Catégorie: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

23.02.17

Al Pacino, De Niro et Keitel dans le prochain film de Scorsese

The Irishman est le futur film de Martin Scorsese, un film de gangsters avec Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci. Un bon grand film j’espère.
Comme la production n’est pas habituelle avec la forte présence de la télévision, il est possible que ce film ne soit pas distribué en salle, ce qui serait vraiment dommage.
Il s’agit du neuvième film qui réunit Robert De Niro et Martin Scorsese.
Harvey Keitel est aussi prévu dans l’aventure. Le film sera visible en 2019.
De Niro, Al Pacino, Harvey Keitel, Clint Eastwood, Jack Nicholson, Dustin Hohffman et Jon Voight. Voilà mes acteurs fétiches.
L’équivalent en France ? Je n’en vois pas. Sinon je cite Raimu, Gabin, Philipe, Jouvet, Simon, Bourvil, Serrault, Blier, Ventura, Belmondo, Delon… En France, parmi la nouvelle génération Pierre Niney et Romain Duris. Chez les femmes ? Karine Viard. Sur scène ? Dany Boon et Philippe Caubère.

20.02.17

Monsieur Bean, le nouveau Maigret de la BBC

Le dimanche sur France 3, 20 h 55
Les enquêtes du commissaire Maigret, d’après l’œuvre de Georges Simenon
1. Maigret tend un piège
2. Maigret et son mort
3. Maigret et la nuit du Carrefour
4. Maigret au « Picratt’s »
Pays d’origine : Royaume-Uni

Rowan Atkinson, alias Mr. Bean, incarne une nouvelle interprétation du célèbre commissaire à la pipe créé par Georges Simenon dans une série de téléfilms britanniques. Pour l’instant quatre ont été tournés et diffusés. Rowan Atkinson joue tout en intériorité. Il n’exprime ses sentiments par ses yeux exclusivement, comme Clint Eastwood. Ceux qui surjouent sont insupportables. Voilà une très belle production. Maigret tend un piège- à l’antenne le 19 février 2017- se déroule à Montmartre dans le Paris des années 1950. Tout ressemble à Montmartre et rien ne ressemble à Montmartre. Je ne reconnaissais rien et tout était pourtant impeccable. Dans l’impossibilité de tourner à Montmartre, la réalisation s’est transportée en Hongrie, à Budapest. Très bon choix. Cela donne envie d’y aller fissa !
La reconstitution est une vraiment merveilleuse avec les costumes, les voitures, le mobilier. On s’y croirait. Simenon n’est pas trahi. Son univers était d’une noirceur absolue. Cependant, il n’insiste sur rien. C’est le plus grand romancier populaire français du XXe. Sa prose est somptueuse. Il ne bâclait rien, n’allait jamais à la ligne pour rien. Ce n’est pas un simple auteur de polars. Il y des strates sur la société, différents niveaux de lectures, pour tou public, comme le faisaient Shakespeare et Molière. Dans un autre genre, il est aussi puissant que Marcel Proust.
La femme de Maigret est présente sans insistance dans la série.
Là aussi c’est bien vu. Georges Simenon était un cavaleur de première bourre mais Jules Maigret lui ne trompait pas sa femme.

18.02.17

Jacques Brel a disparu mais il n'est pas mort

Ci-dessus entretien Jacques Brel avec Henri Lemaire à Knokke en 1971
Réalisation par Marc Lobet

