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Monsieur Proust, de Céleste Albaret, avec Georges Belmont (Robert Laffont/ Documento)
17.04.14 @ 18:56:52, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME, 524 mots   French (FR)

Confidence déchirante de Madame Albaret, personnage considérable dans la vie de Marcel Proust. Mine de rien, elle a tenu un rôle d’accoucheuse du talent de Proust qui aimait Madame Albaret d’un amour sans arrière-pensée.

Si vous n’avez jamais lu ce livre vous avez de la chance car c’est un ouvrage à lire d’urgence dès lors qu’on aime la littérature.
De fait, les souvenirs de Céleste Albaret sur Marcel Proust est un miracle de l’édition. Il a été écrit par Georges Belmont. Il serait d’ailleurs plus correct de mentionner son nom sur la couverture car il s’agit d’un excellent livre. Georges Belmont a fait des heures d’interviews avant de tout remettre par écrit, avec grâce, avec bonheur, avec intelligence, avec compétence, avec plaisir, avec une grande sensibilité.
Mieux vaut lire cet ouvrage que des romans à la mode sans aucun intérêt spirituel ou stylistique.
Bien écrit, ce volume est à la fois un livre sur Proust et sur celle qui fut sa gouvernante.
Céleste Albaret a été aimée par Proust, et la réciproque est vraie. Il s’agit d’un amour absolu. Madame Albaret connaissait parfaitement Proust, son patron. Elle était une amie, une confidente. Quelqu’un qui reposait Proust parce qu’il n’était pas lié à elle par le sang ou la sexualité. Un amour pur dans le sens jamais trahi, jamais feint. Ni voyez aucune connotation religieuse ou morale.
Gouvernante ? Cela lui allait bien. Elle le gouvernait, dans le sens qu’elle l’aidait à se recentrer sur l’essentiel. Elle était comme une troisième grand-mère, une grand-mère tombée du ciel. Il avait une confiance sans limite en elle. C’est à elle et à elle seule qu’il a dit en premier cette phrase : « J’ai mis le mot fin… Je peux mourir maintenant…» Oui, FIN, pour dire que son manuscrit de la Recherche du temps perdu était terminé. C’est autre chose que d’envoyer par courriel un nouveau produit commercial pour le faire valoir avec le nom que l’on sait déjà fait, comme disait La Bruyère.
Un tel livre de souvenirs est une merveille et convient si bien à Proust. Mieux qu’une biographie traditionnelle. Il s’agit d’un miracle éditorial. Certes tout l’intérêt vient que l’on y évoque Marcel Proust, l’un des plus grands écrivains de l’Histoire de l’Humanité. Cette réédition paraît dans la très belle collection de chez Robert Laffont/ Documento. Elle comprend un cahier photos et des fac-similés de lettres de Proust. Il y a même un index. Il est vain de résumer ce livre. Il faut aller l’acheter au plus vite, et s’en délecter. Un livre d’amour avec un grand A ne se refuse pas. Monsieur Proust est à ranger à côté de la Recherche. Il faut que les livres se touchent. Dans la vie, Madame Albaret se tenait debout face au lit de l’écrivain.

-Monsieur Proust
de Céleste Albaret. Souvenirs recueillis par Georges Belmont. Robert Laffont/Documento, 458 p., 10,90 €

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La chevauchée fantastique de Gareth Bale offre la Coupe du Roi au Real Madrid
17.04.14 @ 01:06:35, Catégories: BARCA ES MES QUE UN CLUB, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR, 571 mots   French (FR)

Mercredi 16 avril 2014
Finale de la Coupe du Roi 2014
A Séville
Barcelone 1-2 Real Madrid

But pour le Barça: Bartra (68e)
Buts pour le Real: Di María (11e), Bale (85e)

