Catégorie: LITS ET RATURES

10.08.18

Permalien 08:42:20, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Dans la forge de Bernard Deforge, poète (Les Belles Lettres)

Certains écrivains ne font pas qu’écrire. A l’égal de Michel Vinaver- ex PDG de Gillette et auteur dramatique phare contemporain- Bernard Deforge a été conseil en entreprise, en marge de son activité d’éditeur, et enseignant. Aussi humble que brillantissime, l’helléniste de portée mondiale est respectueux du passé sans se couper de la société civile, donc de l’avenir. La France peut s’honorer d’avoir encore des fils de ce calibre : agrégation de Lettres classiques (1970), débuts au lycée d’Amiens à l’époque post-soixante-huitarde, doctorat d’Etat (1984), maître de Conférences à Paris-X Nanterre, professeur émérite des Universités, doyen honoraire, chargé de mission à l’Education nationale (1972-1974), au Cabinet du Secrétaire d’Etat au Logement (1974-1977), au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche pour les Langues anciennes (1993-1998), directeur du département de sa spécialité à l’Université de Caen, puis de l’UFR des sciences de l’homme, il dirige de 2002 à 2007 le Centre de Recherche sur l’Antiquité et les Mythes (CERLAM). L’incollable sur Eschyle est aussi éditeur aux Belles-Lettres, parmi d’autres activités liées à la littérature. Au lieu de tirer leur coup de chapeau à ce grand esprit, les régents de la communication mettent des imposteurs en tête de gondole.

Dans Eschyle, poète cosmique (1986) et Une vie avec Eschyle(2010), Bernard Deforge nous explique, par le biais de son expérience d’universitaire, qu’il faut refuser l’approche dichotomique qui sectorise bêtement l’existence. On doit tenir compte de l’ensemble de ce qui nous entoure. « Eschyle m’a appris la poésie qui est un langage – presque perdu aujourd’hui – permettant de révéler au jour l’harmonie du monde, les correspondances pour employer un mot baudelairien, et l’harmonie entre l’homme et le monde – harmonie également perdue ». Bernard Deforge perçoit la diffusion du Divin, au-delà des apparences, la présence permanente de signes adressés et la cohérence des destinées individuelles et collectives. En un mot la seule religion qui devrait exister : celle de l’intelligence au service du bien commun. «Prier c’est parler au destin, user de la langue des dieux, accéder à l’autre rationalité.» Poésie et prière à l’unisson. On songe aussi au Lucrèce de De natura rerum.

Je suis un Grec ancien (2016) relate que le fait de baigner, depuis sa prime jeunesse, dans la littérature grecque archaïque et classique, n’empêche pas Bernard Deforge d’être ancré dans le monde d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une boutade: un arbre sans racines est incapable de donner des bourgeons. Ce n’est pas pour rien qu’il a titré l’un de ses livres «Le Commencement est un dieu» (2017). La pensée mythique n’est pas un stade révolu de la pensée humaine. Matière spécifique avec ses lois, son langage, ses structures, elle a un sens actif et non pas inerte.

L’essayiste poursuit sa singulière autobiographie avec Matrices. Mes vies en multiplex où il rend compte de toutes ses différentes vies professionnelles menées en parallèle depuis 1974 : membre de cabinets ministériels, batailles électorales, associé d’une firme internationale d’audit et de conseil jusqu’à son fauteuil de maire de Hargnies, commune de moins de 500 Harnicots et Harnicottes, située dans une clairière de la forêt ardennaise : «Un village, c’est le résultat de la géographie et de l’Histoire, mais une volonté de construire en s’appuyant sur les richesses du présent et le dynamisme des habitants». La parole de l’élu est fidèle à sa devise : protéger le passé c’est le meilleur bouclier pour aller de l’avant. Les voitures n’ont pas chassé les sangliers, chevreuils, cerfs, biches, chats sauvages, grives, gélinottes des bois et cigognes noires. Né à Paris en 1947, Bernard Deforge revient aux sources. Une façon de renouer à l’essentiel, telle son amitié avec Yanny Hureaux, l’âme des Ardennes, la sentinelle qui chasse la bêtise humaine.

