Défaillance physique ?
Pour l’instant, Tsonga a dit que le public français ne l’avait pas assez soutenu lors de son match perdu lors de l’ouverture de la finale.
Gasquet peut-il battre Federer ? Gasquet, je le vois comme un Henri Leconte. Capable du pire comme du meilleur. Un exploit est possible. Restera alors encore un match décisif…
Pour qu’un sportif soit aimé, il doit faire vibrer.
A vous de jouer messieurs !

Permalien 15:24:56, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

Finale de la Coupe Davis 2014: Suisse contre Suisse

Les médias sont 100 % pour la France et souhaitent que Roger Federer soit blessé pour que la France gagne. Ecoeurant ! Et d’aucuns osent me dire que je soutiens aveuglément Man United et l’OGCNice !

Finale de la Coupe Davis 2014
21-23 Novembre, 2014.

On vieillit. Les matchs ont lieu au stade Pierre Mauroy qui fut le premier ministre de Mitterrand en 1981. A Nice, la bibliothèque s’appelle du nom de mon ami, Louis Nucéra.

Revenons au terrain.
Les médias ne parlent plus que la Coupe Davis.

Ce sport de riches a même attiré le président français en exercice qui avait pourtant dit qu’il ne les aimait pas, les riches. Aujourd’hui, il a nommé un banquier aux finances. Tout cela est grotesque.
Lors de cette finale, tous les joueurs Suisses et Français habitent tous en Suisse.

Jo-Wilfried Tsonga qui perd contre Stanislas Wawrinka, c’est un habitant de Suisse qui perd contre un Suisse.
Les deux joueurs habitent à quelques kilomètres l’un de l’autre.
80 % des tennismen français de haut niveau adorent le canton de Genève.
Gilles Simon et Richard Gasquet ? Neuchâtel.
Gaël Monfils ? Trélex.
Jo-Wilfried Tsonga ? La Rippe.
Julien Benneteau et l’actuel sélectionneur de l’équipe de France de Coupe Davis Arnaud Clément ? Genève. toute l’équipe de France de Coupe Davis.
On peut citer aussi l’ancien capitaine et sélectionneur Guy Forget.
Et les retraités Arnaud Boetsch, Marion Bartoli et Amélie Mauresmo, capitaine de l’équipe de Fed Cup.
Dans ce match, je suis pour Roger Federer. Suisse pour Suisse autant être pour un vrai Suisse, accessoirement le plus grand joueur de tennis de tous les temps.
Pourquoi les tennismen français habitent-ils la Suisse ?
Pour le climat !

Permalien 01:01:24, Catégories: THE RED DEVILS, ARSENAL N'EST PAS EN FRANCE  

Arsenal-Man United de 2014 n'a plus la saveur des années Ferguson.

La nouveauté de MU ? Les Red Devils ne font plus peur à personne. Et ils ne sont plus favoris dans aucun match. le football de MU est aussi pauvre que celui de QPR ou West Ham. L’équipe joue la peur au ventre, sans inspiration, bredouillant un football sans spontanéité. Les Red Devils semblent joueur avec des IPhone tant leurs passes sont entendues d’avance, téléphonées trop tôt. Louis van Gaal est un spectateur quand MU a besoin d’un coach interventionniste.

Samedi 22 novembre 2014, 18 h 30
Arsenal-Manchester United

Voir Welbeck ex MU avec le maillot d’Arsenal…
Voir l’ex capitaine d’Arsenal - van Persie- avec le maillot de MU…
Tout ça n’est pas simple à vivre.

Je me force à voir ce match. Le plaisir d’avant-match est inexistant.
Man United n’est plus qu’un club en chantier qui attend la manifestation de la chance.

En début de semaines l’infirmerie de Man United était pleine:

Gardien : De Gea

Défenseurs : Rojo, Rafael, Jones, Evans, Shaw

Milieux : Blind, Carrick, Di Maria, Young, Lingard

Attaquants : Falcao

Lors du dernier entraînement de MU, on a vu quand même sur la pelouse De Gea, Angel Di Maria et Michael Carrick lesquels ont participé au jeu après leurs blessures des derniers jours. Joueront-ils à Londres ? Tous ?

L’infirmerie d’Arsenal:

Gardien: Ospina

Défenseurs : Debuchy, Koscielny

Milieu: Ozil

En 12 matches, l’entraîneur de MU a déjà utilisé 37 joueurs différents (un record pour le club), contre 26 pour City, 23 pour Chelsea et 18 pour Southampton.
Louis van Gaal n’a pas d’équipe-type.
Depuis le début d’année, il fait du turn over. Il collectionne les blessés: 12 joueurs de Manchester United souffrent de blessures après la trêve internationale qui n’a pas arrangé le club.

David De Gea est incertain pour affronter les Gunners, à cause luxation d’un doigt contractée à l’entraînement avec l’Espagne, la veille d’affronter le Belarus en éliminatoires de l’UEFA EURO 2016.
Le manager de MU sera privé de Marcos Rojo (épaule, blessé contre Manchester derby.
Rafael, Phil Jones, Jonny Evans et Luke Shaw ne sont pas non plus en grande forme.
Au milieu de terrain, Daley Blind s’est blessé au genou lors du succès 6-0 des Pays-Bas sur la Lettonie. Michael Carrick en phase de reprise a quitté la sélecion avec un problème aux adducteurs.
Angel Di Maria a reçu un coup de la part de Nani pendant le match Argentine-Portugal (0-1)à Old Trafford.
Ashley Young et Jesse Lingard sont toujours HS.
Seule l’attaque est au complet: Wayne Rooney, Robin van Persie et James Wilson sont prêts au combat.
Falcao est proche d’un retour après une blessure au mollet et trois matches manqués

Dailey Blind s’est blessé au genou à la 19e minute contre la Lettonie. Le score était déjà de 1-0 en faveur des Pays-Bas. Il a été très bien remplacé par Jordy Clasie qui aurait pu débuter le match mais avec des si… Franchement Guus Hiddink et les Pays-Bas ont-ils eu peur de la Lettonie avant le match ? Un turn over important aurait pu être installé.
Résultat des courses, Blind est salarié à Man United pour se faire blesser en sélection.
Van Gaal aurait dû anticiper, MU était déjà assez mal en point pour ne pas risquer la blessure de l’un des meilleurs Red Devils de la saison en cours.

Manchester United est-il en train de remplacer Arsenal en tête du palmarès des équipes les plus touchées par les blessures en Premier League? Depuis 10 ans, les Gunners sont de loin les plus touchés par ce fléau, ce qui leur vaut les moqueries régulières des médias britanniques.

Mais alors que l’infirmerie de l’Emirates se vide lentement, ce sont aujourd’hui les hommes de Louis Van Gaal qui connaissent une série de blessures sans précédent. Depuis l’arrivée du Néerlandais mi-juillet, Manchester a connu pas moins de 39 blessures.

21.11.14

Permalien 09:17:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Aux Belles Lettres, une biographie du génial Steve Jobs (1955-2011)

Qui est Roger Moore ? Qui est Tony Curtis ? J’opte pour l’autodidacte Steve Jobs dans le rôle de Tony Curtis.

Ils sont indissociables. Tous les deux ont révolutionné notre quotidien.
Si j’écris en ce moment, si vous me lisez, c’est grâce à eux.
Je n’utilise que rarement le mot génie mais là nous sommes en face de deux génies de l’ère informatique et surtout de sa vulgarisation mondiale.
D’un côté, Steve Jobs (1955-2011), pionnier de l’ordinateur à la maison, du baladeur, du Smartphone, de la tablette tactile. Rien que ça. Le champion de l’IPod, l’IPhone et l’IPad. Le Dieu Mac.
De l’autre, Bill Gates (1955), l’entrepreneur numéro 1 de la micro-informatique. Monsieur Microsoft, le phénoménal Windows. Le Dieu PC.
Deux parcours extraordinaires, deux visionnaires. Pour une fois, deux Anquetil, et pas de Poulidor. Hélas ! Steve Jobs est déjà mort.
Bien sûr nos deux champions ont réussi avec la contributions de plusieurs autres collaborateurs dans l’ombre. Ils savaient s’entourer, se disputaient les meilleurs cerveaux, les meilleures énergies.
Bien sûr, il y a les coups bas. La guerre à l’innovation.
David Brunat et Antoine Dubuquoy nous expliquent tout le parcours du fondateur d’Apple afin de savoir l’essentiel, en tout cas, les grandes lignes de force de sa vie.
De sa naissance mouvementée à son règne mondial, nous n’ignorons plus rien de ce fan de Bob Dylan qui déteste le sport. On songe à W. Churchill qui disait: “No sport".
Le duo de biographes nous apprend que Steve Jobs aimait tremper ses pieds dans la cuvette des W.C! Tous les Géo Trouvetout sont un peu frappadingue. La folie douce.
Les grands industriels de ce rang-là sont des poètes du management. Ils rêvent et passent à l’action pour réaliser leurs rêves. A la fois rêveur et concepteur. Cela demande des facultés intellectuelles hors normes. Tout oublier et tout savoir. Fluide dans la recherche et tueur dans la réalisation. Littéraire et affairiste. Pratiquement l’idéal. Comment séduire à la fois des consommateurs aussi différents qu’un Américain, un Chinois, un Russe et un Indien ? Il fallait frapper dans le besoin quasi vital, à coup sûr créer ce besoin !
Steve Jobs et Bill Gates sont dans la mémoire collective aussi important que Dylan, M. Ali, Picasso, Eastwood, J. Dean, Pelé, L. King ou Miles Davis. Nous sommes en présence de deux artistes de l’industrie moderne. Leur chiffre d’affaires est si astronomiques que je ne peux pas vous le donner: il y a dans la gamme des milliards d’euros.
Ford ou Rockefeller n’ont jamais atteint ce statut.
Steve Jobs a connu son apothéose en 1980.
Le jour de sa mort, on a vraiment senti qu’une immense personnalité nous quittait.
Steve Jobs a laissé son nom dans l’Histoire de l’Humanité. Il est présent chez nous.
Certains l’ont dans la poche sans le savoir.
Les projets d’Apple ?
Visiblement un téléviseur new look. Du jamais vu !

-Steve Jobs, figure mythique. David Brunat et Antoine Dubuquoy. Les Belles Lettres, 176 p., 19 €

18.11.14

Sharon Tate ne verra pas Altamont, de Marc Villard. (Cohen & Cohen)

Après le concert cool de Woodstock eut lieu le violent festival d’Altamont. C’est là que, Marc Villard, situe la fin de notre rêve d’un monde meilleur. Aujourd’hui, le mariage annoncé de Charles Manson réveille notre douleur incicatrisable.

Sept dates clefs qui marquent la fin du rêve hippie :
-9 juin 1969 : démission de Brian Jones des Rolling Stones.
-3 juillet 1969 : Noyade de Bran Jones.
-5 juillet 1969 : concert des Rolling Stones à Hyde Park devant 250 000 personnes.
-9 août 1969 : l’actrice Sharon Tate et quatre personnes sont tuées par les membres de la secte Masson.
-6 décembre 1969 : concert des Rolling Stones à Altamont au cours duquel meurt l’Afro-Américain de 18 ans, Meredith Hunter. Il a été poignardé par un Hells Angels quand il a sorti un révolver. Le festival fut organisé n’importe comment. Aucune sécurité. Came de partout. http://fr.wikipedia.org/wiki/Altamont
-8 décembre 1969 : procès de la bande à Manson.
-18 février 1970 : abolition de la peine de mort en Californie. C’est ainsi que ceux qui ont donné la mort ont sauvé leur vie.

Marc Villard dans la peau du biographe fossoyeur nous raconte à sa manière- comme un morceau d’Hendrix- la fin de nos illusions, nous les enfants de l’après-guerre.
Moi aussi j’y ai cru au peace and love jusqu’aux crimes commis par la bande à Manson qui a fait le pont avec les nazis. D’ailleurs, il s’est tatoué depuis une croix gammée entre les deux yeux. Aujourd’hui, il veut se marier- annonce faite le 18 novembre 2014- lui qui commandita le crime de Sharon Tate, enceinte.
Ce massacre m’a traumatisé. Ce fut l’anéantissement de ma jeunesse. Je n’ai pas pu apprécier Woodstock (15-18 août 1969) et l’Ile de Wight (28-30 août 1970). Ces concerts sont venus après les meurtres de la comédienne et de ses amis. A Woodstock je n’y croyais plus au monde idyllique, à cause de la mort de Sharon Tate.
Le 8 mai 1969 était sorti le film Easy Rider, ruban de rêves culte pour ma génération. Hélas ! l’euphorie s’est éclipsée le 9 août suivant. La bande de sauvages, qui a tué Sharon Tate et l’enfant qu’elle portait, m’a atteint aussi. J’ai vu les photos du massacre. Les bourreaux ont laissé en plus une inscription avec le sang de leurs victimes.
A l’époque, j’étais idiot mais pas au point d’ignorer que la défonce ne fabriquait pas que des gens cool. J’étais victime des médias. Je pensais que les Beatles avaient tout inventé. Je ne connaissais pas Lautréamont, Apollinaire, Dada, les surréalistes, la Beat Generation. Je pensais que Dylan était plus puissant que Brassens ou Brel ou Ferré.
Après l’assassinat de Martin King, le 4 avril 1968, je savais que le monde serait toujours une boule feu mais j’espérais voir vaincre les pacifistes, à l’image de Cassius Clay, qui en 1966 refusa de faire la guerre au Vietnam. Le champion opta pour l’islam sans appeler à la violence. Quand on voit ce qui se passe en 2014…

-Sharon Tate ne verra pas Altamont, de Marc Villard. Cohen & Cohen, 100 p., 13 €

Permalien 08:53:09, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

L’International des francs-tireurs, de Bruno de Cessole. (L’Editeur)

L’irremplaçable Thomas Bernhard est en bonne place dans le Panthéon de Bruno de Cessole consacré aux francs-tireurs.

Adolescent, je marchais boulevard de Cessole, à Nice.
A présent, je lis de Cessole. Bruno, le descendant direct. Après son Panthéon sur les réfractaires voici celui sur L’Internationale des francs-tireurs. Comme son titre l’indique, il n’y a pas de Français dans cette sublime confrérie de rebelles.
Les francs-tireurs haïssent les sectes des puissants qui se réunissent parce qu’ils n’ont aucun talent, hormis celui de vouloir passer la tête de son semblable sous le robinet. La haine est un ciment comme un autre pour les minables du PAF qui s’entraident parce qu’ils savent que leur prose ne vaudra pas cher face au jugement de l’intraitable postérité. De nous jours les écrivaillons ont pignon sur rue comme les conseillers des présidents. Il faut du monde pour actionner le tourniquet du m’as-tu-vu.
Bruno de Cessole, lui, est un serviteur de la langue française. A l’ancienne, tendance Pascal Pia et Kléber Haedens. Dans son prélude, Bruno de Cessole propose une idée de rangement d’une bibliothèque en fonction de la couleur des reliures : « Noir pour la philosophie, marron pour l’Histoire, bleu-roi pour le roman, vert d’eau pour la poésie, jonquille pour les essais… »
Ses notules oscillent entre la biographie de l’auteur choisi sous son rayon X et la substantifique moelle de l’œuvre traitée. Thomas Bernhard est en bonne place dans son anthologie. Un jour où il devait recevoir un prix, l’écrivain autrichien prit place dans l’assistance pendant que tout le monde l’attendait et s’impatientait. Magnifique acte de contestation mais Thomas Bernhard a fini par aller chercher son trophée. La caractère bien trempé était aussi furieux d’entendre dire qu’il vivait dans un micro climat paradisiaque alors que les gens qui disaient cela passaient en coup de vent au moins d’août dans la région au plus fort taux de suicide du pays !
Le Panthéon des francs-tireurs étrangers de Bruno de Cessole est une confrérie des fréquentables admirables. Ici on est sûr de ne pas croiser d’imposteurs qui se la racontent. Voici quelques joyaux de la galaxie de Bruno de Cessole : Jane Austen, Borges, Connolly, Hamsun, Hemingway, Kafka, London, Nabokov, Nietzsche, Pessoa, Pound, Schopenhauer, Svevo, Thoreau, Walser, Wilde, Virginia Woolf et Zweig. Qui manque-t-il ? Bierce, Plath et Dickinson, Chacun les siens. Il n’y en a pas beaucoup d’autres. Aucune faute de goût. Si l’on fuit la compagnie des hommes, l’on pourrait partir avec les deux livres de Bruno de Cessole consacrés aux écrivains majeurs. On ne sait jamais : en cas de perte de mémoire, il suffira de lire ces deux grandes nécropoles de géants de la littérature pour retrouver de véritables amis : des gens qui ne marchent pas dans la combine, des gens qui cherchent la vérité ou leur vérité, des gens qui veulent vraiment vivre et ne pas faire semblant, des gens qui ne trichent pas, des gens qui fuient la bêtise et le mensonge, des gens qui veulent vivre dans la grandeur d’âme, des gens qui sont morts en refusant le monde minable qu’on leur proposait. Des gens qui aimaient la littérature comme s’il s’agissait d’une personne. Des gens qui passaient leur temps à vivre dans le pays des écrivains. Un pays sans carte d’identité. Sans monnaie. Sans dirigeant. Sans frontière.
Il y a tout ça dans le nouveau livre de Bruno de Cessole. Ses deux livres sont déjà des références. La littérature est pour happy few. Je ne touche même pas avec des gants les deux torchons de l’année 2014 qui se sont arrachés par des gens qui pensent que Georges Perros était le goal de Rennes dans les années 1950. En revanche, les deux livres de Bruno de Cessole sont dans ma bibliothèque. Deux serre-livres divins. Il faut lire un portrait par jour. Pas plus. Un livre à déguster à petite dose. Il ne faut jamais boire d’une traite une bouteille de vieil Armagnac.

-L’International des francs-tireurs, de Bruno de Cessole. L’Editeur, 610 p., 22 €

Interview de Bruno de Cessole par Emmanuelle de Boysson :
http://www.bscnews.fr/201105021536/franc-tireur/bruno-de-cessole.html?sms_ss=twitter&at_xt=4dc26fedcc42b0b7

Mon post sur son livre consacré aux réfractaires :
http://www.blogmorlino.com/index.php/2011/06/14/le_defile_des_refractaires_de_bruno_de_c

[Post dédié à Louis Nucéra & Alphonse Boudard]

Le duel Vierra-Keane (Arsenal Wenger-Man United Ferguson) par Vieira et Keane

Magnifique document sur la rivalité Arsenal-Manchester United. Intelligence, humour, talent, force, il y a tout dans ce film. Pendant 20 ans j’ai attendu ce match certain que MU allait battre Arsenal. Je n’en dormais pas de la nuit. A présent tout a changé: je n’y pense plus tant le MU de van Gaal est insipide. Sans magie, sans grâce, le football comme le reste n’a aucun intérêt.

Lundi 17 novembre 2014, 20 h 50
L’Equipe 21
Keane et Vieira, les meilleurs ennemis
De Tim Mackenzie-Smith

Qu’il est loin le temps où MU inscrivait huit buts face aux Londoniens !
Qu’il est loin le temps où Keane et Patrick Vieira se frittaient dans le tunnel !
A la retraite du terrain, ils se retrouvent face-à-face pour discuter de leur rivalité explosive, au cours de l’une des périodes le plus importante de la Premier League.
Le 22 novembre 2014 à 18 h30 se déroule Arsenal-Manchester United.
Sous l’ère Sir Ferguson c’était l’un des matchs de l’année tant la rivalité était grande entre les deux clubs.
Les Gunners de Wenger ont privé les Red Devils de quelques titres importants.
MU a empêché Arsenal d’être champion ? Vous voulez rire, MU devait battre Arsenal selon la logique de la supériorité.
Jadis cette affiche était cochée dès que l’on recevait le calendrier.
A présent c’est devenu un match banal car MU n’est plus MU. MU de surcroît n’est plus qu’une infirmerie.


En savoir plus sur http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/keane-et-vieira-les-meilleurs-ennemis,85281729.php#mV8XX1gQAUhK8CdY.99

[Post dédié à Richard Kurt]

17.11.14

Philippe Caubère joue ou plutôt vit son historique Danse du Diable

Je remets en ligne mon plus récent article sur Philippe Caubère que j’ai juste un peu retouché. L’écrivain-comédien est un héritier direct de Molière et de Proust. Il transcende sa vie dans la création, le plus grand défi face à la mort. Caubère a un univers si fort qu’il ne peut quasiment pas s’insérer dans le spectacle d’un autre.

Je viens de voir une photo en scène de Philippe Caubère. J’y ai vu aussi le regard de Marie Casarès. Ce regard de foudre spirituelle.
Quand Caubère joue, la marche du monde est moins lourde.
Caubère sur scène c’est voir la forge d’un créateur juste au moment où il frappe le fer pour lui donner la forme désirée dans des faisceaux d’étincelles.
Louis Jouvet n’est plus à l’Athénée mais heureusement Caubère y joue.
Caubère ça n’a rien à voir avec un empileur de sketches, comme il y en a tant. Caubère ce n’est pas un promoteur de spectacles, c’est un poète qui crée à l’air libre. Il a révolutionné le théâtre en écrivant puis en jouant ce qu’il venait d’écrire ou le contraire, tout ça dans la plus haute des solitudes.
Qui est Caubère ? Prenez une photo de sa mère, la fameuse Claudine. Le fils se situe entre le sourire et les yeux de sa maman. Sa mère pétillait de vie. Le fils aussi. Juste avant l’effondrement en coulisses. Quand on donne autant, à la fin on est jacquesbrelisé, fracassé, hagard, paranoïaque si on le laisse dans le courant air. C’est un coureur de fonds qui a les qualités d’un sprinter. Lorsqu’il écrit, sa main va moins vite que son cerveau. Il y a un Doinel au cinéma, il y a Ferdinand au théâtre. Truffaut, Caubère, même combat. La descente dans la mine de l’enfance pour remonter des pépites à redistribuer au public.

Philippe Caubère a réalisé un Abécédaire, dans l’esprit de celui de Gilles Deleuze.
Les deux abécédaires n’ont rien à voir. Caubère est un homme de scène, ce n’est pas qu’un auteur.
Caubère c’est quelqu’un qui a pris le pouvoir. Au lieu d’attendre que le téléphone sonne, il a mis sa peau sur la scène et d’abord sur la page blanche.
C’est quelqu’un de très physique, comme un sportif.
Sur scène, il dépense une énergie hallucinante.
Il est beau à entendre et à voir.
Beaucoup de gens disent que c’était mieux avant. Certes, on est triste de ne plus voir Devos ou Zouc. Garrincha est mort. Pessoa n’est plus là, mais non ! ce n’était pas mieux avant, car nous avons Patrick Modiano et Philippe Caubère, pour citer deux artistes que j’aime et que j’aimerais jusqu’à ma mort. Ils n’ont rien à voir mais ils ont des points en commun:
Authenticité. Haine de la connerie. Ennemi de la compromission et de la reptation. Amoureux du français. Hyper intelligent, hyper sensible. Deux enfants démesurés. Un humour hors normes.
Quand Philippe Caubère joue, il faut aller le voir, sans hésiter une seule seconde.
Caubère porte en lui, la magie théâtre, celle de Molière.
Vous allez le voir, et puis vous voyez en même temps votre mère, ou plus exactement “maman", sur scène.
Lui seul à ce pouvoir de réincarnation. C’est un sorcier de la scène.
A la fois Arlequin et Cagliostro.

L’ABÉCÉDAIRE A COMMENCE EN OCTOBRE

Un mot par jour à compter depuis le 8 octobre :
Avignon, Benedetto, Claudine, Danse, Energie, Femme, Galabru, Humour, Impros, Jouer, Koltès, Littérature, Marseille, Non, Œuvre, Père, Qu’en-dira-t-on, Rémunération, Spectateur, Théâtre, Utilité ?, Véronique, Wallonie, X bis, Yves (Robert), Zouc

Philippe Caubère aime Zouc et Devos. Trois phares de la scène. Une lumière qui éclaire et n’aveugle jamais.

DATES DE TOURNÉES de Philippe Caubère

LA DANSE DU DIABLE

4 novembre au 7 décembre - Paris, Théâtre de L’Athénée.
Réservation de places en ligne | www.forumsirius.fr/orion/athenee.phtml?spec=436.

18 décembre - Miramas (13), Théâtre La Colonne.
Réservation de places en ligne | www.scenesetcines.fr.

5 janvier 2015- Chateauroux (36), L’Equinox.
Réservation de places en ligne | www.equinoxe-lagrandescene.com.

10 janvier - Lèves (28), Espace Soutine.
Réservation de places en ligne | www.ville-leves.fr/espace-soutine.php.

14 janvier - Boulogne-sur-Mer (62), Théâtre Monsigny.
Réservation de places en ligne | www.ville-boulogne-sur-mer.fr/le-theatre-monsigny.

17 janvier - Cébazat (63), Le Sémaphore.
Réservation de places en ligne | www.cebazat.fr/Accueil-billetterie-tarifs.html.

23, 24 janvier - Marseille, Théâtre Toursky.
Réservation de places en ligne | www.toursky.org.

28 janvier au 1er février - Boulogne-Billancourt (92), Théâtre de l’Ouest Parisien,
Réservation de places en ligne | www.top-bb.fr.

4, 5 fevrier - Amiens (27), Maison de la Culture.
Réservation de places en ligne | www.maisondelaculture-amiens.com.

8 fevrier - Salon-de-Provence (13), Théâtre Armand.
Réservation de places en ligne | www.salondeprovence.fr/index.php/theatre-armand.

28 fevrier, 1er Mars - Marciac (32), L’Astrada.
Réservation de places en ligne | www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Seul-en-scene-LA-DANSE-DU-DIABLE-MA419.htm

RENCONTRES PUBLIQUES

18 novembre - Au bar du Théâtre de L’Athénée, après le spectacle.

16 décembre - À la Médiathèque de Miramas (13), à 18h.

Permalien 08:23:49, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Journal et autres carnets inédits, de Georges Brassens. (Cherche Midi)

Le talent de Georges Brassens est immortel. Ses 33 tours sont plus vivants que le dernier CD des casses-oreilles.

Sur ces cahiers à petits carreaux , entre 1963 et 1981, Georges Brassens notait tout ce qui lui paraissait intéressant et non pas tout ce qui lui passait par la tête. Parfois, à plusieurs mois parfois années d’intervalle, il écrit la même phrase ou presque, ce qui est très bon signe: cela veut dire que ce vers - qui a la force d’un aphorisme- correspond à un sentiment qui est très fort en lui et donc qui mérite qu’il s’y penche de plus près.
Ces cahiers forment donc son journal, vaste brouillon de son œuvre, de sa vie.
On retrouve, la guerre, la mort - omniprésente, et donc la vie!- le temps qui passe et celui qui revient.
Nous sommes dans le voisinage de Cioran, Lichtenberg et Perros.
Ce vaste pense-bête est une mine pour les chercheurs et surtout pour les fins esprits qui aiment Brassens.
Brassens a le public le plus intelligent de France.
Il n’y a qu’un Brassens. Il est toujours bon de le retrouver. C’est notre ami indéfectible. Sa mort nous attriste chaque jour parce qu’il ne vit plus, mais pour nous, qui ne partagions pas son quotidien, Brassens n’est pas mort et ne mourra jamais, sauf le jour de notre propre mort, sale mort plutôt. Et plus tard, cela le mieux.
(On a pu revoir ces-jours l’émission hommage a l’unique G3 de la chanson, à savoir la rencontre au sommet Brel-Brassens-Ferré. La bonté des yeux de Brassens reste foudroyante. La malice aussi. Les deux autres n’en sont pas non plus dépourvus.)
Dans ce qui est désormais le Journal de Brassens, il y a des phrases, des flashs qui sont devenus des chansons.
Certains vers ont donné naissance à une succession de vers.
Il note ce qui l’obsède tel jour à telle heure. Cela pouvait lui resservir.
Les détracteurs de Brassens- ça existe ?- diront qu’ils s’agit de fond de tiroir. Les autres- en plus grand nombre- sont heureux de retrouver le créateur dans toute la splendeur de sa créativité. Une chose est certaine: les fonds de tiroir de Brassens valent mille fois la vitrine des prétentieux inaudibles.
Le cerveau de Georges Brassens carburait à l’émotion autant que son cœur.
Il s’est pressé le citron pour en tirer le meilleur élixir spirituel possible.
Jean-Paul Liégeois a bien recueilli les pépites qui dormaient dans les cahiers à petits carreaux. Il les présente avec encore un peu de terre dessus.
Dans le magma proposé est né un bouquet de chansons: Mourir pour des idées, Cupidon s’en fout, Le pluriel, Les deux oncles, entre autres merveilles auditives.
A consommer à petite dose pour faire durer le plaisir.
Georges Brassens était un troubadour, un chanteur, un parolier, un musicien mais surtout un grand écrivain.

-Journal et autres carnets inédits, de Georges Brassens. Edition établie par Jean-Paul Liégeois. Cherche Midi, 330 p., 18,50 €

16.11.14

Permalien 17:27:06, Catégories: FOOT FRANCHOUILLARD, GRAND MONSIEUR  

Zlatan Ibrahimovic dispensé du match bidon contre les Bleus à Marseille

A 33 ans, Zlatan Ibrahimovic doit se ménager. Sa carrière est hélas!, pour tous les amateurs de football, presque terminé. L’équipe de France de Deschamps ne le verra pas. Tant mieux ! Risquer la blessure pour un match Canada dry cela n’était pas raisonnable. Bravo à la Suède d’économiser l’un des cinq plus grands joueurs au monde en activité.

La fédération suédoise a annoncé sur son site que Zlatan Ibrahimovic ne jouera pas lors de France-Suède mardi 18 novembre 2014 (20h45) à Marseille.
Et moi qui étais disposé à regarder le match pour voir “Ibra". Avec le Suédois, on voit de la lumière. Celle de Benzema ? Quand il ne joue pas avec C. Ronaldo, James Rodriguez et tous les autres joyaux du Real Madrid son jeu perd 80% d’intérêt.
Je ne regarderai donc pas le match. Je déteste les matchs amicaux. C’est comme un livre dont on ôterait tous les verbes.
Ibrahimovic, longtemps blessé au talon gauche, a joué son premier match entier depuis des lustres lors du match de qualification à l’Euro 2016 au Monténégro (1-1) samedi 15 novembre, marquant un but dès la 9e minute de jeu.
Son retour sur le terrain en match officiel se déroula à la fin de récent PSG-OM (2-0).
Le magnifique joueur avait déclaré qu’il était «concentré» sur le Monténégro, match très important dans notre course à la qualification pour l’Euro».
Suite à l’intégralité du grand champion - lui mérite ce terme- au Monténégro, le sélectionneur suédois Erik Hamren a décidé que son joueur phare n’affrontera pas l’équipe de France en amical. Très bonne décision: il faut ménager l’attaquant après sept semaines d’absence. Et puis quel intérêt de faire jouer la star du PSG dans le stade de l’OM ?
Officiellement, “Ibra” a ressenti une douleur à la hanche avec la Suède. C’est la stricte vérité, même si l’on sait qu’un football professionnel ne joue jamais à 100 % au top physiquement.
Le joueur a quitté immédiatement le groupe après le match au Monténégro.
Erik Hamren a déclaré:
-"Son retour était le principal objectif de ce rassemblement et il a concentré ses efforts sur cette partie. Par conséquent, il est libéré pour le match contre la France mardi, quittant le groupe avec effet immédiat".
Ibrahimovic (33 ans) doit faire attention que sa talalgie ne se réveille pas:
- “Mon talon ? Il était encore sensible. Ensuite, j’ai eu mal à la hanche durant tout le match", a-t-il expliqué sur son application Zlatan Unplugged.
Laurent Blanc, le coach du PSG, est satisfait du forfait de sa star contre la France.
Le public qui a payé sa place pour voir “Ibra” est le dindon de la farce.
On ne sort pas une F1 lors d’un défilé de joueurs qui ne sont là que pour avoir une sélection de plus.
Pendant les travaux, la vente continue.
Je vous laisse le football d’opérette. Ce n’est pas ma cup of tea.
Ribéry a eu raison de renoncer aux Bleus. Il n’a plus besoin de ça pour gagner 800 000 euros par mois.

15.11.14

Eric Cantona rend hommage aux grands joueurs français venus d'ailleurs

“Si j’avais pu jouer avec Cantona je n’aurais jamais bu” a dit George Best. Même si ce n’est pas vrai, c’est beau, très beau. Est-ce que Di Maria a la classe de Best, ou de Cantona ? La réponse est non. Je le sais déjà. Di Maria joue moins bien que James Rodriguez. Les dirigeants du Real Madrid ne sont pas fous.

Dimanche 16 novembre 2014
Canal Plus 20 h 50
Football et immigration, 100 ans d’histoire

d’Eric Cantona et Gilles Perez

Eric Cantona poursuit son introspection du football.
Après les derbys dans tous les plus grands pays de football.
Après les rebelles du ballon rond.
Voilà l’apport des immigrés au football français.
Eric Cantona raconte par l’image ce que je ne cesse pas de raconter par l’écrit.
On peut étendre à la littérature, à la peinture. Que serait la poésie française sans Apollinaire ? La sculpture française sans Brancusi et Giacometti à Montparnasse ? La peinture française sans la présence de Modigliani, Picasso et Chagall ?
A propos de peinture, la mère d’Eric Cantona - et de Jean-Marie et Joël- Leonor Cantona, semble sortir d’un tableau d’El Gréco. Toute l’Espagne sur un seul visage.
Ce film c’est aussi un hommage aux parents.
Les deux premiers footballeurs de couleurs- comme l’on disait jadis- à intégrer les Bleus furent Raoul Diagne, le fantastique arrière du RCP, fils de député sénégalais de l’Assemblée nationale française, et Ben Barek, le premier joueur a être baptisé la perle noire, 20 ans avant Pelé.
Oui, le football est une fantastique machine à intégrer.
Le football est et a toujours été en avance sur la société.
Les tribunes gavées d’ignorants cela n’a rien à voir avec les footballeurs, avec le terrain.
Eric Cantona a donc rencontré Michel Platini, Zinedine Zidane, Basile Boli, entre autres participants.
Kopa, Ujlaki, Piantoni, Cisowski, Théo, Mekhloufi, Charles Alfred, Kabyle, la liste est longue de tous ceux qui ont apporté leur talent à la France, berceau des gens de bonne volonté.
Platini, toujours aussi intelligent, rappelle que nos pères supportaient les clubs de villages, presque de quartiers.
Mon père, Marcel Morlino, jouait dans l’équipe du Col de Villefranche, un secteur haut dessus de Nice. Pour mon père, il n’y avait que deux catégories de gens: ceux qui savaient jouer au football et les autres. En deux mots, il définissait un joueur instantanément. Il était capable de raconter dans le détail un match qu’il n’avait pas vu. En travaillant, il écoutait les matchs à la radio. Ensuite, il faisait croire à ses amis qu’il avait vu tel match de Nice ou de Monaco et il leur racontait de A à Z des phases de jeu, racontant les débordements à l’aile de Charly Loubet ou les tacles propres de Maurice Serrus. Fascinant ! Mon père était un joueur-né, mais pas un joueur de Casino, un joueur dans la vie, il avait un humour hyper corrosif. Un chambreur. On l’appelait Nice-Matin tant il savait tout sur tout. Il savait même ce qu’il ne savait pas !
En ce qui concerne ma famille, trois de mes grands-parents étaient Italiens. Les Italiens sont venus dans les Alpes-Maritimes ou en Lorraine, comme les Platini et les Piantoni.
La première fois que j’ai entendu parler de Platini c’est par Roger Piantoni, immense joueur, immense homme.
Platini vouvoie Eric Cantona. Quand on sait que l’actuel président de l’UEFA fut son sélectionneur en équipe de France. C’est une grande marque de respect. La plus grande.
Platini, Cantona et Zidane, le tiercé magique et gagnant des Bleus. Les trois plus grands joueurs français depuis Kopa. Platini et Cantona n’ont pas gagné la Coupe du Monde mais leur talent respectif n’était pas inférieur de celui de Zidane. Ceux qui prétendent le contraire sont des ignorants.
Je vais être ému par la séquence Zidane-Cantona car je voulais les voir ensemble en 1998.
Zidane pleure en évoquant ses parents. Il ne sera pas le seul à pleurer.
La France de 1998 avec Cantona et Zidane serait devenue mythique comme le Brésil en 1970.
Sans Cantona, la France a juste gagné. Avec lui, à la place des fifrelins qui jouaient en pointe, elle aurait eu en plus un attaquant de classe mondiale.
Ce succès mondial sans Cantona reste une plaie ouverte. Le King aurait dû participer à cette apothéose.

PS: Eric Cantona ne s’est pas filmer pendant les interviews, laissant le plein écran à Platini, Zidane, Tigana et Luis Fernandez. Signe de grande classe. Si loin des journaleux qui se tirent la couverture à eux. Comme sur le terrain, Eric dans la vie aime faire des passes aux autres pour les mettre dans la lumière.

XV, l’incroyable aventure du Rugby, de Françoise & Serge Laget, Philippe Cazaban et Gilles Montgermont. (Chronique éditions)

La voix de Roger Couderc popularisa le rugby le plus simplement du monde. Ici nous retrouvons Albaladejo et Darrouy. En ce temps-là, les joueurs ne se déshabillaient pas de manière grotesque pour épater la galerie dans des calendriers putassiers. Non, eux, ils mettaient leur âme à nu sur le terrain. Les photos de joueurs à poil ne m’apprennent rien. Il y a un monde entre ne pas se prendre au sérieux et être totalement ridicule. Réduire les athlètes à un tas de muscles me rappelle la propagande des J.O. de 1936. Je préfère la poésie de Pierre Mac Orlan ("Aujourd’hui, encore, quand je pénètre sur un terrain de rugby, une étrange émotion me prend à la gorge.")

Ce monumental album sur le rugby - 3 kilos à la pesée !- signé par les Laget, Cazaban et Montgermont – nos Lagarde et Michard de l’ovalie- ce n’est pas de la nostalgie mais de l’Histoire. Quand les enfants ouvrent leur livre d’Histoire à l’école dit-on qu’ils sont nostalgiques ? Dommage qu’on n’apprenne pas l’Histoire du rugby, j’aurais eu de meilleures notes. Hélas ! mes professeurs ne s’appelaient pas Blondin, Couderc ou Laget. L’Education nationale a le tort de former des profs qui nous ennuient trop souvent.
Nos historiens du rugby, eux, savent raconter les matchs comme des Guerre de 100 ans en temps de paix. Les matchs sont des guerres de pacifistes. Ceux qui n’ont pas compris cela passent à côté du sport de haute compétition. Dès les premières pages de l’album, on tombe sur la photographie de spectateurs pionniers qui allaient en train à Colombes. Les voyageurs arrivaient de Saint-Lazare, destination stade de Colombes. Ils avaient presque tous un chapeau. Ceux qui n’en portaient pas avaient une casquette. Très peu de femmes, encore moins d’enfants. Les fans ne portaient aucun fanion, aucune banderole, aucun drapeau, aucun maillot. Ils étaient tout heureux en arrivant à Colombes. Aucune bagarre. Rien que de la convivialité.
L’album comprend 15 chapitres: De Ronsard à William Webb Ellis (1550-1869), La mêlée infernale (1914-1918), Le plus grand des Grands Chelems (1969-1977)… Tout l’ouvrage regorge de trèsors visuels : photos couleurs ou N & B. Des affiches de matchs. Des unes de journaux. De très anciennes cartes postales. Des placages, des débordements, des tours d’honneur, des reproductions de cartes postales, des photos de tous les côtés, noir et blanc ou couleurs. Sur la double page dévoilant la photo de groupe de jeunes rugbymen de 1889, on peut y rester très longtemps. On pourrait écrire un livre sur cette école alsacienne: les regards, l’amitié… Tous sont morts. Déjà. Je me reconnais en eux. Des frères de sensations. Avec leur corps, ils ont écrit les premières pages de ce que nous sommes devenus.
Voilà le genre de photos qu’il faudrait mettre dans les calendriers au lieu des poses idiotes des joueurs réduits au rang d’hommes objets.
Grâce l’album XV, on remonte le temps de la meilleure façon. Il y a tout ce que l’on veut voir. La reproduction d’un ticket d’entrée de France-Pays de Galles du 25 avril 1926. Pour beaucoup c’est inutile. Pour moi c’est essentiel. Les madeleines n’ont pas le monopole de la machine arrière. Peu à peu, le noir et blanc s’éclipse au profit de la couleur, comme on est passé de la radio à la télévision.

-XV, l’incroyable aventure du Rugby, de Françoise & Serge Laget, Philippe Cazaban et Gilles Montgermont. Préface Walter Spanghero. Chronique éditions, 352 p., 39 €

14.11.14

Nouvelle de rêve. Roman graphique de Jakob Hinrichs (Le Nouvel Attila)

Autre album de Jakob Hinrichs, ci-dessous, pour voir son style.

La couverture du film est criarde comme les films des années 1950-1960. Elle a quelque chose entre l’illustré X 13 et le groupe Spoutnik. Le trait du dessin renvoie à la science-fiction qui s’infiltre dans le quotidien. Le bandeau de l’ouvrage nous apprend que nous sommes en présence du texte qui a inspiré Eyes Wilde Shut au cinéaste Stanley Kubrick lors de son nouveau et hélas ! dernier film.

Ce livre est donc une BD pour adultes. Jakob Hinrichs a écrit un roman graphique inspiré par la nouvelle de Schnitzler qui est publiée intégralement en fin de volume. Le thème central est la jalousie sur fond de fantasmes. Le couple se fait peur en pensant à d’autres partenaires. On ne sait plus qui fait quoi, qui est avec qui, qui voudrait être avec qui. Le mâle, un médecin- parlons en ces termes tant leur sexualité les dirige- vit avec Albertine qu’il va délaisser surtout en rêve. Sa conjointe fait la même chose.

Un soir, au luna park, ils s’imaginent dans une partie de jambes en l’air : lui avec un pin-up de baraque foraine, elle avec un gaillard plein de biceps apparents. Tout le livre est fort bien construit. On ne s’attend pas à trouver des sexes au coin des pages. Il y a là à un parfum de partouzes qui hésite entre le film X, dans ce qu’il a de plus minable (c’est une volonté de l’auteur) et le film de cul intello genre Pierre Kast. Du jamais vu en BD !

-Nouvelle de rêve. Roman graphique de Jakob Hinrichs. Traduit par Jörg Stickan. D’après la nouvelle d’Arthur Schnitzler. Traduit de l’allemand par Pierre Deshusses. Le Nouvel Attila, 160 p., 23 €

Avec l'excellente série TV, nous fêtons nos retrouvailles avec John Voight (76 ans) le héros de notre jeunesse au temps de Macadam Cowboy

Tous les jeudis sur Canal + à 21 h
Ray Donovan

Grâce à la télévision, nous retrouvons John Voigt qui est aujourd’hui souvent réduit au rang de père de l’actrice Angelina Jolie et du réalisateur James Haven.
C’est oublier qu’il est un acteur de premier plan qui n’a pas tellement tourné vu son immense talent.
Il y a cependant quatre films cultes dans sa filmographie: Macadam Cowboy, Délivrance, Runaway Train et Le Retour.
L’inoubliable cowboy de Macadam Cowboy c’est lui. Le film avec Dustin Hoffman est un hymne à l’amitié. A voir et à revoir.
A présent, John Voigt fait son grand retour dans la série télévisée américaine créée officiellement par Ann Biderman aux Etats-Unis le 30 juin 2013.
L’ébouriffante série est diffusée à présent sur Canal+.
Ray Donovan travaille pour un cabinet d’avocats qui sert à étouffer dans l’œuf toutes les incartades commises par des gens en vue, cibles des médias. Ray Donovan intervient pour régler les problèmes avant qu’ils soient connus. Magnifique idée. Simple et forte. Ray Donovan est incarné par Liev Schreiber, superbe comédien, un volcan en sommeil toujours prêt à se mettre en activité. Un jeu intériorisé. Une révélation mondiale.
Ray Donovan vit dans l’entourage de ses trois frères qui vivent dans une salle de boxe.
L’un deux dirige la salle, un autre a un traumatisme lié à son enfance et le dernier est métis car il s’agit d’un demi-frère. Nous sommes donc en présence de quatre frères.
Leur père c’est Mickey joué grandiosement par John Voigt. Il vient de sortir de prison et veut renouer avec sa famille. Ray, le chef des fils, refuse de laisser revenir l’homme qui a détruit sa vie, dit-il sans cesse. Il est disposé à éliminer son paternel.
La première saison vient de s’achever en nous révélant le lourd secret de famille.
Cette série est superbe: film d’action sur fond de grande violence familiale mais que d’amour ! dirait Tchekhov.
Jeudi prochain, 21 novembre 2014, la seconde saison démarre sur C +. La troisième saison est en tournage aux Etats-Unis.
J’appréciais Dexter mais j’apprécie encore plus Ray Donovan.
Il y règne un climat épatant, un rythme faussement lent.
Tous les acteurs sont prodigieux, tous sans exception.
Ils ont tous un monde intérieur qui explose sur l’écran.
John Voigt est un géant du cinéma: de la race de Clint Eastwood, Dustin Hoffman, Robert De Niro, Al Pacino, Jack Nicholson et Gene Hackman.
Quand il débarque sur l’écran, j’éprouve la joie de revoir un ami.
Il a un jeu d’une très grande richesse, basée sur l’invention: démarche, rictus, mimique, œillade, dégaine hallucinante. D’après l’état civil il a 76 ans… Foutaise! John Voigt est éternellement jeune. Comme tous les grands artistes, il sait faire la divine balance entre l’intelligence et la sensibilité.

Acteurs principaux:
Jon Voight : Mickey Donovan, le père de Ray
Liev Schreiber : Raymond « Ray » Donovan
Paula Malcomson : Abby Donovan, la femme de Ray
Eddie Marsan : Terrence « Terry » Donovan, le frère de Ray
Dash Mihok : Brendan « Bunchy » Donovan, le 2e frère de Ray
Steven Bauer : Avi, le bras droit de Ray
Pooch Hall : Daryll Donovan, le demi-frère de Ray
Kerris Dorsey : Bridget Donovan, la fille de Ray
Devon Bagby : Conner Donovan, le fils de Ray

Site officiel : http://www.sho.com/sho/ray-donovan/home

13.11.14

Permalien 12:59:52, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Sublimes voyages, en toute saison. Un bel album National Geographic

Qui était mieux placé que National Geographic pour élaborer un tel somptueux album ?
National Geographic a l’avantage d’avoir des correspondants dans le monde entier qui connaissent leur coin fétiche de A à Z.
L’originalité de l’ouvrage réside au fait de proposer des voyages au rythme des saisons.
Le livre se présente donc sous la forme de quatre grandes séquences qui regroupent des pays, des régions, des lieux en fonction des phénomènes uniques, des manifestations étonnantes, des fêtes traditionnelles, des événements populaires.
Disons que l’on ne peut pas passer à côté des ciels étoilés anglais, de la cuisine au barbecue de Memphis, des mariages hindous lors de la mousson et de la fête de la bière munichoise.
Voici les quatre grands axes de l’album:

Printemps
Jazz à la Nouvelle Orléans, la Semaine sainte à Séville, les cerisiers en fleur au Japon, la Fête multicolore à Jaipur, Monte-Carlo, Paris, Istambul…

Été
Festival Mozart de Salzbourg, la coupe du monde de tango à Buenos-Aires, les étoiles filantes du Maine, une partie de golf à minuit en Islande, Vancouver, Nambie, la Suisse, Vérone…

Automne
Le rassemblement des requins-baleines en Basse-Californie, la saison des mariages au Rajasthan, les vendanges ans le Bordelais, la fête de la mi automne au Vietnam, Cap Breton, la fête de la bière à Munich, Tahiti…

Hiver
Les aurores boréales en Norvège, le carnaval de Rio de Janeiro, les habits extraordinaires dans les fêtes à New York, la transhumance des gnous dans le parc national du Serengeti, le festival de la glace et de la neige à Harbin, le Québec, le Costa Rica, la Laponie, Venise…

Tous les auteurs du livre ont sélectionné le Top des lieux à voir sans faute: le Top ten des couchers de soleil estivaux, le Top ten des vignobles, le Top ten des récoltes.

Que nous a-t-on sélectionné pour Paris ?
Le Pont Alexandre III, la tour Eiffel, les Deux Magots et Roland Garros. Beau programme.

-Sublimes voyages, en toute saison, collectif. Préface d’Andrew Evans, rédacteur en chef. Traduction de Stéphanie Alglave. National Geographic, 320 p., 35 €

11.11.14

Permalien 21:57:33, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Des grands livres sur 1914-1918 par Jean-Pierre Guéno, Alain (Emmanuel Blondel), Antoine Compagnon, Yuji Murakami, Guillaume Picon, Yanny Hureaux, Florian Illies, Mireille Le Van Ho, Maurice Genevoix, Paul Dupuy et Michel Bernard

Pour refermer l’année de commémoration du centenaire des débuts de la Première Guerre Mondiale, on peut se doter de livres qui ne vous tomberont pas des mains. Les médias institutionnels vont la refermer mais pas moi. Les plaies ouvertes ne se referment jamais.

Avant 1914, il y a eu 1913 comme nous le rappelle Floria Illies dans un livre sous-titré Chronique d’un monde disparu. L’année 1913 a eu des temps forts: en janvier, Hitler et Staline se rencontrent- déjà !- , et O. Spengler travaille sur Le Déclin de l’Occident. En février, Duchamp peint Le nu descendant l’escalier. En mars, Camille Claudel est jeté dans un asile psychiatrique. En avril, Hitler fête ses 24 ans. Dans le livre, il est question d’art, de politique, de Paris, de Kafka, de Proust, de Thomas Mann et de Rilke.

Si l’on veut lire un superbe roman sur la Grande Guerre, il faut se procurer celui de l’humaniste Yanny Hureaux qui nous donne un vibrant livre sur les Ardennes qu’il connaît par cœur: Le pain de suie. Alors qu’une famille prépare le mariage de sa fille, la guerre éclate. Les Allemands -les Boches qui riment avec moches- occupent tout à coup le terrain. Yanny Hureaux a écrit ce livre pour évoquer les gens simples, la seule famille qu’il revendique.

Déjà auteur de Paroles de Poilus, Lettres et carnet du front 1914-1918(Librio, 1998), avec Yves Laplume, Jean-Pierre Guéno a rassemblé un nouvel ensemble de courrier émouvant celui des français de la Grande Guerre (1914-1918) qu’il a baptisé humblement Les Poilus. Pour 3 euros, nous tenons en main un bouquet de lettres d’amour écrites par des hommes dont l’unique rendez-vous était celui avec la mort. La voix des anonymes se mêlent à celles d’Apollinaire, Péguy et Alain-Fournier. Une suite de témoignages les uns plus bouleversants que les autres.

L’indispensable Jean-Pierre Guéno vient de publier un autre grand livre: Dans la peau du soldat inconnu. Pour résumer cet ouvrage, il cite Montherlant :” Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil". Qui dort sous l’arc de Triomphe ? “C’est donc une femme qui [se trouve] sous la flamme sacrée". Puis, Jean-Pierre Guéno se ravise et nous dit que le soldat inconnu pourrait être “un Juif, un Arabe, un Sénégalais ou un Allemand". Et de conclure: “Un être humain tout simplement". Le livre est entre autres dédié au grand-père de Jean-Pierre Guéno qui se prénommait Louis, et à ses deux grands oncles, l’un mort pour la France, l’autre pour l’Allemagne… Dans le livre, l’écrivain se met successivement dans la peau du Poilu Martin Vaillagon comme dans celle d’Alain-Fournier.

Un autre écrivain rend sans cesse hommage aux Poilus par l’intermédiaire de Maurice Genevoix, outrageusement placé au purgatoire par les régents de la communication. Croyez-moi, la postérité n’est pas du côté de la “racaille moderne” (mot de Baudelaire) qui ne vante que sa clique. Donc Michel Bernard, cette fois, nous présente un recueil d’entretiens Maurice Genevoix à lire et relire d’urgence. On y entend le français dans toute sa splendeur. A l’oral comme à l’écrit, Maurice Genevoix était merveilleux dans tous les sens du terme. Sa vie durant il a célébré les soldats de 1914-1918. Michel Bernard a repris le flambeau. Il nous présente aussi la Correspondance entre Genevoix et Paul Dupuy, qui se déroula d’août 1914 à avril 1915. Paul Dupuy était le secrétaire général de l’Ecole normale supérieur. Document exceptionnel entre deux êtres humains exceptionnels.

De son côté, Mireille Le Van Ho nous apprend, dans Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, qu’en 1915, alors que la France s’enlise dans la guerre, augmentant sans relâche sa production d’armement, les ouvriers manquent et le recours à l’Empire s’impose: de 1916 à 1919, 50 000 Vietnamiens sont recrutés parmi les régions les plus pauvres. La découverte de l’Occident est brutale pour eux. A Toulouse, à Saint-Raphaël, ils dorment dans les casernes, les poudrières. “Nous travaillons dans l’obscurité, méconnus comme des parias (…) corvéables à merci".

Les Belles Lettres- éditeur incomparable- ont mis en librairie l’ensemble de la correspondance entre Alain et deux femmes: Lettres aux deux amies. Alors qu’il était dispensé des combats, le professeur s’engage dans la guerre. Sans jamais évoluer dans la gamme du héros, Alain raconte ce qu’il voit et ressent. C’est un pamphlet contre “les crétins et les calotins qui se partagent le pouvoir". L’édition française n’est pas morte: la preuve ce livre sort l’année des triomphes commerciaux de deux torchons signés par des membres patentés du PAF. En lisant cette grande publication, j’ai pensé au mot d’Oscar Wilde: “Il y a des moments où l’art atteint presque à la dignité du métier manuel".

Antoine Compagnon et Yuji Murakami présente La Grande Guerre des écrivains, un ensemble de textes qui va d’Apollinaire à Roland Barthes, en passant par Colette, Céline, Genevoix, Aragon ou de Gaulle. 840 pages de rage et d’espoir. De beauté et d’horreur. Un livre à conserver toujours à la portée de la main et du cœur.

Dans le même esprit, Guillaume Picon a réuni un panorama de poèmes français, anglais, allemands, russes et italiens, dans Anthologie 1914-1918. Poèmes de Poilus. Une occasion de retrouver Drieu La Rochelle, Max Jacob, W. Owen, Rilke, Ungaretti, Zadkine, Apollinaire, Cendrars et Verhaeren. Et Philippe Soupault, aussi, qui a écrit: “Ceux qui préfèrent la mort des autres à leur propre vie". Ce vers, je l’ai répété cent fois lors de ma découverte pour ne jamais l’oublier.

