Catégorie: LA MOUETTE DE TCHEKHOV

23.02.20

Asile politique ou asile de fous ?

Mme Elena BONNER (1923-2011)

Les Dadaïstes voilà de vrais révoltés de 1916, contre les aînés qui les envoyaient mourir à la guerre.
Un artiste ce n’est pas un histrion qui fait le gugusse en démocratie où tout est permis ou presque.
Les dissidents ? La Russie nous en a donné de très grands, d’Essenine à Soljenitsyne.

Intégrale Week-end, CNews, samedi 22 février 2020: Asile politique ou asile de fous ?
https://www.cnews.fr/emission/2020-02-22/integrale-week-end-2e-partie-du-22022020-929549
Nota Bene: A partir de la 20e minute…

(La dernière photo est celle de Maïakovski et pas V.Grossman)

26.12.19

Claude Régy (1923-2019) rejoint Vitez et Chéreau

Claude Régy… Il y a tant à dire sur lui.
Monument du théâtre contemporain. Il avait intitulé sa compagnie: Ateliers contemporains, au pluriel si je me souviens bien. Atelier, un beau mot qui sent l’artisanat. Un mot aussi en hommage à Charles Dullin, son maître au début de son parcours.
J’ai connu Claude Régy en 1982. Et je l’ai aimé immédiatement.
Exigence, passion, compétence, sensibilité extrême, coléreux quand il le faut, plein d’humour… Sa haine de la bêtise me plaisait tellement ! Il y a tant de spécialistes de la reptation.
Il n’a jamais voulu avoir de théâtre. Sa liberté était totale. Il ne voulait pas perdre son temps dans les questions administratives.
Il m’a fait l’honneur de m’engager pour Grand et Petit, de Botho Strauss, comme photographe.
Il m’avait préféré à Hervé Guibert dont je salue la mémoire.
La veille de la première, il m’appelle tard le soir et me dit:
-"Je dois supprimer toute ce que tu as fait car le spectacle est trop long… Et comme tu n’es pas comédien…”
J’avais réalisé toute la séquence de la séance des diapositives présentes dans le spectacle. Un travail sur plusieurs jours. Une mise en scène dans la mise en scène.
J’ai très bien accepté car travailler avec lui m’avait fait trop plaisir.
Il m’a écrit, le soir de la première:
“Merci d’être comme tu es".
J’ai toujours son bristol talisman.
Ensuite, il m’a demandé de photographier Par les villages, de Peter Handke.
Mon premier spectacle de Claude Régy fut Les gens déraisonnables sont en voie de disparition de de P. Handke, en 1978.
Claude Régy c’est l’équivalent de Hopper, au théâtre.
Science de l’espace. Solitude à couper au couteau.
Il aimait surtout les répétitions.
La représentation était de trop ! Le travail de recherche était alors fini. Place au fignolage. Il était le roi des notes d’après spectacles. Il assistait à tous les spectacles avec une concentration inouïe.
Il pouvait condamner plusieurs fauteuils de l’orchestre qu’il faisait recouvrir d’un drap blanc, s’il estimait l’angle de vision défectueux. L’accueil de ses spectacles ? Le dernier de ses soucis.
Lors des répétitions, il fumait cigare sur cigare. Marque Panther, à l’époque, si ma mémoire est bonne.
Les comédiens l’aimaient vraiment de manière forte: je pense à Muni. Ah! Muni, elle partageait son beefsteak avec moi dans sa chambre d’hôtel.
Je pourrais écrire un livre dans la soirée, sans m’arrêter, sur Claude Régy.
Je lui avais dit: “Pourquoi il n’y a rien au mur chez toi ?”
Lui: “Pour ne rien indiquer sur moi aux visiteurs !”
Sa voix, aiguë, tranchante, comme quelqu’un toujours sur le fil du rasoir.
Ses yeux qui sourient.
Sa vivacité. Ses coups de sang. Son élégance innée.
Le théâtre vient de perdre son dernier géant.
Vitez et Chéreau n’ont pas pu aller au bout de leur rêverie constructrice. Régy, oui.

01.11.19

Phlippe Caubère, le grand retour du Facteur Cheval du théâtre. Sur scène et en librairie: Le roman d’un acteur (Tome 2). La Belgique, Philippe Caubère. (Joëlle Losfeld Editions)

Philippe Caubère: des mots, un style, des sons, une voix, une gestuelle, de la présence, du charisme, de la violence, de la douceur comprimée, du rêve éveillé, de l’intelligence en mouvement, l’imaginaire à l’air libre, de l’émotion en vrac, une partition humaine, une musique corporelle. Du jamais vu en un seul homme-orchestre ! L’écrivain-comédien joue de lui comme d’un instrument. Et même, il se joue de lui-même. Un temps fort du théâtre. Il y a lui, et tous les autres. Ses spectacles sont de la haute voltige sans aucun filet. Exténuant. Bien sûr, pas de besogne. Que de la grâce.

