Catégorie: VAN GOGH FOR EVER

09.06.18

Permalien 18:51:58, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Vive les comédiens ! Cabu. (Michel Lafon)

Quel coup de crayon ! Immense dessinateur, capable de vous croquer tout en vous parlant. Il dessinait dans sa poche sans voir ce qu’il faisait ! Tel était Cabu que la cruauté nous a volé. Hara Kiri, ce n’est pas le journal qui est «bête et méchant». Dans cet album on retrouve Darry Cowl, Jean Le Poulain, Michel Serrault, mais aussi Antonin Artaud, Antoine Vitez et Louis Jouvet. Tous sublimement présentés, pris sur le vif.
Beaucoup de boulevard et de Comédie française. L’important reste les dessins de Cabu qui sont plein de vie. Il avait vraiment un très grand talent pour croquer des gens qu’il ne connaissait pas au plan privé. Exemple, Antoine Vitez. Mieux qu’une photo. On retrouve avec plaisir l’immense metteur en scène dont la mort a rendu la scène française désertique. Il est en compagnie d’Antonin Artaud et autres monuments du théâtre français.
Je ne me lasse pas de (re)voir François Périer, Bernard Lavalette (toujours parmi nous, heureusement !), Jacques Fabri, François Chaumette, Georges Descrières, Daniel Ceccaldi, Paul Meurisse, Depardieu jeune mais aussi Balladur, Mitterrand, bref les Guignols de l’info. Cabu est le Daumier du XXe siècle mais en plus tendre. Même quand il plaisante sur Delon et Sardou, il les taquine comme un gamin tire la queue du chat.
Cabu a les deux facettes - mélancolique et joyeuse- comme Charles Trenet qu’il aimait tant : dur avec les idiots, tendres avec les poètes. Quand il célèbre les acteurs, on sait qu’il retient l’éphémère, ce que nous sommes tous. Avec le jeu de mot en plus. Le pacifiste est mort tué par balles. Cela ressemble à un cauchemar mais hélas ! c’est la réalité. La France est moins intelligente sans Cabu qui dessine. Les tartiniers nous fatiguent. Un croquis vaut mieux qu’un long discours.
Cabu avait toujours des gâteaux secs au fond de son sac. Le goûter. Enfance éternelle.

-Vive les comédiens ! Cabu. Préface Eric Ruf. Avant-propos Véronique Cabut. Michel Lafon, 145 p., 19, 95 €

Exposition Cabu, Vive les comédiens !, Comédie-Française, Place Colette, Paris. Jusqu’au 25 juillet 2018.
Une sélection de dessins de Cabu. Maison Jean Vilar, Avignon. Jusqu’au 15 décembre 2018.

07.06.18

Permalien 10:30:49, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Deux albums indispensables sur l'amitié: Picasso & Cocteau, et Gide-Malraux (Gallimard)