-Dans la peau du soldat inconnu, de Jean-Pierre Guéno. Le Passeur, 189 p., 16 €
-Les Poilus, de Jean-Pierre Guéno. Librio, 190 p., 3 €
-Lettres à deux amies, d’Alain. Edition d’Emmanuel Blondel. Les Belles Lettres, 650 p., 25,50 €
-La Grande Guerre des écrivains, d’Apollinaire à Zweig, d’Antoine Compagnon et Yuji Murakami. Folio/ Gallimard, 840 p., 10, 60 €
-Anthologie 1914-1918. Poèmes de Poilus, de Guillaume Picon. Seuil, 420 p., 8,50 €
-Le pain de suie, de Yanny Hureaux. Le Livre de Poche, 315 p., 5,90 €
-1913, chronique d’un monde disparu, de Florian Illies. Traduit de l’allemand par Frédéric Joly. Piranha, 313 p., 20 €
-Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, de Mireille Le Van Ho. Vendémiaire, 317 p., 20 €
-Correspondance (28 août-30 avril 1915), de Maurice Genevoix et Paul Dupuy. Préface de Michel Bernard. La Table Ronde, 330 p., 24 €
-Maurice Genevoix, l’harmonie retrouvée. Préface de Michel Bernard. La Table Ronde-Radio France-INA, 78 p., 21,50€

07.11.14

Permalien 08:31:24, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Une France Arabe (ou les débuts de la diversité) par Ian Coller (Alma éditeur)

Avec pour sous-titre 1798-1831, Histoire des débuts de la diversité, voici une France Arabe qui contribue au combat de l’antiracisme.
On note que l’auteur est un australien qui enseigne à Melbourne. Ce n’est pas la porte à côté. Pourquoi aucun auteur français ne s’est-il pas penché sur la présence des Arabes sur le sol français d’une manière si pointue ?
L’auteur avait remarqué des “têtes enturbannées” sur les peintres de la France post-révolutionnaire et aucun livre n’en parle, aucun histoire de l’hexagone ne décrypte cette présence, il y a comme une volonté inavouée de cacher la réalité historique.
Ian Coller explore tout, le bon et le moins bon, à savoir ceux qui apportent à la société et ceux qui s’en servent pour lui nuire. Dans le sillage de Napoléon, les premières arrivées de l’Afrique débarquent à Marseille. En 2014, les racistes disent que Marseille est la première ville africaine de France. Qui arrivent en premier ? Les Egyptiens.
En 1798, le Directoire envoie en Egypte une Armée d’Orient, placée sous le contrôle du général Bonaparte. Le but est de fermer la porte aux Anglais qui veulent prendre “la route des Indes".
Ensuite plusieurs réfugiés d’Egypte arrivent à Marseille: “mamelouks, marchands, domestiques et intellectuels".
C’est l’incursion de l’islam politique même si tous les arrivants ne sont pas tous musulmans.
La France Arabe débute ici.
Le livre s’arrête en 1831, date de la conquête de l’Algérie.
L’ouvrage fort bien documenté est une somme impressionnante. Que de recherches! Que de lièvres levés !
Ian Coller a débuté son travail en 2003 quand il est venu en France. C’est aux archives de Vincennes qu’il a trouvé le plus de documents que personne n’avait consulté avant lui depuis deux siècles !
Parlant très bien le français, Ian Coller nous apprend beaucoup de manière très simple, si loin des pensums universitaires habituels et illisibles.
Les Egyptiens arrivés à Marseille ont été obligés de rester sur place avec interdiction de monter à Paris, au moins pendant 10 ans.
Les premiers immigrés viennent ensuite à Paris. Il y a des soldats, des notables et des pauvres qui eux restent dans le Sud, au désagrément de la population. Il y avait des Libanais, des Palestiniens, des Africains qui s’étaient infiltrés.
Les autorités françaises demandent aux immigrés de surveiller leur population. Il y avait aussi des “négresses". Les esclaves étaient du voyage.
Et l’argent ? On leur donne un “secours” soit un salaire du gouvernement français. Une forme de pension qui va durer pendant 60 ans.
Comme la mairie de Marseille a souffert sous la Révolution, la ville décide d’incarcérer tous les gens qui lui semble suspect.
Ian Coller fait revivre une période fondatrice.
Nous sommes en présence des racines de la diversité.
Une richesse et non pas un boulet au pied.

-Une France Arabe, d’Ian Coller. Traduit de l’anglais par Frédéric Joly. Alma, 360 p., 29 €

06.11.14

Permalien 23:27:52, Catégories: GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Mort du guitariste virtuose Manitas de Plata (1921-2014)

On l’a surnommé le Picasso du Flamenco.
Je l’ai connu grâce à Brigitte Bardot qui parlait sans cesse de lui pour le faire connaître de tous.
Des bas du plafond disent qu’elle est xénophobe !
Les mêmes que ceux qui accusent W. Sagnol de racisme. Comme si l’ex bavarois croyait que Pelé était sans intelligence !
Manitas était très beau. Un torero qui joue de la guitare.
Un regard fort. Des doigts puissants. Un son généreux. Ouvert sur le monde.
Un jour l’un de mes frères arrive dans sa cité universitaire de Montpellier et trouve Manitas de Plata assis sur une marche de l’escalier dans l’obscurité totale.
-Que faites-vous là ?
-J’attendais de la lumière…
Manitas de Plata ne connaissait pas l’usage de la minuterie.
Certains en rigolent.
Nous, nous en étions émus.
Manitas était un cœur pur. Il suffit d’écouter sa musique.
Sa musique coule de source comme le piano de Keith Jarrett dans Cologne.
Voilà un nouveau pan de notre jeunesse qui vient de s’écrouler.

[Post dédié à mon ami Alexandre Lagoya, mon ancien voisin au Col de Villefranche]

Hommage au général grâce à Ainsi parlait de Gaulle (Albin Michel)

Le général était un “virtuose du langage” écrit Stéphane Barsacq. On ne saurait mieux dire. Enfant, je regardais ses conférences de presse. Je n’ai pas perdu mon temps. Que gagnerait un enfant de dix ans à écouter les actuels locataires de l’Elysée qui déconsidèrent la littérature au point que l’un d’eux a nommé rue de Valois quelqu’un qui invite à sa table Patrick Modiano sans être capable de citer un seul de ses livres ? De Gaulle était grand car on l’a vu à l’œuvre pendant la guerre. C’était un homme d’action et non pas d’intention. On ne va pas souhaiter une guerre sur notre sol pour voir la qualité de la classe politique actuelle. De Gaulle n’était pas un politicien de carrière. Nous étions en face d’un grand homme, tout simplement.

Le dernier président de la République dont j’écoutais les interventions fut F. Mitterrand.
Ce jeudi 6 novembre 2014 on nous propose l’actuel locataire de l’Elysée. Très peu pour moi.
Je n’ai pas de temps à perdre avec quelqu’un qui s’est laissé traîner dans la boue dans un torchon par une ancienne maîtresse. Pour les présidentielles je vote un homme, jamais un parti.
J’ai été arnaqué sur le produit. On m’a vendu du skaï que j’ai pris pour du cuir.
Madame Pingeot pourrait gagner des centaines de milliers d’Euros avec un grand livre de mémoires, elle n’a jamais cédé à la tentation. Voilà une très grande dame. Je suis certain qu’en plus son livre serait remarquable car nous sommes en présence d’une lettrée férue de peinture. Elle a passé sa vie à côtoyer les grandes œuvres.
Sur mon bureau, j’ai à porté de main Ainsi parlait de Gaulle. Les mots du Général.
Un formidable abécédaire présenté par Stéphane Barsacq qui estime que de Gaulle était un “virtuose du langage".
Je partage cette vision. Le préfacier salue les trois grands axes de paroles du général: chroniqueur, mémorialiste et moraliste.
On n’a pas oublié le réveil des mots “tracassin", “volapük” ou “chienlit". Sans parler des formules du genre “vive le Québec libre! “. C’est autre chose que “casse-toi pauv’con” et que les “sans dent".
Les grincheux disent que l’information sous de Gaulle était contrôlée. C’est exact. Aujourd’hui aussi mais elle est filtrée au sommet entre quatre murs.
Le premier grand stratège de la communication en France ce fut le général.
On a plaisanté sur ses interviews dans le sens du poil par Michel Droit. Celles qui ont suivi m’ont jamais mis un opposant déclaré en face d’un chef d’état en exercice.
De Gaulle et Mitterrand étaient audibles car ils aimaient vraiment la littérature.
De Gaulle aimait les écrivains. Il ne se servait pas de Malraux et de Gary pour leur demander d’écrire des discours qu’il prononcerait lui-même.
Le superbe petit livre bleu de chez Albin Michel présente toute une série de courtes phrases sur l’Allemagne, Cocteau, Paris, Vichy, ainsi de suite. Il y a aussi l’Appel de 1940 et un bref rappel biographique, en fin de volume qui a été publié en 2010. De manière incroyable, j’ai oublié de le chroniquer. Comme si je ne voulais garder le livre que pour moi.
L’ouvrage ? Un vrai festin linguistique. Cela pétille d’esprit de partout. C’est drôle et donc violent. On lit à haute voix pour faire claquer les mots.
L’intelligence au pouvoir.
Je suis fier d’avoir vécu quand le général était vivant. Sa prose, elle, est toujours vivante.
C’est l’avantage de la littérature et c’est pour cela qu’elle nous fascine quand elle sonne juste.
Je suis gaulliste parce que le général a servi autant le français que la France.

Extraits:
-"Les polichiens ou les jours de grandes fureurs: les polis-petits-chiens". On dirait du Michel Audiard. C’est aussi bon. Dans un livre j’ai écrit: “les politichiens” sans connaître le trait d’esprit du général.
-"Gouverner la France est aussi simple que de fabriquer le célèbre couteau sans lame auquel il manque le manche". Question humour François Hollande peut repasser !
-"On ne peut pas rassembler à froid un pays qui compte 265 spécialités de fromage". Cet aphorisme est devenu un grand classique dans le domaine du portrait ciselé de la France.
-"Avec Vichy depuis 1940, je ne me suis pas borné à échanger des lettres et des messages: j’ai tout de suite procédé à des coups de canon". Grandiose !
-Pour rester sous Pétain, voilà ce que le général a dit sur Roland Dorgelès: “Grand officier de la Légion d’honneur ? Le vichysme ne ralentit pas, il accélère!” il savait frapper là où ça fait mal.

Je me permets de vous citer le mot du général, à la mort de sa fille Anne, handicapée.
-"Maintenant elle ressemble aux autres".

-Ainsi parlait de Gaulle. Les mots du général. Présenté par Stéphane Barsacq. Albin Michel, 269 p., 9,90 €
Lien de la Fondation Anne de Gaulle: http://fondation-anne-de-gaulle.org/

Permalien 09:41:18, Catégories: LITS ET RATURES, VAN GOGH FOR EVER  

Le Paris de Patricia de Gorostarzu (Albin Michel)

Le Paris de Patricia de Gorostarzu est plus proche de celui d’Atget (voir la vidéo) que de celui de Doisneau.

Voici un nouvel album sur Paris.
Ce n’est pas nouveau mais il s’agit d’un nouveau regard, donc c’est nouveau. Vous me suivez ?
Il faut suivre la photographe qui propose 120 polaroïds, pris avec le fameux appareil à soufflet si cher à certains photographes dont Robert Mapplethorpe.
D’emblée, on est saisi par l’ambiance de l’album.
Un parfum visuel rétro, à la fois surréaliste et sépia.
Il n’y a pas grand monde, que des lieux vides ou plutôt vidés de ses habitants. Quand il y en a ils sont réduits ai rang de fantômes.
Nous sommes plus du côté d’Eugène Atget que chez Robert Doisneau. Tout simplement parce que Patricia de Gorostarzu photographie des lieux, des lignes, des espaces, des volumes, des architectures et non pas des personnes.
Les héros de son livre sont des murs, des bâtisses, des bouts de monuments.
Des reflets aussi comme chez André Kertesz et parfois Henri Cartier Bresson.
Un univers onirique, souvent angoissant comme dans les toiles d’Hopper tant la solitude est pesante.
On imagine la photographe marcher et regarder. Elle est comme une Diane Arbus qui aurait passé le stade de photographier les laissés pour compte pour ne plus s’attacher qu’aux endroits désertés du poids des humains.
Un mur ou un bout de sol c’est aussi une identité.
Triste ? Non.
Nostalgique ? Non.
Il s’agit de traverser Paris sans se laisser piéger par le clinquant.
Patricia de Gorostarzu a capté Paris comme si elle avait fait des radiographies au rayon X pour faire apparaître le squelette de la capitale.

-Paris, de Patricia de Gorostarzu. Préface de Tania de Montaigne. Albin Michel, 160 p., 29 €.

Site officiel de la photographe: http://www.degorostarzu.com/

05.11.14

Permalien 16:01:09, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Le prix Goncourt à Lydie Salvayre, l'une des reines de mon blog

Louis Jouvet lit le passage sur le mensonge et les imposteurs dans Les Enfants humiliés de Bernanos.

Le jury ne s’est pas laissé impressionner par les médias institutionnels qui avaient déjà désigné leur favori.
Comme quoi il ne faut jamais vendre la peau… surtout dans les émissions débiles de la télé où l’on a vu parader le chouchou des animateurs télés qui pensent que Fernando Pessoa jouait à Benfica avec Eusebio.
Lydie Salvayre jamais citée dans les favoris a été désignée Prix Goncourt 2014.
Très bonne nouvelle pour la littérature.
Ecrivain authentique, Lydie Salvayre a écrit plusieurs grands livres.
Tous ses ouvrages sont des aventures différentes.
Avec Nobel à Modiano, et le Goncourt à Salvayre, la littérature est dignement honorée.

Voici ce que j’écrivais dès le 21 août 2014:

Les lecteurs qui suivent Lydie Salvayre peuvent se réjouir. Le nouveau livre de la romancière est excellent. L’auteur (je n’écris jamais auteure) du cultissime La Compagnie des spectres (1997) entre autres merveilles littéraires, n’est jamais aussi percutante que lorsqu’elle nous livre des pans autobiographiques transcendés par son style à la rage poétique.
Quand elle évolue dans une trame sur fond politique, Lydie Salvayre met toujours dans le mille de notre sensibilité. Oui, c’est bingo à chaque fois tant cela sonne juste. Elle n’écrit jamais pour ne rien dire. Les mots lancés à la va comme je te pousse très peu pour elle. Dès qu’elle a son sujet, elle scrute la même terre de sentiments pendant 2 ou 300 pages. L’urgence actuelle était de rendre hommage à sa mère, aujourd’hui disparue, qui au déclin de sa vie perdait la mémoire. Il fallait absolument sauver de l’oubli le temps de la guerre, celle d’Espagne en 1936. La civile, comme on dit.
Pour articuler au mieux son histoire, Lydie Salvayre juxtapose deux récits : celui des faits et gestes de sa mère au sein de sa vie quotidienne au cours des événements familiaux et politiques, et celui de la vie intellectuelle de Georges Bernanos, flamboyant écrivain dans un univers de littérateurs carpettes. D’un côté, la luminosité d’une adolescente de 15 ans- sa mère est née en 1921- qui espère tant dans l’insurrection libertaire des Républicains. De l’autre, la noirceur du franquisme incarné par les nationaux rivés sur leur nombril à l’écart de ceux qui ne leur ressemblent pas.
On avance dans le livre comme dans un labyrinthe dont il faut trouver la sortie. Un labyrinthe de vitres et non pas de feuillage. On voit à travers mais on ne sait pas où l’on va. Lydie Salvayre n’a jamais perdu de vue ce qu’elle voulait dire. Son livre est comme un tableau qui est naît d’une même palette. Pas pleurer ? Que signifie ce titre énigmatique. Les titres des livres de LS sont toujours hors mode, hors code, hors m’as-tu-vu. Pas pleurer. Beau et grave. Comme ce qu’écrit la romancière. Page 277, on trouve la solution de l’énigmatique titre: « Elle finit par échouer dans un village du Languedoc » où il fallait apprendre le français, une nouvelle façon de vivre, ainsi de suite, « pas pleurer ». Oui malgré l’abandon de l’Espagne, ne pas pleurer. Jamais !
«Elle» c’est la maman de Lydie Salvayre. Maman convient mieux que mère. Fille de réfugiés espagnols, Lydie Salvayre est devenue la narratrice qui dit « Je ». Cela sonne vrai, j’insiste. Après la lecture des Grands cimetières sous la lune de Bernanos, elle a décidé de rendre hommage à ses parents. Bernanos, le fervent catholique, a sévèrement condamné l’église espagnole du côté des nationaux qui massacraient les Républicains, les « mauvais pauvres ». Bernanos, le grand Bernanos, a mis en lumière les ravages de la religion. Cela en fait un écrivain ultra d’actualité. (Le journaliste américain James Foley a été hélas ! décapité, a-t-on appris le 20 août 2014)) Bernanos haïssait le fanatisme, la terreur, les aveuglements, le nationalisme égocentrique. L’écrivain est très peu cité au sein de l’intelligentsia, et pour cause ! Les grenouilles de bénitier le tiennent en distance, étouffent sa présence littéraire au-delà de la tombe.
La maman de LS, Montse, était si sensible qu’elle avait des palpitations cardiaques dès qu’une situation l’a bouleversée ce qui arriva souvent. Une femme qui n’a pas voulu courbé l’échine sous les coups de Franco et de ses serviteurs barbares. La fille sauve le passé de l’auteur de ses jours. Le portrait d’une femme simple qui fait écho à la mère d’Albert Camus. Celle de Salvayre parlait le «fragnol». (La jeune Lydie avait honte du langage de sa mère comme jadis Albert Cohen avait honte de celui de sa mère. Par exemple pour dire se souvenir, elle disait «se raccorder». On est dans la géopoétique absolue. De la littérature dans ce qu’elle a de plus forte et belle. L’importance des mères ne cache pas celle des pères. Celui de Lydie Salvayre est aussi présent dans le récit. Il est lui-même l’acteur d’un parcours poignant qu’on n’oubliera pas. Les deux ibériques ont donné un sacré écrivain à la France.
Lydie Salvayre aurait pu se dispenser d’évoquer Bernanos mais par honnêteté intellectuelle elle rend à Bernanos ce qui appartient à Bernanos, à savoir son indignation face à l’aberration de la religion qui s’est rangée du côté des puissants au lieu de faire son travail d’aide sociale en dehors des bondieuseries commerciales. Aujourd’hui, elle tire un grand coup de chapeau à Bernanos comme hier à Pascal et Cervantes.
Pas pleurer rend aussi justice aux communistes portés par un grand dessein. L’oncle maternel de Lydie Salvayre est l’autre grand héros du livre de souvenirs sublimés. Un « rouge » mort aux combats pour la démocratie. Elle dit tout le mal qu’elle pense de Claudel qui avait la conscience politique d’un penseur de pacotille au QI d’escargot. Il n’y avait rien à attendre d’un artiste qui a laissé croupir en asile sa géniale sœur, Camille Claudel.
Lire Pas pleurer c’est se confronter à tous les ismes des années 1930-1940: monarchisme, nationalisme, communisme, anarchisme… Lydie Salvayre démontre leur résonance actuelle. La communion avec sa mère est totale. Je retrouve en elle toutes les grandes dames de ma vie, aux origines italiennes. Chacun y reconnaîtra les siennes. Je parle des gens qui ont des racines puissantes. Les écrivains de grand talent parlent aussi pour nous et de nous. Sinon, ils ne s’adressent à personne.

-Pas pleurer, de Lydie Salvayre. Seuil, 280 p. , 18,50 €

04.11.14

Le Real Madrid reçoit Gerrard, le clown de Liverpool, pendant que MU est à la maison devant la télévision

Mardi 4 novembre 2014, 20 h 45/ beIN SPORTS 2
Champions League, match de poules
Real Madrid - Liverpool (1)

Où sont les joueurs de MU ?
Devant la télévision.
C’est inadmissible!
Le club est passé du toit du monde à la cave du dernier mauvais restaurant.
Moyes puis van Gaal me forcent à tromper MU avec le Real Madrid !
Le football est mort à Man United. Pour l’instant, il n’y a rien à voir.
Regarder un match de MU depuis le départ de Sir Ferguson c’est comme regarder un tableau de Bernard Buffet, il y a la mort de partout, pas un seul souffle de vie.
Les joueurs de van Gaal jouent à MU comme s’ils jouaient à QPR.
Ils portent un bout d’étoffe rouge. Ils font honte au maillot.
Van Gaal ne sait pas mettre en place un tourbillon positif.
Je suis certain que Sir Ferguson et Sir Charlton pensent comme moi. Je connais par cœur MU. Il faut d’abord être heureux à l’entraînement, et quand je vois la tête des Red Devils en 2014, ils ne respirent pas la joie de vivre. Sans gaîté au cœur, on n’obtient rien. La vie devient lourde, pesante, oppressante.
Je ne veux plus voir ce spectacle affligeant.
Cela fait des décennies que je regarde tous les matchs de MU.
Attention! Les petits mancuniens ne peuvent pas vibrer en voyant des bras cassés à Old Trafford. Attention! Les fans ont aussi peuvent prendre le droit de changer de club !
City-United (1-0)ce fut un match minable. City a gagné sans forcer.
Je veux voir du football, et non pas des cadavres habillés de rouge.
Les joueurs actuels de MU - Rooney compris- n’avancent pas, ils reculent.
Le meilleur c’est Fellaini… au secours !
Et qui est l’autre Red Devil le plus en vue: le gardien De Gea. C’est dire qu’il est bombardé.
Les gens se moquaient de P. Evra. Les gens c’est-à-dire les imbéciles. Evra a plus de grinta que tout le vestiaire actuel de MU qui n’est plus qu’une volière de danseuses. Où sont les hommes ?
Carlo Ancelotti ? Voilà un vrai coach.
Ce soir, je m’attends à voir un 5-1 pour le Real Madrid. Les Madrilènes d’Ancelotti ont un jeu vertical, ils ne passent pas leur temps à donner le ballon en retrait comme les joueurs de van Gaal.
J’espère que le Gerrard va jouer. J’adore les clowns.
Louis van Gaal a fait le mauvais choix: il fallait recruter James Rodriguez et non pas Di Maria qui est sans doute le Pastore de MU. L’Argentin ne fait de plus en plus l’effet d’un gringalet auquel on a donné le premier rôle alors que c’est un figurant. Maradona il en avait 100 dans chaque orteils des Di Maria.
Voir le Real c’est voir l’ami Cristiano Ronaldo, le Red Devil exilé à San Bernabeu comme moi.
Que fait Sir Ferguson ? Va-t-il longtemps accepter que l’on assassine MU ? Moi, je ne l’accepte pas !
Regarder un match de MU sous van Gaal c’est de la torture visuelle.
Quand on a le plus grand studio d’Hollywood on n’y tourne pas des navets.

(1) Le Real a gagné 1-0 grâce à un beau de Benzema. Liverpool a été très médiocre. Pendant la première mi-temps, les Reds n’ont pas tiré une seule fois au but. Le Real a joué vite, très vite. Avec un peu plus d’adresse, les Madrilènes l’auraient emporté sur un score large. Gerrard n’a joué que vers la fin. Un petit tour de piste. Quel clown ! Incapable de gagner un championnat depuis qu’il joue. Cela suffit à mon bonheur mancunien. MU ne gagne plus mais savoir que Liverpool est toujours aussi nul cela fait très plaisir. Plaisir sadique du fan adverse… On se console comme l’on peut. Jules Renard a dit qu’il ne suffisait pas d’être heureux: il fallait que l’autre ne le soit pas ! MU en 2014 s’est arsenalisé. Les Red Devils ne gagne plus rien, une équipe en bois. MU est devenu Nothing United. Et ce rien, je vous le laisse comme disait Léo Ferré.

Permalien 15:32:28, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

La tornade Jack London a écrit à ses filles (Finitude). Bonne occassion pour lire aussi une nouvelle biographie (Folio) de l'auteur de Martin Eden

“Ma philosophie: ne pas avoir envoie d’être célèbre; ensuite, ne pas avoir peur de me retirer dans un ranch, d’être fermier et de m’occuper de poules et de pommes de terre".
Voilà ce qu’on peut lire dans la biographie publiée au sein de la désormais célèbre collection Folio/Biographies dirigée par Gérard de Cortanze.
Jack London était un vrai socialiste, à l’époque où cela voulait dire quelque chose.
Lui était vraiment du côté de la veuve et de l’orphelin, lui qui avec son intelligence aurait pu diriger n’importe quelle grande entreprise.
Jack London n’a jamais dit je n’aime pas les riches avant d’aller se coucher devant les puissants industriels.
Jack London a eu une vie bien remplie: écrivain (romancier, nouvelliste, auteur dramatique), photographe, amant, père, ami, mari, chasseur de phoques, chercheur d’or, repasseur, chauffeur, mineur, journaliste, correspond de guerre, vagabond céleste…
Jack London(1876-1916) a vécu dix mille vies.
Sa fin reste floue: est-il mort épuisé par la maladie ou s’est-il suicidé ?
Il est mort d’une overdose de morphine. Alcoolique, il ne se shootait pas mais malade il était sous morphine au moment de sa mort.
La thèse de son suicide n’est pas prouvée. Un médecin sur place l’a démentie.
Intelligent et très courageux, London aurait pu faire du cinéma grâce à son physique d’acteur.
Un regard clair, des traits fins.
Ses lettres à ses filles ne sont pas toujours tendres et parfois même franchement dures.
“Je suis un battant” écrit-il le 27 octobre 1908 comme pour excuser son machisme.
Il met la mère de ses enfants, plus bas que terre:
-"Tu souffres de ce que tu te considères comme offensée dans ta sexualité. Tu me reproches cette offense à ta sexualité, sans réfléchir un instant qu’elle a pour origine ta propre déficience sexuelle” écrit-il le 8 janvier 1911 à “Chère Bessie” avant de conclure qu’elle n’est pas qu’une :"femelle jalouse, sans instinct maternel".
Ses mots font mal et il le sait: “Les mots sont des outils, comme des couteaux affûtés, et comme avec les couteaux tranchants, on doit être prudent avec l’utilisation des mots. C’est un des secrets d’une bonne écriture” écrit-il le 9 mai 1913 à sa fille Joan. Le 11 octobre de la même année, on constate qu’il ne fait pas le même usage du langage dans son œuvre que dans le privée.
A preuve ce qu’il écrit à Joan: ” Tu écoutes ta mère qui est une personne insignifiante, dans un lieu insignifiant". Toujours à Joan, il rappelle qu’il est son père et non pas “qu’un ticket-repas” (24 août 1913). Dans cette même lettre où il réclame du respect, il explique: “Le monde appartient aux personnes honnêtes, aux personnes franches, à celle dont la parole est droite et profonde; et que le monde échappe à ceux qui demeurent silencieux, ceux qui par leur profond silence mentent et trichent et qui se moquent de l’amour de leur père et le transforment en ticket-repas"(Il écrit deux fois ticket-repas dans la même lettre). Il faut bien analyser ce passage. Il écrit cela sur le plan familial: il veut que l’on parle et que personne ne reste dans son coin à ressasser. Si l’on se place sur le plan de la société la première partie de son analyse ne tient pas puisque nous sommes dirigés par des gens malhonnêtes, à la parole fausse qui mentent tout le temps
Mauvais père ? Non. “Je prendrai soin de toi; je prendrai soin de Bébé B., je prendrai soin de ta mère. Je m’occuperai de vous toutes. Vous aurez un abri et de quoi vous nourrir” écrit-il le 24 février 1914, à Joan, avant de laisser tomber: “Mais malheureusement, j’aurai tourné la page et ne m’intéresserai plus à vous trois". Chute couperet.
Jack London n’a pas survécu longtemps à ce pronostic familial: il est mort le 22 novembre 1916.
Les orphelines avaient 15 et 14 ans. Lui, 40 ans.
Leur mère meurt en 1947.
La fille aînée Joan London s’occupera de l’œuvre paternel et écrira aussi. Elle est morte en 1971.
La plus jeune, Becky, a travaillé avec son père avant de prendre le relais de sa sœur concernant l’œuvre de son père, jusqu’à son dernier souffle, en 1992.
La photo du livre représente Jack London avec ses deux fillettes. Belle photo d’un père fier de ses enfants. Que reste-t-il de cette photo ? Rien à part des livres.

-Je suis fait ainsi (Lettres à ses filles), Jack London. Traduit de l’anglais (Etats-Unis)et présenté par Marie Dupin. Finitude, 126 p., 13 €

-Jack London, Bernard Fauconnier. Folio/ Biographies, 285 p., 8,40 €

03.11.14

Permalien 05:26:32, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Colette (Perrin), journaliste (Librettto). Mes vérités (Ecriture), par Gérard Bonal, Frédéric Maget et André Parinaud

Femme dans toute sa splendeur: la monumentale Colette. Elle savait tout faire, absolument tout. Et au risque de choquer les féministes, elle revendiquait le droit de faire la cuisine et de se pomponner.

L’actualité c’est suivre les nouvelles parutions. Colette, elle, est universelle, hors temps. On doit la (re)lire et la fêter en permanence.
La nouveauté pour la nouveauté n’a aucun intérêt. La modernité est plus importante. On croit que Brigitte Bardot a inventé la nudité en public et Saint-Tropez mais Colette fut danseuse nue avant d’inventer la mode de Saint-Trop ! Emmanuel Berl et Colette faisaient la fête sur le célèbre port quand B.B. n’était pas née. Quand ils habitaient tous les deux dans deux ailles différentes du Palais-Royal, Berl demanda à Colette : « Savez-vous que vous êtes l’écrivain la plus populaire de votre temps ? » Elle répondit : «Oui, je sais… », au plus grand étonnement de Berl qui était trop humble pour se considérer comme un artiste du langage. Simple serviteur, pensait-il.
Colette (1873-1954) est l’un des très rares écrivains à célébrer la vie. A part Jean Giono, on n’en voit pas d’autres. Pagnol, peut-être. Les écrivains s’y entendent pour se lamenter sur l’existence : Baudelaire, Kafka, Pessoa, Cioran, la liste est trop longue. Prévert ? L’humour est la politesse du désespoir… On nous bassine souvent avec les féministes de la première heure : Simone de Beauvoir, François Giroud ou je ne sais qui. Beauvoir ? La journaliste de Radio-Vichy ? Avant toutes les gloires médiatiques, il y a Colette. Pionnières en quantité de domaines. Ses articles désormais disponibles en poche nous permettent de voir tous ses pôles d’intérêt. Sa ligne d’horizon n’avait pas de limite. De la fraîcheur d’âme partout. Jamais blasée.
Colette a fait du music-hall, entièrement nue. Les bananes de Joséphine Baker, en guise de bikini, sont venues après la romancière sur scène. Colette a écrit des livres à la place de Willy qui paradait sans dire qu’ils étaient en fait de celle qui fut sa femme. Colette a ensuite publié sous son nom dans un monde d’hommes qui se réservaient la part du gâteau. Pour ce qui est de sa vie privée, elle a aimé autant les femmes que les hommes, de tous âges, faisant vieillir la plus dévergondée de la télé reality des années 2000. Elle est devenue mère d’une fille. Elle n’était pas obsédée par la lutte féminine. Elle agissait, c’est tout. Capable de coucher avec le fils s’il était mieux que le père. De manière naturelle, elle parlait aussi bien de recettes culinaires que de sa façon de coudre. Qui a entendu une fois Colette n’oublie plus jamais sa voix. Sublime accent ! Une conteuse d’exception. Dans le livre d’entretiens de 1949 avec André Parinaud, on l’entend rouler les « R ».
Peu de femmes parlent de Colette car elle réduit au néant leur minuscule apport à la société. L’auteur du Blé en herbe et de tant livres de livres plein de vitalité a donné du rythme au XXe siècle. Il faut la voir, cigarette à la main, bien avant Bette Davis et Laureen Bacall. Elle pose devant le photographe, habillée en pantalon et veste d’homme, clin d’œil à George Sand. Yves Saint-Laurent n’est pas allé chercher bien loin l’inspiration. Des technocrates ont recherché des cendres d’anciennes grandes dames pour les apporter au Panthéon afin que le gouvernement en place en récolte quelques instants de gloire. Colette était toute indiquée. Elle n’a pas été retenue pour l’Olympia des morts.
Même nue, Colette a de la classe. Jamais vulgaire, jamais prostituée. La beauté de l’âme, toujours. Dans le cahier photo de la minutieuse biographie de Colette signée par Gérard Bonal, on la voit poser assise sur une commode, la cuisse à l’air. Son regard nous aimante comme si elle était vêtue d’une cape ne nous montrant rien de son corps. Elle aurait fait une grande comédienne grâce à son implacable présence. A la fois Sarah Bernhardt et Joséphine Baker, Madame Colette était aussi une grande femme de pouvoir incarnée par sa présidence du jury Goncourt à une époque où seuls les écrivains écrivaient.
Il est stupide de coller à l’actualité, telles des sangsues. Il n’y a pas que le cinéma qui est une industrie : la littérature aussi. On l’a bien vu avec le triomphe du non livre d’une commère qui s’est vendu aux gens qui pensent que Pessoa jouait à Benfica. Lire Colette revient à repasser un moment comme on en passait avec sa grand-mère. Justement quand nos grands-mères bien souvent devaient vivre dans l’ombre de nos grands-pères, Colette, elle, envoya valser toutes les idées reçues, tous les carcans sociaux, pour vivre sa vie comme bon lui semblait, bisexuelle, mère de famille et femme active. Le mariage pour tous, c’est grâce à elle et à Gide. Les bénéficiaires sont l’écume des géants. En plus d’être une bonne vivante, elle luttait avec le langage pour notre plaisir. Il menait même un combat pour la cause animale. A présent, on voit souvent des comédiennes jouer aux mannequins et vice versa. Elles ne savent pas que Colette ouvrit un magasin de produits cosmétiques, rue de Miromesnil, à Paris. Chez Colette, on trouvait fard et poudres. Et elle n’hésita pas à en faire la réclame dans VU. Elle inventa donc aussi la publicité, le merchandising et la communication !

-Colette, journaliste. Chroniques et reportages. Edition de Gérard Bonal et Frédéric Maget. Libretto, 438 p., 11,80 €-
-Mes vérités. Entretiens Colette-André Parinaud. Ecriture, 285 p., 19,95 €
-Colette, de Gérard Bonal. Perrin, 361 p. , 24 €

PS: ce portait est publié dans http://www.servicelitteraire.fr/

02.11.14

Permalien 18:49:35, Catégories: THE RED DEVILS, ANTI-FOOTBALL  

Man United a proposé un football ridicule contre City. MU ? 13 points en 10 matchs. Du jamais vu depuis 1986...

Sir Ferguson était un acteur. Van Gaal n’est qu’un spectateur. Le Néerlandais est totalement passif, il subit le match. La semaine tout être longue à MU ! J’aime encore plus Sir Ferguson et je me demande même si je l’aime assez.

Dimanche 2 novembre 2014
Manchester City 1-0 Manchester United
But pour les Citizens: Aguero (64e)

La composition de United au départ du match:
De Gea - Valencia, Smalling, Rojo, Shaw - Blind, Fellaini, Di Maria, Januzaj - Rooney, van Persie
Remplaçants: Lindegaard, McNair, Carrick, Fletcher, Herrera, Mata, Wilson
Coach temporaire: van Gaal

Ne vous fiez pas au score. Entre l’actuel MU et City, il y a deux classes d’écart, voire plus.
La note aurait dû être plus salée en faveur des Citizens.
Hier, City était une équipe de mercenaires dont les dirigeants croyaient que l’Histoire s’achète à la bourse pendant que MU engrangeait les titres à la loyale. Aujourd’hui, City est bien structuré tandis que MU n’est plus qu’un aéroport international.
Inutile de noter les joueurs. On ne note pas un troupeau de chèvres. Surtout qu’elle n’a pas de berger.
L’agaçant coach néerlandais passe son temps à écrire pendant les matchs quand il ne se penche pas vers Ryan Giggs comme pour demander: “Comment il s’appelle déjà ce joueur ?” Van Gaal a liquidé l’ère Ferguson en expurgeant le club de 14 joueurs. C’est un génocide footballistique !
Louis van Gaal réussit le tour de force de rendre mauvais Valencia, Rooney et van Persie.
Il faut le faire !
Même Di Maria n’avance plus. Incapable de tirer correctement un corner.
On dirait que l’Argentin ne sait plus jouer. Avec lui c’est des ballons centrés dans la boîte n’importe où. On dirait qu’il joue sous infiltration tant il ressemble à un fantôme de la Pampa. 75 M€ pour ça ? Les dirigeants du Real sont géniaux !
Les joueurs de MU sont poussifs, ils sont jouent comme des chiffonniers. Ca va dans tous les sens. Aucune coordination. Du grand n’importe quoi. La pensée zéro.
Exemple: Smalling, l’un des pires transferts de Sir Ferguson, un Rio Ferdinand au rabais, a pris un jaune pour avoir empêché le gardien Hart de dégager. J’ai un doute: a-t-il été livré avec un cerveau ?
A force d’être dans le rouge- en surrégime- il a pris un rouge pour un tacle de voyou.
Les deux faits du matchs pour MU:
39e minute: rouge pour Smalling
Réorganisation de MU avec l’entrée de Carrick et sortie de Januzaj.
53e minute: Rojo évacuer sur une civière.
Ensuite but pour les Bleus à la 64e minute.
MU s’en sort bien: City aurait dû bénéficier de deux pénaltys. L’arbitre était 100% favorable à MU.
Il n’y a plus de football à MU.
Le football est mort dans l’équipe première de la Maison rouge.
Je ne regarderai plus les matchs de MU jusqu’à nouvel ordre.
J’attends le renouveau. Je ne suis pas un fan débile qui agite les fanions.
Je ne suis pas un spectateur de navets.
Trop c’est trop.
Le football au petit bonheur la chance, très peu pour moi.
Maintenant, je vais regarder les matchs du Real Madrid.
Je ne suis pas masochiste.
MU n’a pas joué avec cœur contre City. MU a joué sans âme, sans colonne vertébrale, sans aucune direction de jeu. Un coup, pressing. Un coup, panique à bord.
MU n’a plus de metteur en scène.
L’équipe n’est plus qu’un cahier de brouillon, plein de ratures, de gribouillis.

Permalien 06:27:51, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Man City ne devrait faire qu'une bouchée de Man United à la dérive depuis la fin du cycle mythique Sir Ferguson

Dimanche 2 octobre 2014, 14 h 30
Manchester City - Manchester United

-"Notre objectif, c’est de gagner ce match. C’est possible. Nous grandissons, nous progressons. Ce que nous avons vu de City lors des derniers matches n’a pas été terrible", a dit Louis van Gaal.
Avec ce genre de phrases on n’avance pas d’un pouce.
Jamais Sir Ferguson n’a jamais dit des choses aussi faiblardes avant un derby.
Il est vrai que MU a acheté beaucoup de joueurs quand les Glazers auraient dû recruter Ancelotti, Guardiola ou Mourinho.
Van Gaal ce n’est pas assez solide. Autant conserver Moyes.
Quand on voit jouer le Real, Guardiola ou Mourinho, on comprend très bien ce que font les coachs.
Ce premier week-end de novembre 2014, le Real a gagné à Grenade pendant que le Bayern et Chelsea engrangeaient aussi les trois points de la victoire. C’est à l’image de la saison. On sait que les trois coachs feront du bon travail dans leur club qui joue le titre tandis qu’à MU c’est le flou non artistique. Juste avant le match de MU, on se dit: à quelle sauce vont-être mangés les Red Devils ? Avant, MU partait toujours favori, oui mais c’était avant !
Lors des matchs de MU, à part de se pencher vers Giggs et d’écrire ses mémoires, van Gaal est le roi de la passivité. Un simple spectateur qui attend de vo’r marquer son équipe, comme n’importe quel beauf.
Le public d’Old Trafford qui connait parfaitement le football n’apprend rien avec le Néerlandais.
A City, MU vient en position de perdant.
Le temps de la domination psychologique de MU est totalement terminé.
MU ne fait plus peur à personne. Ni à domicile et encore moins à l’extérieur.
Le pourcentage d’une victoire de MU à City ? 1%.
La presse a annoncé la venue de l’ex Madrilène Di Maria à MU comme si c’était le messie.
Résultat des courses: pour l’instant, le Real Madrid est leader de la Liga tandis que MU est dans le ventre mou de la Premier League, déjà à 13 points du premier, Chelsea.
Ancelotti, Guardiola et Mourinho sont tous les trois premiers. Van Gaal, lui, est 9e.
Tout est dit. Je ne m’en tiens pas bêtement au rang de premier de la classe, je parle de premier dans le talent pour galvaniser, dans le choix de la bonne décision, dans l’impact sur les joueurs, bref dans la compétence de haut niveau.

Permalien 06:19:14, Catégories: LITS ET RATURES  

Qui a tué le Dahlia noir ? (RING) Un fait divers crade raconté par Stéphane Bourgoin

Voici le genre de livre que je ne lis jamais, c’est pour cela qu’il m’intéresse.
On va pas laisser ce genre aux Américains ou écrivains français de la branchouille qui ont tous les défauts des pires auteurs ricains.
Cette fois nous sommes dans l’enquête policière avec ce qui faut de journalisme et d’esprit romanesque.
Nous sommes au carrefour de plusieurs genres et Ring sait très bien faire là-dedans.
Cette maison d’édition est en train d’inventer ce que les autres ne proposent pas. Une littérature cinématographique et peut-être même télégénique car la télé fait beaucoup d’audience avec les faits divers hyper crades, du crash cash. Sans parler des séries hyper bien ficelées genre Dexter ou la très innovante Ray Donovan.
L’auteur prétend avoir découvert le tueur de la jeune femme découpée en deux et vidée de son sang.
Beaucoup de gens se sont intéressés à ce crime qui fait parler plein de monde souvent sans aucun fondemdent.
L’auteur dénonce des contre-vérités: la victime m’a jamais été prostituée. Elle était seulement belle, ce qui attirait aussi la convoitise de tarés dont la mauvaise rencontre avec un sérial killer car pour commettre un tel crime il faut ne pas être un débutant dans l’horreur. C’est ce qui fascine le public, abasourdi devant tant de cruauté. Je vous passe les détails, présents dans le livre.
Le 15 janvier 1947 à Los Angeles, on a découvert les restes de la dépouille d’Elizabeth Short surnommée le Dahlia noir. Son cadavre a donc été découvert en deux parties, à la vue de tous, au bord de la route.
La malheureuse victime a sans doute était tuée ailleurs avant que son assassin n’expose ses restes à l’air libre pour qu’on les retrouve afin qu’on parle de lui sans le nommer. L’abject tient du rituel. C’est la thèse de l’auteur.
La presse a devancé la police, massacrant toutes les empreintes sur la zone de crime. Le tueur était sûrement venu en voiture.
Les deux parties de la dépouille étaient non seulement vidés du sang mais lavés en plus.
Cet ouvrage est accompagné d’une importante iconographie, de coupures de presse. Les photos de la dépouille sont là devant nous. Ne laissez pas traîner le livre sur la table du salon !
Le livre tient du polar et de Détective, version frères Kessel.

-Qui a tué le Dahlia noir ? L’énigme enfin résolu…, de Stéphane Bourgouin. Ring, 490 p., 22 €

01.11.14

L'étudiant manifestant est mort suite au tir d'une grenade offensive de la gendarmerie qui l'a atteint dans le dos

-«Les examens réalisés sur le sac à dos de Rémi Fraisse ne mettent en évidence aucune substance, sinon le TNT présent dans la grenade utilisée par la gendarmerie. C’est donc bien l’explosion de la grenade qui a causé la mort de Rémi Fraisse» (Dépêche AFP)

La piste de la grenade offensive lancée par la gendarmerie est officielle.
Les analyses du sac à dos que portait le manifestant Rémi Fraisse au moment de sa mort ont mis en évidence la présence de TNT.
Ces analyses ont été menées sur les restes du sac à dos que portait Rémi Fraisse au moment de sa mort dans la nuit de samedi à dimanche 26 octobre 2014.
De bonne source, les analyses n’ont pas fait apparaître d’éléments chimiques provenant des engins pyrotechniques artisanaux fabriqués et utilisés par une partie des adversaires du barrage contre les forces de l’ordre.
L’étudiant de 21 ans, originaire de Toulouse, a été tué lors d’affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre sur le site de ce barrage.
Le conseil général du Tarn a suspendu vendredi le chantier du barrage de Sivens.
Une information judiciaire a été ouverte contre X du chef de «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits commis par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions».
Les forces de l’ordre n’ont pas voulu tuer mais elles ont tuées quand même. Le mort aurait pu être aussi du côté de la gendarmerie.
On notera que l’étudiant a été tué par un projectile qui l’a atteint dans… le dos.
A-t-il lancé quelque chose avant de déguerpir ?
Ou marchait-il, dos tourné, sans acrimonie particulière contre les forces de l’ordre?
Dur de mourir dans ces conditions. Avec un peu de hauteur c’est donc la France qui tue l’un des ses enfants.
Ce n’est pas première fois que cela arrive, et pas la dernière. Il vaut mieux marcher sur les clous comme disait aussi Georges Brassens pour ne pas risquer sa peau bêtement. On n’en a qu’une.
Je pense à Loïc Lefebvre, 27 ans, mort sous les balles d’un CRS parce qu’il avait pris un sens interdit près de la rue Mogador, en 1986. Il n’avait plus le permis mais ce n’était pas un bandit, juste un jeune affolé qui ne mettait pas en péril la société.
Remarque: en 1986, nous étions en pleine cohabitation, avec gauche à l’Elysée et droite à Matignon. Je me souviens très bien que la gauche avait massacré la droite pour la “bavure” de 1986.
Quand la gauche est au pouvoir à l’Elysée et à Matignon, comme en 2014, la “bavure” est beaucoup moins médiatisée.
Etre au pouvoir n’est pas de tout repos. Où est le premier ministre actuel le 1er novembre 2014 ? A Bercy… Il travaille même le week-end, en visite au ministère des finances ? Non, il fait une pause aux Masters de tennis. Manuel Valls espère passer une meilleure fin de semaine que le week-end dernier quand le Barça en a pris trois à Madrid.
Pour frapper les esprits de la presse, le premier ministre français dit à présent quelques mots dans la langue du pays qu’il visite.
Ces mots sont plus marquants que ceux du long discours attendu qu’il prononce en faisant croire qu’il l’a écrit.
Avant lui, un autre Français l’a devancé sur ce terrain: le général de Gaulle.

30.10.14

Permalien 12:00:40, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Journal d'un poète, de Sergueï Essenine. (La Différence)

Voici un livre que l’actuelle locataire de la rue de Valois ne lira pas.
Vous pouvez aller en librairie l’esprit tranquille. Vous le trouverez.
Il n’y a rien à colorier dedans ! Ceci explique cela.
Qui présente une édition bilingue russo-française de Sergueï Essenine (1895-1925) en 2014 ?
Personne, à part les exigeantes éditions de la Différence. On n’en fait plus beaucoup comme elles.
L’ouvrage est impeccablement présenté avec des photographies qui nous dévoilent un Essenine qui rappelle un peu les traits de Jack London, deux beaux garçons.
Essenine a mis son espoir dans la révolution mais il a vite déchanté, déçu par les ravages des dirigeants.
Essenine autant le dire d’emblée c’est le Rimbaud russe.
Ecrire de la poésie équivaut à un suicide social, hier comme aujourd’hui.
Ses vers n’ont pas vieilli car il ne trichait pas, ni dans la vie, ni sur la page.
Il fut marié à Isadora Duncan (1877-1927), la riche américaine. Quel couple !
La friquée et le pauvre ère.
Le mariage a eu lieu en 1922. Ils avaient 18 ans de différence. Isadora étant l’aînée.
La grande danseuse qui aimait danser pieds nus a révolutionné son art, influencé par son frère Raymond Duncan adepte de l’hellénisme.
Quand il rencontre sa future femme celle-ci est meurtrie par un double deuil insurmontable: la mort de ses deux enfants morts noyés dans la Seine suite à un accident de voiture. Sa fille et son fils, nés de pères différents, avaient 7 et 3 ans. La maman n’était pas dans l’auto conduite par un chauffeur accompagné de la nourrice des enfants.
Le couple Essenine-Duncan ne dura pas très longtemps, une fois la passion éteinte.
Les deux amants ne parlaient pas la même langue, chacun figé dans son vocabulaire maternel.
Ils voyagent beaucoup, grâce à l’argent de la danseuse: New York, Venise, la grande vie quoi !
Le duo est réputé pour avoir des crises assez salées dans les hôtels. Au Crillon, à Paris, Essenine a quasi détruit sa chambre, la mettant sans dessus-dessous. C’est Philippe Soupault qui ne l’a raconté.
Essenine était connu dans son pays car il était le poète de la terre, de la nature, mais il se complaisait dans le rôle de l’artiste maudit. Il buvait comme un trou, victime des hallucinations qui vont avec.
Avant son suicide, Essenine se remarie avec la petite-fille de Léon Tolstoï. Il aimait l’idée du mariage: on lui en prête cinq !
Essenine a une légende bien ancrée dans l’Histoire de la poésie. Il y tient un haut rang et la postérité ne l’a pas mis hors jeu.
Pour tenter de le désintoxiquer, on lui a fait faire des séjours en asile psychiatrique. En vain.
Il laissa comme testament un poème écrit avec son … sang !
Auparavant, il avait écrit:
-"Du Sergueï que je fus
me voici revenu.
Je ne vous tourmenterai plus".
Deux ans plus tard, Isadora Duncan, qui ne cachait pas sa bisexualité, trouva la mort de manière tragique, mot qui lui colle à la peau: le 14 septembre 1927 à Nice, son long foulard de soie se prend dans les rayons de la roue de l’Amilcar GS. Ejectée de l’auto, elle meurt sur le coup.

-Journal d’un poète, de Sergueï Essenine. Traduit du russe, présenté et annoté par Christiane Pighetti. La Différence, 287 p., 23 €

29.10.14

Permalien 19:07:35, Catégories: LITS ET RATURES, LA REVUE DE STRESS  

Dans le communiqué officiel du 9 octobre 2014, sur le prix Nobel de littérature, signé par la ministre de la culture, il y a deux titres de livres de Modiano...

Les journaux anglais se moquent une fois de plus de la France qui a un ministre de la culture qui ne lit plus depuis deux ans.
Les journalistes d’outre Manche s’en donnent à cœur joie. Ils ont un nouvel os.
Cependant, je conseille à la ministre de consulter le site de la rue de Valois pour savoir ce qu’on lui fait écrire.
Voici ce qu’aurait pu lire l’actuelle ministre de la culture si elle avait regardé le site officiel de son ministère:

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Felicitations-a-Patrick-Modiano-Prix-Nobel-de-litterature

Cela lui aurait permis de connaître deux titres de livres de Patrick Modiano que l’auteur de ce communiqué lui a mis sous la plume comme si le communiqué de presse publié le “09.10.2014 à 15h00 - PARIS” sur le site de la rue de Valois avait écrit par la ministre.

“Félicitations de Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, à Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature

Communiqué de presse

Patrick Modiano est Prix Nobel de littérature.

C’est un jour heureux pour la littérature française, une très grande émotion et une immense fierté pour la France et pour l’ensemble de nos concitoyens.

Le Jury du prix Nobel a décidé de distinguer cette année un auteur français dont les romans, traduits en 36 langues, ont bouleversé et passionné des générations de lecteurs à travers le monde.

De La Place de l’Étoile à son dernier roman Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, son œuvre empreinte d’une douce mélancolie s’aventure avec une infinie poésie dans les replis de la mémoire et les méandres du souvenir. Écrivain d’un Paris occupé, des visages oubliés et des enfances retrouvées, il s’empare des destins individuels pour redonner vie à toute une époque.

Prix Goncourt plusieurs fois récompensé pour l’ensemble de son œuvre, il ne manquait que cette ultime consécration à Patrick Modiano qui représente aujourd’hui aux yeux du monde la vitalité et le rayonnement de la littérature française.

Je lui adresse mes plus chaleureuses félicitations.”

Tout ça donne raison à Patrick Modiano: il faut fuir les mondanités.
Certains ont appris l’existence de Modiano, le 9 octobre 2014.
Pour ce qui est de la ministre, passe encore qu’elle ne lise plus de livres depuis deux ans, mais elle pourrait au moins relire ce qu’on lui fait dire !
Une pie jacasse du PAF a déclaré que l’on devrait faire des fiches à la ministre…
C’est dire que tout le monde, parle, parle, parle pour ne rien dire.
Les conseillers de Madame la ministre ont très bien fait ce qu’ils avaient à faire.

28.10.14

Permalien 12:55:24, Catégories: SPECIAL MARADONA, ANTI-FOOTBALL, LA REVUE DE STRESS  

Maradona a-t-il disjoncté ou l'a-t-on fait disjoncter ?

Malgré toutes les tentatives de la presse pour casser Diego Maradona, les médias institutionnels et les sauvages sur le net ne réussiront pas à me faire détester l’Argentin qui reste le meilleur footballeur de tous les temps avec Pelé, en version soft. Pelé c’est Rembrandt. Maradona van Gogh. J’aime les deux. Pelé est le premier héros sportif qui a su se reconvertir pour rester au sommet. Maradona lui s’est le poète maudit incapable de fréquenter les puissants parce qu’il est issu d’un quasi bidonville.
Quand les loups crient: “Maradona bastonne une femme", moi je dis: la victime c’est Maradona.
Sur une vidéo qui circule cet automne 2014, on y voit el Pibe de oro pas à son avantage.
Il semble regarder un match à la télé comme n’importe quel beauf dans un état d’ébriété ou défoncé.
Soudain, il se lève et vient dire à sa compagne du moment: “Tu es toujours avec ton portable!”
S’en suit deux baffes.
Tout ça est lamentable, je vous l’accorde.
J’ai toujours pensé qu’il était impossible de vivre dans la situation de Maradona post carrière de joueur.
Cela revient à dire à Clint Eastwood à 30 ans: le cinéma c’est fini pour toi.
Quoi faire après ?
Maradona est mort dix fois avant de renaître.
Je me demande comment est-ce possible qu’il soit encore vivant après tant d’excès ?
Il a une santé de fer.
Sur la vidéo, il est saoul et en colère, c’est évident.
Une question se pose, une fois qu’on a dit que son comportement n’est vraiment pas glorieux.
La question est:
Pourquoi la scène est-elle filmée ?
Maintenant, il suffit de faire sortir de ses gongs quelqu’un et de le filmer avant de tout mettre sur le net.
Cela non plus ce n’est pas très beau.
Maradona a réalisé des prouesses avec un ballon.
Il vient de l’Argentine d’en-bas comme dirait Balzac.
Si Maradona avait voulu, sans alcool, sans stupéfiant, il serait le plus grand ambassadeur du football. Devant Pelé, devant Platini.
Au lieu de se vendre comme Pelé et d’autres, c’est un footballeur en détresse perpétuelle.
N’étant pas du côté des dirigeants il a tout du laissé-pour-compte comme le fut Garrincha.
Le joueur m’a enchanté, l’homme fait peine à voir.
Seul, ivre devant sa télé. Tragique. Maradona le virtuose en train de regardes des chèvres avec un ballon. Cela donne envie de se biturer c’est certain !
Alors pourquoi le filmer ? Vendre la vidéo ? Espérer des dommages et intérêts ?
Maradona est vraiment seul. Triste à voir.

Les 23 noms pour le Ballon d'Or 2014 avec Ronaldo en super favori

Mon podium: C. Ronaldo parce que c’est un superbe ambassadeur du football, bien plus charismatique que Messi qui n’a plus le rayonnement des années passées. Ensuite, je distingue Neuer et Robben.

La FIFA vient de rendre public sa liste des 23 prétendants au Ballon d’Or 2014.
On sait que désormais la FIFA a pris le relais de France Football ce qui donne encore plus de résonnance au trophée. Les votes ont changé. Ils sont plus ouverts alors qu’avant seuls les journalistes de FF et ses correspondants n’avaient droit au bulletin.
L’attribution aura lieu en direct de Zurich le 12 janvier 2015. Auparavant, on connaîtra le podium des trois premiers dans l’ordre alphabétique.
La question est simple. Qui doit-on récompenser ?
Un champion du monde 2014 ? Dans cas, je désigne le gardien Neuer ou Bastian Schweinsteiger, pour l’ensemble de sa carrière. Neuer serait le second goal récompensé après Yachine. Le capitaine Philipp Lahm peut aussi le recevoir pour tout ce qu’il a apporté au football.
Doit-on récompenser le plus régulier ?
Dans ce cas c’est Cristiano Ronaldo qui a été déterminant lors de la conquête de la 10e C1 par le Real Madrid.
Ronaldo est toujours passionné par le jeu. Il joue comme si c’était un mort de faim. Jamais blasé, et surtout on le sent pleinement réalisé alors que Messi ne respire pas la plénitude.
Autre joueur méritant ?
Arjen Robben. Super bon au Bayern Munich et avec les Pays-Bas.
Trois absents notables ?
Suarez: sa morsure d’un Italien l’a disqualifié.
Klose: le meilleur buteur de l’Histoire de la Coupe du Monde est outrageusement oublié.
Ribéry: disparu des radars.
Que vient faire Mascherano dans la liste ?
Benzema y a sa place. Il est beaucoup plus imposant qu’avant. Il a franchi un cap avec Ancelotti.

