Catégorie: HENDRIXEMENT

17.09.18

Livres : bons d’entrée (Cresciucci, Piègay, Sitruk, Masino, Jonquères, Winock, Berlière, Barthe, De Smedt et Dosse) et bons de sortie ! (Angot, V. Schneider, JF Kahn, Conche, Vircondelet, Hess, Laqueur, Loupien, Seksik et Louvrier)

Amy Winehouse avait tout. La drogue lui a tout pris.

Les bons d’entrée :

Roger Nimier. Masculin, singulier, pluriel. Alain Cresciucci. Pierre Guillaume de Roux, 302 p., 25 €. Toujours bien de passer du temps avec le James Dean des Lettres. De la braise éternelle.

Une femme invisible. Nathalie Piègay. Editions du Rocher, 347 p., 19,90 €. Enfin un livre sur l’enfance d’Aragon basée sur le mensonge. Cela en dit long sur le futur communiste.

La vie brève de Jan Palach. Anthony Sitruk, Le dilletante, 192 p., 16,50 €. L’étudiant praguois s’est suicidé pour sauver la démocratie. Le contraire du désespéré.

La Massaia. Naissance et mort de la fée du foyer. Paola Masino. Traduit de l’italien par Marilène Raiola. La Martinière, 21 €, 350 p. Pamphlet féministe sous la forme d’un roman au vitriol avec une héroïne qui vit dans une malle. Du Pessoa au figuré !

Voix de fées, chants et contrechamps. François Jonquères. La Thébaïde, 18 €, 161 p. Des traits de plumes par un lecteur de Céline et de Blondin. Cela sert de passeport pas # !

Le monde selon Victor Hugo. Michel Winock, Taillandier, 320 p., 20, 90 €. Lors de l’enterrement de celui qui habitait… avenue Victor Hugo, les filles de tristesse n’ont pas fait payer leurs clients aux bourses pleines.

Police des temps morts. Jean-Luc Berlière. Perrin, 1360 p., 35 €. Berlière ? Rien à voir avec Berl qui en savait tant sur cette époque.

Que va-t-on faire de Knut Hamsun ? Christine Barthe, Robert Laffont, 190 p., 16 €. Le norvégien dit que le destin d’Hitler fut de régner dans une époque brutale mais l’écrivain oublie de dire que c’est le tyran lui-même qui organisait la barbarie.

Eloge du Silence. Marc De Smedt, 264 p., 8,50 €. Si ce que l’on veut dire est moins bien que le silence, mieux vaut se taire. Précepte soufi. Cela suffit à lire cet essai de haut parage.

La saga des intellectuels français 1944-1989. François Dosse, Gallimard. Tome 1, 623 p., 29 €. Tome 2, 703 p., 29 €. Le recensement de toutes les inepties des agités du bocal qui se sont pris au sérieux, à part Camus, guidé par l’honnêteté.

Les bons de sortie:

Un tournant de la vie. Christine Angot, Flammarion, 182 p., 18 €. Un imbroglio sentimental qui fait passer Nous Deux pour du Dostoïevski.

Tu t’appelais Maria Schneider. Vanessa Schneider, Grasset, 256 p., 19 €. Le livre people a été traité sur 5 pages dans un magazine par un auteur maison. SAV quand tu nous tiens.

M la maudite. La lettre qui permet de tout dire. Jean-François Kahn. Taillandier, 670 p. 24,50 €. Le jeune retraité de 80 ans s’amuse avec la lettre haime… Mazette !

Conversations avec Vauvenargues, Chamfort, La Bruyère et quelques autres. Marcel Conche, Les Belles Lettres/ Encre Marine, 128 p., 17,50 €. Ici on décortique les aphorismes alors que leurs auteurs se sont efforcés d’éclaircir au maximum.

Saint Exupéry dans la guerre. Alain Vircondelet. Editions du Rocher, 240 p., 18,50 €. On y apprend qu’il ne pas faut mettre de tiret entre Saint et Exupéry. Il était temps.

Ces psychopathes qui nous gouvernent. Jean-Luc Hess. Plon, 322 p., 19,90 €. La voix radiophonique passe à l’écrit avec un sujet marronnier.

Le travail des morts. Thomas Laqueur. Traduit de l’américain par Hélène Borraz. Gallimard, 920 p., 35 €. «Le corps mort importe car les vivants ont bien plus besoin des morts que l’inverse» écrit l’auteur. C’est oublier que sans les vivants personne ne parlerait des morts.

La France Underground. Serge Loupien, Rivages, 410 p., 23 €. Pour les anciens lecteurs du Libé historique - celui des années 1970-1980- qui depuis lisent Le Figaro.

Un fils obéissant. Laurent Seksik, Flammarion, 250 p., 19 €. Dans les premières pages, le désespoir nous saute à la gorge mais ensuite nous tombons dans la mélancolie sophistiquée, soit le désespoir qui n’a pas les moyens, selon le mot foudroyant de Léo Ferré.

