Catégorie: LA MOUETTE DE TCHEKHOV

21.09.20

Michael Lonsdale (1931-2020)

Il était de la race des Jean Bouise.
Des seconds rôles meilleurs que nombre de premiers rôles.
Je pense aux mots de Jean Gabin: “Tu joues avec Bernard Blier? Attention, dans tes scènes avec lui, on ne verra plus que lui".
Une présence qui crève l’écran.
Une voix qui chante.
Un colosse si fragile.
Depuis les années 1950, il n’a jamais arrêté de travailler. Dans tous les styles. Grande ouverture d’esprit.
Un prêtre de la vie.
Il y a plusieurs décennies, j’ai assisté à la vente des souvenirs de Michel Simon.
Nous étions peu nombreux dans la salle.
Au premier rang, il y avait Michael Lonsdale. Imposant par son physique silencieux. Je le voyais de dos mais je savais que c’était lui.
Il levait souvent la main pour acheter des photos.
A la fin, je suis allé le voir pour lui dire: “Cela fait plaisir de savoir que tout ça est chez vous à présent”.
Il m’a dit: “Vous aimez Michel Simon, je vois… Attendez, je vais vous donner quelques photos qui sont en double…”
Et il m’a tendu cinq cartes postales sépia du jeune Michel Simon, époque Vieux-Colombier.
Voilà qui illustre sa générosité. Sa transmission.

18.05.20

Le soir où Michel Piccoli (1925-2020) m'a raccompagné

La date ?
1984.
A Nanterre, il répétait avec Luc Bondy
Bulle Ogier, que je connaissais grâce à Claude Régy, m’a présenté à Michel Piccoli.
Pendant 1 heure, j’ai fait des photos de lui avec une bouteille de bière : Mort Subite.
Il ne connaissait pas cette marque. Il a aimé que je pense à ça.
Je lui ai dit qu’il faudrait faire un essai sur l’usage de la cigarette dans ses rôles. Il a rigolé !
En plus, je lui ai parlé de son père, violoniste Henri Piccoli qui joue dans Playtime de Jacques Tati. Il a été estomaqué que j’ai deviné que c’était son père.
Vers minuit, je l’ai laissé.
Je suis sorti du théâtre pour aller prendre la navette en vue de prendre le RER.
Il me voit, baisse la glace et me ramène à Paris.
Etre conduit par Michel Piccoli sans avoir d’accident comme dans Les choses de la vie, film de Claude Sautet d’après le livre de Paul Guimard.
Dans la voiture, on reparle.
Il me dit: “Les journalistes ne savent que je suis un acteur de théâtre. Le cinéma ce n’est pas mon métier. Le théâtre que j’ai eu tort d’abandonner, c’est comme un retour à la terre. Je suis un paysan".
Terre ? Cela tombait bien, il était en train de répéter 1984 : Terre étrangère d’Arthur Schnitzler, mise en scène Luc Bondy, à Nanterre où Patrice Chereau dirigeait les Amandiers.
Cette terre, c’est l’âme, la sienne et celles des autres.
A la défense, on voit Chéreau à un feu rouge.
Je baisse la glace pour qu’ils puissent parler par mon côté.
Après, il me dit: “Tant d’intelligence… Et maintenant, où va-t-il finir la nuit ? Cela me dépasse…”
Je lui réponds:
-"C’est notre Pasolini".
Lui: “Oui, vous avez raison".
Pour le reste c’est diffus. Je lui ai dit que l’usage de la cigarette dans les films de Sautet mérite une thèse. Cela l’a fait rire.
Je lui ai parlé de La Grande Bouffe. Film historique. Une siècle d’avance.
Sa voix… Il avait une voix encore plus forte que sa présence muette.
Un acteur-né. Pas quelqu’un qui faisait l’acteur.
Le Mépris. Sa façon de bouger.
Dans la jeune génération, Bertrand Bonvoisin était de son niveau, hélas ! il est mort trop jeune.
Michel Piccoli, un acteur ultra cérébral qui faisait du cinéma populaire.
Il jouait comme Alain Cuny mais il était perceptible comme Yves Montand.
Une très grande exigence.
Son Don Juan, version TV par Marcel Bluwal a marqué l’histoire de la TV française.
Tous les deux sont de 1925. Des gens de gauche avec un grand G.
Il n’a jamais reçu un César. Cela en dit long. Pas le roi de la reptation.
Me revient aussi sa colère contre le Bêbête show qu’il ne supportait pas.
L’annonce de mort (12 mai) avec six jours de retard…
Histoire de mourir tranquille. Lui disait: “Je n’irai ni en enfer ni au paradis".

02.05.20

Gros succès pour King Cantona sur Arte

Cantona rime avec Ventura. Cela sonne juste, vrai. Pas des pantins du show-biz !

