Catégorie: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

10.11.17

20 h Foot (jeudi 9-11-2017): La Marseillaise, l'Equipe de France, Fekir, Griezmann...

Jeudi 2 octobre 2017
20 h foot, Cnews
Présentation: le duo Pascal Praud et Julien Pasquet
Avec Giovanni Castaldi, Florian Anselme, Tidiany M’Bo, Bernard Morlino…

La Marseillaise lors de tous les matchs ?
Grotesque ! Fausse bonne idée.
Les sportifs ne sont pas des décérébrés. Il est naturel d’aimer la France comme ses parents.
Il ne faut pas toujours regarder ce qui ne va pas. Il faut aussi regarder ce qui va bien.
Les Français aiment leur pays.
Nous ne sommes plus sous Vichy !
Après les attentats, les pouvoirs se sont servis du football pour célébrer la France avec La Marseillaise. Ce fut magnifique. Là plus personne n’a dénigré le sport.
La Marseillaise devrait être chanté sur le podium du championnat de France cyclisme. C’est évident.
Elle est chantée pour les matchs internationaux, très bien. Cela suffit.
Peut-être d’ici peu, quelqu’un dire: “Il faut chanter La Marseillaise après chaque but d’un Français car en L1 il y a trop d’étrangers…” Et puis quoi encore !
Si on impose la Marseillaise avant les matchs de L1, il faudra aussi que les députés la chantent avant chaque séance parlementaire. Les comédiens de la Comédie française devront eux aussi la chanter.
La Marseillaise, il faudrait la chanter à chaque conseil des ministres parce que les politiques se conduisent souvent plus mal que les sportifs. La liste des-pris-la-main-dans-la-confiture est trop longue à énumérer.

25.09.17

François Raveau, héros de la Résistance à 13 ans (Presses de la Cité)

Né en 1928, François Raveau a 11 ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Dès 1940, il s’engage dans la Résistance avec ses parents protestants. En 1944, le jeune homme est déporté à Neuengamme puis Fallersleben et Wöbbelin. Pour l’élaboration de ce livre d’entretiens, il est retourné dans ces camps et aussi sur les lieux de la Résistance en Dordogne. Il raconte aussi comment il est devenu docteur en anthropologie et professeur agrégé de médecine (neuropsychiatre). Le livre existe grâce à son interviewer est Michel Mollard – né en 1964- polytechnicien et docteur ès sciences économiques. Grand merci d’avoir rendu ce bel hommage.
François Raveau dit qu’il n’a pas eu vent de l’Appel du 18 juin 1940 de De Gaulle le jour où il l’a lancé. Cela nous change de tous ceux qui disent l’avoir entendu alors que ce n’est pas vrai. Il faut savoir que très peu de Français connaissaient alors le nom du général et encore moins son visage. Il n’y avait pas la télévision, faut-il rappeler. Il a ensuite lu l’Appel et bien lu. Le Résistant explique qu’on ne sait pas comment on s’engage dans la Résistance, il n’y a ni bureau ni carte. Encore moins d’insigne genre «Francisque» ou «Touche pas à mon pote»- si vous voyez où je veux en venir, ça c’est le Bou[s]quet ! On devient résistant parce qu’on est «contre les Allemands, contre Vichy».
A 13 ans, le jeune Raveau devient «agent de liaison» et transporte des documents d’un point à un autre sans rien demander. Qui pourrait se douter que ce gamin est un héros ? Il cache ses dossiers dans son cartable au milieu de ses livres et cahiers. Personne ne pense à le contrôler. A l’époque, il traite en ennemis le «Maréchal, le gouvernement de Vichy, la police, les gendarmes et le peuple français». Cela fait du bien de lire une parole authentique à l’heure où un histrion médiatique nous raconte que c’est la rue qui a chassé les nazis, au mépris des Alliés. François Raveau à un parcours qui fait grand bien au lecteur trop souvent sollicité par des bouquins sur des collabos. Les héros ne courent pas les rues. François Raveau en est un mais comme tous les héros il ne s’en vante pas. Songez que Jean Moulin n’a jamais dit ce qu’il faisait à son secrétaire Daniel Cordier. Il lui parlait peinture. Se méfier même de ses amis, c’est ça la Résistance. Non par manque de générosité mais pour ne pas qu’ils parlent sous la torture. Il en allait de la Libération de la France.

