Catégorie: GRANDE DAME

25.07.17

Permalien 05:38:15, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

La grandiose pianiste Martha Argerich fera son retour le 18 novembre 2017

Hier, comme aujourd’hui, toujours aussi divine.

Ces derniers mois, la grande pianiste argentine, naturalisée suisse, Martha Argerich, a annulé des représentations pour “sérieux problèmes de santé". Ainsi, elle n’a pas joué le 15 juillet 2017 avec l’Orchestre national d’Athènes, à l’Odéon d’Hérode Atticus, au pied de l’Acropole. En février dernier, Martha Argerich a renoncé à une tournée en Italie: Turin, Gènes et Florence. Elle a aussi été remplacée par Yuja Wang en Australie, les 29,30 juin et 1er juillet auprès de l’Orchestre symphonique de Sydney.
La virtusose a tenu à s’excuser: «Je ne peux pas voyager et jouer en ce moment, je me sens très faible, épuisée et je souffre de douleurs physiques qui m’inquiètent ».
Accompagnée de Stephen Kovacevich, Martha Argerich a joué cependant au Festival de Pâques d’Aix en Provence, Debussy / Rachmaninov, le 19 avril 2017.
Elle est attendue le 18 novembre prochain, au Festival de Lucerne.
Depuis des décennies, elle court le monde pour jouer.
Elle parle français mieux que nous tous.
Si vous aimez Anna Magnani, Bette Davis, Gena Rowlands, Miles Davis, Hendrix, Garrincha, Maradona, Borges vous aimerez Martha Argerich, une Callas du Piano.
Prompt rétablissement, chère Madame.
On a besoin de votre soleil.

01.07.17

La mort réunit Evelyne Sullerot (1924-2017) et Simone Veil (1927-2017)

Trois mois après la disparition d’Evelyne Sullerot, voici celle de Simone Veil, vendredi 30 juin 2017. Elles se connaissaient et s’appréciaient même si l’une était de gauche et l’autre de droite. La mort les réunit. Madame Veil a fait “JUSTES” les parents de Mme Sullerot car ils avaient sauvé des Juifs pendant la guerre. Mme Sullerot fut très touchée par cette décision.

