Catégorie: HENDRIXEMENT

08.11.18

Permalien 16:55:26, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Francis Lai (1932-2018), poète musicien et supporter de l'OGCNice

Je le revois dans les années 1970, il arrivait et repartait du stade de Ray avec son deux roues. Pas une moto du dernier cri, plutôt un charafe comme on dit à Nice qu’il aimait tant. Il avait les cheveux longs, habillé en jeans et toujours le casque pas du dernier cri. Je le revois, tout seul, toujours tout seul. Quand Nice avait gagné, il avait un large sourire. En cas de défaite, la mine triste. J’étais trop jeune pour l’aborder. J’aurais dû mais le voir me Qui pouvait s’avoir qu’il s’agissait d’un monument de la musique contemporaine ? Il est à Claude Lelouch ce que Nino Rota est à Fellini, ce que Ennio Morricone est à Sergio Leone. Plus humble que Francis Lai c’est impossible. Claude Lelouch savait qu’il resterait sur l’écran l’authenticité de Francis Lai. La musique du Niçois apportait beaucoup aux images, au jeu des acteurs, au scénario. Rien à voir avec du bruit. De la vraie musique.
Son sourire était celui de l’enfance éternelle. Il était frappé par la grâce. On sentait qu’il n’avait rien perdu de sa spontanéité. Il restait neuf, malgré les ans.
Sa musique incarne la joie de vivre.
Il a réussi ce que souhaitait Charles Aznavour, soit laisser des chansons sans qu’on ne suffisait.
connaisse plus l’auteur.
Tout le monde connaît La Bicyclette par Yves Montand, et personne ou presque ne sait que la musique est de Francis Lai sur des paroles de Pierre Barouh.
Francis a marqué son temps avec la musique d’Un homme et une femme (1966) et Love Story, film de 1970 pour lequel il a décroché un Oscar à Hollywood.
Le bonheur pour Francis Lai dépendait du bonheur des siens.
Ses plaisirs: un bout de socca après un match du Gym. Un pan-bagnat sur le port de Nice. Un morceau de pissaladière cours Saleya. Une soirée à parler nissart avec Louis Nucéra. Les deux amis refaisaient le match, celui de 1960. Le fameux Nice-Real Madrid avec le coup du chapeau de Vic Nurenberg ! (1)
Francis Lai est dans le cœur des Niçois.
Francis Lai fuyait les mondanités.
Francis Lai était une vraie star. Pas un imposteur.
Il reste un modèle.
Sa vie fut belle car il ne gaspilla pas un seul jour.
Attentif au monde, à la nature, aux gens.
Un poète est mort.

(1) https://www.sofoot.com/le-jour-ou-l-ogc-nice-a-battu-le-real-madrid-411997.html

02.11.18

Permalien 15:57:35, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Jacques Brel. J’attends la nuit, de P.-R. Thomas. (Cherche-Midi)

Le plus grand interprète de la chanson français. Acteur pas diseur.

