Catégorie: HENDRIXEMENT

16.09.14

Permalink 08:53:21, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Popular problems: à 80 ans, Leonard Cohen publie son 13e album

Popular problèmes… Sacré beau titre. Simple, en plus. Tout est dit. Nous sommes logés à la même enseigne.
Avec Bob Dylan, Paul McCartney et Neil Young, Leonard Cohen reste un géant de la chanson moderne.
Son 13e album, Popular problems, est en vente pour ses 80 ans
Leonard Cohen a coécrit neuf chansons. 36 minutes en tout.
Comme toujours il se tient à la lisère du chant et de la récitation, ce qui fait tout son charme.
On ne sait pas s’il effectuera une tournée pour présenter Popular problems.
À 80 ans, Leonard Cohen se situe toujours dans la palette de blues, gospel, country, folk et jazz.
Son timbre éraillé nous vrille l’âme.
Il nous parle à l’oreille, nous chuchote sa mélancolie sans aucune bassesse.
Grande maîtrise des mots et de la musique, à l’inverse de ses imitateurs inaudibles. Sans parler des chanteurs qui ne sont que des machines à cash.
Leonard Cohen, lui, nous enveloppe de son amitié auditive.

[Post dédié à Saga]

14.09.14

Permalink 00:24:49, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

McCartney dévoile ses trois chansons préférées des Beatles

Paul McCartney et John Lennon sont les André Breton et Philippe Soupault de la chanson. Ils ont révolutionné leur temps. Dans les années 1960, on parlait musique. En 2014, on n’entend plus parler que de religion. Malraux l’avait annoncé. McCartney et Lennon furent sans doute les plus grands amis de la terre, à un moment donné.

On aurait pu croire Paul McCartney incapable de choisir ses chansons préférées parmi les innombrables titres des Beatles. Ce n’est pas le cas. Le musicien a un Top 3 et il l’a dévoilé sur la BBC. Sachez que la chanson favorite de Paul McCartney est Here, There and Everywhere. Le titre, figurant sur l’album Revolver, occupe la première place dans le cœur de l’artiste.

-«J’ai un souvenir très émouvant à propos de cette chanson. Nous étions en train de tourner le film Help ! et je partageais une chambre d’hôtel avec John. On écoutait les titres de l’album et en écoutant celui-ci, il s’est retourné vers moi et m’a dit : “C’est un super titre, vraiment.” Et, vous savez, il ne faisait pas beaucoup de compliments donc, pour moi, ça voulait plutôt dire : “waouh, génial” »,

La chanson que Paul McCartney place sur la seconde marche du podium est Let it Be.
-«Je choisis cette chanson simplement parce que ma mère est venue dans l’un de mes rêves pour m’inspirer cette chanson. »

La troisième chanson préférée de Paul McCartney n’est pas une chanson des Beatles mais l’une de ses chansons à lui. Il s’agit de Here Today. Le titre, paru sur l’album Tug of War (son quatrième album) est un hommage à John Lennon.
-«Ce titre est plein d’émotions pour moi.»

12.09.14

Hommage à François Truffaut, à Charles Denner, à Suzanne Schiffman, à Antoine Duhamel (Librio, Flammarion, Cinémathéque française)

Alors que je me préparais à célébrer une fois de plus François Truffaut, j’apprends la mort d’Antoine Duhamel (1925-2014), le grand compositeur associé à la Nouvelle Vague, expression trouvée par François Giroud.