Voici deux ouvrages que tous les amoureux de l’esprit doivent se procurer de toute urgence. Les deux livres sont édités par Gallimard. On doit s’en féliciter. Le petit-fils honore la mémoire de son grand-père avec la publication de ces sarcophages littéraires qui contiennent deux grandes amitiés : Gide-Malraux et Picasso-Cocteau. Jadis, seuls les vrais artistes s’exprimaient. De nos jours, il suffit d’être au centre d’un fait divers ou d’une émission débile pour avoir droit à son bouquin aussi vide qu’un ballon de football ! Il y a vol sur la marchandise. Que de livres ! Et si peu de littérature.
Gide et Malraux étaient écrivains comme on nait blanc ou noir, blond ou brun, grand ou petit. Avec une splendide maquette, sans rien de clinquant, l’album Gide-Malraux est une malle aux trésors: on y trouve des photographies, des reproductions de documents, de la correspondance… Le mot correspondance dans tous les sens du terme : lettres et ce qui les rapprochait, ce qui leur correspondait. Lutte contre le totalitarisme, de droite ou de gauche. Hymne à l’intelligence et donc haine de la bêtise. De nos jours, on donne la parole à Trucmuche pour se donner l’illusion démocratique. Cependant cela ne vole pas haut. Je préférais entendre les erreurs de Sartre que les âneries proférées par la gente médiatique contemporaine. Ma France c’est celle de Gide et Malraux et non pas celle du Rap de caniveau et de la télé réalité. Je recherche ce qui m’améliore. Le rock, la pop, le rythm’n blues, protest-song, le blues, tout ça a un sens autant finir dans un clip avec de grosses chaînes en or au cou, entourés de bimbos cela fait juste rire. Le mot “chaînes"- au pluriel en plus-est terrible en plus. Hendrix, Dylan, Brown oui. Le vacarme vide, non. Il ne suffit pas de naître à Sarcelles pour être Mandela. Tous les Américains ne s’appellent pas Lincoln.
Le livre consacré à Picasso-Cocteau, d’un format plus petit est lui aussi plein d’émotion et d’amour partagés. Jean Cocteau savait que Picasso était un peintre génial. Il tenait le rôle du fan. Cela ne le dérangeait pas car plein de gens le regardaient lui aussi avec admiration. Ses lettres à Picasso sont envoyées sur un rythme soutenu. On dirait qu’il noircit des SMS avant l’heure. Il signe avec un cœur. Embrasse toujours. Dit qu’il aime Picasso sans cesse. C’est beau. C’est grand. C’est généreux. L’ensemble est garni de cartes postales, cerises sur le gâteau. On feuillette, on regarde ces élans du cœur des années 10, 20, 30, 40, 50 et 60. Cinquante ans d’amourtié, pour utiliser un mot qui n’existe pas.
Dupe de rien ni de personne, Cocteau a écrit des textes majeurs sur Picasso. Ils sont présents à partir de la page 405. Quand il s’adresse à son ami, Cocteau a la spontanéité de l’enfance sacrée mais lorsqu’il écrit sur son ami, il est sans pitié et d’une justesse jamais rencontrée, à part la sienne. De Picasso, il dit qu’il est «l’anti-intellectuel». Picasso créé comme on fait des jeux de cubes à la maternelle. Plus loin : «Picasso est misogyne». Là nous sommes dans une prose époustouflante : «Picasso ne couche pas avec les hommes, voilà tout- mais il est évident qu’il les préfère aux femmes et que les malheureuses avec lesquelles il se met en ménage doivent payer …» Cela fait mal et rien ici n’est une apologie à l’homosexualité. C’est un portrait au rayon laser du troisième œil de Jean Cocteau. Et que dire de : «Picasso, le grand masturbateur». En quelques lignes, le poète nous dit : quand Picasso procrée, il fait des enfants, mais quand il créé, il fait des tableaux. Vous saisissez la différence ? Pour Cocteau, son ami, pinceau à la main, ne fait jamais l’amour avec ses modèles mais pratique l’onanisme. Selon Cocteau, Picasso oblige les autres à partager sa jouissance solitaire, sur la toile, qu’il refuse de vivre avec eux dans la vie. Voilà qui dépasse toutes les thèses et autres gloses illisibles sur Picasso.

-Correspondance 1915-1963. Picasso & Cocteau. Edition de Pierre Caizergues et Ioannis Kontaxaopoulos. Gallimard/ Musée National Picasso-Paris, 366 p., 35 €

-André Gide et André Malraux. L’amitié à l’œuvre 1922-1951, Jean-Pierre Prévost. Avant-propos de Peter Schnyder. Avec la collaboration d’Alban Cerisier. Gallimard/ Fondation Catherine Gide, 247 p., 35 €

PS: Gallimard a désormais une galerie. 30/32 Rue de l’Université, 75015 Paris. Vous pouvez y aller les yeux fermés. Vous ne serez pas déçus.
www.galeriegallimard.com

12.01.18

Le Dictionnaire du grandiose Winston Churchill, par Antoine Capet (Perrin)

