Hommage à François Truffaut dans Le Point, hors série

22.10.14 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

Patrick Modiano, en littérature, et François Truffaut, au cinéma, sont les deux créateurs français contemporains que j’estime le plus dans leur domaine.
Leurs œuvres me parlent. Ils regardent plus qu’ils ne montrent.
Modiano quand il s’exprime laisse apparaître toutes ses angoisses. On est loin des auteurs qui pérorent, tout leur moi dehors comme on dégrafe sa braguette.
Truffaut parle vite, une vrai mitrailleuse pour cacher ses angoisses, mais sa mort si jeune laisse penser qu’il était étreint pas l’angoisse. On connaît son enfance, encore plus atroce que celle de Modiano.
On n’oublie pas les films de Truffaut. Avec Doinel, il a parle de l’enfance de tous les Français.
La peau douce est mon film préféré avec La chambre verte.
Bien sûr, il y a aussi L’homme qui aimait les femmes et La nuit américaine.
Truffaut était un écrivain qui faisait du cinéma, et Modiano est peut-être un cinéaste qui écrit.
Les yeux de Truffaut, le débit de sa voix, sa vitesse d’exécution, sa pudeur, son intelligence, sa sensibilité, tout reste si présent.
La France était coupée en deux, il fallait aimer Truffaut ou Godard. Moi c’était Truffaut, comme j’aimais Anquetil et non Poulidor (quoique…), les Beatles et pas les Rolling Stones. On opposait même Bardot et Moreau.
A bout de souffle c’est vieillot. Pierrot le fou, reste mon Godard fétiche. J’aime écouter parler Godard mais son cinéma m’ennui, m’endort. Les films de Truffaut n’ont rien universitaires, tous sont très vivants. La sirène du Mississippi m’a copieusement énervée, comme s’il s’agissait d’un faux Truffaut. Il faudrait que je le revois. Les deux Anglaises et le continent aussi. Dans La femme d’à côté, il cite Raymond Guérin sans le signaler.
Il achetait ses livres rue Durantin chez un ancien élève de Charles Dullin: André Bugnard. J’y allais aussi. Ce libraire me fascinait. J’estimais que c’était le plus grand libraire-bouquiniste de France. Il lisait presque toujours. Je le plaçais plus haut que n’importe quelle personne parlant de livres.
On le dérangeait presque. Il toisait le client pour savoir qui il avait en face de lui. Il détestait qu’on touche ses livres. Je le comprenais car un maladroit pouvait déchirer la tranche.
Ses yeux derrière ses puissants verts des lunettes m’effrayaient souvent. Heureusement, il pouvait rire.
Je n’arrivais pas à l’imaginais vivre une vie de couple, tant il était imbibé de littérature.
Un jour sombre, mal luné, il pouvait dire: “Ne touchez pas les livres, ils ne sont pas à vendre!” Il avait mis un écriteau dans ce sens. Il m’aimait bien car je recherchais les Berl, Soupault, Bove, Calet, Guérin… Il a pris sa retraite, je l’aperçois parfois dans le coin, à Montmartre, marchant comme Dullin. Dans la rue Durantin, il y a beaucoup de magasins de fringues. La librairie a disparu, comme Truffaut.
Le Point publie un hors-série très bien fait.
François-Guillaume Lorrain parle parfaitement de l’enfant François Truffaut.
Ecoutez le témoignage de son ami François Lachenay: “Notre merveilleuse entente juvénile fut quelques fois traversée d’orages. Je commis une action que j’ai toujours regrettée. Un jour d’engueulade, j’ai jeté tous ses livres dans l’escalier. Je le revois encore, en larmes, les ramassant".
Ce témoignage qui était enfoui dans un vieux Cahiers du Cinéma de 1984 méritait une nouvelle exposition.
Voilà qui est fait.
Il y a une interview de Madeleine Morgenstern, la mère de ses deux filles aînées.
Leur fille aînée Laura se confie aussi.
Il y a d’autres témoignages de collaborateurs et divers proches. Ses grands modèles, ses influences.
Manque un entretien avec Jean-Pierre Léaud. Cependant procurez-vous ce spécial Truffaut. Il y a lire et relire. On rend hommage. On se rappelle. On apprend. On découvre. Tout est parfait. Un vrai bel hommage.