Amy Winehouse. No limits. Pascal Louvrier. L’Archipel, 240 p., 18 €. La sublime chanteuse s’est brûlée les ailes au contact de la mort comme un papillon sur les flammes de la bougie.

16.08.18

Permalien 16:37:20, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Madame Aretha Franklin (1942-2018)

L’immense chanteuse est partie.
Voix, présence, tout.
Comme Billie Holiday. Comme Ella Fitzgerald. Comme Nina Simone.
Comme Louis Armstrong. Comme Otis Redding. Comme Ray Charles. Comme Barry White. Comme James Brown.
Tous de vrais chanteurs, pas des marionnettes du marketing.

[Post dédié aux victimes d’un morceau de viaduc, à Gênes, qui s’est écroulé.]

19.07.18

Permalien 09:05:03, Catégories: HENDRIXEMENT  

L'apport de la musique chez les Bleus champions du monde 2018

L’apport de la musique dans le groupe de joueurs de l’équipe de France est frappant.
Il y a un côté festif dans les vestiaires, les déplacements.
Bien sûr la victoire rend tout beau.
En cas de défaite, il est évident que la musique aurait été moins présente.
Cependant la musique a son importance dans le tourbillon bleu.
Des mauvaises langues diront que le jeu des Français swingue moins que leur corps en dehors du terrain. Cela reste à prouver. Les Français ont eu de très belles séquences offensives même si elles se comptent sur le bout des doigts.
Les joueurs français m’ont rappelé la joie de vivre de l’orchestre de Ray Ventura au temps de Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?
On dirait des musiciens de Duke Ellington.
Des sourires de partout.
Les joueurs ont eu du mal à se quitter. Sortir d’une telle aventure c’est comme une troupe de théâtre, de cinéma, de musiciens qui se séparent.
Dans le clan français, il y avait une très bonne vibration.
Deschamps a bien conçu son groupe qu’il a eu sous la main pendant 55 jours, ce qui a permis une belle osmose dans un contexte favorable, celui des victoires qui s’additionnent mais elles ne sont pas venus par hasard.
Il ne manquait personne dans ce groupe. Ceux qui n’étaient pas là se sont exclus d’eux-mêmes, en dehors des blessés et de l’incompris Hatem Ben Arfa, le mal-aimé du football français.
Pogba et Griezmann se sont mis au diapason de Kanté et non pas le contraire.
D’une manière générale, Mbappé n’a pas fait son Neymar.
Matuidi a confié que le groupe était né contre le Pérou car le match se déroula devant un public totalement acquis au Pérou.
Le groupe actuel renouvelle les images de joie.
Les Champs-Elysées ont accueilli du bonheur. Cela fait du bien après la descente du cercueil de Jean-Philippe Smet.
Le football c’est de l’actualité heureuse. Il s’oppose aux attentats.
Ceux qui disent que cette équipe de France est en fait une équipe africaine sont des ignorants bêtes et méchants.
Les internationaux français de 2018 sont les fils spirituels de Raoul Diagne et Ben Barek.
Depuis les années trente, le football français est riche d’innombrables apports aussi bien d’Europe que d’Afrique et des DOM-TOM.
Les joueurs de 2018 ne cessent pas de répéter qu’ils sont fiers d’être français alors qu’en 1998-2000 d’aucuns brandissaient d’abord leurs origines familiales.
Souhaitons que les nouveaux champions du monde engrangent d’autres titres pour rester au premier plan médiatique.
Il est temps que ceux qui vivent depuis 20 ans sur le succès de 1998 la mettent un peu en veilleuse.
Attention au retour sur terre: les Allemands attendent les Français pour montrer le 6 septembre 2018 qu’ils restent supérieurs aux nouveaux champions du monde.

28.05.18

Leonard Cohen (S.Simmons) et Graeme Allwright(J. Vassal), deux biographies références

