Catégorie: LITS ET RATURES

26.05.17

Permalien 09:35:40, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Les 50 ans de l'album des Beatles Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967-2017)

Sortie vendredi 26 mai 1967
Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
Coffret de l’album culte
Quoi de neuf ? Les Beatles !
La réédition du grand classique de la musique contient un ouvrage de 144 pages (avec une préface signée par Paul McCartney et par le producteur Giles Martin), ainsi que 15 autres nouveaux enregistrements du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band sessions, dont la plupart sont inédits.
Le coffret comprend la version remasterisée de The Making of Sgt. Pepper, un documentaire inédit réalisé en 1992, ainsi que des films promotionnels restaurés.
Il y a un avant et un après Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
C’est une évidence de dire que les Beatles est le plus grande groupe du XXe. Il y a eux et les autres.
En dix ans d’existence et huit ans de carrière discographique (de 1962 à 1970), les quatre amis ont transformé la musique et du coup ont ouvert la tête à des millions de jeunes qui ignoraient à l’époque l’existence des surréalistes, des dadaïstes et de la Beat Generation, rien que des devanciers.
Le plus terrible c’est que John Lennon (assassiné) et George Harrison (maladie) sont déjà morts depuis longtemps alors que les Rolling Stones (moins Brian Jones, mort lui aussi) font encore des concerts en 2017. Complétement dingue comme destinée différente, au niveau groupe s’entend.
Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est le 8e album des Beatles.
Il a été enregistré par les Beatles sur une période de 4 mois.
L’album est sorti début juin 1967
Toutes les chansons ont été écrites et composées par le très regretté John Lennon en compagnie de Paul McCartney, sauf Within You Without You, signée par le nom moins très regretté George Harrison.

Face A
1.Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
2.With a Little Help from My Friends
3.Lucy in the Sky with Diamonds
4.Getting Better
5.Fixing a Hole
6.She’s Leaving Home
7.Being for the Benefit of Mr. Kite!

Face B
8.Within You Without You
9.When I’m Sixty-Four
10.Lovely Rita
11.Good Morning Good Morning
12.Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (Reprise)
13.A Day in the Life

Musiciens et chanteurs: Les 4 Beatles
John Lennon – guitares acoustique et électrique, orgue, piano, percussions, chant, effets sonores
Paul McCartney – guitare basse, guitare acoustique, guitare électrique, piano, orgue, percussions, chant, effets sonores
George Harrison – guitares acoustique et électrique, sitar, tamboura, harmonica, percussions, chant
Ringo Starr – batterie, percussions, piano, harmonica, chant

Autres participants:
George Martin – clavecin, orgue, piano, harmonium
Mal Evans – piano, harmonica, harmonium, percussions, chant
Neil Aspinall – harmonica, tamboura
Les Asian Music Circle: Quatre musiciens jouant du tabla, du dilruba, du swordmandel et des percussions indiennes
Le London Symphony Orchestra

19.05.17

Permalien 18:34:19, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Quelques notes avec Brassens, préface de Maxime Le Forestier. Joël Favreau. (L’Archipel)

Joël Favreau ici en compagnie de Georges Brassens. Nous avons eu la chance de vivre à l’époque de Brassens, Brel, Trenet, Ferré, Ferrat, Nougaro et Barbara. Voir Brassens en couleurs et en si parfaite qualité visuelle est plus que troublant. Il est bel et bien plus vivant que le chanteur que j’ai vu et hélas ! entendu l’autre jour inaugurer le Festival de Cannes. Le ridicule ne tue plus depuis longtemps. Comment ose-t-on monter sur scène pour ânonner de cette façon ? Et comment osent-ils applaudir ?

