Catégorie: GRAND MONSIEUR

18.10.18

Permalien 17:57:43, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La dernière interview de Charles Aznavour en Belgique

A regarder plutôt deux fois qu’une.
Un accent testamentaire dans sa foi dans les enfants, grand signe encourageant pour l’avenir.
Cela nous change des médiocres, en première ligne les politiques.

17.10.18

Chirac par Tignous (Chêne) et photos insolites des présidents (Gründ/Plon)

Bonne idée de publier des photos insolites de présidents de la République. Beaucoup étaient déjà connues, d’autres on les avaient oubliées. Il y a des inédites. L’angle est original. Quand reste-il ? De Gaulle est le plus solennel. Il y a lui, et puis les autres, tous les autres. Lui est au-dessus de la mêlée, au propre et au figuré. Un géant.
Les autres sont des lilliputiens. Les autres présidents bien sûr. Mitterrand, le plus fier. (Voir le président socialiste en Rolls Royce avec la Reine d’Angleterre, cela vaut le détour. La valse des symboles ! ) Sarkozy ? Sa façon de se donner en spectacle mérite la palme de la vulgarité. VGE, le plus novateur. Macron, le plus Kennedy. Le look Hollande est le plus banal. Haut la main, Pompidou est le plus sympathique. Sa femme aussi.
Mieux que les photos- qui restent des documents- il y a les dessins de Tignous, martyre du journalisme libre, loin des speakeurs de l’information. Le virtuose, digne de Reiser et de Daumier, croque sans faire de cadeau. C’est dur, corrosif, sarcastique. Au début, Tignous voit un requin dans Chirac, puis il le caricature en crocodile. Un humour en acier trempé. Ca fait mal tant c’est juste, vrai. Un décodeur du réel. Un artiste de grand talent. Le talent du dessinateur est évident. Celui du politicien est plus difficile à trouver à part qu’on a la certitude que ce n’était pas un va-t’en-guerre. C’est déjà beaucoup et très bien. La politique est écoeurante dans 95% des cas. Le livre de Tignous fait un superbe cadeau. Un cadeau pour rire, pour rester vigilant, pour ne jamais être dupe des bobards. Tignous est un homonyme de “liberté de la presse".

-Les photos insolites des présidents de la Ve République, Caroline Pigozzi et Philippe Goulliaud. Gründ/ Plon, 323 p., 29, 95 €

- Chirac, dessins de Tignous sélectionnés par Chloé Verlhac, préface de Jean-François Kahn. Chêne, 14,90 €

Permalien 00:13:00, Catégories: BECKENBAUEREMENT, GRAND MONSIEUR  

La grinta version Deschamps arrache la victoire contre l'Allemagne (2-1) qu'elle met dans de sales draps.

La France de Deschamps parvient à battre l’Allemagne. Comme on est loin de 1982. Bravo ! La grinta est française, à présent.

Mardi 16 octobre 2018
Ligue des Nations
France 2-1 Allemagne
Buts pour les Bleus: Griezmann (62e, 80e pen.)
But pour la Mannschaft: Kroos (14e pen.)

Il est très difficile de gagner quand on est mené 0-1.
La France y est parvenue et c’est formidable. Le nul en Allemagne avait déjà été un grand résultat.
Cette fois, le match semblait sourire aux Allemands- qui en avaient bien besoin- jusqu’au début de la deuxième mi-temps au cours de laquelle la France a sonné la révolte.
Griezmann a mis un superbe but de la tête, sur centre de Hernandez. Une pure merveille. Placement, timing, dosage, orientation. La passe était de son coéquipier de l’Atletico de Madrid. Pas un gramme de hasard. Merci à Diego Simeone.
Ensuite, “Grizou” a transformé un pénalty. Face à Neuer, svp.
A part ça ?
Giroud, fidèle à lui-même: un attaquant défenseur.
Après le repos, on a bien remarqué que l’Allemagne n’avait plus Ozil, Klose et Lahm.
C’est bien que la réponse française soit venue dès le retour des vestiaires.
L’équipe de France quel est son style ?
L’envie de jouer ensemble avec force. Pour cela il faut au moins que 7 joueurs de champ jouent à l’unisson. Deschamps obtient cela et il faut le saluer.
Cette fois c’est Griezmann le héros et non pas Mbappé. Seule les bonnes équipes ont des individualités qui font la différence. La France en a plusieurs.
La France a abattu une bête blessée. Pas facile à faire, même à domicile. Surtout quand on a été mené. La France ne veut pas perdre son statut de meilleure équipe du monde. Elle est pour l’instant invincible.
Matuidi a obtenu un penalty. D’aucuns l’estiment généreux mais auparavant Mbappé aurait dû en obtenir un qu’il n’a pas obtenu. Les deux fois, le défenseur Hummels a chargé trop durement.
Deschamps a son équipe type. On a bien vu que Dembélé n’arrive pas à se mettre au niveau des titulaires.
Si on retire Giroud pour mettre Mbappé en 9, il faut donc mettre Dembélé sur l’aile. Impossible. C’est trop risqué. En Coupe du Monde, Dembélé a eu sa chance au premier match, il ne l’a pas saisie. On lui donne souvent des occasions de briller. Hatem Ben Arfa lui n’a pas le droit de rater une passe.