Les élèves qui ont côtoyé Bernard Deforge se sont améliorés au contact d’un professeur qui n’a jamais voulu former des clones, enseignant toujours sa discipline en relation avec d’autres apparemment différentes. S’il salue l’apport de Jacqueline de Romilly, Jean-Pierre Vernant et Lucien Jerphagon, il voudrait que l’on mette plus en évidence Augustin d’Humières qui enseigne le grec ancien en banlieue difficile, dans les fameux quartiers dit sensibles, comme disent les technocrates qui n’y mettent jamais les pieds ou alors avec une pince à linge sur le nez.
Editeur, Bernard Deforge est un médiateur qui donne la parole aux écrits de : Pierre Levêque, Lucian Boia, Walter Burkert, Peter Kingsley, Christine Dumas-Reungoat, Lucie Thévenet, Régis Boyer, Jacquy Chemouni, Nicolas Balzamo et David Brunat … Son critère c’est le talent basé sur l’originalité, l’intérêt scientifique, le style au sens large. L’essayiste est aussi et surtout un poète qui nous livre régulièrement des sonnets (Roupie V) qui enrichissent une œuvre trop passée sous silence. Lire Bernard Deforge c’est découvrir un ami que l’on a trop longtemps négligé. A tort car il nous fait un bien fou. «Poète (…) c’est un état.» Liberté, égalité, fraternité.

L’œuvre de Bernard Deforge est éditée aux Belles Lettres :
-Roupie V (Sonnets 2012-2016), 66 p., 17 €
-Matrices. Mes vies en multiplex, entretiens avec Daniel Pique. 125 p., 17 €
-Eschyle, poète cosmique, 348 p., 45,70 €.
-Une vie avec Eschyle, 304 p., 35,50 €.

05.08.18

Permalien 09:25:13, Catégories: LITS ET RATURES  

Ceci n’est pas une critique (Enzenberger, Sitruk, Audiard, Loupien, de Smedt, Istrati, Brautigan...)

A la manière de René Magritte.

On ne peut doit pas s’en dispenser:

-Les rêveurs d’absolu, Hans Magnus Enzenberger. Traduit de l’allemand par Lily Jumel. Allia, 110 p., 6,50 €. Grande réflexion sur les attentats politiques en Russie, fin XIXe et début XXe. Bombes ou bomber le torse ?

-La vie brève de Jan Palach, Anthony Sitruk. Le dilettante, 189 p., 16,50 €. Début 1969, le jeune tchèque s’immole pour protester contre l’oppression soviétique. Respect éternel.

-Un taxi pour Tobrouk, Michel Audiard. Les dialogues du film retranscrits par Rodolphe. Pottok éditions, 126 p., 13 €. Intacte magie d’un immense prince populaire du verbe qui fait mouche.

-La France Underground. 1965/ 1979. Free jazz et rock pop, le temps des utopies. Serge Loupien. Rivages Rouge, 410 p.,23 €. On peut aimer Mouloudji et Vince Taylor, Miles Davis et Pierre Barouh. On a cru à une société nouvelle mais ce n’était qu’une nouvelle société.

-Eloge du silence, Marc de Smedt. Albin-Michel/ Poche, 246 p. Si le mot que tu vas dire n’est pas plus beau que le silence, ne le dit pas. Ainsi parlait un sage soufi.

-Les Arts et l’Humanité d’aujourd’hui, Panaït Istrati. L’Echappée, 48 p., 5 €. Hymne à l’Art qui nous console des ravages de l’insondable bêtise humaine.

-La Vengeance de la pelouse, Richard Brautigan. Traduit de l’anglais (USA) par Marie-Christine Agosto. Christian Bourgois éditeur, 210 p., 8 €. Des fragments sur le monde contemporain. Prose farfelue. Non ! criante de vérité.

On peut s’en dispenser:

Pendant les vacances, je suis gentil ! Je ferme les yeux sur les faux livres.

03.08.18

Permalien 08:50:18, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Accompagner avec l’arbre de vie. Une pratique narrative pour restaurer l’estime de soi. Dina Scherrer. (Dunod)

