Catégorie: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

21.03.17

Piqûre de rappel: la corruption en politique

Jean Gabin (acteur), Michel Audiard (dialoguiste), Georges Simenon (romancier), Henri Verneuil (cinéaste). Je vote pour eux, les yeux fermés.

Chaque jour, ou presque, on apprend une nouvelle affaire de corruption politique.
Faut-il pour autant dire: “tous pourris” ? Faut-il voter “la fille de…” ?
Non, mais il faut faire le ménage car chaque magouille éloigne les citoyens non encartés de la politique.
Un jour, un politique condamne les imposteurs, le lendemain on apprend que lui-même a mangé dans la gamelle.
Le soupe est bonne, n’est-ce pas ?
“Il faut choisir: soit l’argent, soit la politique” a dit Edouard Herriot à Emmanuel Berl dans les années 1930.
Personne dans la campagne présidentielle ne parle du BIEN PUBLIC.
Le Bien Public n’est jamais évoqué. Cette expression, oui cet état d’esprit a été rangé dans l’armoire des souvenirs.

12.03.17

Aurevoir Monsieur Pierre Bouteiller (1934-2017)

La grande faucheuse, rien qu’avec des minuscules, cette garce a encore fait son sale boulot, nous privant de Raymond Kopa, Jean-Christophe Averty et Pierre Bouteiller.
Je n’aime pas les gens qui font rêver le peuple, je n’aime que les gens qui peuplent les rêves. Les premiers sont des imposteurs; les seconds des bienfaiteurs.
Enfant, je suivais les exploits de Kopa sans jamais le voir: ni au stade, ni à la télévision. Je n’avais à ma disposition que des images arrêtées dans la presse écrite et des commentaires de matchs à la radio. N’empêche, je n’ai rien perdu de l’élégance de Kopa que j’ai rencontré deux fois. Il avait cette lumière et ce fluide majestueux. Il gagnait des matchs que je n’ai jamais vues, mais je m’en souviens.
Jean-Christophe Averty, lui, c’était un prince de l’image. Un inventeur. Il est le Georges Méliès de la télévision. Pas question de filmer bêtement. Il offrait des images, des trucages. Une sorte de dadaïste influencé par les Etats-Unis. Un Warhol de la télé française. Il aimait aussi le music-hall. Il présentait des émissions radio avec sa voix qui zozotait de manière ludique, forte et sans aucun complexe.
A cette époque, la télé était faite par des gens cultivés: Chancel, Desgraupes, Dumayet, Sallebert, Frédéric Rossif, Jean-Marie Drot, Claude Darget, Max-Pol Fouchet, Max Favalelli, Polac, Pivot étant le dernier de la liste.
Pierre Bouteiller était l’un d’eux. Une voix, un ton, une insolence, une fausse désinvolture. Une intelligence pétillante. Avec José Arthur, il nous a fait beaucoup de bien. Bouteiller n’était pas un clown pathétique comme ses abrutis actuels qui ne sont même pas Jacques Martin et encore moins Jean Yanne. Voici un trait d’esprit de Pierre Bouteiller: “Radio France c’est simple : si cela parle, c’est France Musique ; s’il y a de la musique, c’est France Info qui est en grève.” Il avait de l’humour à revendre.

PS: il y a deux ans, Pierre Bouteiller à l’antenne de TSF Jazz. Voir post 16.03.14, si vous écrivez Bouteiller dans la recherche à droite.

23.02.17

Al Pacino, De Niro et Keitel dans le prochain film de Scorsese

The Irishman est le futur film de Martin Scorsese, un film de gangsters avec Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci. Un bon grand film j’espère.
Comme la production n’est pas habituelle avec la forte présence de la télévision, il est possible que ce film ne soit pas distribué en salle, ce qui serait vraiment dommage.
Il s’agit du neuvième film qui réunit Robert De Niro et Martin Scorsese.
Harvey Keitel est aussi prévu dans l’aventure. Le film sera visible en 2019.
De Niro, Al Pacino, Harvey Keitel, Clint Eastwood, Jack Nicholson, Dustin Hohffman et Jon Voight. Voilà mes acteurs fétiches.
L’équivalent en France ? Je n’en vois pas. Sinon je cite Raimu, Gabin, Philipe, Jouvet, Simon, Bourvil, Serrault, Blier, Ventura, Belmondo, Delon… En France, parmi la nouvelle génération Pierre Niney et Romain Duris. Chez les femmes ? Karine Viard. Sur scène ? Dany Boon et Philippe Caubère.

20.02.17

Monsieur Bean, le nouveau Maigret de la BBC

Le dimanche sur France 3, 20 h 55
Les enquêtes du commissaire Maigret, d’après l’œuvre de Georges Simenon
1. Maigret tend un piège
2. Maigret et son mort
3. Maigret et la nuit du Carrefour
4. Maigret au « Picratt’s »
Pays d’origine : Royaume-Uni

