Catégorie: HENDRIXEMENT

02.02.15

Laborde s'échappe de son livre comme Aladin (Robert Laffont)

Dans le livre de Christian Laborde on voit les représentants du monde des années 1960 affronter ceux des années 1940.
Les pères demandent à la progéniture de la fermer mais les fils l’ouvrent tout le temps car de la ferme ils ne veulent pas entendre parler.
Les héritiers passent tout sur leur temps sur une mob bleue quand ils ne matent pas des gonzesses à gros nibards.
C’est l’époque du glandage qui consiste à lire Best pour s’imaginer être pote avec les membres du groupe Creedence Clearwater Revival.
A l’époque, le Lagarde & Michard ne nous donnait pas envie d’aimer la poésie écrite. On voulait d’abord la vivre.
Tout ça a existé, et Laborde explore ce continent social comme Modiano est un expert des années noires.
Dans ce livre de nouvelles, l’autoradio, d’une caisse dont le conducteur a raté un virage, continue de marcher quand on remonte la carcasse de ferraille à la surface. The show must go on !
Chaque nouvelle met en scène une fille- « Waouh ! elle est terrible »- et une chanson hyper célèbre.
La bande son labordonienne est entre Woodstock et On connaît la chanson d’Alain Resnais.
Le poète n’est pas sectaire : il aime autant le fou chantant Charles Trenet que l’envoutante Anna Calvi qui a un regard foudroyant comme le son de sa guitare, soit un mixte La Callas-Hendrix, irrésistible !
Toute la thématique de Laborde est présente dans sa prose.
Au moindre virage en épingle à cheveux, on voit surgir Federico Bahamontes.
Jane Fonda est en poster : femme de rêve, à la fois le cerveau et le corps. Duras en Barbarella !
Si Yourcenar avait eu l’apparence de Raquel Welch, elle n’aurait sans doute pas écrit une ligne et si RW avait eu le ciboulot de la première dame du quai Conti elle n’aurait jamais joué dessapée.
Au terme de douze nouvelles, Laborde nous donne de ses nouvelles dans un best-off de ses écrits sur la toile ou ailleurs.
Un livre patchwork ? Précision : nous sommes en face d’un écrivain et non d’un auteur.
Laborde c’est un continent et non pas de l’incontinence.
Le livre est un hymne aux femmes, mais méfiez-vous des Mmes Richardson. Après une nuit d’amour, elles peuvent vous transformer en criminel. Il y a des meufs qu’il vaut mieux avoir en photo. Ni avec ni sans. Ni épouse ni maîtresse. Parfois il vaut mieux rien branler !

-Madame Richardson et autres nouvelles, suivi de Quai des bribes. Christian Laborde, Robert Laffont, 208 p., 17 €.

22.12.14

Permalink 22:46:03, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Joe Cocker rejoint Jimi Hendrix et Richie Havens

Star Spangled Banner par Jimi Hendrix
With a Little Help from My Friends des Beatles par Joe Cocker
Freedom par Richie Havens

Ces trois temps forts de Woodstock ont bouleversé des millions de jeunes.
Là rien de commercial.
Que des gens qui crient ce qu’ils ont de plus sérieux en eux. Un besoin de fraternité, d’amour, de liberté, de vie.
Ce fut notre révolution. Ils étaient nos guides de la contre culture.
Ces trois artistes se sont déchirés pour nous.
Du jamais vu, du jamais entendu.
Une vibration, une révolte.
On les a perdus. Rien n’est plus triste que de voir s’éteindre des phares.
En 2014, vous ouvrez la radio et vous entendez se déverser la haine des petits esprits du PAF qui attisent la haine.
En 1969, on entendait Cocker, Hendrix, Havens.
Ils sont morts mais on ne laissera pas les salauds étouffer l’œuvre de nos guides spirituels car depuis que les écrivains ont été bannis des médias, seuls quelques chanteurs font office de phares. Je parle de la catégorie Brassens pas des rigolos qui nous comptent fleurette pour mieux nous berner. Je vous rappelle que le discours du prix Nobel de littérature Modiano n’a pas été diffusée à la télévision française, ce qui équivaut à la censure d’une démocratie totalitaire qui préfère diffuser pendant trois heures l’élection de Miss France.
Cocker nous a appris à rester debout. Alors restons debout.
Cocker était un interprète d’exception. De la trempe de Ray Charles.
Une gestuelle qui lui faisait dégouliner son âme sur tout le corps.
On l’aimait et on l’aimerait toujours.
On n’en dira pas autant des fumiers qui se servent des micros pour vomir leurs paroles purulentes.