Gareth Bale a quelque chose de surhumain. Les yeux, la forme du visage, la musculature.
Pas un robot mais un homme taillé dans le roc. Il pourrait jouer dans des westerns.
Ses yeux sont électriques, effrayants d’intensité.
Le match piétinait, s’enlisait dans le non choix. A 1-1, C’était un football qui bégaie des deux côtés mais encore plus au Barça qui a eu le mérite quand même de revenir au score.
Soudain, Gareth Bale pris la décision de tenter un raid solitaire.
Il partit de son camp comme le grand latéral qu’il était en Angleterre. Il est plus efficace latéral que milieu.
Sa chevauchée fut fantastique.
Et il est allé au bout, conduisant le ballon de pieds de maître pour achever le gardien, du gauche tendu.
Alors que l’on pouvait penser que le Barça allait se réveiller contre le Real Madrid lors du 227e Clasico de l’Histoire, il n’en a rien été même si Neymar a raté l’égalisation en toute fin de match par un tir qui s’est écrasé sur le montant.
Du coup Casillas est allé remercier le poteau comme si c’était un défenseur, un humain.
Epoustouflante fin de match alors que l’on commençait à s’ennuyer.
Eliminé de la Champions League par l’Atletico Madrid - leader de la Liga- Barcelone traverse une mauvaise passe, d’autant plus qu’en face C. Ronaldo, blessé, ne jouait pas. Le Real sans Ronaldo c’est comme le PSG sans Ibrahimovic, bien que le Real possède d’autre F1 du football, à l’image de Gareth Bale qui a marqué un but dans sa position favorite, celle d’un latéral qui procède par contre.
Le Gallois, sur le côté gauche, est parti de son camp pour aller marquer tout seul.
Il a réalisé un grand pont sur Marc Bartra, en sortant complétement du terrain- lui et pas le ballon- avant de s’infiltrer dans la surface, en se positionnant idéalement en pleine course pour tromper le gardien Catalan Pinto d’un pointu du gauche. Une action grandiose digne des plus grands ailiers de l’Histoire. Le Gallois dégage énormément de puissance. C’est un athlète très impressionnant. Il a l’air indestructible.
Sa course hors du terrain est sublime. Les lois sont magnifiques: le joueur peut sortir des limites du terrain mais pas le ballon. Fallait y penser. Images spectaculaires. Bale démontre que sa valeur de 90 M€ n’est pas une folie financière. Finalement Gale est au-dessus du commun des mortels. A la fin du match, C. Ronaldo est venu l’embrasser, genre merci de m’offrir ce trophée. Merci pour l’interim. CR7 est vraiment grand, aucune jalousie, que de la reconnaissance. Tout heureux de la victoire des siens, C. Ronaldo, en costard-casquette, a couru sur la pelouse, s’est frayé un chemin, pour saluer Bale. Le héros du clasico.
Dans le camp d’en face, Messi a joué sur les rotules, sans force et sans inspiration.
L’Argentin a été absent des débats. Il a illustré la mauvaise saison du Barça..

PS: en France, Guingamp s’est qualifié pour la finale de la Coupe de France, en éliminant Monaco…

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Man City laisse la voie libre à Liverpool et Arsenal reste 4e sans jouer
17.04.14 @ 00:48:46, Catégories: ARSENAL N'EST PAS EN FRANCE, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT, 243 mots   French (FR)

Mercredi 16 avril 2014
Manchester City 2 - 2 Sunderland
Buts pour les Citizens: Fernandinho (2e), Nasri (88e)
Buts pour Sunderland: Wickham (73e), (83e)

Everton 2 - 3 Crystal Palace
Buts pour Everton: Naismith (61e), Mirallas (86e)
Buts pour les visiteurs: Puncheon (23e), Dann (49e), Jérôme (73e)

Classement:
1 Liverpool 77 pts 34 matchs/ 24 5 5/ 93 42/ + 51
2 Chelsea 75 34/ 23 6 5/ 66 24/ + 42
3 Manchester City 71 33/ 22 5 6/ 88 34/ + 54
4 Arsenal 67 34/ 20 7 7/ 59 41/ + 18
5 Everton 66 34/ 19 9 6/ 55 34/ + 21

