Emportez Bob Dylan et Philippe Labro dans votre poche

30.07.10

Permalien 08:46:06, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Emportez Bob Dylan et Philippe Labro dans votre poche

Ce sarcophage de près de 400 pages relate le passage de la chrysalide Robert Zimmerman au papillon Bob Dylan : «J’ai mis un temps à répondre quand on m’adressait la parole.» Né en 1941 dans le Midwest, le chantre du folk a révolutionné la chanson, la musique au même titre que les Beatles et Jimi Hendrix. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas mort d’une overdose qu’il faut faire comme s’il n’était qu’un chanteur de variétés parmi d’autres. Il y a Bob Dylan et puis il y a ceux qui font carrière comme on vend des voitures ou des aspirateurs. Quand les génies deviennent vieux on trouve qu’ils ne sont finalement pas si géniaux que ça. Quand on jette un œil dans cette anthologie d’intelligence on est frappé par la conscience de Dylan qui traverse son temps sans rien laisser de côté. Soyons heureux d’être son contemporain. John Lennon n’est plus là. Le discret George Harrison nous a quittés. Reste Bob Dylan grand lecteur de Dylan Thomas dont je n’ai pas oublié le mot: « Qui es-tu voyeur d’ombres ? » Il s’agit de Bob Dylan, sacré déchiffreur de l’invisible. Lire Dylan c’est passer un long moment avec un copain. Comme le temps passe vite quand on est bien ensemble.

-Chroniques, de Bob Dylan, Folio, 393 p., 7,10 €

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Cette plongée dans le monde moderne, qui fabrique en quantité égale autant de solitude que de cynisme et d’imposture, met en scène un trio: Maria, belle plante californienne sans véritable racine, Caroline, Parisienne sans encrage non plus, et Marcus Marcus, animateur de télévision aussi mégalomane que superficiel. On se croirait dans “Tournée Manège” mais plus on avance dans le récit plus on se dit que ces personnages là sont plus près des héros de Tchekhov que des émissions de Guy Lux. Tout ce que l’on regarde comme des réussites sociales ne sont en fait que des échecs cuisants. Derrière la façade, il y a encore du fond de teint. Les masques cachent des masques à l’infini. C’est l’époque des ratés plein au as. Les tas d’or ne garantissent pas l’amour à perpétuité. La prose de Labro est aussi distinguée que lui. C’est un écrivain de bonne compagnie. Il a du tact et un grand savoir vivre. Sa première des politesses : ne pas lasser le lecteur. On le remercie.

-Les Gens, de Philippe Labro, Folio, 412 p, 6,60 €

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