Catégorie: CERDANEMENT

21.12.14

Top Ten des meilleurs sportifs français de l'Histoire: Mimoun, Cerdan, Anquetil, Killy, Prost, Zidane...

Alain Mimoun est l’un des plus grands sportifs de l’Histoire. Beaucoup de champions actuels devraient avoir honte de gagner autant d’argent tout en se comportant comme des voyous de bas étages. Ils salissent le sport alors que lui l’a servi de tout son être, sans jamais être payé à la hauteur de son immense talent. Mimoun était de plus un conteur exceptionnel.

Mon Top Ten des meilleurs sportifs français de l’Histoire.
En fin d’année, c’est l’époque des classements, j’élargis donc.

Mon Panthéon des champions français de tous les temps (par ordre alphabétique):

Jacques Anquetil, vélo. Charisme extraordinaire
Marcel Cerdan, boxe. Grand rayonnement
Jean-Claude Killy, ski. Le style fait homme
Renaud Lavillenie, athlétisme. L’homme le plus haut du monde
Sébastien Loeb, auto rallye. Le professionnalisme dans toute sa splendeur
Alain Mimoun, athlétisme. Un humaniste qui courait pour l’amour de la France et non pas pour l’argent
Christian d’Oriola, escrime. Un immense compétiteur
Marie-José Perec, athlétisme. L’une des plus grandes championnes olympiques, tous pays confondus
Alain Prost, F1. La constance au plus haut niveau
Zinedine Zidane, football. Il a réussi là où ont échoué Kopa et Platini

Champion sortant: Laure Manaudou, natation. Inutile de dire pourquoi. Jules Ladoumègue a été radié de la Fédération internationale d’athlétisme parce qu’il avait perçu une poignée de figues. Quand on voit le comportement de certains champions actuels on se dit que les sportifs n’ont rien à envier aux politiques !

Le classement tient compte du talent et du palmarès.
3 athlètes, deux pilotes auto, et un seul pratiquant des autres sports.

PS: j’ai écarté la voile (Tabarly), l’alpinisme et la tauromachie.

18.12.14

La galaxie des "Saigneurs du sport" et autres bad boys panthéonisés par Pascal Paillardet

Il y a ceux qui ont servi le football comme Best et ceux qui s’en servent comme tant d’intermittents du talent.