Voici la liste des 23 pré-sélectionnés :

Gareth Bale (Pays de Galles)

Karim Benzema (France)

Diego Costa (Espagne)

Thibaut Courtois (Belgique)

Cristiano Ronaldo (Portugal)

Angel Di Maria(Argentine)

Mario Goetze (Allemagne)

Eden Hazard (Belgique)

Zlatan Ibrahimovic (Suède)

Andres Iniesta (Espagne)

Toni Kroos (Allemagne)

Philipp Lahm (Allemagne)

Javier Mascherano (Argentine)

Lionel Messi (Argentine)

Thomas Mueller (Allemagne)

Manuel Neuer (Allemagne)

Neymar (Brésil)

Paul Pogba (France)

Sergio Ramos (Espagne)

Arjen Robben (Pays-Bas)

James Rodriguez (Colombie)

Bastian Schweinsteiger (Allemagne)

Yaya Toure (Côte d’Ivoire)

27.10.14

Permalien 17:06:12, Catégories: GRAND MONSIEUR, LA REVUE DE STRESS  

Hommage à Malraux. L'actuelle ministre de la culture déclare ne plus lire depuis deux ans

Incapable de citer le titre d’un livre de Patrick Modiano, l’actuelle ministre de la culture déclare n’avoir plus le temps de lire depuis deux ans, comme si Modiano avait écrit toute son œuvre en 24 mois.
Je propose que le prochain prix Nobel de Littérature soit décerné à une dépêche AFP.
Et on ose me dire que je suis nostalgique !
Permettez-moi de préférer les politiciens qui lisent.
Charles de Gaulle était auteur et lecteur.
Pompidou a publié une anthologie de poésie.
François Mitterrand était auteur et lecteur.
Permettez-moi de faire l’impasse sur les autres présidents de la Ve république.
J’ai une pensée émue pour André Malraux.

Permalien 13:51:01, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR, GOOOOL DO BRASIL !  

Le quintuplé d'Eduardo lors de Guingamp 2-7 Nice

Dimanche 26 octobre 2014
EA GUINGAMP 2-7 OGC NICE

Buts pour l’EAG: Beauvue (8e), Schwartz (70e)
Buts pour les Aiglons: Eduardo (11e, 26e, 43e, 51e, 65e), Plea (45e), Bauthéac (72e)

OGC Nice : Hassen - Palun, Genevois, Bodmer, Amavi - Mendy, Digard © ; Vercauteren, 63e) - G.Puel (Eysseric, 68e), Eduardo, Bauthéac - Plea (Maupay, 75e)

Prêté par le FC Porto, Carlos Eduardo s’est fait un nom ce 26 octobre 2014: 5 buts dans le même match!
Nice réalise parfois des exploits d’un autre monde: on pense à sa victoire à Monaco suite au triplé de Victor Agali, et au quadruplé de Robby Langers lors du match de barrages 1990 Nice - Strasbourg.

Pour retrouver un quintuplé niçois, il faut remonter à celui de Fontaine (20 ans), en janvier 1954. Ce jour-là, “Justo” avait marqué cinq des six buts du Gym face à Lens (6-1). Cela fait 60 ans.

A Troyes en 1960 et à Sedan en 1972, Nice avait gagné 0-5.
La dernière fois que les Aiglons avaient inscrit sept buts c’était il y a 40 ans, face à Sedan au Stade du Ray (7-2).

Il faut féliciter le staff niçois d’avoir su convaincre Eduardo de venir un moment à Nice.
Il y a des clubs qui doivent se mordre les doigts de ne pas l’avoir pris pour l’actuel saison.
Quand on voit ses cinq buts, on s’aperçoit qu’il fait le bon geste dans le bon tempo.
Le Brésilien vient d’éclore au niveau européen et même mondial car ses buts vont aller jusqu’au Brésil.
Pour Eduardo, il y a un avant et un après Nice.
Il rejoint les grands Aiglons brésiliens: Amalfi, Everson et Ederson.

Permalien 13:27:55, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR, LONDON CITY  

Man United arrache le nul devant un Chelsea réduit à 10

Dimanche 26 octobre 2014
Manchester United 1-1 Chelsea
But pour MU: Van Persie (90e + 4 et des poussières)
But pour les visiteurs: Drogba (53e)

Les deux papys buteurs ont marqué !
L’image qui incarne le mieux l’actuel MU c’est Fellani. C’est à dire un style poussif, de la bonne volonté et des gestes totalement désordonnés avec parfois des coups bas. Un petit éclair de beauté n’est pas à exclure.
On est loin du jeu avec beaucoup de liant entre les lignes.
Si j’étais Carrick, je demanderais à quitter le club. C’était le titulaire indiscutable au rang de récupérateur-relayeur au temps de Sir Ferguson. Là ce n’est même pas un remplaçant.
L’arbitre doit aimer MU, tant que les Red Devils n’ont pas égalisé, il a laissé le jeu se dérouler.
Van Persie a marqué alors que les 4 minutes de temps de rab étaient déjà passées.
Il a fallu que le défenseur Ivanovic soit expulsé à la 93e pour que van Persie égalise.
Chelsea aurait dû gagner cent fois ce match car Mourinho sait très bien que MU est sclérosé dans une période sans mais les Blues n’ont pas été fameux, à part une ou deux fois Eden Hazard.
MU traverse une nouvelle fois une saison de transition. Même en ne grattant rien de la semaine, MU sans C1 est incapable de prendre le jeu à son compte. Di Maria a balancé des grands ballons devant à l’aveugle. Même un poussin sait qu’il ne faut pas faire ça.
Le but est venu grâce à une tête de Fellaini repoussée par le gardien Courtois.
Fellaini est un joueur qui revient de la case prison comme dans le jeu de l’oie.
S’il parvient à canalyser sa fougue il peut devenir un mixte de Vieira-Keyne.
Il sait marcher sur l’homme, et joue avec un cœur gros comme ça.
Je n’ai vu que lui sur le terrain, il se bat comme un chien qui n’a pas mangé depuis 15 ans. Cela a son charme aussi.
Grâce au nul d’Old Trafford le championnat n’est pas joué d’avance. J’ajoute que MU ne joue pas le titre, juste la 3e place et encore rien n’est moins sûr.

26.10.14

Permalien 06:00:55, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR, LONDON CITY  

Chelsea vient à Old Trafford pour battre Man United

Sans Sir Ferguson et sans Scholes je me retrouve comme au temps du départ de King Cantona. Je ne reconnais plus MU, on dirait un autre club. Giggs est trop en retrait pendant les matchs. Van Gaal ce n’est plus le père ou frère. Même pas un oncle. Je le vois comme un coucou. Pas de chaleur. Un mur opaque me sépare de lui. J’aurais souhaité Mourinho ou Ancelotti ou Guardiola. Van Gaal met des pions et attend que ça se passe. N’importe qui peut faire la même chose. Domenech aussi serait capable de faire comme Van Gaal.

Dimanche 26 octobre 2014, 17 h
Manchester United-Chelsea
Pronostic: MU 1-3 Chelsea

Autant j’étais sûr que le Real Madrid vaincrait le Barça même quand les Catalans menaient 0-1 avant de perdre 3-1, autant je ne crois pas un seul instant que MU va battre Chelsea. Pendant près de 25 ans, jamais je n’ai cru que les Blues gagneraient à Old Trafford maintenant les pronostics ne sont plus en faveur de MU qui joue en dents de scie. C’est le football en montagnes russes. Un coup bien, un coup rien. L’identité fergusionne a été chassée du Théâtre des rêves qui vire au cauchemar. On voit onze Red Devils qui se cherchent, à tous les sens du terme. Il est impossible de bien vivre ensemble quand on change tant de joueurs à la fois.
Je suis toujours en deuil du jeu de MU version Sir Ferguson.
Ma nostalgie est plus forte que le présent que je vois sous mes yeux.
Tous les joueurs actuels ont besoin d’écrire l’Histoire vont-ils y arriver ?
Pour l’instant, il ne s’agit que d’un album Panini.
Il est temps que van Gaal laisse sur le terrain Carrick et Valencia deux valeurs sûres de MU. Il faut aussi aligner Rafael et Jones. Rooney n’est pas le seul héritier. De Gea va avoir des arrêts déterminants à effectuer.
Le nouveau coach a part dépenser de l’argent pour des noms ronflants, on ne voit pas son schéma tactique.
Le football est simple, pourquoi le compliquer.
J’espère qu’il a vu le Real Madrid d’Ancelotti. Là on voit du football.
Au début, van Gaal a perdu du temps et des points avec sa ridicule défense à trois.
MU doit jouer en 4-4-2 sans ballon et en 4-3-3 en possession de balle.
Di Maria a quitté le Real mais le Real joue toujours aussi bien.
Di Marie est venu à MU mais MU a baissé de rendement.
MU est devenu un club de mercenaires. Chelsea aussi mais Mourinho est en avance sur van Gaal.
Chelsea et Eden Hazard sont les favoris.
On n’invente rien. Le plus dur est de jouer simple.

25.10.14

Ronaldo, Benzema et tout le Real dominent largement Barcelone, 3-1. A voir la conférence d'après-match de Mr. Carlo Ancelotti

Karim Benzema réalise un très grand début de saison. Il vient d’enchaîner deux matchs de haut niveau, contre Liverpool et contre le Barça. Un football collectif, un football intelligent et très généreux. Du grand art, et son jeu est compatible avec celui de Ronaldo. Le match fut si intense qu’aucun joueur n’a échangé son maillot. Ce qui est très bien. L’échange de maillots est stupide. Il ne devrait intervenir qu’à des moments précis: adieu d’un joueur, retour d’un joueur dans son ancien club.
CONFERENCE DE CARLO ANCELOTTI APRES LE MATCH:

Samedi 25 Octobre 2014
Clasico aller
Real Madrid 3-1 Barcelone
Buts pour le Real: C. Ronaldo (35e pen.), Pepe (50e), K. Benzema (61′)

Les deux équipes au départ:

REAL : Casillas - Carvajal, Pepe, Sergio Ramos, Marcelo - Modric, Kroos, Isco - James, Ronaldo, Benzema. Coach: Ancelotti

FC BARCELONE : Bravo - Daniel Avles, Mascherano, Piqué, Mathieu - Busquets, Xavi, Iniesta - Neymar, Suarez, Messi.Coach: Luis Henrique

Le match a commencé comme souvent avec le Barça. Les Catalans avaient le ballon et en jouaient comme le charmeur de serpent joue de la flûte. Subjugué, le Real était paralysé. Neymar en profitant par ouvrir le score d’un exploit personnel.
Ensuite, le Real a souffert avant de se reprendre. Casillas évita le 0-2 devant Messi.
Petit à petit le Real se requinqua car les Catalans faisaient la pub pour Damar, ils tricotaient de manière idiote sans vrai percussion.
Le Real lui a procédé par des contres assassins sa marque de fabrique séculaire.
Tout le Real jouai à l’unisson quand le Barça passe son temps à s’en remettre à Messi.
Le Real est beaucoup mieux organisé, équilibré, managé.
Tout le Real est à féliciter pour sa solidarité, pour sa complémentarité, pour son audace. En trois passes, les Madrilènes traversent le terrain là où le Barça fait 60 passes.
Benzema et Ronaldo s’entendent très bien avec James Rodriguez. Quel trio !
Benzema et Ronaldo se cherchent sans cesse pour bien faire joueur l’autre.
En face, c’est une maison de retraite: Iniesta et Xavi ont tout gagné, ils n’ont plus faim.
Benzema a fait de très grands progrès. Sa paternité et la venue de Chicharito qui représentait une menace l’ont métamorphosé. Il joue simple avec beaucoup de tempérament. Ils nous l’ont changé. Jamais je n’avais vu Benzema rayonner de la sorte, dans le jeu et dans la gestuelle. Il a donné le tempo au Real. Il est allé rechercher des ballons sous la ligne médiane, il a fait des appels. Un des plus grands matchs de sa carrière.
A 3-1, la messe était dite.
Pour voir du football, actuellement, il faut voir jouer le Real d’Ancelotti.
Je me suis régalé jusqu’au 3-1. Le Real a démontré de grandes ressources mentales pour revenir au score puis l’emporter.

Carlo Ancelotti: "Cristiano Ronaldo a tout. Bon du pied droit, du gauche et de la tête. Et surtout, il utilise ses qualités pour l'équipe".

Samedi 25 octobre 2014, 18 h
Le clasico aller de la Liga
Real Madrid - Barcelone
Sur beIN SPORTS 2 (Rediffusion à 22 h sur BS 2 et le lendemain à 10 h 15)
Favori: Real Madrid

“Choc” titre L’Equipe du 25 octobre 2014.
Vous savez de quoi il s’agit ?
De PSG-Bordeaux, MDR.
Leur gros titre c’est sur le match de L1. C’est titrer sur Pauline Carton quand Penelope Cruz est dans le coin.
Puisque la télé nous montre de grands matchs, on ne peut plus aimer les petits matchs de tournoi de sixte. Autant aller voir un match de poussins ou jouer avec des copains.
La veille, par contre, j’ai acheté le journal, rien que pour lire l’interview de Carlo Ancelotti. Une merveille. Tout respire l’intelligence.
L’Italien c’est la grande classe. Man United a fait la grave erreur de ne pas le recruter.

EXTRAITS:

Obligé de gagner le clasico ?
-"La saison dernière, on a perdu les deux clasico et on a gagné la Champions league. Je veux bien refaire la même chose !”

Votre défense ?
-"Avec Varane, Pepe et Ramos, on a trois des meilleurs défenseurs du monde.”

C. Ronaldo ?
-"Une qualité individuelle fantastique. Un professionnalisme au top. Et tout ça au service de l’équipe. Il est très efficace. Bon du droit, du gauche et de la tête.” [Et sur coup de pied arrêté aussi!]

Benzema ?
-"Dos au but, il est meilleur que Falcao et Suarez. Il pourrait jouer organisateur au milieu de terrain.”

Le PSG ?
-"Je suis parti quand j’ai compris que les résultats à court terme comptaient plus que le projet à long terme.” [Quel tacle !]

Votre schéma fétiche ?
-"Le 4-4-2, mais quand on a le ballon, je demande que l’on change tout de suite en 4-3-3. Avec Cristiano [Ronaldo]à gauche, Gareth [Bale]à droite et Karim [Benzema] au centre.” [Sous eux se positionnent alors Modric, Kroos et James Rodriguez. Isco est aussi très important. Bref tout le monde !]

La possession de balle est-ce le secret avec le pressing ?
-"Mon premier coach me disait quand tu as le ballon tu ne peux pas prendre de but… mais une possession sans objectif cela devient vite dangereux.”

Pensez-vous que vos joueurs sont réceptifs à tout ce que vous demandez ?
-"S’ils font 30% de ce que je leur demande, je suis content!” (Rires

© L’Equipe. Merci à Damien Degorre et Frédéric Hermel, le plus grand fan français du Real Madrid, après moi! J’ai synthétisé la pensée du coach pour aller à l’essentiel. Quand L’Equipe propose une telle double page c’est un grand journal.

24.10.14

Le clasico, le vrai ! Le Real Madrid reçoit le Barça qui n'a encore encaissé aucun but !

Samedi 25 octobre 2014, 18 h
Le clasico aller de la Liga
Real Madrid - Barcelone
Sur beIN SPORTS 2 (Rediffusion à 22 h sur BS 2 et le lendemain à 10 h 15)
Favori: Real Madrid

500 millions de téléspectateurs vont assister à ce match.
Sur la pelouse, il y a au moins sept des plus grands joueurs du monde: Ronaldo, Messi, Modric, Iniesta, Casillas, James Rodriguez, Varane…
Les ignares se moquaient du Français Mathieu mais le Barça n’a pas encore vu ses propres filets trembler !
Le 3e avec 18 points reçoit le leader avec 22 points, il y a de l’Urgo dans l’air madrilène.
La meilleure attaque (30 buts) accueille la meilleure défense (0 buts)… oui le Barça n’a pas encaissé un seul but en 8 matchs !
Ce n’est pas parce que Canal + n’a plus les droits de la Liga qu’il faut faire l’impasse sur le clasico.
Dire que les médias français osent appeler clasico PSG-OM. C’est comme si on disait d’une Clio qu’il s’agissait d’une Ferrari.
Au même moment que le clasico du 25 octobre a lieu PSG-Bordeaux, à 17 h (C+). Vous hésitez entre les deux matchs, vous ? Moi, non. Si vous m’offriez une loge au Parc des Princes je n’y mettrais jamais les pieds.
Le clasico ne concerne que les deux monstres sacrés ibériques.
Il n’y a que l’Italie (à Milan, Turin et Rome) et en Angleterre (Manchester, Londres, Liverpool/Everton) que l’on a droit à d’autres grosses affiches. Que pèsent un OL-ASSE face à Inter-AC Milan ? Rien: Lyon et Saint-Etienne sont deux villes distinctes.
Ce clasico aller devrait être un vrai sommet.
Ronaldo, Benzema et le milieu de la Maison Blanche sont sont en plein boum tandis que le Barça a une défense inviolée.
Benzema est meilleur en 10 quand 9. Il s’entend bien avec CR7. Du coup Chicharito est sur le banc. Benzema a haussé son niveau de jeu depuis la venue du Mexicain, comme quoi la concurrence à du bon.
J’attends plus du clasico que de Man United-Chelsea qui a lieu le 26 octobre. MU n’a plus aucun fond de jeu, c’est du hourra football. Van Gaal est très loin d’avoir la longueur de vue d’Ancelotti.
Paris a eu de la chance d’avoir un tel entraîneur mais à Paris, Ancelotti n’avait pas Ronaldo, le meilleur joueur du monde. Si Ibrahimovic était le meilleur joueur du monde, il jouerait au Real. Le PSG n’a que des miettes.

Dans la peau de Maria Callas, par Alain Duault (Le Passeur)

Qui parle comme La Callas ? Personne. Les plus grands sont les plus simples.

Non, Alain Duault n’est pas un travesti.
Il joue simplement le jeu de se mettre dans la peau de quelqu’un, selon le principe de la collection du Passeur.
On connait le journaliste mélomane depuis des années, dans la mouvance de Bernard Gavoty, mais qui sait que Duault est aussi un poète à l’œuvre constante depuis 1967 ?
Il suffit de lire Dans la peau de Maria Callas pour saisir la portée de sa poésie présente dans chaque page.
Duault aime La Callas et cela se sent. Bienvenue au club !
Ne pas aimer Maria Callas c’est ne pas aimer le soleil, et la nuit aussi.
Sa vie oscille sans cesse entre la haute création et le drame intime.
Sa mère coupa le cordon dès la naissance de sa fille, ce n’est rien de la dire.
La petite Maria se réfugia vite dans la musique.
Elle avait un oiseau au fond de la gorge.
Sa vie sentimentale fut le point noir de sa vie. « La gloire est le deuil éclatant du bonheur » a signalé Mme de Staël.
Alain Duault nous fait revivre les 15 derniers jours de la vie de la Diva claquemurée dans son appartement parisien et dans sa vie passée.
Elle écoutait ses anciens enregistrements… Un écrivain qui lirait ses propres livres ? Il n’y a pas plus suicidaire.
La Callas n’avait absolument pas conscience qu’elle était la plus grande chanteuse du XXe siècle.
Tant de femmes croient être géniales alors qu’elles n’ont pas 10% du génie de la Callas.
Morte seule et abandonnée de tous, La Callas est l’un des plus grands êtres humains de l’Histoire de l’Humanité.
Je déteste l’Opéra, et surtout son public qui m’insupporte autant que les supporters dans les stades.
Sur les plateaux, on n’entend que des gens qui braillent et qui jouent de manière lamentable.
Ils massacrent même Mozart et Verdi.
Je déteste l’Opéra et son emphase. Je déteste l’Opéra, sauf Marie Callas qui parle la langue du cœur et de l’âme.
Quand j’entends une autre cantatrice que La Callas je me bouche les oreilles.
Des abrutis ont osé siffler La Callas quand elle s’est cassée la voix à Paris. En Italie aussi elle a été huée.
La Callas parlait un français impeccable. Je vous conseille d’aller sur You Tube pour la voir avec son ami Visconti.
Impossible d’être plus humble qu’elle.
A la fois chanteuse et comédienne, elle a réinventée tout ce qu’elle a chanté.
Droite sur le proscenium, sans dire un mot, elle avait une présence fracassante.
Sa beauté est indiscutable. Là encore d’aucuns ont osé dire qu’elle n’était pas belle. C’est sûre, elle avait la beauté de l’âme, pas la beauté de l’âne. Le côté j’ai de gros seins très peu pour elle.
La Callas est devenue célèbre grâce à son immense talent. Elle n’a pas fait la Une parce qu’elle se déshabillait devant les objectifs. Elle mettait à poil son âme pas son corps !
La Callas est un phare de ma vie. J’aperçois toujours sa lumière. Sa mort n’a rien effacé.
Ses ondes sont toujours là. Je suis simplement révolté du traitement qu’on lui a infligé.
Merci à Alain Duault pour son vibrant hommage

-Dans la peau de Maria Callas, d’Alain Duault. Le Passeur, 180 p, 16, 90 €

23.10.14

Permalien 08:32:52, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

En attendant le clasico, un grandiose Real Madrid s'impose à Liverpool (0-3) avec Ronaldo (70 buts en C1) et Benzema (40 buts en C1)

Mercredi 22 octobre 2014
Champions League 2015
Liverpool 0-3 Real Madrid

Buts pour le Real: Ronaldo (23e), Benzema (30e, 41e)

Loin du carton du Bayern Munich qui a dynamité la Roma 1-7, la Maison Blanche s’est néanmoins imposée 0-3 à Anfield proposant un football hyper collectif.
Carlo Ancelotti peut être heureux: son Real développe un jeu offensif gr?ce à un pressing incessant.
J’ai bien choisi mon match moi qui suis en période de désintoxication mancunienne, à cause de la déstructuration de Man United qui a jeté son fond de jeu à la poubelle.
Donc j’ai choisi de regarder le Real. Le jeu permute sans cesse par les ailes.
James Rodriguez, CR7 et Benzema m’ont regalé. Un football altruiste sauf en cas de bonne position pour frapper, et là cela devient aussi du collectif en une seul geste car un but c’est toujours pour l’équipe.
Tous les Madrilènes jouent l’un pour l’autre.
La première mi-temps fut paradisiaque.
En face ? Gerrard toujours aussi nullissime. Un surcoté. Une vedette édulcorée.
Balotelli ? Un accident industriel permanent. Il va d’un club à l’autre. Un joueur très prétentieux. Il joue moins bien qu’à ses débuts. Un footballeur borné, têtu dans le mauvais sens. Ce joueur ne tient pas ses promesses. Chaque saison, il baisse davantage.
Steven Gerrard lui est égal à lui-même: insignifiant. Un bas du plafond. Un football imbécile, sans aucun regard périphérique. A part faire une passe volontaire à Drogba (Chelsea) pour que MU ne gagne pas le championnat, c’est un bon à rien. Son football respire la bêtise. Tête baissée, yeux mornes. Dans la ville des Beatles, il joue faux. C’est un working-héros de l’imposture.
Je me régale d’avance: le week-end prochain, il y a le clasico ! Le vrai, Real-Bar?a, pas PSG-OM.
A Anfield, le Real Madrid a donné un récital, un opéra de l’?il.
Les Madrilènes ont réveillé ma passion. Merci.
En football, comme ailleurs, c’est l’intelligence qui m’intéresse.
Tout le reste n’est que littérature. Très mauvaise littérature.

22.10.14

Hommage à François Truffaut dans Le Point, hors série

Patrick Modiano, en littérature, et François Truffaut, au cinéma, sont les deux créateurs français contemporains que j’estime le plus dans leur domaine.
Leurs œuvres me parlent. Ils regardent plus qu’ils ne montrent.
Modiano quand il s’exprime laisse apparaître toutes ses angoisses. On est loin des auteurs qui pérorent, tout leur moi dehors comme on dégrafe sa braguette.
Truffaut parle vite, une vrai mitrailleuse pour cacher ses angoisses, mais sa mort si jeune laisse penser qu’il était étreint pas l’angoisse. On connaît son enfance, encore plus atroce que celle de Modiano.
On n’oublie pas les films de Truffaut. Avec Doinel, il a parle de l’enfance de tous les Français.
La peau douce est mon film préféré avec La chambre verte.
Bien sûr, il y a aussi L’homme qui aimait les femmes et La nuit américaine.
Truffaut était un écrivain qui faisait du cinéma, et Modiano est peut-être un cinéaste qui écrit.
Les yeux de Truffaut, le débit de sa voix, sa vitesse d’exécution, sa pudeur, son intelligence, sa sensibilité, tout reste si présent.
La France était coupée en deux, il fallait aimer Truffaut ou Godard. Moi c’était Truffaut, comme j’aimais Anquetil et non Poulidor (quoique…), les Beatles et pas les Rolling Stones. On opposait même Bardot et Moreau.
A bout de souffle c’est vieillot. Pierrot le fou, reste mon Godard fétiche. J’aime écouter parler Godard mais son cinéma m’ennui, m’endort. Les films de Truffaut n’ont rien universitaires, tous sont très vivants. La sirène du Mississippi m’a copieusement énervée, comme s’il s’agissait d’un faux Truffaut. Il faudrait que je le revois. Les deux Anglaises et le continent aussi. Dans La femme d’à côté, il cite Raymond Guérin sans le signaler.
Il achetait ses livres rue Durantin chez un ancien élève de Charles Dullin: André Bugnard. J’y allais aussi. Ce libraire me fascinait. J’estimais que c’était le plus grand libraire-bouquiniste de France. Il lisait presque toujours. Je le plaçais plus haut que n’importe quelle personne parlant de livres.
On le dérangeait presque. Il toisait le client pour savoir qui il avait en face de lui. Il détestait qu’on touche ses livres. Je le comprenais car un maladroit pouvait déchirer la tranche.
Ses yeux derrière ses puissants verts des lunettes m’effrayaient souvent. Heureusement, il pouvait rire.
Je n’arrivais pas à l’imaginais vivre une vie de couple, tant il était imbibé de littérature.
Un jour sombre, mal luné, il pouvait dire: “Ne touchez pas les livres, ils ne sont pas à vendre!” Il avait mis un écriteau dans ce sens. Il m’aimait bien car je recherchais les Berl, Soupault, Bove, Calet, Guérin… Il a pris sa retraite, je l’aperçois parfois dans le coin, à Montmartre, marchant comme Dullin. Dans la rue Durantin, il y a beaucoup de magasins de fringues. La librairie a disparu, comme Truffaut.
Le Point publie un hors-série très bien fait.
François-Guillaume Lorrain parle parfaitement de l’enfant François Truffaut.
Ecoutez le témoignage de son ami François Lachenay: “Notre merveilleuse entente juvénile fut quelques fois traversée d’orages. Je commis une action que j’ai toujours regrettée. Un jour d’engueulade, j’ai jeté tous ses livres dans l’escalier. Je le revois encore, en larmes, les ramassant".
Ce témoignage qui était enfoui dans un vieux Cahiers du Cinéma de 1984 méritait une nouvelle exposition.
Voilà qui est fait.
Il y a une interview de Madeleine Morgenstern, la mère de ses deux filles aînées.
Leur fille aînée Laura se confie aussi.
Il y a d’autres témoignages de collaborateurs et divers proches. Ses grands modèles, ses influences.
Manque un entretien avec Jean-Pierre Léaud. Cependant procurez-vous ce spécial Truffaut. Il y a lire et relire. On rend hommage. On se rappelle. On apprend. On découvre. Tout est parfait. Un vrai bel hommage.

-TRUFFAUT, l’homme qui aimait le cinéma. Le Point, hors série. 82 p., 7,50 €

20.10.14

Permalien 12:47:52, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Cinq Red Devils dont King Giggs et King Cantona dans le Top Ten de la Premier League depuis 1992

Les 169 buts de l’éblouissant gallois Ryan Giggs sous le maillot de MU en 963 matchs entre 1991 et 2014. France Football et la FIFA ne lui ont jamais donné le Ballon d’or. Honteux et injuste. L’ailier gauche recyclé au milieu de terrain avait un jeu félin, tout en agilité. Fin dribbleur, hyper malin, il plaçait ses tirs ne tirant jamais comme un imbécile apeuré. Même en pleine course, il avait la présence d’esprit de placer sa frappe. Je l’ai découvert en 1992. J’ai eu un immédiat choc visuel tant il était vif et audacieux. “Toi, aussi, tu l’aimes…” m’a dit Eric Cantona dans le petit hall des joueurs- véritable cabine des Marx Brothers. Nous étions en hiver 1992. C’était le début de la nouvelle grande aventure rouge, après celle de Sir Busby. Que de bonheurs à venir ! Que de bonheurs vécus ! Je peux témoigner: j’ai vu de près, de très prés, la magie du ballon rond. Des gens qui peuplent les rêves. Ceux qui font les rêver le peuple ne n’intéressent pas.

Lundi 20 octobre 2014
West Bromwich Albion 2-2 Man United

Buts pour West Bromwich Albion: S. Sessegnon (8e), S. Berahino (66e)
Buts pour les visiteurs: M. Fellaini (48e), D. Blind (87e)

Evénement microscopique: Fellaini a marqué un but sous le maillot de MU. Sinon RAS. Tant de millions sur la pelouse pour ça… Triste de voir M. Carrick sur la pelouse. C’est comme si on interdisait de vestiaires Sir Ferguson ! Dimanche prochain aura lieu MU-Chelsea le premier vrai test de l’ère van Gaal contre le favori pour le titre avec Man City.

The Telegraph a classé les meilleurs joueurs de la Premier League depuis sa refonte en 1992.
Selon quels critères ?
Ryan Giggs, premier. C’est normal: personne au monde n’a plus de titres que lui. Il a en plus deux C1. Le joueur de Man United est un mythe vivant.
Henry deuxième ?
C’est très subjectif. Entre 1999 et 2007, il n’a gagné que deux championnats (2002 et 2004) quand Eric Cantona a remporté 4 championnats à MU entre 1992 et 1997, soit en 1993, 1994, 1996 et 1997. En 5 ans, Cantona a relancé le football anglais à lui tout seul. Henry a joué en Angleterre parce que Cantona y a rayonné avant lui. Cantona a un rôle clef. Même sans C1, il mérite d’être deuxième. Henry a marqué beaucoup de buts mais cela n’a rapporté que deux titres. Je ne parle pas des autres compétitions où Cantona a brillé aussi, tout comme Henry.
La fidélité c’est important aussi. Giggs a joué tout le temps de sa carrière professionnelle à MU. Cantona n’a plus joué après son passage à MU. Henry, lui, a déserté Arsenal pour aller à Barcelone puis aux Etats-Unis. Question fidélité à Arsenal, on repassera. Henry a été un très bon joueur mais il ne m’a jamais fait vibrer. Cantona est un joueur à la vision de jeu beaucoup plus périphérique. Le deuxième du Top Ten aurait dû être lui. En plus, il a été champion d’Angleterre 1992 avec Leeds, en une seule saison. Ils sont où Leeds en 2014 ?
Dans ce classement, il y a deux absents que l’on remarque beaucoup: Drogba et John Terry. Ils auraient dû être à la place de Roy Keane et Patrick Viera.

Le classement du Telegrah:
1. Ryan Giggs, MANCHESTER UNITED
2. Thierry Henry, Arsenal
3. Roy Keane, MANCHESTER UNITED
4. Alan Shearer, Newcastle
5. Paul Scholes, MANCHESTER UNITED
6. Cristiano Ronaldo, MANCHESTER UNITED
7. Patrick Vieira, Arsenal
8. Eric Cantona, MANCHESTER UNITED
9. Dennis Bergkamp, Arsenal
10. Frank Lampard, Chelsea & Man City

Petite bibliothèque du coureur, de Bernard Chambaz. (Champs classiques/ Flammarion)

Le mythique finlandais Paavo Nurmi. L’athlète n’a rien à voir avec les joggers qui courent pour prolonger leur vie.

“Je crois que la course à pied est le plus sûr moyen de produire une génération de crétins malfaisants” a écrit Léon Bloy qui serait bien surpris de voir tant de survêtementr dans les rues contemporaines. Cela lui donne-t-il raison ? Boire ou courir, il faut choisir, pourrait-on dire. Courir c’est la vie même. Courir ne signifie que nous sommes bas du plafond. Tant que l’on court nous sommes en bonne santé. Bloy devait opposer la tête et les jambes.
Bernard Chambaz propose un livre qui est à la fois un essai et une anthologie sur la littérature et la course à pied. Avant la fin du XIXe siècle, on courait peu. Depuis les années 1970, on court plus, il suffit de voir les adeptes du jogging gambader dans les rues.
Voici la découpe du livre de Bernard Chambaz:
1/ Aux commencements
Pindare voyait dans le sport une valeur morale, une sorte de Sisyphe. Virgile, Ovide
2/Des coureurs très classiques
Cervantès, Corneille, Stendhal, Alexandre Dumas
3/ Des coureurs olympiques
Pietri, Prévost, Echenoz, Blondin, Montaignac
4/ Des courses plus ou moins éperdues
Woolf, Perec, Mailler, Himes
5/Des coureurs du dimanche mais aussi du lundi
Hemingway, Delerm, Delbourg
6/ Courir pour de rire
Giono, Gamblin, Delavault, Garcia

-Petite bibliothèque du coureur, de Bernard Chambaz. Champs classiques/ Flammarion, 286 p., 8 €

19.10.14

Permalien 17:40:05, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

L'infatigable Ronaldo alias CR7, avec 15 buts en 8 matchs de Liga, bat un record de 1943 !

Ronaldo, Modiano, deux Soleils dans la nuit de la médiocrité politique ambiante.

Auteur d’un doublé, samedi 18 octobre 2014, à Levante, Cristiano Ronaldo totalise 15 buts en Championnat. Jamais un joueur n’avait marqué autant de buts après 8 journées en Liga. Même pas Alfredo Di Stefano, Puskas ou Raul.
Et ses détracteurs continuent de le comparer à Beckham surtout connu pour la vente de ses slips.
Beckham est à Ronaldo ce que Plastic Bertrand est à Bob Dylan.
Cela fait dix ans que CR7 nous régale aussi bien au Real Madrid qu’à Man United. Sorti de son cocon du Barça que ferait Messie à Chelsea ? Je demande à voir. Loin d’Iniesta, l’Argentin a une jambe en moins alors que sans Di Maria, CR7 claque toujours autant de buts.
Ronaldo n’est pas prétentieux, il est fier.
Ronaldo n’est pas arrogant, il est feinteur.
Ronaldo n’est pas une invention du PAF c’est un compétiteur hyper constant.
Son talent ? Technique, condition physique, régularité, intelligence et sensibilité dominée.
Ronaldo qui s’impose sous l’ère de Messi, c’est Poulidor qui devient Anquetil.
Vulgaire ? Pas du tout. Un gagneur comme M. Ali. Ceux qui ont vu Cassius Clay à la pesée savent de quoi je parle. Que les autres regardent You Tube. Aujourd’hui, la mémoire collective s’appelle You Tube. Je vous dis pas le nombre d’Alzheimer qu’il va y avoir dans 10-20 ans. Il faut travailler sa mémoire comme un muscle. Fermons la parenthèse.
Quand il est arrivé à MU comme ils étaient beaux ses balbutiements ! Au poteau de corner, il se mélangeait les pinceaux à force de faire des dribbles de trop. Sir Ferguson n’a jamais cassé la personnalité du jeune orphelin de père. Oui, c’était beau. CR7 est un poulain qui a tenu ses promesses. C’est si rare. Encore aujourd’hui, il peste quand il rate une passe, un tir ou un dribble. C’est la marque du champion. Toujours aller de l’avant.
A 29 ans, CR7 se présente toujours impeccable sur le terrain, pas un gramme de trop. Une hygiène de vie admirable.
Cela fait dix ans qu’on le dit noceur, il se couche à l’heure des poules pour tout donner au football.
Quand il arrêtera, il pourra dire: j’ai fait mon maximum, je n’ai rien brûlé bêtement.
A Levante, il a battu un record vieux de 71 ans : 15 buts marqués après 8 journées de Championnat.
Pour trouver un joueur de comparable en Liga, il faut remonter à Esteban Echeverria et à ses 14 buts lors des 8 premières journées sous le maillot d’un autre Real Oviedo, en 1943-1944.
CR7 a inscrit un penalty (13e)- exercice toujours périlleux- avant de marquer un but sublime perforant la défense adverse depuis l’aile gauche pour marquer le troisième but (61e) du Real Madrid auteur d’un carton (5-0). Lors de son second but Ronaldo a effacé quatre défenseurs plus le gardien !

“Faire plus que ce que fait Cristiano est impossible", a confié son entraîneur, Carlo Ancelotti. A une semaine du Clasico et de la réception du FC Barcelone à San Bernabeu, à ne pas rater. Le Barça est leader avec 4 points d’avance sur le Real, 22 points contre 18. Enfin, un match que j’ai envie de regarder car depuis la retraite de Sir Ferguson je porte le deuil du MU de 1986-2013. Très lourd à porter. Ne plus voir Paul Scholes et Giggs courir sur un terrain, c’est triste, très triste.

Permalien 15:47:06, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Hommage au faux silence par John Cage: 4'33'' par Kyle Gann (Allia)

Il fallait le faire, John Cage (1912-1992) l’a fait !
Soit convoquer le public dans une salle de concert avec un grand orchestre qui ne joue pas pendant 4′ 33′’.
Ce silence en fait est un faux silence car on entend du bruit: celui du public alors que l’orchestre est figé comme sur une photo, même si les petits incidents ne sont pas à exclure.
Ce moment nous renvoie à nous-mêmes mieux que n’importe quelle musique.
Nous sommes chez Duchamp, chez Satie partout dans le refus des grands réfractaires. Refus génial, s’entend.

«Le titre de cette œuvre figure la durée totale de son exécution en minutes et secondes. À Woodstock, New York, le 29 août 1952, le titre était 4′33″ et les trois parties 33″, 2′40″ et 1′20″. Elle fut exécutée par David Tudor, pianiste, qui signala les débuts des parties en fermant le couvercle du clavier, et leurs fins en ouvrant le couvercle. L’œuvre peut cependant être exécutée par n’importe quel instrumentiste ou combinaison d’instrumentistes et sur n’importe quelle durée. » Dixit John Cage.

Kyle Gann nous raconte la genèse de cette non-œuvre.
Ce 4′33′’ est bien plus profond qu’il n’en a l’air de prime abord.
Il y a du Zen dans Cage qui refuse d’être… enfermé dans un aucun système.

-No Silence. 4′33 de John Cage, de Kyle Gann. Allia, 190 p., 15 €

17.10.14

Permalien 16:04:01, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Patrick Modiano, l'écrivain sans reptation médiatique, est numéro 1 des ventes de romans

En attendant son discours en Suède lors de la remise du Nobel de Littérature, le 10 décembre 2014, je republie un post sur Modiano à l’occasion de l’édition Quarto. Pour le discours, l’écrivain a évoqué la possibilité de lire “une fiction". Osera-t-il ?

Patrick Modiano, couronné le 9 octobre par le Nobel de littérature, arrive a la mi octobre 2014 passée en tête des ventes de romans et se glisse à la 2e place du Top 20 Ipsos/Livres Hebdo, entre les deux torchons dont toute la France parle. Un torchon d’un régent du PAF et un torchon d’une: à nous deux Paris Match !

Avec un tirage initial de 60.0000 exemplaires, le nouveau roman de Modiano, a eu une réimpression de 100.000 exemplaires, et l’édition Quarto a une seconde vie avec un retirage de 160.000 exemplaires.
Un coffret Folio en novembre et ses livres pour enfants sont à la réimpression.

Voilà les bonnes retombées du Nobel. Ce n’est que justice pour un écrivain-écrivain et non pas un produit du PAF.
Quand il a appris qu’il était le lauréat 2014, Modiano a dit: “C’est comme s’il s’agissait de quelqu’un qui portait le même nom". Que les égocentriques en prennent de la graine.

Quand France Culture lui a consacré une journée, on avait par moment l’atroce impression qu’il s’agissait d’une nécrologie. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser. Dans notre monde, il faut être dans l’actualité comme ils disent pour que l’on parle de vous. Ils sont peu nombreux, les créateurs qui méritent que l’on parle d’eux chaque jour. Modiano est l’un de ceux-là.

A lire sur le blog, à la date du 18 mai 2013:

En attendant son entrée dans La Pléiade, une partie de l’œuvre de Patrick Modiano a les honneurs de l’édition Quarto qui n’est pas une Pléiade Canada Dry. C’est même plus agréable à lire qu’une Pléiade qu’on a toujours peur d’abîmer. Quand on voit la liste des romans republiés, on lève la tête et on les voit séparément dans notre bibliothèque. Qui ne lit pas Modiano n’aime pas la littérature. Il y a un son Modiano -j’aime mieux dire “son” que musique- qui écrit avec un silencieux comme Miles Davis jouait en sourdine. Pourquoi tant de mots, les bons suffisent.
En un seul volume on a droit dans l’ordre de mes préférences à: Dora Broder, un Pedigree, Villa triste, Rue des boutiques obscures, Livret de famille, Remise de peine, Chien de printemps, Dans le café de ma jeunesse, Accident nocturne, L’horizon… En tout neuf livres qui conservent toute leur force créatrice. Dora Broder a mes faveurs car il contient ce qu’on aime le plus chez Modiano, ce délicat tremblé qui rend les scènes comme si on les voyait à travers une vitre cathédrale. Cette quête sur une jeune femme pendant la guerre est on ne peut plus bouleversante. On avance à pas feutrés au milieu de lambeaux de mémoire sauvés de l’oubli par Modiano qui atteint là son sommet tout comme dans Pedigree. Ses lecteurs sont dans ce cas précis encore plus touchés car il s’agit de la vie de Modiano et celle de sa famille. On le lit depuis tant d’années qu’il est un peu de la nôtre et nous de la sienne.
Bien sûr, on se trouverait en face de lui, on n’aurait rien à lui dire : il aurait trop l’impression de nous surprendre dans son salon et nous de le voir dans sa salle de bains. Les vrais écrivains disent tout dans leurs livres et rien dans la vie, ou si peu et pas à n’importe qui ni n’importe où. C’est pour cela que Modiano est si bon à l’écrit et si délicieusement timide à l’oral. A ce sujet, j’insiste, on ne le voit jamais s’abaisser à participer à ces émissions télés débiles où se vautrent tant d’écrivains et acteurs, sans parler des politiciens qui sont à Jean Moulin ce que les sketches de Bigard sont à ceux de Raymond Devos. Il est même arrivé à Modiano, à la sortie de l’un de ses livres, de n’accorder qu’un seul entretien à l’une de ses filles. Cette attitude est si digne qu’un envieux c’est permis d’écrire que Modiano “méritait chaque année le Prix Drancy” (sic)Tout ça pour dire qu’il écrivait toujours le même livre, ce qui nous ravit bien qu’à présent ce n’est plus le cas.
«Ces «romans» réunis pour la première fois forment un seul ouvrage et ils sont l’épine dorsale des autres, qui ne figurent pas dans ce volume (…) Les quelques photos et documents reproduits au début de ce recueil pourraient suggérer que tous « romans » sont une sorte d’autobiographie, mais une autobiographie rêvée ou imaginaire» écrit Modiano. On remarque les guillemets qui encadrent le mot roman. L’écrivain précise que même les photos de ses parents sont à présent « des photos de personnages imaginaires». Et il dit avec force : «Seuls mon frère [Rudy], ma femme [Dominique] et mes filles [Zina, cinéaste et dessinatrice, et Marie, chanteuse musicienne] sont réels». (1)Des photos qui dévoilent de vrais beaux moments de complicité. Les enfants du couple Modiano sont aussi magnifiques que leurs livres. Il y a aussi le visage de notre ami commun, Emmanuel Berl – par Boubat-, entre Voltaire, Jankélévitch et Jules Berry. Berl considérait son jeune interlocuteur comme le fils qu’il n’avait pas. Le visage de Patrick Modiano a changé, bien-sûr, comme le nôtre. Pour nous, il restera toujours jeune car il reste l’emblème de notre jeunesse dans un monde qui met toujours la bêtise en première ligne. En ce qui concerne les parents de Patrick Modiano, on s’arrête longuement sur leurs photos très album de famille, notamment sur le beau profil de sa mère, la comédienne Louisa Colpeyn. On recherche la ressemblance avec son père, Albert Modiano. Certaines de ces photos sont présentes dans le “Cahier de L’Herne” consacré à Modiano (janvier 2012)
Modiano rappelle que Blanchot a dit justement qu’un lecteur est sans doute le vrai auteur du livre qu’il lit. Sachant cela, Modiano se met mal à l’aise pour parler de ses livres. Nous aussi puisque nous en sommes les auteurs autant que lui ! Là littérature est magique et Modiano est un magicien. Il place la littérature avant lui. C’est le seul de sa génération à agir de la sorte. J’ai remarqué que beaucoup de ses lecteurs parlent de lui comme s’il était leur grand frère. C’est dire le lien affectif qui nous lie à lui. Auncun autre écrivain de sa génération nous inspire autant de respect. Patrick Modiano et Peter Handke sont les deux seuls écrivains vivants que je mets au niveau des grands disparus. Les autres s’éloignent beaucoup trop de leur parole écrite. Modiano dit qu’il avance dans un livre comme s’il conduisait sous la pluie sans essuie-glace. Et Handke dit qu’il “va essayer” quand il part écrire. En plus d’être vrais, ils sont sympathiques.

-Romans
De Patrick Modiano
Quarto/ Gallimard, 1083 p., 23, 50 €

(1) On peut rajouter à présent, son petit-fils.

http://www.ina.fr/video/CPF11002757

Permalien 11:00:12, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Evénement éditorial: Le coup d’Etat. Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie, de Pedro J. Ramirez (Vendémiaire)

1954 : Si Versailles m’était conté de Sacha Guitry. Une fille du peuple qui chante Ah ! ça ira est incarnée par Madame Edith Piaf.

Presque 1 000 pages ! Indigestes ? Tout le contraire.
C’est autre chose d’écrire un tel livre et de l’éditer que de proposer un bouquin de cul élyséen écrit à la truelle.
Hélas ! le gros du public français est attiré par la médiocrité. Ce n’est pas le cas chez nos voisins espagnols.
De son véritable titre : Le coup d’Etat. Robespierre, Danton et Marat contre le premier parlement élu au suffrage universel masculin, ce remarquable livre a été un best-seller en Espagne avant d’arriver en France, très bien traduit par Geneviève Naud. Traduire, c’est respecter. Son auteur n’est autre que Pedro J. Ramirez le fondateur du journal El Mundo avant d’en être exclu car il combattait trop… la corruption ! Il est logique que son livre ait trouvé preneur au sein d’une maison d’éditions qui s’appelle Vendémiaire et qui est un nouveau centre d’intérêts pour les lecteurs, vu la qualité de leurs publications.
Pedro J. Ramirez a conduit son livre comme une enquête avec des focus différents sur les temps forts de cette séquence capitale de l’Histoire qui concerne en fait le monde entier tant elle est importante. Au printemps 1793, la minorité de la Chambre a pris le meilleur sur la majorité modérée. Coup d’Etat ! Place au régime de terreur qui éloigne l’idée de la démocratie de la Révolution. Ramirez a mis son ordinateur, son stylo, sa plume au cœur de l’Assemblée Nationale, centre névralgique de toutes les utopies, de toutes les illusions, de tous les rêves, de tous les combats, de toutes les réalités qui se succèdent, de tous les cauchemars à venir, de toutes les promesses non tenues, de toutes les idées proposées et oubliées, de quelques accents de sincérité. Nous passons de la prise de la Bastille à la Déclaration des Droits de l’Homme, de l’exécution de Louis XVI à l’insurrection en Vendée. Nous assistons aux grandes envolées lyriques, emphatiques et aux conciliabules les plus brefs. Nous sommes au plus près des instants fondateurs. La majorité modérée d’élus au suffrage universel masculin est renversée par une minorité de Montagnards et de Sans-Culottes de la Commune de Paris. La majorité n’avait aucune cohésion dans ses rangs. Cela pourrait donner des idées…

-Le coup d’Etat. Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie, de Pedro J. Ramirez. Traduit de l’espagnol par Geneviève Naud. Vendémiaire, 992 p., 28 €

15.10.14

Permalien 06:19:26, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Rire intelligent garanti avec "Maux d'excuse, les mots de l'hypocondrie" de Patrice Delbourg et Gérard Pussey.(Cherche Midi)

Cela fait du bien de lire un tel ouvrage en pleine névrose de l’ebola.
Comme dirait Coluche: l’ebola s’attrape beaucoup en lisant les journaux !
On ne parle que de ça. De manière cyclique on nous sort une nouvelle maladie.
“Quand il n’y a pas la guerre, il faut une maladie pour évacuer le trop plein", me disait Emmanuel Berl, la vigie du temps présent.
Rire avec la maladie, c’est merveilleux. Une antidote au stress, on le sait depuis Molière.
Delbourg, se dit hypocondriaque, sauf qu’avec le temps, il a eu de gros pépins de santé. Donc à mes yeux, il n’est plus hypocondriaque. Mieux vaut prévenir que guérir.
Avec Gérard Puissey, il présente une conversation pas piquée des hannetons, comme dirait Bernard Blier habillé sur mesure par Audiard, le père Michel.
Pour commencer, Delbourg y va de son petit couplet sur l’hypocondrie :"Je ressasse la douleur d’être au monde. Je serine la défaite de mes organes. Mainate de mes symptômes". On a là un extrait de son savoir écrire.
Il a trouvé son maitre en la personne de son alter ego Puissey qui perd confiance en son médecin généraliste :"Jamais d’analyses. Il se fie, dit-il, à son instinct. Ce type m’envoie à la mort avec une désinvolture confondante. Je dois me séparer de lui".
Plus Bouvard- pas Philippe- et Pécuchet, on meurt !
Que dis-je Bouvard et Pécuchet… Ouvrard et PQchiez, plus sûrement.
Quand Delbourg veut faire un cadeau à Puissey, il lui offre un pilulier. On imagine que son interlocuteur se fend d’un stéthoscope quand le moment de l’anniversaire de Delbourg est venu.
Le duo fait songer à Laurel et Hardy de la médecine ambulante en attendant la médecine de l’ambulance: Delbourg dans le rôle d’O. Hardy surveille son poids qui dépasse la “ceinture parisienne” à savoir le val d’Oise (95) tandis que Puissey se voit maigrir pour devenir la réplique corporelle de Stan Laurel. Delbourg propose à son confrère en maux éternels de se faire greffer une poignées d’amour. Il est prêt pour le don d’organe.
Les deux amis font plaisir à entendre. Les copains d’abord !
On ne peut pas mieux dire car Gérard Puissey est le neveu de René Fallet, le frère siamois de Brassens.
A lire sans modération. En vente dans toutes les bonnes pharmacies à partir du 23 octobre 2014. Vente sans ordonnance. Remboursé par la Sécu.

-Maux d’excuse, les mots de l’hypocondrie. Patrice Delbourg et Gérard Pussey. Cherche Midi, 169 p., 14, 50 €

14.10.14

Permalien 11:01:41, Catégories: ANTI-FOOTBALL  

Arménie-France ? "Un match de m..." dixit le coach des Arméniens. Les pays orgnisateurs de l'Euro et World Cup devraient eux aussi disputer les poules de qualifications au risque de se faire éliminer

Mardi 14 octobre 2014
Arménie-France (1)

-« Pour moi, c’est un match de merde ! Samedi [11 octobre], mes joueurs ont tout donné [1-1 face à la Serbie en éliminatoires]. Rejouer trois jours après, c’est un calvaire. C’est un cadeau empoisonné. Je ne peux pas jouer avec l’équipe B contre l’équipe de France, d’ailleurs, je n’ai pas d’équipe B. Les joueurs qui jouent dans le championnat d’Arménie n’ont pas le rythme pour faire deux matches à ce niveau-là. Ça me fait un peu peur et moi, je ne sais pas trop comment je vais faire. C’est un match un peu piège. Je n’aimerais pas que l’équipe prenne un carton parce qu’elle mérite autre chose.Il va falloir une fois de plus trouver des solutions. Ca peut être un bon test. Peut-être qu’on peut découvrir un joueur. J’ai un ou deux jeunes joueurs que je vais peut-être lancer à cette occasion. En espérant que ça se passe bien… »

Voilà ce qu’a déclaré Bernard Challandes, le sélectionneur suisse de l’Arménie.
On ne peut qu’être d’accord avec lui. Ce match est de l’anti-football, c’est du show pour faire tourner la boutique.
Quels enseignements tirés des matchs amicaux de la France actuelle ?
Créer des automatismes ? Chaque match a son histoire. On peut gagner 0-6 en Arménie et perdre 0-4 contre l’Allemagne, ensuite à Paris.
On sait tous que Varane est un super crack. On sait tous que le football de Koscielny est d’une pauvreté indigne d’un international.
La France qualifiée d’office pour l’Euro 2016 n’a que des matchs bidons en vue.
Elle vient de battre le Portugal (2-1) dans un match qui ne servait à rien pour le Portugal, sauf à blesser Ronaldo !
Je ne regarde pas les matchs amicaux, jamais ! Une guerre à balles à blanc ce n’est la guerre.
Si le football est réduit au rang de spectacles pour ignorants, très peu pour moi. D’ailleurs je me demande si ma passion pour ce sport n’est pas en train de s’en aller. Que me reste-t-il ? Nice par fidélité familiale. MU ? Sans Sir Ferguson c’est le TNP sans Vilar. J’ai encore quelques pôles d’attraction, Ancelotti, Guardiola, Mourinho, Hazard…
Près de 80 000 personnes se sont déplacés pour voir France-Portugal, la négation du football de compétition.
La France peut gagner 10-0 contre l’Arménie, cela ne voudrait rien dire, et même une défaite de la France ne signifierait rien.
Les buteur français- si faibles- vont pouvoir augmenter leur tableau de chasse, sans moi.
Arménie-France c’est comme lire un non livre.
L’entraînement est capital mais les matchs amicaux ne servent à rien. Je suis pour les supprimer, sauf les jubilés et matchs de bienfaisance.
Les pays organisateurs devraient disputer les poules de qualifications, au risque de ne pas se qualifier !
On a vu comment a fini le Brésil en 2014 à force de se prendre pour ce qu’il n’est plus.
Pourquoi protéger les pays organisateurs ? Pour des histoires de gros sous. Un pays ne veut pas dépenser des fortunes et ensuite risquer de voir la population déserter la compétition. Un fait certain: la France de 2016 n’a pas de Platini comme la France de 1984.
Pogba est un bon joueur mais ce n’est absolument pas un 10 comme Platini ou Zidane.
Pogba est dans la lignée de Vieira, c’est déjà très bien.

[Post dédié à Charles Aznavour]

(1) Comme prévu la France a gagné 0-3 (Rémy 7e, Gignac 55e pen. et Griezmann 84e). Un match pour rien car tous les sélectionneurs ont un onze dans la tête et les coiffeurs restent des coiffeurs. Le prochain match des Bleus ? Contre l’Albanie. Quelle affiche !

12.10.14

Evénement : l'Abécédaire de Philippe Caubère qui poursuit la Danse du Diable

Les Diables Rouges de Manchester United ne peuplent plus mes rêves mais heureusement la Danse du Diable Philippe Caubère est toujours dans les parages.
Quand Caubère joue, la marche du monde est moins lourde.
Caubère sur scène c’est voir la forge d’un créateur juste au moment où il frappe le fer pour lui donner la forme désirée dans des faisceaux d’étincelles.
Sir Ferguson n’est plus à Old Trafford, Louis Jouvet n’est plus à l’Athénée mais heureusement, Caubère va y jouer. Créer convient mieux. Caubère ça n’a rien à voir avec un empileur de sketches, comme il y en a tant. Caubère ce n’est pas un promoteur de spectacles, c’est un poète qui crée à l’air libre. Il a révolutionné le théâtre en écrivant puis en jouant ce qu’il venait d’écrire ou le contraire, tout ça dans la plus haute des solitudes.
Qui est Caubère ? Prenez une photo de sa mère, la fameuse Claudine. Le fils se situe entre le sourire et les yeux de sa maman. Sa mère pétillait de vie. Le fils aussi. Juste avant l’effondrement en coulisses. Quand on donne autant, à la fin on est jacquesbrelisé, fracassé, hagard, paranoïaque si on le laisse dans le courant air. C’est un coureur de fonds qui a les qualités d’un sprinter. Lorsqu’il écrit, sa main va moins vite que son cerveau. Il y a un Doinel au cinéma, il y a Ferdinand au théâtre. Truffaut, Caubère, même combat. La descente dans la mine de l’enfance pour remonter des pépites à redistribuer au public.

