Catégorie: CERDANEMENT

20.02.18

Le temps des légendes, Olivier Margot. (JC Lattès)

Belle galerie de champions qui ont marqué leur époque.
Rien que des Français. L’auteur les a tous connus, sauf Marcel Cerdan.
Tous ces sportifs ont redonné espoir aux gens qui sortaient fracassés de la guerre.
On y trouve, avec une immense joie, des cracks dans leur discipline respective : Bobet et Anquetil, deux as du vélo. Mimoun, le gaulliste de la piste et du macadam. Killy, le skieur au physique de Clint Eastwood. Albaladejo, l’ami que l’on voudrait tous avoir. Kopa, le style fait homme.
Une seule femme, une dame : pianiste et athlète, Micheline Ostermeyer.
En bonne place, les frères Boniface, séparés par la mort.
Il y en a d’autres. Tous appartiennent à la voile lactée de Margot qui nous livre de sublimes exercices d’admiration.
De nos jours, les sportifs nous font moins rêver car la télévision les rend faussement populaires. Ce n’est pas parce qu’on les voit à l’écran qu’on les connaît.
Jadis la presse écrite et la radio entretenaient le mystère et développaient l’imaginaire.
On reste persuadé que celle magnifique brochette de sportifs est plus importance qu’une équivalence de politiciens. A part de Gaulle et quelques autres, on les a tous oubliés tandis que les champions de haut parage sont tous dans notre mémoire.
Merci à Olivier Margot de les faire revivre sur le papier rien qu’avec des mots.
Les yeux du journaliste-écrivain voient mieux qu’une caméra.

-Le temps des légendes, Olivier Margot. JC Lattès, 475 p., 23

26.01.18

Permalien 19:22:05, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Coup de poing littéraire: Gueule de fer, Pierre Hanot. (La manufacture de livres)

Le titre de l’ouvrage (Gueule de fer) était le surnom d’Eugène Criqui, champion de France 1912 des poids mouches et soldat pendant la Première Guerre mondiale d’où il est revenu «Gueule cassée».
Apres des débuts sur le ring très réussis, Criqui est mobilisé en 1914. Il rejoint les Poilus qui sont habillés avec un uniforme dérisoire et beaucoup trop voyant pour la guerre. En mars 1915, une balle brise la mâchoire du boxeur.
Donné perdu pour son sport, il est effondré et reprend espoir quand on lui greffe une plaque de fer pour lui consolider le bas du visage. En 1917, il décide de remonter sur le ring et cette force de la nature affichant un mental d’acier devient champion de France des poids plumes et conquiert la ceinture du champion du monde le 2 juin 1923 aux Etats-Unis, à New York. Avant lui, Georges Carpentier avait été le seul français à accomplir un tel exploit : devenir le meilleur pugiliste de la planète.
Le livre de Pierre Hanot est écrit dans une très belle langue verte. Décoré par Georges Clemenceau, le soldat Criqui fut un boxeur extraordinaire qui poursuivait ses combats même s’il se cassait la main pendant le combat en cours. Plutôt souffrir que perdre la face, surtout qu’on l’appelait «Mâchoire d’acier» ou «Gueule de fer . Le récit est agrémenté d’un cahier-photo tout à fait incroyable tant on est surpris par la qualité des clichés de très grande qualité. Toutes les photos sont des documents rarissimes. Il a fallu les trouver ! Ce livre mérite d’être primé tant il tranche avec ceux sur la boxe que l’on a l’habitude de trouver en librairie.

-Gueule de fer, Pierre Hanot. La manufacture de livres, 145 p., 18,90

04.10.17

Permalien 00:22:23, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Un album à la gloire de Jean-Marc Mormeck (Amphora)

D’évidence Jean-Marc Mormeck est le dernier grand boxeur français. Nommé délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-Mer en mars 2016 -titre ronflant mais qui lui va comme un gant…- le sportif de très haut niveau pourrait faire un secrétaire d’Etat des Sports : l’ancien champion du monde WBA et WBC est un grandiose ambassadeur pour le noble art qui fascine tant d’écrivains : du poète Arthur Cravan à Norman Mailer en passant par Hemingway et le résistant Jean Prévost, champion de boxe universitaire. L’album illustré est une suite d’entretiens avec le boxeur qui revient sur sa vie, son œuvre. Page 124, Mormeck se rappelle d’un combat particulier, celui du 10 novembre 2007, à Levallois. Champion du monde, le Guadeloupéen doit affronter David Haye, 26 ans. Ce soir-là, Mormeck touché par un uppercut à la 7e reprise, perd son combat et ses ceintures de champions du monde. Il n’y aura pas de revanche. Le jour de la pesée, alors que d’habitude Mormeck ne craint personne, cette fois il baisse les yeux quand son adversaire le toise. Mormeck avouera avoir eu une baisse de mental au point de ne pas avoir voulu affronter le regard de son vis-à-vis à la présentation. Fuir le regard équivaut à une défaite. C’est ce qui arriva. Voilà un enseignement de la vie.

-Jean-Marc Mormeck. Entretiens avec Eric Coutard. Préface de Jacques Séguéla. Amphora (175 p. , 18,50 €)

21.09.17

Permalien 17:23:52, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Mort de Jake LaMotta, boxeur mythique.

En ce temps-là, la boxe cela voulait dire quelque chose.
Les boxeurs n’étaient pas célèbres pour leurs tatouages mais pour leur façon de boxer.
Il était né le 10 juillet 1922 dans le Bronx à New York, déjà une sacrée adresse.
Jake LaMotta, surnommé The Raging Bull (le Taureau enragé) est mort à 95 ans, le 19 septembre 2017.
Sa vie a été portée à l’écran par Scorsese avec Robert de Niro.
Le 16 juin 1949, il remporta le championnat du monde des poids moyens contre Marcel Cerdan, à la 10e reprise.
La revanche était prévue mais Cerdan est mort dans l’accident d’avion en octobre. Il aurait dû venir en bateau mais Piaf a demandé qu’il fasse plus vite.
LaMotta était un mythe vivant.
Il n’en restait qu’un et c’était lui.

PS: A voir: Question d’honneur: Court métrage 35mm de Richard Aujard, avec Jake LaMotta, Joel, Jean Marie et Eric Cantona, Jean-Claude Bouttier, Franck et Christophe Tiozzo.

30.01.17

Roger Federer sait faire partager l'émotion sportive

Mes cinq sportifs de chevet:

PELE. Il a rendu populaire le football
COPPI. Il a sublimé l’effort physique
ALI. Il a démontré que le sportif était très intelligent
CRUYFF. Il a fait comprendre que le football était un art
FEDERER. Le doux mélange en apesanteur de l’élégance et de la force

En sport, il faut d’abord gagner, sinon cela n’a aucun intérêt.
Il y a sportif et sportif.
Par exemple, un milieu défensif je lui demande d’être efficace, rien de plus.
L’élégance est souvent dans la panoplie des créateurs.
Les footballeurs de grande classe ont une gestuelle synchronisée avec leur technique.
Dans mon top 5, tous étaient beaux à voir jouer.
Trois sont hélas! morts.
Le vélo de Fausto Coppi semblait être son prolongement.
Cruyff ressemblait à un pur sang sauvage.
Pelé avait le fameux centre de gravité très près du sol, comme Maradona et Messi.
Ali dansait sur le ring.
Tous diffusaient un esthétisme.
Cinq stylistes.
Seul, Federer est encore en activité.
Je ne suis pas du tout passéiste. La preuve, j’aime Federer.
Qu’on ne me demande pas d’aimer tous les sportifs interchangeables qu’on nous vend comme des champions.

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