Catégorie: HENDRIXEMENT

12.02.15

Permalink 11:38:32, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

L'héroïsme de Maurice Ravel transporteur des Poilus blessés, par Michel Bernard (La Table Ronde)

Extrait des Sentiers de la gloire, chef d’œuvre de Stanley Kubrick.

Un roman basé sur des faits historiques. Tel est le nouveau livre de Michel Bernard, merveilleux conteur qui raconte la guerre de 1914-1918 comme s’il l’avait faite. C’est à la fois un historien rigoureux et un poète. Il aime tant son prochain qu’il sait ce que les Poilus ont vécu. La littérature lui permet de rendre hommage à ses propres ancêtres et aussi à Maurice Genevoix et Maurice Ravel. Même prénom, même talent dans des moyens d’expressions différents, la littérature et la musique. Les mots et les notes, mais partout du talent.

Maurice Ravel, outre l’immense musicien que l’on connaît, a été aussi un grand soldat. C’est une révélation pour beaucoup. Engagé volontaire, à plus de 40 ans, il a voulu défendre la Patrie sur les terrains de combats plutôt que de rester au chaud devant ses partitions. Au front, ce n’est plus le virtuose plein de gloire. Au front, il devient un anonyme parmi les anonymes au service des autres, ses prochains, ses semblables, comme l’on dit si joliment. Le Poilu Ravel fut un conducteur d’ambulance chargé de transporter au plus vite les blessés dans les hôpitaux de campagne. Les blessés ? Estropiés disons tant les corps sont en lambeaux. Les âmes ne vont pas mieux. Alors Ravel fait tout pour abréger les souffrances. On l’imagine essayant d’éviter les soubresauts de son véhicule endommagé sur les routes, les chemins, les sentiers caillouteux.

La guerre est atroce à faire, à vivre pour tous les hommes. Peu sont vraiment sanguinaires au point d’attendre les offensives souvent synonymes de mort. La sienne avant celle des autres. La guerre est encore plus atroce pour les plus sensibles. Ravel en était. Pour composer ce qu’il nous a donné, il a fallu qu’il explore ce qu’il avait de meilleur en lui. A la guerre, il a vu des horreurs à n’en plus finir, horreurs entrecoupées par la fraternité des soldats qui ne sont plus que des survivants de l’abject.

Michel Bernard est en totale osmose avec Maurice Ravel, avec les Poilus, célèbres et inconnus, avec la terre ensanglantée de 14-18, avec les millions de morts, de veuves et d’orphelins, avec les paysage de France, avec la langue française, avec l’intelligence accouplée à la sensibilité, avec l’humilité des véritables artistes qui savent user le mieux possible de leur art pour partager avec des gens qu’ils ne verront jamais. Michel Bernard est l’un des plus grands prosateurs de son temps. Il sait faire battre le cœur dans la poitrine des morts.

-Les forêts de Ravel, de Michel Bernard. La Table Ronde, 171 p. , 16€

[Post dédié à Bernard Maris]

04.02.15

Bob Dylan rend hommage à Frank Sinatra

D’aucuns vont crier à la trahison. Les bienpensants, les bobos et tous les autres.
Dylan qui chante Sinatra c’est fantastique. Dylan chante les grands standards de la chanson mondiale, rien que des titres repris par Sinatra.
The Voice. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle ainsi Sinatra.
« Quand Frank chante je vois tout dans sa voix – la mort, Dieu, l’univers. »
C’est ce que disait le jeune Bob dans son enfance qu’il ne trahit pas.
Oui, Sinatra c’est the Boss vocal. Il chante en panavision.
On peut aimer Sinatra et Brassens.
Sinatra est toujours associé au bling-bling, à la voyoucratie.
C’est oublier son talent multiple: acteur, chanteur, show man.
Sinatra était un géant comme Dylan. Leur rencontre artistique était inévitable.
Un jour, on demande à Dylan: “Pourquoi le toit de votre maison est rouge". Sa réponse: “Quand je rentre, je suis tellement stone qu’il me faut ce repère pour savoir que je suis arrivé chez moi…” Belle provocation !

A consulter, le site officiel du maître :
http://www.bobdylan.com/fr/music/shadows-night

Les titres de l’album “Shadows in the night":

1- I’m a fool to want you

2- The night we called it a day

3- Stay with me

4- Autumn leaves

5- Why try to change me now

6- Some enchanted evening

7- Fool moon and empty arms

8- Where are you ?

9- What I’ll do

10- That lucky old sun

02.02.15

Laborde s'échappe de son livre comme Aladin (Robert Laffont)

