Catégorie: LITS ET RATURES

22.06.18

Permalien 09:49:11, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Ceci n’est pas une critique: Brauquier, H. Godard, Ernaux, Juhel, S. Perez, Grall, Vergé-Franceshi, Barde-Cabuçon, Frenkel, Mandelstam, Blanchard...

A la manière de René Magritte.

On ne peut doit pas s’en dispenser:

-Je connais des îles lointaines, Louis Brauquier. Edition Olivier Frébourg, 572 p., 10, 50 €. En poésie, il est l’équivalent des peintres Marquet et Bonnard. La vie en direct.

-Céline, Henri Godard. Folio, 832 p., 10, 50 €. La haine de la guerre, le médecin des pauvres et le polémiste qui adore dézinguer. Le puzzle Destouches de A à Z.

-Le vrai lieu, Annie Ernaux. Entretien avec Michèle Porte. Folio, 109 p., 6 €. Du côté des femmes, elle est loin devant ses consœurs.

-La femme murée, Fabienne Juhel. Rouergue, 187 p., 18, 80 €. Un hommage à Jeanne Devidal (1906-2008) – dite « La folle de Saint-Lunaire »- qui transforma un pavillon en forteresse.

-Le corps du Roi, Stanis Perez. Perrin, 480 p., 25 €. De Philippe Auguste à Louis Philippe, une histoire de France par le biais de la carcasse des puissants qui ne le sont pas toujours.

-L’inconnu me dévore, Xavier Grall. Equateurs, 148 p., 13 €. Un poète avait cinq filles et un cœur pur. Regard périphérique.

-Une Histoire de l’Identité Corse, Michel Vergé-Franceshi. Payot, 422 p., 24 €. L’Ile de Beauté à des racines italiennes qui sautent aux yeux.

-Le carnaval des vampires, Olivier Barde-Cabuçon. Actes Noirs, Actes Sud, 374 p., 22, 50 €. Une intrigue hitchcockienne dans la Venise de 1760, tendance 3615 Tiepolo.

-Rien où poser la tête, Françoise Frenkel. Présenté par Frédéric Maria. Préface Patrick Modiano. Folio, 330 p., 7,80 €. Une libraire française de Berlin fuit l’Allemagne en 1939.

-Nouveaux poèmes 1930-1934, Ossip Mandelstam. Traduit du russe et présenté par Christiane Pighetti. Allia, 141 p., 6 ,50 €. Sa musique intérieure contre les bruits du dehors.

-Un début de la vie, André Blanchard. Le dilletante, 320 p., 20 €. Cet homme a consacré sa vie à la littérature dans un désert total. Une attitude cioranesque soit la rancune des solitaires.

On peut s’en dispenser :

-Un déjeuner à Madrid, Claude Sérillon. Le Cherche Midi, 160 p., 18 €. Le journaliste qui est devenu célèbre pour avoir parlé à la télé des bijoux de Bokassa à VGE digresse sur la rencontre Gaulle-Franco qui n’a rien à voir avec Pétain-Hitler, à Montoire.

-Qui a tué mon père, Edouard Louis. Seuil, 85 p., 12 €. Si l’expression: «Le ridicule ne tue plus» n’existait pas, on l’aurait inventée grâce à ce livre qui n’est même pas un brouillon.

-Puisque tout passe, Claire Chazal. Grasset, 198 p., 18 €. Encore un bouquin avec la photo de l’auteur sur la couverture. Bernard Grasset serait content : c’était un as de la com.

-Une aventure nommée Federer, Thomas Sotto. Le Rocher. 211 p. , 16, 90 €. Cela pourrait s’appeler : Une aventure nommée Sotto par Roger Federer. Dans le Sotto-portrait, on trouve le témoignage des tennismen français. Pour eux un Grand Chelem est de la science-fiction.

13.06.18

Permalien 19:24:40, Catégories: LITS ET RATURES  

Des livres sur le football: Deschamps, Michéa, Cohn-Bendit, Courbis, Chambaz, Lizarazu, Redeker, Correia, Djemaï, Deshors, Jalbert, Ghemmour...

Cruyff, virtuose parmi les virtuoses

-Dans la tête de Didier Deschamps, Jean-Philippe Bouchard. Solar, 184 p., 16, 90 €. Ouvrage à forte tendance hagiographique qui évite tous les sujets épineux qui ont été traité dans Complément d’enquêtes sur France 2, émission boycottée par le principal intéressé. Dès que l’on parle de médicalisation à la Juve ou de l’affaire VA-OM, c’est silence radio. Deschamps est capable d’accorder une interview dans Le Parisien (celui du 10 juin 2018) et dire le même jour à Téléfoot : «Je ne lis pas la presse !». La com., oui. Le reste, non.

