16 Août 2018

Quand reverra-t-on de vrais grands boxeurs ?

Le boxeur Tony Yoka a été suspendu un an, jusqu’en juin 2019. Le feuilleton vient de connaître son épilogue. Cela n’a que trop duré. Les médias sont très cléments avec lui. L’athlète est devenu une icône à protéger, lui et sa femme après leurs deux succès aux derniers J.O. Ils sont beaux, jeunes et gagnants. Magnifique success-story. La presse ne pouvait rêver mieux. Si sa compagne fait le sans faute, du ring aux ors de l’Elysée, lui a brouillé son image, exclu temporairement par l’Agence française de lutte contre le dopage. Sanction confirmée par le conseil d‘état.
Que lui reproche-t-on ? D’avoir passé à l’as trois rendez-vous avec le contrôle antidopage. Explication ? Des oublis, du laisser-aller, de la négligence, un emploi du temps surchargé, une vie trépidante, de la désorganisation et tutti-quanti. Si une très faible proportion de gens peut avaler des justificatifs vaseux, une plus grande partie tombe dans la suspicion du dopage. Un sportif de haut niveau ne peut pas oublier trois contrôles. Alors on se dit : se dope-t-il ? Se dopait-il ? Etait-il dopé ? Pour mémoire, en football, un champion du monde 1998- de très faible importance dans le jeu- a été blanchi d’un contrôle antidopage positif parce que le préposé aux éprouvettes n’avait pas les diplômes requis. A mourir de rire. Vice de forme, ont-ils dit. Plutôt forme de vice !
En cyclisme, les contrôles inopinés imposent aux cyclistes de toujours dire où ils se trouvent dans le monde entier. Ce qui provoque un grand empiétement sur la vie privée. On a vu où la chasse à l’Armstrong a mené l’Américain. On a vu ce qu’a enduré C. Froome sur le Tour de France 2018. En France, les autorités ne pipent mot sur Coppi et Anquetil- qui ont dit prendre des stimulants- et dans le même temps on salit des champions, surtout étrangers. Et l’on passe l’éponge sur R. Virenque, en disant «chut !» sur d’autres français qui ont chargé la mule. D’autres Français font la Une un jour puis sont passés sous silence.
Il y a gros décalage entre ce que l’on fait endurer aux cyclistes et ce que l’on fait subir aux autres sportifs. En football, tout ce qui se passait à la Juventus est tombé dans l’oubli. Circulez ! Il n’y a rien à voir. Au mieux, on parle de médicalisation. Zidane et Deschamps n’ont été entendus qu’à titre de témoins. En vélo, on laisse Armstrong s’exprimer tout en le suspectant puis en fin de carrière on l’achève. Et ceux que l’on n’achève pas s’achèvent tout seul. Pantani retrouvé mort dans une chambre d’hôtel. Quant à Jan Ullrich, il a été envoyé en psychiatrie après une nuit où il malmena une escort girl.
Désormais suspendu par l’Agence Française de lutte contre le dopage, pour trois «now-shows» entre juillet 2016 et juillet 2017, Tony Yoka ne peut plus combattre officiellement jusqu’en juin 2019. Le champion olympique des poids lourds 2016 a dix mois difficiles devant lui. Il peut s’estimer heureux d’avoir été épargné par la presse : pas de gros titre en une du genre : «La chute d’un champion : de la gloire au dopage ?». Bien sûr le dopage n’est pas avéré mais comment empêcher de penser que le boxeur a évité les contrôles pour ne pas être pris en flagrant délit ? Le mal est fait. Le célèbre «pas de fumée dans feu» arrive vite sur le tapis de la vox populi.
Si le boxeur entretient une image lisse dans les journaux, cela ne cache pas les tensions avec sa Fédération depuis qu’il a été écarté de l’Insep en 2013 car on ne croyait pas en lui. Des aspects de sa communication irritent : on a l’impression que l’on vend toujours le couple des boxeurs à la manière de BHL-Dombasle. Le côté biscoteaux bling-bling du pugiliste est irritant car il n’a pas le rendement sportif de C. Ronaldo. Et que dire de tous les derniers matchs en bois contre de piètres adversaires. Le grand champion Jean-Marc Mormeck ne se laisse pas prendre au jeu de l’esbroufe : «Pour l’instant, Yoka, c’est juste du marketing. J’espère qu’il réussira, mais il n’est encore personne». Pan sur le bec ! Son image média est si forte que Tony Yoka n’a pas été lâché par les décideurs (TV et équipementier). Il est protégé par ce cordon sanitaire. Histoire de recueillir du positif sur investissement. Le hic c’est qu’en boxe, on n’est pas en littérature ou en chanson. A un moment donné, il faut mettre les gants face à de vrais combattants.
La suspension doit permettre à Yoka de bien digérer sa notoriété car il a été pris dans une tourmente. D’ici juin 2019, il lui faut s’entraîner durement. Ensuite, soit il prouve que c’est un champion, soit on dira qu’il a connu son apogée aux J.O. Il a beaucoup de pression sur ses épaules. En boxe, l’image ne suffit pas. En littérature, en chanson on peut faire illusion. Sur un ring, impossible.

