Catégorie: GRANDE DAME

16.08.19

La recluse. Le mystère Brigitte Bardot, Michel Goujon (Plon)

Brigitte Bardot parle de Marilyn Monroe. Un jour, elles ont été présentes dans une même pièce. Instant mythique. Brigitte Bardot a eu la force et l’intelligence de s’extirper des griffes de la gloire. Son équivalente américaine, elle, a été victime du vedettariat. Dans la condition féminine, B.B. est au-dessus de Simone de Beauvoir, car la comédienne ne portait pas de masques. En 2019, Brigitte Bardot est un monument vivant de la France. Il y a elle, puis tout de suite après, Delon et Belmondo. Brigitte Bardot est le plus beau synonyme de Liberté.

Ceux qui ne connaissent pas B.B. vont apprendre à la connaître dans le livre de Michel Goujon qui dresse le portrait qu’il convient : celui d’une icône mondiale. B.B est aussi célèbre que le général de Gaulle. Elle a un caractère bien trempé très apprécié par l’ancien président de la République- je parle de l’auteur de l’Appel du 18 juin 1940 bien sûr, pas d’un autre - qui l’avait invité à l’Elysée où il avait remarqué qu’elle était venue habillée en militaire ou tout comme. Les médias ont souvent présenté B.B. comme une ravissante idiote. Ils confondaient ce qu’elle avait joué à ses débuts avec la femme qu’elle était. Ensuite, la presse a opposé Brigitte Bardot à Jeanne Moreau. Grosso modo : l’intello contre la shampouineuse. Ils se sont mis le doigt dans l’œil. B.B. n’est pas moins intelligente que la comédienne qui joua avec Welles ou Buñuel. B.B. était la cible numéro 1. Les femmes voulaient lui ressembler, et celles qui ne pouvaient être dans la même catégorie la haïssaient de toutes leurs forces animées par une jalousie féroce. Les hommes ? Ils la voulaient pour maîtresse.
B.B. était le réceptacle de tous les fantasmes. On comprend que cela l’épuisait. Les producteurs misaient sur elle car elle remplissait les salles. La presse faisait des unes sur elle car elle faisait vendre. Après avoir atteint le sommet de la notoriété, elle s’est retirée du cinéma pour ne plus jamais y revenir. Une femme de parole. Elle entame ensuite son combat pour les animaux. Sur le tournage de son dernier film, elle sympathise avec quelqu’un qui a un mouton (ou une chèvre, je ne sais plus) et celui-ci : «A la fin du tournage, venez. On le (ou la) fait à la broche ! » Trop, c’est trop.
Brigitte Bardot a plus fait pour la condition féminine que Simone de Beauvoir. L’actrice ne portait pas de masques. Elle prouvait qu’elle n’était du tout un objet sexuel. On voyait bien qu’elle portait la culotte et envoyait balader son partenaire à la moindre entourloupe alors que l’écrivaine - comme ils disent- consommait de la chair fraiche féminine puis servait de rabatteuse auprès de son Jean-Sol Partre avant d’aller roucouler dans les bras de Nelson Algren. B.B dit qu’elle apprécie la …Marine Nationale ? On n’est pas obligé de partager tous ses avis qu’elle assume dans un pays où la langue de bois est la langue nationale. Des Sainte-Beuve discount la dézinguent dans des postures de bouffons. Il faut aussi rappeler que Beauvoir a travaillé à Radio-Vichy sous l’Occupation nazie. Pas de quoi se vanter, il est vrai.
Le parcours de B.B devrait faire réfléchir les candidats à la gloire qu’elle a refusée. Une manière de se sauver quand on voit la fin tragique de Marilyn Monroe et de tant d’autres. Grâce Kelly a dit bye-bye au cinéma mais elle est restée dans la lumière à Monaco sur le rocher princier. Garbo s’est sauvée aussi. Dietrich également. Avec B.B cela fait quatre recluses. Sauf que Bardot reste proche des gens : elle a mis dans la lumière le couturier Jean Bouquin et le guitariste Manitas de Plata. On dit qu’elle a rendu populaire Saint-Tropez. Erreur, l’Histoire désigne Colette. Dans les années 1920, l’écrivain - et non pas écrivaine- venait à Saint-Tropez en voiture avec Emmanuel Berl pour y faire sensation sur le port. C’est donc Colette qui a mis Saint-Tropez sur la carte de France. Colette et B.B se sont rencontrées. Le livre de Michel Goujon raconte et décrypte la scène. Et beaucoup d’autres. A lire pour apprendre, ou à lire pour le plaisir de revivre les Trente Glorieuses dont B.B est une figure de proue et sans doute LA figure de proue. C’est toute une époque : le soir de leur nuit de noces, B.B et Roger Vadim ont fait lit à part. Le papa de B.B a dit au jeune marié : le mariage a été prononcé mais il ne prend effet que le lendemain. Mazette !