«L’amitié est intemporelle. L’amour, une dictature ». Paroles de Brel. Bel aphorisme mais l’amitié n’a pas le temps de devenir une dictature car on peut couper les ponts avec un imposteur qui se faisait passer pour un autre. Nouveau livre sur Brel ? Non, grand livre sur Jacques. Jeune étudiant en médecine, Paul-Robert Thomas, admirateur du chanteur a réussi à devenir son intime, ce qui n’est pas donné au premier venu. Le très beau témoignage nous propulse dans les nuits du poète qui ne se couchait que quelques heures quand il était K.O debout d’émotions, de vibrations, d’amour ou de colère. C’est fatiguant de vivre de la sorte mais des artistes de haut parage il n’y en pas tant que ça.
Pas de blablas inutiles dans le livre, rien que ce qui résiste au temps. L’essentiel de Brel est là. L’auteur nous rappelle que le show man vomissait avant le lever de rideau vu que le perfectionniste voulait toujours très bien faire. Il s’est brûlé sur les planches. Chaque soir il laissait beaucoup de sa peau. Economie sur rien, chaque concert était comme le dernier. Il boxait contre lui-même. Comportement usant, fatiguant. Il s’est ruiné la santé. Suicide à petits feux ? Non rage. Il se croyait increvable avec ses 60 cigarettes par jour !
Il a eu la bonne idée de quitter le show biz pour ne pas se répéter. Il avait tout dit et bien dit. Quand il a tout plaqué pour les Marquises, il faisait du bateau ; pilotait des avions. Cela voulait dire larguer les amarres, quitter la terre et surtout ses habitants qui sont les plus lourds, très lourds avec un esprit de plomb.
Chez les chanteurs, il aimait Claude Nougaro qu’il plaçait très haut.
Parmi toutes ses facettes, il y avait le mari et ses trois filles. Loin de sa femme - leur mère- qu’il n’a jamais abandonnée. C’est elle qui a vu tout de suite qu’il avait un grand talent. Quand il revenait à la maison familiale, c’était le repos du guerrier. Prénoms de leurs enfants : Chantal, tiré de chanson ; France, qui signifie la langue franche et Isabelle, la princesse dont on rêve. Le casanier dans sa tête était un aventurier, assoiffé de vie. Trop certain que tout finit dans le bouche d’ombre.

-Jacques Brel. J’attends la nuit. Paul-Robert Thomas. Cherche-Midi, 155 p., 17 €

18.10.18

Permalien 17:57:43, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La dernière interview de Charles Aznavour en Belgique

A regarder plutôt deux fois qu’une.
Un accent testamentaire dans sa foi dans les enfants, grand signe encourageant pour l’avenir.
Cela nous change des médiocres, en première ligne les politiques.

10.10.18

Permalien 07:52:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Led Zeppelin, la totale par Guesdon & Margotin (EPA)

Le duo Guesdon-Margottin nous avait déjà donné “La totale” des Beatles, Bob Dylan, Rolling Stones et Pink Floyd. Voici cette fois l’ensemble de l’œuvre de Led Zeppelin décortiqué dans le menu détail. Ce groupe est parfois traité en dessous la jambe, loin derrière les trois déjà cité et les Doors, Frank Zappa ou Genesis. En fait, Led Zeppelin est aussi important que les autres grands groupes leaders des années 1960-1970.
Il faut saluer sa formation:
Jimmy Page, le guitariste
Robert Plant, le chanteur
John Paul Jones, le bassiste
John Bonham, le batteur.
Des quatre, Jimmy Page est le plus connu. C’est l’un des meilleurs guitaristes du monde.
Le groupe n’a pas duré longtemps mais il a marqué son temps.
Ce magnifique album est aussi une bible sur les années peace and flowers.
Les photos restituent toute l’époque, de la tête au pied, cheveux, fringues, tout y est.
On s’arrête sur les gros plans pour dévisager les musiciens.
Les chansons sont passées à la moulinette y compris les influences.
Led Zeppelin reste pionnier du heavy metal.
Aux compositions s’ajoutait un beau jeu de scène.
Des riffs plein la tête et octaves haut perchés.
Celui qui veut voyager dans l’univers de Led Zeppelin ne peut pas se dispenser de ce livre majeur qui peut faire un sacré cadeau de Noël.

-Led Zeppelin, la totale. Les 94 chansons expliquées. Jean-Michel Guesdon & Philippe Margotin. EPA,608 p., 49,90 e

08.10.18

Hommage: "Mourir n'est pas de mise", David Hennebelle (Autrement)

