Catégorie: HENDRIXEMENT

22.12.14

Permalink 22:46:03, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Joe Cocker rejoint Jimi Hendrix et Richie Havens

Star Spangled Banner par Jimi Hendrix
With a Little Help from My Friends des Beatles par Joe Cocker
Freedom par Richie Havens

Ces trois temps forts de Woodstock ont bouleversé des millions de jeunes.
Là rien de commercial.
Que des gens qui crient ce qu’ils ont de plus sérieux en eux. Un besoin de fraternité, d’amour, de liberté, de vie.
Ce fut notre révolution. Ils étaient nos guides de la contre culture.
Ces trois artistes se sont déchirés pour nous.
Du jamais vu, du jamais entendu.
Une vibration, une révolte.
On les a perdus. Rien n’est plus triste que de voir s’éteindre des phares.
En 2014, vous ouvrez la radio et vous entendez se déverser la haine des petits esprits du PAF qui attisent la haine.
En 1969, on entendait Cocker, Hendrix, Havens.
Ils sont morts mais on ne laissera pas les salauds étouffer l’œuvre de nos guides spirituels car depuis que les écrivains ont été bannis des médias, seuls quelques chanteurs font office de phares. Je parle de la catégorie Brassens pas des rigolos qui nous comptent fleurette pour mieux nous berner. Je vous rappelle que le discours du prix Nobel de littérature Modiano n’a pas été diffusée à la télévision française, ce qui équivaut à la censure d’une démocratie totalitaire qui préfère diffuser pendant trois heures l’élection de Miss France.
Cocker nous a appris à rester debout. Alors restons debout.
Cocker était un interprète d’exception. De la trempe de Ray Charles.
Une gestuelle qui lui faisait dégouliner son âme sur tout le corps.
On l’aimait et on l’aimerait toujours.
On n’en dira pas autant des fumiers qui se servent des micros pour vomir leurs paroles purulentes.

[Post dédié à John Lennon et Bob Dylan]

16.12.14

Hommage à Madame Joséphine Baker (1916-1975), artiste et résistante

Joséphine Baker:
« Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. »

Ses décorations reçues au titre d’agent secret auprès de la France, Gaulliste des premières heures:

Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec palme
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre

Pendant qu’elle combattait pour la France, les “grands intellectuels” faisaient la fiesta dans le Paris de l’Occupation quand ils ne travaillaient pas à Radio Vichy, servant la France nazifiée.
Joséphine Baker a révolutionné la chanson et les revues, devenant la première artiste noire au monde, ouvrant la voix aux jazzmen, aux sportifs et à tous les gens de la population civile.
J’ai souvent discuté de cette période avec Philippe Soupault, immense poète à la lucidité implacable. Il en voulait aux blancs d’avoir “instrumentalisé les Noirs". Il estimait que les Blancs voulaient bien des Noirs mais uniquement sur scène ou dans les stades.
Pendant la guerre, Joséphine Baker met sa célébrité au service de la Résistance pour obtenir des renseignements très confidentiels parce que les Allemands ne se méfient d’une artiste de music-hall. L’Américaine devenue française fut une très grande combattante de la France Libre.
A la fin de la guerre, elle fonde un tour de Babel avec onze enfants d’horizons différents.
Pionnière, visionnaire, rebelle, patriote exceptionnelle, elle reste une des plus grandes humanistes du XXe.
Avec Colette, elle illumine encore la France pour ceux qui savent voir.

Deuil mondial

Depuis Georges Brassens, seul Alain Souchon a écrit un grand texte sur la folie des hommes.
L’actualité m’impose de le remettre en ligne.
Il n’y a qu’une religion: l’amitié entre les Hommes.

02.12.14

Jean Gabin et Joséphine Baker, les deux grands artistes furent des héros pendant la guerre

Josephine Baker fut une grande résistante. Elle a voulu défendre la France car le racisme régnait de partout aux Etats-Unis. Madame Baker savait tout faire dans le spectacle. Elle dansait avec une ceinture de bananes sans aucune connotation raciste. C’est l’une des femmes les plus importantes du XXe siècle.

