Catégorie: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

05.04.17

Mme Sullerot est morte cinq jours avant la parution de son dernier livre

Madame Sullerot est morte à quatre-vingt-douze ans, victime du cancer, vendredi 31 mars 2017. La fondatrice du Planning familial venait de corriger les épreuves d’un livre d’entretiens avec moi.

Évelyne Sullerot, née le 10 octobre 1924 à Montrouge, était de la génération de mes parents. Pas besoin d’insister pour vous dire ce que je ressens. La France vient de perdre l’une de ses plus grandes filles du XXe siècle. Je suis allé la voir pour lui dire que je voulais faire une livre avec elle et avec personne d’autre. Elle a accepté et nous avons remonté ensemble tout le fleuve de sa vie. Elle était contente mais ce fut douloureux pour elle. Je revois ses larmes quand elle évoquait sa maman. Peu à peu, cela lui a permis de revivre sa vie. Evelyne Sullerot était fantastique, aussi fantastique que ses parents. Pendant les six premiers mois de 2016, je suis allé régulièrement l’interroger, sur son enfance, sa famille, son travail. Elle n’a pas voulu que j’écrive un seul mot sur sa vie privée, ennemie de la médiatisation imbécile. J’ai décrypté ensuite les entretiens et le lui ai apporté la copie. Elle a tout relu et corrigé d’une main de fer jusqu’en décembre 2016. Maintenant le livre et là. Elle m’a dit que j’avais bien travaillé. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus aller chez, frapper à sa porte le jour convenu. On parlait. Je l’écoutais. Après j’allais faire chauffer l’eau du thé. Elle m’attendait dans le salon, sous le lustre “comme dans les tableaux de Vermeer”, avec de la brioche et de la confiture aux fruits rouges. Il y avait des journaux, des livres, des aiguilles à tricoter et les photos de sa famille.
Madame Sullerot est morte à quatre-vingt-douze ans, victime du cancer, vendredi 31 mars 2017. La fondatrice du Planning familial venait de corriger les épreuves d’un livre d’entretiens avec moi. Évelyne Sullerot, née le 10 octobre 1924 à Montrouge, était de la génération de mes parents. Pas besoin d’insister pour vous dire ce que je ressens. La France vient de perdre l’une de ses plus grandes filles du XXe siècle. Je suis allé la voir pour lui dire que je voulais faire une livre avec elle et avec personne d’autre. Elle a accepté et nous avons remonté ensemble tout le fleuve de sa vie. Ce fut douloureux pour elle. Je revois ses larmes quand elle évoquait sa maman. Evelyne Sullerot était fantastique, aussi fantastique que ses parents. Pendant tout 2016, je suis allé l’interroger, sur son enfance, sa famille, son travail. Elle n’a pas voulu que j’écrive un seul mot sur sa vie privée, ennemie de la médiatisation imbécile. J’ai décrypté ensuite les entretiens et le lui ai apporté la copie. Elle a tout relu et corrigé d’une main de fer. Maintenant le livre et là. Elle m’a dit que j’avais bien travaillé. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus aller chez elle, frapper à sa porte à l’heure du rendez-vous. On parlait. Je l’écoutais. Après j’allais faire chauffer le thé. Elle m’attendait dans le salon avec de la brioche et de la confiture aux fruits rouges. Il y avait des journaux, des livres, des aiguilles à tricoter et les photos de sa famille.
Madame Sullerot m’a reçu pendant tout 2016 pour une série d’entretiens que j’ai tenu à réaliser pour célébrer son parcours que j’ai admiré à partir de l’instant où j’en ai eu connaissance. J’ai demandé à la rencontrer car j’estimais que son humilité rendait invisible tout l’apport de ses combats à notre société. Je m’attendais à trouver une intellectuelle et j’ai trouvé une humaniste. Madame Sullerot la grande féministe tricotait parfois tout en m’expliquant la genèse du Planning Familial qu’elle cofonda en 1956, avec la gynécologue, Mme Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé. Grâce à ses parents protestants, elle fut élevée dans une générosité de chaque instant. Son père à la fois pasteur et psychiatre voulait soulager les gens écrasés par les mystères sans réponse de l’existence, et sa mère lui enseigna tous les aspects de la sexualité sans aucun tabou. Toujours sensibilisée au bien-être des femmes, Mme Evelyne Sullerot a affronté l’hostilité des catholiques, des communistes et des médecins quand elle a combattu pour imposer l’usage des préservatifs et pour dépénaliser l’avortement alors pratiqué