Catégorie: GRANDE DAME

20.09.17

Permalien 11:52:59, Catégories: ANTI-FOOTBALL, GRANDE DAME  

L'équipe de France n'était-elle plus le but des joueurs ?

J’ai connu des joueurs qui rêvaient de l’équipe nationale et qui n’ont pas eu l’honneur de porter le maillot international. Je pense à Steve Bruce: je le revois me dire, le soir du sacre de Man United, champion 1993: “Maintenant que je suis champion du pays, il me manque une sélection avec l’équipe d’Angleterre…” Il ne l’aura jamais.
En France, aussi, j’en connais et pas des moindres.
De nos jours, le maillot de l’équipe nationale est devenu moins important que celui du club.
Avant il fallait se faire remarquer en club. Plus besoin, tout le monde voit tout le monde à la télévision.
A présent, les joueurs sont sélectionnés car ils ont signé dans un grand club.
Les deux derniers cas de scandale chez les Bleus nous ramènent à 2010. On nous avait juré que plus jamais…
K. Coman vient d’être condamné pour coups sur son ex compagne. Mis en examen, il a été convoqué chez les Bleus.
Kurzawa a reconnu avoir insulté le sélectionneur dans une soirée privée filmée. Le sélectionneur mis au courant l’a sélectionné quand même pour un match où le joueur a été incapable de faire un bon centre.
Donc, Coman ne s’est pas dit: “Je suis international. Je dois avoir un comportement irréprochable".
Donc, Kurzawa ne pense pas grand bien du sélectionneur alors que ce dernier en fait un titulaire.
On entend dire que les affaires Coman et Kurzawa sont du domaine privée.
Qu’est-ce que cela change ?
La réalité c’est que D. Deschamps n’a pas instauré d’autorité chez les Bleus.
Les joueurs sont des hommes, rien que des hommes ?
Qu’est-ce que ça change ?
Lloris, Mbappé et les autres n’y sont pour rien. Deux pétages de plomb ne doivent pas tout remettre en question.
Le plus étrange c’est que les autorités du football, les plus hautes, ne prennent pas vraiment position. A propos de Kurzawa: “A première vue, la gravité ne me paraît pas exceptionnelle” a déclaré le président de la FFF.
Pendant ce temps, Benzema et Valbuena sont interdits des Bleus.
Et ne parlons pas de Ben Arfa qui a été viré des Bleus et mis en quarantaine au PSG pour rien. Faut-il faire un esclandre pour être apprécié ?

16.09.17

Historique: Visconti et La Callas au micro de Pierre Desgraupes

Attention, grands moments de télévision. Pierre Desgraupes avait invité La Callas et Luchino Visconti, deux maîtres dans leur discipline. Il les laissa parler. Aujourd’hui, les animateurs se prennent pour des stars et ne font que de la communication. Desgraupes était aussi un maître dans sa discipline.

Il y a 40 ans, jour pour jour, Maria Callas a cessé de vivre, hélas !
Je déteste les chanteuses d’opéra. Face à elles, je n’éprouve que de l’ennui.
J’ai envie qu’elles se taisent. Rien que des Castafiore !
L’exception c’est Maria Callas.
Sa voix me touche en plein coeur dès qu’elle ouvre la bouche.
Je parle sa langue.
Je comprends tout ce qu’elle chante. Elles transforment les notes, et les mots en émotion universelle.
Un seul son d’elle et je l’identifie immédiatement.
Elle a tant donné qu’elle est morte jeune, très jeune, trop jeune.
Sur scène, c’est une comédienne alors que les chanteuses d’opéra sont des santons.
Il est incroyable qu’un tel être humain soit mort dans l’indifférence.
Dire que j’aurais pu la connaître et sonner à sa porte.
J’aurais dû y aller. En 1977, j’étais à Paris.
J’ai sonné à d’autres portes, pas à la sienne. C’est une faute. Faute irréparable.
Plus elle chantait, plus elle s’épuisait.
En plus, elle parlait cash dans la presse. Un jour, elle a dit qu’elle avait eu tort de trop se confier aux journalistes.
A Paris, elle a été huée car elle s’est cassée la voix ! Honte à ce public immonde. C’est pour cela que je vais jamais à l’Opéra. Je hais ce public. Comme Camus, je préfère les stades. Au cours d’un match, on ne siffle jamais un blessé.
Sur la Callas, je n’ai pas dit mon dernier mot.
C’est une artiste que je comprends à 100 %.
Je vous conseille d’écouter ses interviews, surtout ceux avec Bernard Gavoty, très bon avec elle mais ignorant avec Miles Davis.
Dans l’émission de Pierre Desgraupes, elle est admirable, comme toujours: intelligente, généreuse, attentive, pleine d’humour, totalement naturelle.
Quand elle est morte, la planète a perdu son bel oiseau.

