Andy, de Brigitte Kernel (Plon)

29.03.13

Andy, de Brigitte Kernel (Plon)

Wharhol filmer en train de manger. Magnifique. A tous points de vue. Il se sanctifie oeuvre d’art et se moque de nous qui sommes en train de le regarder manger comme si nous regardions Rembrandt dans son atelier. On peut écrire un livre sur ce film, un polaroïd animé. Warhol est le plus grand publicitaire de son temps.

J’ai toujours vu Andy Warhol comme un nouveau Marcel Duchamp et ce n’était pas facile d’être un nouvel iconoclaste. Duchamp a dit que tout était art et a exposé un urinoir industriel qui était le sien puisqu’il l’avait signé. Warhol, lui, a déifié des boites de soupe. Il s’agit de deux génies : tous ceux qui font comme eux sont de pâles copieurs. Du plagiat, rien de plus. On a tout dit sur Andy Warhol, le vrai et le faux. C’est l’un des produits médiatiques préférés justement des médias. « Mon nom de baptême ? Warhola, Andrew Warhola. Il a été coupé par erreur au magazine Glamour quand a été publié mon premier dessin. J’ai voulu râler, maman m’a dit : « c’est mieux comme ça ; c’est plus masculin, c’est trop fille pour toi un nom en «a» ».
Brigitte Kernel s’est mise dans la peau de la femme qui a essayé de tuer l’artiste le 3 juin 1968, à la Factory. Avec un langage très direct qui brise la glace entre Warhol et nous, la romancière campe un survivant qui après avoir échappé à la mort, décide de consulter un psychanalyste mais uniquement pendant 11 séances. Pourquoi ? « Et toujours ce chiffre 11, c’est étrange tout de même ! Je crains désormais de mourir un 11, et pourquoi pas un 11/11. Et chaque jour à 11 heures, je me mets en apnée ( …) » Warhol est comme quelqu’un qui porterait les cadavres successifs des différentes facettes qui le composent : le fils de sa mère qu’il porte tel un lourd fardeau, son homosexualité pas tellement assumée, son attirance pour le voyeurisme qui finit par lui taper sur le système. Il ne sait plus s’il est un imposteur ou si sa vie n’est plus qu’une œuvre d’art tant les autres veulent s’approprier son quotidien. Vouloir le tuer cela revient à lacérer un tableau dans un musée. Le psychanalyste reste de marbre, froid comme la tombe.

-Andy
De Brigitte Kernel
Plon, 177 p., 17 €

Commentaires, Pingbacks:

Cet article n'a pas de Commentaires/Pingbacks pour le moment...

Laisser un commentaire:

Votre adresse email ne sera pas affichée sur ce site.
Votre URL sera affichée.

Balises XHTML autorisées: <p, ul, ol, li, dl, dt, dd, address, blockquote, ins, del, span, bdo, br, em, strong, dfn, code, samp, kdb, var, cite, abbr, acronym, q, sub, sup, tt, i, b, big, small>
(Les retours à la ligne deviennent des <br />)
(Sauver le nom, l'email et l'url dans des cookies.)
(Autoriser les utilisateurs à vous contacter par un formulaire de message (votre adresse email ne sera PAS révellée.))

Mai 2019
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software