dans des conditions sordides. Ses prises de positions ont permis à Simone Veil de gagner beaucoup de temps pour faire passer les lois qui ont considérablement amélioré notre quotidien. Les médecins qui s’enrichissaient illégalement ne voulaient pas qu’on légalise l’IVG. Les catholiques ne supportaient pas qu’on enseigne aux enfants la sexualité, et les communistes, eux, voulaient qu’on fasse de plus en plus d’enfants pour qu’ils agrandir toujours plus le parti. Opposée aux hypocrites, Madame Sullerot affronta tous ses détracteurs pour devenir une féministe de haut rang qui dérangeait aussi le féminisme conventionnel parce qu’elle aidait aussi les pères pour qu’ils aient le droit de garder leur enfant, en cas de divorce. Ne voulant pas être médiatisée à outrance, Madame Sullerot refusa de devenir secrétaire d’Etat à la condition féminine de Valéry Giscard d’Estaing. Femme de gauche, avec des valeurs inaltérables elle restait fidèle à ses convictions. Jeune fille, en plein régime vichyste, elle fit de la prison parce qu’à l’école elle retourna contre le mur le portait de Pétain. Dans sa famille, on haïssait le maréchal qui s’associa à Hitler. Elle réécrivit « Maréchal, nous voilà… » pour chanter : « Général, nous voilà ! » Elle avait 17 ans ! Sa maman en 1938 au moment des accords de Munich s’habilla en noir, pour porter le deuil des démocraties. Ennemi de tous les sectarismes, Evelye Sullerot s’allia avec Lucien Neuwirth, notoire politicien de droite, afin de demander au général de gaulle de favoriser la contraception. Sans elle, on restait au Moyen Age.
Au début des années 1970, la grande féministe et sociologue a créé l’association Retravailler pour permettre aux mères de famille de retrouver du travail après avoir élevé leur enfant. Membre du conseil économique et social, Madame Sullerot a été appréciée par toutes les majorités successives en raison de sa compétence. Femme à la fois autoritaire et pleine d’attention, elle ne supportait pas la désinvolture. L’humour oui, le laisser-aller non. Pendant nos entretiens, elle se plaignait parfois de ne pas trouver le bon nom. Rien d’alarmant, cela m’arrive bien entendu. Elle s’exprimait à merveille, toujours intelligente, toujours sensible. Je la rassurais, sous le charme d’une dame qui à quatre-vingt-douze ans se souvenait de tout avec une précision fantastique. Notamment de la mort de sa mère qui était d’une modernité inouïe. Ses parents qui cachèrent des Juifs pendant l’Occupation lui ont enseigné de toujours aider ceux qui souffrent. «J’ai toujours agi pour les autres, jamais pour moi », me répondait-elle dès que je vantais ses mérites. Les artistes font des œuvres pour divertir ou nous faire prendre conscience de certaines injustices. Madame Sullerot, elle, a agi directement sur la société pour nous rendre la vie plus facile. Si les femmes peuvent choisir quand elles deviendront maman, c’est grâce à elle. Si les couples ne sont plus dans une sexualité non épanouie, c’est aussi grâce à elle. Si les pères divorcés ne sont plus éloignés de leurs enfants, c’est encore grâce à elle. Féministe de la première heure, elle ne faisait pas partie de celles qui rejetaient les hommes. Un comportement qui a conduit à la marginaliser car elle aimait trop la liberté pour perdre sa totale indépendance. Elle s’est toujours opposée à Simone de Beauvoir dont le comportement pendant la guerre l’écœurait. Les fausses résistantes la mettaient en colère. Pour Madame Sullerot on naît femme, on ne le devient pas. Plus la société invente des techniques libératrices, plus les femmes s’éloignent du carcan de la «féminitude».
Madame Sullerot ne voulait être connue que par son activité au service de ses semblables. Elle parlait sans cesse du bien public. Une façon de concevoir la politique qui est totalement absence lors de la campagne présidentielle 2017. La dernière fois que je l’ai vue, elle m’a remis tout le manuscrit de notre livre qu’elle a lu avec une très grande attention. En marge de notre ouvrage, elle lisait quatre livres en même temps, et ne ratait rien de l’actualité. Elle se passionnait pour la génétique et ne faisait confiance qu’à la science. Madame Sullerot refusait que la religion intervienne dans la vie des gens au point de nuire à épanouissement intellectuel et physique. Elle était un trésor national. Je conserve en moi, sa douce voix et la force de ses yeux. Un regard de lionne.