La discrétion faite homme, Joël Favreau nous confie quelques souvenirs de toutes ses années passées en compagnie de Georges Brassens qu’il aime comme un père, un transfert que fait tout son public tant Brassens donne envie d’être son ami.
Depuis que le Sétois céleste est mort beaucoup se revendique ami de Brassens, à tort. Joël Favreau précise; “J’en ai tellement vu, des sans-gêne aucune, qui se bousculaient pour être sur la photo, qui fouaillaient même sa corbeille à papiers…” Toutes ses attitudes minables sont étrangères à Joël Favreau comme elles le furent à René Fallet, Louis Nucéra, Georges Moustaki ou Guy Béart. Sacré quatuor d’amis. J’en ai connu trois sur quatre.
Jamais, au grand jamais, Joël Favreau ne se pointait chez Brassens à l’improviste, ce que prétendent d’aucuns. Il appelait d’abord le fidèle Gilbratar qui indiquait le jour et l’heure pour venir rue Santos-Dumont.
Brassens ne répondait jamais au courrier, ni au téléphone. Satie lui non plus n’ouvrait pas son courrier. Brassens accueillait toujours ses amis par : “Comment vas-tu galopin ?”
Ce livre est celui d’un ami qui en raconte un autre.
Pas de voyeurisme, pas de scooop atroce, rien que moments de jadis qui remontent à la surface. On est comme à la terrasse d’un café avec un copain qui nous raconte sa vie tout en regardant les gens dans la rue.
Très bel ouvrage où vibre l’amitié sans forfanterie.
Brassens avait vu en Joël Favreau un fils. Et comme à son habitude, il ne s’est pas trompé.

-Quelques notes avec Brassens, préface de Maxime Le Forestier. Joël Favreau. L’Archipel, 200 p., 18 €

16.05.17

Permalien 23:58:18, Catégories: LE GYM E BASTA, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Quoi de neuf ? Michel Audiard (1920-1985)

Jean Gabin et Michel Audiard, c’est la famille. Amitié, droiture, amour de la littérature, passion du sport.

