Catégorie: BEHRA, FANGIO, SENNA & NORTON

04.10.15

Le retour du duel Red Devils contre Gunners

Dimanche 4 octobre 2015, 17 h (heure française)
Arsenal - Manchester United

Ce match va sans doute être électrique.
Arsenal doit se refaire une santé, because les fans grondent une nouvelle fois après la déconvenue en C1 à domicile où le choix de David Ospina dans la cage des Gunners fait débat. Il faut bien un bouc-émissaire.
Van Gaal lui espère asseoir son statut de coach à MU.
Les deux clubs veulent profiter de la débâcle de Chelsea qui est hors course. Seul Man City est un candidat sérieux au titre de 2016.

Classement de la Premier League

1er Manchester City 18 points/ 8 matchs
2 Manchester United 16 pts/ 7 matchs
3 Crystal Palace 15 pts/ 8 matchs

18.07.15

Mort du pilote niçois Jules Bianchi (1989-2015)

Le sport niçois perd Jules Bianchi après Camille Muffat. Dur, triste, injuste. Toute mon affection niçoise aux familles et aux amis.

Jules Bianchi, petit-fils de Mauro, pilote de F3, et petit-neveu de Lucien, pilote de F1 mort aux 24 Heures du Mans en 1969, n’a pas survécu à l’accident dont il a été victime le 5 octobre 2014, au 42e tour du Grand Prix du Japon. Sous la pluie, il avait perdu le contrôle de son véhicule dans le virage 7, la courbe “Dunlop", pour venir s’encastrer sous l’engin d’élevage présent au même endroit pour évacuer la Sauber de l’Allemand Adrian Sutil sortie au tour précédent.
Accident inadmissible. La course aurait dû être interrompu. Sans l’engin d’élevage, Jules Bianchi n’aurait pas connu un accident aussi grave.
Pourquoi la course n’a-t-elle pas été neutralisée par le commissaire de course ?
Le spectacle doit continuer ! La retransmission télé, les sponsors sont passés avant la vie d’un homme.
Jules Bianchi n’est pas mort dès suite d’une erreur de pilotage ou d’une défaillance mécanique.
Il a été victime d’un manque de véritable professionnalisme des commissaires de la course au Japon.
La voiture de sécurité n’est entrée qu’au 44e tour, après l’accident de Bianchi.
Alain Prost, le quadruple champion du monde de Formule 1, déclara dès le lendemain du drame:
“L’entrée de cette grue sans le régime de la voiture de sécurité est totalement inacceptable. C’est une vraie faute à ne pas renouveler".
Depuis l’accident, Jules Bianchi se battait contre la mort.
Un pilote de F1 est un être passionné qui sait qu’il peut mourir à chaque fois qu’il est en piste. Cependant il est intolérable de perdre la vie parce qu’une dépanneuse était là où elle n’aurait jamais dû être.
Jules Bianchi a perpétué une tradition familiale. Il respectait ses racines qu’il a honorées avec tout son talent.
Avec Jean Behra (1921-1959), Jules Bianchi est l’un des rares niçois à parvenir en F1.
Le sport mécanique niçois a aussi dans son Histoire les pilotes motos Jacky Onda et Christian Estrosi.

13.06.15

Les 24 heures du Mans par de Cortanze

Le président Hollande se bling-blinguise. Le voilà aux 24 h du Mans. Bonne occasion pour lire l’album de Gérard de Cortanze, c’est autre chose que d’aller frimer sur un circuit.

