La LFP classe Nice comme le pire public de France

30.01.15 | par morlino | Catégories: LE GYM E BASTA, ANTI-FOOTBALL, GRAND MONSIEUR, LA REVUE DE STRESS

Ben Arfa n’a toujours pas le droit de jouer à Nice. Ainsi en a décidé la LFP qui classe Nice dernier public de France. Il serait peut-être temps de jouer en Serie A, non ? Nice est si près de l’Italie que pour d’aucuns Nissa la Bella n’est pas la France.

A quand le stade qui recueille le plus d’urine dans les pissotières à la fin du match ?
A quand les vestiaires qui sentent le plus la sueur ?
A quand les tribunes qui ont le plus de traces de pan-bagnat sur le ciment ?

10e au classement des affluences de France avec 18 543 spectateurs de moyenne, après le début des matchs retour, l’OGCN est classé dernière du classement des tribunes qui représente le “meilleur public de France". En clair, cela veut dire que Nice a le pire public de France ! Maintenant on le sait, c’est officiel: Nice est dans la peau du mal-aimé.
Cela valait bien la peine de construire un nouveau stade pour être traité de la sorte.
Nice est dans le Midi de la France. Une position que tout le monde nous envie.
Vous en connaissez beaucoup qui partent en vacances à Guingamp, Lyon ou Caen ?
On s’excuse de ne pas être né dans le fin fond de la Sibérie.
Ils ne savent plus quoi inventer.

Voici le classement des tribunes selon la Ligue de Football Professionnel:

1 EA Guingamp 127 pts 22 M 72 A 55 F 0 BM
2 Olympique Lyonnais 101 22 66 65 -30
3 SM Caen 90 22 56 42 -8
4 Paris Saint-Germain 89 22 34 71 -16
5 RC Lens 86 22 56 62 -32
6 Stade de Reims 82 22 46 36 0
7 AS Saint-Etienne 80 22 58 56 -34
8 Girondins de Bordeaux 79 22 52 47 -20
9 FC Lorient 75 22 39 40 -4
10 FC Metz 75 22 48 37 -10
11 SC Bastia 75 22 54 47 -26
12 Stade Rennais FC 71 22 49 38 -16
13 Olympique de Marseille 68 22 52 70 -54
14 Montpellier Hérault SC 65 22 40 37 -12
15 LOSC Lille 65 22 37 42 -14
16 FC Nantes 65 22 66 49 -50
17 Evian TG FC 59 22 32 33 -6
18 AS Monaco 57 22 20 41 -4
19 Toulouse FC 51 22 22 31 -2
20 OGC Nice 30 22 57 33 -60

Cotations :
Pts = Points
J = Joués
A = Ambiance et Animation
F = Fidélité
BM = Bonus-Malus

Hommage à Claude Onesta, le Sir Ferguson du handball

29.01.15 | par morlino | Catégories: GRAND MONSIEUR

Les Bleus d’Onesta sont en 1/2 finale de la Coupe du Monde de handball 2015. Ecoutez l’interview du sélectionneur. Cela tranche avec ses homologues du football. Enfin quelqu’un qui a des choses à dire.

Vendredi 30 janvier 2015, 19 h (BeIn sports 3 et TMC)
1/2 finale de Coupe du Monde de handball (Qatar)

France-Espagne

Claude Onesta fait en équipe nationale ce qu’a réussi sir Ferguson en club, à Man United.
Le sélectionneur français est l’entraîneur le plus performant de l’Histoire du sport français.
En France dès que Michel Hidalgo (Euro 1984) et Aimé Jacquet (Coupe du Monde 1998) ont gagné, ils ont pris la poudre d’escampette.
Claude Onesta lui se remet toujours en question, c’est la marque des grands.