-La recluse. Le mystère Brigitte Bardot, Michel Goujon. Plon, 430 p. , 21 €

13.08.19

Permalink 05:44:40, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

La Muraille de Chine, Christian Bobin (Les éditions Lettres Vives)

Christian Bobin au temps où il avait une moustache. Aujourd’hui, il l’a rasée alors qu’elle est redevenue à la mode. Ce n’est pas un écrivain rasoir, rassurez-vous. Bobin ne fuit pas le PAF, il fait simplement les émissions où l’on peut entendre la voix qu’il y a dans ses livres. C’est la catharsis du monde de l’édition qui fait tapis rouge à des imposteurs de la République qui après avoir berné les lecteurs dans les isoloirs, les bernent dans les librairies, et sans vaseline en plus. Pour riposter, j’aurai pu titrer: Bobin des Bois.

Au début des années 1990, j’ai demandé à Christian Bobin s’il comptait encore publier aux Lettres Vives alors qu’il publiait aussi chez Gallimard. Il m’avait assuré qu’il ne voyait pas pourquoi abandonner un éditeur qui avait édité son sixième livre en 1986 (Le Huitième Jour de la semaine). Trente-trois ans plus tard, il honore sa fidélité envers les Lettres Vives avec La Muraille de Chine, dans la collection dirigée par Claire Tiévant, cofondatrice des Lettres Vives en 1981 avec Michel Camus (1929-2003) qui serait enchanté par cette constance. Je me revois chez Michel Camus, dans son agréable appartement au parquet grinçant, face à face avec Pierre Bettencourt que j’interviewais. Michel Camus demanda au peintre-écrivain si tout se passait bien. Bettencourt tout heureux se mit à crier à mon sujet : «Fabuleux ! Ce n’est pas un journaliste !» Un sacré bon compliment : cela voulait dire que j’avais lu tous ses livres, et que je ne posais pas des questions débiles. Je me revois aussi avec Christian Bobin, chez Gallimard, pour une interview dans une pièce sans fenêtre qui donnait un aspect interrogatoire de police. On en était loin, mais ces conditions favorisaient le tête-tête, la concentration. Peut-être ne faudrait-il voir quelqu’un qu’une seule fois, pour se souvenir de tout ?
Si vous voulez partager un moment avec un véritable écrivain, procurez-vous La Muraille de Chine. Cette muraille n’est autre que le langage. Bobin est un écrivain qui se bat avec le langage pour trouver le bon mot au bon moment.
Ce livre s’inscrit à la suite de ceux de son œuvre qui tournent autour de la littérature au sens strict du terme. C’est quoi ? Elle sert à quoi ? Comment dire ce qu’on ne sait pas encore ce que l’on va dire ? Ainsi de suite. La magie littéraire est partout, dans le dit et le non-dit. Il ne faut pas avoir peur de ce genre de livre qui est un vrai cadeau pour le lecteur qui s’y retrouve car bien sûr quand un écrivain parle de lui, il parle de nous. Ce livre devrait être en tête car les trois C de Bobin (cerveau, cœur, corps) cherchent à atteindre une sérénité partagée avec autrui, son semblable, donc le lecteur.
Il ne publie que l’eau de roche de sa poésie. Tout coule de source. Nulle trace de besogne. Il est même au-delà de l’aphorisme qui cherche trop à synthétiser. Bobin accumule les instants de grâce comme le chercheur de cèpes déposent sa récolte sur une table. Pas de forfanterie. Simplement un partage. Des esprits intoxiqués par le parisianisme se moquent de lui parce qu’il n’a pas besoin d’arpenter les couloirs de France Télévisions ou ceux de Radio France pour exister. Bobin n’a jamais fait le trottoir du PAF. Un soir, Daniel Pennac a profité de sa notoriété pour la mettre au profit de Christian Bobin: l’effet de sympathie a fait boule de neige. Parfait ! En définitive, mieux vaut avoir une audience que le grand public comme on dit. On ne juge personne sur la quantité.
Page 10 : «Ecrire à la main devient tellement rare que cela prend le poids d’une prière».
Page 11 : «Je n’ai aucun âge».
Page 12 : «Regarde les fleurs».
Page 20 : «J’aurais voulu vivre et écrire comme un nuage».
Vous prenez une pincée de Thoreau, un zeste de Lucrèce, avec un trait de Pessoa mélangé a un peu de sirop de Giono et vous avez du Bobin bien frappé.
Le 18 septembre 2019 sera disponible un cahier de l’Herne consacré à Christian Bobin, sous la direction de Claire Tiévant et Lydie Dattas, dans lequel je figure par le biais d’un article (Saint Bobin, priez pour nous) publié dans Globe-Hebdo, il y a un quart de siècle. Il reparait tel quel. Sans changer une virgule. Je reste lecteur de Bobin. Pas besoin de le voir. Il met le meilleur de lui dans ses textes, la plus belle des politesses. Il pourrait être romancier mais il préfère le récit pour y déposer sa confrontation permanente avec les mots. Il compose des Notre Frère.
Les lecteurs de Bobin sont sans doute les meilleurs de France. Je dis cela en hommage à Marguerite Duras et à Zouc. Un soir, mon ami Zouc me place à côté de l’écrivain pour me faire plaisir. Zouc rodait son spectacle à Levallois-Perret, rien qu’un soir. Pas une seule affiche placardée dans la ville. C’était complet ! Nous étions dans les années 1980. Duras m’a dit : «Zouc a le meilleur public de France». C’était vrai. Elle a écrit ensuite un article en une du Monde. Le public de Brassens, Brel, Devos. Ce public orphelin est désormais sous la fenêtre de Bobin comme jadis les lecteurs de Victor Hugo venaient fêter l’anniversaire de leur écrivain préféré. On attend qu’il ouvre les persiennes. Pour apercevoir sa lumière. La nôtre, qu’on n’arrive plus à voir. Trop occupé par le superflu.

