Gallimard (1911-2011). Lectures d'un catalogue (Les Cahiers de la NRF, Gallimard)

17.12.12

Permalink 08:00:54, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Gallimard (1911-2011). Lectures d'un catalogue (Les Cahiers de la NRF, Gallimard)

A voir cet indispensable documentaire de Willam Karel

Pour les amateurs de littérature qui lisent comme ils respirent- 100 000 en France en étant optimiste ? - les Cahiers de la NRF forment un outil indispensable. On attend chaque parution avec un plaisir jamais déçu. C’est la littérature dans ce qu’elle a de plus pointu. Il s’agit toujours d’Histoire de la littérature. La nouvelle livraison fait état de ce qui se déroula lors d’un colloque, en l’honneur du centenaire des Editions Gallimard, du 23 au 27 mai 2011. Il s’agit de Lectures d’un catalogue, avec des entretiens dirigés par Alban Cerisier, Pascal Fouché et Robert Kopp. Tous les textes ont été réunis pas Pascal Fouché. Dans le catalogue maison, on relève des titres tels que Monsieur Hitler de Maurice Bedel. Sa date de parution (1937) souligne qu’avant guerre on consacrait déjà des ouvrages aux hommes politiques en vogue. Le livre de Bedel est « plein d’ironie et non dépourvu de profondeur », nous assure Jean-Louis Panné. Dans ce domaine, il y a eu chez Gallimard beaucoup d’ouvrages sur la Russie et l’Union Soviétique. Entre 1917 et 1953, Gallimard a publié 53 titres sur l’URSS de 43 auteurs différents dont Beucler, Drieu la Rochelle, Ehrenbourg, Andrée Viollis … Et pendant la guerre ? Entre novembre 1940 et août 1944, Gallimard imprime 701 titres, soit près de 6 millions d’ouvrages. Le chiffre d’affaires passe de 16 millions en 1940 à 35 millions de francs en 1944, nous apprend Anne Simonin. Quelques tirages ?
Les Mouches, Sartre : 10 450 exemplaires en 1943
L’être et le néant, Sartre : 2 200 ex., 1943
L’Etranger, Camus :13 200 ex.,, 1942
Faibles quantités par rapport aux 45 100 ex. ou même 84 700 ex. de Marcel Aymé pour Travelingue (1942) et Le Passe-Muraille (1943). Face à ces ventes on réalise que Marcel Aymé ait fait naître quelques jalousies. Anne Egger analyse très habilement la période surréaliste au sein des Editions Gallimard avec Paul Claudel qui ne voulait pas que Gaston Gallimard abrite une maison pleine de «pédérastes». (sic) Valérie Tesnière a planché sur les « Questions de vulgarisation ? ». Gallimard en une décennie passe de «quelques dizaines de titres en 1927
(…) a plus de 2000 publiés en 1936, tous domaines confondus, littérature, essais, bibliophilie, historiettes de type almanach et titres d’actualités » . Valérie Tesnière écrit qu’à l’époque « ce sont les textes qui parlent, pas les auteurs ». En 2012, c’est le contraire absolu, hélas ! Et quand il y avait des interviews, ils étaient excellents; tous par écrits, bien sûr, tels ceux de Frédéric Lefèvre dans sa célèbre série « Une heure avec… (L’intervieweur à une part d’intervention plus importante qu’à la radio et télévision).
Gaston Gallimard développa l’édition de la « non fiction », à savoir les essais et les documents afin de ne pas laisser le champ libre à la concurrence. Franck Lhomeau aborde la publication des romans populaires, section dans laquelle intervenait le sulfureux Maurice Sachs. Les éditions originales très recherchées par les bibliophiles n’ont jamais captivé le fondateur de la maison qui préférait le contenu au contenant. Pascal Fouché dénombre les auteurs fidèles et ceux courtisés par la concurrence sans oublier ceux qu’on essaye d’attirer… Le livre passe en revue aussi les best-sellers (Martine Poulain), les livres d’art (Michel Melot), la musique (Myriam Chimènes), la tradition des correspondances (Pierre Masson), une galerie de portraits express de Gallimard par les auteurs maisons (Bernard Baillaud), pour finir par l’évocation de Gallimard avec les droits d’auteur et ses rapports avec les avocats(Pierre-Yves Gautier). Ce bel ensemble se termine sur le chapitre « Conversations » dans lequel interviennent Isabelle Gallimard, Pierre Nora, Georges Lemoine, Yvon Girard, Guy Goffette, Paul-Otchakovsky-Laurens et Christian Thorel. La conclusion revient à Alban Cerisier, lequel confie que l’étude du catalogue Gallimard en dit long sur ses propriétaires: Gaston, Claude et Antoine Gallimard ainsi que sur leurs différentes équipes au fil des décennies. Sans eux les murs seraient tristes.

-Gallimard 1911-2011
Lectures d’un catalogue
Les entretiens de la Fondation de la Treilles

Collectif
Les Cahiers de la NRF, 465 p., 29 €

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