Catégorie: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

29.05.17

Un documentaire pour fêter Michel Piccoli, sur Arte

L’extravagant monsieur Piccoli
Documentaire français de Yves Jeuland (2016).
Voir en replay sur Arte:

http://www.tv-replay.fr/redirection/28-05-17/l-extravagant-monsieur-piccoli-arte-12413975.html

Michel Piccoli a tourné sous la direction de Godard, Demy, Cavalier, Hitchcock, Sautet, Luis Buñuel et Marco Ferreri.
A la télévision, il reste le meilleur Don Juan qu’on n’est jamais vu avant lui. La réalisation était de Marcel Bluwal.
Bluwal et Piccoli c’est la gauche pas caviar. Cela existe.
Michel Piccoli reste l’un de nous plus grands comédiens. Aucune concession. N’en fais qu’à sa tête.
Il m’a raccompagné un soir quand j’attendais le bus après une représentation.
Auparavant, je l’avais photographié.
Me voyant seul, il m’a proposé de me ramener à Paris.
C’était au temps de Chéreau, à Nanterre.
Dans la voiture, il m’a dit :"Le théâtre, c’est le retour à la terre. Il faut que j’y revienne tout le temps".
Je vous dit cela pour vous dire que l’homme est à la hauteur de l’artiste.
Luis Buñuel a dit que Michel Piccoli était le seul comédien avec lequel il peut rester entre deux claps. Quel beau compliment !
Je témoigne que Piccoli s’est adressé à moi avec la simplicité d’un inconnu. C’est comme cela qu’il faut être.
Piccoli a joué dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri avec des dialogues de Francis Blanche. Ce film a dérangé beaucoup de gens, les bien-pensants qui se sont trop reconnus ! On y voit quatre amis manger et encore manger. Satire de la société de consommation. Les amis ? Noiret, Piccoli, Mastroianni et Tognazzi.
La grande bouffe est un film encore en avance, toujours en avance.
Si loin des nullités qui se succèdent sur les écrans.
En 1973, Ferreri faisait du cinéma parce qu’il avait quelque chose à dire.

28.05.17

Festival de Cannes la braguette, par le Monégasque Léo Ferré

Rien a changé depuis l’immense Léo Ferré.
Le Festival de Cannes et la montée des marches… C’est ça le cinéma ?
Un défilé d’actrices qui se rabaissent au rang de mannequins. On ne sait plus qui est qui.
C’est de la vulgarité. Et rien que ça. Aucune classe.
Le cinéma c’est François Rosay, Marguerite Moreno ou Gena Rowlands.
Bette Davis et Anna Magnani.
Si on parle de poitrine, celles de Sophia Loren, de Bardot ou Marilyn.
La beauté de l’âme, pas la beauté de l’âne.
Pour une Grace Kelly combien de starlettes qui se la jouent Sarah Bernhardt.
Le préposé au micro: “Alors ça fait quoi de monter les marches ?”
L’ex présentatrice de météo ou top model recyclée au cinéma: “Je suis très émue. J’en rêvais tellement…”
On sait qu’il vaut mieux montrer son cul sur l’écran que jouer Célimène à la Comédie Française.
Rien que des chercheuses de metteur en seins.
C’est l’intérieur de soi qu’il faut mettre sur le tapis et non pas les apparences, même en montant les marches.
J’ai aperçu sur scène Jean-Pierre Léaud, égaré dans une brochette de “guest” (sic). Il n’applaudissait pas. Il était livide. Comme absent. Pourtant, lui, c’est vraiment le Festival de Cannes: Cocteau, Truffaut, Les 400 coups.
Le cinéma doit nous sortir du quotidien et non pas nous y ramener.
On voit des mines patibulaires. Rien que des gens de pouvoir.
De l’argent partout. Malraux a dit qu’il s’agissait aussi, et maintenant surtout, d’une industrie.
Ces gens-là dorment dans des chambres d’hôtel dont chaque nuit correspond à un an de loyer pour le public de base que nous sommes.
Et vous allez voir qu’une fois de plus, ils vont primer des rôles misérabilistes pour se donner bonne connaissance.
Dans ce genre de kermesse, ils haïssent les comédies parce qu’ils la jouent tellement !
Tout ce qui est populaire est banni du Festival de Cannes.
A 19 h, ils priment des chômeurs ou des malades en phase terminale. A 23 h, ils se gavent de champagne avec des “canapés” plein de caviar (bien sûr c’est pour la bonne cause).
Cinéma, tout ça !