Le 21 septembre 1950 est né Philippe Caubère. Une grande date pour sa famille et la France. Une grande date pour l’art et non pas la cul/tu/re. Le théâtre de Caubère est politique, éthique : le comédien a pris le pouvoir pour ne pas être esclave du téléphone. Le théâtre de Caubère est aussi et surtout physique car il teste le texte tout de suite sur les planches. Il écrit pour ainsi dire debout, en marchant, selon le vœu de Rimbaud. Debout comme New York vu par Céline, qu’il aime tant hors de toutes les polémiques. Debout comme un sexe en érection, mais il faut le dire vite sinon on risque la prison ou une convocation au poste.
La poésie a disparu de la circulation. Heureusement, Caubère la remet au coeur de la ville. C’est un mélange de Pagnol et de Suarès. Cela sent Marseille, la rascasse et l’OM, mais aussi Artaud, ce Marseillais dont plus personne ne se souvient. Caubère c’est aussi le théâtre de la cruauté qui s’échappe de la beauté d’une crèche provinciale. C’est Giono qui pique une colère parce qu’on a fait mal à Van Gogh du côté d’Arles. Voilà les images que fait naître Caubère sur ses propres images. Oui, Caubère est le fils de Pagnol et Raimu, au détail, près, que lui il ne veut pas voir revenir Pomponnette. Qu’elle rentre ou pas au bercail, il s’en tape la veilleuse, comme l’on dit à Nice et non pas à Marseille. Inutile de vous donner la définition de la veilleuse, de son va et vient. Hors la matrice, il n’y a que des Pomponnettes gigognes. On n’a pas fait 1969 (!) pour rentrer dans le rang.
Caubère a la force de Gérard Philipe et de Molière. Il est de leur famille. Celle de ceux qui font entendre les battements d’une langue vivante. C’est un Rodin des mots qui sculptent son temps à travers des personnages qu’il incarne tous, tout seul, tout le temps. Vous imaginez l’exploit que cela représente ? Il faut une générosité hors normes. Une capacité d’amour sans limite. Caubère donne temps sur scène que dans la vie, c’est un fauve sans caverne mais lui hurle à la vie, pas à la mort. Caubère seul en scène joue tous les rôles. Facteur Cheval du théâtre. Ce qu’il dit sonne juste comme chez Georges Navel, Gaston Chaissac et Louis Guilloux. Une maison du peuple.
Chaque fois qu’il écrit et joue, Caubère laisse des lambeaux de lui-même sur scène, comme le grand Brel et Johnny, ce drôle de Smet qui avait encore plus de magie dans la voix qu’on ne le dit. Son nouveau livre est pour nous le bonheur de retrouver l’écrivain Caubère qui est partout. Oui écrivain, Caubère est un écrivain, exactement dans la suite de Molière dont il est la réincarnation. Vous tenez entre les mains, une partition de mots. Une musique de l’âme.
Caubère est toujours en liaison avec la création, sa vraie femme et non pas sa maitresse. Pas besoin d’être ami avec Caubère car il donne tout dans son œuvre. Il nous fait des cadeaux à chaque ligne. Etre avec son livre c’est être avec lui. Ses phrases ont la particularité d’être à la fois des coups de poing et des caresses. Lui-même dégage cette force et cette fragilité, endeuillé perpétuel de son enfance. Il voudrait se retrouver avec des genoux plein de mercure au chrome, courant vers sa mère, dans la splendeur de sa beauté maternelle. En surimpression, quand il est sur une chaise avec son châle, on voit le squelette de la mère du fils joué par Anthony Perkins dans Psychose. Et dans ce moment, bien sûr Caubère joue les deux rôles ! Caubère est un gamin triste d’être adulte. Sur scène, il est redevient le gamin sous le soleil du Midi, de midi. Là, où il n’a enfin plus d’ombre qui le suit.