Cet homme a passé sa vie à travailler et non pas à berner ses concitoyens. Dans Le Président, par son porte-parole Jean Gabin, Michel Audiard recouvre de fiente la classe politique, pour l’éternité. L’authentique créateur n’était pas un vulgaire promoteur de spectacles. Il parlait pour dire. Même en série B, il y a sa marque de fabrique. On parle de films de Michel Audiard (1920-1985) dès lors qu’il en a signé les dialogues. Avec Jacques Prévert, Henri Jeanson et Charles Spaak, il est l’un des plus brillants dialoguistes. Leurs héritiers sont difficiles à trouver, à part parfois Bertrand Blier. La France a parlé le Michel Audiard comme elle a parlé le Georges Brassens. L’Audiard est une langue avec sa propre gymnastique grammaticale. Faire rire est beaucoup plus difficile que de faire pleurer, n’en déplaise à la milice du cinéma qui ne récompense que les films dits sérieux. Les jurés des prix pensent que c’est mieux qu’on s’endorme devant des films d’Ouzbékistan.
A la fin de sa vie, Michel Audiard a participé à Garde à vue (1981) et à Mortelle randonnée (1983) de Claude Miller pour démontrer qu’il savait aussi s’immerger dans un sujet grave. Le caustique tirait le meilleur du roman d’un autre pour le rendre accessible aux spectateurs : Les Grandes familles (Druon, 1958), Le Président (Simenon, 1961), Un Signe en hiver (Blondin, 1962) et La métamorphose des cloportes (Boudard, 1965). Il a su aussi se fondre dans l’œuvre d’Albert Simonin pour dialoguer Le Gentleman d’Epson et Les Tontons flingueurs (1963) parmi tous les succès du duo culte du 7e Art. Quand il est devenu réalisateur, il a porté à l’écran un roman de René Fallet (Il était un petit navire) sous le titre «Le drapeau noir flotte sur la marmite» (1971) Finalement Paul Meurisse, Bernard Blier, Francis Blanche, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Michel Serrault, Robert Dalban, André Pousse, sans oublier Françoise Rosay, Annie Girardot et Mireille Darc font partie intégrante de l’œuvre d’Audiard, champion de l’amitié.
«La nuit, le jour et toutes les autres nuits», après la mort de son fils François, tué en 1975 dans un accident de voiture, dévoile un écrivain qui ne joue plus à faire le clown : «Il n’y a plus qu’à s’asseoir sur un banc et attendre. La fin du monde est pour dimanche». Trop conscient de son rôle d’amuseur public n°1, Audiard n’osait pas dire qu’il était écrivain. Il nourrissait un complexe vis-à-vis de Céline alors que tous les deux étaient animés par une identique rébellion pleine de gouaille. Le bibliophile sentimental avait acheté le N°86 sur Alfa de «Voyage au bout de la nuit» (1932), un exemplaire tirage de tête datant de l’époque où Céline était le chantre de la gauche avec en première ligne Aragon.
L’ambassadeur par excellence de l’esprit français crie, mieux que personne, Vive la France (1973) dans un documentaire nourri d’images archives qu’il commente avec sa voix d’une ironie constante. «Les Français ne lisent pas. Ils achètent des livres.» Il n’est pas tendre avec ceux qui découvrent la littérature grâce au livre de poche, et la musique par le biais du microsillon. En pleine époque du Petit livre rouge de Mao, Audiard sortit le sien : «Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, les types de soixante kilos les écoutent». Il enchaîne les formules qui font mouche : «Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche». Il est possible que la récompense suprême d’un écrivain soit de faire oublier la rage de dent à un lecteur.
Parfois le talent est héréditaire. Chez les Audiard, le fils Jacques s’est fait un prénom dans un registre différent. Un prophète (2009) maintient en haut de l’affiche la renommée familiale. Récemment, à contre cœur pour évacuer le fétichisme qui sclérose, la famille s’est séparée de l’univers paternel qui s’est envolé aux enchères. Reste l’émouvant catalogue qui contient tout Michel Audiard : de l’exemplaire de 1782 des Liaisons dangereuses aux Illuminations de Rimbaud sur papier de Hollande (1886), d’une bonne partie des cent vingt manuscrits et autres dactylogrammes de films qui ont bénéficié de sa plume- dont l’ébauche du scénario L’instinct de mort, de Mesrine, co-signé avec Patrick Modiano- avec en plus son bureau en bois naturel et un lot de vélos de course «Mercier», car le cyclisme était l’une de ses multiples passions. Que reste-il de Michel Audiard ? Tout ce qu’il a déposé dans notre cœur. L’enchanteur de notre jeunesse était un mélange d’anar et de réac. Un très bon Français.

-Michel Audiard. L’Encyclopédie. Stéphane Germain. Hugo Image, 295 p., 24 ,95 €
-Michel Audiard. La revue Schnock, N°21, décembre 2016. La Tengo Editions, 180 p., 14,50 €
-La nuit, le jour et toutes les autres nuits, Michel Audiard. Denoël, 230 p., 17 €.
-Michel Audiard. Pierre Bergé & Associés. Mai 2016. 230 p. www.pba-auctions.com

25.04.17

La gloire éternelle du génial Django Reinhardt (Noël Balen/Du Rocher et Alexis Salatko/Robert Laffont)