-Le plus beau but était une passe, Jean-Claude Michéa. Climats, 167 p ., 15 €. Le football joie du peuple ou opium du peuple ? Il n’y a qu’à penser à Garrincha pour avoir la réponse ! Les intellos méprisent le sport sauf Michéa qui sait qu’on ne devient pas champion de père en fils. Aucun enfant de joueur n’hérite du talent de son géniteur comme le fils de tel industriel reçoit en cadeau les affaires du paternel que dans 95 % ils détruisent à petit feu. La passe dont parle l’auteur c’est celle de Cantona à Denis Irvin, au temps du grand MU des années 1990.

-Complétement foot, Coach Courbis. Michel Lafon, 238 p., 18 €. Le livre est sous la forme d’interviews. On ne s’y ennuie jamais. Rolland Courbis n’use pas de la langue de bois même s’il ne dit que 50 % du fond de sa pensée. En lisant, on l’entend parler, ce qui est très bien. Il met Johan Cruyff haut dessus de tout le monde, avec l’Ajax de notre jeunesse. Il fait des va et vient avec le passé-présent pour vivifier ses éclairages. Un bon livre par l’un des consultants les plus amusants.

-Sous les crampons … la place, Daniel Cohn-Bendit. Robert Laffont, 244 p., 19 €. La photo de couverture prouve que l’agitateur de 1968 aime vraiment le football qu’il pratique. Je ne range pas Cohn-Bendit parmi les intellos. C’est une figure de la vie médiatique. Une grande gueule au discours non policé. Une icône de notre jeunesse. Il a des défauts et des qualités. N’empêche, il sait dresser contre de Gaulle, mieux que Mitterrand. Et pas dupe une seconde sur l’effet 68.

-Petite philosophie du ballon, Bernard Chambaz. Flammarion, 169 p., 8 €. Beau bréviaire sur un authentique écrivain qui connaît aussi bien le sport que la littérature. Grand amateur de cyclisme et de football- qu’il pratique régulièrement- Chambaz sait donner dans l’érudition sans jamais perdre de vue le côté populaire. C’est un homme de kop et non pas de tribunes présidentielles. Il sait voir ce que l’on ne voit pas ou plus.

-Mes prolongations, Bixente Lizarazu. Seuil, 245 p., 19 €. Quand un bouquin a sur la couverture le nom de l’auteur plus grand que le titre, nous sommes dans le plan média. On y lit que dans l’Histoire du football il n’y avait jamais eu ensemble deux grands joueurs du niveau de Messi et de C. Ronaldo. Ah ! bon… Et Di Stefano / Puskas, Maradona/ Platini et Ronaldo/ Zidane ?

-Peut-on encore aimer le football ? , Robert Redeker. Le Rocher, 249 p., 18, 90 €. Il y a quelques très belles phrases sur le football liées à l’enfance hélas ! noyées dans une logorrhée cent fois entendue sur les dérives du sport. Un coup d’épée dans l’eau. Personne n’est obligé d’aimer le football. Et la thèse que le football est un poison comme le fascisme et le communisme cela ne fait même pas rire. Au fait, la religion c’est quoi ?

-Une histoire populaire du football, Mickaël Correia. La Découverte, 416 p. 21 €. Bel ouvrage à offrir aux ignorants. Ils découvriront que le football c’est beaucoup plus que du football.

-Le jour où Pelé, Abdelkader Djemaï. Le Castor Astral, 132 p., 9, 90 €. Le Roi Pelé lors d’un match disputé dans l’Algérie après l’Indépendance. Un livre plein d’émotion sur fond politique.

-Figurines, Collectif. Edition bilingue français-italien. Traduction de Bernard Vanel. La passe du vent, 128 p., 13 €. Des poètes s’y expriment sur Pukas, Sandro Mazzola et Schiaffino. Des regards. Des gens qui ont quelque chose à écrire.

-Mon quiz de la Coupe du Monde, Michel Deshors. Coffret Gründ, 7,95 €. Pour grands et petits, 150 questions en attendant de voir les matchs à la télé.