Les 24 heures du Mans, les 500 miles d’Indianapolis et le Grand Prix de F1 à Monaco sont les plus grands rendez-vous du sport automobile.
La Coupe du Monde 2014 fait de l’ombre aux 24 heures du Mans mais cela ne doit pas nous empêcher de lire le magnifique album de Gérard de Cortanze sur la mythique course. L’écrivain célèbre l’épreuve qui est étroitement liée à sa famille. En effet, son grand-oncle, Charles de Cortanze, le fils de celui-ci, André, et sa belle-fille Martine, ont participé aux 24 heures du Mans. Tous ces héros du petit Gérard ont été immortalisés sur la pellicule par Christian, le frangin d’André. Le père d’Erik Orsenna, pilote de course (Thierry Arnoult) a aussi actionné la machine à remonter le temps. Chaque personne doit avoir un portefeuille d’images a expliqué Diderot. Soyez en sûr, Gérard de Cortanze en a des milliers dans sa tête et il nous en fait profiter avec son album remarquablement maquetté. On y perçoit la marche du temps.
Le livre a quasi 200 têtes de chapitres qui sont des invitations, à la nostalgie, au courage, à la volonté, à l’amitié, à l’audace, à l’inconscience calculée, à la maîtrise de soi… On perçoit l’évolution automobile et le look différents des pilotes au fur et à mesure des années qui (dé)filent aussi vite que des voitures. Les illustrations sont des arrêts sur images qui nous laissent K.O tant nous émeuvent. Elles sont en couleurs ou en noir et blanc.
L’épreuve automobile a été créée en 1923, soit trois ans avant le premier tournoi mondial de ballon rond et de surcroît, elle se déroule chaque année et non pas tous les quatre ans, comme quoi elle a une plusieurs longueurs d’avance. En temps de crise, l’automobile si elle se vend moins n’en finit pas pour autant de fasciner surtout quand nous sommes dans les bolides inaccessibles à Monsieur Tout le Monde que nous sommes tous face à des hommes qui ont le courage de rouler à plus de 300 km/h, ce qui revient à faire un bras de fer avec la Camarde. Le véritable attend amateur de sport mécanique n’attend pas l’accident, il le redoute, le tient à distance, ne veut pas en attendre parler. Cependant, il faut savoir qu’un grand pilote entretient un dialogue secret et constant avec la mort. A la vérité, nous sommes tous orphelins des pilotes disparus en course car nous savons qu’ils ont risqué leur peau.
Les 24 heures du Mans ont vu rivaliser les plus grandes marques automobiles et les plus prestigieux pilotes depuis sa création par Georges Durand (1864-1941) un passionné d’automobile qui eut l’idée de cette épreuve, à l’origine non pas pour organiser un combat entre des pilotes mais plutôt pour tester le comportement des voitures. Georges Durand, président de l’A.C. de l’Ouest faisait partie d’un trio d’amis qu’il formait avec le journaliste Charles Faroux et Emile Coquille, directeur de la filiale française de la firme de roues Rudge Whitworth. Faroux écrivit le règlement, Durant fit le tracé du circuit de la Sarthe et Coquille rechercha les fonds d’organisation et de primes. Le succès fut immédiat. Sur les 33 voitures au départ, 30 passèrent la ligne d’arrivée, 24 heures après le lancement de la course.
Depuis ses débuts sensationnels, la ferveur pour le sport automobile gagne la ville entière le temps d’une semaine. Deux temps forts font vibrer Le Mans durant l’épreuve, le pesage, qui permet au public d’approcher les voitures engagées pendant leur contrôle technique au pied de la cathédrale, et la parade des pilotes, qui se déroule la veille de l’épreuve, permettant au public de rencontrer l’ensemble des participants. Là on voit des adultes qui ont tous des regards d’enfants au moment de l’ouverture des cadeaux de Noël.
Le circuit de 13,629km emprunte une partie du circuit Bugatti et comporte une grande section de route nationale. Les passages les plus célèbres sont les virages du Tertre Rouge, Muslanne, Arnage et la ligne droite des Hunaudieres longue de presque 6 km où les prototypes maintiennent une vitesse de près de 400 km/h. Avec les vitesses élevées qui sont associés au Mans, le circuit a vu bon nombre d’accidents, certains d’entre aux mortels. Le pire moment fut l’accident survenu durant l’édition 1955, le 11 juin, le pilote Pierre Levegh s’envola avec sa Mercedes-Benz et tua 82 spectateurs, trouvant lui aussi la mort au terme de son embardée. La firme allemande se retira de la compétition. On a vu en 1999 d’autres prototypes s’envoler sans tuer personne, telle la voiture de Mark Webber lors des essais. Au registre moins casse-cou, il faut citer le cador de l’épreuve : Tom Kristensen et ses neufs succès dont six consécutifs.
En 1970 l’édition a servi de sujet et de cadre au tournage du film Le Mans avec Steve McQueen et en 1979 l’acteur Paul Newman se classe deuxième avec une Porche 935. Beaucoup croient que les acteurs étaient plus connus que les 24 heures du Mans alors que les acteurs savaient que la course était plus célèbre qu’eux. Avec le temps, il a fallu abandonner le départ avec les voitures en épis. A partir de 1970, on n’a plus revu les pilotes traverser la piste en courant pour aller grimper dans bolide. Narguant la mythologie, l’année précédente, Jackie Ichx marcha exprès au moment du départ, pour démontrer que l’important était d’arriver à point et non pas de courir comme un sprinter. Au volant d’une Ford GT40 Mk.I, il gagna l’édition 1969 ! Le lièvre joua à la tortue. Le livre de Gérard de Cortanze est une recherche du temps perdu au cours d’innombrables voyages au bout de la nuit.