Je n’utilise quasi jamais le mot “génial” mais pour Django Reinhardt(1910-1953), oui.
Tout comme pour Hendrix. D’ailleurs, Hendrix aimait la musique du manouche céleste au point d’appeler Band of Gypsys son ultime groupe.
Quant on songe qu’un imposteur est désigné “génie” parce qu’il fait fabriquer par de “grandes” marques des sacs avec des reproductions de Fragonard ou van Gogh. Tout ça après Duchamp et Warhol.
Stéphane Grappelli et Django Reinhardt forment l’un des plus grands duos de l’Histoire de la musique.
La vie de Reinhardt méritait un film. C’est fait, par Etienne Comar avec Reda Kateb et Cécile de France, deux très bons comédiens. Il est inspiré de Folles de Django, livre d’Alexis Salatko auteur du superbe Horowitz et mon père.
La mère de l’artiste fut très important dans la vie du musicien qui vivait à son rythme. Il faisait ce que bon lui semblait. On a peu d’images de lui, des photos oui, mais pas beaucoup de pellicule le montrant en action.
Il est légendaire a plus d’un titre. Comment ne pas voir le terrible signe du destin par le biais de l’incendie qui l’a privé de l’usage de deux doigts de sa main gauche ? De ce handicap, il va faire une force, un son rien qu’à lui. Il a été plus fort que ce maudit mauvais sort !
On reconnaît l’immense jazzman à l’écoute d’une seule note, comme Hendrix, comme Miles Davis, comme Coltrane.
Le génie vagabond, par Noël Balen -musicien lui-même- mérite tout autant d’être lu. Quand on aime, on ne compte pas. C’est le moment de le prouver. Un vous le gardez, l’autre vous l’offrez. Circulez, il y a à voir !
Les deux ouvrages se complètent et permettent de passer du temps avec l’un des cinq plus grands guitaristes du XXe siècle.
Les deux livres - et le film- font l’éloge d’un homme libre qui a vécu seulement 43 ans mais avec l’avantage d’avoir donné le meilleur de lui-même avec les cordes de sa guitare.
Dans 10 000 ans, on parlera encore de Reinhardt comme de Mozart et de Duke Ellington ou alors notre monde ne sera plus qu’une terre ravagée par l’imbécilité.

-Django Reinhardt, le Génie vagabond, Noël Balen, Editions du Rocher, 296 p., 19,90 €
-Folles de Django, Alexis Salatko, Robert Laffont, 276 p., 20 €

11.04.17

Le 11 avril 1977 disparaissait Jacques Prévert, mais pas pour moi

Prévert, un homme de paroles, lit son texte en hommage à Desnos. En ce temps-là, seuls les vrais écrivains écrivaient. L’année 2017 est celle des 40 ans de la mort du poète qui fut défendu par Henri Michaux. Le monde des lettres peut-être fraternel.