« Nous avons écrit, Suzanne Schiffman, Michel Fermaud et moi, le scénario de L’homme qui aimait les femmes, à l’intention de Charles Denner et par admiration pour lui », dixit François Truffaut. Le regretté comédien a eu de la chance d’être servi de la sorte par cet excellent trio.
Le film de 1977 est un film culte. Le film d’une génération. Le cinéroman est de nouveau disponible. C’est l’histoire de l’écrivain Bertrand Morane, grand amoureux qui laisse libre cours à ses pulsions vers la gente féminine. C’est le moins que l’on puisse dire.
Au début du livre, je tombe sur : « Bertrand aurait apprécié le spectacle de son propre enterrement… »
J’étais présent à celui de Truffaut.
J’avais l’impression d’être dans l’un de ses films tant ses comédiens et comédiennes étaient présents. Il y avait beaucoup de monde sur le pont de Caulaincourt. A la fin, je suis resté seul à seul face à son tombeau.
Truffaut incarne la France dans toute sa splendeur. L’esprit français, à la fois grave, profond et primesautier. Il y a la mort partout dans son œuvre. La mort des sentiments.
« Ni avec, ni sans » fait-il dire à l’un de ses personnages. La série des Antoine Doinel reste un temps fort du cinéma mondial. Truffaut avait beaucoup souffert dans son enfance. On sent cette angoisse dans ses films, une angoisse du temps qui passe, de l’impossibilité de pouvoir choisir quand il est devant quatre sentiers. Pourquoi celui-là et pas les trois autres ? Il aurait voulu aller dans les quatre directions, poussé par l’appétit de vivre.
A force d’avoir peur de rater quelque chose, on peut rater l’essentiel. Parfois sa vie se joue comme à la roulette russe.
Quand Jean-Pierre Léaud dit « Monsieur » à Delphine Seyrig on atteint le sublime. Truffaut n’était pas un faiseur mais un artiste sincère. Il savait de quoi il parlait.
Truffaut était très intelligent. C’était un grand lecteur. Un autodidacte comme je les aime. Intelligent et sensible, l’un ne va pas sans l’autre. Il savait placer la caméra et diriger. La nuit américaine est du niveau de Lubitsch. Sa filmographie est grandiose. Capable de faire Le Dernier métro ,La chambre verte et La peau douce.
Il a vécu aussi vite qu’il parlait : un débit de mitraillette. J’ai sa voix dans l’oreille. Il a passé sa vie à travailler comme s’il était certain de mourir jeune. Il a tourné au moins 5 très grands films. C’est beaucoup.
Il connaissait le cinéma par cœur. On peut lire des articles, lire et relire. Par exemple, il salue La traversée de Paris de Claude Autant-Lara alors qu’il n’aimait pas ses anciens films tellement empesés. Relire Truffaut nous permet de retomber sur :
-«Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le monde, lui donnant son équilibre et son harmonie.» Je cite de mémoire. Ce Truffaut-là c’est mon préféré, celui qui enfant allait chaparder les photos de film à l’entrée des cinémas. Un peu de poussière d’étoiles pour supporter le réel.
Dans ses films, les adultes fabriquent souvent des jouets. Denner, Truffaut, deux amis qui restent avec nous. Duhamel aussi. Je suis une nécropole ambulante.

-Les films de ma vie, de François Truffaut. Préface d’Emmanuel Burdeau. Champs/ Flammarion
-Le plaisir des yeux, de F. Truffaut. Champs/ Flammarion
-L’homme qui aimait les femmes, de F. Truffaut. Librio, 90 p., 3 €
Exposition François Truffaut, Cinémathèque française, du 8 octobre 2014 au 25 janvier 2015.

08.09.14

Permalink 11:54:01, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Jacques Brel, une vie, par Olivier Todd. (Documento/ Robert Laffont)