15.10.18

Permalien 17:25:20, Catégories: GRAND MONSIEUR, BEHRA, FANGIO, SENNA & NORTON  

Eloge de la voiture, Thomas Morales (Le Rocher), Grands Prix (Solar) et Les fous du volant (Puyal/ Arthaud)

Hallucinante publicité avec James Dean au temps de Géant, son ultime film. Le comédien nous demande d’être prudent alors qu’il se tuera en Porsche, le 30 septembre 1955, à 24 ans.

L’album Grands Prix rappelle tout ce que l’automobile doit à la France. Premiers producteurs de voitures à la fin du XIXe siècle, les Français ont en plus inventé la course auto. Tous ces pionniers sont bien mal récompensés de nos jours, avec toutes les campagnes officielles contre la voiture : tout est fait pour démoraliser les automobilistes sous prétexte de les protéger. Limiter les morts sur la route, très bien, mais pourquoi les harceler à coup de radars et de véhicules masqués ? C’est à nous dégouter de prendre le volant.
L’état est plein de paradoxe : il prend de l’argent sur les vins et le tabac sans cesser de nous dire de ne pas boire ni fumer. Idem pour les voitures : les voitures peuvent rouler à plus de 200 km/h mais on ne doit pas dépasser le 70 et parfois le 30 (!) , ainsi de suite. Instaurer la ceinture de sécurité, bravo ! Cependant pourquoi laisser sans permis les petites voitures et ne pas imposer le casque aux cyclistes qui ne sont pas obligés de connaître le code.
On a beau tout nous interdire, les chauffards restent les chauffards : ceux qui roulent n’importe comment sans assurance et sans permis ne cesseront pas leurs délits, pendant ce temps les automobilistes raisonnables – ces cochons de payants continueront à casquer ! Une poignée de timbrés embêtent la majorité de bons citoyens.
L’album Grands Prix rend hommage à tous les pilotes morts dans les années 50-70. Quelle hécatombe ! Jusqu’à Senna ce fut un jeu de massacres. Depuis à 90% la F1 est devenue hautement sécurisée. Au détriment de la compétition ? Non, seul le règlement est responsable concernant une certain désaffection du public de non initiés. Les photos des pilotes morts nous glacent le sang : tant de héros morts.
De son côté, Thomas Morales, dresse le catalogue des grandes dates de l’auto, tous azimuts : industrie, société, mode, cinéma, passion, que dis-je amour sans limite des voitures dont Apollinaire disait avant la Première Guerre mondiale qu’elle représentait un danger de mort permanent au point de les appeler des «obus» dans la rue. Cocteau, lui, voyait dans le piéton, un automobiliste qui avait réussi à se garer !
Thomas Morales nous rappelle tous les morts en auto. Camus ne conduisait pas. Roger Nimier, non plus ne conduisait. Alors que James Dean, oui *. Jadis, il n’y a pas si longtemps, on rêvait sur les voitures de Johnny qui a eu tout ce dont il rêvait enfant sous le nom de Jean-Philippe Smet. On se rappelle facilement que dans le film Les Choses de la vie, de Claude Sautet, on aperçoit sur l’écran Bobby Lapointe au moment de l’accident du personnage de Michel Piccoli.
Thomas Morales aime la voiture, la bagnole, la caisse, la tire ! Jadis, les enfants s’amusaient à dire les marques de voiture, sur la route. De nos jours, elles se ressemblent toutes. Où est l’équivalent de la Jaguar E ? Lire Morales c’est renouer avec l’odeur d’huile de ricin et autres crissement de pneus. Morales cela veut dire aussi Morale(s), au pluriel. La sienne est celle d’un épicurien : la voiture est un plaisir de la vie. Steve McQueen le savait au point d’inscrire «pilote» à la case profession, au détriment de comédien. Lire Morales cela revient à sentir le cuir d’une vieille guimbarde ou une accélération au ras du sol au volant d’une Ferrari. On croit aussi voir pendouiller sous le parebrise la queue du fameux tigre qu’il fallait mettre dans son moteur. On peut même voir sur la plage arrière, le faux chien qui remue sa tête. Morales a du style, une sorte de Jim Clark avec un zeste de Roger Nimier ou le contraire. Pour Morales, la voiture c’est un objet d’art dans la rue. Certaines voitures, pas toutes et sûrement pas celle qui s’appelle Picasso !

