>>  
Le passage à Nice dans Douce France d’Andrzej Bobkowski (Libretto/Phébus)
08.07.15 @ 07:32:35, Catégories: LE GYM E BASTA, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, 461 mots   French (FR)

« Nice, le 13-9-1940. Beau temps. Chaud dès le matin. J’ai sauté directement de la tente dans l’eau et je suis parti à la nage loin de la côte. » Ces mots sont d’Andrzej Bobkowski qui a fui sa Pologne natale en 1939 pour rejoindre la France dont il a une très haute opinion. Cet extrait provient d’une séquence du Journal de guerre de l’écrivain qui relate sa vision de l’été 1940 quand il traversait la France à bicyclette avec sacoches arrière comme une tortue transporte sa maison. Le jeune ingénieur va remonter le pays de Toulouse, en passant par toute la Côte d’Azur. Plus il pédale plus Vichy casse ce qu’il aimait de la France.
Dans ce genre de livre, la météo est prépondérante car l’auteur est face aux éléments, exode ou pas. Rien n’est anecdotique. Il s’agit d’un temps de l’Histoire par le prisme de l’histoire d’un écrivain. Il y aussi la quête de la nourriture, ce qui rend le livre très physique. On ressent les phrases dans notre corps comme si nous pédalions nous-mêmes.
A Nice, il aime se baigner et ne regrette pas de ne pas pouvoir aller dans les palaces pour y boire du champagne. «La France m’a si bien déshabitué de ce snobisme polonais stupide et de tous ces désirs surfaits que je me sens beaucoup mieux dans ma peau de vagabond à part entière, stylé, que dans celle de l’entre-deux d’autrefois. » Le 15 septembre 1940, toujours à Nice : « La plage est pratiquement déserte car Nice est vide. Les vagues sont hautes. Je saisis les moments entre le déferlement de deux rouleaux pour émerger. Une vraie balançoire ». L’écrivain prend le temps de vivre, il s’accorde le superflu alors qu’il n’a pas le nécessaire. Le soir : « Les lampadaires de la Promenade des Anglais forment un collier de perles.» Dans l’arrière-pays, sur la route Napoléon, il tombe sur des endroits où le train n’arrive pas. Il y trouve de « la confiture, des conserves, du chocolat, du lait concentré, bref la Douce France ».
Il note qu’en France, le luxe c’est d’avoir une salle de bains et des « cabinets dans l’appartement » et non pas sur le palier. Quand il arrive à Paris le 29 septembre 1940, il écrit : « Les rues sont désertes. Le silence est tel que j’entends distinctement chaque battement de mon cœur qui cogne dans ma poitrine » Des battements qu’on entend toujours.

-Douce France, d’Andrzej Bobkowski. Traduit du polonais par Laurence Dyèvre. Libretto/Phébus, 267 p., 9,70

Laisser un commentaire | Permalink
Poulidor, l'homme qui aime ce qu'il aime, déifié par Patrick Jeudy
06.07.15 @ 23:48:26, Catégories: GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT, LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE, 1172 mots   French (FR)

Qui ne pleure pas devant ce documentaire est inhumain.