-TRUFFAUT, l’homme qui aimait le cinéma. Le Point, hors série. 82 p., 7,50 €

Cinq Red Devils dont King Giggs et King Cantona dans le Top Ten de la Premier League depuis 1992

20.10.14 | par morlino | Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR

Les 169 buts de l’éblouissant gallois Ryan Giggs sous le maillot de MU en 963 matchs entre 1991 et 2014. France Football et la FIFA ne lui ont jamais donné le Ballon d’or. Honteux et injuste. L’ailier gauche recyclé au milieu de terrain avait un jeu félin, tout en agilité. Fin dribbleur, hyper malin, il plaçait ses tirs ne tirant jamais comme un imbécile apeuré. Même en pleine course, il avait la présence d’esprit de placer sa frappe. Je l’ai découvert en 1992. J’ai eu un immédiat choc visuel tant il était vif et audacieux. “Toi, aussi, tu l’aimes…” m’a dit Eric Cantona dans le petit hall des joueurs- véritable cabine des Marx Brothers. Nous étions en hiver 1992. C’était le début de la nouvelle grande aventure rouge, après celle de Sir Busby. Que de bonheurs à venir ! Que de bonheurs vécus ! Je peux témoigner: j’ai vu de près, de très prés, la magie du ballon rond. Des gens qui peuplent les rêves. Ceux qui font les rêver le peuple ne n’intéressent pas.

Lundi 20 octobre 2014
West Bromwich Albion 2-2 Man United

Buts pour West Bromwich Albion: S. Sessegnon (8e), S. Berahino (66e)
Buts pour les visiteurs: M. Fellaini (48e), D. Blind (87e)

Evénement microscopique: Fellaini a marqué un but sous le maillot de MU. Sinon RAS. Tant de millions sur la pelouse pour ça… Triste de voir M. Carrick sur la pelouse. C’est comme si on interdisait de vestiaires Sir Ferguson ! Dimanche prochain aura lieu MU-Chelsea le premier vrai test de l’ère van Gaal contre le favori pour le titre avec Man City.

The Telegraph a classé les meilleurs joueurs de la Premier League depuis sa refonte en 1992.
Selon quels critères ?
Ryan Giggs, premier. C’est normal: personne au monde n’a plus de titres que lui. Il a en plus deux C1. Le joueur de Man United est un mythe vivant.
Henry deuxième ?
C’est très subjectif. Entre 1999 et 2007, il n’a gagné que deux championnats (2002 et 2004) quand Eric Cantona a remporté 4 championnats à MU entre 1992 et 1997, soit en 1993, 1994, 1996 et 1997. En 5 ans, Cantona a relancé le football anglais à lui tout seul. Henry a joué en Angleterre parce que Cantona y a rayonné avant lui. Cantona a un rôle clef. Même sans C1, il mérite d’être deuxième. Henry a marqué beaucoup de buts mais cela n’a rapporté que deux titres. Je ne parle pas des autres compétitions où Cantona a brillé aussi, tout comme Henry.
La fidélité c’est important aussi. Giggs a joué tout le temps de sa carrière professionnelle à MU. Cantona n’a plus joué après son passage à MU. Henry, lui, a déserté Arsenal pour aller à Barcelone puis aux Etats-Unis. Question fidélité à Arsenal, on repassera. Henry a été un très bon joueur mais il ne m’a jamais fait vibrer. Cantona est un joueur à la vision de jeu beaucoup plus périphérique. Le deuxième du Top Ten aurait dû être lui. En plus, il a été champion d’Angleterre 1992 avec Leeds, en une seule saison. Ils sont où Leeds en 2014 ?
Dans ce classement, il y a deux absents que l’on remarque beaucoup: Drogba et John Terry. Ils auraient dû être à la place de Roy Keane et Patrick Viera.