A voir sur France 3: Jacques Brel, fou de vivre. Documentaire de Philippe Kohly:

http://pluzz.francetv.fr/videos/jacques_brel_fou_de_vivre_,153337761.html

Dans cette émission, il y a des extraits de l’interview ci-dessus.
Le documentaire ne rappelle pas le mot de Brel: “Sans Trenet, nous serions tous des expert-comptables.” Ni que Brel enfant mis l’empreinte d’une patte de son chat à la case “signature des parents". A part ça, tout y est. Notamment: “Quand on n’a (plus) rien à dire, il faut se taire". Il a arrêté la scène aussi parce qu’il ne voulait pas réécrire en moins bien tout ce qu’il avait déjà dit. Brel n’était pas un produit qui épousait les modes pour durer comme tant de promoteurs de spectacles. Le public est parfois dupe et se laisse piéger par des moins que rien qui ne sont que de pitoyables faiseurs dont je débusque le mensonge professionnel au fond de leurs pitoyables rétines.
Le documentaire est bien sûr à regarder sans hésitation.
On y voit l’un des maîtres de la chanson avec Brassens, Trenet, Ferré, Ferrat, Aznavour et Barbara.
Brel est mort jeune mais il a vécu une vie si intense que cela revient à avoir été centenaire.
Il a laisse une grande partie de sa vie sur scène.
C’est le plus grand interprète de la chanson française du XXe siècle.
Il vivait intensément ce qu’il disait, de la tête aux pieds. Les mots, les émotions, sa rage, sa violence, sa douceur, tout traversait son cœur, son cerveau.
Il a mis ses tripes sur scène pendant quinze ans.
Avant, il était dans une concentration optimale. Un tract qui le faisait vomir.
Il entrait en scène en courant.
Il donnait tout sans aucun rappel. Il ne revenait jamais. Miles Davis agissait de la même façon.
J’ai entendu Coluche dire: “Dans un théâtre, la personne la plus importante et celui qui ouvre et ferme le rideau". Cela voulait dire qu’il fallait battre le rappel pour chauffer la salle.
Brel ne mangeait pas de ce pain-là.
Après ses textes, il ne prenait la parole que pour donner le nom de ses musiciens. (Il n’est revenu devant le public après le rideau tiré que le soir de sa dernière à l’Olympia pour dire: “Ce fut quinze ans d’amour".)
Après avoir mis la vie et la mort sur les planches, il ne pouvait pas aller dormir.
Il allait manger avec ses amis.
La trilogie: tabac, alcool, fille. Il fumait 4 paquets de cigarettes par jour. 80 clous de cercueil comme disait Humprey Bogart.
En Belgique, il y avait sa femme et leurs trois enfants, trois filles. Sa femme acceptait son mari comme il était pour ne pas qu’il lui dise à cinquante ans: “J’ai raté ma vie". Il vaut mieux être mariée à Brel qu’on ne voit jamais qu’à un imbécile qu’on voit tous les jours. Brel polygame, non ? Brel, poète. Il n’y a rien d’autre à dire. On n’enferme pas un oiseau, à moins d’être un sadique.
Sa fille France, avec laquelle il avait un rapport très fort a dit (je cite de mémoire): “Je n’ai pas eu de père. Mon père appartient à tout le monde". C’est vrai. Ainsi quand on voit Brel sur l’écran ou qu’on l’écoute, l’entende, on se dit: “On n’est pas seul, on n’est plus seul". Il y a Brel. Seuls les grands humanistes sont perceptibles.
Je me souviens que ma mère m’a dit quand j’avais 15 ans: “Jacques Brel a interdit à ses filles qu’elles viennent le voir sur scène". Oui, il ne voulait pas que ses filles le voit se mettre aussi “minable", aussi “chiffon". Brel ne trichait pas: quand il disait “je t’aime” ça se voyait, et quand il disait “tu pars ?” ça ce voyait aussi.
Jacques Brel a écrit, a chanté, a joué, a réalisé, a navigué, a piloté des avions.
Jacques Brel fut un vrai vivant.
Jacques Brel n’est pas mort.
Il était encombré par son corps en bonne santé, disait-il.
Ce corps n’est plus là. Son esprit, oui.
Pour qu’il meure il faut que je meure. Je suis un cimetière ambulant.