-La légende des 24 heures du Mans
De Gérard de Cortanze. Préface de Jean Todt
Albin Michel, 291 p., 39 €

01.04.15

Comment ça marche une voiture de course, par Chris Oxlade (Gallimard Jeunesse)

L’auteur a un nom à jouer à Arsenal, comme Oxlade-Chamberlain, mais non c’est juste un homonyme dans le pays de l’ex premier ministre Chamberlain.
Son livre est bien rétro comme je les aime.
Cela compense un peu cette folie du tout numérique.
Bien sûr, il s’agit d’un livre pour enfant, vous savez ceux de 7 à 77 ans.
A l’occasion de l’ouverture de la nouvelle saison de F1 - sport très abîmé par ses dirigeants- il est sympathique d’offrir ce coffret à un garçon ou à une fille. Il est toujours intéressant de savoir comment sont faites les choses, cela aide à mieux les comprendre.
Un livret nous familiarise avec tous les termes automobiles.
Et dans le coffret, il y a de quoi construire une maquette en carton de dragster de 40 cm et pouvant rouler.
Cela offre la possibilité de construire un très bel objet que l’on a pas envie de mal mener.
J’ai toujours aimé les maquettes. Les fameuses Heller, encore un homonyme, cette fois de Gerhard Heller l’officier nazi qui contrôlait la censure sous l’occupation et qui appelait Gallimard par son prénom, “Gaston!". C’est lui-même qui l’a confié à Bernard Pivot lors d’un mémorable Apostrophes au temps où la TV de service publique était intelligente à 22 h.
Les maquettes font accélérer la pensée car il faut des gestes calmes. C’est le beau paradoxe des puzzles. Et j’aimais savoir que le très regretté Georges Perec était un grand amateur de puzzles et de mots croisés. Son absence manque terriblement dans le monde des lettres. Sa voix était sublime. Le tabac nous l’a volé. Le tabac, l’alcool, la voiture, les pires ennemis de la littérature.
Voilà pourquoi, il est vital de savoir comment est faite une voiture.
Le département Gallimard-Jeunesse est vraiment très attractif.
La maison Gallimard propose, à la fois, numérique et livre-objet, voilà le bon choix. Il ne faut rien exclure, rien ostraciser.

-Voitures de course, de Chris Oxlade
Un livret de 24 pages + un coffret avec une maquette de dragster à construire + 50 autocollants métallisés et repositionnables. Gallimard Jeunesse, 14,90 €

18.12.14

La galaxie des "Saigneurs du sport" et autres bad boys panthéonisés par Pascal Paillardet

Il y a ceux qui ont servi le football comme Best et ceux qui s’en servent comme tant d’intermittents du talent.

