Catégorie: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

21.03.19

A lire: Entre ici Jean Moulin, Aude Terray (Grasset)

Le discours de Malraux sur Jean Moulin est un chef d’œuvre. Il n’y a en qu’un ou deux par siècle de ce niveau. Le fond et la forme. Malraux se met au niveau de Moulin. Bien sûr Malraux était écrivain. La différence est là. Depuis nous n’écoutons plus que du verbiage de communicants. Malraux habitait le langage, comme tous les vrais écrivains. Il a prononcé le discours devant Pompidou et le général de Gaulle, deux littéraires. Aujourd’hui, c’est le président qui prononcerait le discours. De Gaulle, lui, a donné la parole à son ami écrivain. Leurs successeurs ne boxent pas dans la même catégorie. Depuis eux trois, seul François Mitterrand aimait la littérature. Les autres disent l’aimer ou alors ils ne savent ni lire ni écrire.

Bon libre, vrai livre. Belle enquête. Il fallait la faire. On l’attendait, la voilà: une plongée dans l’élaboration du mythique discours de Malraux sur Jean Moulin. Temps béni où les ministres écrivaient eux-mêmes leurs interventions parlées. Il est vrai que Malraux était un écrivain. On a beau lui trouver plein de défauts, il avait plus de qualités que les actuels imposteurs qui sont en surnombre chez les gendelettres. Ne parlons pas des politiciens dont la marque de fabrique est le mensonge. Pas tous pourris mais pas loin de l’être tous.
Aude Terray nous raconte l’avant-discours, le discours et l’après-discours. Passionnant de bout en bout. On y est. On est au cœur de la chaudière Malraux. Chaudière parce qu’il fume comme un pompier et que dans son crâne ça surchauffe comme le moteur d’un vieux rafiot qui a fait 20 fois le tour du monde.
La poignée de lecteurs qui aiment l’Histoire doivent se procurer l’ouvrage. On apprend mille détails, les uns plus intéressants que les autres. Aude Terray est une commissaire Maigret de l’Histoire politique et de l’Histoire littéraire. Elle ne laisse rien de côté. Elle a osé demandé à Daniel Cordier, le secrétaire du plus grand résistant, si Jean Moulin était ou pas homosexuel. Une rumeur traîne à ce sujet. Des apôtres du prosélytisme seraient prêts à dire que la porte de l’Arc de Triomphe est lesbienne. Dans le cas de Moulin, il y a une volonté de le salir. Comme si être homo nous rendait infréquentable ! Donc, Jean Moulin aimait les femmes. Pour les hommes, il se contentait d’être un prince de l’amitié. S’il avait était homo ou bi cela n’aurait rien ajouté ou enlever à son prestige. Puisque Cordier dit que Moulin aimait les femmes et rien que les femmes, cela clôt la polémique.
Aude Terray confirme aussi que Jean Moulin n’était pas un agent de Moscou qui œuvrait en sous-main pour servir la faucille et le marteau. Tout le livre passe au peigne fin 1964 année du discours qui a eu lieu en fin d’année dans le froid glacial, place du Panthéon. Celle qui écrit la genèse du discours de l’hommage nationale à Jean Moulin agit comme une biographe de l’évènement. Elle est sans concession pour les protagonistes, n’épargnant pas Malraux qui ne cite pas ses deux frères. Deux héros de la Résistance, plus que lui. De fait, Malraux se planqua pendant la guerre avec Emmanuel Berl, traqué par les nazis mais protégé par Vichy au nom d’une amitié très lointaine avec Pierre Laval, au temps où le Vichyste était de gauche. Daniel Cordier précise que Moulin n’a pas combattu pour De Gaulle mais pour la France. Nuance de taille ! Grâce au travail d’Aude Terry, vous apprendrez beaucoup sur notre préhistoire immédiate. Voici une livre d’Histoire avec toutes les finesses d’un très bon roman.