05.02.17

"La politique devrait être une vocation et non pas un métier." Au plus grand mépris du peuple, la France est un gâteau que se partage la caste de la démocratie totalitaire

Le grand Jean Gabin avec les mots de Michel Audiard. Voilà deux grands hommes. Je vous rappelle que Jean Gabin fut un grand résistant et qu’il libéra Paris et donc la France. Ce n’était pas un politicien qui se remplit les poches en temps de paix avec l’argent des contribuables. Jean Gabin demeure un exemple. C’est un véritable héros. Voilà pourquoi il est si parfait dans Le Président.

Est-ce que l’on vivra assez pour voir une Révolution, celle qui rendra le peuple souverain ?
Le peuple va-t-il encore longtemps se faire confisquer le pays par une poignée de profiteurs, tous partis politiques confondus ?
Pour un Pierre Mendès France combien de voyous ?
Emmanuel Berl m’a dit ce mot que lui a confié Edouard Herriot: “Il faut choisir: la politique ou l’argent ?” Lui avait choisi la politique.
La nouvelle affaire salit une nouvelle fois la France.
Une de plus ! Droite, gauche, même combat.
On nous promet l’extrême droite. Cela serait encore pire !
En fait, les élus ne servent pas la France mais se servent d’elle.
Ecoutons encore une fois Gabin-Audiard-Simenon-Verneuil.
Tout est dit. On était en 1961. C’est toujours d’actualité, hélas !

25.12.16

Le cinéma italien, appassionato(Georges Ayache), Arletty, B.B., le CNC...

