Catégorie: HENDRIXEMENT

28.05.18

Leonard Cohen (S.Simmons) et Graeme Allwright(J. Vassal), deux biographies références

La biographie sur Leonard Cohen est l’une des meilleures du genre. On ne s’y ennuie pas, on apprend beaucoup et elle n’est pas exempte de qualités littéraires. On est content de l’avoir lue même si l’on est lassé à la longue par l’omniprésence de la défonce du chanteur. La came ça conserve d’un certain côté, vu que Leonard Cohen (1934-2016) est mort à 82 ans. On sait que Miles Davis ne buvait pas que de l’eau, etc… N’empêche, je ne me doutais pas un seul instant que le chanteur avait autant ingurgité de saloperies même si son allure cotonneuse prouvait qu’il planait grave !
Auprès de lui, dans sa jeunesse, il a subi l’influence d’Alexandre Trocchi (1925-1984), le romancier italo-écossais, qui a été ce que fut Jacques Vaché auprès d’André Breton. Leonard Cohen était-il bipolaire ? Tous les artistes le sont et parfois même tripolaire ! Et pas besoin d’être un artiste pour être angoissé. Doté d’une sensibilité hors normes et d’un vrai talent d’écriture, le musicien nous contait parfois fleurette. Vous connaissez tous sa chanson phare Suzanne… Au début, la jeune femme qui existe vraiment avait 17 ans et lui 26 ans. Elle était la maîtresse de l’un des amis du chanteur. Cohen a toujours juré les grands dieux qu’il n’a jamais cherché à la séduire mais elle raconte le contraire. Un jour, il a même été très insistant et a elle l’a éconduit énergiquement, préférant la «connexion de l’âme», autrement dit l’amitié. Dépressif, Cohen faisait une surconsommation de médicaments. Psychothérapie ? Non, il n’a jamais voulu passer par là. Il a connu différentes périodes frénétiques : sexe ou/et alcool, bouddhisme… Sa voix vrille le cœur. Peut-on être plus mélancolique ? Précisions: Léo Ferré a prévenu que la mélancolie était un désespoir qui n’avait pas les moyens. Suzanne ? Au début il voulait rendre hommage à Montréal puis il décida de parler d’une femme plutôt que d’une ville. Paul Eluard a fait la même chose, avec Liberté, Liberté chérie… au dernier moment, il a retiré le prénom d’une femme pour le remplacer par Liberté. Et dire que l’on dit que le poète est l’emblème de la liberté, lui le chantre du communisme goulag compris. Vous pouvez lire le livre pour faire un vrai voyage en compagnie du poète. Il méritait plus le Nobel de Littérature que Bob Dylan. Leonard a publié des livres, lui.
En complément de la biographie de Cohen, on doit lire l’ouvrage sur Graeme Allwright signé par Jacques Vassal. Né le 7 novembre 1926, l’auteur-compositeur-interprète est l’un des phares de la chanson française que l’on finit par oublier par qu’il s’acharne à rester discret quand ses confrères font le contraire. On lui doit de splendides adaptations françaises de chansons nord-américaines, à commencer par Suzanne dont il a très bien rendu le double aspect mystique et sensuel. Allwright n’y va pas par quatre chemins : quand il est en osmose avec une chanson et son auteur, il l’a traduit, certain que cela ne sert à rien d’en composer une autre vouloir dans la même veine puisque celle-ci est admirable. Leonard Cohen a dit : «Graeme Alwright a rendu plus acceptables à mes oreilles certaines de mes chansons ». La classe, non ? Allwright, lui-même membre la protest-song, aime l’excellence : Guthrie, Dylan, Brassens… Il est marié à la culture française, au sens propre et figuré puisqu’il a épousé Catherine Dasté, la petite-fille de Jacques Copeau et fille de Jean Dasté.
Allwright est probablement le chanteur qui vit le plus en accord avec ses idées. Outre son répertoire, son univers, c’est un merveilleux trait d’union : il nous a donné Cohen en français et il a donné Brassens en anglais. Le plus français des néo-zélandais a 92 ans. Le grand âge est la récompense de sa sagesse. Il a vécu dix mille vies et la réelle a été- est encore et toujours- la plus importante, à l’inverse de ce que disait André Gide de lu-même.

-I’m your man. La vie de Leonard Cohen, Sylvie Simmons. Traduit de l’anglais par Elisabeth Domergue, Françoise Vella. Sous la direction de Jean-Paul Liégeois. L’Echappée, 512 p., 24 €
-Graeme Allwright par lui-même, Jacques Vassal. Prologue de Jacques Perrin. Sous la direction de Jean-Paul Liégeois. Cherche-Midi, 299 p., 21 €

25.05.18

Permalien 12:35:23, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Lea Occhi, DJ Set révélation

“La vie sans musique est tout simplement une erreur” (Nietzsche)

La techno comme le reste a ses vrais artistes.
En voici, une.

Interview
Comment tu en es venue à la musique ?
Je suis intriguée par la musique électronique depuis mon adolescence. Grâce notamment à mon oncle allemand qui nous faisait écouter ses disques Techno avant le diner de Noël. Puis il y a eu ce concert de Paul Kalkbrenner, mon premier au Zénith. Sans commentaire. Enfin, un week-end à Berlin et mon coup de foudre pour mon homme allemand n’ont fait que confirmer cette fascination effrénée pour la capitale allemande et son état d’esprit. M’orienter vers la musique techno est donc arrivée comme une évidence.

