Tu seras un homme mon fils, de Rudyard Kipling (1865-1936)

09.07.10

Permalien 10:52:16, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Tu seras un homme mon fils, de Rudyard Kipling (1865-1936)

Dans le prolongement de Kipling, “L’Indifférence"(1977) de et par Gilbert Bécaud(1927-2001) mérite une écoute attentive, surtout en 2010. Chanteur, parolier, compositeur, Bécaud est trop mésestimé dans l’Histoire de la chanson. Il n’a jamais été tendance dans la branchitude. Il détestait trop la connerie pour faire des simagrées aux régents de la communication. Bécaud fut un grand réfractaire, hors des idées reçues. Cette chanson d’il y a 30 ans n’est pas démodée du tout… Ferrat c’est bien mais Bécaud aussi. Pas de mise à l’index, svp.

Tu seras un homme mon fils de Kipling

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi;
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine:
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement;

Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre;(1)
Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup -
Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret
A servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne :"Tiens bon !”

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros;
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
A toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling, 1910 (Rewards and Fairies)

Traduction : Jules Castier - 1949 dans Tu seras un homme mon fils / Lettres à son fils- Rudyard Kipling - Editions des Milles et un Nuits

(1) Pilier

Commentaires, Pingbacks:

Cet article n'a pas de Commentaires/Pingbacks pour le moment...

Laisser un commentaire:

Votre adresse email ne sera pas affichée sur ce site.
Votre URL sera affichée.

Balises XHTML autorisées: <p, ul, ol, li, dl, dt, dd, address, blockquote, ins, del, span, bdo, br, em, strong, dfn, code, samp, kdb, var, cite, abbr, acronym, q, sub, sup, tt, i, b, big, small>
(Les retours à la ligne deviennent des <br />)
(Sauver le nom, l'email et l'url dans des cookies.)
(Autoriser les utilisateurs à vous contacter par un formulaire de message (votre adresse email ne sera PAS révellée.))

Octobre 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software