Un grand coup de nostalgie nous étreint quand on prend dans les mains le livre de Georges Ayache sur le cinéma italien qui s’est liquéfié. A part Nanni Moretti, plus rien. Oui, excepté Moretti, sorte de Woddy Allen transalpin, le cinéma ne nous a plus rien donné depuis la domination de la télévision de Silvio Berlusconi alors qu’en France, Francis Bouygues a produit Kusturica, Almodovar, Lynch et Wenders, le haut du panier. Notre jeunesse a été bercée par les films de Fellini, Visconti, Pasolini, Antonioni, De Sica, Scola, Risi, Bertolucci, Rosselini, Zurlini… La liste est longue, il y en a d’autres et pas des moindres. On avait rendez-vous avec Toto, Mastroianni, Gassmann, Sordi, Anna Magnani, Sophia Loren, Monica Vitti… Le livre de Georges Ayache nous fait remonter tous les souvenirs : les images ressurgissent, celles des films, le visage familier des acteurs et cinéastes, et aussi les souvenirs de notre propre vie liés à toute cette fantasmagorie cinématographique. Tous ces artistes ont donné beaucoup de chefs-d’œuvre et à coup sûr le meilleur d’eux-mêmes. Ils ne cédaient pas à la facilité ou à l’intellectualisme borné. Toute cette imagination débordante est née d’une Italie qui renaissait sur les cendres du fascisme. Les protagonistes du cinéma italien qui tenait le haut de l’affiche européen étaient d’authentiques artistes. La télé ne produit que des produits de consommation. Où sont les Visconti et Pasolini de la télé ? Il n’y en a pas.
Dans leur Dictionnaire de la pensée du cinéma, Antoine Baecque et Philippe Chevallier recensent un large panorama du cinéma mondial avec des entrées sur les principaux temps forts mais si l’on tombe sur une séquence Assayas on n’a pas un chapitre distinct sur Tati, Eastwood ou Leone. D’autres sont simplement cités, tel Coppola. Pas d’importance particulière accordée aux géniaux Audiard, Kurosawa, Cassavetes mais beaucoup de lignes pour Cournot, Dort et Daney. Rien sur Chalais qui à la télé a pourtant bien aidé le cinéma. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Chalais était un hussard de la pellicule. Il n’avait pas bonne presse. Artaud et Desnos sont heureusement bien là mais pas Soupault. De Funès mais pas Toto. Citizen Kane plus présent que son créateur Orson Welles. Comme si ceux qui regardent sont plus importants que celui qui fait. Pour ma part, j’aime autant les Cahiers du Cinéma que Cinémonde ou Ciné-Revue. L’art aboli les frontières. Il n’y a pas d’un côté les intellos et de l’autre le populo.
La couverture de Chronique d’un monde d’images, de Bénédicte Jourgeaud et Bertrand Richard, nous restitue une Jeanne Moreau éclatante de naturel. Voilà une actrice qui n’avait pas le sexe sur le visage sans avoir la froideur d’une héroïne d’Alfred Hitchcock. Cet ouvrage sur le CNC, nous relate 70 ans de service de la création de manière très claire. C’est grâce au système de redistribution que le cinéma français n’est pas mort comme son frère italien. Le cinéma est né en France depuis 1895 : les frères Lumière, Georges Méliès, Charles Pathé, Léon Gaumont… A partir de 1950, il a fait partie de la civilisation des loisirs. Après-guerre, il est devenu une industrie, selon le mot de Malraux. En 1946, la création du Centre National de la Cinématographie commence à réguler le bon fonctionnement du cinéma avec un système de subventions. En 1970, la télé fait ombrage au cinéma qui doit s’acclimateur et réfléchir. En ce début de XXIe siècle, le 7e Art français est le troisième du monde, derrière les films américains et indiens. L’Inde s’adresse essentiellement à l’Inde avec peu de films destinés à l’étranger.
L’hommage à B.B. par Marie Céhéré est une bonne introduction pour ceux qui ne la connaissent que par ce que la presse en rapporte. B.B. est bien plus qu’une icône. Elle a été plus importante que Beauvoir ou Giroud. B.B. c’est celle qui a dit merde à la gloire et au système. Beaucoup de jeunes aux dents longues devraient réfléchir sur son refus du vedettariat après y avoir goûté. B.B. fut aussi célèbre que De Gaulle et Tintin. Sa mère demandait que sa fille la vouvoie. Cela en dit long sur le besoin de se libérer. On accuse B.B. d’être mauvaise mère comme on accusa Rousseau d’être un mauvais père. Au lieu de parler pour ne rien dire, il vaut mieux savoir ce qui s’est vraiment passé. Le livre de Marie Céhére y concourt même si elle cite trop souvent l’ami Yves Bigot comme on s’appuie sur des béquilles. B.B. n’a jamais voulu devenir fille, femme, mère et grand-mère. Tout ce qui est écrit d’avance l’embête considérablement. B.B. s’est délivrée des chaines sociales. C’est une femme de tempérament. Marylin Monroe n’a pas su résister à la pression de la notoriété. B.B. oui. Elle est toujours là. Elle incarne la France. Elle fut l’une des plus belles femmes du monde. Une beauté sauvage. Libre. Pas domptable par un homme. Un symbole de liberté absolue. Ses rivales, ses imitatrices peuvent aller se rhabiller. Des millions de femmes ont montré leur cul mais il n’y a qu’une Bardot qui a la parole libre à l’inverse des politiques qui bredouillent un catéchisme inaudible. A part Deneuve et Dorléac, personne ne lui arrive à la cheville.

-Le cinéma italien, appassionato, Georges Ayache (Editions du Rocher, 310 p., 20 €)
-Arletty, «Si mon cœur est français». David Alliot (Tallandier, 256 p., 18,90 €)
-Brigitte Bardot, l’art de déplaire, Marie Céhére (Pierre Guillaume de Roux, 170 p., 18 €)
-Dictionnaire de la pensée du cinéma, Antoine Baecque et Philippe Chevallier (PUF, 812 p., 39 €)
-Chronique d’un monde d’images. Le CNC, 70 ans de service de la création, Bénédicte Jourgeaud et Bertrand Richard (Cherche Midi, 128 p., 26 €)

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