Madame Aretha Franklin (1942-2018)

Written by morlino
Published on Août 16th, 2018 @ 16:37:20, using 59 mots
Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT

L’immense chanteuse est partie.
Voix, présence, tout.
Comme Billie Holiday. Comme Ella Fitzgerald. Comme Nina Simone.
Comme Louis Armstrong. Comme Otis Redding. Comme Ray Charles. Comme Barry White. Comme James Brown.
Tous de vrais chanteurs, pas des marionnettes du marketing.

[Post dédié aux victimes d’un morceau de viaduc, à Gênes, qui s’est écroulé.]

14 Août 2018

L’entente C.Ronaldo et Dybala fonctionne dès à présent. On sent que Ronaldo est content de jouer avec Dybala, encore une façon de se démarquer de Messi qui n’a pas voulu de son jeune compatriote dans le onze de départ de l’Argentine en Russie lors de la Coupe du Monde 2018. CR7 n’est pas venu à la Juve pour faire le malin avec son passé brillantissime. Il repart à la conquête de nouveaux titres, en immense champion qu’il est.

CR7 a l’art de se relancer. Après des débuts sensationnels à Manchester United il est parti s’épanouir au Real Madrid. Après avoir tout gagné sous le maillot de la Maison Blanche au point de rejoindre Di Stefano dans la légende, dépassant Zidane, il a choisi de se remettre en questions en Serie A, à la Juventus quand d’autres à sa place seraient partis en Chine contre un pont d’or. Lui choisit d’abord la compétition, contre l’avis de son agent. Les ennuis avec le fisc espagnol ? Ce n’est pas Ronaldo qui se charge de remplir ses déclarations de revenus.

PS: à mourir de rire, l’habituel roquet médiatique qui cire les pompes à Benzema ne cesse pas de dire que le Real à tourner la page CR7 très facilement. Aurevoir et merci ! Entendre ça… Vaste mascarade. Ils vont sentir la différence. Comme si Bale allait claquer autant de buts que CR7. Comme si Benzema allait remplacer CR7 au niveau du charisme sur le terrain pour impressionner les adversaires. Il s’agit de deux bons joueurs mais il n’est pas question de les comparer à Ronaldo, un monument du football, lui.

PS’: Supercoupe d’Europe/ Mercredi 15 août 2018 /Real Madrid 2-4 Atletico de Madrid.
Grâce notamment à Diego Costa, auteur d’un doublé, l’Atletico a battu le Real dans le derby européen pour désigner le roi d’Europe. Match honorifique mais tout de même match très important concernant l’hégémonie madrilène. Sans CR7 et sans Zidane, le Real vient de prouver qu’il n’était plus grand chose. Le club a perdu deux membres essentiels: le coach et son leader. L’aboyeur médiatique qui ne cesse pas de casser du Ronaldo 24 h sur 24, 356 jours par an, est une nouvelle ridiculisé par les faits. Le championnat va se jouer entre Barcelone, favori, et l’Atletico. Le Real est au tapis. On ne perd pas deux as sans de terribles conséquences sportives. La vérité actuelle c’est que la Maison Blanche est en crise totale! Benzena et Bale sont incapables d’être des leaders de terrain et de vestiaires. Ramos est vieillissant. Le Real a perdu deux cerveaux: CR7 et Zidane. On ne remplace pas deux personnalités d’un tel rang comme s’il s’agissait de Messieurs Dugland et Duduche. Le Real s’enfonce bel et bien dans une longue crise.

PS'’: on doit dire et écrire Real Madrid et Atletico de Madrid. A la radio et à la télé, on entend trop souvent “Real DE Madrid” et “Atletico Madrid” soit le contraire de ce qu’il faut dire.

Trois champions du Monde 2010 disent adieu à la Roja: Iniesta, Silva et Piqué

Written by morlino
Published on Août 14th, 2018 @ 20:56:32, using 360 mots

Je n’ai jamais manqué un match d’Iniesta dans la possibilité des diffusions. Un régal pour les yeux et le cœur. Jamais de plainte. Correction exemplaire. L’anti-héros par excellence, donc le vrai héros. Je donne tous les matchs de Neymar contre une seule action d’Iniesta. Le football c’est Iniesta !