-Le Dictionnaire du parfait footballeur, Philippe Jalbert. Larousse jeunesse, 96 p., 13 ,50 €. Album pour les 5-8 ans afin qu’ils s’initient aux joies du ballon rond et non pas du «référant bondissant» !

-Ronaldo le Galactique, Cherif Ghemmour. Saltimbanque éditions, 100 p., 10, 90 €. Il s’agit d’un déplilivre qui comme son nom l’indique se déplie en plusieurs volets très attractifs. Une mine d’informations à la gloire de CR7. Il existe dans la collection, le même livre sur «Zlatan Ibracadabra », «Neymar le prodige » et « Messi l’extraterrestre ».

11.06.18

Permalien 17:48:40, Catégories: LITS ET RATURES  

De la littérature, enfin ! "Je ne sais pas", André Rollin (Phébus)

André Rollin écrit: “Je ne sais pas". Cela renvoie au : “Je préférerais ne pas” proféré par Herman Melville via son personnage Bartleby qui faisait du quiétisme sans le savoir comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.
Quand on a dans les mains Je ne sais pas, on a l’impression de recevoir un nouveau Fernando Pessoa mais sous l’un de ses nombreux hétéronymes, cette fois dans la veine pessimiste, mélancolique mais jamais triste. Kafka- dans sa cave (la même que dans ce livre) et Cioran n’attristent jamais. La lucidité n’est pas désespérante, bien au contraire. Penser c’est dire non.
Le livre d’André Rollin est un morceau de littérature comme un bloc de glace, détaché d’un iceberg, dérive à la recherche des lecteurs.
Y en a-t-il encore dans ce pays ?
Quand on regarde les premières places du parade littéraire, on ne voit que des produits avec tous les ingrédients qui alpaguent les lecteurs qui ne liront jamais Bove, Calet, Guérin, Perros, Berl et le Prince de Ligne. La quantité est souvent ennemi de la qualité. Pour plaire au grand nombre soyez toujours plus vulgaire, préconisait Paul Léautaud. Et s’ils ne les lisent pas c’est parce qu’ils ne savent même pas que ces écrivains existent.
Les auteurs qui “marchent” parlent d’amourette essentiellement: 80 % des lecteurs sont d’anciennes lectrices de Nous Deux ou leurs descendantes. Malraux disait: on ne peut pas demander à quelqu’un d’écrire un sonnet si on ne lui a pas appris à lire. Rien de misogyne là-dedans. Les femmes ont le mérite de lire quand les hommes eux ne lisent que leurs relevés bancaires ou les prescriptions pour soigner leur prostate.
Le livre d’André Rollin se lit à haute voix, comme si nous étions dans le gueuloir de Flaubert. Les mots ne sont pas de simples mots, ils ont été choisis pour dire quelque chose, pas pour compter fleurette. On a le sentiment que le narrateur remonte le film de sa vie à contre courant, vagabond balloté par la foule en sens inverse.
La mémoire est un amas gazeux, on ne sait jamais ce qu’elle va nous resservir.
La mémoire c’est le contraire de YouTube.
Hier, on allait demander à ses grands-parents des explications.
Avant-hier, on s’abimait les yeux sur les notices en anglais.
Aujourd’hui, on tape Google.
Le livre d’André Rollin c’est le Cri de Munch, version littérature.
Allez-y voir vous-mêmes ! comme a dit Soupault à propos de Lautréamont.
Chez Rollin c’est la cave qui se rebiffe. Celle d’où l’on remonte les bouteilles de vin qui ont une date dessus comme les souvenirs. Des clous de girofle dans les joues ? Une dame dans un bus à Alger ?
André Rollin a quitté les pages livres du Canard Enchaîné.
A présent, il vole de ses propres ailes.
De sa plus belle plume.

-Je ne sais pas, André Rollin. Phébus, 112 p., 11 €

[Post dédié à Pierre Drachline]

09.06.18

Permalien 18:51:58, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Vive les comédiens ! Cabu. (Michel Lafon)