Le championnat anglais 2014 s’est certainement joué ce 16 avril lors du match en retard City-Sunderland.
Alors qu’il venait d’égaliser, Nasri a raté le K.O. définitif quelques secondes après en tirant au-dessus de la cage quand une simple pichenette à droite ou a gauche du gardien aurait suffi. Mauvais choix mais tout va si vite. Le partage des points à domicile contre le dernier du classement met désormais City à six points de Liverpool qui n’a plus qu’un match d’avance sur les Citizens.
Le 27 avril, Liverpool - Chelsea nous renseignera encore davantage sur le prochain champion d’Angleterre. Les Reds sont on ne peut mieux placés.
Pour la 4e place très importante pour la C1 2015, le faux pas d’Everton fait un bien fou à Arsenal ! La défaite à domicile d’Everton est une très bonne nouvelle pour les Gunners.
Arsène Wenger est en passe de jouer la C1 2015 et de remporter la FA Cup 2014.
Il est temps de chasser la poisse.
Pendant ce temps, Man United boucle sa saison de club de ventre mou. Dure réalité pour un club habitué à jouer les premiers rôles.

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Courbet ou la peinture à l’oeil, de Jean-Luc Marion (Flammarion)
16.04.14 @ 15:00:47, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER, 413 mots   French (FR)

Connaissez-vous Jean-Luc Marion ? Non, il est pourtant académicien français. De fait, il siège sous la Coupole- selon l’expression- depuis 2008 au fauteuil de Monseigneur Lustiger dont il fut le collaborateur. Né en 1946, Jean-Luc Marion est spécialiste de Descartes et de phénoménologie. Il existe donc des écrivains qui ne vont pas faire le gugusse à la télévision. « Etre un œil veut donc dire que Courbet parvenait à peindre ce qu’il voyait, avant de savoir de quel objet il s’agissait éventuellement, qu’il parvenait à rendre l’apparition sans la pré-voir, sans la pré-concevoir, bref à la rendre comme elle se donne. »
Ce n’est pas étonnant que Cézanne aimait la peinture de Courbet car le peintre de la Montagne Sainte Victoire voyait les choses et les paysages d’abord sous forme de volumes. Jean-Luc Marion ouvre son livre en soulignant les paradoxes de Courbet, « socialiste autoproclamé qui n’a jamais peint le monde ouvrier ». Les peintres n’ont font qu’à leur tête. Picasso a peint Guernica mais il n’a pas pris les armes pour chasser les ennemis de la liberté. Lui, son arme c’était les pinceaux. Reproche-t-on a Bonnard de ne pas avoir peint des tableaux sur la Grande Guerre ? L’important pour un peintre, c’est la peinture, et non pas de sauver le monde.
Ce qui me frappe chez Courbet c’est qu’il a peint des scènes sans intérêt, genre Cerf courant uniquement pour dire : « Vous voyez, moi aussi je sais le faire ça. » Un peu un Lautréamont de la peinture, auteur à la fois des Chants de Maldoror et des Poésies. Le conventionnel et l’avant-garde révolutionnaire. Courbet regarde et ne montre jamais !
Tout l’ouvrage nous démontre que Courbet n’est pas tombé dans la banale commercialisation de son art et qu’il peignait gratis donc à l’œil… je veux dire sans aide étatique. Et peindre à l’œil cela signifie aussi qu’il se méfiait des interprétations. Voir ce qu’il voyait lui suffisait amplement. Cet ouvrage devrait accompagner les novices qui vont visiter les expositions et les musées comme s’il s’agissait d’aller aux spectacles vivants. Pour voir la peinture, il faut le troisième œil. Sinon on ne voit pas plus les tableaux de Courbet qu’un coucher de soleil.

