Catégorie: LITS ET RATURES

18.10.18

Permalien 17:57:43, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La dernière interview de Charles Aznavour en Belgique

A regarder plutôt deux fois qu’une.
Un accent testamentaire dans sa foi dans les enfants, grand signe encourageant pour l’avenir.
Cela nous change des médiocres, en première ligne les politiques.

11.10.18

Permalien 16:56:53, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Attention littérature fraîche ! "Mystica", Stéphane Barsacq (Corlevour),

Ne perdez pas votre temps à lire des âneries. Lisez peu et bien. Par exemple, le nouveau livre de Stéphane Barsacq. Avec un tel compagnon de chevet vous pouvez passer l’année, même plus. Cela peut servir de Missel. De mode d’emploi. Un ouvre-boîte pour le cœur, un décapsuleur d’esprit, un voyeur d’ombres. Il est vraiment incroyable que l’on vante des livres immondes au lieu de signaler des écrits essentiels. Des livres qui font du bien cela ne court pas les rues. Aussi rares que les gens fréquentables.
Cela s’appelle « Mystica» mais le bel ouvrage pourrait s’appeler «Rien que la terre», si le titre n’avait pas été déjà pris par Paul Morand. Pour la bonne raison que Stéphane Barsacq n’est pas du genre à penser dans le vide. «Certains sont à la mode, d’autres ont du style.» Ce qui l’intéresse c’est de vivre de la façon la plus intelligente possible. La métaphysique lui sert pour coller au réel. A force d’être naturel, on devient surnaturel, disait Jean Cocteau. Le petit-fils d’André Barsacq- grand homme de théâtre-part de l’abstrait pour parvenir au concret absolu. Pour y arriver, il cherche ce qu’il y a de plus sérieux en lui. Elever son âme ne veut pas dire être abscons. «Ce qu’on ne voit pas, il faut s’en aveugler.» Il nous fait profiter de ses fulgurances qui semblent extirpées d’un livre de Vauvenargues, Chamfort, Lichtenberg, Joubert, Schopenhauer, Cioran ou Perros. «L’existence est un deuil que renouvelle l’angoisse.»
En marge de fragments de haut parage, il excelle dans l’aphorisme qui nécessite une longue macération avant d’éclore au grand jour. L’apophtegme ne supporte pas la médiocrité. Comme tous les écrivains dignes ce nom, Stéphane Barsacq se bat avec le langage pour le rendre le plus clair possible. «La beauté est le sang blanc de l’âme.» On est très loin des niaiseries accumulées par les philosophes du bien-être, ces champions des portes ouvertures, capables de nous dire que la guerre est vilaine tandis que la paix est grandiose. «Le désert est le ciel terrestre». Stéphane Barsacq était ami avec le poète Edmond Jabès. C’est mieux que des diplômes. Était et reste l’ami. La mort n’efface rien tant qu’on lui survit.

-Mystica, Stéphane Barsacq. Corlevour, 156 p., 15 €

10.10.18

Permalien 07:52:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Led Zeppelin, la totale par Guesdon & Margotin (EPA)

Le duo Guesdon-Margottin nous avait déjà donné “La totale” des Beatles, Bob Dylan, Rolling Stones et Pink Floyd. Voici cette fois l’ensemble de l’œuvre de Led Zeppelin décortiqué dans le menu détail. Ce groupe est parfois traité en dessous la jambe, loin derrière les trois déjà cité et les Doors, Frank Zappa ou Genesis. En fait, Led Zeppelin est aussi important que les autres grands groupes leaders des années 1960-1970.
Il faut saluer sa formation:
Jimmy Page, le guitariste
Robert Plant, le chanteur
John Paul Jones, le bassiste
John Bonham, le batteur.
Des quatre, Jimmy Page est le plus connu. C’est l’un des meilleurs guitaristes du monde.
Le groupe n’a pas duré longtemps mais il a marqué son temps.
Ce magnifique album est aussi une bible sur les années peace and flowers.
Les photos restituent toute l’époque, de la tête au pied, cheveux, fringues, tout y est.
On s’arrête sur les gros plans pour dévisager les musiciens.
Les chansons sont passées à la moulinette y compris les influences.
Led Zeppelin reste pionnier du heavy metal.
Aux compositions s’ajoutait un beau jeu de scène.
Des riffs plein la tête et octaves haut perchés.
Celui qui veut voyager dans l’univers de Led Zeppelin ne peut pas se dispenser de ce livre majeur qui peut faire un sacré cadeau de Noël.