Quel coup de crayon ! Immense dessinateur, capable de vous croquer tout en vous parlant. Il dessinait dans sa poche sans voir ce qu’il faisait ! Tel était Cabu que la cruauté nous a volé. Hara Kiri, ce n’est pas le journal qui est «bête et méchant». Dans cet album on retrouve Darry Cowl, Jean Le Poulain, Michel Serrault, mais aussi Antonin Artaud, Antoine Vitez et Louis Jouvet. Tous sublimement présentés, pris sur le vif.
Beaucoup de boulevard et de Comédie française. L’important reste les dessins de Cabu qui sont plein de vie. Il avait vraiment un très grand talent pour croquer des gens qu’il ne connaissait pas au plan privé. Exemple, Antoine Vitez. Mieux qu’une photo. On retrouve avec plaisir l’immense metteur en scène dont la mort a rendu la scène française désertique. Il est en compagnie d’Antonin Artaud et autres monuments du théâtre français.
Je ne me lasse pas de (re)voir François Périer, Bernard Lavalette (toujours parmi nous, heureusement !), Jacques Fabri, François Chaumette, Georges Descrières, Daniel Ceccaldi, Paul Meurisse, Depardieu jeune mais aussi Balladur, Mitterrand, bref les Guignols de l’info. Cabu est le Daumier du XXe siècle mais en plus tendre. Même quand il plaisante sur Delon et Sardou, il les taquine comme un gamin tire la queue du chat.
Cabu a les deux facettes - mélancolique et joyeuse- comme Charles Trenet qu’il aimait tant : dur avec les idiots, tendres avec les poètes. Quand il célèbre les acteurs, on sait qu’il retient l’éphémère, ce que nous sommes tous. Avec le jeu de mot en plus. Le pacifiste est mort tué par balles. Cela ressemble à un cauchemar mais hélas ! c’est la réalité. La France est moins intelligente sans Cabu qui dessine. Les tartiniers nous fatiguent. Un croquis vaut mieux qu’un long discours.
Cabu avait toujours des gâteaux secs au fond de son sac. Le goûter. Enfance éternelle.

-Vive les comédiens ! Cabu. Préface Eric Ruf. Avant-propos Véronique Cabut. Michel Lafon, 145 p., 19, 95 €

Exposition Cabu, Vive les comédiens !, Comédie-Française, Place Colette, Paris. Jusqu’au 25 juillet 2018.
Une sélection de dessins de Cabu. Maison Jean Vilar, Avignon. Jusqu’au 15 décembre 2018.

08.06.18

Platine, Régine Detambel (Actes Sud)

“La gloire est le deuil éclatant du bonheur". (Mme de Staël). Surtout la gloire fabriquée et même préfabriquée.

Le texte est à hauteur de la sublime couverture. On y voit la somptueuse Jean Harlow, la «bombe» platine américaine qui a devancé Marylin Monroe. La jeune femme a été fabriquée par les producteurs pour incarner le sex-appeal, une machine à fabriquer du cash par le biais des fantasmes masculins. Howard Hughes en fit une poupée gonflable avant l’heure. Le milliardaire qui vivait caché voulait que l’on voit l’actrice partout.
Régime Detambel souligne que Howard avait pour une Jean Harlow «la considération qu’on manifeste pour une houppette de poudre de riz». A l’époque béni du cinéma, 40 millions de tickets étaient vendus par semaine aux Etats-Unis ! Jean Harlow était le fer de lance de la MGM dont le patron Louis B. Mayer ne voulait pas qu’elle perde son temps à avoir le béguin pour des amants inconnus du public. Déçue que l’on n’aime que ses seins, la comédienne refuse le rôle de pin-up, noie son stress dans l’alcool mais l’angoisse surnage. Le plus atroce c’est que l’homme anonyme qui est devenu son mari la tabasse. Il la frappe tant qu’elle finit par mourir, détruite à l’intérieur.
Le minable époux se suicide dans un moment de lucidité. Une balle dans la tête, histoire de ne pas se rater. Entre 1928 et 1937, une décennie, Harlow a tourné 34 films. Elle a fini essorée par un système qui l’a détruite. Un livre qui nous écœure de la gloire. Bardot, Garbo et Dietrich ont bien fait de vivre cacher. Régime Detambel conduit son récit comme si elle était sur un pur-sang galopant dans un champ plein de vent.

-Platine, Régine Detambel. Actes Sud, 192 p., 16, 50 €

A lire en complément :
-Hollywar. Hollywood, arme de propagande massive, Pierre Conesa. Robert Laffont, 216 p., 17 €. Les Cie cinématographiques américains font toujours de films pour désigner des ennemis : les Indiens, les Africains, les Chinois, les Communistes, les Arabes… L’auteur a vu plus de 3 000 films.

PS: 20 h foot, CNews (7-6-2018):
http://www.cnews.fr/emission/2018-06-07/20h-foot-du-07062018-784250

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