Le classement du Telegrah:
1. Ryan Giggs, MANCHESTER UNITED
2. Thierry Henry, Arsenal
3. Roy Keane, MANCHESTER UNITED
4. Alan Shearer, Newcastle
5. Paul Scholes, MANCHESTER UNITED
6. Cristiano Ronaldo, MANCHESTER UNITED
7. Patrick Vieira, Arsenal
8. Eric Cantona, MANCHESTER UNITED
9. Dennis Bergkamp, Arsenal
10. Frank Lampard, Chelsea & Man City

Petite bibliothèque du coureur, de Bernard Chambaz. (Champs classiques/ Flammarion)

20.10.14 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, PAAVO NURMI & ALAIN MIMOUN

Le mythique finlandais Paavo Nurmi. L’athlète n’a rien à voir avec les joggers qui courent pour prolonger leur vie.

“Je crois que la course à pied est le plus sûr moyen de produire une génération de crétins malfaisants” a écrit Léon Bloy qui serait bien surpris de voir tant de survêtementr dans les rues contemporaines. Cela lui donne-t-il raison ? Boire ou courir, il faut choisir, pourrait-on dire. Courir c’est la vie même. Courir ne signifie que nous sommes bas du plafond. Tant que l’on court nous sommes en bonne santé. Bloy devait opposer la tête et les jambes.
Bernard Chambaz propose un livre qui est à la fois un essai et une anthologie sur la littérature et la course à pied. Avant la fin du XIXe siècle, on courait peu. Depuis les années 1970, on court plus, il suffit de voir les adeptes du jogging gambader dans les rues.
Voici la découpe du livre de Bernard Chambaz:
1/ Aux commencements
Pindare voyait dans le sport une valeur morale, une sorte de Sisyphe. Virgile, Ovide
2/Des coureurs très classiques
Cervantès, Corneille, Stendhal, Alexandre Dumas
3/ Des coureurs olympiques
Pietri, Prévost, Echenoz, Blondin, Montaignac
4/ Des courses plus ou moins éperdues
Woolf, Perec, Mailler, Himes
5/Des coureurs du dimanche mais aussi du lundi
Hemingway, Delerm, Delbourg
6/ Courir pour de rire
Giono, Gamblin, Delavault, Garcia

-Petite bibliothèque du coureur, de Bernard Chambaz. Champs classiques/ Flammarion, 286 p., 8 €

L'infatigable Ronaldo alias CR7, avec 15 buts en 8 matchs de Liga, bat un record de 1943 !

19.10.14 | par morlino | Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR

Ronaldo, Modiano, deux Soleils dans la nuit de la médiocrité politique ambiante.