Republication du post sur la mort d’Evelyne Sullerot:
Madame Sullerot est morte à quatre-vingt-douze ans, victime du cancer, vendredi 31 mars 2017. La fondatrice du Planning familial venait de corriger les épreuves d’un livre d’entretiens avec moi.
Évelyne Sullerot, née le 10 octobre 1924 à Montrouge, était de la génération de mes parents. Pas besoin d’insister pour vous dire ce que je ressens. La France vient de perdre l’une de ses plus grandes filles du XXe siècle. Je suis allé la voir pour lui dire que je voulais faire une livre avec elle et avec personne d’autre. Elle a accepté et nous avons remonté ensemble tout le fleuve de sa vie. Elle était contente mais ce fut douloureux pour elle. Je revois ses larmes quand elle évoquait sa maman. Peu à peu, cela lui a permis de revivre sa vie. Evelyne Sullerot était fantastique, aussi fantastique que ses parents. Pendant les six premiers mois de 2016, je suis allé régulièrement l’interroger, sur son enfance, sa famille, son travail. Elle n’a pas voulu que j’écrive un seul mot sur sa vie privée, ennemie de la médiatisation imbécile. J’ai décrypté ensuite les entretiens et le lui ai apporté la copie. Elle a tout relu et corrigé d’une main de fer jusqu’en décembre 2016. Maintenant le livre et là. Elle m’a dit que j’avais bien travaillé. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus aller chez, frapper à sa porte le jour convenu. On parlait. Je l’écoutais. Après j’allais faire chauffer l’eau du thé. Elle m’attendait dans le salon, sous le lustre “comme dans les tableaux de Vermeer”, avec de la brioche et de la confiture aux fruits rouges. Il y avait des journaux, des livres, des aiguilles à tricoter et les photos de sa famille.
Madame Sullerot m’a reçu pendant tout 2016 pour une série d’entretiens que j’ai tenu à réaliser pour célébrer son parcours que j’ai admiré à partir de l’instant où j’en ai eu connaissance. J’ai demandé à la rencontrer car j’estimais que son humilité rendait invisible tout l’apport de ses combats à notre société. Je m’attendais à trouver une intellectuelle et j’ai trouvé une humaniste. Madame Sullerot la grande féministe tricotait parfois tout en m’expliquant la genèse du Planning Familial qu’elle cofonda en 1956, avec la gynécologue, Mme Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé. Grâce à ses parents protestants, elle fut élevée dans une générosité de chaque instant. Son père à la fois pasteur et psychiatre voulait soulager les gens écrasés par les mystères sans réponse de l’existence, et sa mère lui enseigna tous les aspects de la sexualité sans aucun tabou. Toujours sensibilisée au bien-être des femmes, Mme Evelyne Sullerot a affronté l’hostilité des catholiques, des communistes et des médecins quand elle a combattu pour imposer l’usage des préservatifs et pour dépénaliser l’avortement alors pratiqué dans des conditions sordides. Ses prises de positions ont permis à Simone Veil de gagner beaucoup de temps pour faire passer les lois qui ont considérablement amélioré notre quotidien. Les médecins qui s’enrichissaient illégalement ne voulaient pas qu’on légalise l’IVG. Les catholiques ne supportaient pas qu’on enseigne aux enfants la sexualité, et les communistes, eux, voulaient qu’on fasse de plus en plus d’enfants pour agrandir toujours plus le parti. Opposée aux hypocrites, Madame Sullerot affronta tous ses détracteurs pour devenir une féministe de haut rang qui dérangeait aussi le féminisme conventionnel parce qu’elle aidait aussi les pères pour qu’ils aient le droit de garder leur enfant, en cas de divorce. Ne voulant pas être médiatisée à outrance, Madame Sullerot refusa de devenir secrétaire d’Etat à la condition féminine de Valéry Giscard d’Estaing. Femme de gauche, avec des valeurs inaltérables elle restait fidèle à ses convictions. Jeune fille, en plein régime vichyste, elle fit de la prison parce qu’à l’école elle retourna contre le mur le portait de Pétain. Dans sa famille, on haïssait le maréchal qui s’associa à Hitler. Elle réécrivit « Maréchal, nous voilà… » pour chanter : « Général, nous voilà ! » Elle avait 17 ans ! Sa maman en 1938 au moment des accords de Munich s’habilla en noir, pour porter le deuil des démocraties. Ennemi de tous les sectarismes, Evelye Sullerot s’allia avec Lucien Neuwirth, notoire politicien de droite, afin de demander au général de gaulle de favoriser la contraception. Sans elle, on restait au Moyen Age.
Au début des années 1970, la grande féministe et sociologue a créé l’association Retravailler pour permettre aux mères de famille de retrouver du travail après avoir élevé leur enfant. Membre du conseil économique et social, Madame Sullerot a été appréciée par toutes les majorités successives en raison de sa compétence. Femme à la fois autoritaire et pleine d’attention, elle ne supportait pas la désinvolture. L’humour oui, le laisser-aller non. Pendant nos entretiens, elle se plaignait parfois de ne pas trouver le bon mot. Rien d’alarmant, cela m’arrive bien entendu. Elle s’exprimait à merveille, toujours intelligente, toujours sensible. Je la rassurais, sous le charme d’une dame qui à quatre-vingt-douze ans se souvenait de tout avec une précision fantastique. Notamment de la mort de sa mère qui était d’une modernité inouïe. Ses parents qui cachèrent des Juifs pendant l’Occupation lui ont enseigné de toujours aider ceux qui souffrent. «J’ai toujours agi pour les autres, jamais pour moi », me répondait-elle dès que je vantais ses mérites. Les artistes font des œuvres pour divertir ou nous faire prendre conscience de certaines injustices. Madame Sullerot, elle, a agi directement sur la société pour nous rendre la vie plus facile. Si les femmes peuvent choisir quand elles deviendront maman, c’est grâce à elle. Si les couples ne sont plus dans une sexualité non épanouie, c’est aussi grâce à elle. Si les pères divorcés ne sont plus éloignés de leurs enfants, c’est encore grâce à elle. Féministe de la première heure, elle ne faisait pas partie de celles qui rejetaient les hommes. Un comportement qui a conduit à la marginaliser car elle aimait trop la liberté pour perdre sa totale indépendance. Elle s’est toujours opposée à Simone de Beauvoir dont le comportement pendant la guerre l’écœurait. Les fausses résistantes la mettaient en colère. Pour Madame Sullerot on naît femme, on ne le devient pas. Plus la société invente des techniques libératrices, plus les femmes s’éloignent du carcan de la «féminitude».
Madame Sullerot ne voulait être connue que par son activité au service de ses semblables. Elle parlait sans cesse du bien public. Une façon de concevoir la politique qui est totalement absence lors de la campagne présidentielle 2017. La dernière fois que je l’ai vue, elle m’a remis tout le manuscrit de notre livre qu’elle a lu avec une très grande attention. En marge de notre ouvrage, elle lisait quatre livres en même temps, et ne ratait rien de l’actualité. Elle se passionnait pour la génétique et ne faisait confiance qu’à la science. Madame Sullerot refusait que la religion intervienne dans la vie des gens au point de nuire à épanouissement intellectuel et physique. Elle était un trésor national. Je conserve en moi, sa douce voix et la force de ses yeux. Un regard de lionne.