Palmarès international de Claude Onesta, né en 1957:

Équipe nationale
•Jeux olympiques ◦5e place des Jeux olympiques 2004 à Athènes, en Grèce
◦Médaille d’or des Jeux olympiques 2008 à Pékin, en Chine
◦Médaille d’or des Jeux olympiques 2012 à Londres, au Royaume-Uni

•Championnats du monde
Médaille de bronze au Championnat du monde 2003 au Portugal
◦Médaille de bronze au Championnat du monde 2005 en Tunisie
◦4e place au Championnat du monde 2007 en Allemagne
◦Médaille d’or au Championnat du monde 2009 en Croatie
◦Médaillé d’or au Championnat du monde 2011 en Suède
◦6e place au Championnat du monde 2013 en Espagne

•Championnats d’Europe
6e place du Championnat d’Europe 2002 en Suède
◦6e place du Championnat d’Europe 2004 en Slovénie
◦Médaille d’or du Championnat d’Europe 2006 en Suisse
◦Médaille de bronze au Championnat d’Europe 2008 en Norvège
◦Médaille d’or du Championnat d’Europe 2010 en Autriche
◦11e place au Championnat d’Europe 2012 en Serbie
◦Médaille d’or au Championnat d’Europe 2014 au Danemark

•Jeux méditerranéens
Médaille d’argent en Jeux méditerranéens 2009 à Pescara, en Italie

-Petit traité d’intolérance, de Charb (Librio)

28.01.15 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Charb vivait dans la menace d’un attentat. Il n’était pas exempte de contradictions: pas contre tout puisque proche du PCF. Au plan privée, il pouvait voir quelqu’un du bord qu’il condamnait sans réserve. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Au moment où le Traité de la tolérance de Voltaire s’arrache comme des petits, Librio remet en librairie le Petit traité d’intolérance de Charb (1967-2015). Au dos du livre, on lit que l’auteur « a été assassiné le 7 janvier 2015 pendant la conférence de rédaction ». Sans plus de précision. L’actualité brûlante nous dispense d’autres commentaires. Ce brûlot de Char est un jeu de massacre sur tout ce qui l’énerve. Un peu les Mythologies de Barthes écrit au bazooka. Presque rien ne résiste à sa moulinette, peut-être le communisme auquel il adhérait en utopiste. Lui c’était: il faut s’aimer les uns les autres au lieu d’écraser financièrement son semblable. Rien à voir avec le Stalinisme qui réduisait en cendres les opposants.
L’ouverture du livre fait désormais office de testament. « Je ris de ce que je veux quand je veux (…) » Dès que l’on commence à censurer on ne sait plus où est la limite. Bien sûr il est stupide et malsain de nuire à une partie de la population sous prétexte qu’on empêche une autre d’être mieux représentée. Char s’est trompé, il met plus bas que terre les météorologues du PAF, oubliant qu’il y a pire : les préposés aux signes du zodiaque qui amassent une fortune en ne racontant que des conneries interchangeables au fil des années. Il faudrait faire une étude de ces chroniques qui polluent les esprits. S’il n’y avait que ça !
«Un cul de Sarkozy râpé par la langue de Michel Drucker » note-t-il au sujet des médiocres devantures de Kebabs. Les animateurs TV et autres tchatcheurs du PAF étaient dans son collimateur: « Il faut pendre aux lustres de son émission de merde l’hypocrite qui emploi le mot «réclame » pour « publicité » écrit-il à propos des speakers de la TSF qui crachent dans la soupe. Voilà deux exemples des joyeusetés qui jalonnent l’ouvrage. On perçoit partout la saine colère de Charb qui ne supporte pas les imbécilités de la vie quotidienne que d’aucuns fabriquent pour gagner de l’argent sur le dos du public pris pour de la matière abonnable, pour des électeurs à capter. Charb pratique plus la colère, le coup de poing contre la société, que le trait d’humour facile pour faire rire la société. Dans sa ligne de mire, il dézingue les reporters sportifs qui se contentent de dire ce qu’ils voient dans le meilleur des cas, les fumeurs, les détergents, la liste est longue. Les slameurs héritent d’un beau taillage de costard : « Il faut cirer les cordes vocales de ces curés de la poésie avec une lime à ongles rouillé ». On referme le livre sur : « Mort à ceux qui ont peur de mourir ». Charb n’y va pas par quatre chemins : « Le néant, c’est, comment te dire ? Tu vois ton boulot à la poste ? Bon, bah, c’est pareil en moins chiant ». On a perdu un rebelle non institutionnel. Il est mort abattu par des tueurs masqués, comme si les commentaires sous pseudonyme avaient flingué le bloggeur à visage découvert.