Pascal Paillardet doit être remercié rien que pour avoir mis à l’honneur Claudio Gentile, le défenseur italien champion du monde 1982. L’auteur l’a rangé dans la catégorie: “Faucheurs, débroussailleurs et tondeuses à gazon". On voit que Pascal Paillardet ne manque pas d’humour. Et de connaissance car sans Gentile, le football n’aurait pas ses acteurs de l’ombre qui sont indispensables aux équipes qui veulent gagner quelque chose. Gentile c’est le soldat inconnu dans toute sa splendeur. Blessé, il pouvait se relever et dézinguer encore une compagnie d’artilleurs. Tout ça pour vous dire que c’était le genre de gars qui savait ce que veut dire professionnalisme et amour du maillot. Ce joueur me fascinait par son charisme: dur sur l’homme, fier, courageux, intelligent, grand lecteur de jeu, un mur en béton coulissant. Quand je le voyais j’étais fier d’avoir des origines italiennes alors que lui en avait des libyennes.
Les saigneurs du sport, bad boys et têtes brûlées des terrains met en lumière des seconds rôles du sport et d’anciennes gloires, de tous les sports, pas que du football, c’est ce qui fait sa grande originalité : Tonya Harding (la puncheuse du patinage), Gavin Henson (le “Beckham du rugby gallois), Jody Cundy ("cycliste amputé de la jambe droite à l’âge de trois ans"), Bodin Issara (champion de badminton)… Il y a aussi des stars comme Lance Armstrong que tout le monde a mis plus bas que terre alors qu’il s’est dopé comme Coppi et Anquetil. On sait que dans les autres sports ce n’est pas non plus très clean. Pourquoi Anquetil a pu dire “mes fesses sont des écumoires” tant il se piquait sans qu’on retire son nom du palmarès ? Parce qu’il était Français. Et la “bomba’ (amphétamines) de Coppi ? Armstrong a fait passer le dopage à l’ère moderne. Le dopage fait partie du cyclisme comme la mort de la vie.
Etes-vous prêt à vous doper pour gagner le Tour ? Moi, non. Les champions sont des êtres à part. Je respecte infiniment Armstrong qui est revenu de la mort: il avait des métastases dans le cerveau! Il avait le droit de prendre des médicaments. Quand il était en course, on le lui permettait. Il a été contrôlé tant de fois sur la route du Tour et on l’a toujours laissé repartir le lendemain matin. Pourquoi ne l’a-t-on pas pincé dès sa première victoire dans la Grande Boucle ? Dès qu’il a arrêté sa carrière, on l’a “assassiné". Je me demande comment cet orgueilleux fait-il pour vivre alors qu’on lui a tout retiré ? Lui, drogué ? Non, c’est Maradona qui se droguait. Armstrong a juste utilisé la médicalisation comme tous les grands cyclistes de l’Histoire. On n’a pas inventé l’expression “charger la mule” pour rien. Et les premiers règlements du Tour de France stipulaient que les apports médicaux étaient à la charge des coureurs. Lance Armstrong a un mental d’exception. Je ne suis pas dupe de l’hypocrisie: quand on a des cas de dopage positif en L1 et L2 on n’inquiète pas les joueurs, on dit qu’il s’agissait de “contrôles expérimentaux". Un champion du monde de football français s’est fait pincer mais on a parlé de “vice de forme” dans la procédure. Ainsi de suite.
Le très bel album de Pascal Paillardet est celui d’une passion. Le jeune Paillardet reste un blessé de Séville. Il n’a jamais oublié la charge de Schumacher (Harald) sur Battiston lors de la 1/2 finale de la Coupe du Monde 1982. Ce soir-là, la France de Platini-Giresse-Tigana était la plus belle équipe de la terre. Il ne suffit pas d’être bon pour gagner, la preuve en reste la défaite des Français aux tirs au but de France 3-3 RFA. Les Allemands étaient plus violents, c’est tout.
Pascal Paillardet propose une prose où il entremêle très bien les faits, le récit journalistique, les propos recueillis les plus significatifs et les annotations personnelles. Sa galaxie comporte Maradona, Best et Cantona, trois noms qui brillent encore dans le cerveau de ceux qui connaissent vraiment le jeu. Quand je vois jouer Ribéry et Nani, je pense à Magnusson et à Waddle tant je n’embête! Aujourd’hui on paie des Solex au prix d’une Ferrari. Les joueurs au football quelconque ont de la chance de vivre en 2014. Je préfère un tâcheron comme Stiles, ex MU. Là on était en présence d’un vrai footballeur, pas une invention médiatique. Il y a des joueurs au grand palmarès qui ne m’ont jamais fait vibrer, par exemple Henry. Sa retraite ne me fait ni chaud ni froid. C’est un grand homme d’affaires. Chapeau ! Il a gagné des titres en équipe de France grâce à Zidane et au Barça grâce à Messi. A Arsenal ? Deux championnats en 8 saisons. Cantona n’a pas établi de record de buts mais il a gagné 5 championnats anglais avec deux clubs différents entre 1992 et 1997. Henry est un joueur de football simple messieurs. Cantona était un vrai footballeur collectif, il faisait jouer les autres. Pour en revenir au livre de Pascal Paillardet, on remarque l’absence de “Titi". Même sa main contre l’Irlande ne l’a pas fait entrer dans les Bad Boys. On ne se rappelle même plus de sa présence dans le bus de la honte 2010 ni de sa visite en catimini chez Sarkozy. Ce n’est pas un hasard s’il devient consultant en Angleterre. Là-bas on lui donne beaucoup d’argent parce que le football anglais est diffusé dans le monde entier tandis que la L1 est du niveau du championnat albanais. Vous enlevez Ibrahimovic au PSG, il reste qui ? Berbatov à Monaco. Ces deux joueurs sont à la retraite. Ils sont en France pour ramasser encore un peu de monnaie dans un championnat sans pression. Vous croyiez qu’il y a de la pression à la Turbie à part celle des jets d’eau pour arroser la pelouse ? La pression de la Turbie c’est quoi pour Berbatov qui a joué à MU ?
Cet album anti langue de bois est un hymne au sport qui n’a rien à voir avec les commentaires insipides à 90 % des chroniqueurs habituels.
Un constat: tous les athlètes du livre de Pascal Paillardet déraillaient parfois mais on se souvient d’eux. Leur train finissait par arriver. Les autres se sont perdus en route. On les a oubliés.

-Les saigneurs du sport, bad boys et têtes brûlées des terrains, de Pascal Paillardet. Huginn & Muninn, 216 p., 39,95 €

05.12.14

Permalien 23:37:46, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Les adieux du grand boxeur Jean-Marc Mormeck

Cent articles pour demander que la FFF refasse jouer Henry dans un match de kermesse promotionnelle et rien pour la retraite de Jean-Marc Mormeck. Au-delà de la boxe, il n’y a plus que le duel à l’arme.