Ce pavé contient la vie d’une des plus grandes personnalités du XXe siècle, et même de l’Humanité. La couverture dévoile une multitude de Winston Churchill et c’est très bien vu car l’homme avait de multiples talents, en premier lieu celui d’être un bon vivant. Il aimait manger, boire et fumer. Sans parler du reste.
A la fois militaire, politicien, peintre et écrivain. Figurez-vous qu’il a eu le prix Nobel de littérature en 1953… à son plus grand mécontentement car il voulait le prix Nobel de la Paix ! A juste titre. L’homme qui trinquait avec Staline et Roosevelt n’a jamais vu Hitler qu’il vomissait. «Je ne hais personne, sauf Hitler», disait-il. S’il a fait tuer des marins français à Mers el-Kébir c’est pour éviter que Vichy donne la marine française aux nazis. De Gaulle l’avait bien compris.
Les points forts de sa vie… Naissance le 30 novembre 1874. Député de Manchester, 1905. Ministre du commerce, 1908. Commence à peindre, 1915. Premier ministre, 1940. Rencontre De Gaulle, 9 juin 1940. Churchill fournit un avion à De Gaulle pour qu’il vienne à Londres. Fait bombarder la marine française à Mers el-Kébir, 3 juillet 1940. Meurt le 24 janvier 1965.
On raconte que Churchill a dit : «No Sport !», pour expliquer sa longévité mais il a pratiqué le polo, le golf, le hoquet, la natation… Il fut aussi un incorrigible joueur au casino. Il adorait autant voyager que rester devant son chevalet. Il a beaucoup écrit jusqu’au moment où il a signé des textes qu’il n’avait pas écrits. On l’a dit alcoolique, non sans raison. Il buvait autant de thé que de champagne. Il a fumé 200 000 cigares, détestant la pipe et les cigarettes.
Le magistral dictionnaire que lui consacre Antoine Capet se lit avec délectation. On ne s’engage pas dans une biographie de Churchill comme dans celle d’Hitler. Avec l’Anglais, on passe des moments délicieux qui scintillent d’intelligence. On est fier d’être un humain. Churchill a tout fait pour que l’Angleterre ne s’agenouille pas devant Hitler et il a réussi ! Pendant ce temps, Pétain serrait la main à l’Allemagne de la pire époque. Père à multiples reprises, Churchill a dévoré la vie. Il n’a pas été qu’un grand guerrier. Un artiste dans toute sa splendeur.
Winston Churchill a été un acteur dans la vie qui ne l’a pas toujours épargnée. Il aurait pu être un acteur phénoménal tant sa présence crève l’écran grâce à son charisme. De la dimension d’un Orson Welles. Eternelle reconnaissance. Nous sommes libres grâce à lui.

-Winston Churchill : le Dictionnaire, Antoine Capet. Préface Randolph Churchill. Avant-propos, François Kersaudy. Perrin, 862 p., 29 €

31.12.17

Les derniers livres de 2017 : les livres de Daraya, les chiffonniers de Paris, la bibliothèque idéale des philosophes antiques, la décadence fin de siècle, les couples célèbres, Paris secret et la Normandie comme ils l’ont aimée.

-Les Passeurs de livres de Daraya, Delphine Minoui. Seuil, 160 p. , 16 €
De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya, a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre ans de descente aux enfers, avec bombardements, attaques au gaz chimique, soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari d’exhumer des milliers de livres ensevelis sous les ruines pour faire une bibliothèque sous la forme d’une société secrète calfeutrée dans un sous-sol de la ville. Souvent ses livres ont été lus par des morts. La résistance par les livres est un refus absolu de toutes les dominations, politiques et religieuses. C’est la 3e voix, entre Damas et Daech. La journaliste Delphine Minoui a correspondu pas Skype avec les activistes insoumis. Un bel hymne à la liberté individuelle, à la tolérance, et au pouvoir magique de la littérature. Philippe Soupault m’a dit qu’en prison à Tunis dans la prison contrôlée par les Vichystes, il était libre car il s’évadait par l’esprit. Mais des Soupault, il y en a un par siècle.

-Les chiffonniers de Paris, Antoine Compagnon. Gallimard, 512 p ., 32 €
Antoine Compagnon est un essayiste qui rend vivant les écrivains de jadis, aussi bien Montaigne que Baudelaire. A présent, on a l’impression de marcher dans Paris avec les chiffonniers d’autrefois, les ancêtres d’Emmaüs, du recyclage. En 1842, on ramassait déjà les vieux chiffons pour faire du papier ! La capitale en comptait 6 000. Vers 1883, Eugène Poubelle inventa le ramassage des ordures. Un bienfait pour l’hygiène. Il faut un début à tout. Les chiffonniers ramassaient aussi les animaux morts et parfois tuaient des chats pour les manger. L’ouvrage comporte de nombreuses illustrations qui font de l’ensemble un des plus intéressants livres de 2017.