-Petit traité d’intolérance, de Charb. Librio, 126 p., 3 €

Le nouvel Aiglon Hatem Ben Arfa toujours pas fixé sur son avenir

27.01.15 | par morlino | Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR

La vidéo est un reportage sur Nice-Marseille (2-1).

La farce continue.
Alors que la FA a déclaré que le match de Ben Arfa sous le maillot de Newcastle n’était pas officiel, la FIFA n’a toujours pas déclaré que le joueur avait donc le droit de jouer avec Nice puisque l’OGCN ne serait alors que le deuxième club de la saison 2014-2015 du milieu de terrain offensif après son passage à Hull City.
Si la FA dit que le match avec les jeunes de Newcastle n’est pas officiel pourquoi tant de temps perdu ?
La LFP et la FIFA ne cessent pas de se renvoyer le dossier.
Cette comédie est sans fin.
Les derniers rebondissements ?
Un membre de la FIFA devrait donner son accord et ensuite la balle sera à nouveau dans le camp de la LNP.
Tout ça ressemble aux fameux comités Théodule qui rongent la France depuis un siècle.

Sublime voyage dans l'atelier de Giacometti, raconté par son ami et modèle Isaku Yanaihara (Allia)

26.01.15 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER

Extrait de l’admirable émission de Jean-Marie Drot, l’un des plus grands hommes de télévision au temps injustement oublié. Giacometti est un génie qui aimait ressembler à un mécanicien auto de Levallois-Perret. Giacometti est l’un des maîtres sculpteur de l’Histoire. Un antique chez les modernes. Eblouissant dans son travail, dans sa vie, dans ce qu’il fait, dans ce qu’il dit. L’intelligence à l’état brut. C’est mon antidote à tous les imposteurs. Il respire l’authenticité. Un cœur pur dans un monde de menteurs professionnels.