L’insoumise. Femmes, familles, les combats d’une vie. Evelyne Sullerot et Bernard Morlino. L’Archipel, 280 p., 20 €

08.06.17

L'un des héros de Londres: Roy Larner de Millwall

D’aucuns prétendent que l’humour anglais cela n’existe pas ou plus.
Ah ! bon… Lisez plutôt ce qui suit:
Sous les coups des terroristes - ces séparatistes radicaux- Roy Larner (47 ans), au lieu de les fuir, est allé droit devant eux pour ferrailler alors qu’il avait dans la main un verre de bière et eux des couteaux.
Le 3 juin 2017, Roy Larner n’avait pour lui que son courage et son humour.
- “Ils avaient des longs couteaux et ont commencé à crier des “Allah” avant de dire “Islam, islam, islam!". Comme un idiot, je me suis avancé vers eux et j’ai dit: “Allez vous faire foutre, je suis Millwall".(1) C’est là qu’ils ont commencé à m’attaquer".
Les “quatre ou cinq pintes” - “rien de majeur"- qu’avait dans le ventre notre héros l’ont poussé à s’opposer aux terroristes.
Fabuleux: Millwall contre Allah !
L’un des terroriste porté en plus un maillot d’Arsenal… (Ouf, pas de Man United !)
-"J’étais seul contre les trois, voilà pourquoi j’ai été autant blessé. J’ai essayé de les saisir à mains nues et m’accrocher à eux. J’ai été poignardé huit fois. Ils m’ont coupé à la tête, à la poitrine et aux deux mains. Il y avait du sang partout (…) Ils continuaient de crier à l’islam, et moi j’ai dit à nouveau: “Je suis Milwall!” C’était la pire chose à faire, puisqu’ils ont continué à m’attaquer".
L’acte de courage de Roy Larner a permis à d’autres clients de s’enfuir.
Le héros- Héroy!- a été secouru et conduit à l’hôpital pour être soigné au plus vite.
Il a conservé son sens de l’humour face à la mort.
Un appel aux dons pour l’aider a été lancé. Une pétition demande qu’il reçoive la Croix de George, une des plus hautes récompenses décernées à des civils pour leur acte de courage en Grande-Bretagne. C’est le minimum pour une telle attitude.
Sa maman a déclaré, fière à juste raison:
-"Mon fils n’a pas eu peur, vous avez vu (…) C’est un indomptable et pas du genre mauviette, il ne tourne pas le dos lors d’une bagarre. Il ne s’est pas soucié de savoir qui ils étaient ou s’ils avaient un couteau ou même un fusil".
Madame, vous pouvez être heureuse d’avoir un tel fils.