Vient de paraître:
-Maria Callas, l’Ultime tournée, Robert Sutherland, traduit de l’anglais par Pierre Brévignon. Préface de Tom Wolf. L’Archipel, 368 p, 22 €

25.08.17

Pierre Dac (Cherche Midi), Maurice Garçon (Tempus), Marie Rameau (La ville brûle) et Philippe Henriot (Perrin)

Philippe Henriot incarne ce que la France a de plus détestable, celle capable de se mettre à genoux devant l’occupant, en l’occurrence les nazis. En revanche, Pierre Dac est le Français dans toute sa grandeur: insoumis face à la connerie et plein d’humour. De manière encore plus directe: Henriot fut un collabo et Dac un grand résistant, la voix de la France Libre à Londres avec le général.

Maurice Garçon (1889-1967) fut l’un des plus grands avocats de son temps et son journal vaut le coup pour qui s’intéresse aux années noires de la France, celle de l’occupation, de la collaboration et de la résistance. Alors qu’il était pétainiste, l’avocat vire casaque est devient très critique envers les Vichystes. Farouche opposant aux lois de Vichy, il a de très grandes qualités de portraitistes. Il pense en revue beaucoup de ses contemporains qu’il passe à la moulinette dont Sacha Guitry dont précise qu’il était impuissant. Ce genre d’informations ne passe pas inaperçu. Il aimait écrire, cela se voit, et comme souvent c’est quand il fustige qu’il excelle. Ce journal nous replonge dans notre préhistoire celle sur laquelle Patrick Modiano a beaucoup écrit. Ici tout est écrit en direct, ce n’est pas un roman. Un vrai régal. Une mine d’informations. De l’humeur de partout.
Le gros ouvrage sur Philippe Henriot permet de retrouver l’orateur de la collaboration. Le prof de province a été starifié par la Radio, grand mangeur de micros pour déverser sa haine contre la démocratie. Il éructait, et ne parlait pas. Les gens l’écoutaient, buvaient ses paroles. Pierre Dac un jour lui régla son compte dans une polémique. Le nazi franchouillard prétendit que Dac n’était pas un bon français parce qu’il était Juif. Dac le remit à sa place comme il faut, lui rappelant que des tombes contenaient les siens – dont son frère- «morts pour la France ». Dac fustigea Henriot en prédisant qu’il serait bientôt mort pour Hitler… Bien vu ! Vichy a eu le temps d’organiser des obsèques nationales à l’un des plus grands anti-français de l’Histoire.
A 180° du livre sur Henriot, l’ouvrage de Marie Rameau, Souvenirs, fait un travail de mémoire de très haute importance. On y retrouve des femmes, et rien que des femmes, arrêtées et déportées pour faits de résistance. Claquemurées, humiliées, elles trouvent la force de s’occuper dans de petits travaux pour créer des bijoux. Oui, face à mort qui est partout, elles créent. Le livre nous dévoile ce qu’elles ont fabriqué : broches, bijoux, sacs, dessins, sous-vêtement… Quelques dames présentes dans le livre : Denise Vernay, Violette Maurice, Odette Elina, Denise Lorach, Jeannette L’Herminier, Lise London, Germaine Tillion. Des dames de bonne compagnie.
Et ne pas oublier la nouvelle belle réédition du Parti d’en rire, de l’indémodable Pierre Dac à l’humour indispensable. Avec Francis Blanche, il a ouvert la voie à l’humour décapant qui joue sur les mots de manière toujours hyper intelligente.

-Journal 1939-1945, Maurice Garçon. Tempus. 1092 p., 17 €
-Philippe Henriot, Pierre Brana et Joëlle Dusseau. Perrin, 402 p., 24 €
-Souvenirs, Marie Rameau. La ville brûle, 224 p., 30 €
-Le Parti d’en rire, Pierre Dac. Le Cherche Midi, 154 p., 15,90 €

09.08.17

Permalien 06:37:37, Catégories: GRANDE DAME, PAAVO NURMI & ALAIN MIMOUN  

Betty Cuthbert (1938-2017) est l'unique sprinteuse médaille d'or sur 100, 200 et 400 m

Elle régnait sur ses distances fétiches. Voici pour ne parler que des J.O. son palmarès olympiques:

Jeux olympiques 1956, Melbourne
Médaille d’or 100 m
Médaille d’or 200 m
Médaille d’or 4 × 100 m

