Catégorie: GRANDE DAME

22.12.17

Montaigne (Gallimard), Constant (Folio), Tchekhov (Les Belles Lettres), Aymé (Folio), Bove (Petite Vermillon), Guérin (Finitude), Calet (L'Imaginaire), Pascal (Rivages)...

La traversée de Paris, d’après la nouvelle de Marcel Aymé

-Montaigne, Arlette Jouanna. Gallimard, 464 p., 17, 99 €
Dans la prestigieuse collection NRF vient d’arriver la biographie de l’ancien maire de Bordeaux. On oublie trop souvent que Montaigne fut homme politique. Que les magouilleurs d’aujourd’hui en prennent de la graine. Il n’y en a pas un pour sauver l’autre. Que pensez-vous d’un premier ministre qui dépense 350 000 euros pour prendre un avion privé alors que le sien, celui de l’Etat rentre à vide pour un prix de 130 000 euros ? Au bas mot 480 000 euros ! Alors lisez la vie de Montaigne pour côtoyer un bel esprit. Là, il n’y a pas duperie sur la marchandise

-Journaux intimes, Benjamin Constant. Edition de Jean-Marie Roulin. Folio, 1140 p., 11,90 €
Une suite de réflexions, de souvenirs, de joies et de peines, signée par une superbe plume du XIXe siècle. Le 19 février 1812, il note: “Mon père est mort. Ma tête est troublée et mon sang glacé”. Le 27 du même mot, il précise: “Mon cœur est brisé".. En avril, mai et juin 1812, il confie: “Travail. J’ai travaillé. Mal travaillé. “Malade de la bêtise". Rien fait. Je m’ennuie. Presque rien fait. Un peu travaillé. Pas mal travaillé. Bien travaillé. Moins travaillé". Un beau livre diapason.

-Bagatelles quotidiennes est autres nouvelles, Anton Tchekhov. Traduction du russe et préface par Boris de Schloezer. Les Belles Lettres, 315 p., 13,90 €
L’auteur dramatique est un grandiose nouvelliste, tout comme Maupassant en France. Tchekhov sait camper une séquence anodine avec une sens inné de la formule, l’air de ne pas toucher. Ouvrage à déguster comme un Armagnac millésimé. Une littérature d’observation universelle. Pas une seule fois il ne dit le fond de sa pensée. Un témoin, sans rival.

-Les contes du chat perché, Marcel Aymé. Folio, 404 p., 7, 70 €
A l’école, ils nous bassinaient avec Troyat, Maurois mais pas un mot sur Aymé ou Gary. On s’est rattrapé depuis. Du Troyat je n’en veux même pas pour caler un meuble: il resterait bancal. Lire Marcel Aymé c’est côtoyer de près l’intelligence et l’ultra sensibilité. La littérature haut de gamme comme le 100% cacao. A lire d’urgence, et à relire tout autant.

-L’homme qui savait, Emmanuel Bove. Préface de François Ouellet. La Petite Vermillon, 224 p., 7 ,10 €
Ce grand talent que l’on ressort du placard de temps à autre mérite d’être dans toutes les bibliothèques et à portée de main. Un écrivain par excellence, toujours du côté des déshérités, de ceux qui subissent la loi des plus forts. Rien de misérabiliste. Il regarde et ne juge pas. Bove a un regard de lynx et un style en lame de couteau qui dépèce le quotidien en faisant attention de ne jamais faire du mal à une mouche.

-La peau dure, Raymond Guérin. Finitude, 128 p., 14, 50 €
Raymond Guérin, vous connaissez ? Vous allez découvrir un des écrivains de chevet de François Truffaut qui a tiré un film La peau douce, en guise de clin d’œil. Guérin est l’un de ceux qui écrit le mieux sur le monde ouvrier, ça vrille le cœur tant cela sonne juste. C’est un verre de Pyrex sur la toile cirée d’une cuisine de Sarcelles. Il vivait en Gironde, supporter des Girondins. Tout pour me plaire ! Il a toujours refusé de faire le mondain dans la capitale, fuyant les sans talent qui veulent des postes pour croire qu’ils en ont…

-Fièvre des Polders, Henri Calet. L’Imaginaire, 196 p., 7, 50 €
Encore un superbe lire, à petit prix. Calet est l’un des plus grands prosateurs de la seconde partie du XXe siècle. Une langue admirable sans bravoure superflue. Il écrivait simple, ennemi des phrases alambiquées. Tant que l’on n’a pas lu Calet on est vierge de la pureté stylistique, une sorte d’eau littéraire qui coule de source.

-Vie de Monsieur Pascal, suivi de Vie de Jacqueline Pascal, Gilberte Périer. Préface de Sylvie Robic. Rivages Poche, 128 p.,5, 80 €
“Cet amour qu’il avait de la pauvreté le portait à aimer les pauvres.” Bel hommage à Blaise Pascal dont le portrait est tracé par sa sœur aînée, Gilberte Périer (1620-1687). Voir les humbles n’empêchait pas Pascal de fréquenter les hauts personnages de la société qui se pressaient autour de lui pour percevoir quelques lumières de sa fulgurante intelligence.