Lundi 6 juillet 2015, FRANCE 3
Poulidor 1er
de Patrick Jeudy
DVD 14 € 99

Poulidor 1er. Ce n’est pas un clin d’œil. C’est vrai. Premier dans le cœur des Français. Tout le monde envie encore sa popularité. Il est plus célèbre que les coureurs actuels. La France aime Poulidor, authentique champion. Des vainqueurs du Tour, il y en a chaque année. Des Poulidor champion cycliste, il n’y en a qu’un et c’est lui.
En premier évacuons ce qui fâche, on ne traite pas par-dessous la jambe Jan Janssen d’un: “On ne sait même plus qui a gagné le Tour de France 1968…” (sic les commentairs bien dits par Alain Morel, le Deschiens de Deschamps (Jérôme, bien sûr) Quel mépris pour le grand champion du pays de Rembrandt ! Avec ses lunettes, c’était un Laurent Fignon avant l’heure. Autre remarque, le grand zapping de Raphaël Geminiani qui a longtemps veillé sur Jacques Anquetil. Autre point qui est aussi un peu trop facile: Anquetil c’est le mondain avec la blonde quand Poulidor c’est le terrien avec la brune.
Enfant, j’aimais les deux. Ni pour Poulidor, ni contre Anquetil. Les deux me plaisaient.
La cruauté d’Anquetil quand il vient lui dire que cela doit être dur d’être deuxième. C’est un moment fantastique. Anquetil vainqueur traverse la foule pour voir son gibier de près. L’orgueil du vainqueur je sais l’aimer aussi. Anquetil-Poulidor, j’aimerais bien revivre ça aujourd’hui avec de jeunes français actuels.
Maintenant passons aux bons côtés, soit tout le reste du documentaire consacré à Raymond Poulidor.
On le voit, jeune, moins jeune. Toujours ce très beau visage, ce bel accent.
Il nous donne envie de créer un aphorisme:
“La volonté et le courage sont des valeurs supérieures à l’intelligence".
Antonin Magne, toujours en blouse blanche(médecin de l’âme et du corps) ancien vainqueur et manager de Poupou, a dit: “Raymond c’est un cérébral, si la tête va, le corps va".
Cérébral et non pas intellectuel, ouf !
Ce documentaire est une machine à remonter le temps: on revoit son enfance, ses parents, ses frères jeunes, ses amis, sa jeunesse. La vie de Poulidor, avec en surimpression notre propre vie, notre enfance, nos parents, nos frères jeunes, nos amis…
Les Tours de France sont plus importants que les prix Nobel ou je ne sais quel amusement de ce genre.
Ce qui m’a frappé dans ce documentaire c’est la solitude de Poulidor. Il a une capacité à la supporter qui est hors norme. C’est chez lui une forme de concentration. Seul parce que les autres coureurs jalousaient sa popularité, sa science du contact humain.
Ce n’est pas un jury qui décerne le maillot jaune, c’est votre corps de la tête aux pieds.
Quand on voit toutes les graves chutes de Poulidor, rien que ça, on reste bouche bée. “Le visage du Christ” dit le commentaire sans aucun effet de manche. Au moindre bobo un autre sportif quitte la pelouse, comme Y. Gourcuff lors de Lyon-Nice. Même à 25 % de ses moyens physique, Poulidor restait en selle.
Dans ce film tout est divinement humain. Grâce à Poulidor, un homme qui aime ce qu’il aime. On le voit très bien quand il astique sa Mercedes gagnée grâce à ses larmes, sa sueur et son sang. Aujourd’hui, des footballeurs surpayés ont 30 voitures dans leur garage.
Lors des débuts professionnels de Poulidor, on demande à sa mère: “Cela vous fait plaisir de le voir sur le Tour ? ” Elle répond: “J’aimerais avoir 20 ans pour voir tout ce qu’il va faire…” Elle verra tout. Quand il arrête sa carrière, on revient vers elle pour l’entendre dire: “Vous êtes sûr qu’il arrête. Il va peut-être encore en faire” un de Tour… Magnifique! Avec son mari, derrière elle, flou dans l’image. Pas un mot.
Poulidor est allé au bout du bout de qu’il pouvait faire.
Après ce sublime documentaire, la chaîne proposait un documentaire sur les blousons noirs. Insupportable contraste. Après la haute lutte contre soi-même, l’avachissement, la paresse, la frime idiote, le nihilisme non maîtrisé. J’ai coupé au bout de 20 secondes. Je voulais rester avec “Poupou” et son beau sourire qui a eu parfois le “visage du Christ".
J’ai pensé aussi à Louis Nucéra qui m’a dit après avoir rencontré pour la première fois mon père dans son magasin:
-"Dis donc, ton père il n’a pas fait du vélo ?
-Oui…
-J’en étais sûr, rien qu’à sa façon de travailler.”
Ce documentaire est déjà une référence. Tout l’univers en noir et blanc dans notre mémoire a ressurgi sur l’écran tout en couleurs! Des couleurs comme lavées par un produit miracle qui redonne une seconde fois vie à tout ce qui a disparu.
Le soir d’un abandon, sa femme allongée à un mètre de lui, pleure en silence. A vous arracher le cœur.
Lors de ses adieux, les yeux embués de larmes, Poulidor n’arrive pas à dire que sa carrière prenait fin. Cela revenait à dire: “Je vais vous quitter. Dans une minute je n’existerai plus". Impossible à dire. Il a préféré se taire et passait la parole.
Raymond Poulidor est autant intelligent que sensible, donc complet.
Je lui ai parlé à Auchan lors d’une signature. Ce fut comme être avec Socrate. Il était tôt. Il m’a montré le panneau où était écrit: “Poulidor, l’éternel second signera son livre…", pour me dire: “Je dois tout aux journalistes. Sans cette appellation, on n’aurait jamais fait appel à moi, tout le monde n’aurait oublié très vite…” Peut-on être à la fois plus simple et plus lucide ? La France aurait besoin d’être dirigée par un homme de cette trempe. De l’acier qui ne fait pas mal.
Et n’oubliez jamais que c’est un immense champion. Un très grand champion qui nous a montré les plus belles valeurs d’un être humain.
La grande classe: jamais une plainte, jamais rien de vulgaire. L’homme dans toute sa splendeur.
Une dignité de chaque instant. Une humilité omniprésente. Jadis, on disait: “Cet homme-là c’est un amour".
Oui, Poulidor c’est un amour. Les Français n’ont jamais été cocus avec lui.