La biographie sur Leonard Cohen est l’une des meilleures du genre. On ne s’y ennuie pas, on apprend beaucoup et elle n’est pas exempte de qualités littéraires. On est content de l’avoir lue même si l’on est lassé à la longue par l’omniprésence de la défonce du chanteur. La came ça conserve d’un certain côté, vu que Leonard Cohen (1934-2016) est mort à 82 ans. On sait que Miles Davis ne buvait pas que de l’eau, etc… N’empêche, je ne me doutais pas un seul instant que le chanteur avait autant ingurgité de saloperies même si son allure cotonneuse prouvait qu’il planait grave !
Auprès de lui, dans sa jeunesse, il a subi l’influence d’Alexandre Trocchi (1925-1984), le romancier italo-écossais, qui a été ce que fut Jacques Vaché auprès d’André Breton. Leonard Cohen était-il bipolaire ? Tous les artistes le sont et parfois même tripolaire ! Et pas besoin d’être un artiste pour être angoissé. Doté d’une sensibilité hors normes et d’un vrai talent d’écriture, le musicien nous contait parfois fleurette. Vous connaissez tous sa chanson phare Suzanne… Au début, la jeune femme qui existe vraiment avait 17 ans et lui 26 ans. Elle était la maîtresse de l’un des amis du chanteur. Cohen a toujours juré les grands dieux qu’il n’a jamais cherché à la séduire mais elle raconte le contraire. Un jour, il a même été très insistant et a elle l’a éconduit énergiquement, préférant la «connexion de l’âme», autrement dit l’amitié. Dépressif, Cohen faisait une surconsommation de médicaments. Psychothérapie ? Non, il n’a jamais voulu passer par là. Il a connu différentes périodes frénétiques : sexe ou/et alcool, bouddhisme… Sa voix vrille le cœur. Peut-on être plus mélancolique ? Précisions: Léo Ferré a prévenu que la mélancolie était un désespoir qui n’avait pas les moyens. Suzanne ? Au début il voulait rendre hommage à Montréal puis il décida de parler d’une femme plutôt que d’une ville. Paul Eluard a fait la même chose, avec Liberté, Liberté chérie… au dernier moment, il a retiré le prénom d’une femme pour le remplacer par Liberté. Et dire que l’on dit que le poète est l’emblème de la liberté, lui le chantre du communisme goulag compris. Vous pouvez lire le livre pour faire un vrai voyage en compagnie du poète. Il méritait plus le Nobel de Littérature que Bob Dylan. Leonard a publié des livres, lui.
En complément de la biographie de Cohen, on doit lire l’ouvrage sur Graeme Allwright signé par Jacques Vassal. Né le 7 novembre 1926, l’auteur-compositeur-interprète est l’un des phares de la chanson française que l’on finit par oublier par qu’il s’acharne à rester discret quand ses confrères font le contraire. On lui doit de splendides adaptations françaises de chansons nord-américaines, à commencer par Suzanne dont il a très bien rendu le double aspect mystique et sensuel. Allwright n’y va pas par quatre chemins : quand il est en osmose avec une chanson et son auteur, il l’a traduit, certain que cela ne sert à rien d’en composer une autre vouloir dans la même veine puisque celle-ci est admirable. Leonard Cohen a dit : «Graeme Alwright a rendu plus acceptables à mes oreilles certaines de mes chansons ». La classe, non ? Allwright, lui-même membre la protest-song, aime l’excellence : Guthrie, Dylan, Brassens… Il est marié à la culture française, au sens propre et figuré puisqu’il a épousé Catherine Dasté, la petite-fille de Jacques Copeau et fille de Jean Dasté.
Allwright est probablement le chanteur qui vit le plus en accord avec ses idées. Outre son répertoire, son univers, c’est un merveilleux trait d’union : il nous a donné Cohen en français et il a donné Brassens en anglais. Le plus français des néo-zélandais a 92 ans. Le grand âge est la récompense de sa sagesse. Il a vécu dix mille vies et la réelle a été- est encore et toujours- la plus importante, à l’inverse de ce que disait André Gide de lu-même.

-I’m your man. La vie de Leonard Cohen, Sylvie Simmons. Traduit de l’anglais par Elisabeth Domergue, Françoise Vella. Sous la direction de Jean-Paul Liégeois. L’Echappée, 512 p., 24 €
-Graeme Allwright par lui-même, Jacques Vassal. Prologue de Jacques Perrin. Sous la direction de Jean-Paul Liégeois. Cherche-Midi, 299 p., 21 €

25.05.18

Permalien 12:35:23, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Lea Occhi, DJ Set révélation

“La vie sans musique est tout simplement une erreur” (Nietzsche)

La techno comme le reste a ses vrais artistes.
En voici, une.

Interview
Comment tu en es venue à la musique ?
Je suis intriguée par la musique électronique depuis mon adolescence. Grâce notamment à mon oncle allemand qui nous faisait écouter ses disques Techno avant le diner de Noël. Puis il y a eu ce concert de Paul Kalkbrenner, mon premier au Zénith. Sans commentaire. Enfin, un week-end à Berlin et mon coup de foudre pour mon homme allemand n’ont fait que confirmer cette fascination effrénée pour la capitale allemande et son état d’esprit. M’orienter vers la musique techno est donc arrivée comme une évidence.

Pourquoi ce nom de scène là ?
Occhi signifie les yeux en Italien. C’est une amie qui m’a proposé ce nom entre le plat et le dessert. Ahah discussion totalement informelle mais au final le nom est resté !

Ta musique d’ailleurs, en trois mots ?
Puissante, rythmée et mentale !

LIRE la suite sur : http://heeboo.fr/mixtape-39-lea-occhi-rituels/

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