Voici l’Abécédaire de Philippe Caubère. C’est très bien de reprendre cette contrainte, dans l’esprit de celui de Gilles Deleuze.
Les deux abécédaires n’ont rien à voir. Caubère est un homme de scène, ce n’est pas qu’un auteur.
Caubère c’est quelqu’un qui a pris le pouvoir. Au lieu d’attendre que le téléphone sonne, il a mis sa peau sur la scène et d’abord sur la page blanche.
C’est quelqu’un de très physique, comme un sportif.
Sur scène, il dépense une énergie hallucinante.
Il est beau à entendre et à voir.
Beaucoup de gens disent que c’était mieux avant. Certes, on est triste de ne plus voir Devos ou Zouc. Garrincha est mort. Pessoa n’est plus là, mais non ! ce n’était pas mieux avant, car nous avons Patrick Modiano et Philippe Caubère, pour citer deux artistes que j’aime et que j’aimerais jusqu’à ma mort. Ils n’ont rien à voir mais ils ont des points en commun:
Authenticité. Haine de la connerie. Ennemi de la compromission et de la reptation. Amoureux du français. Hyper intelligent, hyper sensible. Deux enfants démesurés. Un humour hors normes.
Quand Philippe Caubère joue, il faut aller le voir, sans hésiter une seule seconde.
Caubère porte en lui, la magie théâtre, celle de Molière.
Vous allez le voir, et puis vous voyez en même temps votre mère, ou plus exactement “maman", sur scène.
Lui seul à ce pouvoir de réincarnation. C’est un sorcier de la scène.
A la fois Arlequin et Cagliostro.

L’ABÉCÉDAIRE COMMENCE EN OCTOBRE

Un mot par jour à compter du 8 octobre :
Avignon, Benedetto, Claudine, Danse, Energie, Femme, Galabru, Humour, Impros, Jouer, Koltès, Littérature, Marseille, Non, Œuvre, Père, Qu’en-dira-t-on, Rémunération, Spectateur, Théâtre, Utilité ?, Véronique, Wallonie, X bis, Yves (Robert), Zouc

DATES DE TOURNÉES de Philippe Caubère

MARSIHO
6, 7, 10, 17 octobre 2014
Louvain-la-Neuve (Belgique), Théâtre Jean Vilar.
Réservation de places en ligne | www.atjv.be.

LA DANSE DU DIABLE

9, 11, 12, 14, 16, 18 octobre - Louvain-la-Neuve (Belgique), Théâtre Jean Vilar.
Réservation de places en ligne | www.atjv.be.

4 novembre au 7 décembre - Paris, Théâtre de L’Athénée.
Réservation de places en ligne | www.forumsirius.fr/orion/athenee.phtml?spec=436.

18 décembre - Miramas (13), Théâtre La Colonne.
Réservation de places en ligne | www.scenesetcines.fr.

5 janvier 2015- Chateauroux (36), L’Equinox.
Réservation de places en ligne | www.equinoxe-lagrandescene.com.

10 janvier - Lèves (28), Espace Soutine.
Réservation de places en ligne | www.ville-leves.fr/espace-soutine.php.

14 janvier - Boulogne-sur-Mer (62), Théâtre Monsigny.
Réservation de places en ligne | www.ville-boulogne-sur-mer.fr/le-theatre-monsigny.

17 janvier - Cébazat (63), Le Sémaphore.
Réservation de places en ligne | www.cebazat.fr/Accueil-billetterie-tarifs.html.

23, 24 janvier - Marseille, Théâtre Toursky.
Réservation de places en ligne | www.toursky.org.

28 janvier au 1er février - Boulogne-Billancourt (92), Théâtre de l’Ouest Parisien,
Réservation de places en ligne | www.top-bb.fr.

4, 5 fevrier - Amiens (27), Maison de la Culture.
Réservation de places en ligne | www.maisondelaculture-amiens.com.

8 fevrier - Salon-de-Provence (13), Théâtre Armand.
Réservation de places en ligne | www.salondeprovence.fr/index.php/theatre-armand.

28 fevrier, 1er Mars - Marciac (32), L’Astrada.
Réservation de places en ligne | www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Seul-en-scene-LA-DANSE-DU-DIABLE-MA419.htm

RENCONTRES PUBLIQUES

17 octobre 2014- Au Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve.

18 novembre - Au bar du Théâtre de L’Athénée, après le spectacle.

16 décembre - À la Médiathèque de Miramas (13), à 18h.

Permalien 11:54:31, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Le palmarès 2014 des Ecrivains Sportifs

A la fin des votes, le jury a trinqué au Prix Nobel de Littérature 2014 décerné à l’ami Patrick Modiano, authentique athlète du verbe, ennemi du relâchement stylistique.

L’association des Ecrivains Sportifs vient de décerner son palmarès pour 2014.

La tête et les jambes ?

-"Les beaux esprits et les muscles conquérants, le sport et la littérature ont naturellement tendance à se tourner le dos. Sauf que l’Association des Ecrivains Sportifs (AES) s’est donnée pour mission de contredire cette idée reçue. En décernant chaque année un certain nombre de Prix. Mais surtout en ouvrant le champ des échanges et des initiatives grâce à un site totalement dévolu à cette cause. Ce site est le nôtre. Celui de notre Association. Celui de nos membres. Il est surtout le vôtre".
Signé: Le Président, Benoît Heimermann

L’Association des Écrivains Sportifs a été fondée le 17 Juillet 1931 par Tristan Bernard et Jean Giraudoux.
http://ecrivains-sportifs.fr/

PALMARES 2014

-Grand Prix Sport & Littérature
(Prix Tristan-Bernard)

Dernières nouvelles du Martin-Pêcheur, Bernard Chambaz, Flammarion.

-Prix Etranger Sport & Littérature
(Prix Monique Berlioux)

Ils étaient un seul homme, Daniel James Brown, Librairie Vuibert.

-Prix du Beau livre
(Prix Lacoste)

La légende des 24 Heures du Mans, Gérard de Cortanze, Albin Michel.

-Prix du Document

Petit manuel musical du football, Pierre-Etienne Minonzio, Le Mot et le Reste.

-Prix de Technique et de Pédagogie sportives
(Prix Marie-Thérèse-Eyquem)

Les Fondamentaux de l’attelage, Laurence Grard-Guénard, Amphora.

-Prix de la Carrière
(Prix Louis-Nucera)

Eugène Saccomano.

-Prix du Commentateur sportif
(Prix Bernard-Destremau)

Pascal Praud.

Tous les 4 premiers livres ont été chroniqués sur mon blog.
Chambaz est comme nous l’aimons, passionné de littérature et de sport.
James Brown a écrit un superbe livre sur l’équipe américaine d’aviron 1936.
De Cortanze rend hommage à sa famille par les biais d’une course mythique dans un superbe album illustré.
Minonzio a publié un indispensable livre sur football et musique.
Grard-Guénard fait preuve d’une grande compétence qu’elle met au service de tous.
Saccomano aime autant Céline et Giono que Platini et Ben Barek.
Praud est un fin lecteur qui apprécie à la fois les débordements de Bernard Blanchet et l’exigence de Gracq.

Permalien 00:40:50, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La playlist de Patrick Modiano: Cole Porter, Billie Holyday, Charles Trenet, Django Reinhardt...

Cette journée consacrée à Patrick Modiano est une réponse très importante à la rentrée littéraire française qui voit le triomphe de deux bouquins présentés par des représentants du PAF qui couchent dans les médias. Plus vous êtes vulgaire, plus vous plaisez au public fermé à la grandeur d’âme. Parmi les lecteurs de Modiano, il n’y a aucun amateur de coucherie présidentielle et encore moins de racistes et xénophobes. Suivez mon regard…

Samedi 11 octobre 2014, France Culture a eu la bonne idée de “bousculer” ses programmes pour fêter le Prix Nobel attribué à Patrick Modiano.
La station a beaucoup d’archives avec l’écrivain qui a raison de parler sur France Culture car ici il ne s’éloigne pas de la parole écrite.
Pendant toute la journée, les auditeurs ont pu se familiariser avec le travail de l’écrivain.
Là pas question d’entendre quelqu’un nous vendre sa salade ou nous dire :"Moi, moi, moi, moi…”
Modiano a bien expliqué tous ses tâtonnements.
Grande journée consacrée à la littérature et non pas à la suffisance d’un auteur qui fait mousser son dernier bouquin jetable avec le nom qu’il s’est déjà fait.
Modiano n’est pas arrogant ou cassant comme tant d’auteurs aussi inaudibles qu’ils sont illisibles.
Dès qu’il parle de son style, Modiano s’excuse et se fait discret: “Là c’est technique…”
En fait, il écrit comme Clint Eastwood joue, sans presque rien faire ou dire. L’important c’est le “presque".
Une petite remarque: il a parlé de “Fantastique social” que l’on voit dans les cafés et bars.
La journaliste en face de lui, a dit que l’expression était juste.
Il convient de rappeler qu’elle n’a rien de “modianesque". La journaliste en face de lui n’était plus que groupie.
Nous étions sur France Culture quand même ! Le minimum c’est d’avoir un peu de compétence sans parler de culture.
“Fantastique social” ? L’expression est de Pierre Mac Orlan.
Au cours de la journée nous avons pu écouter un choix de musique signé Modiano.
Je vous livre sa playlist, pour l’essentiel. Bien sûr, il s’agit d’une thématique bien particulière. (Il pourrait en faire d’autres) :
Billie Holiday, Lester Young, Cole Porter, Edith Piaf, Charles Trenet, Ray Ventura et son orchestre, Jean Sablon, Georges Ulmer et Django Reinhardt…
Aucun cadeau à l’air du temps. A part, Lester Young et G. Ulmer (qui a eu un restaurant à Nice, rue Csssini), ils sont tous chez moi.
Au sujet de la littérature contemporaine, il a expliqué que Perec était le premier grand écrivain de la nouvelle génération, zappant le nouveau roman, à mes yeux un repaire d’auteurs abscons.
Sur Pedigree, il a fait ce commentaire: “A part, mon frère, je voulais me débarrasser des corps étrangers". Puis, il s’excuse d’utiliser de tels mots pour désigner ses parents. Quand il parle, il lui arrive aussi de rayer des mots, les fameux remords. Est-ce le bon mot ? Faut-il adoucir ou forcer le trait ?
Tient-il un journal ? “Non", dit-il. il se dispense des petits arrangements avec la mémoire ? Le roman c’est mieux.
Que pense-t-il des écrivains qui ont témoigné sur les camps de concentration ? “Ont-ils tout dit ?”
Ecouter Modiano c’est entendre parler littérature sans aucune grandiloquence. Il en parle comme un chercheur d’or. Nul pédantisme.
J’espère voir à présent Peter Handke lui succéder. Le plus tôt sera le mieux.
Et ensuite Paul Auster. Des gens dignes. Des artistes, des artisans. Pas des vedettes.
Peter Handke ? Paul Auster ? Deux écrivains qui aiment la littérature française.
La finesse du français permet d’aller très loin dans le cerveau.

[Post dédié à Mireille, Emmanuel Berl et Robert Gallimard]

10.10.14

Permalien 17:18:48, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

La sublime humilité de Patrick Modiano

Quand les prix désignent un artiste de ce calibre, on aime les récompenses qui d’habitude ne sont que le résultat d’une guerre d’influences. Modiano c’est la catharsis du PAF. Tant de faux talents mis sous le projecteur, tant d’arrivistes qui s’autocélébrent, tant de pratiquants de la reptation, tant de cliques, de clans, de réseaux, pour un rare homme sans aucune compromission. Le jour où Modiano fera les talk-show débiles, la littérature sera morte en France.

Restons sur la vibration du prix Nobel de Littérature attribué à Patrick Modiano.
Ses lecteurs sont tous heureux pour lui.
Dupe de rien, il sait qu’il va lui falloir retourner à la page blanche.
Il a dédié le prix à son petit-fils, franco-suédois.
S’excusant presque d’être lauréat, il pense à son petit-fils. Le prix vient “de son pays, a-t-il dit. Magnifique !
Dans notre monde du règne de l’ego boursoufflé, il est bon de voir l’humilité de Modiano.
Lui nous donne du doute, de la timidité, l’absence totale d’arrogance, de la gentillesse.
Pas un seul instant, il nous donne une leçon sur je ne sais quoi.
Dans le PAF où tant de gens nous disent:
-"Il faut", “Y’à qu’à", “je veux", “Moi, je"…
C’est très important de voir quelqu’un avancer “sous la pluie sans essuie-glace", capable de conduire sans accident !
Et cet homme s’appelle Patrick Modiano.

SAMEDI 11 OCTOBRE 2014, FRANCE CULTURE. Jusqu’à minuit, SPECIAL MODIANO.
A écouter, en direct sur le lien ci-dessus:
http://www.franceculture.fr/player

09.10.14

Permalien 14:22:14, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT  

Le Prix Nobel s'attribue Patrick Modiano, notre James Dean des Lettres

Patrick Modiano devant une forêt de micros et un essaim de journalistes a très bien dit que toute cette agitation tranchait avec sa solitude habituelle. Il s’est comparé à “un somnambule que l’on vient de réveiller". En peu de mots tout est dit. Le 9 octobre 2014 est et restera un grand jour pour les amoureux des livres, de la littérature et des écrivains. J’ai un lien indestructible avec Patrick Modiano: Emmanuel Berl. Maintenant que l’un de mes deux écrivains contemporains préférés est récompensé, j’attends le tour de Peter Handke. Quand un écrivain que l’on aime est fêté, on est plus touché que s’il s’agissait de nous, tout simplement parce que les lecteurs des vrais livres en sont aussi les auteurs. Modiano c’est quelqu’un qui donne et qui partage. Sinon pourquoi tant de grands livres ? Modiano fêté c’est comme si Camus revenait. Nous sommes dans la même vibration de fraternité. Que les faux écrivains en prennent de la graine ! Le Nobel à Modiano c’est comme le Ballon d’or à Pelé.

Le Prix Nobel se refait une santé en attribuant le Prix Nobel de Littérature 2014 à Patrick Modiano.
Dans la longue liste des récompensés, il y a beaucoup de noms qui écrivaient avec une truelle.
Cette fois, la distinction va à quelqu’un qui consacre sa vie à la littérature. Un homme qui ne pratique pas la reptation.
Il faut savoir que lors de la sortie de l’un de ses livres, il n’a donné qu’une interview à … l’une de ses filles !
Anti people, anti émissions débiles, il a un comportement public fantastique. Une rare honnêteté intellectuelle.
Modiano est un écrivain égaré dans un monde d’auteurs.
Quand vous voyez la couverture médiatique qui entoure certaines publications vous en avez la nausée.
Les campagnes de com. étouffent les vrais écrivains.
Voilà pourquoi il est important de couronner un écrivain pour que l’on entende sa voix, ou plutôt sa parole écrite.
L’écrivain Modiano est grand, à tous les sens du terme. Grand aussi par son absence totale de prétention.
Et quand il parle, il est très intéressant comme tous les silencieux.
Passons à l’œuvre.
C’est lui qui a fait comprendre l’importance de la connexion Vichy-nazis aux enfants de l’après-guerre.
Grâce à Modiano, j’ai compris que ma préhistoire c’était les années 1939-1945.
Il nous a ouvert les yeux. Au même moment, Robert Paxton, a fait la même chose, par le biais de l’Histoire.
La force de Modiano, c’est d’avoir révélé le réel par la fiction. Paxton? Un Américain. Il a fallu attendre qu’un étranger dévoile la vraie nature du régime vichyste, plus proche des nazis qu’on nous le racontait avant Modiano.
La nappe phréatique de Modiano provient des zones d’ombres paternelles.
Le style Modiano ? Un écrivain de l’oreille. Des mots qui sont aussi des sons.
Les thèmes: l’identité, la mort, l’errance et Paris.
Les clés: le flou, le mystère, le non-dit, le silence.
Il y a l’Occupation, et le désœuvrement, si je puis dire. Modiano écrit aussi sur la fin des années 1960, l’époque où les jeunes ne pouvaient rien faire car la majorité était à 21 ans. L’époque sans ancrage.
Beaucoup de travail dans sa prose mais on ne sent pas la besogne. Du cousu main. Haute littérature.
Patrick Modiano respecte infiniment ses lecteurs.
En faisant un lauréat de Modiano c’est le Nobel qui s’honore.

PS: 90 % de l’œuvre de Modiano est chez Gallimard. Je note que ses lecteurs sont très heureux de le voir récompenser. Il est très rare de voir une telle communion avec un écrivain. C’est le signe de sa grande classe.

[Post dédié à Emmanuel Berl et à Robert Gallimard]

La beauté du geste, de Philippe Delerm (Seuil)

Il appartient à la galaxie des écrivains qui considèrent le sport comme un des Beaux-Arts.
Depuis Platon à Louis Nucéra en passant par Jean Prévost et Albert Camus, le sport plait à beaucoup d’écrivains, pour son appel à la volonté, parmi tant d’autres paramètres.
On s’aperçoit que les écrivains qui aime le sport ont tous du style: de Giraudoux à Camus.
Certaines vedettes de l’édition n’ont que mépris pour le sport car elles haïssent tout ce qui est populaire.
Les médias les confortent en leur tendant le micro pour que la racaille moderne du PAF puisse dire des âneries sur l’Irak, la Lybie, Poutine… Plus les Guignols de l’info racontent n’importe quoi plus ils occupent l’écran.
Philippe Delerm se démarque de la masse des auteurs pour ne jamais s’éloigner de la parole de ses livres.
Cette fois, il nous présente un herbier de grands moments sportifs qui ont jalonné son parcours d’amateur de sport.
On est content de retrouver l’amitié entre Zatopek et Mimoun, et celle aussi très belle- même si elle fut temporaire- entre Owens et Long aux J.O. nazis de 1936.
Philippe Delerm a choisi des moments qu’on ne voit pas souvent.
Par exemple la détresse de Michel Jazy après son échec sur le 5000 m des J.O. 1964 qu’il rêvait de remporter. Si l’on peut voir la tristesse de Jazy c’est grâce à Raymond Depardon qui l’a suivi en coulisses après l’arrivé de la course.
Encore plus inattendu, le regard de Piquemal, toujours à Tokyo en 1964. Sur le 4 x 100, le sprinter affiche rage et détermination en plein effort. Encore une image de Depardon !
Il y a aussi la terre battue de Roland Garros: Nadal évite le pire grâce à son avant-droit quand il tombe sur le sol rouge.
Il y a Iniesta et pas C. Ronaldo. Encore moins Beckham, le marchand de slips.
En revanche, il y a Ali, Coppi, Pelé, Platini et Peggy Fleming (sans la voix de Léon Zitrone).
Partout l’élégance de la beauté du geste, l’élégance de Delerm qui capte toujours la magie du sport.
Présent parfois sur l’événement: il voit sur place Liu Xiang, grand favori du 110 m haies des J.O. de Pékin 2008, craquer en direct. L’athlète a le tendon d’Achille en compote, trop de pression vu que toute la Chine attend son triomphe. Tout à coup, La Chine ne s’éveille plus, il s’endort avec la défaillance de son champion.
Delerm est aussi un grand mémorialiste. Il a le troisième œil.

-La beauté du geste, de Philippe Delerm. Seuil, 152 p., 32 €

08.10.14

Permalien 14:56:51, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Hommage à Duchamp, Interview de l'artiste par Pierre Cabanne, et interview sur l'artiste par John Cage

Entretiens de Marcel Duchamp avec Jean-Marie Drot. Quand il parle des femmes, cela fait peur, très peur même. Et surtout décevant humainement. Dans sa voix, il a des intonations à la Paul Morand. Pédant souvent. Cette vidéo n’est pas à son avantage. Drot n’a pas triché: il a laissé tout entendre. Duchamp est l’un des artistes les plus passionnants de son temps. Il nous a appris à regarder. Si Picasso a très bien peint, Duchamp lui a très bien parlé en nous donnant le mode d’emploi pour ne pas vivre comme un imbécile de consommateur aveuglé par les apparences.

L’entretien avec John Cage - en version écrite et non pas en vidéo comme ci-dessus- remonte aux débuts des années 1970 mais leur première rencontre eut lieu trente ans plus tôt. Au cours de l’interview, John Cage parle exclusivement de ses rencontres avec Marcel Duchamp. La conversation tourne autour de l’art, de sa négation sublimé, des échecs- je parle du jeu- et de la merveilleuse insolence de Duchamp, un des grands rebelles du XXe siècle. Et de son rapport à l’argent aussi.

Extrait :
-« Il était aussi extrêmement précautionneux. Il ne faisait pas ce que nous avons fait depuis, c’est-à-dire étendre la notion de readymade à tout. Il était très précis et très discipliné. Et pour lui, cela devait être une chose très difficile de faire un ready-made, d’en prendre la décision. Mais plus tard, vers la fin de sa vie, pendant qu’il était en train de faire.»
“Il” c’est Duchamp.
Depuis sa mort, il a été cent fois imité mais en moins bien. Avant personne n’avait eu l’idée d’exposer un objet, en disant si c’est moi, l’artiste qui le met en évidence cela devient de l’art. Arme à double tranche : en même temps qu’il désigne une nouvelle œuvre il se moque du marché de l’art. Grandiose ! Ceux qui l’ont suivi dans ce domaine ne sont que de pâles copieurs là où il était inventif, subversif, novateur, violent et plein d’humour. Surtout, hyper intelligent. Il savait aussi très bien peindre mais vu le moment de l’Histoire qu’il occupe avec le début de l’industrialisation à grande échelle, il était important qu’il souligne le temps forts de la commercialisation à outrance d’un même produit. Son urinoir signé à fait date et fascine d’autant plus qu’ils ont changé de forme aujourd’hui.
Dans le domaine de l’argent, le livre est très intéressant. On apprend que Duchamp n’a jamais eu un job bien défini pour gagner sa vie, qu’il n’a jamais travaillé comme monsieur-tout-le-monde. Dans son entourage, on faisait en sorte qu’il ne manquât de rien. John Cage nous signale qu’à un moment de sa vie Duchamp a dû avoir faim, ressentir la faim.
Dans un autre livre d’entretiens, avec Pierre Cabanne cette fois, nous retrouvons Duchamp dans les années 1960. Cet ouvrage remonte le fleuve de sa vie avec des explications sur l’enfance de l’artiste, de ses influences, de sa manière de peindre et il donne son avis sur l’art contemporain, y compris la littérature.
La nouvelle édition par Allia est une merveille. La technique d’aujourd’hui avec la patine d’antan.
De la couverture- avec le jeune Duchamp- au papier, en passant par les photos, tout est impeccable.
Au niveau des réponses aussi, bien sûr ! Et donc des questions.

Marcel Duchamp a inspiré d’innombrables artistes dont Andy Warhol qui est son meilleur héritier.
Son influence persiste aujourd’hui, presque paralysante car il a tout fait avant tout le monde.
Hans Richter- le premier mari de mon amie Ré Soupault- parle du “détachement” de Duchamp face aux choses terre à terre.
On ne peut pas dire. On évoque aussi son rapport à la mort. Il a passé sa vie à la préparer.
Une évidence, il a exploré son cerveau du matin au soir.
C’est l’incarnation de l’intelligence face à l’environnement.
On parle toujours du surréalisme sans vraiment savoir de quoi l’on parle. Le surréalisme ce n’est pas de voir de la pluie tomber au mois de juillet. Le surréalisme c’est décoder le réel. Ne jamais être dupe des images. J’ai appris cela avec Soupault. “Créer sans le contrôle de la raison” - définition de Breton- c’est le moteur de la démarche.

-Rire et se taire sur Marcel Duchamp, de John Cage. Entretien avec Moira Roth & William Roth. Introduction de Moira Roth & Naomi Sawelson. Traduction Jérôme Orsini. Allia, 95 p., 6,20 €
-Entretiens avec Pierre Cabanne, de Marcel Duchamp. Allia, 172 p., 15 €

07.10.14

Deux grands livres aux Belles Lettres. La bibliothèque perdue, de Walter Mehring, et Le Roman de la bibliothèque, de Daniel Ménager.

Fahrenheit 451, film de François Truffaut

Pour un lecteur, pour un bibliophile, pour un écrivain, le livre de Walter Mehring (1896-1981) est un cadeau. Dans La bibliothèque perdue, il raconte l’histoire de la bibliothèque que son père lui avait léguée. Le titre aurait dû être “La bibliothèque brûlée” car tous les livres ont été saccagés par les nazis et cela bien que le fils attentif déménagea les livres d’Allemagne à Vienne. C’était sans compter sur l’annexion de l’Autriche par Hitler. La bibliothèque regorgeait de littérature française. Le fils et le père aimaient beaucoup l’Allemagne mais bien sûr pas celle d’Hitler. Le livre de Mehring est une déclaration d’amour à la littérature à l’heure où d’autres déclarés la guerre. Il est pénible de savoir que la littérature a dû baisser la garde devant la sauvagerie nazie. Si la terre n’avait comme habitant que des gens comme les Mehring père & fils, il n’y aurait jamais le moindre de guerre, seulement des débats, des échanges, des confrontations d’idées, des acquiescements ou des revirements de jugements. Quand les nazis furent battus, Walter Mehring a écrit de mémoire sur les livres partis en fumée. Tous les lecteurs épris d’esprit doivent lire Mehring, un frère de livres.

En complément au livre de Walter Mehring, Les Belles Lettres publient l’excellent essai de Daniel Ménager qui élargit la vision de Mehring aux bibliothèques qui sont présentes dans l’œuvre d’une belle compagnie d’écrivains : de Wilde et Poe à Murakami et Balzac en passant pas Nabokov et Nerval sans oublier Thomas Bernhard et Montaigne. Je me rappelle qu’un personnage de Gombrowicz fait les lire les livres à quelqu’un car il ne veut pas lire un livre neuf. Autre fait important : Romain Gary avait demandé à De Gaulle de prononcer ses allocutions télévisées devant une bibliothèque en trompe-l’œil, pour rendre plus vrai ce qu’il disait. Géniale idée ! L’ouvrage de Daniel Ménager est un hymne à l’intelligence. Le travail de l’essayiste ne peut pas se résumer en quelques lignes tant ses chapitres ont une si grande densité de références, d’annotations et d’analyse, plus pertinentes les unes que les autres. Il faudrait tout souligner, tout retenir.
Félicitations aux Belles Lettres d’avoir édité ces deux livres. D’une manière générale, cette maison d’éditions ne publie que des bons livres que l’on peut acheter les yeux fermés ! Il n’y a jamais tromperie sur la marchandise. Ici on est loin du torchon d’une journaliste professionnelle qui a eu le culot d’occuper une résidence de la République française dans le feuilleton dégradant du vaudeville élyséen avec François… Pays-Bas. Les Belles Lettres ont été attentives au livre de Mehring, pour ne citer que lui, sans doute aussi parce qu’en 2002, un incendie a détruit ses entrepôts de stockage, et réduit en cendres plus de trois millions de livres. Aujourd’hui, Les Belles Lettres ont retrouvées toute leur flamme, si j’ose dire.

-La bibliothèque perdue, autobiographie d’une culture, de Walter Mehring. Traduit de l’allemand par Gilberte Marchegay. Préface de Robert Minder. Les Belles Lettres, 270 p., 15 €

-Le Roman de la bibliothèque, de Daniel Ménager. 332 p., 25, 50 €

06.10.14

Permalien 15:58:10, Catégories: ARSENAL N'EST PAS EN FRANCE, ANTI-FOOTBALL  

7 victoires, 5 nuls, 0 défaite. C'est le bilan du combat de boxe Mourinho-Wenger

Wenger bouscule Mourinho mais c’est le Portugais qui mène par 7 victoires à 0. Il n’y a pas que les joueurs qui se donnent des coups. La dispute physique entre Wenger-Mourinho ce n’est pas vraiment très éducatif pour les jeunes. Imagine-t-on Hollande et Sarkozy en venir aux mains pendant un débat télévisé ?

José Mourinho n’a jamais connu la défaite, quelle que soit la compétition, face à Arsène Wenger.
Avec un bilan de 7 victoires, 5 nuls et 0 défaite pour le Portugais face au coach Alsacien, il y a de quoi être énervé.
Je ne suis pas un média qui joue du violon. Pas dupe des images médiatiques qui sont là pour se construire une réputation. Le tout gentil et le tout méchant cela n’existe pas.
Mourinho c’est l’homme qui a mis son doigt dans l’œil de feu Tito Vilanova.
Wenger c’est celui qui a dit au micro de TF1 lors de la joute verbale Rooney-C.Ronaldo - au cours d’un Angleterre-Portugal- lorsque CR7 demanda le rouge pour Rooney alors son partenaire à MU: “Ronaldo ? Il est de la génération de la main de Maradona". (sic) Sous-entendu: le Portugais est mal élevé car il est né quand Maradona a fait sa main contre l’Angleterre. Je vous laisse juge.
Restons sur le nouveau match gagné par Chelse 2-0 face à Arsenal. On a vu un duo fantastique: Hazard et Fabregas (ex Gunner légendaire) côté Chelsea alors que Welbeck (ex MU) a failli casser la jambe de Fabregas dans un match où Ozil a été nullissime. Quant à Koscielny qui a encore provoqué un penalty c’est un joueur totalement surcoté. En face, il y avait Terry. Inutile d’insister: on ne compare que ce qui est comparable. Comme quoi même en dépensant de l’argent, Arsenal a du mal à jouer le premier rôle. Le football est un Art très difficile: la preuve MU n’y arrive plus sans Sir Ferguson.
Actuellement, les trois meilleurs entraîneurs du monde sont:
Ancelotti, Guardiola, Mourinho…
Wenger accomplit un très beau parcours mais il n’est pas sur le podium. Il lui faut au moins gagner une C1.

J. Mourinho, né le 26 janvier 1963/ Portuguais

Palmarès: 20 titres
Champion League: 2

Porto
Primeira Liga 2003, 2004
Taça de Portugal 2003
Supertaça Cândido de Oliveira 2003
Champions League 2004
UEFA Cup 2003

Chelsea
Premier League 2005, 2006
FA Cup 2007
League Cup 2005, 2007
FA Community Shield 2005

Inter Milan
Serie A 2009, 2010
Coppa Italia 2010
Supercoppa Italiana 2008
Champions League 2010

Real Madrid
La Liga 2012
Copa del Rey 2011
Supercopa de España 2012

A. Wenger, né le 22 octobre 1949/ Français

Palmarès: 17 titres
Champion League O

Monaco
Ligue 1 1988
Coupe de France 1991

Nagoya Grampus

Emperor’s Cup 1995
J-League Super Cup 1996

Arsenal
FA Premier League 1998, 2002, 2004
FA Cup 1998, 2002, 2003, 2005, 2014
FA Community Shield 1998, 1999, 2002, 2004, 2014

Permalien 07:52:14, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

L'ultime balade de "Jim" , par Harold Cobert (Plon)

De manière définitive, il faut parler d’un poète quand on évoque Jim Morrison.
Il a payé de sa vie son amour pour la poésie, tel le papillon attiré par la flamme il s’est brûlé les ailes juste avant de mourir. Il n’y a pas d’image plus juste pour décrire Morrison qui a su ce que ça faisait de crever de la sorte mais il n’a pas pu nous le raconter.
Alors pour combler le vide, Harold Cobert s’est glissé dans la peau du mythique chanteur des Doors pour nous faire partager ses derniers mois à Paris en 1971.
Il s’est inspiré des propres mots du poète qu’il a retrouvés dans ses lectures et notamment dans les livres de Jean-Yves Reuzeau.
Parler à la place de Morrison, Harold Cobert le fait très bien.
Au début du livre, Jim n’en peut plus qu’on le traite tout le temps en icône alors que bouffi par les excès en tous genres il ne ressemble plus au beau gosse d’antan.
Loin de la rock star filiforme et gainée de cuir noir, Jim, est un gros barbu aux cheveux longs et grisonnants, qui déambule comme une ombre dans les rues de Paris qu’il adore. Dégoûté par l’industrie du disque, le chanteur est désormais un poète dépressif. Il ne veut plus appartenir au show biz afin de vivre la vie d’un poète, sorte de résurgence de Verlaine, Rimbaud et Baudelaire.
Célèbre dans le monde entier, il n’est plus qu’un écrivain maudit.
Il ressasse son passé jusqu’à son ultime souffle rue de Beautreillis.
Un fait certain: Morrison était un véritable écrivain, authentique poète, amoureux du langage qu’il savait manier dans son style bien à lui. Cela sonne juste.
Il n’a rien à voir avec les chanteurs qui le copient au point d’en n’être qu’une immonde caricature.
Il n’y a qu’un Jim Morrison, et il faut classer ses textes dans les anthologies de la poésie du XXe siècle, et ne pas se contenter de CD.
La couverture du livre nous le montre dans la peau de celui qu’il ne voulait plus être.
Une photo de Morrison à la fin de sa vie aurait mieux convenu, ne serait-ce que pour être raccord avec ce qu’il voulait être.

Jim, par Harold Cobert. Plon, 217 p., 16,90e

05.10.14

Un éblouissant David DE Gea offre la victoire à Man United contre Everton

Dimanche 5 octobre 2014

*Manchester United 2-1 Everton
Buts pour MU: Á. Di María (27e), Falcao (62e)
Buts pour les visiteurs: S. Naismith (55e)

Manchester United: De Gea/ Rafael, McNair, Rojo, Shaw (Blackett 71e)/ Blind/ Valencia (Fellaini, 79e), Di Maria/ Mata/ van Persie, Falcao (Wilson 73e)
Sur le banc: Lindegaard, Thorpe, Fletcher, Januzaj
Manager: van Gaal
Sans son jeune gardien espagnol, MU aurait perdu 2-3 sur son terrain. Le goal en état de grâce a stoppé un penalty avant de sauver son équipe en fin de match. Il mérite la note 10 mais l’Homme du match élu a été Di Maria. C’est vraiment injuste. Di Maria, a donné du caviar mais les deux arrêts de de Gea équivalent à deux buts.
MU a joué une nouvelle fois la peur au ventre avec une très faible défense hormis Rafael. Le retour de Valencia a fait du bien mais sa sortie reste une énigme. Après son retour sur le banc, tout le milieu rouge a été désorganisé. Dès que Fellaini est entré, MU a joué à 10 et Everton à 12 ! Quand on voit jouer le nouveau MU on n’est pas tranquille jusqu’à la fin. On a vu très bon Di Maria, un bon Mata et un génial de Gea.

*Chelsea 2-0 Arsenal
Buts pour les Blues: Hazard (27e pen.), Diego Costa (78e)

Les deux équipes au coup d’envoi:
Chelsea: Courtois - Ivanovic, Cahill, Terry ©, Azpilicueta - Matic, Fabregas - Schürrle, Oscar, Hazard - Diego Costa.
Arsenal: Szczesny - Chambers, Mertesacker, Koscielny, Gibbs - Wilshere, Flamini - Cazorla, Ozil, Alexis - Welbeck.

Hazard a été énorme. Ozil lamentable. Fabregas, l’ex Gunner, éblouissant. Welbeck, sur ce match a donné raison à van Gaal: il a été inexistant et aurait dû être expulsé pour un fauchage à la serpe !
Wenger a encore perdu face à Mourinho, vous savez celui qui l’a traité de “spécialiste de l’échec". Ils en sont presque venus aux mains. L’arbitre a été gentil de ne pas donner un rouge à Wenger qui a poussé Mourinho. A la fin, ils sont partis sans se serrer la main. Triste spectacle. Au plan du jeu, Arsenal a passé son temps à tricoter. Et Koscielny a encore provoqué un penalty: triste à voir. Chelsea a joué trois classes au-dessus.

Classement PREMIER LEAGUE :
1 Chelsea 19 pts
2 Manchester City 14 pts
3 Southampton 13 pts
4 Manchester United 11 pts

*Juventus Turin 3-2 AS Roma
Buts pour la Juve: C. Tévez (27e pen., 45e+3 pen.), L. Bonucci (86e)
Buts pour la Roma: F. Totti (32e pen.), J. Iturbe (44e)

Les deux équipes au coup d’envoi:
Juventus Turin : Buffon - Ogbonna, Bonucci, Chiellini - Lichtsteiner, Marchisio, Pirlo, Pogba, Asamoah - Tevez, Llorente.
AS Roma : Skorupski - Maicon, Manolas, Yanga-Mbiwa, Holebas - Pjanic, Keita, Nainggolan - Gervinho, Totti, Iturbe..

5 buts, 3 penaltys, 2 cartons rouges et 7 cartons jaunes.
Très beau match de Serie A.
De l’engagement. Des gestes de classe. De très grands joueurs. Magnifique. Du grand spectacle.

*PSG 1-1 Monaco
But pour le PSG:Lucas Moura (71e)
But pour Monaco: A. Martial (90′+2e)
Sans Ibrahimovic, Paris n’a aucune garantie. Sans Berbatov,l’ASM ramène un point de la capitale.

PS: mené 0-1, Nice arraché le nul dans les arrêts de jeu contre Montpellier (1-1. Dommage, Nice aurait pu se hisser à la troisième place, mais les Aiglons ont la satisfaction d’avoir enchaîné trois matchs sans défaite pour un total de 7 points sur 9.

04.10.14

Le Jour se lève de Prévert-Carné-Trauner en version restaurée avec les séquences censurées par la clique à Pétain

La scène culte du film, celle du désespoir jouée par Jean Gabin. Ici en version non restaurée. Prévert, Carné, Gabin, Arletty, Berry, Blier… Un ruban de rêves, pour reprendre le mot d’Orson Welles.

Le Jour se lève (1939), réalisé par Marcel Carné, sorti en 1939, est à nouveau dans quelques salles.
Je ne comprends pas pourquoi on ne voit pas d’anciens films dans les cinémas d’aujourd’hui. On trouve bien Montaigne en librairie.
75 ans ans, il a fallu attendre 75 ans pour voir une version intégrale avec les scènes censurées par le régime de Vichy.
La version restaurée est visible en salles, en DVD et Blu-ray grâce à Canal +, en collaboration avec Eclair.
L’analyse des copies d’époque ont révélé que deux scènes avaient été coupées : une avec Arletty nue sous la douche, une autre suggérant que les policiers sont des fascistes. Les noms de Curt Courant et Alexandre Trauner avaient été retirés du générique au nom de la chasse aux Juifs.
Lors de la sortie, le film avait été vite interdit de projection car jugé “trop démoralisant".
Un appel aux cinémathèques du monde entier via la FIAF (Fédération Internationale des Archives du Film) a été lancé pour retrouver ces scènes.
Celles de Milan et de Bruxelles ont répondu positivement à cette demande.
Le film dans sa version intégrale sort également aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.
Tout le savoir faire de Prévert-Carné-Trauner est dans ce grand classique du 7e Art.

Le Jour se lève (1939)
Réalisation : Marcel Carné
Scénario : Jacques Viot
Adaptation et dialogues : Jacques Prévert
Musique : Maurice Jaubert
Photographie : Curt Courant, André Bac, Philippe Agostini et Albert Viguier
Montage : René Le Hénaff
Décors : Alexandre Trauner
Électricien : Marcel Policard
Costumes : Boris Bilinsky
Maquillage : Paule Déan

Tournage : de février à mai 1939, aux studios “Paris Studio Cinéma” de Boulogne-Billancourt.
Son : Armand Petitjean
Photographie de plateau: Raymond Voinquel

Distribution, principaux rôles:
Jean Gabin : François, ouvrier sableur
Jules Berry : Valentin, dresseur de chiens
Jacqueline Laurent : Françoise, la fleuriste
Arletty : Clara, la partenaire de Valentin
Bernard Blier : Gaston, un collègue de François
Marcel Pérès : Paulo, un collègue de François

03.10.14

Permalien 05:28:10, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La réédition de deux albums majeurs de Maître Jimi HENDRIX

Quand il est mort, Jimi H. a emporté nos vingt ans avec lui.

«La disparition de Jimi m’a bouleversé.
Il était si jeune et avait un tel avenir.»
(Miles Davis)

Les auditeurs passionnés de Jimi Hendrix peuvent réentendre deux albums du plus étonnant guitariste de l’Histoire (avec Django Reinhardt): The Cry of Love et Rainbow Bridge, premier et deuxième album posthume du natif de Seattle.
Plus de 40 ans après sa disparition, le son vrille toujours l’espace, le cœur et l’âme. Faut compter dans les 20 euros chaque album. Les grincheux diront que d’aucuns font aucun du profil sur le cadavre de l’icône. On ne peut plus hélas! aller voir et surtout entendre le maître en concert. On se contente de nouveaux… anciens albums (!), douce illusion qu’il est encore sur terre.
Des versions vinyles vont aussi être disponibles. Le remastering - mot atroce- de ces albums a été confié à Bernie Grundman (Purple Rain, Thriller) à partir des bandes masters originales. On peut ainsi en prendre plein les oreilles avec Hey Baby (New Rising Sun), Dolly Dagger, Belly Button Window et la version live d’Hear My Train A Comin, captée -beau mot!- au cours du légendaire concert de Berkeley, le 30 mai 1970. See you later, Jimi !

RAINBOW BRIDGE

1. Dolly Dagger
2. Earth Blues
3. Pali Gap
4. Room Full of Mirrors
5. Star Spangled Banner (version studio)
6. Look Over Yonder
7. Hear My Train A Comin’ (live)
8. Hey Baby (New Rising Sun)


THE CRY OF LOVE

1. Freedom
2. Drifting
3. Ezy Ryder
4. Night Bird Flying
5. My Friend
6. Straight Ahead
7. Astro Man
8. Angel
9. In From the Storm
10. Belly Button Window

Permalien 05:00:54, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le nouveau concerto littéraire de Patrick Modiano: Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (Gallimard)

Loin du fracas imbécile du PAF, Patrick Modiano tisse son œuvre depuis le début des années 1960. Il reste debout dans un monde où règne la reptation. Un authentique écrivain dans un monde de fausses vedettes. D’aucuns lui reprochent de faire du Modiano mais reproche-t-on à quelqu’un d’être soi-même ? Disait-on à Beckett qu’il faisait du Beckett ?

Ce nouveau livre n’a pas de dédicataire. Jadis, les livres de Patrick Modiano étaient dédiés à son frère disparu, à sa femme, à ses filles, à Robert Gallimard, à Peter Handke… Là, rien. Et ce rien est impressionnant. Disons qu’il traverse les rues sans plus demander la main à personne. Je dis toujours la même chose à son sujet mais son comportement mérite d’être salué. On ne le voit jamais faire le gugusse à la télé dans des émissions débiles. Dommage en fait car il a des formules qui touchent dans le mille comme lorsqu’il a dit que lire Philippe Sollers cela lui rappelait les années Sacha Distel… Modiano loin des caméras, seul Michel Houellebecq parvient à rester lui-même au règne des talk-shows. Tous les autres vendeurs de salades sans aucune exception sont prétentieux, insupportables. Modiano ne prend pas part à la vie publique faussement intellectuelle de son temps. Il n’existe que par le prisme de ses livres. Il perd beaucoup de lecteurs, avec un tel comportement, mais comme me le disait Emmanuel Berl : « Le grand public c’est quoi ? Des gens qui regardent les gros titres de France Soir sur les grands boulevards… » Il disait cela sans aucun mépris. Cependant, Modiano a sans doute les lecteurs les plus intelligents de France.
Chez Modiano, on ne sait jamais trop à quelque époque nous sommes. Tout se touche et se confond. Ce n’est qu’à la fin du livre qu’on tombe sur 2012. Dans son oeuvre quand on souligne, les personnages ne prennent pas de Stabilo. Un simple Bic suffit. On retrouve toute sa science des noms propres, des plaques de rues, et en un mot de Paris. Depuis Léon-Paul Fargue, on n’a pas fait mieux. Les autres piétons de Paris sont trop présents dans la description. Lui écrit juste le nom de la rue, et nous y sommes. Du grand art ! La magie littéraire dans toute sa splendeur. Heureusement que Patrick Modiano n’est pas devenu cinéaste. Il se serait épuisé à la tâche comme François Truffaut. La littérature est un plaisir solitaire qui se termine en partouze, c’est cent fois mieux !
Le nouveau récit de Patrick Modiano relève de la période Villa Triste- pour l’ambiance éthérée. Il y a du polar dans l’air. Quelqu’un téléphone à un écrivain parce qu’il a retrouvé un répertoire lui appartenant. On pense à Sophie Calle qui n’a pas bien sûr le monopole de ce genre d’enquête. Elle existait avant elle, et existera encore après elle. Celui qui a retrouvé le carnet l’a lu bien sûr et y a trouvé le nom de Torstel qui aurait été mêlé à un fait divers… Il n’en faut pas plus pour camper une ambiance simenonesque.
Modiano donne un titre de l’œuvre de l’écrivain (Jean Daragane) : Le noir de l’été. Il pourrait très bien appartenir à la bibliographie des livres de Modiano, entre Quartier perdu et Du plus loin de l’oubli. Le nom du raseur qui s’installe dans la vie du propriétaire du calepin ? Gilles Ottolini. Cela sonne si juste qu’on a envie de se précipiter dans un annuaire. A ce propos, la poste ne distribue plus d’annuaire. Les «pages blanches ou pages jaunes» du net font moins rêver.
On se perd délicieusement dans les pages de Patrick Modiano comme lorsque l’on monte dans un bus sans savoir où il va. Le style Modiano ce n’est pas une musique, comme le disent depuis tant d’années ceux qui font semblant de le lire. Le Modiano actuel n’est plus celui qui nous a appris à regarder Vichy avec les yeux de Robert Paxton. Modiano a été mille fois copié, imité mais jamais égalé. Lui, quand il écrit : «Pierre Laval », l’on voit aussitôt Pierre Laval avec son triste mégot. Les autres doivent écrire 10 pages et Laval n’est toujours pas là ! Modiano ce n’est pas une musique. C’est un son. On lit Modiano pour entendre un «son» particulier comme on met un CD pour entendre la trompette de Miles Davis. Le jazzman haïssait les aboutissements. Modiano aussi. Tous ses livres ne sont que des chapitres aux quatre vents. On lit Modiano comme on parle avec un ami. Le voir vieillir appartient au domaine de l’inconcevable.

-Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick Modiano. Gallimard, 160 p. , 16,90

02.10.14

Laissez-vous embarquer dans la biographie de "Bernard Blier, Un homme façon puzzle", de Jean-Philippe Guérand. (Robert Laffont/ Documento)

Blier, Gabin, Ventura, Audiard… Ils ont jalonné ma jeunesse dorée dans une immense rêverie cinématographique. Je n’échange pas un acteur français actuels contre l’un de ses quatre hommes. Aujourd’hui, on ne voit que des hommes en toc sur les écrans. De la branchouille. Rien sous le capot. Juste bon à jouer les notaires ou les vétérinaires.

Plus aucun bébé ne s’appelle Bernard, avez-vous remarqué ?
Moi, quand j’étais petit, j’étais content de me prénommer comme Bernard Palissy et Bernard Blier.
Bernard c’est sans doute un trop beau prénom pour les parents actuels imbibés de médias stupides.
Si mes parents m’avaient appelés Kévin, j’aurais changé de prénom ! Pour être précis, mon prénom a été choisi par mes deux grands frères que je remercie.
Donc, hommage à Bernard Blier.
Près de 600 pages pour célébrer la vie de Bernard Blier, c’est le juste poids pour un comédien fantastique qui est dans le cœur des Français qui ont toujours apprécié son immense talent, capable d’émouvoir ou de faire rire avec une densité de haut parage. Ancien élève de Louis Jouvet, Bernard Blier n’a pas perdu une miette de l’enseignement du patron.
Bernard Blier était un très grand lecteur, un bibliophile. J’ai assisté à la vente aux enchères de ses livres. C’était impressionnant de voir tous les livres qu’il avait lus et souvent relus. Il connaissait la valeur des mots. Ce n’est pas un hasard s’il les prononçait avec autant de maestria.
Bernard Blier ? 180 films, et plus de 30 pièces, sans parler de la télévision et de la radio.
Pour le définir, je me souviens de Jean Gabin disant : « Que des acteurs me disent qu’ils vont tourner avec Bernard Blier, je leur dit : « Attention ! dans les scènes avec lui, on ne verra que lui car il a une incroyable présence… » Cette mise en valeur de Gabin est l’un des plus beaux compliments qui soit. Et c’est la stricte vérité, Blier occupe l’écran avec une force qui nous parvient de manière poignante, aussi bien s’il interprète un homme trompé, un lâche ou un hilarant directeur d’agence de pubs.
Sa dimension comique a fait merveille dans Les Tontons flingueurs. Avec Gabin et Lino Ventura, il a été habillé sur-mesure par Michel Audiard. Les quatre amis ont fait les grandes heures du cinéma populaire, dix mille fois plus passionnant que le cinéma d’auteur, qui 9 fois sur 10 est barbant. Il ne suffit pas d’être rasoir pour avoir quelque chose à dire.
Inquiet, Bernard Blier croyait qu’on ne l’aimait plus si le téléphone ne sonnait plus. Il se demandait alors s’il faisait encore rêver les metteurs en scène. Le livre de Jean-Pierre Guerand est très bien mené, du début à la fin, comme un grand film. Le comédien est traité avec autant de respect que s’il avait été écrivain, musicien et savant ou encore grand militaire. Sa vie a été rondement menée. On revit ses périodes heureuses et ses périodes privées délicates comme chacun de nous. Outre ses films et ses pièces, Bernard Blier nous a aussi donné un fils, Bertrand Blier, écrivain et cinéaste de très gros calibre.
En ouverture du livre, il y a une lettre somptueuse de Michel Audiard qui dresse l’éloge de Bernard Blier, l’autre B.B. du 7e Art. Bernard Blier manque considérablement au cinéma. Il faut reconnaître que les acteurs de sa trempe ont laissé une œuvre comme n’importe quel autre créateur. On cite des pans entiers des dialogues de Michel Audiard qu’il a merveilleusement dits pour le plus grand plaisir des Français.
On suit Bernard Blier, de sa jeunesse jusqu’à son ultime souffle de vie. Le regard de Blier est inoubliable : qu’il soit triste, abattu, apeuré ou ironique, moqueur et complétement ahuri. Merci à son biographe. Merci Monsieur Bernard Blier.

-Bernard Blier, Un homme façon puzzle, de Jean-Philippe Guérand. Robert Laffont/ Documento, 584 p., 11,90 €

Welbeck realisé un triplé en C1 ce qui permet à Wenger de ridiculiser Van Gaal

2e journée de Champions League
1er octobre 2014
Arsenal 4-1 Galatasaray
Buts pour les Gunners: D. Welbeck (22e, 30e, 52e) A. Sánchez (41e)
Galatasaray: Burak Yilmaz (63e pen.)

Tous les fans de Manchester United sont furieux d’avoir vu van Gaal transferer Danny Welbeck à Arsenal.
On savait que Welbeck était en pleine construction et qu’il avait le désavantage de ne jamais jouer à son vrai poste, à savoir en pointe. C’est un attaquant hyper percutant et vif comme l’éclair.
Né à Manchester, formé à United depuis qu’il est enfant par Sir Ferguson et Ole Gunnar Solskjaer, il aurait dû rester à MU.
Il était couru d’avance qu’il allait très bien s’adapter à Arsenal.
C’est chose faite. Un triplé en C1 !
Van Gaal est arrivé à MU sans rien connaître du club. Il n’a rien compris à Welbeck, comparant ses statistiques à celles de Rooney et de van Persie, ce qui est du grand n’importe quoi. Danny Welbeck était peu souvent titulaire et on lui demandait d’honorer des taches défensives.
Cela fait plaisir de le voir réussir à Arsenal. Et d’un autre côté cela souligne le très mauvais choix de van Gaal.
Le manager néerlandais entraîne avec un carnet de chèques.
Il n’a rien prouvé à MU depuis son arrivée, à part casser tout le travail de sir Ferguson.
A la 60e minute, le gardien d’Arsenal a été expulsé Szczesny. David Ospina a démontré en 30 minutes qu’il était supérieur au Polonais.
Je dois me pincer quand je vois un Red Devil et un Aiglon à Arsenal.

30.09.14

Permalien 06:26:32, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Réveille-toi football, la Zlatanisation est déclarée, de Gérard Etcheverry. (Michel de Maule)

Bien sûr, le football qui est le mien c’est celui de Batteux, Snella, Busby, Shankly, Cruyff, Ferguson… Quatre sont morts et deux sont à la retraite. Comment vivre sans la présence de notre père ? C’est l’enjeu du livre de Gérard Etcheverry.

-« Mon père m’a emmené dès l’âge de 8 ans sur le stade de Colombes. Et après à Sedan où j’allais aussi dans les vestiaires. Dès lors, je n’ai eu qu’un rêve : devenir journaliste à L’Équipe ! »

Gérard Etcheverry, qui a atteint son but de devenir grand reporter à l’Équipe à partir de 1976, est nostalgique. C’est bien logique: de l’enfance, on ne s’en remet pas, a si joliment dit Pascal Jardin.
On ne reviendra plus en arrière, à cause de l’arrêt Bosman qui a changé la donne. Avant, il ne fallait pas utiliser plus de trois joueurs hors communauté. Aujourd’hui, les grands clubs alignent des équipes bondées d’internationaux, jusqu’au banc des remplaçants. Avec les droits télés astronomiques, le championnat anglais est le plus riche et donc le plus suivi.
La saine colère de Gérard Etcheverry fait plaisir à entendre, contre l’économie des puissants qui écrase tout.
Cependant, l’argent ne fait pas toujours le bonheur.
Ni le PSG, ni Manchester City, ni Arsenal n’ont gagné la C1.
Malgré les dérives, le football reste magique et imprévisible.
Qui aurait pu dire que le Brésil allait être ridiculisé sur sa terre en 2014 ?
On ne peut pas dire: “C’était mieux avant".
Avant, c’était le temps où le goal Chayriguès touchait des dessous de table.
Avant, c’était la caisse noire de Saint-Etienne.
Avant, les joueurs de Nice partaient en train le vendredi soir pour aller jouer à Lille avant de revenir à Nice, le lundi pour se doucher aux Bains-Douches.
Avant, c’était l’époque de l’esclavage des joueurs obligés de toujours rester dans le même club, à de rares exceptions près.
Avant, c’était les temps des stades délabrés.
Hier, il y avait Puskas, Di Stefano et Pelé. Aujourd’hui, il y a C.Ronaldo, Messi et Ibrahimovic.
On a beau critiquer le Qatar au PSG mais sans l’argent du Qatar, la Ligue 1 n’intéresserait plus personne.
L’argent ne fait pas tout: Manchester United a acheté pour 250 M€ de joueurs en deux saisons. Cela ne suffit pas à refaire gagner MU en panne de grâce. Le départ du jeune Welbeck, natif de Manchester, à Arsenal n’est pas la meilleure décision de Louis van Gaal dont le talent se résume à casser la tirelire de MU. R. Domenech ferait aussi bien que le Néerlandais.
Le football fait vendre la presse: on l’a bien vu quand il a eu des affaires, genre Ribéry ou le bus de la honte 2010.
Une fois qu’on a dit cela, on est obligé de constater que les frasques de certains joueurs ne pèsent absolument rien face à un ponte de la finance internationale pris au piège dans une affaire de mœurs, aux magouilles d’un ministre qui plaçait son argent en Suisse, à un autre politicard véreux qui se dit “phobique” de l’administration, et au déballage médiatique des affaires de petites culottes élyséennes. Les dérives du football représentent une goutte d’eau à côté de la décadence politique.
Même si l’argent règne en maître, le football conserve sa magie. La Coupe du Monde 2014 a été l’une des plus belles éditions et vu le comportement déplorable du Brésil, pays organisateur, on a vérifier que les matchs n’étaient pas truqués sinon la Seleçao aurait au moins atteint la finale du tournoi.
Concernant les grands joueurs, ils font plus rêver que les autres.
On y peut rien: il vaut mieux voir un film avec De Niro qu’un film avec Duchsmoll. Idem pour le football. La preuve, l’absence de Zlatan Ibrahimovic, contre le Barça, en C1 le 30 septembre, traumatise tous ses coéquipiers, sans parler des supporters de la Porte d’Auteuil et de Navarre.(1)
Le livre de Gérard Etcheverry sert à recadrer le football sur l’essentiel.
Il s’agit d’une activité qui est la métaphore de la vie. Et la vie, il faut la respecter.

-Réveille-toi football, la Zlatanisation est déclarée de Gérard Etcheverry. Michel de Maule, 176 p., 19 €

(1)Résultat: Paris 3-2 Barcelone. A lire:
http://www.mycoachfoot.com/blog-coach-pro/coach-laurent-blanc-attendu-au-tournant-de-psg-barcelone-version-30-septembre-2014-321

Permalien 05:08:00, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le village des fanatiques, de Patrice Higonnet (Vendémiaire)

Gérard Desarthe dans Les Camisards de René Allio

En quatre actes et un épilogue, Patrice Higonnet, spécialiste de la Révolution française et du siècle des Lumières, nous transporte au XVIIe siècle, au cœur des Cévennes, si chères à André Chamson, pour nous faire revenir une guerre de religion, hélas d’actualité !
Là nous en étions au 24 juillet 1702 quand des protestants tuent un prêtre, dans le petit village du Pont-de-Montvert. Le curé reçoit 54 coups de couteaux.
Une véritable boucherie qui répond à « une persécution ». Ce crime est le coup de départ d’une lutte sans merci entre les troupes du Roi Louis XIV et les Camisards.
Par le prisme historique, Patrice Higonnet décortique tout cet imbroglio qui est une introspection dans le monde des fondamentalistes bornés.
Le récit se lit comme un reportage d’Envoyé spécial. C’et vivant, documenté avec de nombreuses citations.
Un véritable mode d’emploi pour ce qui se passe en 2014.
Série en cours. A ne pas suivre.

