Catégorie: HENDRIXEMENT

23.04.16

Permalink 19:14:06, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Rien n'est comparable entre le produit Prince et l'artiste Hendrix

Je préfère l’original à la copie. Hendrix faisait de la musique. Prince du spectacle. La voix, le son, la présence, ses fringues, tout chez Hendrix était du jamais vu, jamais entendu. Hendrix et Prince n’ont que leur mort étrange en commun.

J’aimerais bien retrouver la une du Monde le jour de la mort de Jimi Hendrix. La disparition du plus grand guitariste du XXe siècle avec Django Reinhardt n’a certainement pas fait la une du quotidien comme celle de Prince (Samedi 23 avril 2016): immense photo, presque comme Libération, journal qui a toujours la tradition d’être le croque-mort des icônes. A peine croyable: les fondateurs du Monde doivent se retourner dans leur tombe. Il faut vraiment que la presse dite sérieuse soit à l’agonie. Cela ne devrait faire qu’un entrefilet en page intérieure. On n’achète pas le Monde pour Prince.
“Prince a changé le monde” a déclaré Madonna.
Ah! bon, je ne m’en suis pas aperçu.
La mort de quelqu’un est toujours triste pour sa famille.
Celle de Prince permet à ceux des années 1980 de revenir sur nos écrans. On voit des zombies réapparaître à la télévision. Une vraie résurrection sur un catafalque! Grâce à Prince, ils font encore un tour de piste..
Quel coup de vieux !
Un journal qui a perdu son identité fondatrice fait sa une plein pot, sur le disparu, comme au temps de sa splendeur.
Chacun ses goûts.
Je n’ai jamais aimé les chanteurs qui cultivent surtout un look ou qui chantent avec le sexe sur le visage.
D’aucuns parlent de “génie". Il faut savoir raison garder comme disait l’autre. Et Louis Pasteur c’est quoi, un pauvre imbécile ?
Ceux qui pleurent ne voient même pas qu’ils enterrent leur jeunesse.
Et ceux qui hurlent au “génie” n’ont bien sûr rien de géniaux, dérisoires marionnettes médiatiques.
Comparer Prince à Hendrix c’est mettre au même niveau le football de Puskas et celui de Valbuena.
La musique de Prince me fait l’effet de données enregistrées dans un ordinateur pour en tirer un savant mélange. Ce n’est pas de l’inspiration mais de la copie déguisée. Du plagiat relooké. Une musique trop poudrée, un comme si Prince Oronte se mettait à chanter devant Alceste Hendrix. Entre les tableaux de Rembrandt et ceux de Bernard Buffet mon choix est vite fait.
Paix à son âme. Je vais réécouter Hendrix.
Voici les musiciens qui continuent de m’accompagner. Rien que des artistes qui touchent dès leur première note:

Jimi Hendrix, novateur
Miles Davis, le Picasso de la trompette
Ray Charles, une sensibilité haut de gamme
Jim Morrison, l’amour des mots
John Lennon, pionnier
David Bowie, inventif
Michael Jackson, commercial haut de gamme
Marvin Gaye, la douceur de l’existence
James Brown, la rage de vivre
Otis Redding, l’émotion à fleur de peau
Barry White, la sensualité musicale
George Harrison, mystique partageur
Richie Havens, roi de l’improvisation
Joe Cocker, l’écorché-vif fraternel
Django Reinhardt, la grâce faite homme
Louis Armstrong, notre papa jazzy
Duke Ellington, le King du jazz
Louis Prima, le fêtard inspiré

[Post dédié à Johan Cruyff, génial musicien du football]

09.04.16

Permalink 10:58:40, Catégories: HENDRIXEMENT  

Manset, Christophe, Polnareff et Renaud, le retour des nouveaux dinosaures

Michel Polnareff. L’homme en rouge.
En attendant son nouvel album, le titre en avant-première est bien ficelé mais c’est moins fort que ce qu’il a fait. Lorsqu’il est revenu, dans une fête sarkozyste, j’avais trouvé sa voix moins belle que celle de jadis. Lors de l’actuel come back, elle tient la route. Le poids des ans est là c’est bien normal. Polnareff est en vérité un vrai chanteur quand les trois autres parlent surtout.

Renaud. (Sans titre)
Le chouchou des médias continue de se mettre en scène. Renaud a la lucidité de se considérer loin derrière Georges Brassens. Il a fait de belles chansons générationnelles, mais c’était hier. Son public le soutient, tant mieux pour lui, sans doute des nostalgiques comme ceux qui se souviennent des Verts de 1976, au temps de leur jeunesse.

Christophe. Les vestiges du chaos.
Même remarque: ses chansons d’autrefois étaient plus fortes. Je le préfère dans la variété pure et dure plutôt que dans une sorte de Lou Reed à la française. Lui aussi parle et ne chante pas.