Deux fois champion du monde en poids lourds-légers, Jean-Marc Mormeck a confirmé qu’il mettait un terme à sa carrière, comme il l’avait annoncé avant son combat. Le 5 décembre 2014 il a perdu sur décision des juges contre le Polonais Mateusz Masternak, ex-champion d’Europe de la catégorie, au palais des sports d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Les deux boxeurs ont livré un rude combat.
Deux grands boxeurs. Deux athlètes à la frappe lourde.
Un homme de 42 ans contre un homme de 27 ans.
Le Français s’est présenté sur le ring dans une forme impeccable. Un corps magnifique, taillé dans le roc.
A 42 ans, il affiche un corps puissant, parfaitement musclé. Que de sacrifices pour en arriver à une tel forme physique.
Le Polonais a été plus rapide à donner des coups. Mormeck a bien esquivé tant qu’il a pu, profitant de quelques ouvertures.
Il a quitté le ring, tête haute.
Pendant le combat, j’ai vu la mort dans les yeux des boxeurs, plus dans ceux du Français.
Bouleversante opposition. Le jeune et le vieux.
Noble art, dit-on, à juste titre.
A la fin du combat, Masternak est venu féliciter son adversaire selon la belle tradition de la boxe. Il savait qu’il avait gagné, et Mormeck n’ignorait pas qu’il avait perdu.
Ensuite, Mormeck a pris le micro pour demander qu’on arrête de siffler le vainqueur, demandant qu’on l’acclame car c’est un champion d’aujourd’hui. Aucun politique ne sait parler aussi bien que Mormeck.
Mormeck a expliqué- lucide après la pluie de coups qu’il venait de recevoir- qu’il fallait que la Fédération prenne conscience que la France avait besoin de boxe. Il a fait l’apologie de la boxe et a critiqué la fédération qui ne fait rien pour relancer ce sport admirable, la boxe.
Se livrer bataille sur un ring c’est autre chose que de jouer un match de football.
Les coups reçus ou donnés par Mormeck peuvent tuer un homme.
Mormeck s’est exprimé de manière parfaite.
Il a souvent parlé de sincérité, mot qui n’existe pas dans la classe politique qui ment 24 h sur 24.
Mormeck est une publicité vivante pour la boxe: il est beau, fort, intelligent, sensible, très bon orateur, courageux, pas frimeur. Je ne lui connais que des qualités.
J’espère le revoir vite dans d’autres activités.

Parcours Professionnel de Jean-Marc Mormeck, né le 3 juin 1972 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe:

Combats: 44
Victoires: 38
Victoires par KO: 24
Défaites: 6

Champion du monde poids lourds-légers WBA (2002-2006, 2007) et WBC (2005-2006, 2007)
Champion Inter-Continental WBA poids lourds (2010)
Champion Inter-Continental WBA poids lourds-légers (2000-2001)
Champion de France poids mi-lourds (1998-1999)

03.09.14

Permalien 00:27:36, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Inédit exceptionnel: les funérailles de Marcel Cerdan

Aujourd’hui, tout le monde est célèbre. Je veux dire qu’il suffit de passer dans une émission débile de la télé pour soudainement plaire au pays entier. La notoriété moderne est accablante de banalité. Je peux démonter en trente secondes la plupart de ce que l’on nomme “réussite” contemporaine. Marcel Cerdan était aimé parce qu’il faisait vibrer les gens par d’authentiques exploits. C’était un grand styliste qui s’exprimait par le biais de la boxe. Pouvez-vous me citer un grand boxeur français depuis sa mort ? Je parle de continuité et non pas des intermittents du sport.

Grâce à un document British Pathé, sorti de l’oubli, nous pouvons voir les obsèques de Marcel Cerdan.
Quand on voit ces images, on mesure la place du boxeur dans la vie des gens.
Les funérailles de Marcel Cerdan se déroulent à Casablanca où ses cendres sont inhumées.
Elles seront transférées au cimetière de Perpignan quarante-cinq ans plus tard le 24 février 1995.

Marcel Cerdan, né le 22 juillet 1916 à Sidi Bel Abbès (Algérie), est mort le 28 octobre 1949 dans un accident d’avion survenu au-dessus de l’archipel des Açores (Portugal).