Palmarès officiel

Palme d’or: “The Square” de Ruben Östlund
Prix du 70ème anniversaire: Nicole Kidman
Grand prix: “120 battements par minute” de Robin Campillo
Prix de la mise en scène: Sofia Coppola pour “Les proies”
Prix du scénario: “Mise à Mort du Cerf Sacré” de Yórgos Lánthimos, et “You Were Never Really Here” de Lynne Ramsay
Prix d’interprétation féminine: Diane Kruger dans “In the fade” de Fatih Akýn
Prix du jury: “Nelyubov” (Faute d’amour) de Kornél Zvyagintsev
Prix d’interprétation masculine: Joaquin Phoenix pour “You Were Never Really Here” de Lynne Ramsay
Caméra d’or: “Jeune Femme” de Léonor Séraille
Palme d’or du court métrage: “Xiao Cheng Er Yue” (Une nuit douce) de Qiu Yang
Mention spécial du court métrage: “Le plafond” de Teppo Airaksinen

[Post dédié à Keaton, Renoir, Carné, Grémillon, Duvivier, Tati, Bresson, Verneuil, Welles, Hitchcock, Fellini, Pasolini, Kusosawa, Ozu, S. Ray, Bunuel, Resnais, Cassavetes … ]

23.05.17

Roger Moore (1927-2017), clap de fin

Encore un symbole.
Manchester attaqué. Mort de Roger Moore.
Je me revois regarder Ivanhoé.
Il y a 55 ans !
Roger Moore (doublé par Jacques Toja) était Ivanhoé
Robert Brown (doublé par André Valmy avec qui j’étais ami) joué Gurth.
Dans le feuilleton, on percevait bien l’amitié entre Ivanhoé et Gurth.
Le Saint je ne regardais pas trop.
Amicalement vôtre assez souvent. Là encore très bon duo avec Tony Curtis (1925-2010)
Il fut le meilleur James Bond après Sean Connery. A mon goût.
Moore avec une distinction pleine d’humour. L’œil toujours frétillant comme Tony Curtis.
Jadis seuls les acteurs étaient comédiens. Le feu sacré.

18.05.17

Permalien 08:34:05, Catégories: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE  

Le cinéma ce n'est pas le Festival de Cannes

La grande kermesse du Festival de Cannes a été lancée par des écrivains. Depuis, ce n’est plus qu’une foire industrielle. Sur les marches de la Croisette, il n’y a pas le cinéma mais rien que du cinéma !

Le cinéma c’est de la poésie, alors que tout le décorum de la com. n’est rien d’autre que du prosaïque, du lourdingue agaçant et angoissant.
On est passé de l’autographe au selfie, cela en dit long.
De nos jours, quelqu’un de célèbre c’est celui qui est pris en poussant un caddie au rayon des poudres récurrentes.
Vu avez jeté un œil sur l’ouverture du Festival de Cannes ?
Affligeant comme chaque année.
On y voit un aboyeur au bas des escaliers tendre son micro à des people:
-Alors ça fait quoi de monter les marches ?
-Oh ! C’est si merveilleux ! J’adooooore Caaaaannes…
Les actrices ne sont plus que des porte-manteaux pour couturiers en mal de pub.
Ce clinquant est d’une bêtise infinie. Et tout ça pour finir par récompenser des films sur les déshérités.
Les acteurs dorment dans des suites à plusieurs milliers d’euros la nuit et papotent dans le hall de l’hôtel sur leur rôle d’un chômeur en fin de droits.
Sur la scène du “bunker” cannois, c’est le défilé des gens cinéma. Rien n’est naturel.
Tout ça sent le pouvoir, la force médiatique des régents de la communication. Les vieux beaux s’accrochent à leur notoriété comme Ciceron à son urinal.
Le cinéma ce n’est pas ça. Les femmes y sont réduites à des chercheuses de metteurs en seins.
La vulgarité a couper au couteau. Pas un gramme de classe. Cela bredouille d’ânerie. C’est le prompteur de l’inutilité. Les filles de… rappliquent de partout, le talent n’est pas héréditaire. Tant mieux !
On voit toujours les mêmes, côté français. Un cinéma d’avance sur recetttes qui ne nous regarde pas.
Les émissions sur le cinéma, c’est à vous dégouter du cinéma.
Orson Welles parlait d’un “ruban de rêves". On en est loin, d’ailleurs à la fin de leur vie, plus personne ne voulait faire tourner Tati, Visconti et Losey.
N’est pas François Chalais qui veut. Cinéma cinémas, au début du règne de François Mitterrand, était un émission révolutionnaire. On lui a coupé la tête.