Gérard Manset. Opération Aphrodite.
Il a tout fait de A à Z, c’est une belle démarche de perfectionniste. Pour intellos branchés. J’ai fait l’erreur de le rencontrer. Je m’attendais à voir Beckett mais j’ai vu Guy des Cars. Dès que je me suis assis, il a branché un magnétophone: “J’enregistre tout. L’article ne devra comporter aucune de mes phrases et pas une seule photo de moi". Il ne m’autorisait qu’à faire un portrait de lui. J’ai failli m’en aller mais j’ai fait des efforts pour essayer de voir l’auteur d’Animal on est mal… Petit à petit j’ai brisé la glace mais je n’ai plus jamais eu envie de le revoir. Manset n’est pas celui que j’ai rencontré. Cependant je ne perçois plus son authenticité. Et cela m’attriste.

Ces quatre importants artistes ont beaucoup apporté à la chanson, tout comme W. Sheller, N. Ferrer, A. Bashung, A. Souchon et Charlebois. Nino Ferrer n’a pas été considéré à sa juste valeur, celle d’un poète de haut parage. La perte de Bashung est une cruelle absence car il affichait une sublime maturité à la L. Cohen. Il est très difficile de signer des grands textes. Voilà pourquoi a chanson est un art majeur, contrairement à ce que disait Gainsbourg. On n’écrit pas tous les jours Avec le temps ou Comme ils disent. Quand on n’a rien à dire, quand on n’écrit pas sous le coup de la colère, d’un chagrin, d’une révolte ou d’un cri d’amour/amitié, on ne fait que du tirage à la ligne. Respect à Bob Dylan.
[Post dédié au doyen Charles Aznavour]

06.04.16

Permalink 08:13:27, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Les premières chansons inédites de Georges Brassens (Cherche Midi)

Supplique pour être enterré à la plage de Sète, chef d’œuvre de Georges Brassens.

Un CD dans le livre nous permet d’entendre 6 chansons inédites de Georges Brassens, chantées par par Yves Uzureau: A l’auberge du bon Dieu; Un camp sous la lune; Le ciel en avait assez; Je garde toujours; Reine de bal; Loin des yeux, loin du cœur.
Le plaisir est total. Avant de débuter chez Patachou, en 1952, à Montmartre, Brassens écrivait depuis longtemps. Entre 1942 et 1949, il a déposé à la SACEM pas moins de 68 chansons. Il avait quelque chose à dire et savait comment le dire. Le livre contient toute ses chansons. Certaines sont influencées par Charles Trenet qu’il mettait au sommet de son Panthéon. Dans Bonjour, mon p’tit village, il écrit:
-"Bonjour, bonjour, bonjour, mon p’tit village
Ce matin, mon cœur volage
Est revenu sous ton ciel, ton grand ciel de printemps…”
On dirait effectivement du Trenet.
Brassens rendait hommage mais ne copiait pas.
Dans l’inattendue très belle préface, feu Garcia Marquez révèle qu’il considérait le chanteur comme le plus grand poète contemporain. L’écrivain parle très bien de Brassens et de son rapport à la mort “l’acte personnel le plus secret de la vie privée": “Sa discrétion légendaire était telle qu’il est allé mourir chez un ami pour que personne ne le sache(…) La mort du chanteur n’a été connue que soixante-douze heures plus tard…": un groupe restreint de parents et d’amis intimes l’avait déjà enterré au cimetière local. Celui des pauvres, pas le marin si cher à Paul Valéry. En fait, on n’a connu la mort de Brassens que vingt-quatre heures après. Il fut enseveli au petit matin.
A quasi 100 %, les premières chansons de Brassens parlent d’amour. Rien que d’amour.
Il savait voir les femmes, qu’elle traverse la rue ou sa vie.
Bien sûr, il avait aussi le don de l’amitié, cent fois vérifié auprès de Raymond Devos, Louis Nucéra, Alphonse Boudard ou Guy Béart. Tous les quatre m’ont souvent parlé de Brassens que j’aurais pu connaître par l’intermédiaire de Mireille mais cela ne s’est jamais fait. Mireille m’avait invité pour le dernier Bobino qu’elle faisait en première partie de Brassens; je n’y suis pas allé. Je ne me souviens plus pourquoi. Aujourd’hui, quand je me retourne, il n’y a plus qu’un vrai désert. Guy Béart me téléphonait assez souvent pour m’encourageait. Je le remerciais pour son émission Bienvenue chez Guy Béart, ancêtre du Grand Echiquier de Jacques Chancel.

-Premières chansons (1942-1949), Georges Brassens. Prologue de Gabriel Garcia Marquez. Edition de Jean-Paul Liégeois. Introduction de Claude Richard.Cherche Midi, 190 p/, 17 €.