-La Muraille de Chine, Christian Bobin. Les éditions Lettres Vives/ Collection entre 4 yeux, 60 p., 13 €.

09.08.19

Permalink 07:59:53, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Douze grands petits livres : Perros (NRF), Plath (la nonpareille), Thoreau (le mot et le reste), Lucère (Folio), Kaminski-Céline (Allia), Diderot (Folio), Nietzsche (Rivages), Hugo-Louise Michel (Mercure de France), Montaigne-Woolf (Le Festin)...

L’insoumis authentique écrivain Georges Perros trouvait absurde que des gens viennent en vacances en Bretagne pour dire: “Ce doit être merveilleux de vivre ici…” avant de retourner à Paris.

-Poèmes bleus, Georges Perros. Poésie/ Gallimard, 117 p., 7, 40 €. Il écrivait parce que personne ne l’écoutait. Un ami de chevet.

-Mary Ventura & le neuvième royaume, Sylvia Plath. Traduit de l’anglais (USA) par Anouk Neuhoff. La nonpareille/ Table Ronde, 45 p. , 5 €. Un voyage en train d’une banalité infernale.

-La succession des arbres en forêt, Henry D. Thoreau. Traduction de Nicole Mallet. Edition de Michel Granger. Le mot et le reste, 77 p., 3 €. Celui qui voulait délibérément être pauvre était un pionnier de l’écologie concrète, loin de la la politique politi…chienne.

-Le paradis a reconquérir, Henry D. Thoreau. Traduction de Nicole Mallet. Edition de Michel Granger. Le mot et le reste, 92 p., 3 €. L’utopiste voulait voir des jardins construits sur des radeaux. Et il insiste pour que l’on utilise la force des marées. Original sur toute la ligne.

-L’esprit et l’âme se tiennent étroitement unis, Lucrèce. Traduit du latin par Alfred Ernout. Folio/ Sagesses, 87 p., 3, 50 €. Notre âme. Avant nous, elle n’existe pas. Après nous, elle n’existe plus. Sauf dans l’esprit de ceux qui nous ont connus ou dans les œuvres d’art des plus doués.

-Céline en chemise brune, Hans-Erich Kaminski. Allia, 90 p., 7 €. Livre culte sur le führer de Meudon.

-Regrets sur ma vieille robe de chambre, et autres textes, Denis Diderot. Folio/ Sagesses, 104 p., 3, 50 €. Pour tester sa dextérité, il écrivait la nuit dans le noir absolu, pour se surprendre le matin.

-Hymne à l’amitié, Friedrich Nietzsche. Préface de Guillaume Métayer. Traduit par Nicolas Waques. Rivages/ Petite Bibliothèque, 123 p., 8, 50 €. Il était contre tout contre l’amitié.