-Le roman d’un acteur (Tome 2). La Belgique, Philippe Caubère. Joëlle Losfeld Editions, 751 p., 25 €. Le bel ouvrage contient : Le Chemin de la Mort, le Vent du Gouffre, le Champ de Betteraves, le Voyage en Italie et le Bout de la Nuit

-Adieu Ferdinand ! Suite et Fin.
De et par Philippe Caubère Au Théâtre Du Rond Point
Du 5 novembre 2019 au 5 janvier 2020

2 Bis Avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris, France
Téléphone: 01.44.95.98.00

Le casino de Namur I :
5, 9, 13, 22, 26 et 30 novembre
4, 13, 17, 21, 27 et 31 décembre
4 janvier, 20h30

17 novembre et le 8 décembre, 16h
Relâche : les lundis et jeudis.

Le casino de Namur II
6, 15, 19, 23 et 27 novembre
6, 10, 14, 18 et 28 décembre
3 janvier, 20h30

10 novembre, les 1er et 22 décembre, le 5 janvier, 16h
Relâche : les lundis et jeudis.

La baleine et le camp de naturiste
8, 12, 16, 20 et 29 novembre
3, 7, 11, 20 et 24 décembre, 20h30

24 novembre, les 15 et 29 décembre, 16h
Relâche : les lundis et jeudis

PS: INTREGRALE WEEK-END, 2 novembre 2019: Merci Bernard ! (Revue de Stress): à partir de 16 mn 50 s.
https://www.cnews.fr/emission/2019-11-02/integrale-week-end-2e-partie-du-02112019-895373

10.10.19

Peter Handke, prix Nobel de littérature 2019

Peter Handke est polyglotte. Capable de parler en ce que vous voulez.

Le prix Nobel avait plus besoin de Peter Handke que le contraire !
Cela fait des années qu’il méritait d’être couronné.
Si Le Clézio et Modiano l’ont eu, il n’y avait pas de raison de laisser sur la touche Peter Handke.
Handke est l’écrivain de l’errance, de l’incommunicabilité entre les êtres, de l’enfance sacrée, du quotidien transcendé et des infimes détails que l’on ne sait plus voir.
Il a une œuvre à multiples facettes où domine le théâtre et les récits.
Sa prose a le rythme d’une promenade à pied. On avance, on regarde, on s’arrête, on repart. Un flux et reflux.
Win Wenders a su transposer au cinéma l’univers de l’écrivain autrichien qui pourrait se résumer par de la neige sur l’écran de télévision d’une chambre d’un Novotel près d’une bretelle d’autoroute, à 4 h 25 du matin. Les portes d’une chambre sont ouvertes. Le couple est visiblement parti. Où ? Ensemble ou séparé ? On ne le saura jamais. Comme Miles Davis, l’écrivain déteste les aboutissements. Il laisse libre sa littérature.
Handke marche sans cesse, arpente le globe. Il cherche des champignons comme on cherche Dieu, mais lui il trouve !
C’est l’Homme de Giacometti.
Il a un humour ravageur.
Il vit chaque jour comme si c’était le dernier.
Tout est vécu intensément. Le bonjour à une marchande de légumes est plus importante que les gros titres de la presse.
C’est un aventurier du quotidien. Pas besoin de saut en élastique pour avoir la sensation de vivre.
L’écrivain est aussi un lecteur insatiable.
Sa littérature améliore celui qui le lit.
Un jour, je sors de chez moi: il était assis au bar du Théâtre.
C’était écrit. Nous devions être amis.
_______________________
Les livres de P.H. : http://www.gallimard.fr/Selections/Peter-Handke
Choix de lectures. Pour commencer: Histoire d’enfant; La femme gauchère; Le Malheur indifférent et Essais sur la journée réussie

07.07.19

Permalink 10:40:15, Catégories: LITS ET RATURES, LA MOUETTE DE TCHEKHOV  

Architecture, de Pascal Rambert. Du Tchekhov discount

Sur le net, j’ai trouvé cette version des Trois Sœurs de Tchekhov. Avec ici des acteurs de haut parage, de vrais acteurs, pas des mannequins du PAF. Tout tient la route. Rien n’a vieilli. Cela sonne juste. Du talent partout et tout le temps.