[Post dédié au Poulidoriste Serge Laget]

Vieillir c’est atroce mais vieillir avec Poulidor est un plaisir supplémentaire. A la fin de la projection, Poulidor va remercier le réalisateur. Poulidor, avec sa petite sacoche sous le bras. Le héros comme de si rien n’était. Cet homme est bouleversant dans le moindre de ses gestes. La grâce y a trouvé refuge. Je vous laisse toute les Paris Hilton du monde et je garde Poupou ! Lui, l’un des plus grands animateurs de la Grande Boucle n’a jamais porté ne serait-ce qu’une 1/2 journée le maillot jaune. Incroyable !

2 commentaires | Permalink
FIFA CONNEXION: Blatter tente d'entraîner Platini dans sa chute mais c'est un coup d'épée dans l'eau
05.07.15 @ 22:57:37, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS, ANTI-FOOTBALL, 530 mots   French (FR)

Blatter aux abois tente d’entraîner Platini dans sa chute par le biais de Sarkozy ^mais c’est ignorer qu’en France Platini est un intouchable comme Zidane et une poignée d’autre. Platini est une icône nationale: il fait gagner beaucoup d’argent et en fait encore gagner beaucoup. Il a relancé en 1977 le football français alors inexistant internationalement depuis la fin de l’épopée 1958. Pas touche à Platini, circulez! y a rien à voir.

A LIRE SUR:

https://www.facebook.com/pages/La-r%C3%A9publique-du-livre-num%C3%A9rique/451880814867195?fref=nf