Jeux olympiques 1964, Tokyo
Médaille d’or sur 400 m

A 18 ans, l’Australienne Betty Cuthbert remporta trois titres olympiques sur le sprint. Elle fut la jeune Reine des J.O. de Melbourne, sans doute les plus beaux jeux, ceux d’avant la tornade médiatique qui mis fin à la grandeur du sport amateur dépendant des sponsors et du pouvoir télé.
Aux Jeux olympiques 1960, blessée, elle fut éliminée en série du 100 m. Ces jeux romains furent ceux de l’Américaine Wilma Rudolph qui fit le même triplé qu’elle: 100 m, 200 m et 4 × 100 m.
Déçue, Cuthbert annonça sa retraite avant de revenir sur sa décision car elle n’avait que 22 ans.
En 1964, elle s’aligne sur la 3e distance du sprint et remporte le 400 m !
Personne au monde, avant elle et après elle n’a réussi a remporté tous les sprints: 100, 200 et 400 m. Personne cela veut dire pas un seul homme, pas une seule femme, à part elle.
La très grande championne est morte après des années de lutte contre la sclérose en plaques qui l’a clouée sur un fauteuil roulant depuis des décennies.

[Post dédié à Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde 2017 du 800 m]

31.07.17

Permalien 15:56:17, Catégories: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE, GRANDE DAME  

Adieu Madame Jeanne Moreau (1928-2017)

La Prom’ c’est Jean Vigo et Jeanne Moreau. Ils ont illuminé la Baie des Anges qui est devenue depuis la Baie du Requin, hélas !

Depuis quelques temps, on ne la voyait plus et c’est toujours mauvais signe.
Elle appartient à notre mémoire collective.
Luis Buñuel, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles ou encore François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné et Bertrand Blier, entre autres l’ont dirigée.
Avec elle nous quitte un continent cinématographique.
Avant le cinéma, il y a eu le théâtre.
Jeanne Moreau a tout connu et c’est un monument national qui vient de nous quitter.
Elle a été appréciée par Paul Léautaud, la dent dure par excellence.
Elle a joué pour Jean Vilar.
Elle a joué du Peter Handke, dans une mise en scène de Claude Régy.
Elle incarnait l’intelligence. Pour les médias, Bardot n’était qu’un corps.
On était soit pour Moreau, soit pour Bardot, comme pour Anquetil ou Poulidor, Stones ou Beatles, Prost ou Senna.
Louis Malle les a réunis dans un magnifique navet. Il ne pouvait pas faire à tous les coups Ascenseur pour l’échafaud.
C’était d’abord, un visage. L’insolence de la jeunesse quand Jean Gabin la gifla.
Elle savait jouer les garces comme personne, avec une morgue attractive.
Jeanne Moreau c’était aussi une voix. Grave puis très grave cassée par le tabac.
Des yeux, un regard, une bouche, une certaine idée de la femme égale de l’homme en tous points de vue sans tenir compte de la bimbeloterie Beauvoirdienne.
Un très beau rire, aussi.
Elle a été le visage de la France.
Elle chantait aussi divinement du Rezvani: J’ai la mémoire qui flanche…
François Truffaut s’est évité le chagrin de la voir partir.
Inoubliable dans La Baie de Anges, de Jacques Demy.
Inoubliable dans Jules et Jim, dans La mariée était en noir, de Truffaut.
Inoubliable dans Ascenseur pour l’échafaud.
Filmée par Buñuel…
La liste est trop longue.
Elle était née pour être actrice et ne jouait pas à la comédienne comme tant de vedettes inventées par des “directeurs castings".
Pas un produit marketing mais un être vivant.
Elle était à la fois Deneuve et Darrieux.
Aujourd’hui, Pierre Cardin est triste. Nous aussi.
Demain Libération, le journal fera sa une sur elle. Epoque Jules et Jim, ma main au feu.
Je la vois comme un Maurice Ronet femme quand Bardot, c’est Delon au féminin.
Elle était la France, une certaine idée de la classe. Unique façon de tenir la cigarette au bord d’une piste de danse à moitié vide, vers 5 h du matin avant d’aller marcher sur la Promenade des Anglais, pieds nus, les chaussures à talon dans la main. Avant d’aller dormir toute seule, comme aujourd’hui.
Dans mon panthéon d’images elle est en compagnie de François Rosay, Marguerite Moreno, Maria Casarès, Madeleine Robinson, Arletty, Simone Signoret, Anna Magnani, Bette Davis, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Ingrid Bergman, Katherine Hepburn, Shelley Winters, Vanessa Redgrave, Glenda Jackson, Annie Girardot, Suzanne Flon, Giulietta Masina Françoise Dorléac, Juliet Berto, Catherine Deneuve, Gena Rowlands, Sophia Loren… Toutes si loin des porte-manteaux du 7e Art.
Adieu, Ma Dame.

PS: j’ai à peine écrit qu’on apprend la mort de Sam Sheppard, écrivain et comédien.

[Post dédié à nos doyennes du 7e Art, Mesdames Suzy Delair, Danielle Darrieux et Micheline Presle]

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