-Cinéma, Jacques Prévert (Folio, 400 p., 9,30 €). Trois scénarios inédits de Prévert. On les lit comme si on était Marcel Carné. Le poète n’est pas mort en 1977. Il reste présent mais on ne peut plus lui parler.
-Servir. La vocation de l’auteur. Entretiens Michel Bouquet-Gabriel Dufay (Klincksieck, 230 p.,17,50 €) “L’acteur doit être plus fort que la mise en scène” dit l’acteur de Jean Grémillon.
-Histoire secrète du cinéma français, Michel Pascal (Robert Laffont, 371 p., 21 €) Les coulisses de tous les films français à partir de l’entame des années 1960 par un “professionnel de la profession” pour citer Jean-Luc Godard qui a disparu des radars. Un fait certain, le cinéma français existe toujours alors que son homologue Italie a disparu des écrans. Triste à ne pas voir !
-A Rome avec Nanni Moretti, Paolo di Paolo et Giorgio Biferalli. Traduit de l’italien par Karine Degliame-O’Keeffe (La Table Ronde, 170 p., 17,50 €) Hier Fellini dans les rue de Mama Roma, aujourd’hui Moretti, le rescapé du massacre des années Berlusconi.

28.04.17

France 3: Hommage à Jean Gabin, résistant, paysan et artiste

Vendredi 28 avril 2017
Un Français nommé Gabin
de François Aymé et Yves Jeuland
France 3, 20 h 55

A ne pas manquer, ce nouvel hommage à Jean Gabin.
Dans cette période trouble, sans grandes références, il est important de célébrer un homme de la trempe de Jean Gabin.
Enfant, il adorait le sport, notamment le vélo et le football.
Il voulait soit devenir paysan, soit conducteur de train.
Finalement, il monte sur les planches et débute au music-hall.
Arletty a dit: “Le regard de Jean avec ses yeux bleus et ses sourcils roux était foudroyant !”
Il devient acteur et aura deux carrières:
une première, avant-guerre, où il tourne avec les plus grands cinéastes.
une seconde, avec des films cultes hyper populaires dans le plus grand sens du terme.
Entre les deux, il s’engage dans la résistance et, devenu pilote de char, il participe à la Libération de Paris.
Après une traversée du désert, il revient au premier plan et devient enfin le paysan qu’il voulait devenir.
Hélas ! le monde paysan le rejette car les paysans sont incapables de reconnaître l’un des leurs. Gabin ne jouait pas à être paysan. Il en était un, au plus profond de son être.
Sur son passeport, il marquait “Paysan” et non pas “comédien". Il ne souhaitait pas que son fils fasse du cinéma, trouvant ce milieu trop superficiel. Sa fille, elle, en fait mais derrière la caméra.
Il tout à fait signification que le mort de Jean Gabin intervienne après la violence de ce rejet qui l’attrista profondément.
Avant de mourir, il demande à rentrer à Paris et souhaite que l’ambulance passe devant la Tour Eiffel afin de la saluer une dernière fois, lui le libérateur de la capitale avec la Division Leclerc.
Lors du défilé sur les Champs Elysées lors de la Libération, il refusa de rester à son poste dans le char:
-"Je ne veux pas voler la vedette à mes amis".
Il regarda les troupes descendre vers la Concorde depuis la fenêtre d’un immeuble de la grande avenue.
Pendant la guerre, le résistant ne s’appelait pas Jean Gabin.
Il avait repris son vrai patronyme: Moncorgé.
Jeunesse de France n’oublie pas Jean Gabin. Les autres, aussi !

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