Le 9 octobre 1978 est mort Jacques Brel.
Ses poumons, il ne les a pas ménagés. Il fumait trois paquets de cigarettes par jour, parfois plus.
Partir à 49 ans, c’est trop tôt.
Il a vécu bien plus par l’intensité de ses émotions.
Johnny Hallyday a dit: “Si Brel avait été rocker, je n’aurais pas existé…” C’est dire que Brel était le plus grand interprète de son temps. Et Brel a sans: “Sans Trenet, nous serions tous expert-comptable".
Il a laissé sa peau sur scène. Chaque fois, il donnait tout.
Que la salle soit petite, comme à ses débuts, ou pleine à craquer.
Souvent avant le lever de rideau, il vomissait. Ecorché vif, il a bien fait de ne pas s’éterniser sur les planches.
Il a ensuite fait l’acteur, puis tourné des films. Il a connu des échecs qui lui ont donné envie de foutre le camp.
Sur bateau et dans les airs.
Pour arriver aux îles Marquises. Gauguin avait fait pareil.
Le livre de David Hennebelle nous fait passer du temps avec celui qui avait un grand sens de l’amitié. Ah! les soirées spaghetti avec Lino Ventura et Georges Brassens ! Louis Nucéra me les a souvent racontées. Ventura disait que sa préparation était la meilleure puisque c’était celle de sa mère mais Brassens tenait le même discours. Ventura arrivait chez Georges avec tout son matériel pour faire le cuistot ! Brel, lui, se contentait de manger. Ventura ou Brassens étaient des champions de la sauce tomate.
Brel a connu l’un de ses plus grands chagrins à la mort de Georges Pasquier, un ingénieur tombé sous le charme du chanteur, aux Trois Baudets, au point d’abandonner son métier pour devenir chauffeur, secrétaire et régisseur. Une des plus grandes amitiés de leur temps. Brel et Pasquier étaient inséparables. Cela peut faire sourire. On a souvent critiqué le côté macho de Brel, sa misogynie. Erreur fatale. C’était un idéaliste, un puriste avec toutes ses divines contradictions. Il aimait les femmes, pas la femme. Il aimait les individus, pas le genre humain.
Combien de fois a-t-il dit: “J’ai mal aux autres".
Barclay aimait tellement Brel qui lui a signé un contrat à vie !
Brel a mis un mois pour enregistrer son ultime album. Il a dit à Barclay: “Interdit d’en graver plus de 300 000 exemplaires". Qui dit ça ? Personne à part lui.
A la fin de sa vie, les photographes qui le pourchassaient jusqu’à l’hôpital ont déshonoré la profession.
Il existe un documentaire belge où l’on voit Brel qui a accepté de répondre à des questions, juste à la sortie de scène. Un vrai boxeur. Il est en sueur. Demande une cigarette. Il est allé au bout de lui-même. Revient peu à peu sur terre.
Nous pouvons être fiers d’avoir été les contemporains de Brel, Brassens, Ferré, Aznavour, Trenet, Ferrat, Barbara, Nougaro, Gainsbourg…
La chanson n’est pas un art mineure.
Les grands chanteurs sont des poètes majeurs. Pierre Seghers l’avait bien compris.
Le football est le seule moyen d’expression qui nous donne toujours de très grands artistes.
A l’inverse de la chanson, du cinéma ou du théâtre.
Où sont les nouveaux Orson Welles, Jean Renoir, John Cassavetes, Michel Simon ou Antoine Vitez ?
Brel et Brassens sont morts trop jeunes. Juste un peu plus vieux que le météore Boris Vian.
Aznavour, lui, a vécu longtemps car il s’est ménagé, intelligemment. Il a su arrêter les néfastes excès.
Aznavour est mort à 94 ans mais comme l’a dit Philippe Soupault: “Quand on est jeune, c’est pour la vie”.
Brel ne voulait pas que ses filles le voient en scène: il se mettait trop chiffon !
Aznavour lui, est né sur scène. Ce n’est pas le même destin.
Deux trajectoires. Deux talents. Deux amis.
Un vainqueur: la littérature française.

-Mourir n’est pas de mise, David Hennebelle. Autrement, 151 p., 15 €

PS: dans la liste des chanteurs à retenir, j’ai oublié: Serge Lama, Véronique Sanson, Nino Ferrer et Alain Bashung. Des chanteurs qui ne me laissent pas indifférent: Philippe Clay, Julien Clerc, Michel Delpech, Michel Fugain, Michel Jonasz et Pierre Vassiliu. Compositeurs: Michel Legrand et Francis Lai.

<< Page Précédente :: Page suivante >>

Décembre 2018
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software