Catégorie: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

23.05.19

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Le Festival de Cannes 1976 n'a pas récompensé ALAIN DELON et ROBERT DE NIRO

Quand on scrute le Festival de Cannes 1976, plusieurs remarques s’imposent.
La qualité du jury avec au moins trois pointures.
La qualité de la sélection. En gras, j’ai souligné les grands films.
On ne peut pas récompenser tout le monde mais d’évidence le prix d’interprétation devait aller soit à Delon soit à de Niro. Les deux méritaient le prix ex æquo. Ils l’ont bien fait pour les actrices.
Donc, un prix c’est bien mais cela ne veut rien si on n’en obtient pas.
En 1976, la liste des metteurs en scène est fantastique: Scorsese, Bolognini, Losey, Wenders, Polanski, Saura, Schatzberg, Mazursky, Scola et Parker.
Et aussi Rouch, le documentariste.
Et Blain et Schmid.
Rohmer ? Une écriture snobinarde, mondaine, cinéma pour l’entre-soi pour happy few. Bon pour Télérama, Libé (version depuis l’après July), les Inroks… Je préfère Lautner ! N’est pas S. Ray qui veut !

Palmarès
Palme d’or : Taxi Driver de Martin Scorsese (États-Unis)
Grand prix spécial du jury (ex æquo) :
Cría cuervos de Carlos Saura (Espagne)La Marquise d’O… d’Éric Rohmer (R.F.A.)
Prix d’interprétation féminine (ex æquo) :
Mari Törocsik pour Où êtes-vous madame Déry ? de Gyula Maár (Hongrie)
Dominique Sanda pour L’Héritage de Mauro Bolognini (Italie)
Prix d’interprétation masculine : José Luis Gomez pour Pascual Duarte de Ricardo Franco
Prix de la mise en scène : Ettore Scola pour Affreux, sales et méchants (Italie)

Jury longs métrages du Festival de Cannes 1976
Président du jury : Tennessee Williams, écrivain
Costa-Gavras, réalisateur
András Kovács, réalisateur
Charlotte Rampling, comédienne
Georges Schehadé, écrivain
Jean Carzou, peintre
Lorenzo Lopez Sancho, journaliste
Mario Cecchi Gori, producteur
Mario Vargas Llosa, écrivain

Sélection officielle
Actes de Marusia Miguel Littin Mexique
Babatou, les trois conseils Jean Rouch Niger
Affreux, sales et méchants Ettore Scola Italie
Bugsy Malone Alan Parker Royaume-Uni
Cría cuervos Carlos Saura Espagne
Vol à la tire Jerry Schatzberg États-Unis
Où êtes-vous madame Déry ? Gyula Maár Hongrie
Au fil du temps Wim Wenders Allemagne de l’Ouest
L’Héritage Mauro Bolognini Italie
La Griffe et la Dent Gérard Vienne et François Bel France
La Marquise d’O… Éric Rohmer Allemagne de l’Ouest
Le Locataire Roman Polanski France
Monsieur Klein Joseph Losey France France
Next Stop, Greenwich Village Paul Mazursky États-Unis
La Fin de la nuit Shyam Benegal Inde
Pascual Duarte Ricardo Franco Espagne
L’Ombre des anges Daniel Schmid Suisse
Taxi Driver Martin Scorsese États-Unis
Un enfant dans la foule Gérard Blain France
Vices privés, vertus publiques Miklós Jancsó Italie

22.05.19

Seymour Cassel (1935-2019) le comédien fétiche de John Cassavetes

Avec la disparition de Seymour Cassel c’est tout un monde de l’amitié qui s’écroule.
Il était l’acteur et l’ami de John Cassavetes, immense cinéaste qui a mis quasi sous silence sa carrière d’acteur pour devenir cinéaste, contre les grosses compagnies qui ne pensent qu’à la caisse enregistreuse.
Le monde de l’amitié était composé de:
Ben Gazzara
John Cassavetes
Peter Falk
Seymour Cassel
Tous disparus. Tous de grands talents.
Ne reste que Gena Rowlands. Immense actrice, de toute beauté. Actrice qui n’a jamais fait le trottoir médiatique. Elle disait: “Quand je dois embrasser un partenaire autre que John, je mange de l’ail avant !”
Gena Rowlands et John Cassavetes, mariés, ont eu trois enfants: Nick Cassavetes (acteur, réalisateur), Alexandra Cassavetes (actrice, réalisatrice), et Zoé Cassavetes (scénariste). Il arrive que le talent soit héréditaire.