Ni essai, ni roman, ni poème, ni autobiographie, ni pamphlet, ce livre est pourtant un peu tout cela. De sa propre expérience, à la fois intime et professionnelle, Dina Scherrer a fini par trouver sa voie et pourrait-on dire aussi voix- tant elle parle juste lors de ces interventions (accompagnement, formation, enseignement, conférence…)- dans un nouveau métier – qui a déjà dix ans de pratique sur le terrain- coach de dirigeants, de collégiens et de jeunes en difficulté scolaire. Dans son nouvel ouvrage, Accompagner avec l’arbre de vie, elle partage ses connaissances pour soulager les souffrances au travail ou encore ce qui est pire avant même d’avoir trouvé un emploi car dans notre société dite civilisée on donne des emplois au lieu de former des personnes à un métier spécifique, cela signifie que l’on veut faire des citoyens pions que les puissants veulent bouger à leur guise sur n’importe quelle case des fonctions professionnelles. Son livre par l’intermédiaire de la métaphore de l’arbre fait prendre la mesure aux gens qu’ils ont des «savoirs clandestins» enfouis au fond d’eux-mêmes. C’est là que Dina Scherrer intervient pour faire jaillir tout le potentiel de la personne qu’elle accompagne dans sa quête de la résurgence de l’estime de soi. Afin qu’ils reprennent les rênes de leur existence, c’est-à-dire de réinjecter du choix dans leur parcours, en un mot ne plus subir la loi des autres. Dina Scherrer fait tout pour que l’on puisse avoir envie d’écrire la suite de son histoire.
«Exploratrice de l’espoir», voilà comme elle se définit. Dina Scherrer fait retrouver de l’espérance aux gens. Ceux qui suivent son accompagnement vont tout à coup se passionner à nouveau pour leur vie. Ils viennent vers elle fatigués par l’existence et ils repartent régénérés prêts à relever d’autres défis. Souvent la vie, professionnelle ou/et privée fait vieillir, massacre les zones sacrées de l’enthousiasme, de l’espoir et l’on se retrouve chargé du poids du passé qui nous condamne au surplace. Dina Scherrer sait redonner confiance aux plus pessimistes d’entre nous qui se lèvent avec sur les épaules tout le monde du monde qui en fait se moque éperdument d’eux.
De milieu, plus que modeste, comme l’on dit stupidement- car l’argent ne fait pas le bonheur, même s’il y contribue…- l’autodidacte Dina Scherrer s’est construite au contact de la réalité la plus absolue. Préposée à la photocopieuse d’une agence de pub, par la force de son travail et de son grand talent de communication, elle parvient à gravir tous les échelons pour parvenir au poste stratégique de directeur du développement et de la communication du plus grand groupe de publicité mondial. Pas une once d’arrivisme, rien que l’ambition de s’en sortir. De ne pas dépendre de quelqu’un. A elle seule, elle a refait les conquêtes du féminisme de manière bien plus intéressante du point de vue humain, et surtout avec une dimension éthique qui ne souffre d’aucune concurrence, que les grandes prêtresses du genre Simone de Beauvoir, icône médiatique fabriquée par la gauche caviar qui ferme les yeux sur son emploi à Radio Vichy et sur sa position de rabatteuse de chair fraîche pour Jean-Sol Partre. Dina Scherrer, elle, fait partie de ces très rares personnes qui sont en parfaite accord entre ce qu’elles disent et ce qu’elles font. D’où sa grande audience actuelle. Les gens qui l’approchent savent très bien qu’elle ne ment pas sur la marchandise. Ce qu’elle propose aux autres, elle se l’est appliquée à elle-même.
Elle n’est pas thérapeute, ni psychologue, encore moins analyste et psychiatre mais elle est quand même tout cela à la fois par sa formidable qualité d’écoute capable de détecter des monceaux de renseignements à travers le moindre silence d’une personne qui ne sait plus par quoi commencer au sujet de sa vie, comme une tricoteuse qui verrait devant elles toutes les pelotes de laine mélangées. Cette personne sait qu’il s’agit de sa propre vie mais elle est devenue étrangère à son propre parcours à force d’avoir perdu l’essentiel. Dina Scherrer par sa qualité d’attention qu’elle porte aux autres vous fait tout à coup souvenir que vous êtes né à telle heure à tel endroit et que vous unique au monde.
Les gens qui vivent des difficultés ne sont plus fascinés par leur vie qui leur paraît sans intérêt. Souvent, ils se sentent seuls, et donc s’isolent, s’étiolent. Réaliser l’arbre de vie (méthode issue des pratiques narratives) revient à dessiner un arbre, le support métaphorique pour aller à la recherche d’informations par un système d’habillage (racines, tronc, branches, feuilles, bourgeons, fleurs, fruits…) qui permettent aux gens de redonner du sens à leur vie. Ainsi, ils se reconnectent à leur force, à leur talent, aux personnes importantes dans leur vie, à toutes les choses qu’ils aiment. En se racontant, ils redeviennent curieux de leur vie. Et du même coup, de spectateur de leur existence, qu’ils croyaient terne, ils redeviennent auteur de leur vie.

-Accompagner avec l’arbre de vie. Une pratique narrative pour restaurer l’estime de soi. Dina Scherrer. Préface de Pierre Blanc-Sahnoun. Dunod, 170 p., 22 €.

26.07.18

Permalien 07:41:25, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Ceci n’est pas une critique (E. Klein, Roubaud, Brahy-Roulot, de Robert, Keegan, Kalniete, Berly, V-M Marchand, de Diesbach et J.Mendelson).

A la manière de René Magritte.

On ne peut doit pas s’en dispenser:

-Châteaubriand, Ghislain de Diesbach. Perrin, 665 p., 27 €. L’auteur des Mémoires d’Outre-tombe passé au peigne fin d’un biographe lisible, ce qui n’est pas courant. Châteaubrillant !