-Entre ici Jean Moulin, Aude Terray. Grasset, 196 p., 17 €

25.02.19

De l'eau pour les moulins des Gilets jaunes: "Je n'aime pas les riches" disait-il avant de finir à côté du Pt du PSG

L’ex locataire de l’Elysée avait déclaré en 2012:
-"Je n’aime pas les riches".
C’était une façon grossière d’appâter certains électeurs. Auparavant, celui qui disait rouler à gauche s’était fait passer pour quelqu’un de droite quand il avait fait un tour de passe téléphonique sur Canal Plus au bénéfice d’André Bercoff.
Dire: “Je n’aime pas les pauvres” et finir dans une tribune à la gauche - amusant !- du président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi qui lui-même à sur sa droite, Nicolas Sarkozy. Tribune d’honneur ou déshonneur ?
On peut mesurer la puissance du Qatar qui réussit à amadouer deux anciens présidents de la République française.
Nicolas Sarkozy est un fan du PSG. Il vient de le prouver car le groupe Accor devrait verser plus de 50 M€ par an pour faire figurer ALL (Accor Live Limitless), sur le maillot du club dès la saison 2019-2020. Le contrat court sur 3 ans. Nicolas Sarkozy siège désormais au conseil d’administration du nouveau plus important sponsor du PSG. Ce magot permet au club du Qatar de régler son problème avec le fair-play financier jadis mis en place par Michel Platini, ex pt de l’UEFA, qui impose aux clubs de ne pas dépenser plus qu’il ne gagne.
Pour le reste, que peut-on penser de quelqu’un qui a dit ce qu’il a dit avant de s’afficher de la sorte dans un contexte opposé à son discours ?
Dans une vidéo, le désœuvré se propose de parler de l’Europe à qui veut l’entendre:
https://www.lindependant.fr/2019/02/24/exclusif-le-message-sur-leurope-adresse-par-francois-hollande-a-la-jeunesse-de-france,8034655.php
D’où l’expression, ne plus savoir quoi faire de ses dix doigts.

19.02.19

Permalink 14:31:00, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS  

Le totalitarisme infecte la France de 2019

Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver, disait le nazi.
Attention au présent de l’indicatif.

13.01.19

Permalink 00:44:51, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS  

Meilleurs voeux aux jeunes mamans de 2019

Entre les attentats, les menaces d’attentats, et tout ce qui se passe chaque week-end en France, je pense aux jeunes mamans actuelles qui viennent de mettre au monde leur enfant.
J’imagine leurs derniers jours de grossesse.
Il faut vraiment avoir un mental d’acier, même si une jeune maman qui donne la vie à une force extraordinaire car rien ne peut l’atteindre.
Bien sûr, la France a connu pire.
N’empêche, j’adresse mes vœux aux jeunes nouvelles mamans tout particulièrement.
Le soleil se lève chaque jour.
La mer est toujours à sa place.
Après la pluie, le beau temps.

10.01.19

Eloge du dégoût, Bernard Morlino (Editions du Rocher)

Malraux, De Gaulle, Moulin… Quand il n’y aura plus aucun survivant de 1939-1945, tout sera terrifiant. Les gens s’ennuient en temps de paix.

Vu l’actualité de la politique intérieure en France, je republie un extrait de mon livre Eloge du dégoût (2012, Editions du Rocher) Le passage ci-dessous provient du chapitre: “Les politichiens dégradent l’action politique” (p.83-p.96)