-Je suis le chat qui va tout seul… Une vie pour comprendre. Entretiens de François Raveau, plus jeune résistant déporté de France avec Michel Mollard . Presses de la Cité, 302 p., 21 €

25.08.17

Pierre Dac (Cherche Midi), Maurice Garçon (Tempus), Marie Rameau (La ville brûle) et Philippe Henriot (Perrin)

Philippe Henriot incarne ce que la France a de plus détestable, celle capable de se mettre à genoux devant l’occupant, en l’occurrence les nazis. En revanche, Pierre Dac est le Français dans toute sa grandeur: insoumis face à la connerie et plein d’humour. De manière encore plus directe: Henriot fut un collabo et Dac un grand résistant, la voix de la France Libre à Londres avec le général.

Maurice Garçon (1889-1967) fut l’un des plus grands avocats de son temps et son journal vaut le coup pour qui s’intéresse aux années noires de la France, celle de l’occupation, de la collaboration et de la résistance. Alors qu’il était pétainiste, l’avocat vire casaque est devient très critique envers les Vichystes. Farouche opposant aux lois de Vichy, il a de très grandes qualités de portraitistes. Il pense en revue beaucoup de ses contemporains qu’il passe à la moulinette dont Sacha Guitry dont précise qu’il était impuissant. Ce genre d’informations ne passe pas inaperçu. Il aimait écrire, cela se voit, et comme souvent c’est quand il fustige qu’il excelle. Ce journal nous replonge dans notre préhistoire celle sur laquelle Patrick Modiano a beaucoup écrit. Ici tout est écrit en direct, ce n’est pas un roman. Un vrai régal. Une mine d’informations. De l’humeur de partout.
Le gros ouvrage sur Philippe Henriot permet de retrouver l’orateur de la collaboration. Le prof de province a été starifié par la Radio, grand mangeur de micros pour déverser sa haine contre la démocratie. Il éructait, et ne parlait pas. Les gens l’écoutaient, buvaient ses paroles. Pierre Dac un jour lui régla son compte dans une polémique. Le nazi franchouillard prétendit que Dac n’était pas un bon français parce qu’il était Juif. Dac le remit à sa place comme il faut, lui rappelant que des tombes contenaient les siens – dont son frère- «morts pour la France ». Dac fustigea Henriot en prédisant qu’il serait bientôt mort pour Hitler… Bien vu ! Vichy a eu le temps d’organiser des obsèques nationales à l’un des plus grands anti-français de l’Histoire.
A 180° du livre sur Henriot, l’ouvrage de Marie Rameau, Souvenirs, fait un travail de mémoire de très haute importance. On y retrouve des femmes, et rien que des femmes, arrêtées et déportées pour faits de résistance. Claquemurées, humiliées, elles trouvent la force de s’occuper dans de petits travaux pour créer des bijoux. Oui, face à mort qui est partout, elles créent. Le livre nous dévoile ce qu’elles ont fabriqué : broches, bijoux, sacs, dessins, sous-vêtement… Quelques dames présentes dans le livre : Denise Vernay, Violette Maurice, Odette Elina, Denise Lorach, Jeannette L’Herminier, Lise London, Germaine Tillion. Des dames de bonne compagnie.
Et ne pas oublier la nouvelle belle réédition du Parti d’en rire, de l’indémodable Pierre Dac à l’humour indispensable. Avec Francis Blanche, il a ouvert la voie à l’humour décapant qui joue sur les mots de manière toujours hyper intelligente.