Pourquoi ce nom de scène là ?
Occhi signifie les yeux en Italien. C’est une amie qui m’a proposé ce nom entre le plat et le dessert. Ahah discussion totalement informelle mais au final le nom est resté !

Ta musique d’ailleurs, en trois mots ?
Puissante, rythmée et mentale !

LIRE la suite sur : http://heeboo.fr/mixtape-39-lea-occhi-rituels/

10.05.18

Permalien 07:48:03, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Dictionnaire amoureux des Sixties, Gérard de Cortanze. Plon

Feu Gary Moore

Ceux qui ont connu les années 1960, enfants ou parents, et ceux qui ne les ont pas connues peuvent et même doivent lire le Dictionnaire amoureux des Sixties de Gérard de Cortanze, vaste mosaïque de notre préhistoire moderne, puzzle à reconstruire, belle promenade en avion avec des hublots qui donnent sur la musique, l’air du temps passé dont on se souvient ou que l’on a oublié.
En vrac :
Albert Raisner, Au théâtre ce soir, le carré blanc, Cinq colonnes à la Une, les Cinq dernières minutes («Bon Dieu, mais c’est bien sûr !», le Circuit 24, la mini jupe, B.B., les Rolling Stones, Michel Jazy, la Jaguar Type E, les Beatniks… *
Dans l’univers de l’auteur, il y a beaucoup de télévision. A l’époque, il n’y avait qu’une chaîne, et à côté des divertissements de Guy Lux, on trouvait Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, Max-Pol Fouchet, Claude Santelli, Jean-Marie Drot… Aujourd’hui, les enfants n’ont pas l’équivalent à moins de regarder la 5 ou Arte dès ses 10 ans ce qui serait un exploit.
Gerard de Cortanze remonte le fleuve des Trente glorieuses avec ce qu’il faut de souvenirs personnels et de souvenirs communs. On lit son livre comme l’on regarde les séances diapositives chez son oncle et sa tante.
On a donc vécu tout ça ! Ils ont donc vécus tout ça ! Et aussi, ils ont eu la chance de vivre tout ça…
Il y a aussi les effets boomerangs : en 2018 ne vivons-nous pas les conséquences de la Guerre d’Algérie ? Dans les années 60 tout n’était pas rose, il y avait aussi des épines.

-Dictionnaire amoureux des Sixties, Gérard de Cortanze. Plon, 710 p., 24 €

05.04.18

Permalien 08:33:48, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Charles Trenet illustré par Cabu. Le livre existe, il suffit de le trouver

Cette édition d’articles, chroniques de Charles Trenet, pleine d’humeur salutaire, devait être illustrée par Cabu mais il a été assassiné ! Tuer un pacifiste… Ecoeurant.
En 1993 chez Lieu Commun était sortie une biographie, Monsieur Trenet, signée Richard Cannavo et illustrée par Cabu.
Dans l’édition 2018, Cabu est quasi absent.
Dans celle de 1993, il est hyper présent.
Donc les dessins de Cabu sur Trenet existent. Ils sont magnifiques.
Si vous aimez Trenet et Cabu, il faut l’édition de 2018 et l’édition de 1993.

-La vie qui va, Trenet et Cabu. Edition par Vincent Lisita et Jean-Paul Liégeois. Robert Laffont, 450 p., 23 €

PS: 20 h Foot, CNews (5-4-2018): Neymar, Liverpool, City, Klopp, Iniesta, C. Ronaldo, Maradona, Pasolini, Camus, Marseille…
http://www.cnews.fr/magazines/20h-foot/20h-foot-du-05042018-187448

30.03.18

Permalien 05:18:35, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Nouveau disque de Maître Hendrix: Both Sides of The Sky

Both Sides of The Sky,Experience Hendrix-Legacy/Sony Music, 15,99 €

Un nouveau disque de Jimi Hendrix, 47 après sa mort.
C’est toujours un événement même si une version de sa légende dit que les producteurs avaient tout intérêt que leur poule aux d’or dégage de la surface de la terre pour qu’ils engrangent régulièrement l’argent dont Hendrix ne verra jamais la couleur.
Désormais, après des années de bataille juridique c’est la structure familiale Experience Hendrix LLC qui s’occupe du catalogue.
La discographie du génie - il en était un- est plus importante depuis sa mort que de son vivant. A sa mort, le 18 septembre 1970- funeste jour- il ne comptait que trois albums studio au compteur (1) mais il avait donné d’innombrables concert, comme Johnny Hallyday qui a aidé à le faire connaître sur le vieux continent.
Les concerts du guitariste était le lieu de la création, il faisait des variantes de chaque partition.
Tous ses concerts sont fantastiques. Il n’envoyait jamais la musique comme on se débarrasse d’une sale besogne.
Mort à 27 ans, il a passé sa vie à jouer.
La came ne lui a pas donné un gramme de talent
Both Sides of The Sky est, comme toujours avec les inédits, une occasion de découvrir de nouvelles interprétations de partitions connues. Impossible d’avoir des inédits d’un mort. Treize au total, enregistrées en studio entre janvier 1968 et février 1970.
On peut les écouter bien sûr les yeux fermés.
Ici ou là, des rigolos osent dire qu’un guitariste français actuel joue aussi bien que lui.

(1)Are You Experienced, mai 1967; Bold as Love, décembre 1967; Electric Ladyland, octobre 1968, plus le disque en public Band of Gypsys, mars 1970.

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