Le peintre et son modèle. Voici une nouvelle version de ce thème souvent abordé dans la littérature, sauf que dans ce cas précis, il s’agit d’un témoignage et non pas d’un roman. Cela dit c’est aussi beau qu’une fiction, tant la poésie est présente dans cette grande histoire d’amitié entre Alberto Giacometti et Isaku Yanaihara. Au détour d’une phrase, on tombe sur cette citation d’Alain, le philosophe qui a beaucoup influencé les lettres françaises : « On peut tromper un juge ; on ne trompe pas un peintre de portrait ». Alberto Giacometti est l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle, l’un des cinq meilleurs avec Brancusi. Giacometti ? Presque tout le monde l’imagine Italien alors qu’il était Susse. De comportement, il était plus Italien que n’importe quel Italien. Grande qualité de cœur et une parole merveilleuse. Il avait des mains d’or, et il voulait travailler dans le plus grand dépouillement afin de ne pas polluer son univers par la richesse. Quelle différence avec Picasso !
Quand il scrutait un modèle pour faire une sculpture, il ne connaissait plus personne. «Si mon frère pose ce n’est plus mon frère. » En effet, le modèle n’était plus qu’un squelette recouvert de peau. L’identité d’en face obsédait l’artiste qui se battait avec la matière. Son but capter l’âme de son prochain immédiat. Le livre d’Isaku Yanaihara est une merveille. Tous les amoureux de Giacometti doivent se le procurer fissa. C’est le meilleur moyen d’être avec lui. On ne peut hélas ! pas vivre avec un sculpture du maître. Dommage, elle nous mettrait la vérité à portée de main. Quand la nuit tombée et que sa femme Annette proposait d’allumer, Alberto marmonnait : «La lumière, pourquoi faire ? J’y vois clair… » Il piquait alors une colère : « Je vois que je n’y arrive pas. Ce n’est pas Yanaihara que je ne vois pas, mais le moyen de l’attraper, lui… » Merveilleux Giacometti ! Quelle chance d’être vu par lui au 46 rue Hippolyte-Maindron (14e arrondissement de Paris) dans « la caverne-atelier » qu’il ne quittera jamais sauf pour aller visiter sa mère qu’il aimait beaucoup. Cartier-Bresson a fait un superbe reportage sur Giacometti adulte chez sa maman.(à voir dans le rarissime petit ouvrage édité par Franco Sciardelli-Milano, 1991)
Le peintre demandait à son ami modèle de ne plus respirer afin de mieux percevoir sa personnalité. Il faisait des croquis, le résultat c’était la somme de ses échecs. Oui, merveilleux Giacometti. Sa concentration était telle que face au papier, il étaitt seul à seul même s’il y avait deux personnes dans la pièce, en plus du modèle. Giacometti se moquait complétement de tout ce qui était la vie de tous les jours, du quotidien des affaires courantes : il pouvait sortir avec un costume plein de taches. Etre bien habillé … pourquoi ? Manger dans un bon restaurant avec des amis cela était beaucoup plus important. Giacometti s’opposait à Prévert qui plaçait l’amour au-dessus de l’appétit. Pour le sculpteur, il y avait une évidence : les gens passent plus de temps à manger qu’à faire l’amour.
Le livre nous apprend que Giacometti détestait la mécanisation du monde moderne. Il n’échangeait pas le chauffage central contre un feu de cheminée ou le charbon dans un poêle. « Les machines ne servent qu’à tuer l’esprit ! » pestait-il certain que nous ne reviendrons plus jamais en arrière, à la douceur du temps de vivre, au rythme lent des saisons. Giacometti n’aimait pas l’eau chaude au robinet, il préférait la chauffer au feu pour voir l’eau frétiller. Il voulait joindre l’agréable à l’utile. Appuyer sur un bouton, non ! Il est donc naturel qu’il aimait mieux dessiner ses semblables plutôt que de les photographier. Isaku Yanaihara rapporte des nombreux fragments de ses discussions avec Giacometti. Tout est savoureux. Un enchantement perpétuel. Un jour, le peintre fait cette révélation : « Tout doit commencer par le nez …» Parfois, Jean Genet débarquait dans l’atelier à l’improviste. Giacometti n’osait rien lui dire. Genet était le seul à pouvoir s’inviter sans prévenir. (Genet a écrit un livre sur Giacometti en 1958, chez L’Arbalète) De Bernard Buffet, Giacometti dit : « Il s’arrête là exactement où je commence ». On ne peut pas faire une critique plus sévère. Il lui préférait Rouault, et Cézanne bien entendu. De manière incroyable, Isaku Yanaihara a regardé ses agendas et a noté qu’il avait posé 230 fois pour Giacometti, entre 1956 et 1961. Chaque fois, le dessinateur tentait de restituer le visage de son ami. Le modèle sacrifia sa carrière de professeur car au Japon sa hiérarchie n’appréciait pas du tout de le voir quitter si souvent son poste pour aller en France. Il finit par opter pour l’enseignement privé.
Giacometti a été obligé de préciser à Genet que son ami isaku Yanaihara n’a jamais posé dans l’espoir d’avoir un tableau en échange de ses temps de pose. Genet avait très mal jugé l’ami de Giacometti. En amitié, la jalousie existe aussi. Il existe une douzaine de portraits de Yanaihara par Giacometti. Mort en 1989, le modèle nous a laissé un splendide livre de souvenirs, sa façon à lui de faire le portrait de Giacometti encore plus sympathique qu’on ne l’imaginait. Ah ! il en a lancé des « Merde » lors de luttes avec le fusain ou l’huile. Des “Merde” avec son si bel accent. Et combien de cigarettes grillées et souvent même pas fumées, juste allumées par habitude ? Giacometti était tant attaché à son ami qu’il souhaitait une guerre ou une grève d’Air France pour que le professeur de philosophie ne retourne pas au Japon. Isaku Yanaihara est l’exception qui confirme la règle : avant lui, Giacometti ne croquait que ses proches immédiats. Au fil du temps, Yanaihara est devenu plus porche que les proches.
-Avec Giacometti, par Isaku Yanaihara. Traduit du japonais par Véronique Perrin. Allia, 220 p. , 20 €. L’ouvrage comporte plusieurs photos. La couverture est livrée sans retouche, avec tous les petits défauts du négatif. Un choix qui élimine les artifices et qui convient très bien à Giacometti.

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