20.11.17

Permalien 22:56:30, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

En hommage à Sharon TATE et à ses amis

A la mi-août 1969 se déroula le mythique Festival de Woodstock.
Je ne l’ai pas vécu comme j’aurais dû le vivre parce que le 9 août 1969 eut lieu un carnage dans une villa de L.A. qui saccagea aussi tous les rêves d’une génération qui souhaitait une meilleure société.
Le 19 novembre 2017 le commanditaire de l’assaut criminel est mort, apprend-t-on.
Hélas! on ne peut pas revenir au 8 août 1969, pour empêcher l’horreur.

25.10.17

Permalien 10:30:18, Catégories: GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Grandiose témoignage de Klara Provisor par Matan Rochlitz

Une fille et son père ont évité Auschwitz. Regardez svp !

I have a message to you (2017)
par Matan Rochlitz
Avec Klara Provisor et Philippe Szyper

Dans le train qui les conduit à Auschwitz, une fille saute du train, laissant son père mourant.
Des décennies plus tard, dans la rue, une femme l’arrête et lui dit:
-"Vous êtes Clairette ?
- Oui…
-J’ai un message pour vous de votre père. J’étais dans le train…
-…
- Votre père m’a dit de vous dire qu’il était le plus heureux des pères parce que vous avez sauté du train".

Comment a-t-elle pu la reconnaître après tout ce temps ? Cela parait impossible.
Ce documentaire est un chef d’œuvre. Mieux qu’une fiction.
Réalisation parfaite.
Témoignage plus que parfait. Clairette est une femme exceptionnelle.
Tout ce qu’elle dit est grandiose.
C’est de la littérature à l’air libre.
Du début à la fin.
Elle a dû laisser son père dans le train, et elle dit que s’ils étaient tous restés dans le train, ils seraient tous morts.
Son père est mort dans le train et non pas à Auschwitz. On se console comme on peut.

[Post dédié à Michel Butel]

05.10.17

Permalien 10:27:55, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Barbara en trois livres (Bonnie, Kervéan et Vircondelet/ Lorin)

Julie Bonnie a titré son livre Barbara, roman pour bien se démarquer des biographies traditionnelles. Roman, dit-elle, pour dire qu’elle prend des libertés. Tout le début est consacré à l’inceste commis par le père, sur plusieurs années. Le livre tourne tout autour de ce drame de la vie de Barbara. C’est raconté, jamais expliqué. Cela n’est pas de tout repos : à vivre, à lire et à écrire. Au lecteur d’y voir clair.
Jean-François Kervéan a lui aussi écrit une livre qui oscille entre le roman et la biographie. Il connaît bien son sujet et nous fait partager sa vision de la grande dame, et même très grande Dame qui m’a appelé une fois mais ceci est une autre histoire. Kervéan nous fait tout revivre, les joies et les peines, et surtout l’âme de la musicienne est présente dans chaque page. C’est écrit tambour-battant. La richesse des informations inonde l’ensemble.
Alain Vircondelet a écrit le texte du nouvel bel album illustré par Philippe Lorin qui en a déjà consacré à Ferrat, Brassens, Dalida et Coluche. L’ensemble restitue la grande Dame, inoubliable et ce n’est pas un mot qu’on lance en l’air. C’est la stricte vérité. Elle est du niveau de Piaf dans un registre très différent, sauf concernant le réalisme qui vrille le cœur.
Barbara c’est une voix, un visage, une présence. Des textes et une musique. C’est la seule chanteuse du niveau des géants du music-hall avec Joan Baez et Véronique Samson. Je n’en vois pas d’autres. Je parle d’auteur-compositeur, pas uniquement d’interprète.

-Barbara, roman, Julie Bonnie, Grasset, 190 €, 17,50 €
-Barbara, la vraie vie 1930-1997-2017. Jean-François Kervéan. Robert Laffont, 340 p., 19,50 €
- Chez Barbara, Alain Vircondelet, Philippe Lorin. Le Rocher, 120 p., 20, 90 €

02.10.17

Permalien 13:05:39, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Madame Sullerot par Bernard Morlino et Claude Boulanger

Lundi 2 octobre 2017
Fréquence Protestante
Midi Magazine
Par Claude Boulanger
Avec Bernard Morlino
Sujet : Evelyne Sullerot, protestante engagée et insoumise
Livre : L’Insoumise (Ed. L’Archipel), livre entretien d’Evelyne Sullerot par Bernard Morlino

Pour écouter l’émission de Mme Claude Boulanger sur Fréquence Protestante, consacrée à Mme Evelyne Sullerot, avec Bernard Morlino:

https://frequenceprotestante.com/diffusion/midi-magazine-du-02102017/

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