On n’en finirait plus de citer les titres de la collection Documento de Robert Laffont, c’est une suite de rééditions dont on se délecte. Après Proust/ Albaret, voici Brel/ Todd, Olivier, le père d’Emmanuel. Aujourd’hui, il faut préciser car le fils et le père sont tous les deux de très bons auteurs. Je me rappelle d’Oliver Todd face à une jeune femme dans une remarquable émission qui consistait à refilmer ensemble deux personnes qui s’étaient vues jadis. Todd signale sa biographie à son interlocutrice qui n’en fait pas grand cas. Le journaliste en fut tout décontenancé. C’est dire qu’il considérait sa biographie avec autant d’attention qu’un romancier aime l’un de ses romans. Il avait raison, c’est le livre qui compte. Mieux vaut lire une grande biographie qu’un mauvais roman. Le Brel de Todd est un grand livre, pour son modèle et son portraitiste.
Toute la vie de Brel (1929-1978) remonte à la surface, comme si elle avait été débloquée au fond de l’eau par un Cousteau littéraire, en la personne d’Olivier Todd. Pour les enfants de l’après-guerre dont je suis, nous avons eu la chance d’être les contemporains de maîtres de la chanson : Trenet, Brassens, Berl et Ferré. Nous pouvons y rajouter Aznavour, Lapointe, Barbara et Ferrat. D’immenses poètes sur microsillons. Ils nous ont ouverts à la littérature, à la vie donc. La littérature est l’indispensable grille de lectures sans laquelle on n’y comprend. J’ai toujours considéré ces chanteurs comme d’authentiques écrivains. Ils savaient se servir des mots pour nous faire voir l’invisible, indicible, l’indéchiffrable, l’innommable. Oliver le sait très bien. On ne consacre pas autant de pages, de jours, de mois, d’années, à quelqu’un de superficiel.
Jacques Brel était un géant et sans doute il n’a pas mesuré pleinement ce qu’il représentait. Mort en 1978, à 49 ans, il reste plus présent que les médiocres chanteurs qui lui ont succédé sans bien sûr prétendre jouer dans la même catégorie. Franchement, les chanteurs français de la nouvelle génération disent tous ce que Brel-Trenet-Ferré-Brassens ont dit mais en moins bien. Ce qui compte c’est d’avoir un son, une tonalité, un style. Eux avaient tout ça bien combiné. Les chanteurs actuels à 90% ne sont que des produits commerciaux pour faire tourner le marché.
Chanteur, parolier, musicien, acteur, comédien (je fais la distinction), cinéaste. Sa vie est un torrent d’émotions. Elle ne se résume pas à quelques phrases. Il faut livre l’ouvrage Todd pour se laisser emporter par les vagues successives. Nous sommes dans un millefeuille. Brel ne s’est pas ménagé. Il n’a pas pris soin de son enveloppe corporelle. Il a tant tiré sur les cordes que sa vie a été malheureusement trop brève. On aurait aimé le voir vieillir, par simple égoïsme afin de bénéficier encore et encore de sa générosité créatrice. Il faut en avoir sous le capot pour en dire autant en si peu de temps. Je ne rappelle très bien avoir entendu ce témoignage : enfant, il fit signer son cahier scolaire par son chat ! Le rebelle était précoce.
Talent, violence des mots, grandeur d’âme, beauté des formules, contradicteur, contradictoire, poète, polémiste, caricaturiste, humaniste, flamboyant être humain, ennemi de la connerie humaine, hostile aux imposteurs qui prolifèrent comme la peste, Jacques Brel est l’un des êtres les plus vivants du XXe siècle. Merci à Oliver Todd de le faire revivre sur la matière morte des pages qui font se redresser le spectre merveilleux d’un homme qui ne se sépare jamais de nous.

-Jacques Brel, une vie, par Olivier Todd. Documento/ Robert Laffont, 456 p., 11,90 €

18.08.14

Permalink 00:52:59, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Pierre Vassiliu (1937-2014) nous a quittés

Amour, amitié: un chef d’œuvre.

Pierre Vassiliu est parti en plein été.
Né le 23 octobre 1937, à Villecresnes.
Mort le 17 août 2014, à Sète.
Le chanteur s’en est allé pour toujours. Mon blog est aussi une nécropole. J’ai souvent le cœur gros parce que j’aime beaucoup de gens.
La chanson a des géants comme Trenet, Brassens, Ferré, Aznavour, Ferrat, Barbara, Moustaki, Nougaro, Bécaud, Lapointe, Polnareff, Béart et Brel.
Et puis des maîtres qui sont restés des artisans qu’on aurait dû aimer davantage: Mouloudji, Louki, Lemarque, Vassiliu, Ferrer, Christophe et Peyrac.
Je me moque complétement de la notoriété. Seule le talent compte.
Vassiliu avait beaucoup de talent.
Il avait fait le Petit Conservatoire de la Chanson de mon amie Mireille. Quand j’y pense: j’en ai passé des heures, des journées, des années entières avec Mireille. Que reste-t-il de tout cela ? Moi, avec mes souvenirs.
Vassiliu, fils de père roumain, a très bien servi la chanson française.
Je n’ai jamais oublié son œil coquin, son amour du Brésil. Sa manière détachée de lancer son texte.
Il a connu un immense succès avec Qui c’est celui-là ?, (1973) et adapté de Partido alto, de Chico Buarque, le merveilleux poète et immense amateur de football.
Le 17 août 2014, le music hall a perdu un grand monsieur. Quelqu’un d’authentique.

Magnifique chanson: Je cherche encore une fille… qui annonce Manset et Bashung.

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