Vous ne parlez pas Allemand, moi non plus mais pour un tel sujet autant donner la source.
Depuis l’annonce de cette information, j’en ai entendu de belles.
Sur la station la plus beaufoïde du sport, ils ont dit: “Rien à foutre!”
Et après, ils dénoncent l’omerta dans le football !
Quand il faut parler du dopage dans le vélo, ils sautent de joie. Le vainqueur du Tour de France ne gagne que 500 000 euros. En sport de haut niveau ce n’est pas grand chose. Juste un salaire de football médiatique.
L’argent, le nerf de la guerre.
Dans le “rien à foutre” on sentait bien qu’il ne faut pas toucher au gagne-pain de ces messieurs. Ils ont peur que si l’on parle de plus en plus mal de football, les gens se détournent vers le rugby, vu le nombre de licenciés à la FFF qui est sur la pente douce.
J’ai même entendu: “Qu’il nous le prouve !” Dingue, cette forme de journalisme.
Une remarque: quand les Anglais obtiennent les J.O. ont a dit qu’ils avaient bien œuvré en coulisses.
Toutes les attributions, c’est magouille et compagnie.
Les hommes s’entraident entre eux, c’est humain. C’est même recommandé. Quand il y a du talent qui va s’en plaindre.
Le PSG Qatar fait plaisir aux fans du PSG.
Platini lui même a dit: je me suis retrouvé à table avec les dirigeants du Qatar à l’Elysée… avec son humour. C’était un appel du pied pour ne pas voter Malte!
Qui peut ignorer qu’il a des liens avec le qatar, c’est de notoriété publique.
Maintenant que le vent tourne, le “parrain du foot féminin” à la tête de la FIFA balance pour alléger sa condamnation selon la justice américaine donnant-donnant.
Malgré tout ça, le football est intact parce que CR7 Ronaldo, Messi, Iniesta, Totti, Buffon, Pirlo et Lahm sont des joueurs tout à fait fabuleux. Le football en 2015 c’est eux et plus du tout Platini. Blatter n’a jamais représenté le football une seule seconde. On retiendra de lui qu’il a expulsé Maradona en 1994, rien de plus.
Une Coupe du Monde se déroulera au Qatar et une autre en Russie.
Comme l’a dit Platini le jour même de l’attribution de la Word Cup: “Depuis 1930, aucun pays arabe n’a organisé une Coupe du Monde, c’est chacun son tour, non ?". Je le dis grosso modo de mémoire. A la fin, il faut bien voter pour quelqu’un non ? Bien sûr, les recalés ne sont pas contents. Tout le reste demande des preuves et non pas des paroles en l’air.

Laisser un commentaire | Permalink
Messi plutôt tendance Puskas/ Cruyff que Pelé/ Maradona
05.07.15 @ 09:14:59, Catégories: THE RED DEVILS, BARCA ES MES QUE UN CLUB, SPECIAL MARADONA, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR, GOOOOL DO BRASIL !, 716 mots   French (FR)

Sous le maillot du Barça, Messi résiste beaucoup mieux à la pression du résultat. D’un certain côté, cela le rend humain de perdre. En Argentine, Messi n’a pas l’équivalent d’Iniesta et Xavi, au Barça les trois font… la paire ! En 1978, l’Argentine remporta la Coupe du Monde avec le groupe le plus complémentaire, à chaque ligne, il y avait un “monstre” et Kempes joua magistralement. En 1986, Maradona était sur un petit nuage, imbattable, inarrêtable, divin. En sélection, Messi traîne sa misère que l’on a vu en Allemagne quand il a reçu le trophée de meilleur jouer lors de la finale gagné par l’Allemagne. A sa place, j’aurais refusé le trophée où plutôt je l’aurais tendu à Philipp Lahm. Un vaincu n’a pas à recevoir un trophée ou alors c’est du merchandising. Il est vrai qu’à l’époque Blatter avait du pouvoir et tout le monde sait qu’il adore Messi, et surtout pas Cristiano Ronaldo.

Samedi 4 juillet 2015
Finale Copa America
Santiago du Chili
Chili 0-0 Argentine
Tirs au but: Chili (4-1)