Andrés Iniesta (né le 11 mai 1984, 34 ans)
2006-2018, 131 sélections, 13 buts dont celui de la finale de la Coupe du Monde 2010 (Espagne 1-0 Pays-Bas, après-prolongations)
Milieu de terrain, à la fois défensif et offensif. A mérité mille fois sa préretraite à Vissel Kobe, au Japon.
Avec Barcelone, il a remporté 4 Ligues des Champions (2006, 2009, 2011 et 2015).
Joueur d’exception, à l’activité harassante. Capable de défendre et d’attaquer. Un relayeur aux poumons d’acier et à la précision d’un laser. As du timing, machine à délivrer du caviar. L’un des plus grands joueurs de l’Histoire. Il aurait du recevoir le Ballon d’or 2010. Erreur historique de la FIFA qui l’octroyait à l’époque, de préférence à Messi.

Palmarès exceptionnel avec la Roja:

Coupe du monde 2010
Championnat d’Europe 2008 et 2012
Championnat d’Europe des moins de 19 ans 2002
Championnat d’Europe des moins de 16 ans 2001

David Silva (né le 8 janvier 1986, 32 ans)
2006-2018, 125 sélections, 35 buts.
Milieu offensif à Manchester City. Magnifique joueur, aussi intelligent que son compatriote Iniesta. A su se faire sa place en équipe nationale alors que régnait le duo Xavi-Iniesta. (Xavi, autre joueur féerique, a déjà pris sa retraite internationale). Silva est rapide, malin, agile. Equipier modèle. Sait marquer des buts décisifs. Un régal à voir jouer. Infatigable travailleur. Des pieds en or.

Sublime palmarès avec la Roja:

Coupe du monde 2010
Championnat d’Europe 2008 et 2012
Championnat d’Europe des moins de 19 ans 2004

Gérard Piqué (né le 2 février 1987, 31 ans)
2009-2008, 102 sélections, 5 buts.
Défenseur central à Barcelone.
En clubs, il a remporté 4 Ligues des Champions (2008 avec Manchester United/ 2009, 2011 et 2015 avec Barcelone.
Joueur d’excellent niveau même s’il n’a pas le rayonnement constant de Puyol (Barça) et de Ramos (Real Madrid) qui sont les deux piliers fondamentaux de la grande Roja.

Très bon palmarès avec la Roja:

Coupe du monde 2010
Championnat d’Europe 2012

12 Août 2018

Les thuriféraires d’Emery devront encore patienter pour voir la “verticalité” du jeu prôné par Emery. Belle imposture ! La vérité ce n’est pas qu’il va gagner la C1, le réel c’est qu’avec des millions d’euros à ne plus savoir quoi faire, il a été incapable deux ans de suite au PSG de dépasser les 8e de C1. Pitoyable résultat pour quelqu’un qui devait révolutionner le football français ! Mieux vaut encore Deschamps. Lui au moins, il a su corriger le tir, et gagner la World Cup 2018 après le cuisant échec en finale de l’Euro 2016 au SDF.


Dimanche 12 août 2018
Première journée de Premier League
Arsenal 0-2 Manchester City
Buts pour les Citizens : Sterling (14e), Bernardo Silva (64e)

Emirates Stadium reste un stade perdant.
La bonne idée c’était d’installer Thierry Henry aux commandes d’Arsenal. Si Nice a été offert à Vieira, pourquoi Arsenal n’a pas été proposé à Henry, l’icône du club ? Manque de courage. L’homme de la situation s’appelait Henry, dommage. Et pourtant, ils lui ont fait une statue devant le stade ! Ils m’ont pas son portable ? Qu’ils m’appellent et je transmettrai !
Arsène Wenger est parti. Unai est arrivé, mais Arsenal est toujours le même club : en dents de scie. Constance, connaît pas !
Un club sans C1 n’est pas un grand club. Au mieux, un bon club. Ce qui est le cas.
Le remplacement de Wenger par Emery c’est tout bénef pour le Français car lors de sa dernière année en Liga, l’Espagnol n’a pas gagné un seul match à l’extérieur ! En Angleterre, il va souffrir. S’il commence à perdre à la maison qu’est-ce que cela va être loin du domicile.
Sur le duel hispano-espagnol, il n’y a pas photo. Au cours des 11 confrontations Guardiola-Emery, le brillantissime Guardiola a gagné 7 fois et fait 4 nuls. Emery lui reste à 0, double 0, 0 pointé. Triste statistique. La honte ne tue plus depuis longtemps. Guardiola et Emery ne font pas le même métier. Il y en a un qui sert le football et un autre qui s’en sert. Pas besoin de faire un dessin.
Encore une erreur de casting. Après le PSG, Arsenal a fait le mauvais choix. Wenger peut dormir sur ses deux oreilles. Son remplaçant ne gagnera jamais la C1 avec Arsenal. D’abord il faut qu’il se qualifie ce qui n’est pas aisé avec les deux Manchester, Liverpool, Chelsea et Tottenham. Le prochain match des Gunners se déroule à Chelsea. Encore un baptême du feu pour Emery qui va découvrir l’hostilité dans un grand stade anglais, loin du domicile. Lui qui n’aimait pas celle des stades espagnols, il va être servi.

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