Catégorie: DES POCHES DANS LES MAINS

23.03.16

Les poches dans les mains: Barbey d'Aurevilly (GFlammarion), Le goût de l'humour, Le goût de la Liberté (Mercure de France), Jean-Pierre Guéno et l'exode de 1940, L'Utopie (Librio), S. Tesson (Folio), Thomas More, Tocqueville...

*Barbey d’Aurevilly journaliste, articles et chroniques. Choix et présentation de Pierre Glaudes (GF Flammarion, 434 p., 12,34 €)).
Le bretteur insatiable se plaignait déjà du bavardage inutile au détriment d’un véritable pluralisme de l’information. On peut s’y délecter d’un hommage tambour-battant à Zola, à la parution de L’Assommoir, en 1877 : « Il y a des amis qui ne croient peut-être pas en Dieu, mais qui croit en lui ». Remarquable anthologie de textes toniques. Les saines colères du grand polémiste n’ont pas vieilli, elles sont même d’actualité.

*Le goût de l’humour, textes choisis et présentés par Franck Médioni, Mercure de France, 140 p., 8 €
Ils sont tous là, d’Alphonse Allais à Woody Allen, en passant par Desproges, Dutronc et même Flaubert et bien sûr l’inévitable Jean Yanne. Inattendu : « Pourquoi n’aimerait-on pas sa femme ? On aime bien celle des autres.» Guitry ? Non, Alexandre Dumas. Totalement inconnu : Henry Yougmann : « Mon meilleur ami est parti avec ma femme. Il me manque. » Devos : « Il a l’esprit de famille. Le drame c’est que sa famille n’a pas d’esprit ». Le grand Feydeau est bien présent : « Elle est très bien, vu de dot. » Marguerite Yourcenar n’était pas avare de bons mots alors qu’on ne s’y attendait pas : « Rien de plus sale que l’amour-propre. » Qui a dit : « Ce qui excuse Dieu c’est qu’il n’existe pas. » Jules Renard ? Niet ! Gustave Flaubert !

*Le goût de la Liberté,textes choisis et présentés par Giorgia Makhlouf. Mercure de France, 140 p., 8 €
Avec des textes capitaux d’Epictète, Rousseau, Montesquieu, Hugo, Dostoïevski, Camus, Césaire, Gibran et Laferrière nous nous rafraîchissons la mémoire au contact de l’intelligence. Le plus beau de tous est à mes yeux le discours de Camus lors de la remise du prix Nobel de Littérature 1957 en Suède. Ce jour-là, il certifie que le rôle de l’écrivain n’est pas de se mettre au service de ceux qui font l’Histoire mais d’être à celui de ceux qui la subissent. On peut lire aussi Lettres à la France, de Jeanne d’Arc à Abd Al Malik, 47 textes recueillis et présentés par Vincent Duclert. (Le Livre de Poche, 190 p., 3 €)

*Paroles d’exode, mai-juin 1940, Jean-Pierre Guéno (Librio, 125 p., 3 €)
Des lettres et témoignages des Français sur les routes. Des récits authentiques qui nous rendent humbles. Il y a 75 ans, 9 millions de concitoyens erraient sur les routes du “pays des Droits de l’Homme". Au-dessus, les avions les prenaient pour cibles. “La terre est un grand village dont il est grand temps de partager les richesses” dit l’auteur qui a le cœur sur la main.

*Berezina, Sylvain Tesson (Folio, 205 p., 7,10 €)
Avec Cédric Gras (L’hiver aux trousses, Folio, 267 p., 7,70 €), Sylvain Tesson a refait le parcours de la Grande Armée napoléonienne. 4 000 km en side-car. Pas un simple guide touristique. Tesson est un écrivain qui sait faire tinter le langage. Ce n’est pas un auteur qui vend un sujet. Il est très bon à l’écrit ce qui nous changent des aventuriers qui au retour font écrire leur mauvais livre par un professionnel de la profession.

*Thomas More, Marie-Claire Phélippeau (Folio/ Biographies, 270 p., 8,70 €)
Le célébrissime auteur de L’Utopie (1510) a été exécuté a 57 ans car il combattait sans relâche la tolérance et la justice sociale. Epris de littérature, il excellait dans les mots d’esprits qu’il fit jusqu’à l’échafaud où il dit: “Merci de m’aider à monter. Pour la descente, je me débrouillerai tout seul".

*L’Utopie, Thomas More, traduit de l’anglais par Victor Stouvenel. Préface de Claude Mazauric. Revu et annoté par Marcelle Bottigeli (Librio, 128 p., 2 €)
“Malheur au pays où l’avarice et les affections privées siègent sur le banc des magistrats", tel est l’une des alertes de More, un rebelle qui ne gênait pas pour clamer des vérités pas bonne à entendre. Toute sa vie, il lutta contre la corruption, se mettant à dos les corrupteurs et les corrompus. Il se battait pour une République exemplaire. Cela lui coûta la vie !

*Tocqueville, Brigitte Krulic (Folio/ Biographies)
Le flamboyant démocrate ne supportait pas que les politiciens mettent leur nez dans les affaires de la justice. Il disait que si un politicien s’occupe de justice, il va étouffer plein de malversations. A l’inverse, si la justice enquête sur le politique, elle va dénoncer un tas de trafic. On comprend alors qu’il dérangeait les nantis. Sa seule cause était la liberté basée sur la dignité humaine.

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