-Le village des fanatiques, de Patrice Higonnet. Avec cahier-photos. Vendémiaire, 223 p., 20 €.

29.09.14

La biographie incandescente de Romy Schneider, par Sophie Guillou. (Libretto/ Phébus)

La caméra est anthropophage. Elle a dévoré la jeunesse de Romy Schneider. Eblouissante filmée par Andrzej Zulawski. La scène ci-dessus est l’un des plus grands moments de sa carrière cinématographique. Pour atteindre ce moment de vérité, il faut un don de soi absolu.

Filles d’un couple d’acteurs, Romy Schneider (1938-1982) a été élevée par ses grands-parents maternels. Elle est née à Vienne, la veille de la guerre. Toute son enfance est vécue dans l’absence des parents qui bien sûr illuminent les moments passés ensemble. C’est un raccourci psychologique mais des natures sont plus sensibles que d’autres aux séquences fondatrices. Sophie Guillou commence son livre- j’allais écrire son film- sur le tournage de La Passante du Sans-Souci à Berlin. Personne ne sait alors qu’il s’agit du dernier film. Dernier et non pas Nouveau. Brisée par la mort accidentelle de son fils, elle s’abrutit de médicaments noyés dans l’alcool, tournant machinalement. Sophie Guillou insiste sur l’absence. Elle a raison. Après celle de ses parents, voici qu’elle est confrontée à l’absence définitive de son fils David. Il est évident qu’elle culpabilise : si elle avait été présente, son fils n’aurait pas fait d’imprudence. Son fils était seul, comme elle le fut si souvent.
Le récit de Sophie Guillou nous met en présence du parcours d’une très belle héroïne à la recherche perpétuelle du bonheur. Quand elle a un petit frère, elle perd un peu de son prestige, n’étant plus la petite dernière. Lorsqu’elle a dix ans, ses parents divorcent. L’éclatement de la famille après la fin de la guerre n’améliore pas sa construction de jeune fille. Un passage chez les religieuses lui permet de découvrir l’amitié. Fille d’acteurs, elle s’invente des rencontres avec Gary Cooper qui fascinent ses copines. Elle mesure son pouvoir d’évocation, et l’infime lisière entre le réel et la fiction. Petit à petit, elle découvre le pouvoir du cinéma et décide de prendre le chemin de ses parents : elle veut être actrice. En 1953, elle fait ses premiers pas. Elle a 15 ans. Le cinéma n’est pas aussi paradisiaque qu’elle le pensait- en raison des attentes interminables entre les scènes- mais ce qui se passe après « Moteur ! » lui plait beaucoup. Elle semble n’existait que lorsque la caméra la filme. Elle a un atout considérable : la photogénique. Romy Schneider est encore plus belle à l’écran que dans la vie. Pour la plupart des gens, c’est le contraire. Elle comprend le mécanisme du jeu : se concentrer, rassembler son énergie pour la libérer à tel moment, se laisser aller tout en contrôlant la situation, paraître naturelle… maquillée devant une équipe de techniciens ! En coulisses, sa mère sent le potentiel et vit par procuration l’ascension de sa fille.
Le film Sissi la propulse star et dans la foulée elle rencontre Alain Delon, à Paris, sur le tournage de Christine qui lui offre l’amitié durable de Jean-Claude Brialy. A la fin du tournage, elle quitte la France avant de revenir s’installer en France afin de ne plus être éloignée d’Alain Delon. Cela lui permet de mettre de la distance avec sa mère tout en diminuant la dimension mythique qu’elle avait donnée à son père. En France, elle est confrontée à l’émergence de la Nouvelle vague qui la considère comme ringarde car elle incarne le «cinéma de papa». Elle repart à zéro, avec l’impression d’arriver en terre inconnue et d’avoir trahi son pays d’origine. Le couple Delon-Schneider fait vendre beaucoup de journaux. Le duo est starifié mais il n’est pas facile de tourner des films loin l’un de l’autre. Quand elle reste à la maison, elle est dans la peau de la femme qui attend, encore l’absence… Il lui faut s’imposer dans son pays d’accueil. Elle y parvient grâce au théâtre et à Luchino Visconti alors qu’au début de leur rencontre, il y avait beaucoup de tension dans l’air. Peu à peu, son union avec Delon se délite pour s’achever. Les sentiments restent mais le quotidien n’existe plus encore eux. Le duo adoré par les médias et le public sera reconstitué pour La piscine, en 1968. Reconstitué professionnellement. Malgré les sentiments qui les unissent, c’est chacun sa vie.
Les journaux ne cessent pas de décortiquée sa vie privée. Séparée de son mari allemand, elle obtient la garde de leur fils. Page 81 c’est la naissance de sa fille Sarah, né de l’union avec le nouvel homme de sa vie. Nous étions le 21 juillet 1977. Au niveau professionnel, sa notoriété est au zénith. «Aucun metteur en scène ne peut imaginer combien je me trouve seule devant la caméra », avoue-t-elle. Cela devrait faire réfléchir les jeunes actrices. Nous sommes tous seuls. Elle l’était un peu plus que les autres. Il est exténuant de sans arrêt jouer sur les sentiments. Le bureau d’un acteur : c’est le fond de son âme. On n’y descend pas sans souffrance. On n’y remonte pas sans dégâts. Ce n’est pas un hasard si tant de comédiennes finissent par quitter l’écran qui par ailleurs les aimante comme la flamme attire le papillon.
Sophie Guillou est très respectueuse de Romy Schneider et ne nous met jamais en position de voyeur. Après la disparition de David- le 5 juillet 1981- Romy Schneider a tenu jusqu’au 29 mai 1982. L’actrice vivait toujours mais la femme n’en pouvait plus. Trop c’est trop. On peut mourir à force d’être étreint pas l’angoisse. On a tous une image de Romy Schneider. Pour moi, c’est la scène du film de série B qu’elle est censé tourner dans L’important c’est d’aimer. Un photographe la shoote tandis qu’elle pleure en disant : «Vous savez, je suis une vraie comédienne, je sais jouer. Je fais ça pour manger… » Je cite de mémoire. J’ai le parfum général de la scène dans un univers totalement de pacotille, voulu de manière volontaire par A. Zulawski. Un moment grandiose. Aucune autre actrice au monde n’aurait fait mieux qu’elle à ce moment-là. Un moment vrai, déchirant, bouleversant. Un don de soi impressionnant. Une alchimie mystérieuse. La vie n’a pas été gentille avec elle.

-Romy Schneider, de Sophie Guillou. Libretto/ Phébus, 102 p., 6,70€

“La gloire est le deuil éclatant du bonheur” (Madame de Staël) Romy Schneider, écoeurée par la violence des vampires de l’image.

27.09.14

Permalien 23:26:53, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Poèmes français, de Fernando Pessoa (La Différence)

Très fine vidéo qui incarne bien Pessoa et son double qu’il a créé à l’infini. Le mot génie convient à Pessoa.

Le livre est dédié : « In Memoriam Joaquim Vital et Robert Bréchon ». Mort en 2010, Joaquim Vital était le cofondateur des éditions La Différence. Traducteur de Fernando Pessoa, il classait les éditeurs en trois catégories : « ceux qui publient les livres qu’ils aiment ; ceux qui aiment les livres qu’ils publient ; ceux qui n’aiment pas les livres - et qui ne sont pas des éditeurs.» Dans ce trait d’esprit, il se classait dans la première et la seconde catégorie qui n’en forment qu’une ! Mort en 2012, Robert Bréchon a dirigé l’édition des œuvres de Fernando Pessoa chez Christian Bourgois pour lequel il écrivit une biographie de l’immense poète.
Fernando Pessoa (1888-1935) a écrit sous différentes identités, en créant chaque fois un caractère différent et surtout une langue différente. Il écrivait en portugais, anglais et français. Dans les années 1906-1908, il a beaucoup utilisé le français. Cela est très impressionnant de prendre un livre de Pessoa en remarquant d’emblée qu’il n’y a pas de traduction. Nous avons droit à du Pessoa par Pessoa. Ses premiers poèmes en français forment la fondation de sa galaxie d’hétéronymes ; c’est-à-dire des pseudonymes si vous n’avez jamais lu Pessoa. Je précise que son nom signifie « une personne » et non pas « personne », je veux dire « rien » comme on le croit trop souvent. Pessoa est né la même année que ma grand-mère paternelle. J’aurais pu le connaître mais sa vie fut plus brève que celle de ma grand-mère devenue presque centenaire. J’ai cependant connu quelqu’un qui l’a connu : Philippe Soupault. Je suis donc l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ! Je dis ça pour rendre vivant Pessoa. A force de parler de Balzac ou Hugo, on finit par oublier qu’ils ont vraiment existé. Il ne s’agit pas de statue de granit. Dans les écrits de Pessoa on attend son cœur battre tant il écrivait sans tricher.

«Bateau qui passe dans la nuit/ Quand la lune chasse le bruit. »
«Rien n’est ; tout passe. »
«Mon cœur est une pauvre miette/ De quelque chose de grand. »
«Avant vivre j’étais, bien que je n’étais pas. »
«Mama, maman/ Tout petit enfant/ Devenu grand/ N’en est que plus triste/ Maman, Maman/ Tu me manques tant. »
Voici quelques extraits de Pessoa, version française. Des vibrations intactes qui ont cent ans ou presque.
Et encore:
«Vous êtes belle : on vous adore. Vous êtes jeune : on vous sourit. »

Dans tout ce recueil, un mot domine : Rêve.
Ce qu’a écrit Pessoa est universel. Que l’on soit noir ou blanc, Chinois ou Russe, ainsi de suite cela fonctionne.
Il aurait pu vivre en 1244 ou en 723, cela n’y aurait rien changé. En 4450 cela se poursuivra, à moins que le monde ne soit plus qu’un repaire de robots.
Il parle de la vie, de la mort, du présent, du passé, et surtout de ce que l’on a au fond du cœur ou au fond de l’âme, c’est la même chose.
On peut lire une phrase de Pessoa est s’arrêter dessus un moment.
On se dit: “C’est vrai ce qu’il dit” ou “Que veut-il dire ? Ah ! oui, j’ai déjà pensé à ça…”
Mieux qu’un livre, c’est un homme de chevet. Un ami qui ne nous laisse jamais tomber.
On soulève la couverture de ses livres comme le marbre du tombeau. Y a quelqu’un dedans ?
-Oui, oui, c’est moi Fernando !
J’étais ami avec Antonio Tabucchi qui était la survivance de Pessoa, en version italienne. Il aimait tellement Pessoa qu’il a appris le portugais pour écrire dans la langue de son devancier.
Quand je parlais avec Tabucchi, Pessoa flottait entre nous.
Si vous n’aimez pas les grands esprits ne lisez pas Pessoa.

-Poèmes français, de Fernando Pessoa. Edition établie et annotée par Patricio Ferrari avec la collaboration de Patrick Quillier. Préface de Patrick Quillier. La Différence, 413 p., 29 €

[Post dédié à Armand Guibert]

Permalien 17:44:57, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR  

Aprés Lille, Monaco! Nice enchaîne 6 points

Claude Puel s’est rappelé aux bons souvenirs de ses anciens clubs: Lille et Monaco. Résultats des courses: 6 points pour Nice ! En trois jours !

Ligue 1, 8e journée
Samedi 27 septembre 2014
AS MONACO 0-1 OGC NICE
But pour les Aiglons: Eduardo (6e)

OGC Nice : Hassen/ Palun, Genevois, Bodmer (cap.), Amavi/ Mendy, Hult/ G.Puel (Eysseric 82e), Eduardo (Digard 75e), Bauthéac/ Plea (Bosetti 75e)

Le 4 octobre contre Montpellier, à Nice, les Aiglons auront la possibilité de remporter leur troisième match de suite. C’est un beau challenge.
A Monaco, Nice a marqué sur coup franc. Eduardo a tiré sur ses coéquipiers qui se sont écartés. But ! Comme à l’entraînement…

7e journée
Mercredi 24 septembre
OGC NICE 1-0 LILLE OSC
But pour les Aiglons: Bodmer (41e)

OGC Nice : Hassen/ Palun, Genevois, Bodmer, Amavi/ Albert (Plea 90e+3), Mendy/ Eysseric, Carlos Eduardo (G.Puel 85e), Bauthéac (Hult 73e)/ Bosetti

Permalien 09:41:57, Catégories: THE RED DEVILS  

Le navrant bilan de van Gaal à Man United: 3 défaites, deux nuls et une seule victoire

Man United a formé Danny Welbeck - ici enfant sur la vidéo- mais van Gaal l’a vendu à Arsenal. C’est vraiment grotesque d’envoyer à la concurrence un grand espoir du club. MU est désormais une équipe de mercenaires. Ryan Giggs et Bobby Charlton sont en train d’avaler les couleuvres de van Gaal. Quand pense Sir Ferguson ?

Premier League, 6e journée
Samedi 27 septembre 2014, 16 h
Manchester United - West Ham (1)

Avec un calendrier ultra favorable, par rapport à celui de l’an passé- comme si la FA avait eu pitié de MU- les Red Devils font un début de saison déplorable.
Le football est le grand gagnant depuis la venue de Louis van Gaal.
En effet si le coach a pu bénéficier de 250 M€ de joueurs (en comptant la venue de ceux de la saison passée), on voit que le bilan n’est pas fameux: 3 défaites dont une devant des quasi amateurs, en Coupe de la Ligue, deux nuls qui portent bien portent leur nom et une seule victoire. Pas terrible. Affligeant même.
Le football est implacable.
Si vous ne jouez qu’avec des attaquants vous ne pouvez pas gagner les matchs.
Van Gaal a une défense déplorable et un milieu défensif inexistant.
Donc le football a le dernier mot.
Tant que MU jouera sans se soucier de l’équilibre entre les lignes qu’on n’attende pas de miracle.

Résultats de MU:
16 Août 2014 Man United 1-2 Swansea City
24 Août Sunderland 1 - 1 Man United
26 Août (Capital One Cup) MK Dons 4-0 Man United
30 Août Burnley 0 - 0 Man United

14 Septembre Man United 4-0 Queens Park Rangers
21 Septembre Leicester City 5-3 Man United

(1) Man United 2-1 West Ham United
Buts pour MU: Rooney (5e), Van Persie (21e)

Je n’ai pas vu le match, C+ ne l’a pas donné en direct.
Rooney a été expulsé. Son premier carton rouge depuis 2009 !
Il a été renvoyé aux vestiaires à la 58e minute.
Pourquoi ?
Il a tiré dans le genou d’un adversaire, par derrière.
Charge idiote de la part d’un joueur frustré de jouer pour éviter la relégation avec 250 M€ dépensés.
Van Gaal a passé son temps à écrire. Un livre sur François Pays-Bas ?
Manchester United: De Gea/ Rafael, McNair, Rojo, Shaw/ Herrera (A.Valencia 74e), Blind, Di Maria (Thorpe 93e)/ Rooney/ van Persie, Falcao (Fletcher 64e)
Sur le banc: Lindegaard, Pereira, Mata, Januzaj
MU est à huit points du leader Chelsea. Et nous n’en sommes qu’à la 6e journée.
Vu le résumé du match, la défense de MU est toujours aussi lamentable. Van Gaal fait débuter McCair et Thorpe. Tout ça n’est pas très sérieux. On ne lance pas des jeunes dans la fosse aux lions.
Si MU rencontrait Chelsea, le score serait de 6-0 pour les Blues.
Maintenant, si l’on veut voir du football, il faut regarder Chelsea, Man City et Arsenal.

A venir:
05 Oct Man United - Everton (13 h)
20 Oct West Bromwich Albion - Man United (21 h)
26 Oct Man United - Chelsea(17 h)

25.09.14

Permalien 17:15:45, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Kafka, poète de la honte, de Saul Friedländer.(Seuil)

D’emblée, l’auteur nous dit qu’il n’est pas un spécialiste de Kafka mais on se rend vite compte qu’il a lu autant Kafka que les livres sur Kafka.
C’est en 1947 et à Paris que Saul Friedländer a lu Kafka pour la première fois. Il s’agissait plutôt d’un livre SUR Kafka puisqu’il avait entre les mains la biographie de Kafka écrite par Max Brod. L’essayiste est donc venu à lire l’auteur de La Métamorphose par un détour chez son meilleur ami, Max Brod qui a beaucoup fait pour la vulgarisation de l’œuvre de Kafka, sauvant de l’oubli des pans de manuscrits. A travers les écrits de Kafka, l’auteur remonte tout le fleuve du grand romancier, de l’enfance à sa mort.
Saul Friedländer se démarque de Max Brod qui a présenté Kafka comme il le souhaitant, retirant ses zones d’ombre.
Le livre aborde la relation père-fils que l’on savait basé sur l’écrasement du fils qui se sentait inférieur physiquement vis-à-vis de la silhouette qu’il voyait comme un colosse.
Le biographe enseignant à Los Angeles nous dévoile un Kafka, homosexuel latent qui ne passe pas à l’acte.
Kafka était complexé, il se voyait dans la peau d’un Juif chétif.
Attiré par les filles de joie, il en ressortait triste.
Saul Friedländer nous présente un Kafka plus vivant qu’on n’aurait cru, et moins métaphysique qu’on ne le colporte.
Un fait évident: ce fut un génie de la littérature, et cela le reste.
Non sioniste, Kafka a appris l’hébreu, seul, en 1917.
Max Brod a un peu usé de la gomme dans sa relecture des manuscrits de l’ami Franz.
Saul Friedländer rectifie le pire.
Tout cela ne nuit pas au grand écrivain Pragois.
Le terme “honte” est trop fort car Kafka savait très bien que sa sensibilité était hors norme.
Quand on est clairvoyant, on est toujours seul.
Brod lui a fait du bien, et c’est tant mieux.
Aujourd’hui, ni Kafka ni Brod ne sont là.
Place aux interprétations, aux révélations.
L’œuvre, elle, est là et bien là.

-Kafka, poète de la honte, de Saul Friedländer. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicole Weill. Seuil, 247 p., 19,50 €

Brasseur, père et fils, maison fondée en 1820. (Flammarion)

Pierre Brasseur et Odette Joyeux sont les parents de Claude Brasseur qui entretient très bien le flambeau familial.

“N’essaie pas de me ressembler. Et en même temps, tu es mon fils, n’essaie pas de lutter contre nos ressemblances". Voilà ce qu’a dit Pierre Brasseur à son fils Claude qui peut dire la même chose à son propre fils Alexandre qui se fait un prénom depuis quelques années.
Claude Brasseur revisite son parcours en tirant un grand coup de chapeau à ses prédécesseurs.
Chez les Brasseur ont est comédien de père et fils depuis 1820 !
Il n’y a pas tellement de dynastie d’enfants de la balle pour se priver de fêter les Brasseur.
Claude Brasseur a eu la bonne idée de choisir l’interview car il refusé de faire croire qu’il avait écrit le livre.
Il est bien relancé par Jeff Domenech, un vrai entraîneur !
Avec le jeu des questions-réponses, il n’y a pas tromperie sur la marchandise, en plus cela donne un effet zapping très agréable pour la gymnastique de l’esprit.
Au début de sa vie, Claude Brasseur ne voulait pas être comédien et petit à petit il a épousé le métier.
Il faut dire que sa maman n’est autre que la grande Odette Joyeux. Je me rappelle très bien d’elle et de son sourire lumineux.
Claude Brasseur fait une très belle carrière, passant de rôles importants au théâtre à des compositions populaires qui ne le sont pas moins. Il est aussi difficile de jouer Don Juan qu’un campeur. Brasseur sait faire beaucoup de chose mais il n’est absolument pas prétentieux. On ne le voit jamais à la télévision parader dans des émissions débiles de service après-vente. C’est un artiste et non pas une vedette !
Quand il joue, il a une nappe phréatique. Ce n’est pas comme la génération qui présente la météo avant d’avoir un grand rôle produit par la chaîne qui vous a fabriqué produit jetable.
On lit le livre sans se lasser car il est plein d’humeur et de générosité.
Claude Brasseur est très sévère sur notre époque de la présidence …Pas-Bas !
Comme on le comprend: il est passé de Colette, Jouvet, Sartre, Gabin, J. Renoir, Vilar, Ventura… aux putains cathodiques du PAF.
Je ne peux pas clore cette notule sans saluer la mémoire de Pierre Brasseur. Si le fils Claude a beaucoup de talent, le père avait du génie.
Quand Pierre Brasseur arrive sur un écran, c’est une tornade que l’on prend en pleine figure. Autant sa présence physique, que sa voix et que son âme, oui tout son être crève l’écran, comme jadis il crevait la scène théâtrale.
Il suffit de le voir dans Les enfants du paradis pour s’en apercevoir.
Je place Pierre Brasseur sur le même plan d’égalité que Raimu, Gabin, Baur, Jouvet et Simon. Ils sont au-dessus des autres, fussent-ils Bourvil, Fernandel et De Funès.
Pierre Brasseur est le père de Claude Brasseur, mais c’est aussi un peu le mien car tous les grands acteurs appartiennent à notre mémoire collective. J’ai un lien avec Pierre Brasseur car il a beaucoup donné au public, donc à moi. J’aime toutes les histoires qu’on m’a racontées sur lui: il y en a tant.
J’ai même entendu dire qu’il avait cimenté des meubles pour berner les huissiers !
Jean-Paul Belmondo a souvent raconté des soirées hilarantes avec Pierre Brasseur et Hubert Deschamps.
C’est un monument du cinéma, un vrai vivant.
Vive la famille Brasseur !

-Merci ! Brasseur, père et fils, maison fondée en 1820. Entretiens de Claude Brassens avec Jeff Domenech. Flammarion, 256 p., 19,90 €

24.09.14

Permalien 22:48:26, Catégories: GRAND MONSIEUR  

"Et si en plus, il n'y a personne..."

Les dirigeants étant intouchables dans leur bunker, on s’en prend au peuple.
Les planqués disent: “Il faut faire ceci, blablabla…”

[Post dédié à Hervé Gourdel]

Permalien 14:24:09, Catégories: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE, GRANDE DAME  

A 80 ans, Brigitte Bardot n'a rien perdu de son mordant

Les prétentieuses du PAF ont beau se trémousser, elles ne seront jamais une femme comme B.B.

Des millions de gonzesses ont montré leur cul mais il n’y a qu’une Brigitte Bardot !
Toutes ses pâles imitatrices peuvent aller se rhabiller.
Les femmes la jalousent encore aujourd’hui: plus libre qu’elle impossible. C’est l’incarnation de la liberté.
Liberté de corps, libre d’esprit.
A 80 ans personne n’a réussi à la faire taire.
C’est la seule star interplanétaire vivante: les autres sont mortes tragiquement, parfois allant jusqu’au suicide.
En 2014, les actrices ne font plus rêver. Les nouvelles stars présentent les JT. C’est dire !
Le 23 septembre 2014, sur France 2, Brigitte Bardot a été interviewée par Laurent Delahousse pour l’émission Un jour, un destin. Elle a accepté d’aborder tous les sujets, que ce soit sa vie de comédienne, ou sa vie à l’écart des caméras et de la presse.
A partir de 20h45, le documentaire inédit Un jour, une histoire: “Brigitte Bardot - La vérité BB” fut proposé et présenté par Laurent Delahousse, le meilleur journaliste-présentateur du PAF actuel. Toujours accusé du délit de belle gueule Laurent Delahousse n’est pas une plante verte des informations comme tant de ses confrères et consoeurs. On peut être beau, intelligent et sensible. Il en est la preuve vivante. Il n’a rien à voir avec ceux qui font le JT parce qu’ils ne peuvent pas faire de cinéma. Lui, il pourrait en faire mais il n’en joue pas. Avec B.B, il a usé de son charme et c’est bien la moindre des politesses quand on est face à BB, la plus grande icône française depuis la mort de Charles de Gaulle.
L’émission a rassemblé 4,9 millions de téléspectateurs et 20,4% de part d’audience. Il s’agit de la meilleure performance pour un prime sur France 2 depuis mai 2014.
Brigitte Bardot a parlé avec Laurent Delahousse sans tabou. Il s’agissait de son unique interview accordée à la télévision depuis plus de 10 ans. Cette interview a réuni en moyenne 5,6 millions de téléspectateurs pour 28.9% de PDA.
Comme d’habitude, elle a dit tout ce qu’elle voulait au risque de déplaire.
A ses détracteurs, je rappelle qu’on ne les entend pas dire que Simone de Beauvoir a travaillé à Radio Vichy.
BB est libre de parler à sa convenance. Plus personne ne le fait.
Au niveau société, Bardot est la femme la plus importante de son temps.
Elle a prouvé qu’une femme pouvait vivre comme un homme.
En ce sens, elle a dérangé.
Elle a plus fait pour la cause féminine que de Beauvoir, Giroud et Duras.
Beaucoup de gens la faisaient passer pour une ravissante idiote, à tort.
Elle jouait très bien.
Elle n’a jamais servi la soupe à personne.
Elle passait d’un mec à un autre à une époque où cela ne se faisait pas.
Les deux plus grandes femmes qui ont fait avancer la condition féminine au XXe sont Colette et Bardot.
Ceux qui lui reprochent de ne pas avoir la langue de bois feraient bien de rappeler que Simone de Beauvoir a travaillé à Radio Vichy. Soit l’on dit tout, soit l’on ne dit rien.
Laurent Delahousse vient d’augmenter sa cargaison d’ennemis. Il a réalisé coup sur coup deux scoops: Nicolas Sarkozy puis Brigitte Bardot. C’est la démonstration de son talent. L’interview télévisée est particulière car elle est précisément filmée. Force est de constater qu’il est très à l’aise dans cet exercice.
Le service public tient là un grand nom de la télé actuelle.

23.09.14

Permalien 07:58:44, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Hugo Boss chez Victor Hugo. Un récit hilarant et clairvoyant sur les vigiles: "Debout-payé" de Gauz (Le Nouvel Attila)

Ne lisez pas le livre débile à la mode, mais lisez Gauz, quelqu’un qui a quelque chose à dire et qui le dit très bien, avec ses mots à lui. Un véritable écrivain. Un livre fort, très fort, le tout avec le sourire.

Voici la très bonne surprise de la rentrée littéraire 2014, très loin de l’abêtissement général provoqué par un livre qui aurait dû être imprimé sur du P.Q.
A l’inverse, Gauz, inconnu au bataillon, fait une entrée fracassante dans le monde des lettres. A 43 ans, et tout son talent, il donne à entendre une nouvelle voix, la sienne basée sur l’observation. On a droit à un volume des Choses vues, de Victor Hugo qui est aujourd’hui moins connu qu’Hugo Boss ! Et justement, tout son récit, ou presque, se passe dans une boutique de produits cosmétiques des Champs-Elysées.
Gauz, Ivoirien, est venu en France pour étudier à l’université avant de bifurquer dans la vie active. Au fil du temps, il exerce divers métiers grâce à un appétit de vivre et une intelligence caméléon. De fait, Gauz peut se fondre dans le paysage, d’où le Debout-payé qui signifie vigile rémunéré. A la fois, jardinier, scénariste, baby-sitter, photographe, journaliste, il sait faire beaucoup de choses. Son livre nous plonge dans l’univers des « sans-papiers ». Pour survivre, le narrateur devient vigie, et donc observe tous les comportements des clients, passants, badauds, ainsi de suite. Il est dans le rôle d’un phare humain, de la sentinelle de la société. Il n’est pas tendre avec les consommateurs qui sont obsédés par les parfums et autres maquillages.
Le livre est remarquable dans sa densité. Gauz illustre à la lettre le conseil de Paul Léautaud, à savoir on ne doit écrire que sur ce que l’on connaît. Gauz nous offre un récit haut de gamme avec un humour de chaque instant. Aux heures tardives, il nous décrit la ronde des acheteurs. C’est magnifique. Il nous dévoile les tapineuses, les travestis et les femmes voilées s’échanger leurs impressions sur tel ou tel déodorant. Quand il voit le sosie d’Amy Winehouse, il y a alerte dans le magasin : la jeune femme titubant va-t-elle tester un parfum ou boire le flacon ? Bien sûr, il y a une dimension politique. Pourquoi les Noirs, “sans papiers” ou avec, sont-ils appelés à devenir vigies, agents de sécurité ?
Gauz dresse le portrait de la France des Trente glorieuses aux années chômages. Il nous décrit un Paris avec des populations de tous les horizons. Un livre plein de vie. La France actuelle dans toute sa réalité sur fond de l’ex colonisation. Un très grand récit qui vaut tous les livres illisibles de sociologie. Ici nous sommes dans la géopoétique.

-Debout-payé, de Gauz. Le nouvel Attila, 172 p., 17 €

(Merci à Mediapart pour l’interview)

22.09.14

Permalien 17:00:40, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

La rebelle Maria Callas en 69 CD remasterisés

Tout Maria Callas dans un coffret 69 CD entièrement remasterisés dans les mythiques studios d’Abbey Road, là où les Beatles ont travaillé pour la postérité.
Pendant un an et demi d’excellents ingénieurs du son ont travaillé sur la voix de la divine cantatrice qui a une vie si malheureuse. Pas par sa faute mais parce que ceux qui l’approchaient l’aimer pour son art et jamais pour elle.
Des imbéciles ont prétendu que la plus grande soprano de son temps avaient la voix trop grave ou trop aiguë.
Cela revient à critiquer Maradona ou Pessoa !
La voix de La Callas est claire comme de l’eau de roche. Elle faisait sortir l’âme de sa gorge.
Une femme oiseau, tantôt aigle qui fond sur sa proie tantôt pinson perdu dans la forêt sous la pluie.
Les ingénieurs ont eu accès aux bandes d’origine des 1949 à 69 des enregistrements studio et non pas aux anciens disques.
Autant dire que les nouveaux CD disponibles laissent entendre sa voix comme jamais nous ne l’avons entendue à part en prise directe.
On est suspendu au moindre frémissement. Et on perçoit les qualités de comédienne de la diva.
Maria Callas est l’une des plus grandes dames de l’Histoire du monde depuis sa création.
Le coffret est cher mais quand on aime on…
Dire que des abrutis l’ont sifflée à Paris parce qu’elle s’est cassée la voix sur scène !
Au lieu de la consoler, ils l’ont huée. De vrais sauvages.

Maria Callas remastered
The complete Studio Recording 1949-1969
69 CD et un livre de 132 pages
Warner Classics, 199 €

Permalien 16:26:21, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR, LA REVUE DE STRESS  

Depuis le départ de Sir Ferguson, Man United a déjà usé 3 coachs

Ah! nous étions si heureux avec Sir Ferguson !
Et dire que des ignares ont osé répéter à longueur d’années que Man United sous l’ère Ferguson “gagner sans bien jouer".
Quelle honte de dire de pareilles âneries !
Les mêmes ont dit que Patrice Evra n’était pas un grand latéral gauche.
Depuis la retraite de MU, la liste des coachs recommence à s’allonger.
Je me suis trompé moi aussi: j’ai cru que les joueurs allaient imposer Moyes mais ce ne fut pas le cas.
C’est très difficile d’entraîner MU car c’est un club qui demande la victoire à chaque match.
Arsenal perd ? Le monde entier s’en moque complétement.
Man United perd ? Des millions de fans sont tristes, la bourse s’affole.
Entraîner MU c’est aussi difficile que de diriger un pays. On ne s’improvise pas chef d’Etat. Il suffit de voir l’actuel locataire de l’Elysée pour s’en rendre compte.
Depuis le départ de Fergie, ont a déjà vu passer Moyes, Giggs et van Gaal.
Série en cours.
Depuis 1993, Sir Ferguson m’a fait vivre dans le paradis du football, du jeu, de l’intelligence, de la remise en question.
Ferguson au football c’est l’équivalent de Picasso, de Milles Davis.

Dans ma vie, j’aurais vécu 20 ans au contact d’un coach qui cultivait le merveilleux. Homme d’une rigueur absolue. C’est ça qui était beau. De l’humour mais pas de relâchement.
Aujourd’hui, on voit van Gaal jouer sans défense, sans milieu de terrain défensif, sans relayeur.
Marquer 3 buts ne sert à rien si c’est pour en prendre 5 dans la musette.
Leicester a donné une leçon de football à MU.
C’est faux de dire: “Nous avons donné le match à Leicester…” comme le dit van Gaal. Non, non et non! Leicester est allé gagner parce que van Gaal n’a aucun schéma tactique sous sa ligne d’attaque. Il n’a qu’à regarder les matchs avec Paul Scholes et M. Carrick pour comprendre l’importance de l’entre-jeu.
Van Gaal ne connaît pas MU car il ne sait pas utiliser Antonio Valencia qui lui est capable d’attaquer puis défendre ou défendre puis attaquer.
Herrera ? Il joue la fleur au fusil. C’est un enfant. Scholes, était un homme, même à 15 ans.

La liste des coachs de MU depuis la fin de la guerre:

Du 15 février 1945 au 11 août 1969 Matt Busby

Du 6 février 1958 à juin 1958 Jimmy Murphy
Du 11 août 1969 au 29 décembre 1970 Wilf McGuiness
Du 29 décembre 1970 au 8 juin 1971 Matt Busby
Du 8 juin 1971 au 19 décembre 1972 Frank O’Farrell
Du 22 décembre 1972 au 4 juillet 1977 Tommy Docherty
Du 14 juillet 1977 au 30 avril 1981 Dave Sexton
Du 9 juin 1981 au 4 novembre 1986 Ron Atkinson

Du 6 novembre 1986 au 1er juillet 2013 Sir Alex Ferguson

Du 1er juillet 2013 au 22 avril 2014 David Moyes
Du le 23 avril 2014 au 11 mai 2014 Ryan Giggs
Du 16 juillet 2014 au Louis van Gaal

21.09.14

Permalien 18:01:01, Catégories: THE RED DEVILS  

Van Gaal a inventé de nouveaux boulevards à Manchester !

21 Septembre 2014, 14 h30
Leicester City 5-3 Manchester United

Buts pour Leicester: Ulloa (17e, 83e pen), Nugent (62e pen), Cambiasso (64e), Vardy (79e)
Buts pour MU: Van Persie (13e), Di Maria (16e), Herrera (57e)

Je connais très bien Manchester mais je ne savais pas que Louis van Gaal y était venu pour y créer de nouveaux boulevards !
Les joueurs de Leicester les ont inaugurés en grande pompes.
Louis van Gaal est-il un fan ou un coach ?
Au lieu de replacer ses joueurs, il exulta quand MU marqua ses 2e et 3e buts. Grotesque !
Et ce qui devait arriver arriva: menant 0-2 à la 16e minute, MU s’est fait refroidir 1-2 à la 17e minute; et menant 1-3 à la 57e minute, MU s’est fait refroidir 2-3 sur penalty à la 62e minute, ce qui fait que MU n’a jamais pu contrôler le match.
Sur le penalty de la 62e il y a à dire: un joueur de Leicester jette au sol Rafael d’un grand coup d’épaule, sans se faire avertir, puis plonge dans la surface… sans prendre un carton jaune pour simulation ! De manière incroyable, c’est Rafael se fait sanctionner d’un penalty ! A quoi sert l’oreillette de l’arbitre. Le petit geste de Rafael n’a rien à voir avec la grossière faute du joueur de Leicester.
Bon passons, il y a plus grave. Van Gaal a fait sortir Falcao et Di Maria aux 72e et 76e minutes. Coaching de débutant! Les deux Sud-Américains n’étaient pas blessés. Apres les deux sorties de Red Devils, à 3-3, MU a perdu le match 5-3. Forcément, les deux joueurs les plus dangereux de MU étaient sur le banc. Quels cadeaux pour Leicester !
Van Gaal est-il incompétent ? Ce n’est pas la peine d’acheter des joueurs de ce calibre s’ils ne sont pas capables de jouer 90 minutes. MU n’a mis aucun récupérateur au milieu de terrain. Ce n’est pas avec quatre solistes que l’on gagne des matchs, il faut aussi des soldats. Des gars prêt à mourir pour le maillot.
Au mercato d’été, MU a perdu Evra, Vidic et Ferdinand ! Ils sont où les détracteurs d’Evra ? On ne les entend plus. Moi j’aime autant un geste défensif qu’une passe lumineuse.
Les trois grands défenseurs ont été remplacés par qui ? Personne.
La sortie d’Evans à 1-2, à la 3Oe minute a désarçonné la défense rouge.
Un coach doit penser à tout. Smalling n’est pas du niveau.
Il va falloir réintégrer Jones, Carrick et Fletcher, des gars qui savent tenir la boutique.
Marquer 3 buts à l’extérieur ne sert à rien si c’est pour en prendre 5 !
Arsenal, Chelsea, Man City et Liverpool sont heureux: le come back de MU n’est pas encore d’actualité.
La défense passoire de MU fait rire toute l’Angleterre, sauf Old Trafford.
Van Gaal, à part aligner des attaquants achetés à prix d’or, il sert à quoi ?
Le football est fantastique. Les millions ne suffisent pas.
Le football est plus fort que l’argent. Il demande une complémentarité fabuleuse.
C’est la morale de ce match. Leicester était plus harmonieux entre les lignes.

Manchester United:
De Gea/ (3) N’a servi à rien. Statique là où il aurait fallu être agile
Rafael (2) N’utilise pas assez son cerveau
Blackett (1) Match raté
Evans (6) Bon jusqu’à sa sortie sur blessure. Puis Smalling (30e) (0) C’est le 3e choix
Rojo/ (1) Aucune concentration
Blind (3) Trop de responsabilité vu son jeune âge
Herrera (2) Hyper faible dans la récupération.
Di Maria (7) Sa louche exceptionnelle n’a servi à rien, hélas ! Puis Mata (76e) (2) Trop léger physiquement
Rooney/© (3) A cessé de jouer, écoeuré par la défense rouge
Falcao (5) Bon match, avec une passe décisive, jusqu’à sa sortie incompréhensible. Puis Januzaj (72e) (O) Inexistant
van Persie (4) A part son but, semble extérieur aux événements

Sur le banc: Lindegaard, Shaw, Fletcher, Valencia
Manager: Van Gaal (1) C’est un spectateur, un supporter, rien de plus. Aucune participation active au jeu

En quatre minutes, le Red Devil Chicharito ouvre son compteur au Real Madrid par un doublé sous les yeux de Benzema sur le banc

Les 10 buts du match. Le premier but de la tête de CR7 est magnifique comme le premier de Chicharito, contrôle puis frappe en pleine lucarne. Benzema a joué une heure: le temps de donner une passe décisive et un bon ballon contré favorablement qui se transforma en seconde passe décisive.

Samedi 20 septembre 2014
Championnat d’Espagne
Deportivo de La Coruña 2-8 Real Madrid
Buts pour le Deportivo: H. Medunjanin (51e pen.), Toché (84e)
Buts pour le Real Madrid C. Ronaldo (29e, 41e, 78e), J. Rodríguez (36e), G. Bale (66e, 74e), Chicharito (88e, 90e+2)

Real Madrid : Casillas - Arbeloa, Varane, Ramos, Marcelo - Kroos, Modric puis (72e) Isco, James - Bale puis (77e) Chicharito, Ronaldo, Benzema puis (59e)Illaramendi
Sur le banc: Navas, Coentrao, Carvajal, Nacho
Manager: Carlo Ancelotti

Il n’aura fallu que 4 minutes à Chicharito pour marquer deux buts.
Il n’a joué qu’un quart d’heure. En quatre minutes, il a réalisé un doublé !
Le merveilleux Mexicain fait déjà le bonheur des Socios du Real Madrid, et il va peu à peu obliger Ancelotti à mettre Benzema sur le banc. Le Français est beaucoup trop désinvolte - pas assez impliqué- pour jouer dans un entourage aussi vif de celui de CR7, Bale. Certes Benzema a une très bonne qualité de transmission mais cela ne suffit pas.
Benzema stagne dans son jeu. J’ai vu Ronaldo franchir toutes les étapes de sa construction à Man United.
On ne devient pas l’un des deux meilleurs joueurs du monde par hasard.
Benzema, je le trouvais plus intéressant à Lyon, plus percutant, plus preneur d’initiatives à la Baggio.
A la Maison Blanche, étouffé par Ronaldo, il ramasse les miettes du Portugais.
Benzema a toujours dit qu’il aimait Ronaldo, le Brésilien. Alors pourquoi ne l’imite-t-il pas dans le un contre un où excellait le Brésilien ? Plus facile à dire qu’à faire.
Benzema est un bon joueur mais pas un grand joueur comme CR7. Chicharito, lui, maintenant doit prouver qu’il est capable de devenir un grand joueur, c’est-à-dire quelqu’un de constant.
Je maintiens: l’explosivité de Chicharito est un atout fantastique pour jouer avec Bale et CR7.
Précisons que J. Rodriguez a lui aussi marqué.
Soirée festive au Real Madrid, qui plus est à l’extérieur.

PS: à Aston Villa, le natif de Manchester Danny Welbeck a aussi marqué un but lors de la victoire des Gunners,0-3.

20.09.14

Le corps politique de Gérard Depardieu, de Richard Millet.(Pierre Guillaume De Roux.)

Depardieu est un autodidacte flamboyant. Avec le temps, il a un physique d’ogre comme Orson Welles, Marlon Brando et Henri Langlois. Depuis la mort de son fils, il est l’incarnation de la phrase de Calet: “Ne me secouez pas, je suis plein de larmes".

Alain Delon dit souvent que son univers n’est plus qu’un cimetière : Melville, Visconti et Clément ne sont plus de ce monde. Gérard Depardieu pourrait dire la même chose : Truffaut, Resnais, Ferreri, Berri, Pialat et Sautet, sont aux boulevards des allongés. Y a-t-il d’autres grands talents ? Je vous laisse juge. Certain que non, lucide sur l’état du cinéma français actuel, Depardieu continue de faire fructifier son nom qui est devenu une marque. L’art ce n’est plus l’essentiel. Il a tourné quelques films qui resteront.
Richard Millet a écrit sur Depardieu pour une fois de plus combattre le monde contemporain gangréné par l’apparence, la superficialité qui rime avec médiocrité. Depardieu est la face visible de l’iceberg des acteurs. D’autres sont excellents mais on ne les connait pas, à part les passionnés de théâtre : je pense à Philippe Clévenot, hélas ! mort. Clévenot était le plus grand comédien de son temps. Voix, présence, il avait tout. Personne n’en parle. Ne vaudrait-il pas mieux écrire un livre sur Clévenot pour saluer son œuvre oubliée de tous car les comédiens ont une œuvre ? Qu’elle soit éphémère ne l’efface pas. En publiant un livre sur Depardieu, Richard Millet participe aussi au star-system même si c’est pour le condamner, le star-system s’entend. Millet ne cite que les gens dont on parle. Pour les actrices, il nomme Adjani, Deneuve, Seyrig, Riva, Moreau et Ardant. Il pourrait parler de Nada Strancar, Anne Alvaro, Dominique Valadié, Jany Gastaldi ou des disparues Denise Gence et Madeleine Marion. Belle assemblée de reines du théâtre. Il faut ouvrir ses fenêtres en grand pour voir tout le paysage. Dans cette France qui a un président de la République d’une incroyable banalité, il existe des géants remarquables. J’en connais plein. Ils sont électriciens, maçons, épiciers ou docteurs. Le peuple silencieux est du ciment armé. Il regarde les marionnettes publiques avec grande sévérité, seulement ils n’ont pas la parole.
Faisons une distinction entre comédien et acteur. Quand il travaillait avec Claude Régy, Depardieu était comédien. Depuis qu’il fait du cinéma, il est acteur. Delon se considère acteur parce qu’il vient de la vie, en bon instinctif. Belmondo, lui, issu du Conservatoire, est donc un comédien. Accordons à Depardieu, d’être un comédien formé par Jean-Laurent Cochet – absent du livre- qui est devenu acteur. Le talent de Depardieu est indiscutable, du fait de sa présence. J’estime qu’il reste comédien même quand il fait l’acteur.
Aujourd’hui, on le connait plus pour son aspect people que pour sa carrière artistique même si parfois, il fait des lecteurs haut de gamme, transformant celles de Lucchini en simple show pour « KerDruc ». (M. Drucker en verlan). Les médias parlent de Depardieu non pas pour sa lecture de saint Augustin mais pour ses unes avec Fanny Ardant ou d’autres moins talentueuses, son restaurant Place Gaillon, ses histoires de pipi dans un avion, ses « ménages » avec des gens peu recommandables, ses déclarations favorables à Sarkozy, sa descente en flammes de Juliette Binoche, ses accidents de scooter, l’occupation de l’un des appartements par les intermittents du talent (!), l’intérieur d’un autre appartement qu’il a mis en vente, les matchs d’Auxerre du temps de Guy Roux, ses enfants, la tragique destinée de son fils Guillaume, autant de cartes postales qui en font un Guignol de l’info. C’est la loi du milieu. Depuis Malraux on sait que tout ce qui n’est pas légendaire n’existe pas. On le voit partout quand on ne voit jamais Gérard Desarthe, à part sur scène ou sur la pellicule On le sait tous, nous sommes passés de la NRF de Gide à C+ là où il faut se montrer, tout comme sur France 2, coincé chez un chauffeur de salle en attendant d’être interrogé entre un politique et un chanteur. Depuis qu’on a demandé à Michel Rocard si « sucer c’était trompé » on peut s’attendre à tout. Louis Jouvet a consacré sa vie à l’art dramatique, Il n’avait pas de temps à perdre à faire de la vinasse ! Aujourd’hui c’est la confusion des genres. Si quelqu’un sort de l’actualité, il revient en coulisses. L’ex ministre R. Bachelot est animatrice télé comme on est démonstratrice d’épluche légumes devant les grands-magasins; l’ancienne patronne du MEDEF cachetonne sur la radio, et l’ex icône de 68, Danny le Rouge devenu vert en fait autant. Imagine-t-on Che Guevara présenter un télé achat ? Les pères de famille hésitent pour leur filles : HEC ou Secret Story ? En 2014, Hitler deviendrait consultant télé au moment de sa chute. 200 personnes se partagent le gâteau du PAF. C’est l’ère du cumul : tous pour moi, rien pour les autres.
Depardieu n’est dupe de rien. Il sait très bien ce qui est important ou pas. Il ne confond pas Peter Handke avec les états d’âme d’une mal baisée. Il ne faut pas confondre circus, culture et art. On voit beaucoup de gens faire le gugusse, on entend parler beaucoup de culture mais l’art est absent, sauf sur Arte qui porte très bien son nom, j’allais écrire son NON. Personne n’est obligé de regarder TF1 ou D8. Si vous regarder Arte, cela vous enrichira spirituellement. Dans le magma de tout ce que fait Depardieu, il y a des choses remarquables : par exemple coproduire les derniers films de l’immense Satyajit Ray. Richard Millet le signale mais il oublie de citer Daniel Toscan du Plantier, associé à Depardieu dans cette aventure. Il convient d’être précis et de saluer le producteur de Losey, Fellini, Bresson et Pialat, excusez du peu ! Depardieu a aussi rendu possible la diffusion des films de John Cassavetes en France. Cassavetes, autre génie du cinéma. C’est très bien signaler par Richard Millet.
Le show business règne tellement que l’on dit : « Un film DE Depardieu » au lieu de dire : un film AVEC Depardieu. C’est le résultat du culte de la personnalité. Millet le fait bien comprendre : les scénaristes n’étant plus du niveau de Prévert ou Audiard, on vend plus Depardieu que le film dans lequel il joue, et du coup il en devient l’auteur par défaut. On peut remarquer qu’à la télévision, on dit : « Le journal d’untel » et non plus « les informations du jour ». Bien sûr, Millet est un homme de goût. Bienvenu chez les Chtis ! très peu pour lui. Le livre de Millet ne fait pas l’apologie de Depardieu. Le pamphlétaire n’omet pas de signaler les « médiocres » films tournés par l’acteur. Série en cours. En France, on l’a vu, il peut difficilement œuvrer pour des lumières du 7e Art.
Qui reste-il en 2014 ? Alain Cavalier, Bertrand Blier et puis qui ? Dans le grand public de haut parage reste Rappeneau. Corneau est déjà parti. Millet n’est pas tendre avec Francis Veber, Claude Zidi et Jean-Marie Poiré. Prenons le cas de Francis Veber. C’est loin d’’être un sans talent. L’Emmerdeur ou Le Diner de Cons entretiennent la tradition de l’esprit français. L’intelligentsia tient à distance ce qui est populaire. Ils préféreront toujours Libération au Parisien. J’aime autant Fernando Pessoa qu’un débordement de Cristiano Ronaldo, pour ne pas citer un joueur mort (Garrincha) ou à la retraite (Loubet). Veber ce n’est pas n’importe quoi. On peut aimer Charles Dullin et Toto. Nina Simone et Maria Callas. On a le droit de rire autant avec un bon dialogue de Veber qu’avec l’humour de Tati basé sur l’observation. Depardieu, lui-même, passe de Duras à Obélix !
La colère de Richard Millet fait plaisir à entendre, à lire. Les pamphlétaires n’ont plus le droit d’exister. Les pamphlétaires sont toujours détestés par ceux qui ont pignon sur rue. Millet constate que l’on utilise encore le visage de Delon jeune dans les publicités de 2014. Y-a-t-il plus beau? Non ! Aujourd’hui, on ne fait plus aucune différence entre comédienne et mannequin. Delon lui est un acteur, et il le reste. Les mises au point de Millet donnent à réfléchir. Aucun pouvoir n’a réussi à le faire taire. Depardieu n’a pas eu d’Oscar à Hollywood lors de Green Card car la presse américaine a fait barrage en sortant ses frasques d’adolescence : à les écouter notre « Gégé » n’était qu’un ancien violeur en culote courte ! Refuse-t-il d’être américanisé ? Il fut en fait victime du protectionnisme américain. Manque dans le livre, la présence de Jacky Merveille qui fut à Depardieu ce que Jacques Vaché fut à André Breton. Jacky Merveille, voici un nom et un prénom plus beaux que le meilleur des pseudonymes. Jacky Merveille, Jacques Vaché deux météores qui n’ont pas eu le temps de faire carrière. Merveille encore moins que Vaché. Merveille, un James Dean inconnu. Gérard Depardieu était le meilleur ami de Jacky Merveille, son double. Depardieu doit vivre sans Dewaere, sans Merveille, sans Guillaume. Malgré sa dimension d’hommes d’affaires, Depardieu n’a pas tué sa poésie en lui. « J’ai été obligé d’acheter la maison en face de chez moi pour voir enfin où j’habite », l’ai-je entendu dire. Seul un poète peut dire cela.

-Le corps politique de Gérard Depardieu, de Richard Millet. Pierre Guillaume De Roux, 109 p., 17,90 €

19.09.14

Le tragique parcours des électeurs socialistes: de Jean Jaurès à François Hollande

Issu d’un grand-père paternel abandonné à l’orphelinat je me considère comme un “sans-dent” “illettré".

L’illustration de la détresse des électeurs socialistes: Jaurès, Blum, Mendès France, Mitterrand, Hollande…

“Je ne suis pas un démagogue, ni un comédien (…)Je n’ai jamais triché, jamais cherché à faire croire que j’étais quelqu’un d’autre que ce que je suis” a déclaré François Hollande dans Le Nouvel Observateur daté 11 septembre 2014, page 39.

Jaurès, Blum, Mendès France et Mitterrand, eux, étaient aussi de très bons écrivains. Je suis leur lecteur.
“Le courage c’est de ne pas subir la loi du mensonge qui passe", a écrit Jean Jaurès.

18.09.14

La conférence de presse du Président de la République

Hollande ? On peut dire aussi Pays-Bas.

Cette conférence date du 5 septembre 1961.
Elle est toujours audible pourtant elle remonte à 53 ans. Nous sommes en face d’un virtuose de la langue.
Le 18 septembre 2014 s’est déroulée une conférence à l’Elysée. Croyez-vous qu’on l’écoutera encore en 2067 ?
On est passé de De Gaulle à Hollande comme de Kopa à Ribéry.
Qu’a-t-on vu ce 18 septembre 2014 ?
Quelqu’un nous faire peur pendant 1 heure pour nous dire: la guerre est là, l’ennemi est à notre porte, mais ne vous inquiétez pas, je suis là ! Dormez tranquille !
Ensuite, il a évacué toutes les questions embarrassantes.
On a vu un personnage Closer/ Arlequin qui fait croire qu’il est de la tendance NRF/Pléiade.
Dans la conférence de 1967, le général De Gaulle parle aussi de guerre.
C’est lui qui nous a doté de la force de frappe.
C’était mieux avant ?
Oui! parce que j’avais 9 ans.

Permalien 08:25:09, Catégories: FORZA ITALIA !, GRAND MONSIEUR  

A 38 ans, Francesco Totti est toujours capitaine de la Roma, le club de sa vie

Mercredi 17 septembre 2014
1ere journée de C1
AS Rome 5 - 1 CSKA Moscou
Buts pour la Roma: J. Iturbe (6e), Gervinho (10e, 31e), Maicon (20e), S. Ignashevitch (51e csc.)
But pour le CSKA Moscou: A. Musa (82e)

Les années se suivent et se ressemblent pour Totti.
Tous les joueurs ont la bougeotte et changent de clubs à la vitesse grand V.
Tous sauf un: Francesco Totti, l’éternel capitaine de la Roma.
L’attaquant meneur de jeu vient de débuter une nouvelle saison dans le club de sa vie où il évolue depuis 1989 !
Le Romain rêvait de jouer dans sa ville natale, il y joue et il s’en contente très bien.
Il a tout le temps refuser son transfert: aussi bien au Real Madrid qu’à l’AC Milan.
Joueur de grande classe, footballeur racé, c’est un monument de l’Histoire.
Son palmarès en club est mince. Il s’en moque: il aime Rome. Un point c’est tout.
Cela ne veut pas dire qu’il déteste les autres.
Rome est l’une des plus belles villes du monde.
Pourquoi aller chercher loin ce qu’il a devant la porte ?

Francesco Totti
né le 27 septembre 1976 à Rome

Parcours:
1986-1989 AS Lodigiani
1989 AS Roma 707 matchs (290 buts)
1998-2006 Italie 58 sélections (9 buts)

Palmarès:

Équipe nationale d’Italie
Coupe du monde 2006
Championnat d’Europe Espoirs 1996
Jeux Méditerranéens 1997

AS Roma
Championnat d’Italie 2001
Supercoupe d’Italie 2001 et 2007
Coupe d’Italie 2007 et 2008

Autres résultats de la seconde journée du début de la C1 2015:
Bayern Munich 1 - 0 Manchester City
FC Barcelone 1 - 0 Apoel Nicosie
Ajax 1 - 1 Paris Saint-Germain
Chelsea 1 - 1 Schalke 04
NK Maribor 1 - 1 Sporting Portugal
FC Porto 6 - 0 BATE Borisov
Athletic Club 0 - 0 Shakhtar Donetsk

17.09.14

Des conférences sur Jean Prévost (1910-1944) mort aux combats

Ecoutez le testament de Jean Prévost. Tout y est: courage, humilité, générosité, humour et lucidité. Il était allé jusqu’à titrer Le petit testament ce qui en fait est un gigantesque testament.

«Jean Prévost, écrivain stendhalien»
du 26 au 28 septembre
à Grenoble, Sassenage et Brangues,
organisé par l’Association Stendhal de Grenoble et les Amis de Jean Prévost.

Lorsque je pense aux dirigeants politiques de 2014, j’ai honte d’être français.
Lorsque je pense à Jean Prévost, je suis fier d’être français.
Quand ses confrères se couchaient devant l’occupant,Jean Prévost (1901-1944), lui, a pris les armes au péril de sa vie.
Alors que la politique a dépassé le niveau zéro sous la présidence de l’actuel résident à l’Elysée, traîné dans la boue publiquement dans un torchon littéraire best-seller de la rentrée 2014, il est impératif de se souvenir de Jean Prévost mort pour la France.
Au livre poubelle qui fait un succès de librairie - pauvres lecteurs victimes des médias institutionnels- opposons Jean Prévost qui a tout pour me plaire: il était épris de littérature et de sport. Hermétique au football et au sport d’une manière générale, mon ami Emmanuel Berl a ouvert les colonnes de Marianne au sport, à la demande de Jean Prévost. A la fois écrivain, chroniqueur littéraire et reporter sportif. Vrai vivant, Jean Prévost pratiquait la boxe, loin des rats de bibliothèque. Précision: je parle du vrai Marianne, celui de 1932-1936.