-Courbet ou la peinture à l’oeil
de Jean-Luc Marion
Flammarion, 228 p., 23 €

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L'adieu aux Aiglons Rémy Fronzoni et André Boragno
16.04.14 @ 00:06:40, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR, 575 mots   French (FR)

Vous me permettrez d’y voir un signe.
Au moment où deux Aiglons viennent de rejoindre le ciel, comme on dit, les instances de football veulent interdire l’envol de l’Aigle de Nice qui descend des cieux pour venir se poser sur la pelouse du stade.
C’est vraiment ignorer la grandeur du symbole, celui du courage et de la puissance. D’abord Nice est associé à l’Aigle comme Paris à l’Arc-de-triomphe. Ensuite, l’Aigle, qui vient d’en haut pour nous rejoindre sur la pelouse, incarne tous les Aiglons disparus qui descendent du ciel pour venir jouer avec nous.
Ainsi quand je vois l’aigle tournoyer dans l’Allianz Arena, je pense à Chorda, Rodzick, Isnard, Cauvin, Poitevin, Nurenberg, Lamia…
Il faut rappeler que selon la légende, l’Aigle, l’oiseau-roi, est le seul à pouvoir regarder le soleil en face.
Depuis le début du printemps, nous venons de perdre eux Aiglons.

Le Niçois Rémy Fronzoni, ancien demi défensif des Aiglons de 1952 à 1958, est mort à l’âge de 84 ans.
Le Nissart a disputé une centaine de matchs de championnat avec le Gym, devenant champion de France D1 1956. Il a fait aussi partie de l’aventure de la conquête de la Coupe de France 1954 sans jouer la finale.
Rémy Fronzoni a joué six saisons à l’OGC Nice, le club de sa ville natale qu’il aimait tant.
Sobre et consciencieux, il avait la particularité de faire passer la vie du groupe avant sa propre carrière. A l’époque, on ne pouvait pas remplacer les joueurs pendant un match. Aujourd’hui, 14 joueurs sont concernés lors d’un match. Jadis, seulement onze. D’où le grand sens du collectif dans la personnalité de Rémy Fronzoni.

Appartenant lui aussi au domaine défensif de l’Histoire de l’OGCNice, cette fois de 1958 à 1964, André Boragno est mort à l’âge de 78 ans.
Originaire de La Londe, dans le Var), le défenseur a fait l’essentiel de sa carrière au Ray, en première division. Pouvant jouer au milieu de terrain, il a pris sa véritable dimension dans la défense centrale de l’OGC Nice qu’il défendait avec une ardeur jamais prise en défaut. Son caractère de rassembleur l’a amené à devenir capitaine de sa formation tant il était dévoué à ses partenaires.
Après 250 matchs en professionnel -à Nice, Stade Français et Toulou- Boragno a fait la jonction avec la nouvelle génération d’Aiglons, celle de Maurice Serrus, Francis Isnard, Guy Cauvin et Charly Loubet.
La première fois que je suis allé au Ray, si je me souviens bien c’était un match en nocturne, il Y avait dans l’équipe, “Dédé” Boragno avec son brassard blanc, Cornu, Rustichelli et dans la cage, Garofalo.
Boragno m’impressionna car il avait une grande activité, régnant dans la défense.
D’habitude c’est moi qui jouait au ballon. Cela m’a marqué définitivement. Je pensais que seuls les enfants jouaient au football. Là je voyais des adultes. Jamais je n’ai oublié cette particularité. Les joueurs avaient des maillots rouge et noir. Sans publicité. Sans nom de joueur. Sans logo de sponsor. Ils ne portaient qu’un numéro dans le dos, de 1 à 11. A cette époque-là, il fallait vraiment aimer le football pour s’y intéresser et surtout le pratiquer.
Si le football est devenu le sport numéro dans le monde c’est notamment grâce à Rémy Fronzoni, à André Boragno et à leurs amis. Je déteste l’ingratitude.

[Post dédié à Maurice Serrus]

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