-"Les peuplades éloignées étaient beaucoup plus artistes que nous. Nos lointains prédécesseurs avaient le sens des volumes. Face aux masques et autres statuettes anonymes, leur âme nous toise. Nous sommes incapables de tirer autant d’un bout de bois ramassé dans les forêts. On marche sur les asperges sauvages et nous ne ramassons plus les figues gorgées de sucre et de soleil, aplaties par les pneus des voitures indifférentes. On prétend tout savoir mais nous ne sommes pas en mesure de donner le nom des habitants de Los Angeles, de Washington et de Chicago.
Cela rassure de signer des autographes. Douce impression d’exister. Le plus connu d’entre nous n’est plus rien dès qu’il voyage. Certains people vont jusqu’à dire : « L’été je pars à l’étranger dans des endroits où personne ne me reconnaît ». C’est le comble du chic : une cure d’anonymat ! A Paris, ils sont pourtant prêts à tuer père et mère pour se faire une place à la devanture des kiosques à journaux. Les plus cyniques usent de leur gloriole pour passer avant tout le monde devant des distributeurs de billets, au seuil des banques sur les Champs Elysées. Les badauds sont contents de voir de près celui qu’ils voient chez eux quand ils sont en train de se curer le nez.
La pensée régnante du texto nous impose une société qui ne pense pas plus loin que les menus des fast-foods. On s’écrit en charabia. On pense en onomatopées. On ouvre un blog dans le désert. On téléphone aux radios par raconter qu’on a trompé sa femme avec le livreur de sushis… On interroge Madame Michu pour savoir si le budget du ministère de la défense lui convient. On fait croire à chaque auditeur qu’il est journaliste. Les radios sont devenues des vide-ordures.
D’ici peu, les présidents de la république feront leurs allocutions télévisées entourés de clodettes. Un ancien président des Etats-Unis se fait payer une fortune à chaque conférence pour ne rien dire de nouveau sur le conflit israélo-palestinien. En Italie, un président du conseil a atteint un degré de cynisme rarement atteint en démocratie.
Les politichiens ne cessent pas de dire que l’ennemi est à l’intérieur du pays. En 1939, il est venu d’Allemagne. Dans les années 2000, des chasseurs de bulletins de vote désignent les Noirs et les Arabes. Les Français ne s’aiment plus. Sous la présidence Mitterrand, le diable s’appelait FN. Depuis la mort de celui qui en l’a fait proliférer, par tactique électorale, le FN a été convié au second tour dans la bataille pour l’Elysée. On nous prédit que ce parti peut accéder à la fonction suprême. De Gaulle nous faisait prendre le dictionnaire pour voir les définitions de «Chienlit» et de «Volapuk» alors que son homologue de 2007-2012 a traité de « pauv’con» un électeur qui ne l’a pas élu.
Au petit matin, on voit des passants avec de gros casques sur les oreilles. Il ressemble à des techniciens d’une régie de radio et à des astronautes. Avec en plus les lacets défaits et le froc qui laisse apparaître leurs fesses. A quand la télévision walkman ? Moderniser ne veut pas dire liquider le passé. A part les progrès de la médecine, tout ou presque se dégrade. Mes grands-parents étaient piétons. Mes parents, automobilistes. Je voyage en TGV. Nos enfants ou petits-enfants sont-ils condamnés à l’avion supersonique ou doit-on revenir au véhicule hippomobile ?
Pierre Bérégovoy s’est suicidé. Depuis la mort de l’ancien Premier ministre, la politique a perdu de son prestige. Il a mis fin à ses jours pour marquer son désaccord avec les pratiques actuelles. Il était de l’ancienne école. Tout devait se mériter. François Mitterrand avait été séduit par le parcours de cet homme différent des bardés de diplômes. Monsieur Bérégovoy n’a jamais porté de col Mao. Sa séance photo, très John Kennedy, avec ses petits enfants sous son bureau lui posa un problème de conscience. Il n’accepta que pour faire plus dans le coup. Cette façon putassière de séduire le révulsa.”

-Eloge du dégoût
de Bernard Morlino
2012, Editions du Rocher

[Post dédié à Jean Moulin]

PS: entendu le 19 mai 2014 (RTL, interview M.-O. Fogiel), le Président Valéry Giscard d’Estaing a dit: “La fonction présidentielle s’est beaucoup altérée, mais cela ne s’est pas fait d’un coup. François Mitterrand était un Président de la République. C’est après lui que le décrochement a eu lieu. La direction prise a été curieuse, puisque l’on a assisté à un retour de la IVème République et son régime très près du sol, dominé par les politiciens qui se battent pour avoir chacun un bout de terrain. Dès lors, le Président de la République est devenu un président de Conseil, pris dans le jeu des partis.”

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