Lundi 1er novembre 2014
France 3
L’ombre d’un doute
Les artistes sous l’Occupation
Présenté par : Franck Ferrand
Quand René Clément est venu voir Jean Gabin pour lui demander de jouer dans Paris brûle-t-il ?, Jean Gabin a répondu au metteur en scène:
-"La guerre, je l’ai faite… en vrai!”
C’est Mathias Moncorgé qui raconte cette scène dans le documentaire. Le fils rajoute: ” Il [René Clément] est reparti avec ça…”
Magnifique! Le fils de Jean Gabin a eu la sagesse d’œuvrer dans le monde du cheval pourtant il a un très grand charisme. Il crève l’écran comme son père, fort et plein de retenue, la signature de la famille.
L’émission passe en revue le comportement des artistes sous l’Occupation, à partir de juin 1940.
“Ah! ça c’est Paris!” On connait la phrase des Boches, disait-on. Ils n’ont donc pas interdit les spectacles, bien au contraire.
Certains artistes ont continué leur travail comme les boulangers faisaient du pain quand ils avaient de la farine.
A Londres, le grand Pierre Dac chantait: “Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est Allemand".
L’émission raconte ce que firent Gabrielle Chanel, Sacha Guitry, Arletty, Joséphine Baker, Edith Piaf ou encore Jean Gabin. Ils sont deux à s’engager pour participer à la libération du pays: Jean Gabin rejoint l’armée et Joséphine Baker travaille pour les services secrets de la France libre. D’autres font des choix différents…
Trenet a chanté mais il a fait du bien aux Français. Ma mère, 16 ans en 1939, aimait l’écouter.
Chevalier s’est dit instrumentalisé par les nazis. La bonne excuse.
Piaf entama une tournée outre-Rhin, tout en protégeant son amant juif dans le sud de la France.
Jean Gabin et Joséphine Baker représentent l’honneur des artistes pendant la guerre.
Cette émission démontre une nouvelle fois qu’on a pratiqué l’épuration à la tête du client. On a fermé les yeux sur certains agissements de certaines personnes et fait porter le chapeau à d’autres.
Arletty est immense: elle dit avoir peur des rats et non pas des hommes.
J. Baker après guerre a adopté plusieurs enfants d’origines différentes pour démontrer au monde que l’on devait vivre ensemble.

PS: le documentaire n’a pas parlé du bon comportement de Jean-Pierre Aumont, ni de Robert Lynen, fusillé par les nazis, le 1er avril 1944, à 23 ans. L’acteur qui joua Poil de Carotte entra très tôt dans la Résistance.

17.11.14

Permalink 08:23:49, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Journal et autres carnets inédits, de Georges Brassens. (Cherche Midi)

Le talent de Georges Brassens est immortel. Ses 33 tours sont plus vivants que le dernier CD des casses-oreilles.

Sur ces cahiers à petits carreaux , entre 1963 et 1981, Georges Brassens notait tout ce qui lui paraissait intéressant et non pas tout ce qui lui passait par la tête. Parfois, à plusieurs mois parfois années d’intervalle, il écrit la même phrase ou presque, ce qui est très bon signe: cela veut dire que ce vers - qui a la force d’un aphorisme- correspond à un sentiment qui est très fort en lui et donc qui mérite qu’il s’y penche de plus près.
Ces cahiers forment donc son journal, vaste brouillon de son œuvre, de sa vie.
On retrouve, la guerre, la mort - omniprésente, et donc la vie!- le temps qui passe et celui qui revient.
Nous sommes dans le voisinage de Cioran, Lichtenberg et Perros.
Ce vaste pense-bête est une mine pour les chercheurs et surtout pour les fins esprits qui aiment Brassens.
Brassens a le public le plus intelligent de France.
Il n’y a qu’un Brassens. Il est toujours bon de le retrouver. C’est notre ami indéfectible. Sa mort nous attriste chaque jour parce qu’il ne vit plus, mais pour nous, qui ne partagions pas son quotidien, Brassens n’est pas mort et ne mourra jamais, sauf le jour de notre propre mort, sale mort plutôt. Et plus tard, cela le mieux.
(On a pu revoir ces-jours l’émission hommage a l’unique G3 de la chanson, à savoir la rencontre au sommet Brel-Brassens-Ferré. La bonté des yeux de Brassens reste foudroyante. La malice aussi. Les deux autres n’en sont pas non plus dépourvus.)
Dans ce qui est désormais le Journal de Brassens, il y a des phrases, des flashs qui sont devenus des chansons.
Certains vers ont donné naissance à une succession de vers.
Il note ce qui l’obsède tel jour à telle heure. Cela pouvait lui resservir.
Les détracteurs de Brassens- ça existe ?- diront qu’ils s’agit de fond de tiroir. Les autres- en plus grand nombre- sont heureux de retrouver le créateur dans toute la splendeur de sa créativité. Une chose est certaine: les fonds de tiroir de Brassens valent mille fois la vitrine des prétentieux inaudibles.
Le cerveau de Georges Brassens carburait à l’émotion autant que son cœur.
Il s’est pressé le citron pour en tirer le meilleur élixir spirituel possible.
Jean-Paul Liégeois a bien recueilli les pépites qui dormaient dans les cahiers à petits carreaux. Il les présente avec encore un peu de terre dessus.
Dans le magma proposé est né un bouquet de chansons: Mourir pour des idées, Cupidon s’en fout, Le pluriel, Les deux oncles, entre autres merveilles auditives.
A consommer à petite dose pour faire durer le plaisir.
Georges Brassens était un troubadour, un chanteur, un parolier, un musicien mais surtout un grand écrivain.

-Journal et autres carnets inédits, de Georges Brassens. Edition établie par Jean-Paul Liégeois. Cherche Midi, 330 p., 18,50 €

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