-Journal 1939-1945, Maurice Garçon. Tempus. 1092 p., 17 €
-Philippe Henriot, Pierre Brana et Joëlle Dusseau. Perrin, 402 p., 24 €
-Souvenirs, Marie Rameau. La ville brûle, 224 p., 30 €
-Le Parti d’en rire, Pierre Dac. Le Cherche Midi, 154 p., 15,90 €

18.08.17

Nous sommes tous des Espagnols

Friday Night in San Francisco (1981)
par les virtuoses Paco de Lucía (1947-2014), John McLaughlin et Al Di Meola

1.Mediterranean Sundance
2.Short Tales of the Black Forest
3.Frevo Rasgado
4.Fantasia Suite
5.Guardian Angel

01.07.17

La mort réunit Evelyne Sullerot (1924-2017) et Simone Veil (1927-2017)

Trois mois après la disparition d’Evelyne Sullerot, voici celle de Simone Veil, vendredi 30 juin 2017. Elles se connaissaient et s’appréciaient même si l’une était de gauche et l’autre de droite. La mort les réunit. Madame Veil a fait “JUSTES” les parents de Mme Sullerot car ils avaient sauvé des Juifs pendant la guerre. Mme Sullerot fut très touchée par cette décision.

Republication du post sur la mort d’Evelyne Sullerot:
Madame Sullerot est morte à quatre-vingt-douze ans, victime du cancer, vendredi 31 mars 2017. La fondatrice du Planning familial venait de corriger les épreuves d’un livre d’entretiens avec moi.
Évelyne Sullerot, née le 10 octobre 1924 à Montrouge, était de la génération de mes parents. Pas besoin d’insister pour vous dire ce que je ressens. La France vient de perdre l’une de ses plus grandes filles du XXe siècle. Je suis allé la voir pour lui dire que je voulais faire une livre avec elle et avec personne d’autre. Elle a accepté et nous avons remonté ensemble tout le fleuve de sa vie. Elle était contente mais ce fut douloureux pour elle. Je revois ses larmes quand elle évoquait sa maman. Peu à peu, cela lui a permis de revivre sa vie. Evelyne Sullerot était fantastique, aussi fantastique que ses parents. Pendant les six premiers mois de 2016, je suis allé régulièrement l’interroger, sur son enfance, sa famille, son travail. Elle n’a pas voulu que j’écrive un seul mot sur sa vie privée, ennemie de la médiatisation imbécile. J’ai décrypté ensuite les entretiens et le lui ai apporté la copie. Elle a tout relu et corrigé d’une main de fer jusqu’en décembre 2016. Maintenant le livre et là. Elle m’a dit que j’avais bien travaillé. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus aller chez, frapper à sa porte le jour convenu. On parlait. Je l’écoutais. Après j’allais faire chauffer l’eau du thé. Elle m’attendait dans le salon, sous le lustre “comme dans les tableaux de Vermeer”, avec de la brioche et de la confiture aux fruits rouges. Il y avait des journaux, des livres, des aiguilles à tricoter et les photos de sa famille.
Madame Sullerot m’a reçu pendant tout 2016 pour une série d’entretiens que j’ai tenu à réaliser pour célébrer son parcours que j’ai admiré à partir de l’instant où j’en ai eu connaissance. J’ai demandé à la rencontrer car j’estimais que son humilité rendait invisible tout l’apport de ses combats à notre société. Je m’attendais à trouver une intellectuelle et j’ai trouvé une humaniste. Madame Sullerot la grande féministe tricotait parfois tout en m’expliquant la genèse du Planning Familial qu’elle cofonda en 1956, avec la gynécologue, Mme Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé. Grâce à ses parents protestants, elle fut élevée dans une générosité de chaque instant. Son père à la fois pasteur et psychiatre voulait soulager les gens écrasés par les mystères sans réponse de l’existence, et sa mère lui enseigna tous les aspects de la sexualité sans aucun tabou. Toujours sensibilisée au bien-être des femmes, Mme Evelyne Sullerot a affronté l’hostilité des catholiques, des communistes et des médecins quand elle a combattu pour imposer l’usage des préservatifs et pour dépénaliser l’avortement alors pratiqué dans des conditions sordides. Ses prises de positions ont permis à Simone Veil de gagner beaucoup de temps pour faire passer les lois qui ont considérablement amélioré notre quotidien. Les médecins qui s’enrichissaient illégalement ne voulaient pas qu’on légalise l’IVG. Les catholiques ne supportaient pas qu’on enseigne aux enfants la sexualité, et les communistes, eux, voulaient qu’on fasse