Pascal Paillardet doit être remercié rien que pour avoir mis à l’honneur Claudio Gentile, le défenseur italien champion du monde 1982. L’auteur l’a rangé dans la catégorie: “Faucheurs, débroussailleurs et tondeuses à gazon". On voit que Pascal Paillardet ne manque pas d’humour. Et de connaissance car sans Gentile, le football n’aurait pas ses acteurs de l’ombre qui sont indispensables aux équipes qui veulent gagner quelque chose. Gentile c’est le soldat inconnu dans toute sa splendeur. Blessé, il pouvait se relever et dézinguer encore une compagnie d’artilleurs. Tout ça pour vous dire que c’était le genre de gars qui savait ce que veut dire professionnalisme et amour du maillot. Ce joueur me fascinait par son charisme: dur sur l’homme, fier, courageux, intelligent, grand lecteur de jeu, un mur en béton coulissant. Quand je le voyais j’étais fier d’avoir des origines italiennes alors que lui en avait des libyennes.
Les saigneurs du sport, bad boys et têtes brûlées des terrains met en lumière des seconds rôles du sport et d’anciennes gloires, de tous les sports, pas que du football, c’est ce qui fait sa grande originalité : Tonya Harding (la puncheuse du patinage), Gavin Henson (le “Beckham du rugby gallois), Jody Cundy ("cycliste amputé de la jambe droite à l’âge de trois ans"), Bodin Issara (champion de badminton)… Il y a aussi des stars comme Lance Armstrong que tout le monde a mis plus bas que terre alors qu’il s’est dopé comme Coppi et Anquetil. On sait que dans les autres sports ce n’est pas non plus très clean. Pourquoi Anquetil a pu dire “mes fesses sont des écumoires” tant il se piquait sans qu’on retire son nom du palmarès ? Parce qu’il était Français. Et la “bomba’ (amphétamines) de Coppi ? Armstrong a fait passer le dopage à l’ère moderne. Le dopage fait partie du cyclisme comme la mort de la vie.
Etes-vous prêt à vous doper pour gagner le Tour ? Moi, non. Les champions sont des êtres à part. Je respecte infiniment Armstrong qui est revenu de la mort: il avait des métastases dans le cerveau! Il avait le droit de prendre des médicaments. Quand il était en course, on le lui permettait. Il a été contrôlé tant de fois sur la route du Tour et on l’a toujours laissé repartir le lendemain matin. Pourquoi ne l’a-t-on pas pincé dès sa première victoire dans la Grande Boucle ? Dès qu’il a arrêté sa carrière, on l’a “assassiné". Je me demande comment cet orgueilleux fait-il pour vivre alors qu’on lui a tout retiré ? Lui, drogué ? Non, c’est Maradona qui se droguait. Armstrong a juste utilisé la médicalisation comme tous les grands cyclistes de l’Histoire. On n’a pas inventé l’expression “charger la mule” pour rien. Et les premiers règlements du Tour de France stipulaient que les apports médicaux étaient à la charge des coureurs. Lance Armstrong a un mental d’exception. Je ne suis pas dupe de l’hypocrisie: quand on a des cas de dopage positif en L1 et L2 on n’inquiète pas les joueurs, on dit qu’il s’agissait de “contrôles expérimentaux". Un champion du monde de football français s’est fait pincer mais on a parlé de “vice de forme” dans la procédure. Ainsi de suite.
Le très bel album de Pascal Paillardet est celui d’une passion. Le jeune Paillardet reste un blessé de Séville. Il n’a jamais oublié la charge de Schumacher (Harald) sur Battiston lors de la 1/2 finale de la Coupe du Monde 1982. Ce soir-là, la France de Platini-Giresse-Tigana était la plus belle équipe de la terre. Il ne suffit pas d’être bon pour gagner, la preuve en reste la défaite des Français aux tirs au but de France 3-3 RFA. Les Allemands étaient plus violents, c’est tout.
Pascal Paillardet propose une prose où il entremêle très bien les faits, le récit journalistique, les propos recueillis les plus significatifs et les annotations personnelles. Sa galaxie comporte Maradona, Best et Cantona, trois noms qui brillent encore dans le cerveau de ceux qui connaissent vraiment le jeu. Quand je vois jouer Ribéry et Nani, je pense à Magnusson et à Waddle tant je n’embête! Aujourd’hui on paie des Solex au prix d’une Ferrari. Les joueurs au football quelconque ont de la chance de vivre en 2014. Je préfère un tâcheron comme Stiles, ex MU. Là on était en présence d’un vrai footballeur, pas une invention médiatique. Il y a des joueurs au grand palmarès qui ne m’ont jamais fait vibrer, par exemple Henry. Sa retraite ne me fait ni chaud ni froid. C’est un grand homme d’affaires. Chapeau ! Il a gagné des titres en équipe de France grâce à Zidane et au Barça grâce à Messi. A Arsenal ? Deux championnats en 8 saisons. Cantona n’a pas établi de record de buts mais il a gagné 5 championnats anglais avec deux clubs différents entre 1992 et 1997. Henry est un joueur de football simple messieurs. Cantona était un vrai footballeur collectif, il faisait jouer les autres. Pour en revenir au livre de Pascal Paillardet, on remarque l’absence de “Titi". Même sa main contre l’Irlande ne l’a pas fait entrer dans les Bad Boys. On ne se rappelle même plus de sa présence dans le bus de la honte 2010 ni de sa visite en catimini chez Sarkozy. Ce n’est pas un hasard s’il devient consultant en Angleterre. Là-bas on lui donne beaucoup d’argent parce que le football anglais est diffusé dans le monde entier tandis que la L1 est du niveau du championnat albanais. Vous enlevez Ibrahimovic au PSG, il reste qui ? Berbatov à Monaco. Ces deux joueurs sont à la retraite. Ils sont en France pour ramasser encore un peu de monnaie dans un championnat sans pression. Vous croyiez qu’il y a de la pression à la Turbie à part celle des jets d’eau pour arroser la pelouse ? La pression de la Turbie c’est quoi pour Berbatov qui a joué à MU ?
Cet album anti langue de bois est un hymne au sport qui n’a rien à voir avec les commentaires insipides à 90 % des chroniqueurs habituels.
Un constat: tous les athlètes du livre de Pascal Paillardet déraillaient parfois mais on se souvient d’eux. Leur train finissait par arriver. Les autres se sont perdus en route. On les a oubliés.

-Les saigneurs du sport, bad boys et têtes brûlées des terrains, de Pascal Paillardet. Huginn & Muninn, 216 p., 39,95 €

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