Le Chili a mérité son titre, haut la main comme pourrait dire Maradona.
Lionel Messi n’en a pas fini avec la comparaison Messi-Maradona qui lui pèse sur les épaules depuis son plus jeune âge.
Messi est poissard avec l’Argentine. Il m’arrive pas à faire gagner son public. Loin du Barça, il a toujours du mal à s’exprimer magistralement. On sait qu’à Barcelone, l’équipe est plus complémentaire.
Si Maradona a fait gagner l’Argentine quasi tout seul, Messi ne parvient pas à avoir le rayonnement maradonien.
Il faut dire qu’il est pas très bien entouré. Prenons les deux Red Devils: Di Maria et Rojo. Di Maria est trop léger, un coup d’épaule, il n’y a plus personne. Rojo, grand, jeune et costaud mais une cervelle d’oiseau. Jamais Sir Ferguson n’aurait recruté ses deux joueurs. Di Maria a voulu prouver qu’il était un joueur de grand niveau, il a fini à l’infirmerie. Il est plus Ribéry, Nani que Best ou Giggs. Fermons la parenthèse.
Messi a réussi son tir au but alors que ses coéquipiers ont tous échoué dans leur tentative. Le Chili n’a même pas eu besoin d’aller jusqu’au cinquième tir: Sanchez, le superbe Gunner- voilà un grand transfert- a donné le premier titre à son pays, d’une Panenka. Avec du panache en plus.
Sous le maillot de l’Argentine, Messi n’a encore remporté aucun titre majeur avec l’équipe senior, malgré trois finales. En 2007 et 2015, il s’incline en finale de la Copa América face au Brésil et au Chili, et en 2014 en finale de la Coupe du monde face à l’Allemagne. Pour le reste il est éliminé à trois reprises en quart de finale, lors des Coupes du monde de 2006 et 2010, et lors de la Copa América 2011.
Il compte cependant deux titres majeurs en sélection de jeunes : la Coupe du monde junior de 2005 et la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2008, réservés aux joueurs de moins de 23 ans.
Par comparaison, le virtuose Brésilien Ronaldo Luis Nazário de Lima compte à son palmarès deux Coupes du Monde et deux Copa America.
Messi est à ranger pour l’instant dans la catégorie champion poissard en finale, où il rejoint Puskas et Cruyff. On peut être dans le Top Ten sans World Cup. 4La preuve regarder plus bas.) Lors de la Coupe du Monde 2018, Messi aura 31 ans et tant de matchs dans les jambes. Qui vivra verra.

Palmarès international de Messi avec l’Argentine:

Coupe du Monde jeune 2005
Médaille d’or au Jeux Olympiques 2008
Copa América: finaliste 2007, 2015
Coupe du Monde: finaliste 2014

Mon classement des 5 plus merveilleux footballeurs de l’Histoire:

Pelé, 3 Coupes du Monde
Maradona, 1 Coupe du Monde

Di Stefano, 0 Coupe du Monde
Puskas, 0 Coupe du Monde
Messi 0 Coupe du Monde

Dans mon classement, Messi vient d’évacuer Cruyff. Faut le faire ! Je tiens compte des palmarès et du talent. Je ne pensais pas possible de voir un nouveau joueur intégrer ce top 5.

Les 5 autres joueurs de mon Top Ten mondial de tous les temps modernes:

Cruyff, 0 Coupe du Monde
Platini, 0 Coupe du Monde
Garrincha, 2 Coupes du Monde
Ronaldo 1er, 2 Coupes du Monde
Eusebio, 0 Coupe du Monde

Laisser un commentaire | Permalink
La voix du Tour de France 2015: Christian Laborde, de la verve, donc du style
04.07.15 @ 10:28:42, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT, 640 mots   French (FR)

Pour Christian Laborde et pour moi tous les Tours sont en Noir et Blanc, même celui de 2015. Chaque été nous avons rendez-vous avec notre père même si le sien- comme le mien- n’est plus dans la cuisine pour nous parler de Charly Gaul et de Fausto Coppi. Nos pères nous parlaient de l’essentiel et non pas des historiettes des prix littéraires.

