Catégorie: VAN GOGH FOR EVER

01.09.16

Permalien 11:07:18, Catégories: GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Le contraire des selfies, le photographe Marc Riboud a refermé l'obturateur

A l’inverse d’aujourd’hui, Marc Riboud ne se regardait pas mais regardait les autres.

Marc Riboud (1923-2016), le grand photographe, a refermé ses Leica pour toujours, le 30 août 2016.
Il appartenait à une famille brillantissime, frère des industriels Antoine (fondateur et PDG de Danone) et Jean Riboud (patron de Schlumberger). Des cracks dans leur domaine.
Marc Riboud avait le troisième œil.
Un homme d’une discrétion bouleversante qui voulait voir sans être vu.
Il a fait des photos d’une beauté foudroyante, belle et construite.
Il découvrit la photographie par l’intermédiaire de son père qui lui offrit son premier appareil, un Vest Pocket Kodak).
Et en 1952, il fait la double rencontre déterminante: Henri Cartier-Bresson et Robert Capa, deux mythes vivants du photojournalisme.
Avec Cartier-Bresson, Kertész et Boubat, c’est celui qui photographiait le mieux la rue.
Doisneau ? Je l’ai rencontré. Une de mes plus grandes déception. Froid, distant et hautain. Si loin de la chaleur que j’imaginais. Et puis, beaucoup de ses photos sont des mises en scène. Pour moi, un grand photographe doit capter la vie et non pas l’organiser artificiellement fût-ce de manière grandiose.
Marc Riboud a vécu une vie absolument merveilleuse. Pas de perte de temps.
Un poète du regard.
Il m’a appris à voir. Et non pas à regarder.
Passer sa vie à dénicher le merveilleux, le seul programme qui compte.
Depuis Guillaume Apollinaire, on sait que ceux qui traversent la vie sans être capable de voir tout ce qui est invisible à l’œil nu du commun des mortels ne sont pas de vrais vivants.
Merci, Monsieur Marc Riboud. Merci, pour votre bonté naturelle.
L’humilité est l’école de toutes les perfections.

09.08.16

Permalien 05:09:31, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Le jeu du Petit Prince de Saint-Exupéry (Gallimard) et Salto (Lombard)

-Le Petit Prince, jeu (Galimard Jeunesse, 25 €)

Ce jeu est comme Tintin, destiné aux enfants de 7 à 77 ans, voire plus. Les parties durent entre 30 et 50 minutes. On peut y jouer à partir de 3 joueurs. La boîte contient 66 tuiles représentant les planètes et les astéroïdes, un pion, un socle, un dé, un sablier de 45 secondes, 180 cartes réparties en deux étuis et la règle du jeu. Le but du jeu ? Remporter le plus d’épreuves pour gagner un maximum de tuiles au gré des voyages au sein des astéroïdes et des planètes.

-Salto, Judith Vanistendael, Mark Bellido (Le Lombard, 368 p., 22,50 €)
Cette histoire d’un marchand de bonbons qui disparait sous la pluie est en fait le destin de Miquel, sur la côte est de l’Espagne, qui voulait devenir écrivain. La difficulté première est de pouvoir gagner sa vie. Il choisit alors de devenir garde du corps des personnalités locales menacées par l’ETA. Cet album est prémonitoire vue l’actualité tragique de l’autre côté de Pyrénées, en France. Finalement, l’écrivain en herbe oublie sa vocation qu’il croyait vitale. L’album est réalisé avec des crayons de couleur magistralement tenus par Judith Wanistendeal, au dessin et à la couleur. Le scénariste Mark Bellindo est à la hauteur.

05.08.16

Pierre Guyotat (Actes Sud), Virginia Woolf (Belles Lettres) et Sempé (Folio)

-Pierre Guyotat, la matière de nos œuvres. Collectif sous la direction de Donatien Grau (Actes Sud, 196 p. , 30 €

A l’occasion d’une exposition à la Galerie Azzedine Alaïa (Paris, du 22 avril-12 juin 2016), les éditions Actes Sud livrent un superbe ouvrage pour les plus lettrés de France. Un album mode d’emploi pour mieux aborder Pierre Guyotat, le plus grand écrivain vivant dans le genre novateur de la langue française. L’auteur du chef d’oeuvre Tombeau pour cinq cent mille soldats (Gallimard), adapté jadis au théâtre par Antoine Vitez, raconte mieux que personne les soldats, l’armée. Guyotat renvoie Jean Genet à la Bibliothèque Rose. C’est cru, vrai. La poésie d’une hache sur un rose comme dirait Cioran.


-Ma vie avec Virginia. Leonard Woolf. Traduit par Micha Venaille qui signe la préface. Postface de Cecil Woolf (Les Belles Lettres, 160 p., 13,50 €)

Deux mois avant de se suicider, l’écrivain- et surtout pas écrivaine, vilain mot- était angoissée par la possibilité de la victoire d’Hitler. Dans ce livre sur sa femme, on s’aperçoit que le mari décela la psychose maniaco-dépressive chez la grande artiste, ce qui n’était pas facile à décrypter à leur époque. Le mari est si attentif à sa femme qu’il la fait manger quand elle a ses crises d’anorexie. Ce livre n’est pas triste. C’est un livre d’amour. A lire aussi Essais choisis, de Virginia Woolf. Choix et traduction nouvelle de Catherine Bernard (Folio, 535 p., 9 €) On partage les goûts de la grande Virginia : Montaigne, Defoe, Mme de Sévigné, Conrad… « Montaigne nous conseillera de nous retirer dans une pièce tranquille de notre tour et là de nous consacrer à la lecture, de nous laisser porter par la course folle de nos rêveries… »

-Un peu de Paris, Sempé (Folio, 144 p., 7€)
La lumière, la nuit, les autos, le vieux pépères, les mémères… Une vieille façade conservée avec derrière les immeubles modernes. Deux gays avec Notre Dame au fond. La solitude urbaine. La mélancolie mais pas le désespoir. Doté de la rigueur de Cartier-Bresson et la poésie de Doisneau, Sempé est le Prévert du dessin.