Samedi 6 juillet 2019
En direct, France 5
Festival d’Avignon
Architecture, de Pascal Rambert

Un artiste doit maintenir éveillé son lecteur, son spectateur, son auditeur. Un œuvre doit transformer en interlocuteur celui qui se retrouve face à face avec elle. C’est une question de partage. Architecture exclut le (télé)spectateur qui est de trop. Ce genre d’entreprise n’est que de la simple production de spectacle comme disait Jean Genet. Rien à voir avec l’art. Ces gens-là “montent” une pièce, comme ils disent. Ensuite, ils montent sur scène mais n’y entrent. N’est pas Charles Dullin ou Louis Jouvet qui veut. La présence ne s’apprend pas dans les cours. On ne trouve pas dix Jacques Copeau ou dix Firmin Gémier par siècle.
Depuis la mort de Strehler, Vitez, Gruber et Chéreau, le théâtre français a disparu de la circulation. Où est la relève ? A part Alain Françon, rien.
Par curiosité, j’ai regardé à la télé - pas jusqu’à la fin: je ne suis pas masochiste- Architecture programmé au Festival d’Avignon, en direct. Jean Vilar s’est sans doute retourné dans sa tombe. Vilar le fondateur du TNP et du Festival d’Avignon attira au théâtre les gens qui d’habitude pensaient en être bannis. Architecture, au contraire, c’est un bouclier contre les ouvriers. Ne sont convoqués que les lecteurs/auditeurs de Radio France, Télérama, Inrocks, Libé (1) et Le Monde. Ceux qui ignorent que Louis Aragon logeait dans un appartement issu du parc immobilier de la galaxie du Premier ministre.
Sur scène, on voit des acteurs sans charisme. Très loin des virtuoses Philippe Clévenot, Jean Bouise, Raymond Jourdan, Gérard Desarthe, Jean-François Balmer, Dominique Valadié, Nada Strancar, Madeleine Marion, Bertrand Bonvoisin et Denise Gence, pour citer quelques-uns des très grands serviteurs du théâtre.
Les pipoles de la distribution d’Architecture disent un texte d’une faiblesse sans nom tant les mots y sont pauvres, mais sans le vouloir.
Pas un trait d’esprit, rien. Aucune grâce. Tout est à la fois lourd et insipide.
Les marionnettes désarticulées - très loin du choix santonesque de Claude Régy- ont toutes un ton donneur de leçons de monsieur et madame-je-sais-tout.
Ecrire demande surtout de retirer des mots au lieu d’en aligner.
Un grand écrivain écrit avec une gomme.
Tout ce tralala pour dire que le totalitarisme est une horreur. Surtout celui de droite, n’est-ce pas, comme si le pacte germano-soviétique entre Hitler et Staline était de la science-fiction.
La discours pompeux de ce théâtre-là veut nous dire que les fachos sont de retour en Europe - et ailleurs- comme si on ne le savait pas.
Tchekhov, Ibsen, Shakespeare, Molière disent beaucoup sans en avoir l’air.
Ecrire est un métier, pas une vocation.
Chez les contemporains, il n’y a que quatre auteurs: Bond, Vinaver, Th. Bernard et Handke.
Je me demande comment peut-on avoir la force pour écrire Architecture ?
Ce texte est la négation du théâtre. Du déjà vu et entendu mille fois et en mieux. Aucune trouvaille. Le vide créatif total.
Le théâtre politique peut être digeste s’il provient de Brecht.
En France, le plus authentique dans ce domaine reste Bernard Sobel. Dans les années 1980, il a proposé Edouard II de Christopher Marlowe, et Philoctète, de Heiner Müller qui sont deux phrases alors que le texte d’Architecture n’est même pas une luciole. N’y clignote que la prétention des gens dits de culture.
Les monologues de Bernard Zimmer, auteur totalement oublié, sont plus vivaces que ceux d’Architecture qui se fanent dit qu’ils sont prononcés.
Ce théâtre-là est totalement hermétique, même pas un laboratoire. Rien à voir avec les textes de Novarina et de Guyotat qui a donné au moins deux œuvres mythiques. Bernard-Marie Koltès, lui aussi, a su très bien dire ce qu’il avait à dire. Le théâtre écrit est de l’oralité à venir. Le théâtre qui n’est qu’une suite de mots ne passe pas la rampe. C’est d’autant plus vrai que le théâtre est le lieu par excellence où l’on entend le langage. Dès que l’entreprise est ratée cela nous casse les oreilles.
Antonin Artaud a lutté toute sa vie pour que plus personne ne monte sur scène pour bafouiller du verbiage vide du mystère de la création.
Sur le scène mythique du festival d’Avignon, je n’ai vu ni amour ni désamour. Je n’ai perçu que des gens qui semblent au premier de leurs répétitions tant ils ne savent pas ce qu’ils jouent. A l’horizon aucun sens de l’espace.