Tour de France 2015 (4-26 juillet 2015)
“Fenêtre sur Tour”
Chronique du poète et pamphlétaire Christian Laborde
Chaque matin à 7h38
sur RTL

Jacques Rigaut a dit qu’il existait des coups de foudre amicaux.
Tout à fait juste.
C’est ce que j’ai éprouvé avec Christian Laborde, mon ami électronique.
Plus moderne que nous tu meurs ! On nous traite souvent de doux rêveurs nostalgiques pour ne pas dire désuets mais qui peut parler d’amitié sans se voir ?
C’est possible. Je le lis depuis des années, bien avant de ne pas le connaître de vive voix !
Donc respect. Nous avons aboli l’enveloppe corporelle pour ne parler qu’à travers la littérature et le sport.
Quand j’ai entendu parler Laborde, je l’ai déclaré “fils inventé” de Claude Nougaro qui m’a baptisé un soir: “Bernard, mon garde du cœur".
Bien sûr, un jour je verrai Laborde. Rien ne presse. On est du genre ancien, de ceux qui savent attendre.
Laborde est aussi puissant dans le lyrisme que dans le pamphlet.
C’est l’héritier de Léon Bloy et d’André Suarès.

La veine poétique:
Le Tour de France ? “C’est inhumain et c’est pour cela que ça intéresse les humains. Il y a une dimension épique. L’épopée suppose qu’il y a un parcours à conquérir, des lieux comme les montagnes devenues tout à coup hostiles, des champions sont là pour les vaincre et le peuple est sur le bord de la route. C’est la fusion de ces trois éléments qui constitue la magie renouvelée du Tour".

La veine rebelle:
Roland-Garros ? Le lieu de la “Ola des Rolex” !

Christian Laborde, comme tous les vrais connaisseurs, aime les grimpeurs: il en pince pour le Colombien Nairo Quintana. Moi aussi. C’est mon favori.

Laborde ? Chaque matin, écoutez-le ou recherchez-le ensuite. Ce n’est pas tous les jours que l’on entend un souffle radiophonique. La radio est un grand média quand on y entend Laborde ce qui nous change des consultants qui jacassent, pérorent sans rien dire.

Interview de Christian Laborde sur RTL:
http://www.rtl.fr/sport/autres-sports/tour-de-france-2015-c-est-inhumain-c-est-pour-ca-que-ca-interesse-dit-christian-laborde-7778988172

La première chronique du Tour de France 2015 signé par Christian Laborde:
http://www.rtl.fr/sport/autres-sports/tour-de-france-le-velo-est-une-gazelle-s-exclame-christian-laborde-7778986845

Ses deux nouveaux livres

-Bernard Hinault, l’épopée du blaireau, Christian Laborde et Bernard Hinault. Mareuil éditions, 350 p., 18 €

Christian Laborde appartient au cercle des écrivains érudits - Giraudoux, Tristan Bernard, Prévost, Montherlant (placardisé aujourd’hui), Malaparte, Camus, Buzzati, Kerouac, Hemingway, Blondin, Jacques Perret, Nimier, Nucéra, Bott…- qui ne frappent pas d’ostracisme les sportifs. Ah! ce n’est pas Laborde qui va nous pondre un pensum sur BHV (Oh l’erreur de frappe !). Non lui, eux, nous, on aime Lautréamont, Pessoa, Coppi et Anquetil. Ecrire est une activité légère et grave. D’où sa force. Je n’aime que les écrivains qui mettent leur peau sur la table. Et Laborde est de cette race. Qu’importe le sujet. L’important c’est comment on écrit. La forme c’est le fond qui remonte à la surface, a dit Victor Hugo. Laborde fait ressurgir le blaireau des pages. La rencontre au sommet de deux styles. Un G2 de panache.

-A chacun son tour, chroniques sur le Tour de France, suivi de Roue libre, Robert Laffont, 200 p., 17 €

Recueil de trois ans de chroniques sur la “Gazelle” ou la “Gracieuse” (dixit Nucéra). Fin, fort, spirituel, tonique, généreux, sensible et intelligent.

Laisser un commentaire | Permalink

:: Page suivante >>

WTF?
blogs
Catégories
Archives
Juillet 2015
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
Fonctions utilisateur

Management

Divers

Rechercher

Habillages

Flux XML

links
Crédits