[Post dédié à John Lennon et Bob Dylan]

16.12.14

Hommage à Madame Joséphine Baker (1916-1975), artiste et résistante

Joséphine Baker:
« Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. »

Ses décorations reçues au titre d’agent secret auprès de la France, Gaulliste des premières heures:

Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec palme
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre

Pendant qu’elle combattait pour la France, les “grands intellectuels” faisaient la fiesta dans le Paris de l’Occupation quand ils ne travaillaient pas à Radio Vichy, servant la France nazifiée.
Joséphine Baker a révolutionné la chanson et les revues, devenant la première artiste noire au monde, ouvrant la voix aux jazzmen, aux sportifs et à tous les gens de la population civile.
J’ai souvent discuté de cette période avec Philippe Soupault, immense poète à la lucidité implacable. Il en voulait aux blancs d’avoir “instrumentalisé les Noirs". Il estimait que les Blancs voulaient bien des Noirs mais uniquement sur scène ou dans les stades.
Pendant la guerre, Joséphine Baker met sa célébrité au service de la Résistance pour obtenir des renseignements très confidentiels parce que les Allemands ne se méfient d’une artiste de music-hall. L’Américaine devenue française fut une très grande combattante de la France Libre.
A la fin de la guerre, elle fonde un tour de Babel avec onze enfants d’horizons différents.
Pionnière, visionnaire, rebelle, patriote exceptionnelle, elle reste une des plus grandes humanistes du XXe.
Avec Colette, elle illumine encore la France pour ceux qui savent voir.

Deuil mondial

Depuis Georges Brassens, seul Alain Souchon a écrit un grand texte sur la folie des hommes.
L’actualité m’impose de le remettre en ligne.
Il n’y a qu’une religion: l’amitié entre les Hommes.

02.12.14

Jean Gabin et Joséphine Baker, les deux grands artistes furent des héros pendant la guerre

Josephine Baker fut une grande résistante. Elle a voulu défendre la France car le racisme régnait de partout aux Etats-Unis. Madame Baker savait tout faire dans le spectacle. Elle dansait avec une ceinture de bananes sans aucune connotation raciste. C’est l’une des femmes les plus importantes du XXe siècle.

Lundi 1er novembre 2014
France 3
L’ombre d’un doute
Les artistes sous l’Occupation
Présenté par : Franck Ferrand
Quand René Clément est venu voir Jean Gabin pour lui demander de jouer dans Paris brûle-t-il ?, Jean Gabin a répondu au metteur en scène:
-"La guerre, je l’ai faite… en vrai!”
C’est Mathias Moncorgé qui raconte cette scène dans le documentaire. Le fils rajoute: ” Il [René Clément] est reparti avec ça…”
Magnifique! Le fils de Jean Gabin a eu la sagesse d’œuvrer dans le monde du cheval pourtant il a un très grand charisme. Il crève l’écran comme son père, fort et plein de retenue, la signature de la famille.
L’émission passe en revue le comportement des artistes sous l’Occupation, à partir de juin 1940.
“Ah! ça c’est Paris!” On connait la phrase des Boches, disait-on. Ils n’ont donc pas interdit les spectacles, bien au contraire.
Certains artistes ont continué leur travail comme les boulangers faisaient du pain quand ils avaient de la farine.
A Londres, le grand Pierre Dac chantait: “Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est Allemand".
L’émission raconte ce que firent Gabrielle Chanel, Sacha Guitry, Arletty, Joséphine Baker, Edith Piaf ou encore Jean Gabin. Ils sont deux à s’engager pour participer à la libération du pays: Jean Gabin rejoint l’armée et Joséphine Baker travaille pour les services secrets de la France libre. D’autres font des choix différents…
Trenet a chanté mais il a fait du bien aux Français. Ma mère, 16 ans en 1939, aimait l’écouter.
Chevalier s’est dit instrumentalisé par les nazis. La bonne excuse.
Piaf entama une tournée outre-Rhin, tout en protégeant son amant juif dans le sud de la France.
Jean Gabin et Joséphine Baker représentent l’honneur des artistes pendant la guerre.
Cette émission démontre une nouvelle fois qu’on a pratiqué l’épuration à la tête du client. On a fermé les yeux sur certains agissements de certaines personnes et fait porter le chapeau à d’autres.
Arletty est immense: elle dit avoir peur des rats et non pas des hommes.
J. Baker après guerre a adopté plusieurs enfants d’origines différentes pour démontrer au monde que l’on devait vivre ensemble.

PS: le documentaire n’a pas parlé du bon comportement de Jean-Pierre Aumont, ni de Robert Lynen, fusillé par les nazis, le 1er avril 1944, à 23 ans. L’acteur qui joua Poil de Carotte entra très tôt dans la Résistance.

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