«Dépêchons-nous de manger sur l’herbe avant que l’herbe ne mange sur nous». Tout Jacques Prévert (1900-1977) est dans cette lucide sentence. Son univers contient, en même proportion, de la mélancolie et de l’humour. A y regarder de près, mieux vaut vivre que de ne jamais avoir vu le jour. Dans ces moments d’intense spleen, souvent avec un coup dans l’aile, Jacques Prévert grimpait sur la rambarde d’un balcon pour jouer au funambule, histoire de voir s’il parvenait toujours à rester en équilibre au-dessus du vide. Parfois cela lui jouait de sales tours. Le 12 octobre 1948, dans un studio radio des Champs-Elysées, l’équilibriste tomba d’une porte-fenêtre sans garde-fou, ni garde poète. S’appuyant trop contre la vitre, il chuta cinq mètres plus bas, sur le trottoir où on le ramassa à la petite cuiller. Transporté d’urgence, à l’hôpital Marmottan, il resta entre la vie et la mort, pendant dix jours. Au terme de son coma, il demanda à son frère Pierre : «Suis-je tombé du 1er dans le VIIIe et du 8e dans le 1er arrondissement ? » Un pareil réveil garantissait un impeccable état d’un cerveau qui fit rêver la France avant, pendant et après l’Occupation nazie.
Son association avec Marcel Carné a donné plusieurs chefs-d’œuvre dont «Drôle de drame (1937), «Le jour se lèvre» (1939) , «Les Visiteurs du soir» (1942) et «Les Enfants du paradis» (1945). Le cinéaste tomba sous le charme du style Prévert lorsqu’il entendit: «Soldats de Fontenoy vous n’êtes pas tombés dans l’œil d’un sourd». Quand il s’inspirait de l’œuvre d’un autre, par exemple du «Quai des Brumes» (1927), adapté à l’écran en 1938, Prévert s’exprimait toujours avec brio. Mac Orlan constata avec enthousiasme que son roman fut transposé du Lapin Agile au port du Havre sans rien perdre de la magie qu’il avait déposé dans sa prose.
«Prévert a prouvé que la poésie pouvait se vendre», m’a dit Philippe Soupault à propos de «Paroles » (1946), triomphe de librairie. Auteur de plusieurs plaquettes de poèmes, le cofondateur du surréalisme, avec André Breton, n’était pas jaloux du succès d’un confrère qui jouait toujours cartes sur table. Un éternel mégot à la commissure des lèvres, Prévert incarnait l’excellence de l’esprit français qui nous enchante, de Jules Renard à Sacha Guitry, de Pierre Dac à Michel Audiard, d’Antoine Blondin à Alphonse Boudard. Jean Gabin héritait de dialogues sur mesure qui sont entrés dans le patrimoine culturel, ainsi «T’as de beaux yeux, tu sais». C’est simple, efficace. Seul Louis Jouvet faisait la fine bouche parce qu’il préférait la plume d’Henry Jeanson. Le cinéma de ces grandes heures ne manquait pas de talent. Jacques Prévert, né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine, est l’incarnation de Paris qu’il arpentait en long en large, parfois avec le photographe Robert Doisneau qui se régalait à l’immortaliser. Quand il ne trimballait pas sa carcasse dans les rues, à la recherche des fantômes de sa jeunesse, Prévert s’amusait à faire des collages chez lui, cité Véron. Avec pour décor les ailes du Moulin Rouge, il partageait une vaste terrasse avec l’appartement de Boris Vian, son prestigieux voisin qu’il aimait tant. Les amis y organisèrent une célébrissime réunion de Pataphysiciens qui trituraient et magnifiaient la langue française. Les écrivains ludiques sont mille fois plus intéressants que les auteurs barbants qui se prennent au sérieux.
Si Paris aimantait Jacques Prévert, le poète n’en aimait pas moins le calme du Cotentin où il s’installa à Omonville-la-Petite, dans une maisonnette avec un charmant minuscule jardin garni de rhubarbes et de tournesols, ses fleurs fétiches. «Des couleurs à bouleversés les peintres. Des plages à perte de vue, et la mer qui claque sur les rochers», disait-il, espérant que ce paysage console sa fille des tourments qui l’habitaient. Ayant découvert les lieux dans les années 1920, au temps du groupe Octobre, Prévert aimait s’allonger dans l’environnement de fougères et penser à ses copains, entre autres à André Verdet qui ne voulait pas quitter Saint-Paul-de-Vence, un autre pôle de la galaxie Prévert.
Indémodable, le poète avait un temps d’avance sur tout: il adorait se tirer le portait dans des photomatons, l’ancêtre des selfies. Le réalisme poétique de Prévert n’est pas resté lettre morte : à ce jour, 472 établissements scolaires portent son joli nom. Et ce n’est pas lui qui demandait à voir fleurir des Lycées Prévert, à l’écart des mendiants de la gloire. 6,3 millions de ses livres ont été vendus, par Gallimard. Rien ne fut facile : Jean Paulhan passa à côté de Prévert comme Gide rata Proust. Il a fallu l’appui de Michaux pour imposer Prévert chez Gallimard. Touché par cette défense inattendue, Prévert aimait dire qu’il n’écrivait plus que pour faire plaisir à Henri Michaux qui l’éloignait du rebord des balcons.

-Paris Prévert, Danièle Gasiglia-Laster, Gallimard, 256 p., 39 €
-Collages, préface de Philippe Soupault, textes d’André Pozner, Gallimard, 272 p., 39 €
-Jacques Prévert, inventaire d’une vie, Bernard Chardère, Découvertes/ Gallimard, 128 p., 15 €
-Paroles, Jacques Prévert, Folio, 288 p., 9,70 €
-Contes pour enfants sages, J. Prévert. Illustrations de Laurent Moreau, Gallimard-Jeunesse, 40 p., 14,50 €
-Embrasse-moi, J. Prévert. Illustrations de Ronan Badel, Gallimard-Jeunesse, 45 p., 14,90 €
- L’opéra de la lune, J. Prévert. Images : Jacqueline Duhême. Musique : Christiane Verger. Gallimard-Jeunesse, 48 p., 11,90 €

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