L’insoumise. Femmes, familles, les combats d’une vie. Evelyne Sullerot et Bernard Morlino. L’Archipel, 280 p., 20 €

21.03.17

Piqûre de rappel: la corruption en politique

Jean Gabin (acteur), Michel Audiard (dialoguiste), Georges Simenon (romancier), Henri Verneuil (cinéaste). Je vote pour eux, les yeux fermés.

Chaque jour, ou presque, on apprend une nouvelle affaire de corruption politique.
Faut-il pour autant dire: “tous pourris” ? Faut-il voter “la fille de…” ?
Non, mais il faut faire le ménage car chaque magouille éloigne les citoyens non encartés de la politique.
Un jour, un politique condamne les imposteurs, le lendemain on apprend que lui-même a mangé dans la gamelle.
Le soupe est bonne, n’est-ce pas ?
“Il faut choisir: soit l’argent, soit la politique” a dit Edouard Herriot à Emmanuel Berl dans les années 1930.
Personne dans la campagne présidentielle ne parle du BIEN PUBLIC.
Le Bien Public n’est jamais évoqué. Cette expression, oui cet état d’esprit a été rangé dans l’armoire des souvenirs.

10.02.17

Gabin-Audiard-Simenon-Verneuil contre les conflits d'intérêts à l'Assemblée Nationale

Le grand Jean Gabin avec les mots de Michel Audiard. Voilà deux grands hommes. Je vous rappelle que Jean Gabin fut un grand résistant et qu’il libéra Paris et donc la France. Ce n’était pas un politicien qui se remplit les poches en temps de paix avec l’argent des contribuables. Jean Gabin demeure un exemple. C’est un véritable héros. Voilà pourquoi il est si parfait dans Le Président.

09.02.17

Un timbre en hommage à Mr Lucien Neuwirth (1924-2013), le père de la contraception

Le timbre hommage à Lucien Neuwirth est inspiré de l’affiche du planning familiale de 1978. Trois générations de femmes pour une même phrase «Un enfant, si je veux…quand je veux » et cela grâce à la loi relative à la régulation des naissances du 29 décembre 1967. Loi dont il est à l’origine et qu’il a ardemment défendue.
Lucien Neuwirth était un miraculé. Les nazis l’avaient fusillé et laissé pour mort. Monsieur Neuwirth a plus fait pour la condition féminine que toute la racaille moderne qui s’est servie de cette cause à des fins personnelles.

Il y a des hommes dont on ne parle pas assez.
Lors des élections présidentielles 2007, la droite a pris pour héros des hommes de gauche: Jaurès, Blum et Môquet. Elle n’a pas su regarder dans son propre camp: Lucien Neuwirth, par exemple, homme remarquable.
Né le 18 mai 1924, à Saint-Etienne, l’ancien député(UNR, UDR et RPR), sénateur et membre du Comité consultatif national d’éthique a laissé son nom dans l’Histoire pour avoir proposé la loi Neuwirth lors de l’autorisation de l’utilisation de la contraception orale en 1967.
Lorsqu’il a entendu l’appel du 18 juin 1940 par De Gaulle, à 16 ans, il organisa un groupe de jeunes amis convaincus comme lui qu’il fallait résister au lieu se coucher devant les ennemis. Ensuite, il s’engagea dans les Forces françaises libres puis fut parachuté aux Pays-Bas où il a été fait prisonnier et fusillé. Par chance, il a survécu au peloton d’exécution : blessé et recouvert par le corps d’un de ses camarades, il est resté vivant grâce à quelques pièces de monnaie- anglaises- sur lesquelles ont ricoché les balles. Sa famille a reçu un courrier avec la mention votre fils est “mort pour que vive la France".
Lucien Neuwirth a su dépasser les clivages politiques pour améliorer la France. Non seulement, il a combattu pour libérer notre pays de la présence des nazis mais en temps de paix, il a combattu aussi son propre camp de droite afin de se rallier à des gens de gauche- et pour la bonne cause!-, notamment ceux du Planning Familial dont Madame Evelyne Sullerot, également une héroïne de la Résistance. Tous deux sont deux immenses acteurs du XX siècle. (1)
Deux ministres de gauche ont assisté néanmoins aux obsèques de Lucien Neuwirth, grand résistant, gaulliste historique et “père de la pilule contraceptive"- c’est la bonne expression…-, décédé à l’âge de 89 ans, dans la nuit du 25 au 26 novembre 2013: Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des femmes, et Marisol Touraine, ministre de la Santé. Merci à elles d’avoir empêché que la gauche ne se ridiculise par son absence. J’aurais aimé que le pt Hollande se déplaçât pour honorer la mémoire de Lucien Neuwirth.Vendredi 29 novembre 2013, en l’église Saint-François-de-Sales, à Paris (XVIIe) on a vu, outre sa famille et ses proches, Charles Pasqua, Gérard Larcher, Patrick Ollier, Antoine Rufenacht, Bernard Debré, Roger-Gérard Schwartzenberg, Michel Roussin, Jean-François Legaret et Paul-Marie Coûteaux.
Pour mener son combat contre les avortements clandestins qui conduisaient parfois à la mort de la femme enceinte, le député puis sénateur de la Loire trouva un allié en la personne du général de Gaulle qu’il aimait tant depuis son adolescence. A l’Elysée, il dit au général :
-"Vous avez donné le droit de vote aux femmes. Donnez-leur maintenant le droit de maîtriser leur fécondité.” Le général répondit:
-"C’est vrai, transmettre la vie, c’est important. Il faut que ce soit un acte lucide. Continuez !”
Rien ne fut facile, car la droite était contre leur collègue qui se rapprochait de la gauche, au nom de la finalité de son combat. Georges Pompidou, premier ministre, fit de l’humour noir avec le député:
-"Alors Neuwirth vous allez être célèbre : le général vient de faire inscrire votre proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée.”
Le héros, à double titre, fut inhumé lundi 2 décembre 2013 dans le département de la Loire, au sein du caveau familial, dans le cimetière de Crêt de Roch, après une messe dans la cathédrale Saint-Charles de Saint-Etienne.