-Bibliothèque idéale des philosophes antiques. De Pythagore à Boèce. Jean-Louis Poirier, Les Belles Lettres, 688 p., 29, 50€
Livre haut de gamme pour lecteurs exigeants. Rien ne vous échappera plus sur l’Antiquité, grecque et romaine. Les philosophes anciens aident à comprendre le monde moderne car sur l’essentielle de l’âme humaine rien ne change. Pythagore ? Né à Samos vers 580 av. J-C, mort vers 495. C’est lui qui aurait inventé les nombres. Parménide, Thucydide, Platon, Aristote, Cicéron, Sénèque, Plutarque, Plotin et Augustin, ils sont tous là. Sans oublier Empédocle qui déposa ses sandales au bord de l’Etna avant de s’y jeter… comme quoi la philosophie s’est aussi un pansement sur une jambe de bois. Je préfère la poésie. Elle allège plus le poids du monde. Quand je vois «Philosophe» en incrustation sous le visage d’un beau parleur, je change de chaîne, et fissa !

-Décadence fin de siècle, Michel Winock. Gallimard, 288 p., 23 €
Dans ce livre, on apprend que Maurice Barrès voulait que l’on taxât de 10 % le salaire de tous les étrangers. Aujourd’hui, il appellerait à voter F.N. Les surréalistes avaient bien vu de lui régler son compte dans un procès fictif qui est devenu historique. Beaucoup d’écrivains, et les plus grands (Huysmans, Bloy, Mallarmé…) ne voient rien de bon dans la société industrielle qui s’annonce à la fin du XIXe siècle. Ils parlent de décadence. L’antisémite Edouard Drumont déverse sa haine sur les Juifs qu’il accuse de nuire à la France. Plus personne ne songe à Voltaire qui voulait que l’on condamnât les gens pour ce qu’ils font et jamais pour ce qu’ils sont. La bêtise fait plus recette que l’intelligence, hélas !

-Les couples illustres de l’Histoire de France, Lorraine de Meaux et Patrice Gueniffey. Perrin, 464 p., 21 €
On trouve Louis XIV et Mme de Maintenon aussi bien que Napoléon et Joséphine, Benjamin Constant et Mme de Staël que Abélard et Héloïse, Sartre et Beauvoir que Cocteau et Marais, les Pompidou sont aussi en bonne place. On n’échappe pas à Colette avec Henry de Jouvenel puis avec Bertrand, le fils d’Henry…D’aucuns apprendront que Louis Aragon a cru que sa mère était sa sœur… On apprend qu’Elsa Triolet était stérile. C’est ainsi que nous pénétrons l’intimité de l’intimité. Ce livre est un journal à scandales de haute volée. Un Voici pour hypokhâgne.

-Paris secret, Michel Dansel. Robert Laffont, Bouquins, 1000 p., 30 €
Superbe guide pour découvrir un Paris qui ne ressemble pas à celui des touristes conventionnels. Michel Dansel fait découvrir que les meilleurs guides ne mentionnent pas. Paris, ville des Lumières. Ici, on voit l’envers du décor.

-La Normandie comme ils l’ont aimée, Collectif. Omnibus ; 190 p., 29, 50 €
Ballade onirique sur le réel absolu de la Normandie, avec Blondin, Proust, Monet et Seurat. Loin des cartes postales traditionnelles, les visons des poètes et peintres- souvent les deux réunis- nous font voir l’indicible.