Rowan Atkinson, alias Mr. Bean, incarne une nouvelle interprétation du célèbre commissaire à la pipe créé par Georges Simenon dans une série de téléfilms britanniques. Pour l’instant quatre ont été tournés et diffusés. Rowan Atkinson joue tout en intériorité. Il n’exprime ses sentiments par ses yeux exclusivement, comme Clint Eastwood. Ceux qui surjouent sont insupportables. Voilà une très belle production. Maigret tend un piège- à l’antenne le 19 février 2017- se déroule à Montmartre dans le Paris des années 1950. Tout ressemble à Montmartre et rien ne ressemble à Montmartre. Je ne reconnaissais rien et tout était pourtant impeccable. Dans l’impossibilité de tourner à Montmartre, la réalisation s’est transportée en Hongrie, à Budapest. Très bon choix. Cela donne envie d’y aller fissa !
La reconstitution est une vraiment merveilleuse avec les costumes, les voitures, le mobilier. On s’y croirait. Simenon n’est pas trahi. Son univers était d’une noirceur absolue. Cependant, il n’insiste sur rien. C’est le plus grand romancier populaire français du XXe. Sa prose est somptueuse. Il ne bâclait rien, n’allait jamais à la ligne pour rien. Ce n’est pas un simple auteur de polars. Il y des strates sur la société, différents niveaux de lectures, pour tou public, comme le faisaient Shakespeare et Molière. Dans un autre genre, il est aussi puissant que Marcel Proust.
La femme de Maigret est présente sans insistance dans la série.
Là aussi c’est bien vu. Georges Simenon était un cavaleur de première bourre mais Jules Maigret lui ne trompait pas sa femme.

18.02.17

Jacques Brel a disparu mais il n'est pas mort

Ci-dessus entretien Jacques Brel avec Henri Lemaire à Knokke en 1971
Réalisation par Marc Lobet

A voir sur France 3: Jacques Brel, fou de vivre. Documentaire de Philippe Kohly:

http://pluzz.francetv.fr/videos/jacques_brel_fou_de_vivre_,153337761.html

Dans cette émission, il y a des extraits de l’interview ci-dessus.
Le documentaire ne rappelle pas le mot de Brel: “Sans Trenet, nous serions tous des expert-comptables.” Ni que Brel enfant mis l’empreinte d’une patte de son chat à la case “signature des parents". A part ça, tout y est. Notamment: “Quand on n’a (plus) rien à dire, il faut se taire". Il a arrêté la scène aussi parce qu’il ne voulait pas réécrire en moins bien tout ce qu’il avait déjà dit. Brel n’était pas un produit qui épousait les modes pour durer comme tant de promoteurs de spectacles. Le public est parfois dupe et se laisse piéger par des moins que rien qui ne sont que de pitoyables faiseurs dont je débusque le mensonge professionnel au fond de leurs pitoyables rétines.
Le documentaire est bien sûr à regarder sans hésitation.
On y voit l’un des maîtres de la chanson avec Brassens, Trenet, Ferré, Ferrat, Aznavour et Barbara.
Brel est mort jeune mais il a vécu une vie si intense que cela revient à avoir été centenaire.
Il a laisse une grande partie de sa vie sur scène.
C’est le plus grand interprète de la chanson française du XXe siècle.
Il vivait intensément ce qu’il disait, de la tête aux pieds. Les mots, les émotions, sa rage, sa violence, sa douceur, tout traversait son cœur, son cerveau.
Il a mis ses tripes sur scène pendant quinze ans.
Avant, il était dans une concentration optimale. Un tract qui le faisait vomir.
Il entrait en scène en courant.
Il donnait tout sans aucun rappel. Il ne revenait jamais. Miles Davis agissait de la même façon.
J’ai entendu Coluche dire: “Dans un théâtre, la personne la plus importante et celui qui ouvre et ferme le rideau". Cela voulait dire qu’il fallait battre le rappel pour chauffer la salle.
Brel ne mangeait pas de ce pain-là.
Après ses textes, il ne prenait la parole que pour donner le nom de ses musiciens. (Il n’est revenu devant le public après le rideau tiré que le soir de sa dernière à l’Olympia pour dire: “Ce fut quinze ans d’amour".)
Après avoir mis la vie et la mort sur les planches, il ne pouvait pas aller dormir.
Il allait manger avec ses amis.
La trilogie: tabac, alcool, fille. Il fumait 4 paquets de cigarettes par jour. 80 clous de cercueil comme disait Humprey Bogart.
En Belgique, il y avait sa femme et leurs trois enfants, trois filles. Sa femme acceptait son mari comme il était pour ne pas qu’il lui dise à cinquante ans: “J’ai raté ma vie". Il vaut mieux être mariée à Brel qu’on ne voit jamais qu’à un imbécile qu’on voit tous les jours. Brel polygame, non ? Brel, poète. Il n’y a rien d’autre à dire. On n’enferme pas un oiseau, à moins d’être un sadique.
Sa fille France, avec laquelle il avait un rapport très fort a dit (je cite de mémoire): “Je n’ai pas eu de père. Mon père appartient à tout le monde". C’est vrai. Ainsi quand on voit Brel sur l’écran ou qu’on l’écoute, l’entende, on se dit: “On n’est pas seul, on n’est plus seul". Il y a Brel. Seuls les grands humanistes sont perceptibles.
Je me souviens que ma mère m’a dit quand j’avais 15 ans: “Jacques Brel a interdit à ses filles qu’elles viennent le voir sur scène". Oui, il ne voulait pas que ses filles le voit se mettre aussi “minable", aussi “chiffon". Brel ne trichait pas: quand il disait “je t’aime” ça se voyait, et quand il disait “tu pars ?” ça ce voyait aussi.
Jacques Brel a écrit, a chanté, a joué, a réalisé, a navigué, a piloté des avions.
Jacques Brel fut un vrai vivant.
Jacques Brel n’est pas mort.
Il était encombré par son corps en bonne santé, disait-il.
Ce corps n’est plus là. Son esprit, oui.
Pour qu’il meure il faut que je meure. Je suis un cimetière ambulant.

:: Page suivante >>

Mars 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31  

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software