17.07.16

Blog en deuil: Nietzsche, Berlioz, Matisse, Prévert, Nucéra... aiment Nice

“Il paraît que c’est ce qu’il y a de plus chouette la Promenade des Anglais.” (Jacques Prévert)

“La plus merveilleuse Promenade de la Côte. Je n’en connais aucune qui longe la mer avec une telle allure et une telle ampleur. Quand on s’approche de Nice le soir, en venant de Villefranche par la grande-route, cette pathétique courbe lumineuse de la Promenade resplendit à vos yeux comme un gigantesque bijou qu’on aurait jeté dans la mer sombre."(Klaus Mann)

“Un jour, la Beauté chercha un lieu qui ne la bouderait jamais. Elle découvrit Nice et la Côte d’Azur. Depuis elle y demeure.” (Louis Nucéra)

“Nice est la reine de la Méditerranée.” (Maurice Maeterlinck)

“La richesse et la clarté argentée de la lumière de Nice, surtout en janvier, me paraissent uniques et indispensables. Ici, c’est le pays où la lumière joue le premier rôle, la couleur vient après."(Matisse)

“Je n’ai rien trouvé de plus beau que cette colline inspirée, ni Capri, ni la radieuse baie de Salamine ne sauraient lui être comparées. J’ai trouvé ma ville, c’est NICE.” (Hector Berlioz)

“Nice possède tous les agréments d’une capitale sans en avoir les inconvénients.” (Paul Valéry)

“C’est sur Nice que s’ouvrent les fenêtres de Matisse. Je veux dire ses tableaux. Ces merveilleuses fenêtres ouvertes derrière lesquelles le ciel est bleu comme les yeux de Matisse. C’est un dialogue de miroirs. Nice regarde son peintre et se peint dans ses yeux.” (Louis Aragon)

“J’ai piqué dans les rues fraîches, où les odeurs de légume croupissent gentiment dans l’air humide.” (Jules Romains)

“Nice est restée plus 1900 que le reste de la Côte d’Azur.” (Paul Morand)

“Nice est la patrie de tout le monde.” (Lamartine)

“Nice est une capitale cosmopolite où ceux qui y arrivent apportent souvent avec eux les souvenirs d’une longue errance.” (Joseph Kessel)

“A Nice, j’entends sonner dans l’air quelque chose de vainqueur et de sureuropéen, une voix qui me donne confiance et me dit: ici tu es à ta place…"(Nietzsche)

“M’en bati sieu Nissart !” (Dicton niçois)

04.05.16

Permalien 12:11:20, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Magistrale BD sur Rachid Mekhloufi

Monsieur Rachid Mekhloufi, le plus grand joueur de l’histoire des Verts. Sous les ordres de Jean Snella que j’ai eu la chance de connaître, il a donné les plus titres à l’ASSE.

Sublimissime BD. Beau de partout, aussi belle que le jeu de Rachid Mekhloufi. Quand je l’ai vu jouer de visu au stade du Ray, j’ai reçu un coup au cœur, aux yeux, au ventre, aux poumons. Un charisme fantastique, une présence à la Omar Sharif. Pas grand mais bien planté sur la terre. Une fine moustache comme la finesse de sa technique de très haut parage. Il inventait tout le temps. Un centre de gravité à la Pelé, Kopa, Maradona. Un 10 légendaire. Une vision de jeu jamais vu. Mekhloufi c’était Cruyff, Platini et Zidane dans un le même joueur. Je ne l’ai jamais oublié et ne l’oublierai jamais. De surcroît, il jouait avec Salif Keita. Quel duo ! L’une des plus grandes associations de l’Histoire du football. Keita et Mekhloufi, duo de rêve: la force et le tact.
La BD nous raconte l’aventure de tous les grands joueurs qui ont refusé de poursuivre leur carrière en équipe de France afin de créer la première équipe d’Algérie. Ce club représentant le FNL a été interdit par le FIFA déjà si stupide. Elle l’a été aussi avec Puskas qui avait fui le communisme.
Mekhloufi renonça à la Coupe du monde 1958 pour œuvrer en faveur de l’Indépendance.
Lui me mettait pas des bombes pour défendre sa cause.
Mekhloufi ne fut pas simplement un grand joueur, c’est un grand homme.
Parmi ses amis, il y avait aussi Adelaziz Ben Tifour, l’une des étoiles de l’OGCNice. Antoine Bonifaci me parle souvent de son toucher de balle, “à la Ben Arfa” me dit-il.
Il y avait aussi le roc monégasque Mustapha Zitouni.
Rien que des héros.

-Un maillot pour l’Algérie, Javi Rey, Bertrand Galic, Kris. Couleurs Javi Rey & Marina Martin. Suivi de “Le football, ferment de l’indépendance". Dossier et entretien avec Rachid Mekhloufi par Gilles Rof. Aire Livre/ Dupuis, 140 p., 24 €

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