Dans le cadre des 70 ans de la mort de Jean Prévost (1901-1944) mort aux combats, une exposition sur ses liens avec l’œuvre de Stendhal est organisée à Grenoble.
Voici le programme qui rend hommage à l’écrivain résistant, l’honneur des Lettres françaises.

V e n d r e d i 2 6 s e p t e m b r e 2014
● maison du tourisme / grenoble / 14 h 30 (entrée libre)
Conférences : «Jean Prévost, une vie, un parcours»
par E. Bluteau et «Jean Prévost, critique stendhalien» par F. Vanoosthuyse
● salle de la cour d’assises de l’ancien palais de justice /
grenoble / 18 h 30 (entrée libre)
«Prévost, Stendhal et le procès Berthet» par G. Rannaud

sa m e d i 2 7 s e p t e m b r e
● mémorial de la résistance du pont charvet /
côtes de sassenage / 15 h 30
Commémoration du 70e anniversaire de la disparition de Jean Prévost
● parc de la propriété dalloz-gröll /
côtes de sassenage / 16 h (sur réservation)
Jean Prévost et Pierre Dalloz : évocations, lectures, interventions

d i m a n c h e 2 8 s e p t e m b r e
● salle des fêtes / brangues / 16 h 30 (entrée libre)
Conférence : «Jean Prévost, un stendhalien résistant» , auteur de L’Affaire Berthet (1942) par E. Bluteau

Tout le programme est organisé par l’Association Stendhal & Les Amis de Jean Prévost

Informations & réservations : contact@association-stendhal.com et 06 80 68 59 58

site officiel: http://www.jeanprevost.org/

A noter:
24e Salon de la Revue, les 11 et 12 octobre 2014
à l’espace des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple 75004(5Paris)
Les Amis de Jean Prévost vous accueilleront sur leur stand.

Conférence-débat «Ecrivains en Résistance»
jeudi 16 octobre à 18 h 30
à la Bibliothèque municipale de Grenoble avec
Emmanuel Bluteau (Amis de Jean Prévost) et Philippe Barrière, historien spécialiste de la Résistance.
Médiation : Olivier Cogne, directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère.

Permalien 07:21:14, Catégories: LITS ET RATURES  

L’invention de Saint-Germain-des-Prés, d’Eric Dussault. (Vendémiaire)

Un éditeur qui prend pour slogan un vers d’Apollinaire mérite un grand coup de chapeau. C’est le cas de Vendémiaire qui fait suivre son nom par la devise : « Hommes de l’avenir, souvenez-vous de moi ». Le poète hante encore les lieux de Saint-Germain-des-Prés auxquels Eric Dussault rend hommage dans un livre qui comprend un cahier photo sur quelques temps forts dont l’époque des zazous incarnée par Boris Vian et Juliette Gréco dont Miles Davis fut très épris. Près de 250 pages retracent tout le quartier qui est le cœur de la capitale quand les Halles n’en étaient que le ventre.
En 2014, on a beau chercher des artistes à la terrasse des deux Magots ou sur celle du Flore, mais on n’y voit que des vedettes. Aujourd’hui, ce n’est pas au Flore qu’il faut être. La vitrine qui fait vendre est celle des écrans de la télévision. il suffit de voir les politiques qui y couchent. On est passé du monde de l’écrit à celui de l’image. Au temps de Sartre et Beauvoir nous étions à l’entre-deux, à savoir que Paris Match prenait le pas sur Les Nouvelles Littéraires. Le duo starifié des Lettres médiatiques a très vite compris l’usage des médias. De Gaulle et Malraux aussi. Auparavant, Cocteau les avait devancés.
Ecrire un bon livre ne sert à rien si personne n’en parle. Le dernier grand écrivain à se poser en vitrine dans les cafés parisiens est sans nul doute mon ami Albert Cossery. On se marrait bien tous les deux sur le dos des passants. Deux mateurs pas avares de mitraille.
Hier, SGDP était le lieu des libraires. Aujourd’hui quelques fleurons des cathédrales dédiées au papier ont fermé boutique au profit des magasins de mode, grandes marques si possible. A présent, il vaut mieux soigner son look qu’améliorer son intelligence ou sa culture si l’on préfère car lire Tolstoï ne peut pas transformer un âne en vainqueur du Prix d’Amérique. SGDP reste cependant le fief de l’édition et ceux qui s’en écartent ont tout intérêt à y garder une antenne, sinon ils risquent de disparaître du paysage éditorial. On parle de décentralisation pour la galerie. Question politique, édition et show biz tout se passe à Paris. Et ne parlons pas de la presse, même si Internet participe à son éclatement, bénéfique pour les snippers des médias qui ne veulent rouler pour personne en particulier.
Le livre d’Eric Dussault recense tous les temps forts du quartier dans un catalogue de noms qui donnent le vertige aux nouvelles générations qui voit souvent Vian comme s’il remontait au temps de Villon. Pourtant l’après-guerre c’était hier. Où s’arrête et ou commence le quartier qu’on appelle village ? Faut-il y englober tout le périmètre qui va du quartier Latin aux quais de la Seine, côté Palais de Justice ? Disons : Monnaie, Odéon, Notre-Dame-des-Champs et SGDP. Un village avec des villageois de moins en moins présents. L’auteur nous signale qu’en 2014, « il faut débourser 21 000 euros par mètre carré » pour résider dans certains coins de SGDP ! On ne parle plus de villageois mais de riches propriétaires.
On range le livre d’Eric Dussault tout près du Manuel de Saint-Germain-des-Prés de Bison Ravi alias Boris Vian, super guide des lieux, qui a mis ses pas dans ceux de deux prestigieux devanciers : Léon-Paul Fargue et Léo Larguier. SGDP est plus associé à la gauche de Sartre qu’à la droite de Blondin et Nimier qui pourtant y ont usé leurs guêtres après la vague zazou. Les Hussards auxquels il faut associer Jacques Laurent, Michel Déon et Kléber Haedens étaient vu comme des enfants spirituels de François Mauriac, icône de la droite. Le Figaro contre Les Temps Modernes, titre qui pouvait aussi renvoyer à Charlie Chaplin. Je n’ai jamais compris pourquoi un casse-croute au jambon-fromage était considéré comme supérieur à des amuse-gueules avec des canapés au caviar. Les Hussards écrivaient avec des mots quand les existentialistes n’usaient que des idées. Les Hussards ne voulaient pas s’engager sauf dans la littérature. Il fallait du courage pour fréquenter cette école buissonnière quand la vogue demandait d’être communiste.
Le livre ne fait pas l’impasse sur le jazz qui a trouvé refuge à SGDP quand les racistes l’avaient mis à l’index aux Etats-Unis. Vian, encore lui, a été le meilleur attaché de presse des jazzmen, avec Miles Davis en première ligne. Il ne faut pas croire que tout ce beau monde vivait sa liberté au grand air. La police y traquait les homosexuels : Cocteau, Marcel Carné, Roland Lesaffre, Jean Genet. Dès qu’elle recevait une jeune fille, Simone de Beauvoir voyait sa fiche s’agrandir. Les policiers étaient plus proches des voyeurs que de Rouletabille. Sartre apparait dans le registre des alcooliques. Simone Signoret a même été traqué dans les bistrots !
A l’époque, Vian était davantage un rabatteur qu’un écrivain. Sartre et Simone de Beauvoir, le voyaient tel un boute-en-train. Queneau et les frères Prévert avait plus de considération plus lui. Il savait que Vian avait quelque chose à dire et à écrire, avec un ton novateur. Se sachant condamné par la médecine, il vivait à 400 km/h. 200 ce n’était pas assez. Il écrivait des chansons, des romans, des articles, sans oublier de danser le be-bop. La vie de noctambule n’a pas arrangé la santé de Vian car au Tabou, il y a avait tant de fumée de cigarettes que l’on croyait souvent être égaré dans un square de Londres rempli d’un épais brouillard. Et au petit matin, il n’était pas rare de voir les voisins vider leur pot de chambre par la fenêtre afin de viser la tête des bambocheurs qui titubaient sur le trottoir. On est toujours jaloux des gens qui s’amusent. Les ignares étaient terrifiés depuis qu’ils avaient entendu parler que leur quartier subissait les assauts des « existentialistes ». Sous ce vocable ils voyaient plutôt des troglodytes qui s’appropriaient leur espace, en sous-sol comme à l’extérieur. Ces gens dormaient quand sous leur lit jouaient Sidney Bechett, Claude Luter et Claude Bolling. Ils étaient hermétiques à la musique de Duke Ellington et à celle de Louis Armstrong. Quoi des noirs ? Autant dire des sauvages, pour eux.
« Alors Saint-Germain-des-Prés, lieu de mémoire ? Plutôt un microcosme parisien parmi tant d’autres », conclut Eric Dussault. Sévère conclusion pour un lieu prestigieux qui continue de faire courir le Tout-Paris et les touristes qui y affluent en abondance. Des touristes qui viennent aussi de Chine. Pour y chiner deux ou trois souvenirs.

-L’invention de Saint-Germain-des-Prés, d’Eric Dussault. Vendémiaire, 253 p., 22 €

16.09.14

Les huit premiers matchs du tournoi final de la C1 2015

Mardi 16 septembre 2014
1ere journée de C1

GROUPES A ET B
Real Madrid 5-1 Bâle
Liverpool 2-1 Ludogorest Razgrad (Bulgarie)
Juventus Turin 2-0 Malmö
Olympiacos 3-2 Atletico Madrid

GROUPES C ET D
Dortmund 2-0 Arsenal
Monaco 1-0 Leverkusen
Benfica 0-2 Zénith Saint Pétersbourg
Galatasaray 1-1 Anderlecht

Il y a la guerre à peu près partout, la France ressemble à une morte qui agonise mais le football continue.
On a le chef d’Etat que l’on mérite. Et l’actuel locataire de l’Elysée passe son temps dans des affaires privées étalées sur la place publique de manière dégradante.
Ne comptez pas sur moi pour parler de la situation politique mondiale ou des clowns de l’Assemblée nationale.
A quelques exceptions près, les hommes sont fous et complément stupides.
Partant de là, je m’attends au pire à chaque instant.
Je suis dans la peau du type qui peaufine son manuscrit alors que la bombe atomique va tout emporter.
En attendant espérons voir encore un peu de football.
La C1 est de très loin la plus belle compétition.

[Post dédié à Albert Camus et Jack Kerouac]

Permalien 11:15:38, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

539 M€ de chiffres d'affaire à Man United en deuil du fils de Sir Matt Busby

Louis van Gaal n’a pas le choix: il doit qualifier MU pour la C1 2015-2016. MU vient d’acheter pour 200 M€ de joueurs pour le Néerlandais qui dispose d’un effectif de premier choix.

L’aspect financier
Alors que la C1 commence sans Manchester United, le club annonce un chiffre d’affaire annuel de 539,6 millions d’euros, en hausse de 19% par rapport 2013.
Record dans l’histoire du club.
On voit que le travail de Sir Ferguson a vraiment fait gagner beaucoup d’argent à MU.
L’Ecossais était excellent dans tous les domaines. Si MU est resté un grand club c’est grâce à lui.
Pour 2013-14, le bénéfice net des Red Devis s’établit à quasiment 30 millions d’euros.
Les revenus commerciaux de United s’élèvent à 235 millions d’euros.
Avec les droits télé, les contrats avec Adidas ou Chevrolet, les gains en sponsoring augmenté de près de 50 %.
La direction du club annonce une baisse de 47 à 60 millions d’euros à cause de sa non-qualification en Ligue des champions.
La dette de MU continue de baisser: 429 M€. Elle était de 891 millions en 2010.

Le côté sportif
Avec l’afflux de nouveaux joueurs et le départ de 14 anciens, MU est en pleine mutation.
Di Maria s’est adapté de manière impressionnante à MU. Lors du match contre QPR (14-9-2014), Wayne Rooney a inscrit son 175e but depuis ses débuts dans le championnat anglais en 2002. À 28 ans, il rejoint Thierry Henry au 3e rang des meilleurs buteurs de la Premier League. Rooney n’est plus qu’à douze buts du second, l’ex Red Devil Andy Cole (187). Le record appartient à Alan Shearer: 260 buts.

Man United perd un grand supporter
Sandy Busby, le fils de Sir Matt Busby, le père fondateur du MU moderne, première et seconde vagues, vient de mourir.

Permalien 08:53:21, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Popular problems: à 80 ans, Leonard Cohen publie son 13e album

Popular problèmes… Sacré beau titre. Simple, en plus. Tout est dit. Nous sommes logés à la même enseigne.
Avec Bob Dylan, Paul McCartney et Neil Young, Leonard Cohen reste un géant de la chanson moderne.
Son 13e album, Popular problems, est en vente pour ses 80 ans
Leonard Cohen a coécrit neuf chansons. 36 minutes en tout.
Comme toujours il se tient à la lisère du chant et de la récitation, ce qui fait tout son charme.
On ne sait pas s’il effectuera une tournée pour présenter Popular problems.
À 80 ans, Leonard Cohen se situe toujours dans la palette de blues, gospel, country, folk et jazz.
Son timbre éraillé nous vrille l’âme.
Il nous parle à l’oreille, nous chuchote sa mélancolie sans aucune bassesse.
Grande maîtrise des mots et de la musique, à l’inverse de ses imitateurs inaudibles. Sans parler des chanteurs qui ne sont que des machines à cash.
Leonard Cohen, lui, nous enveloppe de son amitié auditive.

[Post dédié à Saga]

15.09.14

Les bonheurs du week-end: Bosetti, Menez et Blind. Dans la société moderne, tout décline (politique, littérature, cinéma...) sauf le football

Pouvez me dire où sont les nouveaux de Gaulle, Jean Moulin, Albert Camus, Jean Gabin et Raimu ?
Aujourd’hui, on voit un histrion se moquer d’Alain Delon lors des Césars.
Aujourd’hui, on voit la décadence politique: affaire de mœurs, déballage de maîtresse de président, escroquerie de deux membres du gouvernement PS, magouille de président de parti de la droite.
Dans l’édition, pour un Houellebecq combien d’imposteurs du PAF bons qu’à faire le tapin médiatique ?

Au football, il y a l’argent de partout, l’arrêt Bosman qui aide les plus puissants mais on peut voir encore de beaux moments.
Que pèsent la main de Thierry ou le bus de la honte de 2010 ?
Rien, absolument rien face de deux élus socialistes devant l’Assemblée nationale et à la table du conseil des ministres.
Ce week-end, du 14 septembre 2014, on a eu le beau but du Niçois Bosetti avant-centre de l’OGCNICE, le club de sa ville natale. On a eu la révélation de Daily Blind à Manchester United, et on a eu encore le grand pont et la talonnade de Menez pour l’AC Milan.
Voilà une suite de bonheurs que la politichiens sont incapables de nous donner.
Les politiques français ne sont plus que de pitoyables citoyens qui se prennent pour de médiocres vedettes de cinéma.
La parole politique est d’une médiocrité sans fin. D’une bêtise sans cesse renouvelée.
Au football, on a eu hier Puskas, Di Stefano, Cruyff, Maradona, Platini.
Et aujourd’hui, après Ronaldo 1er et Zidane, on a C. Ronaldo, Messi, Ibrahimovic et Di Maria.
Le football maintient sur le terrain sont niveau d’excellence.
Je prends mon miel où je le trouve et sur les terrains de football il y en a beaucoup.

Permalien 09:05:24, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Les débuts fantastiques de Dailey Blind à Man United: 112 passes contre QPR !

Dimanche 14 septembre 2014
Man United 4-0 QPR

Fils de Danny Blind, le défenseur historique de l’Ajax qui a remporté la C1 1995, Dailey Blind a de qui tenir.
Chez les Blind, le talent est héréditaire.
Quand on voit jouer Dailey Blind on se croit revenu au temps de Neekens, Cruyff et de Rudi Krol.
Grand, il a un jeu limpide avec une grande harmonie gestuelle.
J’ai tout de suite vu le Red Devil en lui. La grinta chevillée au corps.
Il est appelé à marquer le club de son passage. Il a rayonné pendant 90 minutes.
Sa transmission de passe est on ne peut plus parfaite. Il a la vista !
Les fans de Manchester United se sont réconciliés avec leur équipe ce 14 septembre.
La victoire fut belle. Di Maria a été bon mais on sait de quoi il est capable: le Real Madrid porte le deuil du football de l’Argentin.
Retenons que le joueur de MU qui a aussi illuminé Old Trafford de toute sa classe ce fut Blind, dans l’entre jeu.
Pendant tout le match, son premier, le Néerlandais Dailey Blind a été parfait: 112 passes effectuées.
Van Gaal a procuré son premier grand plaisir aux millions de fans de MU.
Le transfert de Dailey Blind est d’un apport considérable au fond de jeu de MU. Un touche Scholesienne.

Dailey Blind
né le 9 mars 1990 à Amsterdam (Pays-Bas
)
Formation: Ajax Amsterdam

Parcours professionnel:
2008-2014 Ajax Amsterdam
2009-2010 Groningue
2014 Manchester United
Sélection nationale des Pays-Bas: 2013 19 sélections (1 but)

Palmarés à l’Ajax :
Champion des Pays-Bas 2011, 2012, 2013 et 2014

[Post dédié Ryan Giggs et Paul Scholes]

Permalien 08:50:20, Catégories: FORZA ITALIA !, GRAND MONSIEUR  

Le chef d'oeuvre de Menez lors de Parme 4-5 AC Milan

Dimanche 14 septembre 2014
Serie A
Parme 4-5 AC Milan
Buts pour Parme: A. Cassano (51e), M. De SciglioG. Bonaventura (37e), N. de Jong (68e)
Buts pour Milan: G. Bonaventura (25e), K. Honda (37e), J. Menez (45′pen., 79e), N. de Jong (68e)

Pipo Inzaghi fait des débuts fantastiques au poste de coach sur le banc de l’AC Milan.
Après sa victoire 3-1 contre la Lazio Rome, l’AC Milan vient d’en claquer 5 à Parme !
Certes la défense milanaise a pris l’eau mais le spectacle était au rendez-vous.
On sait que la Serie A n’attire plus les grands joueurs faute d’avoir plein d’argent.
Désormais l’argent est en Angleterre, en Espagne, en Allemagne.
C’est pourquoi les clubs ne peuvent plus s’offrir Ronaldo comme hier Zidane.
Alors, ils font venir le second choix, comme J. Menez mais le but qu’il a marqué contre Parme signifie que c’est un joueur de classe. Deschamps va devoir le rappeler car un joueur qui marque un but comme celui face à Parme, il n’y en a pas deux en France.
Le PSG du Qatar a vendu Sakho, Menez… C’est triste et révoltant de voir trois Français priés d’aller voir ailleurs. Man United a aussi liquidé Welbeck, natif de la ville expulsé à Arsenal ! Il y a des valeurs qui se perdent. Celles qui consistent à prendre soin de ses enfants.

14.09.14

Permalien 16:37:12, Catégories: THE RED DEVILS  

Manchester United passe enfin la première contre QPR !

4e journée de Premier League
Dimanche 14 septembre 2014
Manchester United (14e) 4-0 QPR (12e)
But pour MU: Di Maria (24e), Herrera (36e), Rooney (44e), Mata (58e)

De Gea/ (6) N’a pas eu grand chose à faire. A fait une petite erreur sans conséquence
Rafael (7) Bonne rentrée percutante. Puis Valencia (67e) (5) Bien intégré au match
Blackett (5) N’a pas eu à beaucoup travailler
Evans (7) Bon match
Rojo/ (6) Début correct
Blind/. (10) Match exceptionnel: 112 passes dans le match! Très gros apport dans le jeu. Un grand Red Devil est né
Di María. (10) Match plein, remuant et précis. Puis Januzaj (82e) Non noté
Herrera/ (8) Intéressante participation au jeu. Beau but placé
Mata/.(7) bon match. Puis Falcao (67e) (4) Quelconque
van Persie (4) Inexistant
Rooney (10) Grand match. Des passes de 40 m, avec changement d’axe, d’une précision scholesienne

Sur le banc: Lindegaard, Fletcher, Pereira, Shaw

Manager: Sir Alex Ferguson Louis van Gaal (10). Par provocation j’avais inscrit la présence de Fergie en filigrane mais van Gaal a enfin trouvé la bonne formule pour un match de MU. Certes l’opposition était inexistante avec Rio Ferdinand en face de MU - lui l’ancien capitaine d’United !- mais faut reconnaître que le 4-1-2-1-2 a très bien carburé. La satisfaction a été Blind devant la défense à quatre. J’espère que le coach en a fini avec la catastrophique défense à trois.

Il aura fallu quatre matchs pour que MU en gagne enfin un.
Depuis le départ de Sir Ferguson, on n’avait pas vu MU avoir tant d’emprise intelligente sur un match !
Les nouveaux de MU se sont bien intégrés. Di Maria a démontré l’étendue de son talent avec des passes inouïes, depuis Cantona on n’avait pas vu autant de fantaisie intelligente. En plus, il a la baraka sur son premier but sur coup franc que personne ne touche et que le gardien n’a pas vu venir. Sur le but de Mata, il rate un tir qui devient passe décisive !
Ce MU a été beau à voir, on a revu de grandes séquences de jeu. Un très bon MU. Pourvu que ça dure.
La grande leçon à retenir: MU doit jouer avec 4 défenseurs à l’arrière.
MU devrait enchaîner les victoires pour sauver sa saison. Un grand MU ne perdrait plus. Ce qui est le minimum quand on sait que MU ne joue pas en C1.

PS: Smalling, Jones, Carrick, Fletcher doivent avoir l’impression d’être nouveaux dans le vestiaire. Ne parlons pas du touriste Fellaini, un vestige de l’époque Moyes autant dire une erreur de casting comme Bebe sous Sir Ferguson.

Permalien 07:52:53, Catégories: THE RED DEVILS  

Le triste programme de Manchester United

4e journée de Premier League
Dimanche 14 septembre 2014 (17 h, Canal + Sport)
Manchester United (14e) - QPR (12e)

21 Septembre 2014
Leicester City V United (14 h 30)

27 Septembre 2014
Man United - West Ham (16 h)

Comment va se présenter MU à 17 ?
De Gea/
Rojo, Blind, Rafael/
Shaw, Di Maria, Herrera, Valencia/
Rooney, Falcao, van Persie
Dans ce cas cela fait 6 nouveaux Red Devils… Une révolution ?
Va-t-on assister à une nouvelle débandade ou au commencement d’un ère solide ?
Je n’en sais rien. Je n’ai plus aucun point de repaire, comme les joueurs actuels!
J’en profite pour remercier une fois de plus Cantona, Ferdinand, Vidic, Scholes et Giggs. Avec eux on savait à quoi s’en tenir.
Les nouveaux arrivés vont devoir être très costauds mentalement. Ils peuvent vite être ridicules.
Quand on voit le calendrier actuel de MU, on a du mal à le croire.
Une vraie misère.
Rien que des affiches quelconques.
Sous Sir Ferguson, cela ferait 9 points sur 9. Outre la victoire, nécessaire, il y avait la grâce.
Là, on ne sait plus sur quel pied mourir. La douche écossaise ! Sans Ecossais.
Van Gaal a des statistiques affligeantes, même si ce n’est que le début. Le début de quoi ?
Maintenant, MU est au fond de la classe: 14e. Une vraie honte, comme si La Callas chantait faux !
On nous promet monts et merveilles avec les nouveaux arrivés. Je demande à voir.
Je reste froid face à cette politique de noms jetés en pâture aux fans comme si nous étions des phoques sur lesquels on lance des poisons morts.
Chelsea a déjà 12 pts. Soit 10 de plus que MU. 16e au coup d’envoi du match contre QPR. Quelle honte !
Mardi 16 septembre, il y aura une soirée de C1, sans MU.
A 21 h, les soirs de C1, les Red Devils seront devant leur télé, au cas où le football les intéresse encore.
Dans ce contexte, MU devrait gagner le championnat haut la main.
On en est loin.
La page Sir Ferguson a été très lourde à tourner. C’est fait.
Louis van Gaal a tout à prouver.
Pour l’instant, il a fait sortir le chéquier au trésorier de MU.
Rien de plus. Et ça, n’importe quel entraineur au monde peut le faire.
Van Gaal doit s’impliquer davantage pendant les matchs et non rester simple spectateur, passif comme une statue.
Face aux journalistes, il donne l’illusion de la force. Pendant les matchs, on ne voit que son stress masqué par une forme de détachement.
Pas terrible comme langage corporel.

Permalien 07:42:11, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Les expressions les plus truculentes de la langue française, de Daniel Lacotte. (Larousse)

Le nouveau Lacotte est arrivé !
Attention! Un Lacotte peut en cacher un autre, c’est le lexicographe Lucky Luke. Vous avez à peine le temps de refermer son dernier livre qu’un nouveau arrive. Chacun de ses livres est un cadeau aux lecteurs. Un livre de partage, de transmission. Il est service du français.
Si vous me suivez vous me direz que le Daniel il a la cote avec moi. Dès qu’il rend la copie, je suis là pour la recevoir. J’ai un immense plaisir à servir de facteur quand le courrier de belle facture doit être livré afin de ne pas rester lettre morte. Je ne salue pas tous les livres, loin de là.
Jadis j’usais du bazooka. Je l’ai rangé au rayon des antiquités. Il y a peu on m’a demandé de parler des livres que je n’aime pas. Impossible: je ne les lis pas !
Avoir les portugaises ensablées.
Marcher à côté de ses pompes.
Danser devant le buffet.
Aimer une chèvre coiffée.
Voilà un exemple des expressions que décortique mon lexicographe préféré. Il manie l’humour avec une grande dextérité. Du travail sérieux sans jamais monter sur les grands chevaux du savoir.
Le cerveau de Daniel Lacotte est une banque de données du français. Le CNRS du langage à lui tout seul. L’ENA de la trouvaille. L’HIDEC de la formule visuelle. L’Opéra des mots qui se font écho. Un ouvrage à picorer ici ou là. Un livre de chevet. Celui de l’amitié d’un écrivain qu’on nous délivre la bonne parole pour que l’on soit moins ignorant.

-Les expressions les plus truculentes de la langue française, de Daniel Lacotte. Larousse, 256 p., 12, 90 €

Permalien 00:24:49, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

McCartney dévoile ses trois chansons préférées des Beatles

Paul McCartney et John Lennon sont les André Breton et Philippe Soupault de la chanson. Ils ont révolutionné leur temps. Dans les années 1960, on parlait musique. En 2014, on n’entend plus parler que de religion. Malraux l’avait annoncé. McCartney et Lennon furent sans doute les plus grands amis de la terre, à un moment donné.

On aurait pu croire Paul McCartney incapable de choisir ses chansons préférées parmi les innombrables titres des Beatles. Ce n’est pas le cas. Le musicien a un Top 3 et il l’a dévoilé sur la BBC. Sachez que la chanson favorite de Paul McCartney est Here, There and Everywhere. Le titre, figurant sur l’album Revolver, occupe la première place dans le cœur de l’artiste.

-«J’ai un souvenir très émouvant à propos de cette chanson. Nous étions en train de tourner le film Help ! et je partageais une chambre d’hôtel avec John. On écoutait les titres de l’album et en écoutant celui-ci, il s’est retourné vers moi et m’a dit : “C’est un super titre, vraiment.” Et, vous savez, il ne faisait pas beaucoup de compliments donc, pour moi, ça voulait plutôt dire : “waouh, génial” »,

La chanson que Paul McCartney place sur la seconde marche du podium est Let it Be.
-«Je choisis cette chanson simplement parce que ma mère est venue dans l’un de mes rêves pour m’inspirer cette chanson. »

La troisième chanson préférée de Paul McCartney n’est pas une chanson des Beatles mais l’une de ses chansons à lui. Il s’agit de Here Today. Le titre, paru sur l’album Tug of War (son quatrième album) est un hommage à John Lennon.
-«Ce titre est plein d’émotions pour moi.»

13.09.14

Permalien 14:25:44, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

Le derby madrilène Real-Atletico avec Chicharito dans la Maison Blanche

Autant Benzema est un joueur de relais, autant Chicharito est un finisseur explosif. Ils ne sont pas rivaux mais différents. A Ancelotti de savoir les utiliser aux bons moments.

3e journée de Liga
Samedi 13 septembre 2014 (20 h, Bein Sport 2, redif à 22 h 15 sur BS2)
Real Madrid (10e) - Atletico (5e)
*

La grande différence entre Ancelotti et van Gaal c’est que l’Italien donne sa liste de joueurs la veille du match alors que le Néerlandais ne donne rien à la presse. Man United aurait du prendre un cador pour le poste de coach: le Bayern Munich a Guardiola et le Real, Ancelotti. Chelsea ? Mourinho. MU ? Van Gaal. Les trophées du Néerlandais sont plein de poussière tant ils sont anciens.

Carlo Ancelotti a convoqué 19 joueurs pour la rencontre au Santiago Bernabéu:

Gardiens : Casillas, Keylor Navas et Pacheco.
Défenseurs : Varane, Pepe, Ramos, Coentrão, Marcelo, Arbeloa et Nacho.
Milieux de terrain : Bale, Kroos, James Rodríguez, Modric, Isco et Illarra.
Attaquants : Cristiano Ronaldo, Benzema et Chicharito.

Chicharito entre pour la première fois dans la convocation de la Maison Blanche.

Extraits de la conférence d’Ancelotti:

Cristiano Ronaldo:
- “Il est au top. Il s’est très bien entraîné cette semaine et se trouve dans une condition physique optimale. Il n’a aucun problème. Il joue quand il est bien et n’est pas fatigué. Il ne se risque pas à une blessure. Il a eu de petits problèmes, mais la gestion a été bonne l’an dernier parce qu’il a marqué beaucoup de buts. L’an passé, il a eu des problèmes de rotule dont il a récupéré. Cette année, il a eu des problèmes aux ischios, mais n’a pas de blessure chronique. Il doit faire un travail de prévention, comme tous les joueurs, mais il est là-dedans le numéro 1″.

Iker Casillas :
-"Il n’a jamais perdu la confiance. Nous l’avons félicité pour son anniversaire avec le Real Madrid et nous lui souhaitons le meilleur pour le futur. Il a la confiance de toujours".

Chicharito:
-"Nous sommes très contents parce que ce n’est pas seulement un grand joueur mais également une personne très positive, avec beaucoup d’envie et d’enthousiasme. Je suis très content qu’il soit ici et je crois qu’il va beaucoup nous aider. Il ne sera pas titulaire, mais je crois qu’il va être utile. C’est un joueur différent de Karim. Benzema a une technique fantastique pour l’équipe et aide les milieux. Chicharito est plus dans la profondeur et très bon pour se fixer sur la ligne défensive de l’adversaire".

James Rodriguez:
-"Il ne va pas beaucoup changé par rapport à ce qu’il a fait l’an dernier. Il arrive dans une nouvelle équipe et a besoin de temps pour s’y habituer. Je suis content de ce qu’il a fait jusqu’à aujourd’hui. C’est normal qu’il ait des difficultés au début, comme toute l’équipe, mais je suis certain qu’il va s’améliorer et va contribuer de manière positive à l’équipe".

* RESULTAT
Real Madrid 1-2 Atletico Madrid
But pour le Real: C. Ronaldo (26e pen.)
But pour l’Atletico: Tiago (10e) et A. Turan (76e)


Pas terrible, terrible. Les visiteurs ont été plus réalistes avec un second but magnifique: un coéquipier a fait feinte de corps pour laisser passer le ballon vers Turan qui a marqué.
CR7 a joué une belle première mi-temps avant de disparaître.
Benzema a été maladroit avant de céder la place à Chicharito qui n’a jamais eu un seul beau ballon.

L'erreur historique de van Gaal: avoir transféré Welbeck à Arsenal

Welbeck à Arsenal. Chicharito au Real Madrid. Van Gaal a intérêt de réussir à MU avec ses pièces rapportées car sinon un déluge de critiques va s’abattre sur lui. Van Gaal a cassé le vestiaire de MU et il pousse les fans de MU a s’intéresser de très près à Arsenal et au Real Madrid. On sait ce que nous ont donné Welbeck et Chicharito. On sait qui on a perdu mais on ne sait pas qui on a gagné en échange. Falcao et cie sont des puceaux d’Old Trafford.

4e journée de Premier League
Samedi 13 septembre 2014 (13 h 45, Canal + Sport)
Arsenal (7e) - Manchester City (4e)
*

Les fans de Man United en veulent à van Gaal qui a chassé du club Welbeck et Chicharito, deux Red Devils très aimés.
Van Gaal a comparé Welbeck à van Persie et Rooney, c’est signer son incompétence.
Van Persie était le chouchou de Sir Ferguson qui lui dressait le tapis rouge.
Rooney, lui, a été sacrifié pour faire bien jouer le Néerlandais… d’Arsenal !
Et Welbeck ? Lui, le natif de Manchester, formé à MU, n’était utilisé que pour des fonctions défensives à 70%.
Wenger a très bien de le faire venir à Arsenal.
Positionné dans l’axe, Welbeck est rapide, ultra rapide. Plein de bonne volonté. Un athlète en action. Grand sens de l’espace. Il lui faut être plus lucide devant le but, être moins précipité. C’est un coéquipier exemplaire. Un très bonne pioche pour Arsenal.
S’il s’adapte bien dans le jeu des Gunners, il va faire un massacre vu les milieux de terrain à la disposition de Wenger.
Van Gaal aurait dû mieux regarder les matchs de Welbeck. Wenger connaît mieux Welbeck que van Gaal.
Ce n’est pas parce que Welbeck a raté une occasion en C1 qu’il fallait le condamner.
Welbeck va réussir à Arsenal car il jouera en pointe.
Wenger savait que Welbeck perdait son temps à MU avec van Gaal.
Ce transfert semble signifier la mort du centre de formation de Man United.
Formé à MU, Welbeck va faire les beaux jours d’Arsenal !
Bobby Charlton nous endort quand il dit croire dans la politique de van Gaal.
MU c’est Busby, Ferguson, Welbeck.
Qui est-ce Van Gaal ? Un mercenaire du coaching.
Pour l’instant bon qu’à agiter le carnet de chèque de Man United, rien de plus.
Arsène Wenger, lui, a trouvé le club de sa vie: Arsenal.
Plus le temps passe, plus Wenger devient grand.
Hier, on disait qu’il fait du surplace. Aujourd’hui, sa fidélité est très belle à voir.
Il faut aimer ce que l’on aime.
Et quand il choisit Welbeck, il agit comme Sir Ferguson qui faisait venir Carrick à MU, par exemple.
Bonne chance à Danny Welbeck !

* RESULTAT
Arsenal 2-2 Manchester City
Buts pour les Gunners: J. Wilshere (63e) et A. Sánchez (74e)
Buts pour les Citizens: S. Agüero (28e) M. Demichelis (83e)

Après un début de match terne, un peu à l’avantage d’Arsenal, c’est City a ouvert le score.
Les Gunners sont parvenus à égaliser et à reprendre l’avantage.
Déstabilisés par la blessure de Debuchy, les Gunners se sont mis hors du match, ce qui a permis aux visiteurs de revenir.
Wenger serait bien inspiré de titulariser Ospina dans la cage de son équipe. Le Colombien est beaucoup plus sûr que le gardien polonais qui a un gros problème de concentration.

"Heinrich Himmler d’après sa correspondance avec sa femme 1927-1945" (Plon)

D’aucuns s’étonnent qu’on puisse être à la fois un nazi et un bon père de famille, mais l’écrivain Martin Heidegger n’avait-il pas lui aussi sa carte du parti nazi ? Himmler écrivait délicatement ma “Chère petite femme en or” avec ses mains ensanglantées de bourreau.

Le carriériste dans l’horreur, Heinrich Himmler, (1900-1945), fils d’enseignant, a été élevé dans la bourgeoisie allemande. Il se fait remarquer comme orateur et devient chef des SS.
Dans l’hitlérisme, il commandait la terreur et la chasse aux Juifs.
C’est lui qui dirigeait la planification pour l’extermination. Il se suicida le 23 mai 1945 après son arrestation. Un acte de courage ? Non, dans ce cas-là c’est de la lâcheté absolue.
Sa femme Margarete qui partageait tous les points de vue de son mari, elle, est morte en 1967.
En marge de son mariage, Himmler fit un autre foyer avec une maîtresse attitrée.
Le couple antisémite officiel formé dès 1927 a tenu jusqu’au bout malgré le double foyer. Himmler ne parle jamais d’extermination mais de «travail». (sic)
«Chère petite femme en or», «Je t’aime de tout mon cœur», «J’embrasse tes chères bonnes mains et ta bouche douce», «Très chère petite femme aimée», «Ma douce, ma chère, ma bonne !», «Je t’embrasse et te cajole». Voilà comment s’exprimait le tyran de la solution finale. Dans le cahier-photo, on voit le chef SS en famille, avec une canne à pêche, en train de jouer au tennis. Mister Heinrich et docteur Himmler.
Tout peut recommencer. Vigilance.

-Heinrich Himmler d’après sa correspondance avec sa femme 1927-1945, édition critique établie par Michael Wildt et Katrin Himmler. Traduit de l’Allemand par Olivier Mannoni. Plon, 377 p., 22 €

12.09.14

Le Man United de van Gaal fait la grande lessive de l'ère Sir Ferguson

Après la soporifique séquence des matchs internationaux que j’ai boycotté de A à Z voici revenu le temps des championnats nationaux beaucoup plus intéressants. Jouer un match international est devenu si barbant que Ribéry ne veut plus en jouer. De ce point de vue là on ne peut que le comprendre.

Manchester United vient d’enregistrer 8 arrivées et 15 départs !
Les arrivés ont tout à prouver, y compris van Gaal.
Dans les partants Welbeck et Chicharito ne représentent pas une bonne nouvelle. Van Gaal a dit que Welbeck n’avait pas les statistiques de Rooney et de van Persie, sauf qu’il ne joue pas de la même façon. Welbeck faisait beaucoup de présence défensive en n’étant pas titulaire en début de match. A Arsenal, il jouera plus en pointe. Chicharito, lui, est un as des démarrages explosifs. Son départ à MU est un grave manque et le Real Madrid a touché le gros lot avec le Mexicain. Benzema va le sentir passer.

Les arrivées et départs à Manchester United pendant de mercato d’été 2014

ARRIVÉES
Daley Blind (Ajax)
Angel Di Maria (Real Madrid)
Radamel Falcao (Monaco, prêt d’une saison)
Timothy Fosu-Mensah (Ajax, en attente d’autorisation)
Ander Herrera (Athletic Club)
Vanja Milinkovic (FK Vojvodina)
Marcos Rojo (FC Porto)
Luke Shaw (Southampton)

DÉPARTS
Bebe (Benfica)
Alex Büttner (Dynamo Moscou)
Tom Cleverley (Aston Villa, prêt d’une saison)
Patrice Évra (Juventus)
Angelo Henriquez (Dinamo Zagreb, prêt d’une saison)
Javier Hernandez dit Chicharito(Real Madrid, prêt d’une saison)
Shinji Kagawa (Borussia Dortmund)
Mike Keane (Burnley, prêt jusqu’en janvier)
Tom Lawrence (Leicester City)
Vanja Milinkovic (FK Vojvodina, prêt d’une saison)
Nick Powell (Leicester City, prêt d’une saison)
Nani (Sporting Lisbonne, prêt d’une saison)
Guillermo Varela (Real Madrid, prêt d’une saison)
Danny Welbeck (Arsenal)
Wilfried Zaha (Crystal Palace, prêt d’une saison)

Hommage à François Truffaut, à Charles Denner, à Suzanne Schiffman, à Antoine Duhamel (Librio, Flammarion, Cinémathéque française)

Alors que je me préparais à célébrer une fois de plus François Truffaut, j’apprends la mort d’Antoine Duhamel (1925-2014), le grand compositeur associé à la Nouvelle Vague, expression trouvée par François Giroud.

« Nous avons écrit, Suzanne Schiffman, Michel Fermaud et moi, le scénario de L’homme qui aimait les femmes, à l’intention de Charles Denner et par admiration pour lui », dixit François Truffaut. Le regretté comédien a eu de la chance d’être servi de la sorte par cet excellent trio.
Le film de 1977 est un film culte. Le film d’une génération. Le cinéroman est de nouveau disponible. C’est l’histoire de l’écrivain Bertrand Morane, grand amoureux qui laisse libre cours à ses pulsions vers la gente féminine. C’est le moins que l’on puisse dire.
Au début du livre, je tombe sur : « Bertrand aurait apprécié le spectacle de son propre enterrement… »
J’étais présent à celui de Truffaut.
J’avais l’impression d’être dans l’un de ses films tant ses comédiens et comédiennes étaient présents. Il y avait beaucoup de monde sur le pont de Caulaincourt. A la fin, je suis resté seul à seul face à son tombeau.
Truffaut incarne la France dans toute sa splendeur. L’esprit français, à la fois grave, profond et primesautier. Il y a la mort partout dans son œuvre. La mort des sentiments.
« Ni avec, ni sans » fait-il dire à l’un de ses personnages. La série des Antoine Doinel reste un temps fort du cinéma mondial. Truffaut avait beaucoup souffert dans son enfance. On sent cette angoisse dans ses films, une angoisse du temps qui passe, de l’impossibilité de pouvoir choisir quand il est devant quatre sentiers. Pourquoi celui-là et pas les trois autres ? Il aurait voulu aller dans les quatre directions, poussé par l’appétit de vivre.
A force d’avoir peur de rater quelque chose, on peut rater l’essentiel. Parfois sa vie se joue comme à la roulette russe.
Quand Jean-Pierre Léaud dit « Monsieur » à Delphine Seyrig on atteint le sublime. Truffaut n’était pas un faiseur mais un artiste sincère. Il savait de quoi il parlait.
Truffaut était très intelligent. C’était un grand lecteur. Un autodidacte comme je les aime. Intelligent et sensible, l’un ne va pas sans l’autre. Il savait placer la caméra et diriger. La nuit américaine est du niveau de Lubitsch. Sa filmographie est grandiose. Capable de faire Le Dernier métro ,La chambre verte et La peau douce.
Il a vécu aussi vite qu’il parlait : un débit de mitraillette. J’ai sa voix dans l’oreille. Il a passé sa vie à travailler comme s’il était certain de mourir jeune. Il a tourné au moins 5 très grands films. C’est beaucoup.
Il connaissait le cinéma par cœur. On peut lire des articles, lire et relire. Par exemple, il salue La traversée de Paris de Claude Autant-Lara alors qu’il n’aimait pas ses anciens films tellement empesés. Relire Truffaut nous permet de retomber sur :
-«Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le monde, lui donnant son équilibre et son harmonie.» Je cite de mémoire. Ce Truffaut-là c’est mon préféré, celui qui enfant allait chaparder les photos de film à l’entrée des cinémas. Un peu de poussière d’étoiles pour supporter le réel.
Dans ses films, les adultes fabriquent souvent des jouets. Denner, Truffaut, deux amis qui restent avec nous. Duhamel aussi. Je suis une nécropole ambulante.

-Les films de ma vie, de François Truffaut. Préface d’Emmanuel Burdeau. Champs/ Flammarion
-Le plaisir des yeux, de F. Truffaut. Champs/ Flammarion
-L’homme qui aimait les femmes, de F. Truffaut. Librio, 90 p., 3 €
Exposition François Truffaut, Cinémathèque française, du 8 octobre 2014 au 25 janvier 2015.

11.09.14

Permalien 09:36:09, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le livre de l’eau, d’Edward Limonov (Bartillat)

Dans sa préface, Edward Limovov nous avertit qu’il aurait pu titrer ce livre de 2002, Le livre du temps. Celui qui passe et qui ne revient plus. L’eau aussi passe et on a le sentiment qu’elle ne s’arrête jamais alors que ce n’est jamais la même. L’eau convient mieux à ce livre. L’eau c’est le symbole de l’amour.
Bien sûr, Limovov s’aime beaucoup. Il faut beaucoup s’aimer pour aligner tant de mots, certain qu’ils vont passionner des gens. Tous les grands désespérés s’aiment beaucoup. Heureusement, Limovov aime aussi les gens, ses contemporains qu’il scrute comme un entomologiste. Tous les jours, où qu’il soit, il se brûle le regard au contact des autres.
« J’ai compris que le genre le plus moderne est la biographie. C’est ainsi que j’ai suivi mon chemin. Mes livres, c’est ma biographie : dans le genre “vies des hommes illustres” ». On ne peut pas être plus clair. Limonov a souvent risqué sa vie : ce n’est pas un auteur de salon littéraire qui parade sans cesse à la télé dans des émissions débiles.
De l’eau, encore de l’eau, toujours de l’eau. On s’y noierait tant il y en a. A bien y réfléchir c’est bien logique puisque la surface de la terre est pleine d’eau. Sans eau, on ne ferait pas de vieux os. Il serait fastidieux de citer tous les endroits visités par l’écrivain, grand voyageur. Où qu’il aille, il voit toujours avec ses mêmes yeux comme Henri Cartier-Bresson faisait du HCB, à Paris comme en Inde.
Du Limonov c’est quoi ? Mieux qu’une caméra, il décode l’invisible, toujours avec un humour froid. A propos du bassin central situé dans les jardins du Luxembourg, il note : « si vous y allez et que vous cherchiez mon reflet dans l’eau, je suis sûr que vous le trouverez ». L’eau encore l’eau toujours l’eau. Tout le livre est une suite d’instantanés pris sur le vif. Ses anciennes visions remontent à la surface de la vie. Limonov parle de biographie. Oui, de biographie transcendée grâce à la littérature. Les chapitres de cet herbier maritime forment une suite d’autoportraits, plus Bacon que Rembrandt.

-Le livre de l’eau, d’Edward Limonov. Traduit du russe par Michel Secinski. Bartillat, 287 p. , 20 €

10.09.14

Décryptage. De "C'est tout pour le moment" (Secret Story) à "Merci pour le moment" de V.T

Tiré initialement à 200 000 exemplaires, Merci pour ce moment (Les Arènes, 320 p., 20 €) s’est vendu à 145 000 exemplaires, dont 131 000 pour l’édition papier. La version numérique a atteint 14 000 ebooks, soit grosso modo 10 % des ventes. Tout ça en moins d’une semaine. Les ventes vont se poursuivre. Les lecteurs les plus malins, eux, se procurent une édition pirate en PDF.

Nous sommes en présence d’un best-seller savamment orchestré comme quoi c’est possible de préméditer un succès commercial.

Dans ce cas, voici sa construction:
-le héros principal est le président de la République en exercice
-l’auteur est son ex compagne
-le sujet: le récit d’une femme trompée publiquement. La parallèle est évident: beaucoup de lecteurs ont eux aussi la sensation d’avoir été trompés par le président qui avait dit qu’on n’entendrait plus parler de sa vie privée et que son mandat se déroulerait avec d’honnêtes gens: on a vu le résultat avec deux ministres fraudeurs.
-le livre sort vendu sans campagne de promotion ni publicité
-l’auteur ne fait aucune émission. Cela crée une frustration chez les lecteurs qui sont pour beaucoup des lectrices
-Paris Match a réussi à battre internet: c’est la victoire du papier sur Internet d’habitude leader dans la course aux informations. Cette fois les extraits sont dans la presse écrite vendue en kiosques, qui est ni plus ni moins, le journal dans lequel signe régulièrement l’auteur journaliste maison
-le titre du livre rappelle une phrase de l’émission phare de TF1: “C’est tout pour le moment". L’ouvrage est bien dans la tendance Secret Story. Le président avait un secret- une liaison avec une autre femme
-dans le livre on suit les aventures de V.T. comme à la télé on peut suivre celles des Kardashian ou de Nabilla. Jadis, on avait Martine à la plage, Martine à la montagne

La maison d’éditions des Arènes a parfaitement réussi son coup éditorial en masquant la sortie de son produit jusqu’à quelques heures de sa parution. Au niveau commercial c’est parfait. Il y avait une grande attente, une forte demande. D’habitude c’est la presse, des gens extérieurs qui bavardent sur les gens du PAF, cette fois c’est l’un d’eux qui s’exprime. Du Closer sur 320 pages. D’un point de vue stratégique et économique, le livre est une opération fort bien menée. Chapeau !

Dernières péripéties du show élyséen: pendant que l’actuel locataire de l’Elysée tente d’étouffer le feu dans les médias, celle dont tout le monde parle a fait un passage remarqué dans le village d’Ambatomahamanina (Madagascar), pour y inaugurer six nouvelles bornes-fontaines financées par le Secours populaire. Un séjour pour faire aussi un reportage (voir le site de Paris Match)*. On en est à faire un reportage sur quelqu’un qui fait un reportage. C’est Lady Di transformée en Hemingway !

* http://www.parismatch.com/Actu/International/Valerie-Trierweiler-son-reportage-a-Madagascar-590754

09.09.14

Je suis supporter du Standard, multi diffusé sur C+

Je suis supporter du Standard
comédie franco-belge
de et avec Riton Liebman (2013)
avec Léa Drucker
Multi diffusé sur C+, Canal Sat, en septembre

Film à voir. Il n’y en a pas 50 sur le sujet.
Vous savez que les hautes sphères de l’intelligentsia considèrent le football comme un sport de débiles, à quelques exceptions près. Et s’ils daignent en parler c’est parce que le football génère de l’argent.
A part ça, ils n’y comprennent rien, sont hermétiques à la mystique du sport.
Riton Liebman, lui, donne à voir un fan détruit par sa passion.
Superbe film avec plein d’humour, celui qu’on aime, au 4e degré.
Il joue merveilleusement l’addiction.
La Belgique est vraiment gorgé de talents. On ne peut plus les nommer tant ils sont nombreux.
Riton Liebman joue avec beaucoup de finesse. Un vrai régal.
Léa Drucker lui donne plus que bien la réplique.
Les ignares vont penser: encore du football !
A la vérité, le film est sur le manque.
Dans la vie, il nous manque quelque chose voilà pourquoi tant de décérébrés vont vers la religion.

08.09.14

Permalien 11:54:01, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Jacques Brel, une vie, par Olivier Todd. (Documento/ Robert Laffont)

On n’en finirait plus de citer les titres de la collection Documento de Robert Laffont, c’est une suite de rééditions dont on se délecte. Après Proust/ Albaret, voici Brel/ Todd, Olivier, le père d’Emmanuel. Aujourd’hui, il faut préciser car le fils et le père sont tous les deux de très bons auteurs. Je me rappelle d’Oliver Todd face à une jeune femme dans une remarquable émission qui consistait à refilmer ensemble deux personnes qui s’étaient vues jadis. Todd signale sa biographie à son interlocutrice qui n’en fait pas grand cas. Le journaliste en fut tout décontenancé. C’est dire qu’il considérait sa biographie avec autant d’attention qu’un romancier aime l’un de ses romans. Il avait raison, c’est le livre qui compte. Mieux vaut lire une grande biographie qu’un mauvais roman. Le Brel de Todd est un grand livre, pour son modèle et son portraitiste.
Toute la vie de Brel (1929-1978) remonte à la surface, comme si elle avait été débloquée au fond de l’eau par un Cousteau littéraire, en la personne d’Olivier Todd. Pour les enfants de l’après-guerre dont je suis, nous avons eu la chance d’être les contemporains de maîtres de la chanson : Trenet, Brassens, Berl et Ferré. Nous pouvons y rajouter Aznavour, Lapointe, Barbara et Ferrat. D’immenses poètes sur microsillons. Ils nous ont ouverts à la littérature, à la vie donc. La littérature est l’indispensable grille de lectures sans laquelle on n’y comprend. J’ai toujours considéré ces chanteurs comme d’authentiques écrivains. Ils savaient se servir des mots pour nous faire voir l’invisible, indicible, l’indéchiffrable, l’innommable. Oliver le sait très bien. On ne consacre pas autant de pages, de jours, de mois, d’années, à quelqu’un de superficiel.
Jacques Brel était un géant et sans doute il n’a pas mesuré pleinement ce qu’il représentait. Mort en 1978, à 49 ans, il reste plus présent que les médiocres chanteurs qui lui ont succédé sans bien sûr prétendre jouer dans la même catégorie. Franchement, les chanteurs français de la nouvelle génération disent tous ce que Brel-Trenet-Ferré-Brassens ont dit mais en moins bien. Ce qui compte c’est d’avoir un son, une tonalité, un style. Eux avaient tout ça bien combiné. Les chanteurs actuels à 90% ne sont que des produits commerciaux pour faire tourner le marché.
Chanteur, parolier, musicien, acteur, comédien (je fais la distinction), cinéaste. Sa vie est un torrent d’émotions. Elle ne se résume pas à quelques phrases. Il faut livre l’ouvrage Todd pour se laisser emporter par les vagues successives. Nous sommes dans un millefeuille. Brel ne s’est pas ménagé. Il n’a pas pris soin de son enveloppe corporelle. Il a tant tiré sur les cordes que sa vie a été malheureusement trop brève. On aurait aimé le voir vieillir, par simple égoïsme afin de bénéficier encore et encore de sa générosité créatrice. Il faut en avoir sous le capot pour en dire autant en si peu de temps. Je ne rappelle très bien avoir entendu ce témoignage : enfant, il fit signer son cahier scolaire par son chat ! Le rebelle était précoce.
Talent, violence des mots, grandeur d’âme, beauté des formules, contradicteur, contradictoire, poète, polémiste, caricaturiste, humaniste, flamboyant être humain, ennemi de la connerie humaine, hostile aux imposteurs qui prolifèrent comme la peste, Jacques Brel est l’un des êtres les plus vivants du XXe siècle. Merci à Oliver Todd de le faire revivre sur la matière morte des pages qui font se redresser le spectre merveilleux d’un homme qui ne se sépare jamais de nous.

-Jacques Brel, une vie, par Olivier Todd. Documento/ Robert Laffont, 456 p., 11,90 €

Permalien 08:15:04, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Le dernier tango de Kess van Dongen, de François Bott. (Cherche Midi)

François Bott s’y connait pour faire parler les morts : de Fontenelle à Isidore Ducasse alias Lautréamont en passant par Barbosa, l’ex goal maudit du Brésil 1950 battu sur ses terres par l’Uruguay en finale de la Coupe du Monde.
Il leur écrit parfois : Lettres à Baudelaire, Chandler et quelques autres… (Albin Michel, Prix Léautaud 1986). Il fait parler les morts, non pas de manière gratuite mais de façon grandiose.
De fait, Bott aime tellement la littérature, l’art, qu’il est capable d’entrer en connexion avec les artistes du passé.
Bott brise sa solitude contemporaine pour dialoguer avec les artistes- des lettres, du sport ou de la peinture et même de la vie tout simplement- qui l’accompagnent depuis des décennies. Tout ce que je dis à l’air farfelu et pourtant Bott n’a pas besoin de faire tourner les tables pour établir un lien avec les grands du passé. Il connaît tant leurs œuvres qu’il parvient à nous restituer l’âme des disparus.
Ses écrits ont une force spirituelle qu’on ne rencontre pas ailleurs. Il publie des livres souvent minces, par politesse. Il nous prend peu de temps, et on le regrette parce que sa délicatesse est indispensable dans ce monde de brutes épaisses. La plume de Bott a l’élégance des gens qui écoutent au lieu de parler sans cesse.
Cette fois, François Bott s’est mis dans la peau du peintre Kess van Dongen, afin de nous permettre une plongée dans le XXe siècle à jamais évanoui. Grâce à Boot et à van Dongen, on se replonge dans le Paris des années 1910 puis dans le Monaco de la fin des années 1960. Van Dongen c’est le peintre des femmes : « Fasciné par leur mystère, je les aimais. » On a en tête, les visages avec l’épais rimmel. Cette couleur de vase sur les visages comme la mousse verte qui dévore Venise.
Vieux, il se rince l’œil sur les infirmières, les soldats de sa mort. Bott dit que van Dongen voulait moins coucher avec les femmes que les coucher sur la toile.
Dans le livre on croise Cravan et une poignée de collabos que van Dongen a fréquentés. « Tant pis si j’étais un salaud ». Par pure carriérisme, van Dongen s’est laissé happé par les nazis, le temps d’un voyage dans l’Allemagne hitlérienne. « C’était un drôle de tourisme » écrit Bott, plus van Dongen que le peintre lui-même. L’exercice de style est parfaitement réussi.
Bott est un écrivain qui ne déçoit jamais. On sort toujours meilleur au terme de ses livres. Il apprend et nous divertit. Le tout avec une élégance infinie. Dans mon abécédaire, je le place entre Jacques Anquetil et Cioran.