-Grands Prix. De la naissance de la course auto en France au retour du circuit Paul Ricard. Préfaces Alain Prost et Jean Todt. Henri Charpentier et Bernard Bakalian. Solar, 192 p., 29 €

-Eloge de la voiture, Thomas Morales. Le Rocher, 233 p., 18,90 €

-* Les fous du volant, Robert Puyal. Artaud Poche, 320 p., 6 ,90 €. Dans cet ouvrage vous retrouvez la galaxie des amoureux de la voiture. Une Bible.

11.10.18

Permalien 16:56:53, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Attention littérature fraîche ! "Mystica", Stéphane Barsacq (Corlevour),

Ne perdez pas votre temps à lire des âneries. Lisez peu et bien. Par exemple, le nouveau livre de Stéphane Barsacq. Avec un tel compagnon de chevet vous pouvez passer l’année, même plus. Cela peut servir de Missel. De mode d’emploi. Un ouvre-boîte pour le cœur, un décapsuleur d’esprit, un voyeur d’ombres. Il est vraiment incroyable que l’on vante des livres immondes au lieu de signaler des écrits essentiels. Des livres qui font du bien cela ne court pas les rues. Aussi rares que les gens fréquentables.
Cela s’appelle « Mystica» mais le bel ouvrage pourrait s’appeler «Rien que la terre», si le titre n’avait pas été déjà pris par Paul Morand. Pour la bonne raison que Stéphane Barsacq n’est pas du genre à penser dans le vide. «Certains sont à la mode, d’autres ont du style.» Ce qui l’intéresse c’est de vivre de la façon la plus intelligente possible. La métaphysique lui sert pour coller au réel. A force d’être naturel, on devient surnaturel, disait Jean Cocteau. Le petit-fils d’André Barsacq- grand homme de théâtre-part de l’abstrait pour parvenir au concret absolu. Pour y arriver, il cherche ce qu’il y a de plus sérieux en lui. Elever son âme ne veut pas dire être abscons. «Ce qu’on ne voit pas, il faut s’en aveugler.» Il nous fait profiter de ses fulgurances qui semblent extirpées d’un livre de Vauvenargues, Chamfort, Lichtenberg, Joubert, Schopenhauer, Cioran ou Perros. «L’existence est un deuil que renouvelle l’angoisse.»
En marge de fragments de haut parage, il excelle dans l’aphorisme qui nécessite une longue macération avant d’éclore au grand jour. L’apophtegme ne supporte pas la médiocrité. Comme tous les écrivains dignes ce nom, Stéphane Barsacq se bat avec le langage pour le rendre le plus clair possible. «La beauté est le sang blanc de l’âme.» On est très loin des niaiseries accumulées par les philosophes du bien-être, ces champions des portes ouvertures, capables de nous dire que la guerre est vilaine tandis que la paix est grandiose. «Le désert est le ciel terrestre». Stéphane Barsacq était ami avec le poète Edmond Jabès. C’est mieux que des diplômes. Était et reste l’ami. La mort n’efface rien tant qu’on lui survit.

-Mystica, Stéphane Barsacq. Corlevour, 156 p., 15 €

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