-Led Zeppelin, la totale. Les 94 chansons expliquées. Jean-Michel Guesdon & Philippe Margotin. EPA,608 p., 49,90 e

08.10.18

Hommage: "Mourir n'est pas de mise", David Hennebelle (Autrement)

Le 9 octobre 1978 est mort Jacques Brel.
Ses poumons, il ne les a pas ménagés. Il fumait trois paquets de cigarettes par jour, parfois plus.
Partir à 49 ans, c’est trop tôt.
Il a vécu bien plus par l’intensité de ses émotions.
Johnny Hallyday a dit: “Si Brel avait été rocker, je n’aurais pas existé…” C’est dire que Brel était le plus grand interprète de son temps. Et Brel a sans: “Sans Trenet, nous serions tous expert-comptable".
Il a laissé sa peau sur scène. Chaque fois, il donnait tout.
Que la salle soit petite, comme à ses débuts, ou pleine à craquer.
Souvent avant le lever de rideau, il vomissait. Ecorché vif, il a bien fait de ne pas s’éterniser sur les planches.
Il a ensuite fait l’acteur, puis tourné des films. Il a connu des échecs qui lui ont donné envie de foutre le camp.
Sur bateau et dans les airs.
Pour arriver aux îles Marquises. Gauguin avait fait pareil.
Le livre de David Hennebelle nous fait passer du temps avec celui qui avait un grand sens de l’amitié. Ah! les soirées spaghetti avec Lino Ventura et Georges Brassens ! Louis Nucéra me les a souvent racontées. Ventura disait que sa préparation était la meilleure puisque c’était celle de sa mère mais Brassens tenait le même discours. Ventura arrivait chez Georges avec tout son matériel pour faire le cuistot ! Brel, lui, se contentait de manger. Ventura ou Brassens étaient des champions de la sauce tomate.
Brel a connu l’un de ses plus grands chagrins à la mort de Georges Pasquier, un ingénieur tombé sous le charme du chanteur, aux Trois Baudets, au point d’abandonner son métier pour devenir chauffeur, secrétaire et régisseur. Une des plus grandes amitiés de leur temps. Brel et Pasquier étaient inséparables. Cela peut faire sourire. On a souvent critiqué le côté macho de Brel, sa misogynie. Erreur fatale. C’était un idéaliste, un puriste avec toutes ses divines contradictions. Il aimait les femmes, pas la femme. Il aimait les individus, pas le genre humain.
Combien de fois a-t-il dit: “J’ai mal aux autres".
Barclay aimait tellement Brel qui lui a signé un contrat à vie !
Brel a mis un mois pour enregistrer son ultime album. Il a dit à Barclay: “Interdit d’en graver plus de 300 000 exemplaires". Qui dit ça ? Personne à part lui.
A la fin de sa vie, les photographes qui le pourchassaient jusqu’à l’hôpital ont déshonoré la profession.
Il existe un documentaire belge où l’on voit Brel qui a accepté de répondre à des questions, juste à la sortie de scène. Un vrai boxeur. Il est en sueur. Demande une cigarette. Il est allé au bout de lui-même. Revient peu à peu sur terre.
Nous pouvons être fiers d’avoir été les contemporains de Brel, Brassens, Ferré, Aznavour, Trenet, Ferrat, Barbara, Nougaro, Gainsbourg…
La chanson n’est pas un art mineure.
Les grands chanteurs sont des poètes majeurs. Pierre Seghers l’avait bien compris.
Le football est le seule moyen d’expression qui nous donne toujours de très grands artistes.
A l’inverse de la chanson, du cinéma ou du théâtre.
Où sont les nouveaux Orson Welles, Jean Renoir, John Cassavetes, Michel Simon ou Antoine Vitez ?
Brel et Brassens sont morts trop jeunes. Juste un peu plus vieux que le météore Boris Vian.
Aznavour, lui, a vécu longtemps car il s’est ménagé, intelligemment. Il a su arrêter les néfastes excès.
Aznavour est mort à 94 ans mais comme l’a dit Philippe Soupault: “Quand on est jeune, c’est pour la vie”.
Brel ne voulait pas que ses filles le voient en scène: il se mettait trop chiffon !
Aznavour lui, est né sur scène. Ce n’est pas le même destin.
Deux trajectoires. Deux talents. Deux amis.
Un vainqueur: la littérature française.

-Mourir n’est pas de mise, David Hennebelle. Autrement, 151 p., 15 €

PS: dans la liste des chanteurs à retenir, j’ai oublié: Serge Lama, Véronique Sanson, Nino Ferrer et Alain Bashung. Des chanteurs qui ne me laissent pas indifférent: Philippe Clay, Julien Clerc, Michel Delpech, Michel Fugain, Michel Jonasz et Pierre Vassiliu. Compositeurs: Michel Legrand et Francis Lai.

03.10.18

Permalien 18:12:33, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

La main amie de Blaise Cendrars

Vu sur Arte.
Blaise Cendrars. Comme un roman
Documentaire de Jean-Michel Meurice

Très beau film sur Cendrars, l’un des pionniers de la poésie moderne avec Apollinaire, Jacob et Reverdy.
Ecrivain terriblement attachant.
Une sorte de Jean Gabin des lettres.
Cendrars, voilà un véritable écrivain.
Il trempait sa plume dans l’encre de la vie, la seule qui compte.

PS: attention à la première apparition du nom sur l’écran d’André Salmon, c’est une erreur car on entend la voix de … Philippe Soupault ! Ensuite tout est exact.

[Post dédié à l’un de ses plus fidèles lecteurs: Jean-Yves Allizan]

:: Page suivante >>

Octobre 2018
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software