-Le dernier tango de Kess van Dongen, de François Bott. Cherche Midi, 132 p. , 13,50 €

07.09.14

Permalien 17:42:14, Catégories: FOOT FRANCHOUILLARD, ANTI-FOOTBALL  

Si Ribéry refuse une convocation de Deschamps, Michel Platini souhaite qu'il soit suspendu 3 matchs par le Bayern Munich, selon les réglements de la FIFA

Le football de Ribéry me passionne autant que le livre de la chroniqueuse de Paris Match dont tout le monde parle.

Dimanche 7 septembre 2014, dans Bild, Michel Platini a rappelé ce que j’ai toujours dit:
-"Si Didier Deschamps convoque Ribéry […] et qu’il ne vient pas, il prendra 3 matchs de suspension avec le Bayern Munich. C’est écrit dans les statuts de la FIFA", a averti le pt de l’UEFA. “Franck Ribéry ne peut simplement pas décider s’il joue pour la France ou non. Si l’entraîneur Didier Deschamps l’invite, il doit venir en équipe nationale (…). Je ne le comprends pas. Il est français et l’Euro a lieu en France.”
De son côté, le sélectionneur Didier Deschamps a déclaré auparavant:
-"Pourquoi prendre quelqu’un qui estime que c’est mieux de ne pas venir ?".
Pour ma part, Ribéry n’est pas un joueur assez talentueux pour être indispensable. C’est un ailier de débordement, rien de plus. Il n’est pas décisif comme le furent Platini et Zidane.
Je me souviendrai de Ribéry surtout parce qu’il a rendu célèbre Zahia. Pour ce qui est de son football. Je ne peux pas dépasser deux lignes pour en parler.
Il court vite, joueur explosif, capable de bons centres. Et puis après ?
Ribéry est un bon joueur dès lors qu’il est bien inséré dans un collectif.
Ce n’est ni un leader de terrain, ni un leader de vestiaire.
Au lieu de jouer le rôle d’aîné au sein de l’équipe de France, il ne veut plus y venir.
On voit qu’il n’entretient pas les mêmes rapport avec les Bleus que jadis Kopa, Platini et Zidane.
Il faut dire que Ribéry n’a jamais réussi à devenir un leader charismatique comme les trois grands meneurs de jeu.
Deschamps va sans doute éviter un clash en ne sélectionnant plus Ribéry.
Ribéry préfère gagner des titres au Bayern Munich grâce à Robben et cie plutôt que d’essayer de remporter l’Euro 2016 en France, ce qui est beaucoup plus hypothétique.
Platini, lui, a fait gagner l’Euro 1984 à la France d’une manière rayonnante.
Platini avait la grande classe. Zidane aussi. Idem pour Kopa.

A l'inverse de Nasri et Ribéry, Patrice Evra poursuit sa love story avec l'équipe de France alors que le public le siffle

Evra a bien fait de quitter MU. Il savait bien que sans Sir Ferguson, il devenait un homme de l’ancienne Histoire. C’est quoi le projet de van Gaal ? On n’en sait rien: la catastrophique défense à trois ? Evra s’est fait une place au soleil dans le cœur des fans MU et au poste de latéral, ce qui est rarissime. D’habitude, on se souvient des attaquants. Ceux qui critiquent sans cesse Evra vont devoir encore le voir jusqu’à la fin de l’Euro 2016. Evra ce n’est pas Ribéry. Evra jouera en Bleu jusqu’au bout de sa carrière. Malgré les critiques, il n’a jamais dit bye-bye les Bleus c’est dire le mental qu’il a. Le mental c’est sa première qualité.

Dimanche 7 septembre 2014
Match amical (1)
Serbie 1- 1 France

But pour la Serbie: Kolarov (80e)
But pour la France: Pobga (13e)

Nasri ne veut pas jouer en équipe de France.
Ribéry ne veut plus jouer en équipe de France.
Evra, lui, aime toujours autant les Bleus.
Pourtant, le public français la hué au SDF contre l’Espagne lors de la victoire des Bleus 1-0, en amical.
Didier Deschamps a tenu a précisé:
-"Je regrette pour Patrice, je lui en ai déjà parlé, ça sera toujours comme ça par rapport à ce qu’il s’est passé pour lui et d’autres, à la Coupe du monde 2010. Mais il est relativement imperméable à tout ça. Il peut faire de mauvaises choses, mais même quand il fait des bonnes choses, c’est comme ça, il y en a qui ne l’aiment pas, voire le détestent, mais tous les joueurs méritent d’être encouragés.”
Oui, Evra mérite le respect. Evra c’est 61 sélections depuis 2004.
Ils ont fait quoi pour les Bleus ceux qui le sifflent ?

Siffler un international… Ce n’est pas en Angleterre que l’on voit ça !
L’ex Red Devil semble éternel. Il se remet toujours d’aplomb après les coups durs.
Suite à la Coupe du Monde 2010, on le croyait perdu pour l’EDF.
Erreur, il est revenu au premier plan, prouvant qu’il était toujours le meilleur latéral français en activité.
Personne n’a réussi à le déloger, à Nice, à Monaco, à Man United et chez les Bleus.
Evra est un joueur qui se bat pendant 90 minutes et plus.
Il n’est jamais blessé. C’est un gagneur.

Sa carrière est magnifique. Il se réalise pleinement.
Le latéral gauche boucle la boucle en Italie - à la Juventus Turin- là où il démarra avant de signer à Nice.
N’ayant jamais bénéficié d’un centre de formation, Patrice Evra est un autodidacte du football.
Il vient de la rue et non d’une structure affiliée à la FFF.
C’est là son grand mérite: il prouve qu’à force de volonté, de travail acharné, on peut réussir.
Dans le football, il y a une très forte concurrence. Evra y fait face sans jamais se plaindre.
Moyen techniquement, il compense par une force de caractère hors du commun.
Chapeau ! Bravo !

(1) Evra n’a pas joué. Deschamps prépare la relève au poste de latéral gauche avec Lucas Digne. Evra n’y est pas hostile. Il est chez les Bleus pour préparer l’avenir avec Deschamps qui en a fait un cadre, un rare taulier. Deschamps a appris à aimer Evra quand il entraînait Monaco. Ensemble ils sont allés en finale de la C1, ce n’est pas rien.

06.09.14

Permalien 07:27:00, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

L'oubli, de Frederika Amalia Finkelstein (L'Arpenteur/Gallimard)

Laissez tomber la littérature de caniveau qui consiste à raconter son histoire de cul élyséen. Lisez les vrais livres, svp. Le premier livre de Frederika Amalia Finkelstein est le grand favori pour le prix Renaudot.(1) Elle a envoyé son manuscrit par la poste comme le fit jadis JMG Le Clézio avec Le Procès qui reste l’un de ses meilleurs livres. Quand les prix sont bien décernés on n’est pas contre.

Ce premier roman a la force des écrivains qui ont un véritable univers, ce monde poétique enfermé en eux. Il n’a rien à voir avec les faiseurs de produits pour tête de gondole.
La littérature c’est avant tout une voix que l’on entend, ou plutôt qu’on lit et qui ricoche dans notre cerveau. Il faut donc l’entendre dès la première ligne si possible.
C’est ce qui se passe avec le livre de Frederika Amalia Finkelstein, L’oubli :
«Extermination des Juifs. Je ne vais pas entrer dans les détails ».
Cette jeune femme de 23 ans, a-t-elle fait exprès d’entrechoquer les deux mots, Juif et détail, que Jean-Marie Le Pen avait réunis lors d’une de ses sorties médiatiques pour déchaîner les médias ?
Il faudra lui poser la question. De prime abord, je pensais que non. Puis, avançant dans la narration, je pense que l’effet est voulu afin de souligner qu’on oublie tout, l’infime comme l’essentiel. On oublie tout si l’on vit sans un minimum d’humanité.
La néo romancière nous rassure : si tous les jeunes de son âge avait autant d’intelligente qu’elle nous n’aurions rien à craindre pour les cinquante ans à venir. Intelligente et sensible cela va de soi.
Donc la jeune romancière à un ton à elle, ce qui fait la différence avec tous les premiers romans insipides. L’important ce n’est pas ce que l’on dit mais comment on le dit. Et Frederika Amalia Finkelstein si connaît déjà pour nous faire réfléchir avec un langage particulier. Son récit est celui d’une narratrice de 2014 qui n’arrive pas à oublier ce qui s’est passé dans les camps de la mort où elle aurait pu mourir si elle était née plutôt.
Elle pourrait culpabiliser d’écouter Daft Punk en sirotant du Coca-Cola mais on n’y peut rien si l’on arrive sur terre en temps de Paix officielle. Le cœur de son roman est la scène entre la petite fille de celui qui a réussi à échapper aux griffes hitlériennes et celle du bourreau Eichmann qui ne sait même pas prononcer le nom d’Auschwitz. La petite-fille du nazi oublie plus vite que l’endeuillée perpétuelle. On peut la comprendre ! Un grand-père comme ça on ne le porte pas dans son cœur.
Le livre de Frederika Amalia Finkelstein est une réflexion sur la mémoire.
Jadis il fallait voir un film, la télé ou consulter les archives d’une vidéothèque pour faire ressurgir le passé. A présent, hier et avant-hier sont consultables 24 h sur 24 h dans notre propre chambre, d’un seul clic. On peut revoir bouger Hitler comme John Lennon. On peut voir tout le temps les corps enchevêtrés des martyrs juifs du nazisme. Tout est à la fois enseveli et si perceptible. Trop marqué par l’Histoire qu’elle vit par procuration, elle est amenée à commettre un geste irréparable qu’aucun lecteur ne peut anticiper. Elle accomplit son méfait en utilisant le mot “éclair” qui traverse sa prose comme pour faire écho à L’Etranger de Camus, au reflet du soleil sur la lame du couteau. On connaît des filiations moins enviables.

-L’oubli, de Frederika Amalia Finkelstein. L’arpenteur/ Gallimard, 173 p., 16,90 €

(1) http://www.franceinter.fr/depeche-le-clezio-soutient-haut-et-fort-un-premier-roman-de-la-rentree

05.09.14

Permalien 11:15:30, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

"De toutes les nuits, les amants", de Mieko Kawakami (Actes-Sud)

A 36 ans, Mieko Kawakami a plusieurs cordes à son arc : romancière, philosophe, musicienne et actrice.
Son nouveau roman traite d’un personnage détruite par la société de consommation ou plutôt de production, à savoir le Japon. Il est stupide de toujours vouloir augmenter la croissance car aucun n’arbre n’a jamais atteint le ciel. On devrait travailler pour se nourrir et non pas se nourrir pour travailler. L’héroïne du livre est une trentenaire correctrice dans une maison d’éditions. La professionnelle de la lecture n’attache plus aucune importance à ce qu’elle lit : elle ne débusque plus que les coquilles, fautes de frappes, erreurs grammaticales… Superbe métaphore : comme si elle ne voyait plus que les défauts des gens : l’un trop grand, l’autre trop gros, celui-ci trop bête, celui-là pas assez riche.
Finalement seule la nuit parvient à l’intéresser. La nuit, elle sait que les palais de justice sont fermés. La nuit, elle est sensible à tous ces néons qui transforment la ville en luna-park, en sapin de Noël perpétuel. Nouvelle métaphore : elle préfère la lumière artificielle à celle du soleil.
Il n’y a que dans les romans japonais actuels où il ne se passe rien sans que cela ne reste pas intéressant quand même. C’est un peu comme lorsqu’on attend l’autobus et que l’on regarde la vie autour de soi. Il y a toujours quelque chose à voir.
Mieko Kawakami fait boire de la bière à son héroïne. Rien de plus banal. Sauf que l’on boit la bière avec elle.
Son traducteur Patrick Honnoré a très bien su rendre française une prose qui n’a pas d’exotisme surajouté. Nous sommes en littérature pas dans un magasin de souvenirs japonais.

-De toutes les nuits, les amants, de Mieko Kawakami. Traduit du japonais par Patrick Honnoré. Actes-Sud, 280 p., 21,80 €

Permalien 08:29:00, Catégories: LITS ET RATURES, LA REVUE DE STRESS  

Eloge du dégoût, de Bernard Morlino (Editions du Rocher)

République Française ou République bananière ?

Vu tout ce qui se passe en France, lors de la rentrée 2014, je republie un extrait de mon livre Eloge du dégoût (2012, Editions du Rocher) Le passage ci-dessous provient du chapitre: “Les politichiens dégradent l’action politique” (p.83-p.96).

-"Les peuplades éloignées étaient beaucoup plus artistes que nous. Nos lointains prédécesseurs avaient le sens des volumes. Face aux masques et autres statuettes anonymes, leur âme nous toise. Nous sommes incapables de tirer autant d’un bout de bois ramassé dans les forêts. On marche sur les asperges sauvages et nous ne ramassons plus les figues gorgées de sucre et de soleil, aplaties par les pneus des voitures indifférentes. On prétend tout savoir mais nous ne sommes pas en mesure de donner le nom des habitants de Los Angeles, de Washington et de Chicago.
Cela rassure de signer des autographes. Douce impression d’exister. Le plus connu d’entre nous n’est plus rien dès qu’il voyage. Certains people vont jusqu’à dire : « L’été je pars à l’étranger dans des endroits où personne ne me reconnaît ». C’est le comble du chic : une cure d’anonymat ! A Paris, ils sont pourtant prêts à tuer père et mère pour se faire une place à la devanture des kiosques à journaux. Les plus cyniques usent de leur gloriole pour passer avant tout le monde devant des distributeurs de billets, au seuil des banques sur les Champs Elysées. Les badauds sont contents de voir de près celui qu’ils voient chez eux quand ils sont en train de se curer le nez.
La pensée régnante du texto nous impose une société qui ne pense pas plus loin que les menus des fast-foods. On s’écrit en charabia. On pense en onomatopées. On ouvre un blog dans le désert. On téléphone aux radios par raconter qu’on a trompé sa femme avec le livreur de sushis… On interroge Madame Michu pour savoir si le budget du ministre de la défense lui convient. On fait croire à chaque auditeur qu’il est journaliste. Les radios sont devenues des vide-ordures.
D’ici peu, les présidents de la république feront leurs allocutions télévisées entourés de clodettes. Un ancien président des Etats-Unis se fait payer une fortune à chaque conférence pour ne rien dire de nouveau sur le conflit israélo-palestinien. En Italie, un président du conseil a atteint un degré de cynisme rarement atteint en démocratie.
Les politichiens ne cessent pas de dire que l’ennemi est à l’intérieur du pays. En 1939, il est venu d’Allemagne. Dans les années 2000, des chasseurs de bulletins de vote désignent les Noirs et les Arabes. Les Français ne s’aiment plus. Sous la présidence Mitterrand, le diable s’appelait FN. Depuis la mort de celui qui en l’a fait proliférer, par tactique électorale, le FN a été convié au second tour dans la bataille pour l’Elysée. On nous prédit que ce parti peut accéder à la fonction suprême. De Gaulle nous faisait prendre le dictionnaire pour voir les définitions de «Chienlit» et de «Volapuk» alors que son homologue de 2007-2012 a traité de « pauv’con» un électeur qui ne l’a pas élu.
Au petit matin, on voit des passants avec de gros casques sur les oreilles. Il ressemble à des techniciens d’une régie de radio et à des astronautes. Avec en plus les lacets défaits et le froc qui laisse apparaître leurs fesses. A quand la télévision walkman ? Moderniser ne veut pas dire liquider le passé. A part les progrès de la médecine, tout ou presque se dégrade. Mes grands-parents étaient piétons. Mes parents, automobilistes. Je voyage en TGV. Nos enfants ou petits-enfants sont-ils condamnés à l’avion supersonique ou doit-on revenir au véhicule hippomobile ?
Pierre Bérégovoy s’est suicidé. Depuis la mort de l’ancien Premier ministre, la politique a perdu de son prestige. Il a mis fin à ses jours pour marquer son désaccord avec les pratiques actuelles. Il était de l’ancienne école. Tout devait se mériter. François Mitterrand avait été séduit par le parcours de cet homme différent des bardés de diplômes. Monsieur Bérégovoy n’a jamais porté de col Mao. Sa séance photo, très John Kennedy, avec ses petits enfants sous son bureau lui posa un problème de conscience. Il n’accepta que pour faire plus dans le coup. Cette façon putassière de séduire le révulsa.”

-Eloge du dégoût
de Bernard Morlino
2012, Editions du Rocher

[Post dédié à Jean Moulin]

04.09.14

Madame Anne Pingeot n'a jamais vendu François Mitterrand à un éditeur

Je me souviens de François Mitterrand qui a dit au moment de la présentation officielle de sa fille Mazarine:
-"C’est une belle histoire, non ?”
Oui, beaucoup plus belle que celle dont on ne cesse pas de parler lors de la rentrée 2014.
On peut trouver tous les défauts à François Mitterrand mais nous étions sous le règne d’un homme d’Etat de grande classe, aussi spirituel qu’intelligent. Il se plaçait au-dessus de la mêlée, comme le général de Gaulle.
La mère de Mazarine, n’a jamais cédé aux sirènes des éditeurs et du PAF.
Elle vit dans le silence médiatique le plus total.
Si elle allait voir un éditeur, elle toucherait une somme astronomique. Elle pourrait écrire: “Ma vie avec F.M.” en plusieurs tomes. Elle perd donc une vraie fortune.
Historienne de l’art française, conservateur honoraire au musée d’Orsay, Madame Anne Pingeot mérite notre plus profond respect pour son comportement qui l’honore. Elle, François Mitterrand et leur fille.

Bibliographie d’Anne Pingeot est très loin de Closer:

-La Femme artiste: d’Élisabeth Vigée-Lebrun à Rosa Bonheur. Collectif, catalogue de l’exposition au donjon Lacataye à Mont-de-Marsan, de novembre 1981 à février 1982. Editions du musée Despiau-Wlérick, 1981.

-Degas: sculptures, photographies de Frank Horvat. Imprimerie nationale et RMN, Paris, 1991.

-Le Jardin des Tuileries, photographies d’Alain Muriot. Editions Du May et RMN, Paris, 1993.

-La Sculpture au musée d’Orsay. Editions Scala, 1995.

-Paris - Bruxelles, Bruxelles - Paris, Réalisme, impressionnisme, symbolisme, art nouveau : les relations artistiques entre la France et la Belgique, 1848-1914, avec la collaboration de Robert Hoozee, catalogue de l’exposition au Grand Palais de mars à juillet 1997. Fonds Mercator, 1997.*

-Italies : l’art italien à l’épreuve de la modernité, 1880-1910, avec la collaboration de Gianna Piantoni. RMN, 2001.

-Orsay : sculpture. Editions Scala, 2004

PS: la morale sera-t-elle sauve si les droits d’auteur du bouquin surmédiatisé de la rentrée 2014 iront à des enfants dans le malheur ? C’est peut-être la porte de sortie de tout ce vacarme.
PS’: un jour François Hollande incognito a joué à l’homme de droite au téléphone:
https://www.youtube.com/watch?v=GIX8IejCdQE
On ne peut plus s’étonner de rien après un tel subterfuge.

03.09.14

Hommage à La Bruyère, à Jean Moulin, à André Malraux et à Albert Camus

Voici ma double réponse à la médiocrité de nos élites supposées: Moulin, Malraux et Camus.
Le haut de gamme de l’intelligence et du courage.
Toute la presse, écrite, radio et télé, ne parle plus que du même torchon littéraire.
Nous sommes passés de la NRF à Closer !
Je l’ai toujours pensé, la vraie littérature est confidentielle.
La Bruyère nous a fait comprendre qu’il est plus difficile d’écrire un grand livre dans son coin que dans faire valoir un médiocre avec le nom que l’on s’est déjà fait.
Je ne plains ni l’auteur du livre ni celui qui est visé dans l’entreprise de démolition.
Je plains les gens qui vont acheter et lire ce bouquin machine à fric.

Un grand témoignage inédit: Journal (1939-1943), de Gueorgui Efron (Editions des Syrtes)

La poétesse Marina Tsvetaeva a aussi mis au monde Gueorgui Efron qui a repris le flambeau de la littérature, après le suicide de sa mère, avant de mourir à la guerre.

Il n’y a pas quinze littératures. Il y a le divertissement, la réflexion et la mémoire. Sans parler des livres débiles signés par les marionnettes du PAF, ces catins médiatiques (Baudelaire parlait de la « racaille moderne »). Il y a aussi les intellectuels et les poètes. Les auteurs et les écrivains. Avec Gueorgui Efron (1925-1944) nous sommes dans le témoignage d’un gamin sensible, cultivé et intelligent, qui a tenu un journal entre 14 et 18 ans. Le jeune homme mort au combat le 7 juillet 1944 mérite une grande attention. Lire ce qu’il nous a transmis est la moindre des délicatesses.
Efron a de qui tenir : il est venu au monde grâce à la rencontre inattendue entre la poétesse Marina Tsvetaeva et un agent secret de l’URSS qui disparaît de la circulation en 1937. La publication du Journal de Gueorgui Efron tient du miracle tant le manuscrit est passé entre les mailles du NKVD. La police communiste n’a réussi qu’à capter le début des écrits. La vie du jeune diariste fut placé sous le signe de l’onirisme car sa mère le surnomma Murr, clin d’œil au chat du conte d’E.T.A Hoffmann. Le Journal comprend de nombreux passages en français – un tiers- car l’écrivain en herbe le parlait parfaitement malgré son jeune âge.
Né le 1er février 1925, en Tchécoslovaquie, « à midi, au cours d’une tempête ». Soyons précis. Sa mère part vivre en France, avec son bébé qui apprend le russe à la maison et le français à l’école et dans la rue. Quand le père, responsable du foyer, disparaît sans laisser d’adresse, Marina Tsvetaeva et son fils décident de rejoindre l’URSS, la veille de la Seconde Guerre mondiale. C’est à ce moment-là que l’étudiant démarre son journal. Le lecteur acharné avait déjà traduit le début d’un roman de Simenon !
L’éclatant dans la prose de Gueorgui Efron c’est sa liberté de ton qui résulte de sa formation française, loin de la censure soviétique. L’idéologie politique n’a pas abîmé son cerveau. Il a une grande clairvoyance dans le jugement de ce qui se passe dans le monde. La pertinence de ses analyses est très impressionnante surtout quand on sait qu’il n’a pas connu la fin de la guerre. Tout au long de son journal, il décrypte fréquemment la triste actualité qui lui parvient, et de l’autre, il constate que sa vie amoureuse est un désastre. Isolé, il donne tout à son manuscrit.
L’adolescence de Gueorgui Efron se déroule dans des conditions effroyables. Elle nous renvoie aux millions d’enfants victimes de la guerre, autant parler d’enfer sur terre. Le déficit alimentaire provoque de terribles maladies. Mobilisé à 19 ans, Gueorgui Efron est blessé sur le front ouest. Sa fin de vie est mystérieuse. On n’arrive pas à le localiser. On l’annonce mort en URSS ou présent dans le Paris de l’après-guerre. Une fin à la Arthur Cravan avec l’impossibilité de localiser la dépouille avec précision.
La première partie du «Journal» nous immerge dans la tragique vie des soviétiques incarnée par Gueorgui Efron. « Absolument rien à faire », note-t-il le 8 mars 1941. Le garçon, à la saisissante maturité, passe son temps à lire (Baudelaire, Flaubert, Gide, Valéry, Aragon) quand il n’étudie pas. Son éducation à la française lui a ouvert l’esprit : féru de jazz, il a une passion pour Charles Trenet. Dans la seconde partie, nous sommes au cœur de la guerre. Gueorgui Efron, souvent malade, a plusieurs obsessions bien compréhensibles : la nourriture et l’amour. Il souffre de n’avoir pas d’amis et de ne pas pouvoir tomber amoureux d’une jeune fille.
Antifasciste, pro anglais, détestant Pétain, Gueorgui Efron apprécie le général de Gaulle, anticipe l’entrée en guerre des Alliés et la fin d’Hitler. Il souhaite revoir la grandeur de Paris quand sa mère se suicide, le 31 août 1941, par pendaison. Elle ne voyait plus l’avenir possible au sein des ravages du stalinisme. Son fils reprit le flambeau de la littérature qu’il porta haut dans l’anonymat le plus complet. Un an avant que l’on ne perde sa trace, il nota ses mots ultimes, le 25 août 1943. : « Attendons, attendons. J’espère que ça viendra ». L’amour, n’est pas venu. L’amitié, non plus. La mort, elle, oui. Le livre refermé, ci-git un écrivain inconnu.

-Journal (1939-1943), de Gueorgui Efron. Traduit du russe par Simone Goblot. Préface de Véronique Lossky (avec le concours d’Alexandre Svinina. Postface de Caroline Bérenger. Editions des Syrtes, 736 p., 27 €

Permalien 00:27:36, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Inédit exceptionnel: les funérailles de Marcel Cerdan

Aujourd’hui, tout le monde est célèbre. Je veux dire qu’il suffit de passer dans une émission débile de la télé pour soudainement plaire au pays entier. La notoriété moderne est accablante de banalité. Je peux démonter en trente secondes la plupart de ce que l’on nomme “réussite” contemporaine. Marcel Cerdan était aimé parce qu’il faisait vibrer les gens par d’authentiques exploits. C’était un grand styliste qui s’exprimait par le biais de la boxe. Pouvez-vous me citer un grand boxeur français depuis sa mort ? Je parle de continuité et non pas des intermittents du sport.

Grâce à un document British Pathé, sorti de l’oubli, nous pouvons voir les obsèques de Marcel Cerdan.
Quand on voit ces images, on mesure la place du boxeur dans la vie des gens.
Les funérailles de Marcel Cerdan se déroulent à Casablanca où ses cendres sont inhumées.
Elles seront transférées au cimetière de Perpignan quarante-cinq ans plus tard le 24 février 1995.

Marcel Cerdan, né le 22 juillet 1916 à Sidi Bel Abbès (Algérie), est mort le 28 octobre 1949 dans un accident d’avion survenu au-dessus de l’archipel des Açores (Portugal).

Palmarès de Marcel Cerdan, poids moyens
123 combats disputés
119 victoires (dont 61 par K.O.)
4 défaites
5 championnats de France victorieux : 21 février, 5 juin et 24 novembre 1938, 22 juin 1941 et 25 mai 1946
4 championnats d’Europe victorieux : 3 juin 1939, 30 septembre 1942, 2 février 1947 et 10 juillet 1948
1 championnat du monde des poids moyens victorieux, le 21 septembre 1948

02.09.14

Permalien 15:57:23, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

L'ex Red Devil Chicharito est désormais un Madridista comme Cristiano Ronaldo

Chicharito a signé au Real Madrid. Les fans de MU ne l’abandonnent pas pour autant. Chicharito est un joueur fantastique qui méritait plus de temps de jeu qu’à MU. Je lui souhaite tous mes vœux et j’espère qu’il devienne titulaire au Real afin de le voir jouer avec CR7. Je rêvais de voir associer CR7 et Chicharito, le Real l’a fait. Le Real est une de mes équipes fétiches. Je n’ai jamais été un fan attitré du Barça. En Espagne, mon cœur bat pour le Real. Toute mon enfance a été bercé par les exploits de Di Stefano, Puskas, Kopa et Gento.

Erreur historique de van Gaal: il a transféré Chicharito de MU à Madrid !
Heureusement que j’aime le football, sans être un supporter borné.
J’aime la littérature et non pas un ou deux écrivains.
Actuellement, je me pince pour voir si je ne cauchemarde pas: voir Chicharito au Real Madrid c’est comme si je revis le départ de C. Ronaldo, de MU au Real.
J’ai toujours aimé CR7, dès que je l’ai découvert quand il était très jeune.
Idem pour Chicharito.
Je suis persuadé que le Mexicain va devenir titulaire auprès de Ronaldo.
Je me réjouis à l’idée de voir les deux Red Devils associés. Je ne les ai pas vus en Rouge, je vais les voir en blanc.
L’association CR7-Chicharito va être la nouvelle grande attraction du football mondial.
Carlo Ancelotti n’est pas fou: il vient de réaliser un transfert fantastique pour pas cher.
2 M€ pour le prêt. Je ne le crois pas: quand des chèvres valent 35 M€ !
Chicharito est une flèche humaine, grande lecture de jeu, ultra rapide, bon des deux pieds.
Equipier modèle, il se fond dans le vestiaire. Il est sympathique à outrance, cela nous change des visages fermés à double-tour qui ont dressé une herse entre le public et eux alors que le football est une histoire de partage.

Le président Florentino Pérez a souhaité la bienvenue au Mexicain.
Après la signature, Chicharito Javier Hernandez a reçu une réplique du stade, une montre et un maillot à son nom, avec le numéro 14. J’adore ces cadeaux symboliques dans un monde gavé d’euros.
Hernández est allé à l’hôpital Sanitas La Moraleja, où il a passé les tests cardio-respiratoires et ostéo-musculaires avec succès.

-"Je vais donner mon maximum pour aider l’équipe à continuer de gagner des titres. Je suis enchanté et je remercie tout le Real Madrid d’avoir fait cet effort. Je donnerai mon maximum. Il n’y a pas un joueur au monde qui puisse dire qu’il n’aimerait pas porter ce maillot ou être dans ce club. Ce serait un grand mensonge. Pour moi, c’est un rêve devenu réalité. Je suis très heureux d’être ici et je vais essayer d’en profiter, d’aider l’équipe et de gagner des titres. Je suis entrain d’y croire, comme ils disent au Mexique. Le plus important est le présent. Je tente de vivre ce rêve et je travaillerai et donnerai le meilleur de moi. J’essaye de toujours avoir un vie avec beaucoup d’objectifs et je suis ici pour tout donner, tant sur le terrain qu’en dehors. Je suis maintenant un joueur du Real Madrid. Je suis un chanceux. Pouvoir représenter ce club est un rêve devenu réalité. Tout joueur sait ce que représente le Real Madrid et c’est un honneur. Vous allez voir un Javier décidé, engagé, un professionnel sur et en-dehors du terrain. J’ai toujours des mots de remerciement envers les gens qui me soutiennent et me suivent. Je suis très reconnaissant que l’on me donne l’opportunité d’appartenir à cet effectif. Je ne suis pas conformiste et je veux toujours apprendre. La perfection n’existe pas mais il faut toujours la rechercher. Je viens rempli d’enthousiasme. Je suis enchanté".

Permalien 08:56:14, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le Prix MORLINO 2014 à François Cérésa pour "Mon ami, cet inconnu" (Pierre-Guillaume de Roux)

Bien avant la remise des prix habituels, le Prix Morlino est décerné par un jury d’un seul membre chapeauté par un président. Il va sans dire que votre serviteur occupe les deux postes. Cela évite les magouilles mais pas les vrais débats enflammés. Pour départager, le président dispose de deux voix. Cette année le prix a été décerné à l’unanimité. Pour recevoir le Prix Morlino, il faut écrire avec une clarté absolue qui n’a d’égale que la sincérité de l’auteur. La moindre phrase prétentieuse et la plus anodine manifestation de relâchement stylistique éliminent les candidats les mieux disposés à le recevoir. Les imposteurs sont priés de ne pas envoyer leur dernière publication au jury intolérant avec les carriéristes abscons. Le Prix Morlino ne sera décerné que du vivant du nom qu’il porte, à l’inverse de tous les autres. Particularité du Prix: il n’y a absolument rien à gagner.

La littérature sert à consoler.
La vraie littérature, pas la logorrhée superflue. François Cérésa est K.O. debout depuis quelques années. Sa liste d’amis est devenue une peau de chagrin qui s’est mise à rétrécir atrocement.
Il a perdu coup sur coup, Boudard, Nucéra, Giovanni, Loiseau, Druon… Sans parler de ses parents. La liste est longue, trop longue. Les amis pères sont partis. Cela fait mal. Et à présent, c’est au tour des amis frères de s’en aller. Et de mort violente, en plus. Comme Bernard, Nanard pour les intimes. Le dernier de la série noire n’a pas lancé un appel au secours : il s’est pendu !
Mon ami, cet inconnu, tel est le titre de cette oraison funèbre. Tout est dit.
On croit se connaître mais souvent on fait semblant de se connaître. On se croise, on passe du temps sans rien se dire de vraiment important. On sait depuis Truffaut qu’on ignore même la couleur des yeux de ceux qu’on aime.
Alors tout prend des proportions tragiques chez certains d’entre nous, surtout ceux qui n’acceptent pas la donnée principale : dès lors qu’on sort de la bidoche maternelle, on est seul du début à la fin, et c’est cela qui est bien.
Avoir un siamois ? Non merci ! Un jumeau ? Et pourquoi pas des triplés. Plus on est de fous plus on rit.
François Cérésa salue son ami et leur jeunesse dans le Paris des années 60-70. La fin des années glorieuses, celles où l’on fumait devant un flipper sans peur d’avoir le cancer.
Ils étaient «sept comme les mercenaires» et non pas douze comme les salopards.
Dans la France sans chômage, ils n’avaient pas peur de demain. Ils se la coulaient douce, passaient leur temps au cinoche ou dans des bars à écluser sec. J’insiste, Blondin nous a avertis : on boit ensemble mais on est saoul tout seul. François Cérésa a la passion des mots et du langage, deux béquilles magistrales. Nanard n’avait pas de tuteur de ce genre. Il se perdait dans les lits de hasard, Léo Ferré sans musique ni paroles. Il n’a jamais trouvé le mode d’emploi de sa personnalité, et s’il l’a trouvé, il ne lui plaisait pas.
« Il faut avoir des cases. La tête, le cœur, le cul. Une règle : jamais intervertir. Jamais secouer pour bien mélanger. L’amour n’est pas de l’Orangina. Toi, tu secouais trop. » Voilà un exemple du style de Cérésa. C’est du Drieu rewrité par Morand. Si Cérésa avait été acteur, il aurait été Maurice Ronet. Cinéaste ? Sam Peckinpah, histoire de sulfater la moitié de l’humanité, peut-être plus, c’est-à-dire les imposteurs. Chanteur ? Jacques Brel, auteur du mythique Jef. Nanard n’aurait pas dû se suicider. Quand on a un ami du calibre de François Cérésa, on va le voir au lieu de se foutre en l’air.

Le palmarès du Prix Morlino créé en 2011

2011
-La gardienne du château de sable
de Christian Estèbe
Finitude, 202 p., 16,50 €

2012
-Un sujet français
d’Ali Magoudi
Albin Michel
406 p., 22 €

2013
-Comment vivre ? Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponse
de Sarah Bakewell
Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat
Albin Michel
490 p., 23, 50 €

2014
-Mon ami, cet inconnu
de François Cérésa
Pierre-Guillaume de Roux
174 p., 19, 50 €

01.09.14

Permalien 21:57:00, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

Kagawa au Dortmund, Chicharito au Real Madrid et Welbeck à Arsenal. C'est le grand ménage à Manchester United !

Louis van Gaal renvoie des joueurs qu’aimait Sir Ferguson. Comme si l’Ecossais choisissait mal les Red Devils.
J’attends de voir ce que va donner le puzzle que met en place le Néerlandais. S’il échoue on ne pourra pas dire qu’il n’a pas eu ce qu’il voulait. Quelle démence financière !

Javier Hernandez est prêté par Manchester United au Real Madrid pour le restant de la saison 2014-2015 avec une option d’achat prioritaire au terme de cette période.
Chicharito avait rejoint Old Trafford en 2010, en provenance du Chivas de Guadalajara.
En 154 matches disputés pour les Red Devils, il a inscrit 59 buts et remporté deux fois la Premier League.
Il a peu joué titulaire. Quand il était associé à Rooney, il jouait très bien.
Il a souvent marqué des buts importants quand on faisait appel à lui.
Sir Ferguson l’a souvent utilisé en remplaçant de luxe comme jadis O.G. Solsjkaer.
Chicharito s’est vite acclimaté à MU où sa joie de vivre faisait plaisir à voir.
C’est un joueur très sympathique. Toujours souriant. Un homme de très bonne compagnie.
Il n’a jamais revendiqué une place de titulaire, ne faisant jamais de déclaration, de cirque, de caprice. C’est un professionnel sur toute la ligne. Joueur exemplaire.
Chez les Hernandez, il y a trois générations d’internationaux: le grand-père, le père et le fils.
C’est un joueur explosif. Quasiment jamais blessé car il s’est éviter les coups.
Chicharito a un potentiel énorme et il n’a pas encore donné la pleine mesure de son immense talent.
Je suis triste de le voir quitter MU mais d’un autre côté je me réjouis de le voir évoluer au Real Madrid car MU et le Real sont des clubs frères.
Benzema a beaucoup à perdre avec l’arrivée de Chicharito qui est dix fois plus rapide que le Français. Le Mexicain n’a pas besoin de rouler en Bugatti pour pousser des accélérations..
Chicharito va enchanter les fans du Real.
C’est une promotion qu’il méritait.
L’association C. Ronaldo-Chicharito va être fabuleuse.
Le Mexicain est un grand joueur sans ballon. Bon de la tête, il doit faire attention de ne pas être souvent hors jeu, son péché mignon.
Chicharito peut déplacer des montagnes si on lui fait confiance. Il est de surcroît très spectaculaire.
Van Gaal doit souffrir d’une cécité cachée pour ne pas l’apprécier.
Hasta Luego ombre !

Palmarès de Chicharito, 26 ans:
Manchester United (2010-2014)
Champion d’Angleterre 2011 et 2013
Community Shield 2010

Mexique (66 matchs, 36 buts)
Gold Cup 2011.

Autre départ de MU:
Shinji Kagawa rejoint le Borussia Dortmund, suite à l’accord trouvé entre le club allemand et Manchester United.
Kagawa avait quitté Dortmund pour Old Trafford à l’été 2012. Il a joué 57 matches et d’inscrit six buts pour les Red Devils. Il est le premier joueur japonais à remporter la Premier League, en aidant United à remporter le titre en 2012/13.
A MU, il ne s’est jamais vraiment imposé car il illuminait pas souvent le jeu.

Privé d’Olivier Giroud, blessé, Arsenal a recruté le Red Devil Danny Welbeck (23 ans), l’attaquant polyvalent de Manchester United, qui sait à la fois attaqué et défendre.
Barré par Robin van Persie, Wayne Rooney et Radamel Falcao, l’international courtisé par Tottenham préféré rejoindre les Gunners de Wenger qui va apprécier le joueur formé par Sir Ferguson.
Welbeck est né à Manchester où il fait toute sa formation à United depuis son plus jeune âge.
Il n’a jamais été un titulaire attitré à MU où la concurrence fait rage.

L’été 2014 a vu un mouvement de folie à MU avec 6 arrivées et les départs significatifs de Nani, Kagawa, Chicharito et Welbeck. C’est le grand ménage !

Permalien 12:53:23, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

OFFICIEL: Monaco prête un an Falcao à Man United

Van Gaal agit comme Mourinho, il obtient tous les joueurs qu’il veut, grâce à l’argent. Maintenant, il va falloir faire jouer tout ce beau monde ensemble.

Le mercato d’été fini à fond la caisse du côté de Man United.
De fait, MU vient de se faire prêter un an Falcao qui passe de Louis II à Old Trafford ! Un an contre 10 M€ plus une rallonge de plus de 50 M€ l’an prochain en cas de signature définitive.
Alors qu’on l’annoncé à la Juventus Turin, au Real Madrid ou a Manchester City, c’est Manchester United qui finalement a séduit le buteur colombien.
Van Gaal veut l’associer à Angel Di Maria, fraîchement arrivé du Real Madrid.
Houlala! Je ne vous dis pas ce qui va se passer avec Rooney et van Persie.
Rooney n’avance plus, il se traîne comme une âme en peine, et van Persie a rendement de 30%.
Soit le vestiaire explose et il va y avoir de la castagne, soit MU fini le championnat avec 15 points d’avance.
Maintenant, MU ne construit plus. MU agit comme Man City et Chelsea.
Bobby Charlton ne doit pas être content, lui qui voulait toujours protéger le centre de formation.
Van Gaal obtient ce que Sir Ferguson n’a jamais obtenu: à savoir des joueurs qui coûtent une fortune.
Van Gaal dépense l’argent amassé par Fergie et papa Glazer n’est plus là pour freiner les dépenses.
Et nous sommes à l’ère du fair play financier. Vaste rigolade !
Hier, MU formait C. Ronaldo. Aujourd’hui, MU fait signer Falcao.
Dommage que MU ne fasse pas signer Ibrahimovic !
Pendant ce temps mon très cher Javier Hernandez alias Chicharito est annoncé au Real Madrid.
Six nouveaux joueurs viennent de signer à MU. Aucun ne se plaint que MU ne soit pas engagé en C1. Avec l’argent vous pouvez acheté n’importe qui n’importe quand.

Permalien 12:52:36, Catégories: FOOT FRANCHOUILLARD, GRAND MONSIEUR  

Zlatan Ibrahimovic a écrasé St-Etienne de toute sa classe

Sous l’effet de la mondialisation et l’arrêt Bosman, le PSG a joué avec 11 étrangers au moment du coup d’envoi. Il faut dire qu’on n’a pas en France de Zlatan Ibrahimovic. A côté du Suédois, Benzema ressemble à un cadet.

Dimanche 31 août 2014
Paris 5-0 Saint-Etienne
Buts pour le PSG: Ruffier (24e csc., suite à une grande faiblesse du gardien vert balle au pied), Ibrahimovic (47e, 62e, 72e), Cavani(63e)

Quand Zlatan Ibrahimovic a marqué, il a regardé ses dérisoires adversaires à terre avec le regard qu’avait Marcel Cerdan quand il regardait ceux qu’il avait mis K.O. Je connais ce regard. Un regard terrifiant. Le regard du champion.
Comme je ne vois plus de football à Man United qui pour l’instant joue plus mal que la dernière CFA, je me suis rabattu sur PSG-Saint-Etienne du 31 août 2014.
J’ai été servi: 5-0 !
Pour un Niçois c’est toujours jouissif de voir perdre Sainté depuis qu’ils nous ont volé un tire avec la complicité d’un arbitre.
De retour de blessure, Zlatan Ibrahimovic a réalisé un triplé.
Des buts magnifiques de volonté dont une tête fantastique. Un “vrai coup de casque” pour reprendre l’expression de Stéphane Guy. (Le but de Cavani fut aussi de toute beauté)
Zlatan est une vrai footballeur. Il n’a rien à voir avec les joueurs surcotés qui se cachent pendant les deux tiers des matchs.
Zlatan a tout. D’abord la classe.
Ses parents l’ont taillé dans le roc, et lui a fait fructifier son physique.
Il a de l’allure, du charisme. Il est d’une très grande beauté.
C’est un artiste du ballon rond: technique, intelligent, volontaire.
Il ne se repose jamais sur ses lauriers.
Il impressionne tant ses adversaires qu’il est inchargeable.
Il rayonne. Les grands joueurs ont une lumière intérieure qu’on aperçoit très bien quand il joue bien. Cela bien sûr n’est qu’une illusion poétique: la grâce !
De surcroît, il fait jouer les autres.
Depuis Carlos Bianchi, Salif Keita et Josip Skobklar, aucun étranger n’avait autant illuminé le championnat français.
Et depuis Cantona, je n’avais plus vu un attaquant jouer aussi bien.
Des joueurs comme eux c’est le bonheur permanent pour les amateurs de jeu car ils en produisent beaucoup.
J’aurais aimé voir jouer ensemble Cantona et Ibrahimovic. Spectacle garanti. Deux grands show men.

31.08.14

Permalien 19:06:46, Catégories: LITS ET RATURES  

La théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger. (Folio/ Gallimard)

Toute la galaxie de la communication nous contemple dans l’ouvrage du philosophe de formation.
Aurélien Bellanger dissèque l’épopée de Pascal Ertanger cet adolescent intoxiqué d’informatique qui a renvoyé Gutenberg à la préhistoire.
Le livre relate l’odyssée de la modernité en trois parties : Minitel, Internet et 2.0.
Rien ne semblait prédestiner Pascal Ertanger a devenir puissant.
Très intelligent, ce personnage romanesque a anticipé l’évolution du marché.
Ce n’est pas un mince exploit.
Les lecteurs de Michel Houellebecq dont Bellanger est l’un des meilleurs lecteurs doivent livre cette réédition du premier roman d’Auréline Bellanger qui est un coup de maître.
Dans le genre, il n’a pas de concurrent en France.

-La théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger. Folio/ Gallimard, 524 p., 8,40 €

30.08.14

Permalien 17:46:13, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Interruption momentanée du football à Manchester United

Malgré l’arrivée de Di Maria contre 75 M€, le football est momentanément interrompu à Man United.
Il n’y a plus rien à voir à part de l’ennui à couper au couteau.
Si vous regardez jouer MU, vous allez penser à la prochaine liste de vos commissions: s’il faut acheter du sel ou du sucre.
MU est victime d’un accident industriel.
On voit les limites du poste d’entraîneur. Van Gaal est inerte, il est figé, il attend que ça passe.
MU est devenu comme Man City c’est à dire une collection de noms achetés à droite à gauche.
Si City est parvenu à mettre un système de jeu; United pas encore.
Paul Scholes pense que MU a commencé sa traversée du désert.
C’est fort possible.
Entre 1968 et 1992, MU n’a plus gagné le championnat.
Après le titre de 1967 avec Best et B. Charlton, il a fallu attendre Cantona pour le regagner en 1993.
Cela fait plus de 20 ans que Liverpool n’a plus remporté le championnat.
Circulez, il n’y a rien à voir !
Le football c’est un jeu qui doit exprimer la vie à son plus haut degré.
Si c’est pour regarder des plots de chantiers autant aller se promener dans un cimetière.
MU n’est plus qu’un bureau des rêves perdus.

Manchester United est bon sur le papier mais nul sur le terrain

Je dédie ce match à notre héros qui a assisté au nouveau match catastrophique de MU.

3e journée de championnat anglais
Samedi 30 août 2014, 13 h 45
Burnley - Manchester United

Sur le papier, l’équipe de Man United était monstrueuse à partir du milieu de terrain.
Rien que des bons joueurs mais la mayonnaise n’a pas pris.
Ce groupe de Red Devils n’a pas de schéma tactique, pas de ligne conductrice.
Il joue sans savoir quoi faire de la sphère.
MU ne joue plus le titre.
Liverpool, Chelsea, Man City et Arsenal sont loin devant MU.
MU est entré dans l’anonymat.
Les Red Devils ne sont même pas du niveau de Tottenham, d’Everton et de Newcastle.
Di Maria a fait de très bons débuts.
Il doit se demander: dans quelle galère suis-je tombé ?

Manchester United:

De Gea/ (5) Rien à faire et parfois mis en difficulté par l’atroce défense à 3
Jones (7) Bon et régulier depuis le début de saison
Evans (3) Manque de rythme et mal à l’aise dans la stupide défense à 3
Blackett (2) On lui demande trop pour ses débuts/
Valencia (3) Pas bien mis en valeur par le schéma tactique
Fletcher (5) A trop de travail car trop seul dans son registre
Young (4) Aurait dû bénéficier d’un penalty. Van Gaal lui donne trop d’importance/
Di Maria (6) Très bon début puis Anderson (70e) Envoyé au casse-pipe, Mata (4) Peu inspiré puis Januzaj (87e)Non noté/
Rooney (1) Lamentable
Van Persie (2) Perte de confiance, puis Welbeck (73e) Non noté

Sur le banc: Amos, M.Keane, James et Chicharito

Manager: Van Gaal (0). Doit renoncer à la défense à trois et s’impliquer plus sur son banc. N’a aucune emprise sur le match. Il regarde la rencontre sans intervenir, tout en déplaçant ses pions aimantés sur son ardoise. C’est facile d’être entraîneur à ce compte-là.

Permalien 17:18:21, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le Nuage Radioactif, de Benjamin Berton (Ring)

Roman d’anticipation, de science-fiction, fantastique, roman tout court, Le Nuage Radioactif de Benjamin Berton, aurait pu s’appeler LNR de BB pour faire encore plus peur.
Jadis, Baudelaire voyait dans les nuages ses meilleurs amis.
Aujourd’hui, ils sont nos pires ennemis. Et je ne parle pas des cumulus ou autres annonciateurs de pluie.
Non, il s’agit des lourds nuages radioactifs. Invisibles, ils peuvent tous nous massacrer sans détruire un seul lampadaire.
La guerre nouvelle peut venir de l’extérieur ou de nos propres usines. Propres ? On devrait dire nos sales usines.
Si Benjamin Berton était anglo-saxon, il serait encore plus connu. On dirait: “Wouha ! On tient un nouveau H. G. Wells…”
Nul besoin de comparer Berton à X ou Y. Il a suffisamment de talent pour se dégager des influences. Plus il est lui-même, meilleur il est.
L’enjeu de son nouveau livre est très simple:
Que se passerait-il si tout disparaissait sous nos yeux et nous avec ?
Pas grand chose ! Cela méritait un livre. En version française non sous-titrée, cela est parfait.
Avec Emmanuel Berl, j’ai souvent parlé de l’apocalypse à venir en raison de la destruction de la planète sous les coups des industriels.
Berl disait que le parti écologique était inutile car nous devrions tous protéger la terre et le ciel.
-"Qu’importe d’aller dans la lune si la terre n’est plus qu’un terrain vague !” m’a-t-il dit.
Les plus aisés iront peut-être dans la lune, le jour du passage d’un terrifiant nuage radioactif.
Malraux, lui, a commenté:
-"Qu’importe d’aller dans la lune si c’est pour s’y suicider".
On voit que nos aînés avaient pensé à tout.
Benjamin Berton, lui, appartient à une génération qui a déjà connu des catastrophes nucléaires, et je ne parle pas des bombes balancées délibérément.
Le romancier imagine un contemporain qui a le cerveau rongé par la phobie du NR.
-"Il n’y aurait plus de guerres, d’argent, il n’y aurait plus de riches et de pauvres, juste un retour naturel…”
Hélas! sans arbre, sans animaux, sans vie, sans rien.
Le héros stressé prend son fils sous les bras et part en direction de la centrale d’où il est certain que le premier nuage funeste va s’échapper. D’autres auraient fait le contraire. Lui va dans la gueule du loup !
Tout se déroule dans le décor des châteaux de la Loire, pour mieux contraster ce qui se passe ou va se passer.
A quoi sert la littérature si tout doit se terminer d’ici peu ?
Pourquoi faire des enfants qui ne dépasseront pas l’adolescence ?
Qui aura le courage de dire vraiment l’état de nos centrales nucléaires ?
Quand va-t-on enfin nous révéler que les réservoirs qui contiennent les déchets nucléaires vont tous se fissurer un jour ou l’autre car ils ont une durée de vie inférieure au poison qu’ils sont censés contenir ?
BB nous fait entrevoir le cataclysme.
J’attends le réalisateur qui mettra en image LNR.
La France n’a pas de Kubrick ?
-Allo! vous pouvez me passer Luc Besson, svp.

-Le Nuage Radioactif, de Benjamin Berton. Ring, 400 p., 19,95 €.
L’ouvrage se referme sur une BD originale signée par Kevin Cannon.

Permalien 07:31:37, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Le football mal joué est insupportable à Man United comme ailleurs

Sur trois matchs officiels avec MU, van Gaal a été incapable de gagner une fois. Son MU a perdu 4-0 contre une équipe de L3. A force de prendre de la hauteur sur les événements, le nouveau coach n’a plus les pieds sur terre. On le voit, carnet à la main, toujours en train d’écrire. Il écrit quoi ? Sa liste des courses au supermarché ?

Match du ventre mou de la Premier League anglaise
Samedi 30 août 2014, 13 h 45
Burnley - Manchester United

-"Avant de commencer, j’ai dit que je donnerais une chance à tous les joueurs, et c’est ce que j’ai fait. Ceux qui n’étaient pas aux USA ont joué contre les MK Dons. J’ai donné une chance à tout le monde avant le 1er septembre, de rester ou partir. C’est leur choix maintenant. J’ai toujours dit ça. Je ne pense pas que ce serait une bonne chose que d’arriver et demander 11 nouveaux joueurs. J’ai donné une chance à tout le monde.”
Ces mots de Louis van Gaal signifient donc qu’il ne compte pas sur Kagawa, Chicharito, Anderson et Welbeck. Jamais Sir Ferguson a dit de telles énormités. Avec l’Ecossais chaque joueur devait se sentir près à jouer à n’importe quel moment car la saison est longue, il y a les blessés, la méforme, les suspensions. Dire à Kagawa, Chicharito, Anderson et Welbeck vous ne serez pas dans mon onze-type c’est vraiment un très mauvais choix de coaching. Le vestiaire de MU est désuni.
MU se déplace à Burnley et c’est MU qui tremble, qui a peur, qui est stressé avec ses stars pâles comme des débutants.
Les joueurs de MU sont devenus quelconques car ils ne sont plus protégés par Sir Ferguson.
Dans un premier temps, David Moyes a renvoyé tout le staff de MU mis en place par Sir Ferguson.
Dans un second temps, Louis van Gaal a fini par éteindre les dernières cendres de l’ère des années 1986-2013.
Désormais, MU repart de zéro. Il n’y a plus de références récentes, de nappe phréatique.
MU n’a plus de base défensive, plus de milieu clairvoyant. Il reste des attaquants en quête de munitions.
Angel Di Maria est-il l’homme providentiel ?
On n’en sait rien et je n’y crois pas une seconde.
A part Eric Cantona, aucun joueur n’a été décisif de manière constante à MU. Même pas Best ni B. Charlton.
van Persie a fait illusion en 2012-2013, puis il est rentré dans l’anonymat.
Si Di Maria pouvait être à MU aussi bon que le fut C. Ronaldo on s’en contenterait.
Depuis 1993, les fans de MU voyaient du très beau football.
Aujourd’hui, on ne voit plus rien à part des joueurs en pleine errance, sans projet, sans trait de génie.
MU ne propose plus qu’un jeu imbécile.
Burnley ? Les temps changent. Désormais, MU a vraiment peur de Burnley.
MU a peur de tout depuis que Sir Ferguson n’est plus le patron.
MU est un bateau à la dérive.
On ne regarde pas un match de football s’il procure l’équivalent de l’ennui généré par chaque discours d’un politicien sans charisme.
On accepte la défaite à condition de vraiment jouer un match.
Les joueurs de MU sous van Gaal donnent l’impression d’avoir laissé leur cerveau au vestiaire.

DERNIERE MINUTE:
Manchester United a trouvé un accord avec l’Ajax Amsterdam pour recruter le défenseur Daley Blind, sous de la visite médicale.

29.08.14

Permalien 23:39:31, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Di Maria s'est dit prêt à honorer le n°7 de Manchester United

-"Le numéro 7 ? Je suis conscient de son importance. Cristiano Ronaldo m’a parlé au Real Madrid et m’a expliqué combien il est important à Old Trafford. Je veux porter le maillot frappé du 7 et donner le meilleur pour le club, comme Ronaldo l’a fait. Le club voulait aussi que je porte le maillot n° 7 et j’espère que je serai à la hauteur.”

La légende de ce maillot remonte à George Best, le premier artiste-footballeur de MU. Il joué aussi avec le 11 comme Charly Loubet, l’un des plus meilleurs ailiers du football français.

Le 7 a ensuite été porté par:
Bryan Robson, un grand n°7
Eric Cantona a rendu mythique le 7 car il a porté le club sur ses épaules de 1993 à 1997
David Beckham, à l’époque où il n’était pas vendeur de slips
Cristiano Ronaldo, le dernier grand 7 rouge
Michael Owen, un Red égaré chez les Red Devil

Valencia a refusé de porter le 7 alors qu’il est loin d’être un mauvais joueur.
Nani lui a évité le ridicule de le porter.

Di Maria arrive à MU où il a tout à prouver.
Actuellement MU est dans le ravin.
MU n’a plus de fond de jeu, plus de confiance, plus de schéma tactique, plus aucune garantie sportive.
La dynamique installée par Sir Ferguson depuis 1993 a disparu.
C’est au petit-bonheur la chance.
Le nouvel entraîneur n’a aucun impact sur les matchs.
Tout le monde peut être entraîneur à ce compte-là.
Le football est, comme le reste, insupportable quand il est mal joué.
pour l’instant quand je vois jouer le MU de van Gaal, je ne vois que du vide spirituel.
Les joueurs ne sont plus portés par un projet commun.
MU n’a plus d’identité de jeu.
MU a actuellement le football le plus pauvre d’Europe.
Payer Di Maria 75 M€ ne garantit en rien l’acclimatation de l’Argentin.