-Le pays où habitait Albert Einstein, Etienne Klein. Babel, 250 p., 7, 80 €. Le narrateur nous entraîne sur les pas du savant iconique qui adorait faire du vélo, question d’équilibre.

-Prostitution, troublante énigme, Louis Roubaud. Préface François Forestier. L’Eveilleur, 110 p., 9, 50 €. Plongée dans le commerce du corps, par un journaliste aussi excellent qu’oublié.

-Irons, Luc Brahy et Tristan Roulot. Le Lombard, 56 p., 19, 90 €. Une BD en acier trempé. Violent comme les mises en scène au couperet de Patrice Chéreau.

-Comment débuta Marcel Proust, Louis de Robert. Préface de Jérôme Bastianelli. L’Eveilleur, 137 p., 9,50 €. Comme personne ne voulait Du côté de chez Swann, Proust publie à compte d’auteur chez Grasset, fin 1913. Star à la NRF, Gide refusa Proust qui le hanta toute sa vie.

-Winston Churchill, une vie. John Keegan. Traduit de l’anglais par Christophe Jacques. Les Belles Lettres, 223 p., 17 ,50 €. Quand on pense à Hitler, on est consterné. Quand on pense à Churchill, on est heureux de savoir qu’il a existé.

-En escarpins dans les neiges de Sibérie, Sandra Kalniete. Traduit du Letton par Velta Skujina. Editions des Syrtes, 357 p., 10 €. Née dans un goulag, en Sibérie, l’auteur passe de l’horreur au bonheur de découvrir l’indépendance en 1991.

-Les femmes de Louis XV, Cécile Berly. Perrin, 232 p., 18 €. Ce frappadingue pratiquait l’inceste, parmi tous ses abus de pouvoir. Gros plan sur la misère sexuelle d’un roi.

-Le premier arbre, et autres récits qui cachent la forêt, Valère-Marie Marchand. Editions du Cerf, 225 p., 20 €. Un brillantissime exercice de style. L’humilité d’une autodidacte.

-Sainte-Hélène, 2015, Jean Mendelson. Préface Jean-Noël Jeanneney. Portaparole, 228 p., 18 €. L’empereur un tyran belligérant ? Il s’il avait surtout défendu la France…

On peut s’en dispenser :

Pendant les vacances, je suis gentil ! Je ferme les yeux sur les faux livres.

24.07.18

Des livres sur le Tour de France

Des ignorants frappent ou insultent C. Froome sur le Tour de France 2018 au lieu de célébrer ce chevalier sans armure comme Coppi ou Louis Nucéra, mort sur son vélo.

-Coppi par Coppi. Faustino Coppi. Avec Salvatore Lombardo. Mareuil éditions, 200 p., 16 €. Le fils d’un amour interdit, à l’époque où le divorce était proscrit, célèbre son père christique.

-Le Tour de France, un beau roman, une belle histoire. Jean-Paul Ollivier, Robert Laffont, 320 p., 20 €. Cet humble conteur a servi magistralement le service public quand d’autres s’y sont vautrés au prix de mille reptations.

-Raymond. Poulidor, Jean-François Legrand et Christophe Girard. Mareuil éditions, 144 p., 19, 90 €. Une BD sur Poupou, immortel parce qu’il n’a jamais porté le maillot jaune

-Roger Pingeon, entre grâces et tourments. Jean-Pierre Supié. Mareuil éditions, 207 p., 18 €. La postérité est injuste avec Pinpin, un chevalier du Moyen Age égaré au XXe siècle.

-Une histoire populaire du sport aux Etats-Unis, traduit de l’anglais par Ariane Des Rochers et Alex Gauthier. Dave Zirin. Lux éditions, 400 p., 22 €. De Jesse Owens aux frangines Williams, en passant par M. Ali, voici le sport avec un grand S.

-Bicyclettres. Jean-Acier Danès. Seuil, 214 p., 17 €. Un hymne à la littérature du voyage par un héritier de Louis Nucéra.

-Mémoires du Tour de France. Daniel Pautrat. Préface Raymond Poulidor. Mareuil éditions, 271 p., 18,50 €. Moins populaire que certains histrions de l’idiot-visuel, l’homme aux 50 Grandes Boucles vaut le détour. C’est du solide. Pas du chiqué.

ET AUSSI:

-Une autre ville que la mienne. Dominick Dunne. Séguier éditions, 480 p., 22 €. Ce livre sur O.J Simpson est une nouvelle vision du fait divers devenu polar planétaire.

-Gueule de fer, Pierre Hanot. La Manufacture de Livres. Héros du ring, héros de la Grande Guerre. Somptueux !

[Post dédié à Lance Armstrong, champion massacré]

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