Films de Cassavetes avec Seymour Cassel:
1959 : Shadows
1971: Minnie et Moskowitz
1976 : Meurtre d’un bookmaker chinois
1977 : Opening Night
1984 : Love Streams

20.05.19

La leçon magistrale d'Alain Delon, acteur virtuose

Je dédie cette interview aux acteurs français qui critiquent Alain Delon alors qu’ils n’ont pas 1% de son talent, et même pas 0,001 % de son charisme.
Ne parlons pas d’intelligence: il ne faut trop leur en demander.

"Je reçois un hommage posthume de mon vivant" Alain Delon, Cannes 19 mai 2019

Lors de cette cérémonie Alain Delon n’a pas parler pour ne rien dire. Cela nous change des faux artistes qui ne sont que des marionnettes médiatiques. Un histrion l’a critiqué lors d’une Nuit des Césars. Je ne dis pas son nom: je n’ai pas pour habitude de déféquer en public. Comme si une puce pouvait se comparer à un loup ou à un lion. Lors de la cérémonie de Cannes, Delon a été aussi déchirant que son amie Annie Girardot aux Césars. Deux gifles aux sans talents du 7e Art. A Cannes, à part Bertrand Tavernier, je n’ai vu aucun cinéaste. Honte à eux. Aucun acteur. Je vais vu aussi Dominique Besnehard.

Alain Delon est un fauve humain.
Personne n’a jamais réussi à le mettre en cage.
Il a été dompté par quelques grands dompteurs de la pellicule.

PS: les officiels du Festival de Cannes le récompensent mais en même temps, pas en direct de manière pompeuse. Bizarre. On sent une gêne depuis la “polémique". Il est vrai qu’aujourd’hui on tend le micro à Mme Michu et à Mr Dupont la joie dont il est urgent qu’ils s’expriment.

17.05.19

Mémoires d’un enfant du cinéma, Marc Esposito (Robert Laffont)

Voilà un livre qui tranche avec les autres sur le même sujet qui sont souvent de la brosse à reluire, mielleux, bref illisibles, et en plus écrit par un autre que le signataire. Marc Esposito dresse le bilan sur sa vie de journaliste, du pigiste à Onze au fondateur de Première puis son passage à Studio, deux fleurons de la presse cinéma. Ensuite, il est passé derrière la caméra, avec sa suite Le cœur des hommes, sa série des Gendarmes. Son livre est si agréable à lire qu’on a bien fait de ne pas y mettre un cahier photos avec Marc et Dewaere, Marc et Romy, Marc et Delon, soit la galerie autant people qu’insipide. Marc Esposito remonte le fleuve de sa vie, surtout les années 1970-1980 avec son cortège de junkeries. Il n’y va pas de main morte : quand des gens lui font mauvaise impression, il leur met leur paquet : «prétentieux, menteur, méchant, misogyne». Un vrai jeu de massacre, ça donne du peps à son style, du nerf à la prose. Le portrait de Jean-Pierre Mocky vaut le détour. Quand il aime, il le dit aussi : voir sa passion pour Catherine Deneuve. Il en parle parfaitement. Il y a du Truffaut dans l’air, question amour du cinéma. Quand il met le pied à l’étrier du journalisme, il commence dans un journal sur les bateaux. Bonne occasion d’y créer une page cinéma. Cela s’appelle être intelligent.
C’est Bertrand Blier qui lui fait aimer Gérard Depardieu alors que c’est Deneuve qui lui fait aimer Luis Bunuel. Belle explication. Esposito est un cinéphile de haut parage : il voit derrière les images, derrière les apparences. Il a pesé dans le cinéma puisque Première vendait 450 000 exemplaires par mois. Son livre n’a rien de people, pas de détail croustillant. Nous sommes dans le livre d’un passionné qui raconte sa vision du cinéma qu’il a vu de prés, les gens de cinéma s’entend. Esposito est un travailleur sans relâche, pas du genre pique-assiette aux…premières ! Engouffrez-vous dans le livre de Marc Esposito vous passerez du bon temps. Il sait tenir en haleine le lecteur qu’il évite d’ennuyer dans de longs tunnels sans intérêt. Il y a de la lumière, comme le soleil d’Alger, sa ville natale. Il illumine les salles obscures avec son regard perçant. La couverture présente un feu d’artifices mais à l’intérieur, il n’y a rien d’artificiel.

Mémoires d’un enfant du cinéma, Marc Esposito. Robert Laffont, 530 p., 22

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