-Lettres à Victor Hugo (1850-1879), Louise Michel. Edition Xavière Gauthier. Mercure de France, 90 p., 5, 80 €. Lettre, pas le néant, d’une admiratrice absolue. Comme on la comprend.

-Montaigne, âme libre, Virginia Woolf. Traduit de l’anglais par Catherine Delavallade. Le Festin, 50 p., 6, 20 €. Dialogues à travers la littérature de deux esprits lumineux.

-Van Gogh, le suicidé de la société, Antonin Artaud. Allia, 80 p., 6, 50 €. Chef d’œuvre sur un génie de la peinture par un génie des mots.

-Nouvelles en trois lignes, Félix Fénéon. Libretto/ Phébus, 152 p., 8 ,10 €. La rubrique des chiens écrasés rédigée par Cioran.

07.08.19

Permalink 06:22:35, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Révolution in the head. Les enregistrements des Beatles et les sixties, Ian Macdonald (Le mot et le reste)

Chaque chanson des Beatles semble écrite demain. Ils sont toujours en avance et le restent. Leur sonorité est indémodable. Leurs voix éternellement jeunes. Il y a les Beatles, et puis tous les autres.

Indispensable livre sur les Beatles, une nouvelle fois chez Le mot et le reste, cet éditeur désormais parmi les leaders des livres sur la musique. A se procurer sans hésitation. Il contient la genèse de toutes les chansons des Quatre garçons dans le vent. La date de leur composition et qui a fait quoi. La plupart sont signées Lennon-McCartney même quand elle n’est que de l’un ou l’autre. Ils ont toujours associé leur nom respectif alors que George Harrison en a signé quelques-unes (toutes magnifiques, aussi) de son seul patronyme.
Quand j’écoute n’importe quelle chanson des Beatles, je me projette dans les années 1960. J’ai été en osmose totale avec eux sans connaître un seul mot d’anglais, ou si peu. Ils me parlaient quand même. Un mélange de musique, d’attitude, de joie, d’intelligence. Ils me touchaient autant par la musique que par les textes. Je saisissais la rythmique de leur langage. L’auteur Ian MacDonald (1948-2003) révèle que Lennon ne partageait pas toujours le point de vue de McCartney. John ne voulait écrire que sur sa propre expérience, à partir du «je» alors que Paul aimait plus raconter une histoire. John disait qu’on atteignait l’universel par le biais de sa sincérité. Paul objectait qu’un sens général touchait plus de public. C’est ainsi qu’ils étaient complémentaires. Ils n’avaient pas peur des mots : le terme génie leur convient. Ils ont la grâce d’écriture. Harrison aussi. Ringo Starr, le batteur, lui a mis son génie dans sa vie mais il a aussi beaucoup de talent. Il faut aussi parler de leur producteur (George Martin) et de leur manager (Brian Epstein), deux pièces essentielles dans l’histoire du groupe mythique, celui du Scarabée.
Les Beatles se sont séparés deux ans après la mort de leur manager c’est dire son importance dans la cohésion. Les Beatles ne sont restés ensemble qu’une décennie, celle des années 1960. Ils ont influencé la jeunesse du monde entier. Ce n’était pas des produits même s’ils en sont devenus un, et le plus important, performant comme personne avant eux. Dès que leurs nouvelles chansons étaient chez les disquaires, elles se vendaient comme des petits pains. Ils avaient une imagination débordante, une inventivité musicale jamais entendue auparavant. Leurs albums font office de Pléiade. Leurs chansons phares correspondent à L’Etranger de Camus ou à Guerre et Paix de Tolstoï. Les Beatles avaient de l’humour. Ils communiquaient de la gaieté. Les Rolling Stones faisaient plus voyous. En définitif, les Beatles fut un groupe météore alors que les Stones donnent encore des concerts. Ian MacDonald les compare à «Stravinsky, Picasso et Miles Davis». A juste titre : nouveauté, remise en question permanente. A la fin du livre, on trouve un cahiers avec la reproduction des pochettes qui avaient une autre tenue que celles des CD qui brillent par leur banalité. On apprend aussi que l’auteur de cette Bible- Lennon serait content que j’utilise ce terme…- oui l’auteur s’est suicidé en août 2003 suite à des dépressions récurrentes. La dernière et donc la fatale serait survenue après les attentats du 11 septembre 2001. Comme quoi l’onde choc du terrorisme va au-delà de la cible visée et atteinte. Philippe Soupault avait sur l’abat-jour de son bureau un post-it où sa femme Ré nota : «Relativiser toutes les angoisses». Tout le monde n’y parvient pas.