Robert Herbin a dit que s’il avait pu il serait devenu peintre ou écrivain ou musicien car un footballeur à 30 ans et des poussières c’est fini.
Eric Cantona lui a réussi a être footballeur et quel footballeur ! et comédien, entre autres moyens d’expressions.
On ne lui a fait aucun cadeau. Quand il a décidé d’être acteur, un histrion intermittent du talent a dit:
-"Et moi est-ce que je fais du football ?”
Ce sinistre personnage est condamné à jouer des rôles, genre notaire ou vétérinaire. Ce n’est pas demain qu’il va jouer Alceste ou le Roi Lear.
Petit à petit, Cantona a fait son apprentissage.
Pas question qu’il fasse du boulevard sur son nom. Cantona ce n’est pas le même calibre que celui qui a remplacé “Lolo” Blanc en finale de la Coupe du Monde 1998.
Dans Dérapages, le comédien Cantona a pu exprimé sa palette. Il y est fort et fragile.
Il fait peur puis pleure. Oui, pleure comme ça, tout à coup. Sans oignon pour faire croire.
Son personnage de chômeur brisé par le système est plus que crédible. Il est vrai, authentique, sincère comme celui qui l’interprète.
Cantona n’est pas un footballeur qui fait du cinéma non c’est un acteur qui a été footballeur.
Je ne vois que V. Cassel ou Dupontel pour jouer ce que vient de jouer Cantona.
Depardieu et Arestrup sont trop âgés. Donnadieu est mort.
Le reste ? Qu’ils restent à leur place médiatique, celle de vedette. Artiste c’est autre chose.
Il n’y a que des promoteurs de spectacles. Créateur c’est autre chose: il faut tout mettre sur la table !
Par son humanité, Cantona est de la dimension de Ventura.
Cantona entre dans ses personnages. Et ne fait pas entrer les personnages en lui.
C’est le signe des très grandes personnalités. Celles qui crèvent les écrans.
Les audiences de Dérapages ont pulvérisé les records d’Arte.
En face, TF1 lui a mis Les Visiteurs ! Comme l’a dit Paul Léautaud: pour atteindre la foule, il faut être le plus vulgaire possible !
La qualité, il faut aller la chercher.
Par exemple, les livres de Georges Perros sont étouffés par le torrent de débilités.

23.04.20

Permalink 08:44:40, Catégories: GRAND MONSIEUR, LA MOUETTE DE TCHEKHOV  

Les maîtres du XXe siècle: Louis Jouvet dans L'Ecole des femmes

Enregistrement audio intégral de la pièce de Molière. 5 mois avant la mort de Louis Jouvet qui opte pour interprétation comique.
Il tousse souvent. Déchirant quand on sait que la mort est au-dessus de sa tête.
La pièce qu’il joue dans sa mise en scène a été enregistre le 16 mars 1951.
Malade du cœur, Jouvet meurt d’un infarctus le 17 août 1951, à l’Athénée, alors qu’il dirige une répétition de la pièce La Puissance et la Gloire, d’après Graham Greene.
Il a été enterré au cimetière de Montmartre.

Durée : 2 heures.

PERSONNAGES ET INTERPRÈTES

Arnolphe…………………………………….LOUIS JOUVET
(autrement M. de la Souche)
Agnès………………………………………..DOMINIQUE BLANCHAR
(jeune fille innocente
élevée par Arnolphe)
Horace………………………………………JEAN RICHARD
(amant d’Agnès)
Alain………………………………………….FERNAND RENÉ
(paysan, valet d’Arnolphe)
Georgette…………………………………..MONIQUE MÉLINARD
(paysanne, servante d’Arnolphe)
Chrysalde…………………………………..LEO LAPARA
(ami d’Arnolphe)
Enrique……………………………………..GEORGES RIQUIER
(beau-frère de Chrysalde)
Oronte……………………………………….PIERRE RENOIR
(père d’Horace et
grand ami d’Arnolphe)
Le notaire…………………………………..MICHEL ETCHEVERRY
Le clerc de notaire………………………RENÉ BESSON

Musique de scène de VITTORIO RIETTI

“L’École des Femmes” dans son interprétation par Louis Jouvet et sa compagnie a été enregistrée quelques semaines avant la mort du grand comédien, le 16 mars 1951, au cours de la dernière tournée aux États-Unis et au Canada, organisée pas les Galas Karsenty, sous le patronage du Ministère des Affaires étrangères (Association française d’action artistique) et sous le patronage de l’A.N.T.A. .
Cet enregistrement réalisé au Colonial Theatre de Boston est édité sur disques PATHÉ grâce à l’aimable autorisation de l’université de Harvard.

Le 29 avril 1955 l’Académie Charles Cros lui a décerné le grand prix du disque.

23.02.20

Asile politique ou asile de fous ?

Mme Elena BONNER (1923-2011)

Les Dadaïstes voilà de vrais révoltés de 1916, contre les aînés qui les envoyaient mourir à la guerre.
Un artiste ce n’est pas un histrion qui fait le gugusse en démocratie où tout est permis ou presque.
Les dissidents ? La Russie nous en a donné de très grands, d’Essenine à Soljenitsyne.

Intégrale Week-end, CNews, samedi 22 février 2020: Asile politique ou asile de fous ?
https://www.cnews.fr/emission/2020-02-22/integrale-week-end-2e-partie-du-22022020-929549
Nota Bene: A partir de la 20e minute…

(La dernière photo est celle de Maïakovski et pas V.Grossman)

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