(1) En réalité: «Fuck you, i’m Milwall»

PS: Millwall évoluera (2017-2018) en L2 anglaise car le club vient de s’extirper de la L3.

[Merci à Huffington Post et au Sun]

07.05.17

Hommage à Jean Gabin, à Marlène Dietrich et à Joséphine Baker qui ont participé à la Libération de la France

05.04.17

Mme Sullerot est morte cinq jours avant la parution de son dernier livre

Madame Sullerot est morte à quatre-vingt-douze ans, victime du cancer, vendredi 31 mars 2017. La fondatrice du Planning familial venait de corriger les épreuves d’un livre d’entretiens avec moi.

Évelyne Sullerot, née le 10 octobre 1924 à Montrouge, était de la génération de mes parents. Pas besoin d’insister pour vous dire ce que je ressens.

Madame Sullerot est morte à quatre-vingt-douze ans, victime du cancer, vendredi 31 mars 2017. La fondatrice du Planning familial venait de corriger les épreuves d’un livre d’entretiens avec moi. Évelyne Sullerot, née le 10 octobre 1924 à Montrouge, était de la génération de mes parents. Pas besoin d’insister pour vous dire ce que je ressens. La France vient de perdre l’une de ses plus grandes filles du XXe siècle. Je suis allé la voir pour lui dire que je voulais faire une livre avec elle et avec personne d’autre. Elle a accepté et nous avons remonté ensemble tout le fleuve de sa vie. Ce fut douloureux pour elle. Je revois ses larmes quand elle évoquait sa maman. Evelyne Sullerot était fantastique, aussi fantastique que ses parents. Pendant tout 2016, je suis allé l’interroger, sur son enfance, sa famille, son travail. Elle n’a pas voulu que j’écrive un seul mot sur sa vie privée, ennemie de la médiatisation imbécile. J’ai décrypté ensuite les entretiens et le lui ai apporté la copie. Elle a tout relu et corrigé d’une main de fer. Maintenant le livre et là. Elle m’a dit que j’avais bien travaillé. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus aller chez elle, frapper à sa porte à l’heure du rendez-vous. On parlait. Je l’écoutais. Après j’allais faire chauffer le thé. Elle m’attendait dans le salon avec de la brioche et de la confiture aux fruits rouges. Il y avait des journaux, des livres, des aiguilles à tricoter et les photos de sa famille.