28.03.16

Les trois C1 (1971,1972,1973) du virtuose Johan CRUYFF avec son orchestre de l'Ajax Amsterdam

Il y a une chorégraphie Cruyff comme il y a une chorégraphie Garrincha ou Zidane. La conduite de balle de Cruyff est fascinante: elle n’a rien à envier à Messi. Le pied n’est qu’un cerveau: l’artiste c’est le cerveau. Hélas! en France, on préfère entendre des philosophes bidons plutôt que d’écouter des vraies personnalités. Le talent de Cruyff est indiscutable, à l’inverse de tant d’imposteurs du PAF. Vous savez ce que je dis aux universitaires illisibles qui haïssent le football parce que ce sport est populaire ? Le football a fait jouer en équipe de France le guyano-sénégalais Raoul Diagne en 1931. La société civile est toujours à la traîne.

Je partage l’avis de Bill Shankly, mythique entraîneur de Liverpool: “Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est bien plus que cela".
La mort de Johan Cruyff est vivement ressentie dans le monde entier par tout ce qui savent que le football est un art majeur.
Hélas! les commentateurs ne s’appellent pas Blondin, Hemingway, Kerouac ou Camus.
Les courses de Johan Cruyff, ses accélérations, sa façon de bouger, de lever la tête, sa dextérité, son élégance, tout ça faisait partie d’une vive intelligence de jeu.
Il avait la grâce comme Gérard Philipe, Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Ayrton Senna, John Lennon et Bob Dylan.
Cruyff se servait des pieds avec une adresse manuelle.
Oui, il avait une force inouïe dans les pieds.
J’aimais même sa façon de célébrer les buts- sprinter puis sauter en l’air en fendant l’espace avec son bras droit- et aussi son regard et sa voix.
Le charisme de Cruyff n’est plus à démontrer.
Il suffit de le regarder. Il a un look Cruff. Son regard qui voit loin, comme Buster Keaton. Sa façon de mettre ses mains dans les poches quand il porte le costume.
On la souvent comparé à un lévrier, en raison de sa vitesse. Sa façon nerveuse de tirer sur la cigarette qui lui a rongé les poumons et le cœur. “Chaque cigarette est un clou pour mon cercueil” disait grosso modo Humphrey Bogart. Le tabac est un faux remède à l’angoisse. Gainsbourg le savait. Cruyff aussi.
Quand on regarde une photo de Cruyff avec ses amis de l’Ajax on croit voir les Doors ou les Pink Floyd.
Ajax des années fait partie des équipes majeures avec la Wunderteam autrichienne 1930, le Onze d’Or de la Hongrie 1950, le Real Madrid 1960, le Brésil 1970, l’Inter 1960, l’AC Milan 1990 et Barcelone 2000.
Puskas, Cruyff, Eusebio, Best et Di Stephano. Des noms qui contiennent tout un monde merveilleux.

-Finale de la Champions League, 2 juin 1971
Stade Wembley Stadium, Londres
83 000 spectateurs
Ajax Amsterdam 2-0 Panathinaïkos
Buts pour l’Ajax: Van Dijk (5e), Kapsís (87e csc)

Ajax Amsterdam: Heinz Stuy ; Johan Neeskens, Barry Hulshoff, Velibor Vasović, Wim Suurbier ; Nico Rijnders (46e Horst Blankenburg), Gerrie Mühren ; Sjaak Swart (46e Arie Haan), Johan Cruyff, Dick van Dijk, Piet Keizer
Entraîneur : Rinus Michels

-Finale de la Champions League, 31 mai 1972
Feyenoord Stadion, Rotterdam
61 354 spectateurs
Ajax Amsterdam 2-0 Inter Milan
Buts pour l’Ajax: Cruyff (47e et 78e)

Ajax Amsterdam: Heinz Stuy; Wim Suurbier, Barry Hulshoff, Horst Blankenburg, Ruud Krol; Johan Neeskens, Arie Haan, Gerrie Mühren; Sjaak Swart, Johan Cruyff, Piet Keizer ©
Entraîneur: Stefan Kovacs

-Finale de la Champions League, 30 mai 1973
Stadion Crvena Zvezda, Belgrade
89 484 spectateurs
Ajax Amsterdam 1–0 Juventus
But pour l’Ajax: Rep (4e)

Ajax Amsterdam: Heinz Stuy; Wim Suurbier, Ruud Krol, Johan Neeskens, Gerrie Mühren; Piet Keizer, Horst Blankenburg, Barry Hulshoff, Johan Cruyff ©, Arie Haan, Johnny Rep
Entraineur: Stefan Kovacs

PS: à voir le document sur Cruyff (en trois volets) réalisé par la télé du Barça:
https://www.youtube.com/watch?v=oWW06dSg-Gs&ebc=ANyPxKo2T8Wku7vLLUSxnmxeI0f1-nZnpKkyv3U4lR6D8OMZ68H-hC4r6R7hE1ZBxluIdrPjORkhzbGivvb0h8F7S-3fuoqKyg

Permalink 01:09:17, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Nous sommes tous des Bruxellois

La parole fulgurante de Philippe Soupault:

“Ceux qui préfèrent la mort des autres à leur propre vie.”

Eclair de génie hélas! toujours d’actualité.

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