21.12.17

Quelques albums pour les fêtes : Churchill (Tallandier), Mythologies en peinture (Larousse), Voitures de légendes (Larousse), BD Jack London (Le Lombard), Degas et Gauguin (Larousse), BD Vian (Grasset)

-Moi, Winston Churchill, Beatrix de L’Aulnoit. Tallandier, 190 p., 34 €
«L’un des problèmes de notre société, c’est que les gens ne veulent pas être utiles, mais importants.» Tout est dit et plus que très bien dit. Ce trait de plume de Winston Churchill fait encore plus aimer ce personnage considérable du XXe siècle. On lui prête le mot «No Sports» pour expliquer sa longévité alors qu’il fut un grand pratiquant : à 18 ans, champion d’escrime inter collèges. Chasseur, il pratiquait le fusil à deux coups. Marcheur, il fit de nombreuses randonnées. Il pêchait le saumon, pratiquait le golfe et la natation. L’équitation était l’une de ses passions. Il jouait aussi au polo ! Quand on lui a demandé de couper le budget des arts pour l’effort de guerre il a répondu : «Alors pourquoi nous battons-nous ?» C’est lui qui a ordonné le bombardement de Mers el-Kébir sur la marine française (1300 morts) : «La plus pénible et la plus odieuse décision que j’ai eue à prendre». L’humour du grand homme fait toujours mouche : «Les chiens vous regardent avec vénération. Les chats vous toisent tous avec dédain. Il n’y a que les cochons qui vous considèrent comme leur égaux». Cet album a une iconographie haut de gamme. Churchill jaillit des pages. On en redemande. Des petits marquis de Paris osent le rabaisser au rang d’alcoolique.

-La Mythologie expliquée par la peinture, Gérard Denizeau. Larousse, 224 p., 25 €
Très belle idée d’album, très bien réalisé. On est content de retrouver Sisyphe (Le Titien), Prométhée (Gustave Moreau), Les Trois Grâces (Raphaël), L’Ile aux morts ( Arnold Böcklin). L’auteur déchiffre chaque chef d’œuvre pour nous éclairer complétement. Tous les grands thèmes sont abordés. C’est simple et grand. Une totale réussite.

-Voitures rétro de légende, Collectif. Larousse, 320 p., 34,90 €
Quatre rédacteurs (Martin Gordon, David Long, Andrew Noakes et Chris Quiller-Rees) et un responsable éditorial (Gilles Chapman), ont confectionné une anthologie des plus agréables. Il y a même un index qui permet de trouver instantanément les marques et les modèles qui nous intéressent plus précisément. Des années 1940 aux années 1980, il ne manque aucun bolide. En tout 250 voitures ! Berlines britanniques, Fiat, Mini Cooper, Chevrolet, Volvo, Jaguar, Cadillac, Lancia, Dodge, Mercedes, BMW, Ferrari, sans oublier Renault, ni Porsche et Corvette.

-Jack London. Arriver à bon port ou sombrer en essayant. Scénario et dessins de Koza. Le Lombar, 160 p., 19,99 €
Avec des couleurs de Maya Mihindou, la BD est d’une très grande classe. Nous voyons l’auteur de Croc-Blanc partir faire un tour du monde sur un sublime voilier, le Snark. Lors de ce voyage, l’écrivain écrit précisément Martin Eden. C’est mieux qu’un livre de photos ou un film. London avait un physique de cinéma. Il était socialiste quand cela voulait quelque chose.

-Edgar Degas, Gérard Denizeau. Larousse, 128 p., 12,90 €
Le peintre, impressionniste atypique, refusa le téléphone : «Si vous répondez quand on sonne c’est que vous êtes une boniche». Ses danseuses sont historiques. On s’y croit. Ses toiles ne nous écrasent mais nous invitent à la contemplation. Du caractère et une infinie douceur.

-Paul Gauguin, Laure-Caroline Semmer. Larousse, 128 p., 12,90 €
Précurseur de l’art moderne, Gauguin nous permet de retrouver van Gogh à Arles (1888), Tahiti (1891), la terrible syphilis (1895), les Marquise(1901) et la mort du peintre (1903). Il disait : «Il n’y a pas de femmes nues, il n’y a que des femmes déshabillées». Né le 7 juin 1848, Gauguin a décidé de se consacrer à la peinture en 1882. Grande décision, pour lui et pour nous.

-Valse de Noël, Boris Vian & Nathalie Choux. Grasset jeunesse, 32 p. ? 18, 90 €
Cette valse remonte à 1955. Elle était dans un tiroir où dormait une farandole avec des travailleurs, des clochards et des soldats. Tout l’album est un appel au pacifisme. L’auteur du Déserteur (1954) n’était pas près de se laisser dominer par des chefs militaires. Ses mots sont comme les notes de sa trompette qu’il appelait «trompinette".

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