PS: Superbe vidéo sur CANTONA http://youtu.be/PTvEJA4DVyE

Cristiano Ronaldo, meilleur joueur d'Europe 2013-2014

C.Ronaldo est récompensé par l’UEFA. Quoi de plus logique.
Il a écrasé la C1 2014 de toute sa classe.
Il a marqué but sur but. Pulvérisant tous les records.
A 29 ans, il a marqué 17 buts lors de la dernière Champions League ! Il a très largement contribué à offrir au Real son dixième sacre européen en C1.

-"C’était sensationnel, un exploit que le Real attendait depuis des années. A Madrid, on sent qu’il faut gagner la Champions League. C’était une saison fantastique: nous avons gagné la Champions League, la Coupe d’Espagne et la Super Coupe de l’UEFA. Tout est possible. J’ai gagnée la C1 avec Manchester United et maintenant avec Madrid, donc nous avons hâte d’en décrocher une autre…”

Tout est dit. Ronaldo a devancé Neuer et Robben.
Enfin un classement qui est vraiment bien par rapport à la saison écoulée.
Niveau Ballon d’Or, il faudra le donner à Neuer ou à Lahm.

C.Ronaldo suscite toujours autant de jalousie. Il est beau, riche, intelligent, sensible, travailleur et très sympathique. De quoi déranger, en effet.
C.Ronaldo n’a bien sûr pas renoncé à la sélection portugaise, n’imitant pas deux joueurs français qui ne lui arrivent pas à la cheville. Et Ronaldo a dix fois plus de pression qu’eux.
Faut pas confondre intermittent du spectacle avec grand joueur.
C.Ronaldo est constant au plus haut niveau depuis 10 ans.
On l’a connu enfant. A présent c’est un homme.
De loin, c’est le plus bel ambassadeur du football contemporain.
La classe, hors et sur le terrain.
Orphelin de père, il a su écouter Sir Ferguson avant de voler de ses propres ailes.
C.Ronaldo a la particularité d’être aimé par les fans de MU et par les fans du Real alors qu’il est toujours en activité et qu’il a quitté MU pour l’Espagne.
Son parcours est époustouflant. Un footballeur qui hisse haut le jeu en plein règne de Léo Messi.
Enfin Poulidor qui bat Anquetil !

Classement du meilleur joueur UEFA 2014:

1 Cristiano Ronaldo – Real Madrid
2 Manuel Neuer – Bayern Munich
3 Arjen Robben – Bayern Munich
4 Thomas Müller – Bayern Munich
5 Philipp Lahm – Bayern Munich
Lionel Messi – Barcelona
7 James Rodríguez – Monaco
8 Luis Suárez - Liverpool
9 Ángel Di María – Real Madrid
10 Diego Costa – Atlético Madrid

Permalien 10:05:02, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Postérité, de Philippe Muray (Les Belles Lettres)

«Je suis le correcteur idéal. L’effaceur effacé. Silencieux. Ponctueur catimini. Fantôme. »
Voici comment se présente le narrateur qui a quelque chose à voir avec le Bartleby de Melville et avec Fernando Pessoa, lui-même. Le correcteur voit passer plein de textes sans intérêt, gorgés d’inepties.
Du rien, du vide. Son travail est de tout rendre présentable pour la presse.
Le livre de Muray est d’un bloc comme une brique désemmurée !
Parfois le narrateur reçoit la visite d’écrivains ou plutôt de fonctionnaires de l’écrit qui sont surtout bons à l’oral lors de leurs misérables passages à la télé, ce trottoir pour tapins du PAF. Ils demandent à y passer comme d’autres font une passe mais pas comme celles sur un terrain de sport.
Philippe Muray (1945-2006) c’est Antonin Artaud qui se soucie encore des lecteurs.
On ne lit pas Muray, on voyage dans un continent de mots.
Si des services contrôlent les naissances alors pourquoi pas les livres ?
Rien à voir avec la censure, plutôt une question de bon goût prêt à tout tolérer dès qu’il a un vrai talent.
On se laisse envahir par les digressions sublimes.
Il y a du texte. Il y a du sexe.

-Postérité, de Philippe Muray. Les Belles Lettres, 547 p., 25 €

28.08.14

Michel Houellebecq au cinéma c'est Antonin Artaud égaré chez Woody Allen

Qu’est-ce qui fait la force de Michel Houellebecq acteur ? Il est terriblement attachant. Son monde intérieur crève l’écran.

L’Enlèvement de Michel Houellebecq
Téléfilm français
Réalisation et scénario de Guillaume Nicloux

Photographie : Christophe Offenstein
Montage : Guy Lecorne
Durée : 92 min
Diffusé sur Arte le 27 août 2014
Vous pouvez voir le film ici:
http://www.arte.tv/guide/fr/049817-000/l-enlevement-de-michel-houellebecq

Distribution:
Michel Houellebecq : Michel
Luc Schwarz : Luc
Mathieu Nicourt : Mathieu
Maxime Lefrançois : Max
Françoise Lebrun : Françoise
Ginette Suchotzky : Ginette
André Suchotzky : Dédé
Marie Bourjala : Fatima
Karim Achoui : l’avocat
François Samuelson : François

François Hollande va-t-il verser la rançon pour libérer Houllebecq victime d’un rapt ?
Il faut voir l’écrivain s’étonner de son enlèvement, persuadé que la France ne lèvera pas le petit doigt pour le sauver.
Je vous le dis et croyez-moi: ce film a du génie.
Michel Houellebecq est une vedette de l’édition mais aussi un écrivain.
Parfois cela arrive et c’est très rare.
C’est tombé sur lui, tant mieux. Il y a pire !
Son ascension éditoriale a été orchestrée de main de maître par Raphaël Sorin. Un plan médiatique fantastique.
Le public n’a rien à perdre et tout à gagner à aimer Houellebecq.
Ce n’est pas un styliste mais il a du style ! Un artiste du fond plus que de la forme, sauf dans ses poèmes. Il fait réfléchir la France, ce n’est pas donné à tout le monde.
Question cinéma, il est a découvrir sans perdre une minute dans L’Enlèvement de Michel Houellebecq, très bonne surprise de la rentrée.
Cette fois, l’écrivain se fait remarquer par un film et non pas un livre.
Il faut l’entendre parler du microcosme littéraire et de la vitesse. C’est imagé à merveille, mine de rien.
On perçoit son monde intérieur et cela suffit à faire la différence avec les imposteurs guidés par l’appât du gain ou l’impact médiatique à entretenir, genre la vente continue pendant les travaux !
Bien sûr, l’écrivain est lui-même mais un “lui-même” qui sait qu’on le filme.
Il est de la trempe de Jean-Pierre Léaud, il joue avec ce côté pur que seuls les divins naïfs peuvent avoir.
Son rire jamais bidon est un grand moment: par exemple quand l’un de ses ravisseurs récite un poème au ras des pâquerettes. Là, Michel Houellebecq explose de rire. C’est du niveau Oronte-Alceste dans Le Misanthrope.
L’acteur qui joue le Gitan (Luc Schwarz) est l’autre grande révélation du film. Un Depardieu sans tic. Un Raimu new Look. Un Harry Baur inconnu. Ses partenaires sont aussi excellents dans leur composition hallucinante, d’un fan de musculation et d’un ex as de free-fight, deux tas de muscle qui hésitent entre la fête foraine et les combats de catch du temps de Roger Couderc à l’Elysée-Montmartre.
Houellebecq est ravi d’être kidnappé, cela ajoute du sel à la vie.
Au début, il a un peu peur puis il se laisse porter par les événements qui se déroulent chez un couple, très Raymond Bussières et Annette Poivre. Le non-jeu de Michel Houellebecq et de ses hôtes porte le film au rang d’Ovni du 7e Art.
Houellebecq, clope à la main à la Jules Berry, a les attitudes d’Antonin Artaud ravagé par les électrochocs.
Il veut toujours boire, plus WC. Fields que Malcom Lowry.
Plus esseulé que sur une île déserte, il réclame un tapin, la belle Fatima incarnée par Marie Bourjala, fille de tristesse.
Nous sommes dans un film de John Cassavetes tourné par Raymond Depardon.
Plus Striptease que les Cahiers du Cinéma.
Rien d’intellectuel chez Guillaume Nicloux. Tout au second degré. Un film de Situationniste qui aime plus Tati que Les Bronzés.
C’est spirituel, émouvant, amusant, intelligent. On ne perd pas son temps.
Moins Jean-Luc Godard que Jean-Jacques Rousseau, le cinéaste belge homonyme du Promeneur solitaire.
A la fin, cerise sur le baba au rhum, Houellebecq fait les 24 h du mans.
Tout à coup Léautaud devient Steve McQueen.
L’ensemble donne un film frais, pas du tout branché.
Loin de ses productions débiles de cinéastes à la manche qui sont couvés par la branchitude nombrilesque.
Mieux vaut être proche des Marx Brothers qu’être un Bergman raté.

PS: Michel Houellebecq est aussi présent dans Near Death Experience, film français de Gustave Kervern et Benoît Delépine (2014).

27.08.14

Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault. (Plon)

Gilles Perrault avec Angelo Rinaldi, entre autres intervenants. Les vieux étaient-ils tous à Vichy et les jeunes dans la résistance ? Passionnant débat avec quelques fulgurances.

Lors du débarquement, il n’y avait que la plage de Français.
Si j’ai bon souvenir, ce mot est de Gilles Perrault.
Je me rappelle de l’avoir cité à Alphonse Boudard qui l’avait trouvé excellent parce que très juste.
En effet, lors en juin 1944, il n’y avait qu’une poignée de soldats français parmi la multitude d’hommes étrangers sur les plages normandes. «Les plages de la démocratie» comme les a appelées l’auteur du discours prononcé par le Président des Etats-Unis, B. Obama venu sur place lors du 70e anniversaire du débarquement des alliés.
Le Dictionnaire amoureux de la Résistance est sans nul doute l’un des meilleurs ouvrages de cette collection qui est l’une des dernières grandes réussites de l’édition française. Gilles Perrault qui connaît son sujet sur le bout du cœur n’y va pas par quatre chemins.
Ce livre sur la résistance complète parfaitement son œuvre, puisqu’il nous avait déjà donné Paris sous l’Occupation (Belfond, 1987), remarquable album où même les légendes photos sont soignées. Il faut dire que Gilles Perrault a la particularité d’avoir du style. C’est un écrivain ce qui est très rare dans son domaine où d’habitude ii n’y a que des auteurs. Il est aussi journaliste et historien. Et également pamphlétaire et romancier. Cela fait beaucoup pour seul homme mais dans ce cas-là rien n’est usurpé.
Gilles Perrault était tout désigné pour écrire sur la Résistance qui est le versant opposé à la Collaboration qu’il a donc déjà traité. Excellent sur tous les terrains qu’il aborde, Gilles Perrault a l’élégance d’avoir du talent. La saine colère est l’un de ses moteurs. On connait son combat pour la réhabilitation de Christian Ranucci.
Il a en plus une très belle voix qu’il sait moduler comme les meilleurs avocats. Sans doute un atavisme paternel.
Son Dictionnaire amoureux sur la Résistance ne coupe pas la France en deux avec d’un côté les salauds et de l’autre, les braves gens. C’est plus compliqué, sauf si on s’appelait Jean Prévost ou Robert Lynen pour citer de véritables héros dont on ne parle pas assez.
Il y a bien d’autres hommes et femmes qui se sont comportés en citoyens exemplaires. Perrault leur rend hommage au fil de sa plume, légère dans son expression et lourde quand il le faux. Lourde pour écraser la vermine.

-Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault. Plon, 500 p., 22 €

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La méthode perdante de "Louis van Moyes" à MU

Le match apocalyptique de MU en Coupe de la Ligue 2014-2015. MU s’est fait jeter dès son entrée en compétition. L’image du club ne cesse pas de se dégrader depuis le départ de Sir Ferguson.

Mercredi 27 août 2015, à 00 h 45
BeIN SPORTS 1
Match tragicomique en différé

Coupe de la Ligue anglaise du 26 août 2014
Milton Keynes Dons Football Club 4 - 0 Manchester United
Buts pour MU: Grigg (25e, 63e), Afobe (69e, 84e)

Le nouveau coach de MU a déjà hérité d’un surnom: Louis van Moyes !
Moyes ce n’était pas terrible mais van Gaal c’est encore pire: aucune victoire en trois matchs officiels.
Tous les rivaux de MU font la fête.
A Liverpool, à Arsenal, à Man City et à Chelsea on saute en l’air, fou de joie.
MU en a pris 4 contre une équipe de D3. Sombre mardi 26 août.

La méthode de van Gaal:
1/ Il dit qu’il y a des blessés.
2/ Il a cassé le schéma historique de MU, soit le 4-4-2 ou le 4-3-3 pour une lamentable défense à 3.
3/ Pendant le match, il prend sans cesse des notes, le nez sur la feuille blanche. Cela prouve qu’il n’a aucune mémoire.
4/ Il ne se lève jamais. Ne parle pas aux joueurs sur le terrain.
5/ N’a aucune incidence sur les arbitres.

Permalien 00:15:54, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Crise à MU. Eliminé par un club de D 3, le Man United de van Gaal porte atteinte à l'Histoire du club

Sir Ferguson ne peut pas laisser des incapables détruire tout ce qu’il a construit. Il doit revenir au club pour former un coach capable de lui succéder. Si Moyes n’a pas eu le temps, l’Ecossais, lui, n’avait pas l’arrogance déplacée du Néerlandais. Pourquoi donner du crédit à van Gaal alors qu’on l’a refusé à Moyes ? MU est orphelin de père et ce n’est pas des hommes sans envergure qui peuvent le remplacer.

Coupe de la Ligue anglaise
Mardi 26 août 2014
Milton Keynes Dons Football Club 4 - 0 Manchester United (ou plutôt ce qu’il en reste)
Buts pour MU: Grigg (25e, 63e), Afobe (69e, 84e)

La défense à trois de MU mise en place par le nouveau coach temporaie est un fiasco total. Van Gaal a envoyé de De Gea à l’abattoir.
Man United qui n’a plus que le nom de MU s’est fait éliminer de la Coupe de la Ligue dès son entrée en compétition par Milton Keynes Dons Football Club, un club qui évolue en Football League One soit en troisième division du football anglais !
Le 26 août 2014 est désormais une date noire: celle qui prouve que van Gaal est un entraîneur quelconque.
Pas la peine de faire le prétentieux comme il le fait: lui ou un autre c’est la même chose.
Un inconnu ne ferait pas aussi mal: je regrette le départ de David Moyes.
Peut-être qu’un jour van Gaal gagnera mais cela sera le fait des joueurs et non pas grâce à sa façon de coacher.
Par rapport aux derniers matchs, il a fait un turn over: une vraie catastrophe !
Il a fait jouer tous les joueurs qu’ils n’aime pas: Anderson, Chicharito, Kagawa et Welbeck.
Tous ces Red Devils ont très bien faits de mal jouer. Je leur donne 100% raison. A peine arrivé, van Gaal a cassé l’unité du vestiaire.

Son changement de dix joueurs est une grave erreur. En plus, il a titularisé De Gea. Le gardien titulaire a encaissé 4 buts.
C’est bien pour la confiance !
Nous sommes en août et MU ne jouera donc pas cette saison ni la C1 ni la Coupe de la Ligue. Il reste le championnat et la FA Cup. Une vraie peau de chagrin.
Di Maria va se demander ce qu’il vient faire dans cette galère.
C’est très mauvais de mettre autant de pression sur un nouveau venu.
Tout le monde va voir Di Maria comme un messie. Pas terrible pour l’adaptation.
La manière d’agir de van Gaal prouve qu’il n’a rien compris à MU.
A MU, il n’y a pas de petits matchs. Chaque sortie c’est comme une finale de Coupe du Monde.
Les jours de van Gaal sont déjà comptés.
Il fallait faire signer José Mourinho. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé dès la retraite de Sir Ferguson.
Van Gaal va attendre que les événements tournent en sa faveur. Ce n’est pas un homme qui agit sur les faits.
Lors ce nouveau match catastrophe, MU n’a tiré que 4 fois dans le cadre !
Une équipe de D3 vient d’humilier MU qui n’est plus qu’un club à la recherche de son lustre d’antan.
United est en pleine crise.
Evra, Ferdinand et Vidic peuvent être contents. Leur départ commun équivaut à un tremblement de terre.
Le vestiaire de MU est un train fantôme.
Van Gaal a lancé des jeunes et des mal-aimés dans un match suicide. C’est une faute professionnelle.
Jadis j’étais triste quand MU perdait.
A présent, je suis juste en colère.
Nous sommes dans l’ère de l’incompétence. Celle des gens qui pètent plus haut que leur cul.
Si l’on n’est pas capable de conduire une Formule 1, on fait du tricycle.
Ryan Giggs ne sert à rien à côte de van Gaal. C’est juste une caution culturelle.
MU ne cesse pas d’être en chute libre.
Avec Moyes ce n’était pas terrible. Avec van Gaal, on touche le fond.

Manchester United (3-4-1-2):
De Gea/
M Keane, Evans, Vermijl/
Janko (A Pereira 45e), Powell (Wilson 57e), Anderson, James/
Kagawa (Januzaj 20e)/
Hernandez, Welbeck.
Sur le banc: Amos, McNair, Thorpe, Zaha.

Manager: van Gaal (0). Lamentable. Je ne note pas les joueurs: ils n’y peuvent rien car ils n’ont pas un coach à la hauteur. Van Gaal a commis l’erreur de lancer trop de jeunes en même temps.

Hommage aux vainqueurs:

MK Dons (4-2-3-1) Martin/ Baldock, Lewington, Kay, McFadzean/ Alli, Potter/ Bowditch (Powell 56e), Reeves, Carruthers (Green 61e)/ Grigg (Afobe 68e).
Sur le banc: McLoughlin, Spence, Randall, Hitchcock
Manager: Karl Robinson



26.08.14

Angel Di Maria, le nouveau Red Devil de Manchester United

Le Real Madrid et Man United sont tombés d’accord: 75 M€ le transfert.
L’ancien record était: 62 millions d’euros pour Fernando Torres (de Liverpool à Chelsea)
Il s’agit du plus gros achat de MU. Un joli coup réalisé par Ed Woodward, vice-président de MU, qui a remplacé David Gill. En coulisses, c’est le même remplacement que Sir Ferguson par Moyes puis van Gaal.
Pour l’instant, Woodward ne réussissait à n’attirer personne de bien important.
L’Argentin Di Maria ? Le PSG le voulait aussi, mais il a choisi MU. On n’achète pas l’Histoire. Elles sont où les C1 du PSG ?
Les rapports MU-Real Madrid sont historiques depuis le crash de 1958.
Quand les Red Devils sont morts dans l’avion, le Real a été le seul club au monde à venir prêter mains fortes aux endeuillés.
Les Madrilènes ont même voulu offrir pendant un an les services de Di Stefano pour qu’il remotive les jeunes.
Sir Matt Busby refusa. Cependant les deux clubs sont comme mariés depuis cette époque.
Le Real Madrid organisa des matchs pour donner la recette à MU.
Voilà pourquoi C. Ronaldo est passé de MU au Real.
Et voilà pourquoi A. Di Maria est passé du Real à MU.
Tous mes vœux à Di Maria. Je souhaite bien sûr qu’il s’adapte vite et bien à MU qui a bien besoin de lui.
Le milieu offensif relayeur peut aussi jouer à l’aile.
Di Maria, 26 ans, est un joueur explosif qui va au contact. Un physique en lame de couteau. Un physique pour tourner dans un western de Sergio Leone.
Il devra éviter les lourdes charges adverses.
Ronaldo a autant réussi en Angleterre qu’en Espagne.
Di Maria devrait faire la même chose, dans le sens inverse.
Avec Ancelotti et Zidane, l’Argentin a étoffé son jeu: il est devenu beaucoup plus hargneux sur la balle. C’est un plus considérable. Di Maria joue de mieux en mieux alors que Nani joue de moins en moins bien. Comme quoi le mental est hyper important.
Bienvenue à Old Trafford, Monsieur Di Maria !
Et, svp, peuplez nos rêves. Trop de joueurs se contentent de faire rêver le peuple.

PS: MU a aussi dans le collimateur le récupérateur chilien de la Juventus Turin, Arturo Vidal (27 ans) et le latéral néerlandais Daley Blind (24 ans). Il ne reste plus que 5 jours pour conclure les transferts du mercato d’été.

[Post dédié à Richard Kurt]

25.08.14

Trois livres pour comprendre la Libération:Eté 44, l’insurrection des policiers de Paris (Christian Chevandier), Paris libéré 1944-1949 (Antony Beevor et Artemis Cooper) et Le chagrin et le venin (Pierre Laborie)

Pierre Mendès-France est l’un des plus grands Français du XXe siècle. Ne l’oublions jamais, svp. Hélas! il n’a aucun héritier politique. Il est vrai que le courage est une valeur en perdition.

152 policiers sont morts pour la Libération de Paris, en août 1944. Ils ont attaqué les Allemands avec les Gaullistes et les communistes qui eux-mêmes ont devancé les Alliés.
Jamais aucun historien ne s’était penché sur la présence des policiers lors de l’insurrection. Grâce à Christian Chevandier nous n’ignorons plus que les policiers étaient en civil dans les rangs des FFI.
L’ouvrage est ainsi découpé :
1/ Paris occupé : les nazis sont de partout sous les yeux des collabos zélés.
2/ Paris insurgé : les barricades, attaque du Grand Palais, la Division Leclerc …
3/ Paris libéré : de Gaulle en héros, l’épuration…
La seconde partie est consacrée à un gros plan sur les combattants et à la volonté de leur rendre hommage pour ne pas laisser en plan dans l’Histoire au rayon des victimes anonymes.
« Qu’est que le peuple ? C’est ce qui dans une nation ne veut jamais s’agenouiller » dixit Albert Camus.
Les policiers présents dans le livre ont illustré ce qu’a écrit Camus au prix de leur vie.
Tout n’a pas été si simple et le brillantissime Christian Chevandier nous fait bien comprendre que ces policiers, à l’origine formé pour servir la IIIe République, ont été amenés à servir le régime fasciste de Vichy qui s’est servi d’eux à maintes reprises.
Bien sûr, il ne s’agit pas forcément des mêmes hommes mais il faut admettre que c’est la police française qui a raflé les juifs notamment pour les parquer au Vel’ d’Hiv. Tous les policiers n’ont pas été collabos mais la plupart sont restés sous les ordres des vichystes. Voyant la tournure des événements, d’aucuns sont devenus résistants. Tous les hommes ne sont pas des héros. On peut être aussi poussé par le vent de l’Histoire, pour sauver sa peau et tout à coup pencher du bon côté. Seuls les grands citoyens transgressent les mauvaises lois, et celles de Vichy en étaient.

Pour bien comprendre la Libération de Paris, il faut aussi lire Paris libéré 1944-1949 du duo Beevor-Cooper, deux fins connaisseurs de l’époque. Antony Beevor est un historien mondialement reconnu, et Artemis Cooper témoignage de ce que lui a raconté son père, Duff Cooper, qui fut l’ambassadeur de la Grande-Bretagne en France, juste après la Libération. Leur livre est un apport considérable pour ceux qui ne veulent pas être dupes des historiens partisans qui pullulent dans l’édition. Un historien doit être neutre et non pas rouler pour un clan politique. C’est trop facile de lire l’Histoire avec des yeux de droite ou de gauche. Non lire devrais-je écrire mais réécrire l’Histoire…
Beevor et Cooper, eux, exposent bien ce qui est arrivé juste après la Libération, à savoir les règlements de comptes entre gaullistes, communistes, résistants, collabos, Français, Américains et Soviétiques. Il y a avait les vainqueurs et les perdants, mais dans la réalité qui avait fait quoi ?
“Rares sont les pays qui aiment leurs libérateurs lorsque les acclamations se sont tues". Telle est l’ouverture du livre. Cette remarque est illustrée par la déclaration de Charles de Gaulle qui a chaud n’a pas remercié les Alliés quand il a fait son célèbre discours: “Paris outragé, Paris brisé, martyrisé mais Paris Libéré !” Certes cet omission est à mettre sur le compte de l’enthousiasme mais force est de constater que le général n’était dupe de rien. Il savait que les Etats-Unis étaient entrés en guerre en Europe pour que celle-ci devienne un nouveau marché économique. La France devait devenir la banlieue de l’Amérique du Nord! Les Français voulaient s’approprier la victoire. Si on les écoutait, ils avaient libéré seuls le pays. Les collabos se prenaient maintenant pour des résistants ! Le marché noir faisait rage: la nourriture c’est la clé numéro pendant la guerre. “La nourriture, c’est le pouvoir", a dit Ernst Jünger, l’écrivain déguisé en officier de la Wehrmacht. Les communistes sont allés jusqu’à dire que 75 000 membres du PCF furent tués par les nazis. Ils avançaient ce chiffre outrancier pour mieux faire oublier le pacte germano-soviétique en 1939.
Pendant longtemps on a diabolisé le régime de Vichy pour le lui faire porter le chapeau sans oser dire que les hommes de Pétain ont marché main dans la main avec les nazis. Il a fallu attendre Jacques Chirac en 1995 pour qu’un président de la République reconnaisse cela de manière publique et officielle. 50 ans d’attente ! Le président Mitterrand, lui, faisait la différence entre l’Etat Vichy et la République, signifiant que Vichy ce n’était plus la République, donc pas la vraie France. Il jouait sur les mots, quand bien même on pouvait comprendre son attitude, surtout connaissant son passé. Vichy se n’était pas la République, mais Vichy a remplacé la République, donc ce fut la France à ce moment-là de l’Histoire. On ne peut pas se masquer les yeux devant la réalité des faits.

Un troisième livre est à prendre en considération sur l’époque. Sous-titré “Occupation, résistance et idées reçues", Le chagrin et le venin, signé par Pierre Laborie est une pierre à l’édifice de la compréhension des événements et de leurs différentes lectures et commentaires. L’enjeu du livre est de ne pas nous faire croire qu’il y avait d’un côté les salauds et de l’autre les héros. Si après la Libération, le général de Gaulle a prôné une politique de réconciliation après 1968, le film Le chagrin et la pitié (1971) a beaucoup contribué à faire croire que tout le pays n’était qu’une vaste confrérie de collabos pendant les années d’occupation nazie. Laborie tente de rééquilibrer le balancier de la vérité historique. Certes Vichy a fait plus que ce que demandaient les nazis- on le sait depuis le livre de l’historien américain Paxton qui en 1973 a révélé le fiel vichyste. Il ne faut pas confondre résistants inactifs et maquisards. L’armée des ombres (Kessel, 1943) a vraiment existé, et l’armée des anonymes aussi. Pierre Laborie ne veut pas qu’on instrumentalise l’Histoire a des fins politiques. Il faut dire que l’époque était complexe. Emmanuel Berl avait tellement confiance en la France qu’il est allé se faire recenser comme Juif, ne se doutant pas une seconde qu’il se jetait alors dans la gueule du loup. Et par ailleurs, Mireille, la chanteuse et musicienne épouse de Berl, m’a dit que Bousquet lui avait permis de sauver un réseau de résistants. Je ne partage pas la sévérité de Pierre Laborie envers les Hussards qu’il ne faut quand même pas accuser de tous les maux. Michel Déon était un ex de l’Action Française ? A ce jeu-là je rétorque: Paul Eluard a écrit une ode à Staline.

-Eté 44, l’insurrection des policiers de Paris, de Christian Chevandier. Avec un cahier-photos. Vendémiaire, 477 p., 24 €

-Paris libéré 1944-1949, d’Antony Beevor et Artemis Cooper. Traduit de l’anglais par Frank Straschitz. Perrin/ Tempus, 502 p., 11 €

-Le chagrin et le venin, de Pierre Laborie. Folio histoire/ Gallimard, 405 p., 8,90 €

Permalien 09:02:54, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Le défenseur Tyler Blackett est la belle révélation de Man United

Le nouveau défenseur maison a plus démontré en deux matchs que Herrera et que Fellaini pourtant plus chevronnés.

Actuellement, le football de MU ne me plait pas du tout mais j’ai eu la joie de découvrir un nouveau joueur très intéressant pour la suite des événements. Je lui souhaite une très grande carrière. Et cela s’annonce très bien pour lui, et donc pour nous, les lecteurs - j’utile volontairement ce terme- de vrais footballeurs.
Tyler Nathan Blackett est la grande satisfaction de la nouvelle ère van Gaal
Né le 2 avril 1994 à Manchester, le jeune défenseur de 20 ans a parfaitement négocié ses deux premiers matchs en championnat pro où il a connu la désillusion de la défaite à la maison avant de ramener un nul de l’extérieur.
Il a signé à MU en 2002 quand il avait 8 ans.
Du haut de son 1.88 m, il dégage une belle autorité que Smalling n’a jamais eue.
Blackett, lui, a la grinta comme Phil Jones.
Le nouveau Red Devil professionnel peut jouer à gauche mais aussi en défense centrale où j’attends de la voir évoluer. Le nouveau Rio Ferdinand c’est peut-être lui.
A mes yeux, c’est une grande recrue interne.
Blackett a précisément la qualité que MU n’a plus: il est tranchant !
Son jeu est hyper propre. Il s’est bien se placer, joue bien sans ballon.
Il a une très bonne lecture et ne s’en laisse pas compter.
Il ne dégage aucune peur, aucun stress alors que Smalling ne dégage que ça.
Le natif de Manchester a une très grande harmonie de gestes, et de très belles qualités athlétiques.
Il ne craint pas le un contre un et ne refuse jamais l’occasion de dribbler.
Petit à petit, il gagnera en assurance et montera davantage en surnombre.
Pour l’instant, il s’applique a bien défendre.
Blackett fait plaisir à voir. Depuis le début de saison, c’est le Red Devil le plus intéressant à regarder jouer car il a un football positif.
C’est avec des joueurs de cette mentalité que van Gaal doit vite récréer une énergie nouvelle à Man United.
Quant à Rooney, il doit se réveiller. Il semble vivre sur sa réputation. Il doit mieux porter le brassard.
Rooney est un aîné à présent.
Blackett a l’âme d’un titulaire et non pas d’un remplaçant.
J’espère qu’il ne devienne pas le Pogba de van Gaal, à savoir quitter MU parce qu’on ne lui fait pas confiance.

24.08.14

Permalien 19:39:33, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Le triste Man United de van Gaal a pris un point sur six

Le nouvel entraîneur de MU a ses têtes et apparemment il n’aime pas le football de Chicharito. Ne pourrait-on lui faire passer quelques DVD ?

24 août 2014
Sunderland 1-1 Manchester United

But pour Sunderland: Rodwell (30e)
But pour MU: Mata (17e)

MU a eu un léger mieux en deuxième période. A part ça rien.
On peut rajouter que van Persie aurait pu bénéficier d’un penalty. Tout comme Young mais le joueur explosif et si frêle de MU a une réputation de plongeur, alors l’arbitre lui a donné un carton jaune !
MU reste une toute petite équipe. Un genre d’Arsenal des mauvais jours.
Scholes a raison: MU est en train de devenir le Liverpool des années 2010.
MU n’a pas gagné le championnat de 1968 à 1993. C’était triste période semble repartir !
Disparition de la confiance et donc du culot. Aucune entreprise psychologique sur les débats.
Un football stupide de passes imprécises. Une peur permanente.
Aucun patron.

Du jamais à MU… Le nouveau coach a osé critiquer les fervents fans de Man U.
-"Il y a deux semaines, j’étais le roi de Manchester et maintenant je suis le diable” a dit le Néerlandais avant le coup d’envoi de son deuxième match de championnat.
1/ On ne dit pas Manchester mais United !
2/ Il n’y a qu’un roi à Mu et c’est King Cantona !
3/ On doit respecter les fans de MU dont 75% n’habitent pas Manchester où il n’ont jamais mis les pieds.
4/ Dire qu’il est le diable est idiot car tous les membres de MU sont des diables rouges.
5/ Van Gaal a tout à prouver à MU. Ce qu’il a fait avant ne compte pas. Il repart à zéro.

Manchester United/
De Gea/ (5) Trop esseulé dans l’inhabituelle défense à trois
Jones (8) Le meilleur Red Devil. Sans lui, MU aurait perdu.
Smalling (4) Trop stressé, puis Keane (44e) (5) Un jeune en rodage
Blackett/ (7) Très bon élément. Costaud et courageux
Valencia (7) Bon match
Cleverley (2) Quelconque comme d’habitude. N’a pas 5% du talent de Paul Scholes
Fletcher (4) Manque de rythme, puis Januzaj (63e) (1) Inexistant
Mata (6) Pas assez constant sur 90 minutes
Young/ (4) van Gaal lui a donné une place de titulaire qu’il prend avec trop d’arrogance
Rooney (3) Match raté
van Persie (5) Match de rentrée, puis Welbeck (63e) (5) De la bonne volonté comme toujours

Sur le banc: Amos, James, Kagawa, Chicharito

Manager: van Gaal. Le Néerlandais est en train de rater son entrée à MU: un point sur 6. Quelle misère ! van Gaal passe son temps à bavarder avec Giggs, ne mettant aucune pression sur les arbitres qui handicapent MU par des décisions inconcevables. Le schéma tactique de van Gaal n’est pas une réussite. On nous promet l’arrivée prochaine de Di Marie. On nous fait miroiter que c’est le nouveau Messi. Wait and see. A l’heure actuelle, MU a le mauvais timing: les Red Devils ont toujours une seconde de retard ou d’avance. Jamais dans le bon tempo. Sauf une fois à la 17e minute. C’est trop peu. Van Gaal a vu le même match que moi puisqu’il a déclaré dans sa conférence d’après-match: “En seconde période, nous avons beaucoup mieux joué mais nous aurions pu créer plus. Nous avons manqué trop de passes ; c’était soit trop lent ou trop précipité…” Le fameux tempo dont je vous parlais. Totalement absent du jeu de MU depuis des mois.

Permalien 10:40:05, Catégories: GRAND MONSIEUR, LA REVUE DE STRESS  

L'attaquant camerounais Albert Ebossé (1989-2014) a été tué par un pavé lancé par un "supporter"

Hommage à l’Humaniste Albert Ebossé.

Samedi 23 août 2014
Deuxième journée de championnat algérien
Stade du 1er novembre 1954, à Tizi Ouzou
JS Kabylie 1-2 USM Alger (2-1)

But pour la JS Kabylie: Albert Ebossé (27e)
Buts pour les Visiteurs: Benmoussa (7e), Belaili (83e)

On avait déjà vu le Colombien Andrés Escobar (1967-1994) assassiné par un parieur qui lui reprochait d’avoir marqué un but contre son camp ayant entraîné l’élimination de son pays lors de la Coupe du monde 1994.
Le 23 août 2014 vient de voir un nouveau drame dans le monde du football: le Camerounais Albert Ebossé, 24 ans, est mort d’un traumatisme crânien après avoir reçu un pavé, lancé des tribunes, sur la tête alors qu’il s’apprêtait à regagner les vestiaires. Le projectile a sans doute était propulsé par un spectateur issu des “supporters” de l’équipe de la Jeunesse Sportive de Kabylie qui jouait à domicile.
Bien sûr, tous les vrais amateurs de football sont touchés par la mort d’Albert Ebossé.
Lui, c’est nous. Il aimait ce que nous aimons et, svp, écoutez ce qu’il dit du racisme dans la vidéo. C’est tout simplement remarquable, magnifique, beau, grand et si vrai.
La bêtise d’un spectateur est devenue criminelle.
Ebossé n’a pas eu de chance. Le destin est cruel avec lui. Pour mourir, il a dû signer dans le club le plus titré d’Algérie (14 championnats), jouer ce jour-là, se trouver sur la trajectoire du pavé, et le recevoir dans les pires conditions. Oui, il n’a pas été épargné par le mauvais sort.
Physiquement c’était un athlète. Tant d’efforts pour devenir un très bon joueur, tant d’efforts pour mourir dans un stade. Rien n’est plus triste, plus injustice, plus scandaleux.
Si l’on retrouve le coupable, je l’entends déjà dire: “Je ne visais personne…”
La réalité c’est que l’attaquant, auteur d’un but lors de son dernier match, a reçu la pierre en pleine tête.
Rien ne nous rendra Ebossé. Rien.
Ebossé c’était bien préparé pour disputer “le choc de la deuxième journée du championnat", JSK-USMA opposant le deuxième du dernier championnat de L 1 au champion en titre. “Le choc…", ce mot fait soudainement mal à entendre.
Furieux de la défaite des Canaris pour leur première rencontre à domicile en 2014/15, les “supporters” de la JSK ont jeté sur “leurs” joueurs tout ce qu’ils avaient sous la main dont le pavé, transformé en arme du crime d’Ebossé, le Lion Indomptable aux 6 sélections.
Samedi dernier, lors de la première journée, Ebossé avait marqué pour la JSK lors la victoire des Canaris 2-0 sur la pelouse du MC Oran.
Albert Ebossé avait rejoint la JS Kabylie en 2013, disputant la finale la coupe d’Algérie 2014 avant de terminer vice-champion d’Algérie avec 17 but qui lui avaient permis de remporter le titre de meilleur buteur du championnat 2014.
Le football est un lieu de fraternité et non pas de haine.
Ceux qui ne l’ont pas compris sont des ignorants. De très dangereux ignorants.
La compétition est faite de victoires et de défaites.
Il a des forces plus ou plus équivalentes.
On ne peut pas comparer Liverpool avec Trifouillis-les-Oies.
Il est triste et révoltant de constater qu’un seul geste d’irresponsable peut tuer un homme.
Tous les vrais amateurs de football du monde portent le deuil d’Albert Ebossé.
Tous les clubs du monde devraient observer une minute de silence pour lui rendre hommage.

Albert Ebossé:
Né le 6 octobre 1989 à Douala (Cameroun)
Mort le 24 août 2014 à Tizi Ouzou (Algérie)
2008-2010/ Cameroun, Coton Sport
2010-2011/ Unisport Bafang
2012-2013/ Douala Athletic Club
2012-2013/ Malaisie, Perak FA
2013-2014/ Algérie, JS Kabylie
Sélections en équipe nationale: Cameroun 6 sélections

Permalien 01:04:48, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

L'immense Red Devil Paul Scholes demande que MU casse sa tirelire

Paul Scholes savait casser les attaques adverses, servir du caviar à la louche et marquer des buts importants. Il n’a aucun héritier digne de lui. Je ne ratais jamais un match de Scholes, joueur lumineux, technique, costaud et supérieurement intelligent. Un vrai régal. Ce n’est pas pour rien que Sir Ferguson a toujours refusé de le transférer. Des Paul Scholes, il n’y en a pas à chaque coin de stade. Son souvenir est encore plus fort que tous les titulaires actuels du milieu de terrain de MU.

Dans les colonnes de The Independent, Paul Scholes a donné son sentiment sur la situation désastreuse de Manchester United qui n’arrive plus à tenir son grand de champion depuis la retraite de Sir Ferguson… et de Scholes !
-« J’en ai marre de critiquer le club à qui j’ai donné ma vie de footballeur. Mais cette équipe de Man Utd a perdu sept matches de Premier League à Old Trafford la saison passée et a débuté la nouvelle en perdant face à Swansea. United doit stopper son déclin. Durant les années sous Sir Alex Ferguson, quand les trophées s’enchaînaient, ce type de médiocrité était impensable, mais c’est en train d’arriver. Ce n’est pas la faute de van Gaal, le problème est là depuis longtemps. J’aurais dû réaliser que le fait que je joue encore à 38 ans était un signe qu’il n’y avait pas assez de pression sur nous, les anciens, de la part des jeunes qui montaient. C’était pareil avec Ryan Giggs la saison dernière : il était parfois le meilleur sur le terrain, à 40 ans. Je pense que le temps est venu pour un changement majeur. De quoi United a-t-il besoin ? Cinq joueurs. Pas cinq joueurs à gros potentiel. Cinq joueurs expérimentés pour maintenant. Cinq joueurs qui peuvent renverser la situation. Les attaquants de United sont aussi bons que ceux des autres équipes du championnat. Le problème est ce qui vient derrière. »

Les cinq élus de Paul Scholes ?
Mats Hummels - « il a l’expérience dont a besoin United » - Raphaël Varane, Xabi Alonso, Sami Khedira et Angel Di Maria.

-«Il faudrait faire un gros appel au Real Madrid. Ce serait dur de tous les avoir, mais c’est le niveau dont United a besoin. Le club connaît toujours un succès commercial. Mais tout cela est basé sur ce qu’il se passe sur le terrain. C’est la base de n’importe quel grand club et United n’est pas différent. On nous dit que l’argent est là. Je dirais que le temps est venu de commencer à le dépenser. »

On nous fait miroiter la venue d’Angel Di Maria. Info ou intox ? Et sera-t-il à la hauteur de nos espérances. Que fait Ozil, le brillant Ozil à Arsenal ? Pas grand chose. Une adaptation en montagnes russes.
Paul Scholes a raison, si l’argent est là c’est grâce à lui, à Cantona, a tout ce qui s’est passé entre 1993 et 2013. Vingt ans de travail sérieux.
Sir Ferguson n’a pas trouvé les grands héritiers: Smalling, Jones, Evans, Rafael, Cleverley, Welbeck ne sont pas Vidic, Ferdinand, Evra, Scholes, Keane, Giggs et van Nistelrooy.
Moyes a fait venir Fellaini. No comment.
Pour l’instant, van Gaal a fait venir personne d’impressionnant.
Le milieu de MU est un désert du Sahara.
On en est encore à Carrick et Fletcher ! Mata est un intermittent du spectacle tout comme Kagawa.
Aucun joueur - à part Valencia- ne sait avoir les crocs comme Scholes qui savait aussi écarter le jeu de manière divine. Il changer d’axe à volonté, avec des ballons propres, bien dosés.
MU a besoin d’éclaireurs. Immédiatement et non pas demain.
Le MU perdait des matchs, parfois lourdement, mais après chaque défaite, la machine rouge repartait de plus belle.
Il faut que Rooney et van Persie aient plus de munitions.

Man United va-t-il enfin sortir de sa crise identitaire ?

Depuis que Sir Ferguson a quitté le banc de MU, les Red Devils sont des orphelins à la dérive. Et les fans aussi ! Il serait temps qu’un homme prenne le gouvernail du club. Van Gaal est-il la bonne personne ? Je demande à voir. Pour l’instant, il ne m’a pas convaincu. Il parle beaucoup, se protège mais on ne sent pas une volonté de fer dans son coaching.

Premier League
24 Août 2014, 17 h
Sunderland - Manchester United

Coupe de la Ligue
26 Août 2014, 21 h
Milton Keynes Dons Football Club - Man United

Premier League
30 Août 2014, 13 h 45
Burnley - Man United

Manchester United a trois matchs à l’extérieur pour lancer sa saison.
Après le premier match désastreux à la maison qui s’est terminé par une défaite de MU, le temps est à la révolte.
Louis van Gaal commence à se cacher derrière les blessés.
Dans sa conférence d’avant-match du 24 août 2014, il a confessé n’avoir jamais eu autant de blessés dans sa carrière.
Des blessés alors que nous n’en sommes qu’à la deuxième journée de championnat. La Coupe du Monde a laissé des traces et les matchs amicaux aussi.
MU est un grand club, enfin était un grand club compétiteur. Depuis le départ de Sir Ferguson, MU est quelconque pour ne pas dire
minable.
Van Gaal dit que Fellaini est blessé mais le Belge ne représente rien à MU ou alors il incarne le déclin du club à lui tout seul.
MU, même sans Carrick ou Evans, doit être capable de gagner, sinon c’est devenu un club du ventre mou.
MU doit être un tourbillon qui accepte des nouveaux joueurs dans sa spirale.
Qu’importe les titulaires ! La star c’est MU.
MU doit gagner les trois matchs qui viennent. Il n’y a pas d’autres discours à tenir.
Milton Keynes Dons Football Club ?
C’est un club qui évolue en Football League One soit en troisième division du football anglais !
Quand van Gaal parle des blessés, on dirait qu’il prépare une nouvelle défaite de MU, en disant:
-"Je n’y suis pour rien, je n’ai plus assez de joueurs valides.”
Un discours de loser.
MU a un rang à tenir et il faut qu’il le tienne.

21.08.14

Permalien 14:26:52, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Pas pleurer, de Lydie Salvayre. (Seuil). Hommage aux humbles et à Bernanos.

Louis Jouvet lit le passage sur le mensonge et les imposteurs dans Les Enfants humiliés de Bernanos.

Les lecteurs qui suivent Lydie Salvayre peuvent se réjouir. Le nouveau livre de la romancière est excellent. L’auteur (je n’écris jamais auteure) du cultissime La Compagnie des spectres (1997) entre autres merveilles littéraires, n’est jamais aussi percutante que lorsqu’elle nous livre des pans autobiographiques transcendés par son style à la rage poétique.
Quand elle évolue dans une trame sur fond politique, Lydie Salvayre met toujours dans le mille de notre sensibilité. Oui, c’est bingo à chaque fois tant cela sonne juste. Elle n’écrit jamais pour ne rien dire. Les mots lancés à la va comme je te pousse très peu pour elle. Dès qu’elle a son sujet, elle scrute la même terre de sentiments pendant 2 ou 300 pages. L’urgence actuelle était de rendre hommage à sa mère, aujourd’hui disparue, qui au déclin de sa vie perdait la mémoire. Il fallait absolument sauver de l’oubli le temps de la guerre, celle d’Espagne en 1936. La civile, comme on dit.
Pour articuler au mieux son histoire, Lydie Salvayre juxtapose deux récits : celui des faits et gestes de sa mère au sein de sa vie quotidienne au cours des événements familiaux et politiques, et celui de la vie intellectuelle de Georges Bernanos, flamboyant écrivain dans un univers de littérateurs carpettes. D’un côté, la luminosité d’une adolescente de 15 ans- sa mère est née en 1921- qui espère tant dans l’insurrection libertaire des Républicains. De l’autre, la noirceur du franquisme incarné par les nationaux rivés sur leur nombril à l’écart de ceux qui ne leur ressemblent pas.
On avance dans le livre comme dans un labyrinthe dont il faut trouver la sortie. Un labyrinthe de vitres et non pas de feuillage. On voit à travers mais on ne sait pas où l’on va. Lydie Salvayre n’a jamais perdu de vue ce qu’elle voulait dire. Son livre est comme un tableau qui est naît d’une même palette. Pas pleurer ? Que signifie ce titre énigmatique. Les titres des livres de LS sont toujours hors mode, hors code, hors m’as-tu-vu. Pas pleurer. Beau et grave. Comme ce qu’écrit la romancière. Page 277, on trouve la solution de l’énigmatique titre: « Elle finit par échouer dans un village du Languedoc » où il fallait apprendre le français, une nouvelle façon de vivre, ainsi de suite, « pas pleurer ». Oui malgré l’abandon de l’Espagne, ne pas pleurer. Jamais !
«Elle» c’est la maman de Lydie Salvayre. Maman convient mieux que mère. Fille de réfugiés espagnols, Lydie Salvayre est devenue la narratrice qui dit « Je ». Cela sonne vrai, j’insiste. Après la lecture des Grands cimetières sous la lune de Bernanos, elle a décidé de rendre hommage à ses parents. Bernanos, le fervent catholique, a sévèrement condamné l’église espagnole du côté des nationaux qui massacraient les Républicains, les « mauvais pauvres ». Bernanos, le grand Bernanos, a mis en lumière les ravages de la religion. Cela en fait un écrivain ultra d’actualité. (Le journaliste américain James Foley a été hélas ! décapité, a-t-on appris le 20 août 2014)) Bernanos haïssait le fanatisme, la terreur, les aveuglements, le nationalisme égocentrique. L’écrivain est très peu cité au sein de l’intelligentsia, et pour cause ! Les grenouilles de bénitier le tiennent en distance, étouffent sa présence littéraire au-delà de la tombe.
La maman de LS, Montse, était si sensible qu’elle avait des palpitations cardiaques dès qu’une situation l’a bouleversée ce qui arriva souvent. Une femme qui n’a pas voulu courbé l’échine sous les coups de Franco et de ses serviteurs barbares. La fille sauve le passé de l’auteur de ses jours. Le portrait d’une femme simple qui fait écho à la mère d’Albert Camus. Celle de Salvayre parlait le «fragnol». Par exemple pour dire se souvenir, elle disait «se raccorder». On est dans la géopoétique absolue. De la littérature dans ce qu’elle a de plus forte et belle. L’importance des mères ne cache pas celle des pères. Celui de Lydie Salvayre est aussi présent dans le récit. Il est lui-même l’acteur d’un parcours poignant qu’on n’oubliera pas. Les deux ibériques ont donné un sacré écrivain à la France.
Lydie Salvayre aurait pu se dispenser d’évoquer Bernanos mais par honnêteté intellectuelle elle rend à Bernanos ce qui appartient à Bernanos, à savoir son indignation face à l’aberration de la religion qui s’est rangée du côté des puissants au lieu de faire son travail d’aide sociale en dehors des bondieuseries commerciales. Aujourd’hui, elle tire un grand coup de chapeau à Bernanos comme hier à Pascal et Cervantes.
Pas pleurer rend aussi justice aux communistes portés par un grand dessein. L’oncle maternel de Lydie Salvayre est l’autre grand héros du livre de souvenirs sublimés. Un « rouge » mort aux combats pour la démocratie. Elle dit tout le mal qu’elle pense de Claudel qui avait la conscience politique d’un penseur de pacotille au QI d’escargot. Il n’y avait rien à attendre d’un artiste qui a laissé croupir en asile sa géniale sœur, Camille Claudel.
Lire Pas pleurer c’est se confronter à tous les ismes des années 1930-1940: monarchisme, nationalisme, communisme, anarchisme… Lydie Salvayre démontre leur résonance actuelle. La communion avec sa mère est totale. Je retrouve en elle toutes les grandes dames de ma vie, aux origines italiennes. Chacun y reconnaîtra les siennes. Je parle des gens qui ont des racines puissantes. Les écrivains de grand talent parlent aussi pour nous et de nous. Sinon, ils ne s’adressent à personne.

-Pas pleurer, de Lydie Salvayre. Seuil, 280 p. , 18,50 €

Permalien 10:05:02, Catégories: THE RED DEVILS, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Rouge ou mort, de David Peace (Rivages). Hymne à Liverpool

Bill Shankly, comme Matt Busby et Alex Ferguson, était un immense dialecticien. Ces hommes sont des écrivains qui ont œuvré dans le football. Leurs paroles ont une force de persuasion qui provoque des ouvertures lumineuses dans notre cerveau.

Une fois n’est pas coutume, me voilà en train de faire la promo des Reds, ceux de Liverpool et non pas ceux de Manchester, les Red Devils de MU, actuellement figés dans la non créativité.
Dans un roman fleuve, David Peace rend hommage à Bill Shankly (1913-1981) l’un des plus grands entraîneurs de l’Histoire. De l’Histoire tout court et non pas de la seule Histoire de Liverpool. Né le 2 septembre 1913 et mort le 29 septembre 1981, le coach légendaire a entraîné les Reds de décembre 1959 à 1974. C’est bien simple, il y a un avant et un après Shankly. Avant les Reds vivaient comme au Moyen Age. Après, le passage de Shankly, les Reds ont un beau stade - il a rénové Anfield- un lieu d’entraînement, bref tout ce qu’il faut. Et le successeur de Shankly, Bob Paisley (1919-1996) poursuivit l’œuvre de Shankky de manière exceptionnelle.
David Peace a écrit un livre d’écrivain et non pas de journaliste. C’est un torrent de mots avec des redoublements comme des redoublements de passes.
On y sent battre le cœur du football. L’âme du jeu est partout. La passion dévore le texte. Nous sommes dans un livre culte. Tous les amateurs, non ! tous les vrais connaisseurs du football doivent lire ce livre. Il s’agit d’une odyssée fantastique. Nous sommes dans la grande littérature avec pour toile de fond le football.
Bill Shankly est un très grand humaniste. Il connaissait la nature humaine de façon merveilleuse. « Le football, ce n’est pas une question de vie ou de mort. C’est bien plus important que cela. » Sa phrase vaut les aphorismes de Vauvenargues ou Joubert. Meneur d’hommes avec une poigne de fer, il a pris Liverpool en L2 pour conduire le club sur les podiums de l’élite. Nous l’accompagnons dans son ascension. La victoire était le but mais Shankly savait ôter la pression à ses joueurs en leur faisant comprendre qu’ils faisaient le plus beau métier du monde.
Bien sûr, j’ai recherché la présence de Man United dans le livre. Sir Matt Busby y apparaît souvent. C’est lui qui fait comprendre à Shankly que les dirigeants dont le président doivent rester à leur place et ne jamais ne mettre leur nez dans les affaires de terrain. Un jour, Busby se fait apostropher par un dirigeant et il ne bronche pas. Ensuite, il le prend à part et lui fait comprendre que si cela se reproduit en public, les conséquences pourraient être effrayantes. Croyez-moi qu’on a peur quand on lit ce passage !
Peace a le même charisme que Shankly, Paisley et Busby ! Tout le livre est consacré à la grande période Shankly, celle de 1960-1974. On ne peut pas s’empêcher de penser à Sir Ferguson qui est fait du même bois que Shankly. Il faut rendre grâce à l’Ecosse qui nous a donné Shankly, Busby et Ferguson. Trois maîtres du football. Des hommes qui ont tout fait pour bien vivre le présent. Ceux qui vivent le mieux le présent sont toujours gagnants. Ce n’est pour rien que David Peace cite toujours la minute des buts marqués. Quand j’écoute parler Busby, Ferguson ou Shankly j’entends des artistes. Mieux des artisans. Des êtres plus généreux que les «intellectuels» de studios TV. Les grands entraîneurs sont des êtres hyper compétents dans leur domaine et qui de surcroît savent aussi très bien manier le langage.

Palmarès du coach Bill Shankly à Liverpool :
• Vainqueur de la Coupe UEFA 1973
• Champion de D1 anglaise 1964, 1966 et 1973
• Vainqueur de la FA Cup 1965 et 1974
• Champion de D2 anglaise 1962

-Rouge ou mort, de David Peace. Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias. Rivages, 796 p. , 24 €

[Post dédié à Richard Kurt]

20.08.14

Permalien 12:18:23, Catégories: THE RED DEVILS  

La crise identitaire de MU (suite): le jeune Rojo signe à MU pour remplacer Evra alors que Nani quitte Old Traffford par la toute petite porte

Le poids du passé des années Cantona-Sir Ferguson est en train d’écraser le présent de Man United. J’ai eu du mal à l’admettre. Maintenant c’est une certitude. Nous avons vécu dans le paradis du football entre 1992 et 2013. Des ignorants ont dit que le MU de Sir Ferguson gagnait sans bien jouer. Faux! MU gagnait car MU jouait un très beau football. La vérité actuelle c’est que MU doit tout reconstruire. MU n’a plus aucun cadre digne de ce nom. Carrick et Fletcher sont les vestiges d’un monde englouti.

Avant j’étais sûr que l’on allait gagner mais c’était avant !
Le football pour perdre, cela ne m’intéresse pas.
On va tous perdre car la caisse noire (celle des vers pas celle des Verts!) est notre ultime destination.
Avant je veux courir, sauter, rire et danser.
Voir MU jouer avec la certitude de perdre cela ne m’intéresse pas. Ce n’est pas le vrai MU.
Le vrai MU c’est Busby, Ferguson et Cantona. C’est Best, Scholes et Giggs.
Chercher midi à quatorze heure cela ne sert à rien.
Le football est un champ de joie et non pas un perpétuel cimetière d’actions avortées.
Le football est une histoire d’hommes. Il faut nommer les bons au bon moment sinon on n’obtient rien de bon.
MU n’est pas un club banal. Chaque match de MU est attendu par ses fans comme une finale de Coupe du Monde. Celui qui n’a pas compris cela n’a rien compris. 75 % des fans de MU n’a jamais mis un pied à Old Trafford. C’est dire le poids féerique de ce club !
Manchester United annonce avoir trouvé un accord avec le Sporting Lisbonne pour le transfert du défenseur argentin Marcos Rojo, 24 ans, dans le but de remplacer Patrice Evra.
L’ex capitaine de MU a raison: on ne le remplace pas aussi facilement.
Tous les prétendants au poste de latéral gauche se sont cassés les dents sur Evra !
Maintenant, je demande à voir.
Ma passion pour MU est au point mort.
Wait and see. Je com