Palmarès de Marcel Cerdan, poids moyens
123 combats disputés
119 victoires (dont 61 par K.O.)
4 défaites
5 championnats de France victorieux : 21 février, 5 juin et 24 novembre 1938, 22 juin 1941 et 25 mai 1946
4 championnats d’Europe victorieux : 3 juin 1939, 30 septembre 1942, 2 février 1947 et 10 juillet 1948
1 championnat du monde des poids moyens victorieux, le 21 septembre 1948

19.08.14

Permalien 10:47:00, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME, CERDANEMENT  

Constellation, d'Adrien Bosc (Stock). Hommage à Cerdan et aux passagers du crash 1949.

Marcel Cerdan est dans mon Panthéon avec Coppi, Anquetil, Garrincha, Best, Clay, Pessoa, Baudelaire, Verlaine, Camus, Cioran, Brassens, Trenet, Ferré, Brel, Reggiani, Hendrix, Lennon & Harrison, Morrison, Gabin, Raimu, Nucéra et bien sûr mon père.

“Une voix d’enfant, aigüe et gauche, un décalage entre son inflexion ténue, sa carrière et sa carrure (…) Engoncé dans un corps de géant à l’élocution d’un gamin timide, bégayant, butant sur les mots…” Bien vu, bien entendu, bien dit. Oui, qui a entendu la voix de Marcel Cerdan ne l’oubliera jamais. C’est l’inverse de celle caverneuse de Miles Davis. Le cliché voudrait que le boxeur eût une voix grave et aggressive mais à la vérité elle était douce, timide et hésitante.
Constellation… Est-ce la description de la voilée lactée pleine d’étoiles? En quelque sorte oui. Il s’agit du nom de l’avion qui n’a jamais ramené au sol Cerdan et la violoniste Ginette Neveu, deux stars de l’après-guerre. On ne cite souvent que ces deux célèbres victimes du crash du 28 octobre 1949, dans l’archipel des Açores. Adrien Bosc, lui, ne se contente pas de ces deux noms: il est parti à la recherche de l’identité des 35 autres passagers sans laisser de côté les 11 membres d’équipages.
En tout, le vol Air France du F-Bazan a donc fait 48 victimes. Trois personnes, prévues au départ, auront la vie sauve car au dernier moment, Cerdan accompagné de son son manager et d’un ami, usera d’un droit de priorité pour en fait aller rejoindre au plus vite Edith Piaf qui a précipité le départ du champion de boxe qui ne devait à l’origine rejoindre que plus tard les Etats-Unis pour tenter de réconquérir le titre de champion du monde des poids moyens alors la propriété de Jake LaMotta.
Adrien Bosc ausculte de très près la fatalité au coeur de la catastrophe aérienne. Qui sont ces passagers ? Des privilégiés, car à l’époque Monsieur tout le monde ne prenait pas l’avion comme le métro. Parmi eux, des gens simples allaient tenter de vivre le rêve américain. D’autres plus aisés partaient pour y faire des affaires. Présent dans la carlingue: Bernard Boutet de Monvel. Pourquoi ne cite-t-on jamais la présence du peintre parmi les morts ? Adrien Bosc répare cet oubli, parmi d’autres révélations qui nous touchent car elles remettent dans la lumière des malchanceux frappés par le destin. Le néo romancier a même retrouvé le menu du plateau-repas ! Bosc est un limier de première ligne. On sent pointer l’écrivain sous l’immense amas d’informations que très peu de journalistes auraient eu la patience d’amasser.
On apprend que des pillards sont venus se servir sur les dépouilles avant l’arrivée des secours . Bosc nous précise que L’Hymne à l’amour chanté par Piaf est une chanson écrite avant la mort du boxeur. Ce premier roman est très agréable à lire parce qu’il n’est pas l’oeuvre d’un romancier qui se sert d’un fait divers pour le transformer en exercice de style. Non, il se contente d’être une caméra vivante. Il nous entraîne partout, avec une pudeur de chaque instant. Emotion garantie, à l’exclusion de toutes les tentations de la presse à scandales.
A la fin du livre, on a l’impression d’avoir voyagé dans le Lockeed Constellation. Grand merci à Adrien Bosc. On rêvait de lire un jour un livre entièrement consacré aux derniers instants de Marcel Cerdan. Je parle au nom des passionnés de boxe. Bien sûr toutes les victimes méritent l’hommage donné par Adrien Bosc. Le romancier ne fait pas parler les morts. Il les rend vivants. Le temps de la lecture, et c’est déjà beaucoup. Ensuite, on range le livre, et l’on sait qu’il s’agit d’une nécropole portative. On veillera sur elle, promis.

-Constellation, d’Adrien Bosc. Stock, 193 p., 18 €

[Post dédié à Marcel Cerdan junior]

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