-Révolution in the head. Les enregistrements des Beatles et les sixties, Ian Macdonald. Traduction d’Aymeric Leroy. Le mot et le reste, 608 p., 24 ,90 €

A lire aussi: Et les Beatles montèrent au ciel, Valentine del Moral (Le mot et le reste)Pour l’instant l’un des meilleurs livres de l’année. Je l’ai déjà chroniqué. Voir dans “rechercher", si vous voulez.

[Post dédié à Bjorg Lambrecht (1997-2019), jeune champion cycliste belge qui s’apprêtait à réaliser une immense carrière chez les professionnels. Il est mort après sa chute dans le Tour de Pologne, lundi 5 août 2019. Très solide sur les Classiques, il avait aussi été 2e du Tour de l’Avenir 2017, derrière Egan Bernal. Le vélo est plus dangereux que la F1.]

01.08.19

Les bons d’entrée (Roth, Dézert, Anne Steiner, Berthet, Virilio, Aragon, Maltère, Teyssier, Pascuito, Caine… ). Et Les bons de sortie !

Jean Ferrat a mis en musique Louis Aragon. Comme quoi Victor Hugo n’avait pas toujours raison.

Les bons d’entrée :

-Pourquoi écrire ?, Philip Roth. Traduit de l’anglais( USA) par Michel et Philippe Jaworski, Josée Kamoun et Lazare Bitoun. Folio/ Gallimard, 640 p., 10, 80 €. Un volume de trois livres sur la cuisine littéraire de l’Américain que le prix Nobel a oublié.

-Les dimanches de Jean Dézert, suivi de L’horizon chimérique, plus des poèmes et contes, Jean de la Ville de Mirmont. Préface de François Mauriac. Petite Vermillon, 240 p., 7, 30 €. Mort au champ d’honneur, l’écrivain était un excellent badaud de lui-même.

-Les En-dehors, Anne Steiner. L’Echappée, 248 p., 19 €. Une galerie d’anarchistes individualistes et illégalistes de la «Belle Epoque ». Il y a du Bonnot dans l’air.

-Simple journée d’été, Frédéric Berthet. Petite Vermillon, 224 p., 8, 10 €. Des nouvelles qui font penser à Françoise Sagan qui passerait ses vacances avec Fitzgerald, en regardant au-dessus de son épaule.

-Vitesse, Paul Virilio. Insep, carnets-nord, 128 p ;, 8, 50 €. Un brillantissime essai sur la vitesse dans le sport. Finira-t-on par faire du surplace à force d’aller vite ?

-La Grande Gaîté, Louis Aragon. Préface de Marie-Thérèse Eychart. Poésie/ Gallimard, 144 p., 7, 40 €. De la marqueterie haut de gamme avec de l’émotion et de la grammaire maternelle.

-Scott et Zelda Fitzgerald, Stéphane Maltère. Folio/ Biographies, 350 p., 9, 50 €. Grandeur et décadence d’un couple mythique. Du pipole plus NRF que Voici ou Gala.

-De Gaulle, 1969, Arnaud Teyssier. Perrin, 304 p., 22 €. L’année où le général comprit que sa page dans l’Histoire de France était tournée. Il a lui-même humecté le doigt de la postérité.

-Les héritiers, Bernard Pascuito. Anne Carrière, 280 p., 19 €. Quand on referme ces radioscopies pointues sur les successions célèbres, on éprouve le besoin de laisser pour unique testament : « Je vous laisse… » Mieux vaut tout claquer avant de claquer.

-Et que les barrières sautent !, Michael Caine. Traduit de l’anglais par Jean-François Gauvry. Baker Street, 320 p., 21 €. Des instants de vie par le superbe acteur british plein de charme cup of tea.

Les bons de sortie :

-Une histoire impossible, Guy Lagache. Grasset 336 p., 19 €. Du Modiano discount.

-Il est grand temps de rallumer les étoiles, Virginie Grimaldi. Le Livre de Poche, 384 p. , 7, 90 €. Des citations d’Apollinaire, Cohen et Gary parrainent le vide créatif dans toute sa banalité.

-C’est tout moi ! Jessica Thivenin. Sous la direction de Queen Influence, svp. 206 p., 17, 90 €. Pour ceux qui cherchent des images à colorier.

-Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin. Le Livre de Poche, 672 p., 8, 90 €. Ça jacasse comme dans un salon de coiffure. Barbant. Rasoir.

-Deux sœurs, David Foenkinos. Gallimard, 176 p., 17 €. Nouvelle love story, nunuche comme il faut pour attirer les lectrices de Femmes Actuelles. Mérite le prix Nous Deux.

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