Auteur d’un doublé, samedi 18 octobre 2014, à Levante, Cristiano Ronaldo totalise 15 buts en Championnat. Jamais un joueur n’avait marqué autant de buts après 8 journées en Liga. Même pas Alfredo Di Stefano, Puskas ou Raul.
Et ses détracteurs continuent de le comparer à Beckham surtout connu pour la vente de ses slips.
Beckham est à Ronaldo ce que Plastic Bertrand est à Bob Dylan.
Cela fait dix ans que CR7 nous régale aussi bien au Real Madrid qu’à Man United. Sorti de son cocon du Barça que ferait Messie à Chelsea ? Je demande à voir. Loin d’Iniesta, l’Argentin a une jambe en moins alors que sans Di Maria, CR7 claque toujours autant de buts.
Ronaldo n’est pas prétentieux, il est fier.
Ronaldo n’est pas arrogant, il est feinteur.
Ronaldo n’est pas une invention du PAF c’est un compétiteur hyper constant.
Son talent ? Technique, condition physique, régularité, intelligence et sensibilité dominée.
Ronaldo qui s’impose sous l’ère de Messi, c’est Poulidor qui devient Anquetil.
Vulgaire ? Pas du tout. Un gagneur comme M. Ali. Ceux qui ont vu Cassius Clay à la pesée savent de quoi je parle. Que les autres regardent You Tube. Aujourd’hui, la mémoire collective s’appelle You Tube. Je vous dis pas le nombre d’Alzheimer qu’il va y avoir dans 10-20 ans. Il faut travailler sa mémoire comme un muscle. Fermons la parenthèse.
Quand il est arrivé à MU comme ils étaient beaux ses balbutiements ! Au poteau de corner, il se mélangeait les pinceaux à force de faire des dribbles de trop. Sir Ferguson n’a jamais cassé la personnalité du jeune orphelin de père. Oui, c’était beau. CR7 est un poulain qui a tenu ses promesses. C’est si rare. Encore aujourd’hui, il peste quand il rate une passe, un tir ou un dribble. C’est la marque du champion. Toujours aller de l’avant.
A 29 ans, CR7 se présente toujours impeccable sur le terrain, pas un gramme de trop. Une hygiène de vie admirable.
Cela fait dix ans qu’on le dit noceur, il se couche à l’heure des poules pour tout donner au football.
Quand il arrêtera, il pourra dire: j’ai fait mon maximum, je n’ai rien brûlé bêtement.
A Levante, il a battu un record vieux de 71 ans : 15 buts marqués après 8 journées de Championnat.
Pour trouver un joueur de comparable en Liga, il faut remonter à Esteban Echeverria et à ses 14 buts lors des 8 premières journées sous le maillot d’un autre Real Oviedo, en 1943-1944.
CR7 a inscrit un penalty (13e)- exercice toujours périlleux- avant de marquer un but sublime perforant la défense adverse depuis l’aile gauche pour marquer le troisième but (61e) du Real Madrid auteur d’un carton (5-0). Lors de son second but Ronaldo a effacé quatre défenseurs plus le gardien !

“Faire plus que ce que fait Cristiano est impossible", a confié son entraîneur, Carlo Ancelotti. A une semaine du Clasico et de la réception du FC Barcelone à San Bernabeu, à ne pas rater. Le Barça est leader avec 4 points d’avance sur le Real, 22 points contre 18. Enfin, un match que j’ai envie de regarder car depuis la retraite de Sir Ferguson je porte le deuil du MU de 1986-2013. Très lourd à porter. Ne plus voir Paul Scholes et Giggs courir sur un terrain, c’est triste, très triste.

Hommage au faux silence par John Cage: 4'33'' par Kyle Gann (Allia)

19.10.14 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT

Il fallait le faire, John Cage (1912-1992) l’a fait !
Soit convoquer le public dans une salle de concert avec un grand orchestre qui ne joue pas pendant 4′ 33′’.
Ce silence en fait est un faux silence car on entend du bruit: celui du public alors que l’orchestre est figé comme sur une photo, même si les petits incidents ne sont pas à exclure.
Ce moment nous renvoie à nous-mêmes mieux que n’importe quelle musique.
Nous sommes chez Duchamp, chez Satie partout dans le refus des grands réfractaires. Refus génial, s’entend.

«Le titre de cette œuvre figure la durée totale de son exécution en minutes et secondes. À Woodstock, New York, le 29 août 1952, le titre était 4′33″ et les trois parties 33″, 2′40″ et 1′20″. Elle fut exécutée par David Tudor, pianiste, qui signala les débuts des parties en fermant le couvercle du clavier, et leurs fins en ouvrant le couvercle. L’œuvre peut cependant être exécutée par n’importe quel instrumentiste ou combinaison d’instrumentistes et sur n’importe quelle durée. » Dixit John Cage.

Kyle Gann nous raconte la genèse de cette non-œuvre.
Ce 4′33′’ est bien plus profond qu’il n’en a l’air de prime abord.
Il y a du Zen dans Cage qui refuse d’être… enfermé dans un aucun système.

-No Silence. 4′33 de John Cage, de Kyle Gann. Allia, 190 p., 15 €

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