Cette assemblée familiale n’a pas la véracité de son équivalent dans La Mouette. Chez Tchekhov, on ne voit que des êtres humains qui ont tous ratés leur vie mais la force du texte consiste à ne parler que de la pluie et du beau temps. Tchekhov avait compris qu’il ne fallait surtout pas tenir de grands discours sur le sens de la vie. Idem chez Ibsen.
Donc, si vous aimez l’esprit, je ne vous dirige pas vers Pessoa, Aymé, Gary, Blondin, Audiard, Calet, Bove, Perros, Péguy, Woolf, Wilde ou Prévert. N’en demandons pas tant.
Par rapport à Architecture, contentez-vous d’un livre d’Alexandre Jardin, Katherine Pancol, Christine Angot, Christian Signol ou Guillaume Musso, voire Jacqueline Monsigny, cela suffira.
Architecture renvoie aux films d’Olivier Assayas et d’Arnaud Desplechin. Des “artistes” étatiques. Des créateurs qui ont pignon sur rue parce qu’ils sont à la mode aux yeux des régents de la communication. Ils appartiennent au PAF actuel, en attendant l’indispensable verdict de la postérité.
Marguerite Duras, malgré ses divagations sur un fait divers, avait au moins l’élégance d’avoir un univers.
Architecture est-ce du théâtre intellectuel ?
Si oui, je veux rester idiot, inculte et me contenter de Boeing-Boeing !
Je préfère rester ignorant plutôt que de me laisser enfumer l’esprit.
A tout choisir, j’aime plus Les Tontons flingueurs de Georges Lautner que La Chinoise de Jean-Luc Godard.
L’art c’est Mozart, Lautréamont, Rachmaninov, Welles, Miles Davis, Fellini, Pasolini, Hendrix.
Le peu que j’ai vu d’Architecture m’a fait l’effet de recevoir 50 enclumes sur la tête. Quand je vois Philippe Caubère, je quitte la salle en apesanteur.
La création est une affaire de générosité. D’un total don de soi.
Il n’y a pas de théâtre engagé ou de théâtre de boulevard, il n’y a que du bon ou du mauvais théâtre.
Le théâtre est aussi rare que le football, la musique ou de la littérature.
Le vie est déjà trop souvent lourde pour ne pas en rajouter sur scène.
L’art est un miracle créatif. De féérie spirituelle, et non pas du salmigondis préfabriqué à l’air du temps.
On peut voir 100 matchs de football sans voir 1 minute de football.
Dans Architecture, je n’ai pas vu une seconde de théâtre.
Quand la culture est barbante, les gens fuient la culture.
Exemple, jeudi 4 juillet 2019 , TF1 est arrivée en tête de l’audimat avec Mais où est donc passée la 7e compagnie? : 4,7 millions de téléspectateurs, 25,4 % de part d’audience. France 3 avec La Soupe aux choux :1,7 million de téléspectateurs (9,5 %). France 2: Le Grand Échiquier a rassemblé 1,4 million de personnes (9,9 %). (Le premier numéro, en décembre 2018, avait attiré 2 millions de téléspectateurs (10,5 %) tandis que le second avait réuni 1,6 million de personnes (9,9 %) en mars 2019.
On peut dire que le gros du public se laisse aller à la facilité. C’est vrai mais lui imposer Architecture serait lui faire subir une séance de torture prolongée.
Le Grand Echiquier nouvelle version est une fausse bonne idée: il manque le tact ludique de Jacques Chancel. Et surtout les invités ne font que du service après-vente. Ils viennent vendre leur “actualité” alors que Raymond Devos, Lino Ventura, Paul Tortelier ou Georges Brassens se contentaient de passer un grand bon moment avec les spectateurs. Peut on partager sans nécessairement vendre ? Pourquoi être obligé d’entourer la pianiste Khatia Buniatishvili d’un aéropage d’histrions ? Ah ! pour alpaguer un maximum de téléspectateurs comme on installe un tue-mouches.
La culture est un cadeau à son semblable, pas un pensum.
L’art doit nous améliorer et surtout pas rajouter à la médiocrité ambiante.

PS: impossible de trouver l’audience tv de la retransmission. Nulle trace de l’audimat. 500 000 foyers à 22 h 45 mais 500 à 1 h du matin ? On est tenté de penser au fameux: 1 000 000 selon les organisateurs et 1 00 000 d’après la police. Quand on voit ce spectacle, on comprend pourquoi le football a autant de succès. J’ai pensé à ce que m’a dit Fernand Ledoux. Lors d’un spectacle auquel il participait, l’un de ses partenaires s’est approché au bord du proscenium pour dire au public mécontent: “Vous savez, ce que nous jouons n’est pas de nous…”

(1) Evénement ! Libé dézingue la pièce: https://next.liberation.fr/culture/2019/07/05/architecture-avignon-en-etat-d-emphase_1738241

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