Madame Sullerot m’a reçu pendant tout 2016 pour une série d’entretiens que j’ai tenu à réaliser pour célébrer son parcours que j’ai admiré à partir de l’instant où j’en ai eu connaissance. J’ai demandé à la rencontrer car j’estimais que son humilité rendait invisible tout l’apport de ses combats à notre société. Je m’attendais à trouver une intellectuelle et j’ai trouvé une humaniste. Madame Sullerot la grande féministe tricotait parfois tout en m’expliquant la genèse du Planning Familial qu’elle cofonda en 1956, avec la gynécologue, Mme Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé. Grâce à ses parents protestants, elle fut élevée dans une générosité de chaque instant. Son père à la fois pasteur et psychiatre voulait soulager les gens écrasés par les mystères sans réponse de l’existence, et sa mère lui enseigna tous les aspects de la sexualité sans aucun tabou. Toujours sensibilisée au bien-être des femmes, Mme Evelyne Sullerot a affronté l’hostilité des catholiques, des communistes et des médecins quand elle a combattu pour imposer l’usage des préservatifs et pour dépénaliser l’avortement alors pratiqué dans des conditions sordides. Ses prises de positions ont permis à Simone Veil de gagner beaucoup de temps pour faire passer les lois qui ont considérablement amélioré notre quotidien. Les médecins qui s’enrichissaient illégalement ne voulaient pas qu’on légalise l’IVG. Les catholiques ne supportaient pas qu’on enseigne aux enfants la sexualité, et les communistes, eux, voulaient qu’on fasse de plus en plus d’enfants pour agrandir toujours plus le parti. Opposée aux hypocrites, Madame Sullerot affronta tous ses détracteurs pour devenir une féministe de haut rang qui dérangeait aussi le féminisme conventionnel parce qu’elle aidait aussi les pères pour qu’ils aient le droit de garder leur enfant, en cas de divorce. Ne voulant pas être médiatisée à outrance, Madame Sullerot refusa de devenir secrétaire d’Etat à la condition féminine de Valéry Giscard d’Estaing. Femme de gauche, avec des valeurs inaltérables elle restait fidèle à ses convictions. Jeune fille, en plein régime vichyste, elle fit de la prison parce qu’à l’école elle retourna contre le mur le portait de Pétain. Dans sa famille, on haïssait le maréchal qui s’associa à Hitler. Elle réécrivit « Maréchal, nous voilà… » pour chanter : « Général, nous voilà ! » Elle avait 17 ans ! Sa maman en 1938 au moment des accords de Munich s’habilla en noir, pour porter le deuil des démocraties. Ennemi de tous les sectarismes, Evelye Sullerot s’allia avec Lucien Neuwirth, notoire politicien de droite, afin de demander au général de gaulle de favoriser la contraception. Sans elle, on restait au Moyen Age.
Au début des années 1970, la grande féministe et sociologue a créé l’association Retravailler pour permettre aux mères de famille de retrouver du travail après avoir élevé leur enfant. Membre du conseil économique et social, Madame Sullerot a été appréciée par toutes les majorités successives en raison de sa compétence. Femme à la fois autoritaire et pleine d’attention, elle ne supportait pas la désinvolture. L’humour oui, le laisser-aller non. Pendant nos entretiens, elle se plaignait parfois de ne pas trouver le bon mot. Rien d’alarmant, cela m’arrive bien entendu. Elle s’exprimait à merveille, toujours intelligente, toujours sensible. Je la rassurais, sous le charme d’une dame qui à quatre-vingt-douze ans se souvenait de tout avec une précision fantastique. Notamment de la mort de sa mère qui était d’une modernité inouïe. Ses parents qui cachèrent des Juifs pendant l’Occupation lui ont enseigné de toujours aider ceux qui souffrent. «J’ai toujours agi pour les autres, jamais pour moi », me répondait-elle dès que je vantais ses mérites. Les artistes font des œuvres pour divertir ou nous faire prendre conscience de certaines injustices. Madame Sullerot, elle, a agi directement sur la société pour nous rendre la vie plus facile. Si les femmes peuvent choisir quand elles deviendront maman, c’est grâce à elle. Si les couples ne sont plus dans une sexualité non épanouie, c’est aussi grâce à elle. Si les pères divorcés ne sont plus éloignés de leurs enfants, c’est encore grâce à elle. Féministe de la première heure, elle ne faisait pas partie de celles qui rejetaient les hommes. Un comportement qui a conduit à la marginaliser car elle aimait trop la liberté pour perdre sa totale indépendance. Elle s’est toujours opposée à Simone de Beauvoir dont le comportement pendant la guerre l’écœurait. Les fausses résistantes la mettaient en colère. Pour Madame Sullerot on naît femme, on ne le devient pas. Plus la société invente des techniques libératrices, plus les femmes s’éloignent du carcan de la «féminitude».
Madame Sullerot ne voulait être connue que par son activité au service de ses semblables. Elle parlait sans cesse du bien public. Une façon de concevoir la politique qui est totalement absence lors de la campagne présidentielle 2017. La dernière fois que je l’ai vue, elle m’a remis tout le manuscrit de notre livre qu’elle a lu avec une très grande attention. En marge de notre ouvrage, elle lisait quatre livres en même temps, et ne ratait rien de l’actualité. Elle se passionnait pour la génétique et ne faisait confiance qu’à la science. Madame Sullerot refusait que la religion intervienne dans la vie des gens au point de nuire à épanouissement intellectuel et physique. Elle était un trésor national. Je conserve en moi, sa douce voix et la force de ses yeux. Un regard de lionne.

L’insoumise. Femmes, familles, les combats d’une vie. Evelyne Sullerot et Bernard Morlino. L’Archipel, 280 p., 20 €

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