Dans le livre de Christian Laborde on voit les représentants du monde des années 1960 affronter ceux des années 1940.
Les pères demandent à la progéniture de la fermer mais les fils l’ouvrent tout le temps car de la ferme ils ne veulent pas entendre parler.
Les héritiers passent tout sur leur temps sur une mob bleue quand ils ne matent pas des gonzesses à gros nibards.
C’est l’époque du glandage qui consiste à lire Best pour s’imaginer être pote avec les membres du groupe Creedence Clearwater Revival.
A l’époque, le Lagarde & Michard ne nous donnait pas envie d’aimer la poésie écrite. On voulait d’abord la vivre.
Tout ça a existé, et Laborde explore ce continent social comme Modiano est un expert des années noires.
Dans ce livre de nouvelles, l’autoradio, d’une caisse dont le conducteur a raté un virage, continue de marcher quand on remonte la carcasse de ferraille à la surface. The show must go on !
Chaque nouvelle met en scène une fille- « Waouh ! elle est terrible »- et une chanson hyper célèbre.
La bande son labordonienne est entre Woodstock et On connaît la chanson d’Alain Resnais.
Le poète n’est pas sectaire : il aime autant le fou chantant Charles Trenet que l’envoutante Anna Calvi qui a un regard foudroyant comme le son de sa guitare, soit un mixte La Callas-Hendrix, irrésistible !
Toute la thématique de Laborde est présente dans sa prose.
Au moindre virage en épingle à cheveux, on voit surgir Federico Bahamontes.
Jane Fonda est en poster : femme de rêve, à la fois le cerveau et le corps. Duras en Barbarella !
Si Yourcenar avait eu l’apparence de Raquel Welch, elle n’aurait sans doute pas écrit une ligne et si RW avait eu le ciboulot de la première dame du quai Conti elle n’aurait jamais joué dessapée.
Au terme de douze nouvelles, Laborde nous donne de ses nouvelles dans un best-off de ses écrits sur la toile ou ailleurs.
Un livre patchwork ? Précision : nous sommes en face d’un écrivain et non d’un auteur.
Laborde c’est un continent et non pas de l’incontinence.
Le livre est un hymne aux femmes, mais méfiez-vous des Mmes Richardson. Après une nuit d’amour, elles peuvent vous transformer en criminel. Il y a des meufs qu’il vaut mieux avoir en photo. Ni avec ni sans. Ni épouse ni maîtresse. Parfois il vaut mieux rien branler !

-Madame Richardson et autres nouvelles, suivi de Quai des bribes. Christian Laborde, Robert Laffont, 208 p., 17 €.

22.12.14

Permalink 22:46:03, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Joe Cocker rejoint Jimi Hendrix et Richie Havens

Star Spangled Banner par Jimi Hendrix
With a Little Help from My Friends des Beatles par Joe Cocker
Freedom par Richie Havens

Ces trois temps forts de Woodstock ont bouleversé des millions de jeunes.
Là rien de commercial.
Que des gens qui crient ce qu’ils ont de plus sérieux en eux. Un besoin de fraternité, d’amour, de liberté, de vie.
Ce fut notre révolution. Ils étaient nos guides de la contre culture.
Ces trois artistes se sont déchirés pour nous.
Du jamais vu, du jamais entendu.
Une vibration, une révolte.
On les a perdus. Rien n’est plus triste que de voir s’éteindre des phares.
En 2014, vous ouvrez la radio et vous entendez se déverser la haine des petits esprits du PAF qui attisent la haine.
En 1969, on entendait Cocker, Hendrix, Havens.
Ils sont morts mais on ne laissera pas les salauds étouffer l’œuvre de nos guides spirituels car depuis que les écrivains ont été bannis des médias, seuls quelques chanteurs font office de phares. Je parle de la catégorie Brassens pas des rigolos qui nous comptent fleurette pour mieux nous berner. Je vous rappelle que le discours du prix Nobel de littérature Modiano n’a pas été diffusée à la télévision française, ce qui équivaut à la censure d’une démocratie totalitaire qui préfère diffuser pendant trois heures l’élection de Miss France.
Cocker nous a appris à rester debout. Alors restons debout.
Cocker était un interprète d’exception. De la trempe de Ray Charles.
Une gestuelle qui lui faisait dégouliner son âme sur tout le corps.
On l’aimait et on l’aimerait toujours.
On n’en dira pas autant des fumiers qui se servent des micros pour vomir leurs paroles purulentes.

[Post dédié à John Lennon et Bob Dylan]

16.12.14

Hommage à Madame Joséphine Baker (1916-1975), artiste et résistante

Joséphine Baker:
« Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. »

Ses décorations reçues au titre d’agent secret auprès de la France, Gaulliste des premières heures:

Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec palme
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre

Pendant qu’elle combattait pour la France, les “grands intellectuels” faisaient la fiesta dans le Paris de l’Occupation quand ils ne travaillaient pas à Radio Vichy, servant la France nazifiée.
Joséphine Baker a révolutionné la chanson et les revues, devenant la première artiste noire au monde, ouvrant la voix aux jazzmen, aux sportifs et à tous les gens de la population civile.
J’ai souvent discuté de cette période avec Philippe Soupault, immense poète à la lucidité implacable. Il en voulait aux blancs d’avoir “instrumentalisé les Noirs". Il estimait que les Blancs voulaient bien des Noirs mais uniquement sur scène ou dans les stades.
Pendant la guerre, Joséphine Baker met sa célébrité au service de la Résistance pour obtenir des renseignements très confidentiels parce que les Allemands ne se méfient d’une artiste de music-hall. L’Américaine devenue française fut une très grande combattante de la France Libre.
A la fin de la guerre, elle fonde un tour de Babel avec onze enfants d’horizons différents.
Pionnière, visionnaire, rebelle, patriote exceptionnelle, elle reste une des plus grandes humanistes du XXe.
Avec Colette, elle illumine encore la France pour ceux qui savent voir.

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