de plus en plus d’enfants pour agrandir toujours plus le parti. Opposée aux hypocrites, Madame Sullerot affronta tous ses détracteurs pour devenir une féministe de haut rang qui dérangeait aussi le féminisme conventionnel parce qu’elle aidait aussi les pères pour qu’ils aient le droit de garder leur enfant, en cas de divorce. Ne voulant pas être médiatisée à outrance, Madame Sullerot refusa de devenir secrétaire d’Etat à la condition féminine de Valéry Giscard d’Estaing. Femme de gauche, avec des valeurs inaltérables elle restait fidèle à ses convictions. Jeune fille, en plein régime vichyste, elle fit de la prison parce qu’à l’école elle retourna contre le mur le portait de Pétain. Dans sa famille, on haïssait le maréchal qui s’associa à Hitler. Elle réécrivit « Maréchal, nous voilà… » pour chanter : « Général, nous voilà ! » Elle avait 17 ans ! Sa maman en 1938 au moment des accords de Munich s’habilla en noir, pour porter le deuil des démocraties. Ennemi de tous les sectarismes, Evelye Sullerot s’allia avec Lucien Neuwirth, notoire politicien de droite, afin de demander au général de gaulle de favoriser la contraception. Sans elle, on restait au Moyen Age.
Au début des années 1970, la grande féministe et sociologue a créé l’association Retravailler pour permettre aux mères de famille de retrouver du travail après avoir élevé leur enfant. Membre du conseil économique et social, Madame Sullerot a été appréciée par toutes les majorités successives en raison de sa compétence. Femme à la fois autoritaire et pleine d’attention, elle ne supportait pas la désinvolture. L’humour oui, le laisser-aller non. Pendant nos entretiens, elle se plaignait parfois de ne pas trouver le bon mot. Rien d’alarmant, cela m’arrive bien entendu. Elle s’exprimait à merveille, toujours intelligente, toujours sensible. Je la rassurais, sous le charme d’une dame qui à quatre-vingt-douze ans se souvenait de tout avec une précision fantastique. Notamment de la mort de sa mère qui était d’une modernité inouïe. Ses parents qui cachèrent des Juifs pendant l’Occupation lui ont enseigné de toujours aider ceux qui souffrent. «J’ai toujours agi pour les autres, jamais pour moi », me répondait-elle dès que je vantais ses mérites. Les artistes font des œuvres pour divertir ou nous faire prendre conscience de certaines injustices. Madame Sullerot, elle, a agi directement sur la société pour nous rendre la vie plus facile. Si les femmes peuvent choisir quand elles deviendront maman, c’est grâce à elle. Si les couples ne sont plus dans une sexualité non épanouie, c’est aussi grâce à elle. Si les pères divorcés ne sont plus éloignés de leurs enfants, c’est encore grâce à elle. Féministe de la première heure, elle ne faisait pas partie de celles qui rejetaient les hommes. Un comportement qui a conduit à la marginaliser car elle aimait trop la liberté pour perdre sa totale indépendance. Elle s’est toujours opposée à Simone de Beauvoir dont le comportement pendant la guerre l’écœurait. Les fausses résistantes la mettaient en colère. Pour Madame Sullerot on naît femme, on ne le devient pas. Plus la société invente des techniques libératrices, plus les femmes s’éloignent du carcan de la «féminitude».
Madame Sullerot ne voulait être connue que par son activité au service de ses semblables. Elle parlait sans cesse du bien public. Une façon de concevoir la politique qui est totalement absence lors de la campagne présidentielle 2017. La dernière fois que je l’ai vue, elle m’a remis tout le manuscrit de notre livre qu’elle a lu avec une très grande attention. En marge de notre ouvrage, elle lisait quatre livres en même temps, et ne ratait rien de l’actualité. Elle se passionnait pour la génétique et ne faisait confiance qu’à la science. Madame Sullerot refusait que la religion intervienne dans la vie des gens au point de nuire à épanouissement intellectuel et physique. Elle était un trésor national. Je conserve en moi, sa douce voix et la force de ses yeux. Un regard de lionne.

L’insoumise. Femmes, familles, les combats d’une vie. Evelyne Sullerot et Bernard Morlino. L’Archipel, 280 p., 20 €

:: Page suivante >>

Novembre 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software