(1)Sans Evelyne Sullerot et sans Lucien Neuwirth, notre vie ne serait pas la même. C’est peu de le dire!
Mme Sullerot était de gauche, et lui de droite.
Heureusement que Lucien Neuwirth n’a pas été arrêté par de telles considérations. Quand le député de droite fit la connaissance du Mouvement français pour le planning familial, il rédigea une proposition de loi et rassembla autour de lui d’autres députés gaullistes favorables à l’abrogation. La majorité y était violemment hostile. Après bien des atermoiements, la « loi Neuwirth » légalisant la contraception fut votée le 29 décembre 1967. Pour la plus grande joie de Mme Sullerot.
L’ouverture pour eux ce n’était pas un gadget de la basse politique. Il s’agissait de l’ouverture d’esprit. On leur tous quelque chose.
Tous les deux sont très importants, tout comme Mme Simone Veil. Le grand mérite de Mme Simone Veil, quant à elle, fut d’avoir été le maître-d’œuvre de l’adoption par le Parlement du projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l’avortement. Le texte entra en vigueur le 17 janvier 1975. A l’époque, elle reçut des attaques de l’extrême-droite et d’une partie de la droite traditionnelle.

05.02.17

"La politique devrait être une vocation et non pas un métier." Au plus grand mépris du peuple, la France est un gâteau que se partage la caste de la démocratie totalitaire

Le grand Jean Gabin avec les mots de Michel Audiard. Voilà deux grands hommes. Je vous rappelle que Jean Gabin fut un grand résistant et qu’il libéra Paris et donc la France. Ce n’était pas un politicien qui se remplit les poches en temps de paix avec l’argent des contribuables. Jean Gabin demeure un exemple. C’est un véritable héros. Voilà pourquoi il est si parfait dans Le Président.

Est-ce que l’on vivra assez pour voir une Révolution, celle qui rendra le peuple souverain ?
Le peuple va-t-il encore longtemps se faire confisquer le pays par une poignée de profiteurs, tous partis politiques confondus ?
Pour un Pierre Mendès France combien de voyous ?
Emmanuel Berl m’a dit ce mot que lui a confié Edouard Herriot: “Il faut choisir: la politique ou l’argent ?” Lui avait choisi la politique.
La nouvelle affaire salit une nouvelle fois la France.
Une de plus ! Droite, gauche, même combat.
On nous promet l’extrême droite. Cela serait encore pire !
En fait, les élus ne servent pas la France mais se servent d’elle.
Ecoutons encore une fois Gabin-Audiard-Simenon-Verneuil.
Tout est dit. On était en 1961. C’est toujours d’actualité, hélas !

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