Catégorie: HENDRIXEMENT

12.10.14

Permalink 00:40:50, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La playlist de Patrick Modiano: Cole Porter, Billie Holyday, Charles Trenet, Django Reinhardt...

Cette journée consacrée à Patrick Modiano est une réponse très importante à la rentrée littéraire française qui voit le triomphe de deux bouquins présentés par des représentants du PAF qui couchent dans les médias. Plus vous êtes vulgaire, plus vous plaisez au public fermé à la grandeur d’âme. Parmi les lecteurs de Modiano, il n’y a aucun amateur de coucherie présidentielle et encore moins de racistes et xénophobes. Suivez mon regard…

Samedi 11 octobre 2014, France Culture a eu la bonne idée de “bousculer” ses programmes pour fêter le Prix Nobel attribué à Patrick Modiano.
La station a beaucoup d’archives avec l’écrivain qui a raison de parler sur France Culture car ici il ne s’éloigne pas de la parole écrite.
Pendant toute la journée, les auditeurs ont pu se familiariser avec le travail de l’écrivain.
Là pas question d’entendre quelqu’un nous vendre sa salade ou nous dire :"Moi, moi, moi, moi…”
Modiano a bien expliqué tous ses tâtonnements.
Grande journée consacrée à la littérature et non pas à la suffisance d’un auteur qui fait mousser son dernier bouquin jetable avec le nom qu’il s’est déjà fait.
Modiano n’est pas arrogant ou cassant comme tant d’auteurs aussi inaudibles qu’ils sont illisibles.
Dès qu’il parle de son style, Modiano s’excuse et se fait discret: “Là c’est technique…”
En fait, il écrit comme Clint Eastwood joue, sans presque rien faire ou dire. L’important c’est le “presque".
Une petite remarque: il a parlé de “Fantastique social” que l’on voit dans les cafés et bars.
La journaliste en face de lui, a dit que l’expression était juste.
Il convient de rappeler qu’elle n’a rien de “modianesque". La journaliste en face de lui n’était plus que groupie.
Nous étions sur France Culture quand même ! Le minimum c’est d’avoir un peu de compétence sans parler de culture.
“Fantastique social” ? L’expression est de Pierre Mac Orlan.
Au cours de la journée nous avons pu écouter un choix de musique signé Modiano.
Je vous livre sa playlist, pour l’essentiel. Bien sûr, il s’agit d’une thématique bien particulière. (Il pourrait en faire d’autres) :
Billie Holiday, Lester Young, Cole Porter, Edith Piaf, Charles Trenet, Ray Ventura et son orchestre, Jean Sablon, Georges Ulmer et Django Reinhardt…
Aucun cadeau à l’air du temps. A part, Lester Young et G. Ulmer (qui a eu un restaurant à Nice, rue Csssini), ils sont tous chez moi.
Au sujet de la littérature contemporaine, il a expliqué que Perec était le premier grand écrivain de la nouvelle génération, zappant le nouveau roman, à mes yeux un repaire d’auteurs abscons.
Sur Pedigree, il a fait ce commentaire: “A part, mon frère, je voulais me débarrasser des corps étrangers". Puis, il s’excuse d’utiliser de tels mots pour désigner ses parents. Quand il parle, il lui arrive aussi de rayer des mots, les fameux remords. Est-ce le bon mot ? Faut-il adoucir ou forcer le trait ?
Tient-il un journal ? “Non", dit-il. il se dispense des petits arrangements avec la mémoire ? Le roman c’est mieux.
Que pense-t-il des écrivains qui ont témoigné sur les camps de concentration ? “Ont-ils tout dit ?”
Ecouter Modiano c’est entendre parler littérature sans aucune grandiloquence. Il en parle comme un chercheur d’or. Nul pédantisme.
J’espère voir à présent Peter Handke lui succéder. Le plus tôt sera le mieux.
Et ensuite Paul Auster. Des gens dignes. Des artistes, des artisans. Pas des vedettes.
Peter Handke ? Paul Auster ? Deux écrivains qui aiment la littérature française.
La finesse du français permet d’aller très loin dans le cerveau.

[Post dédié à Mireille, Emmanuel Berl et Robert Gallimard]

06.10.14

Permalink 07:52:14, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

L'ultime balade de "Jim" , par Harold Cobert (Plon)

De manière définitive, il faut parler d’un poète quand on évoque Jim Morrison.
Il a payé de sa vie son amour pour la poésie, tel le papillon attiré par la flamme il s’est brûlé les ailes juste avant de mourir. Il n’y a pas d’image plus juste pour décrire Morrison qui a su ce que ça faisait de crever de la sorte mais il n’a pas pu nous le raconter.
Alors pour combler le vide, Harold Cobert s’est glissé dans la peau du mythique chanteur des Doors pour nous faire partager ses derniers mois à Paris en 1971.
Il s’est inspiré des propres mots du poète qu’il a retrouvés dans ses lectures et notamment dans les livres de Jean-Yves Reuzeau.
Parler à la place de Morrison, Harold Cobert le fait très bien.
Au début du livre, Jim n’en peut plus qu’on le traite tout le temps en icône alors que bouffi par les excès en tous genres il ne ressemble plus au beau gosse d’antan.
Loin de la rock star filiforme et gainée de cuir noir, Jim, est un gros barbu aux cheveux longs et grisonnants, qui déambule comme une ombre dans les rues de Paris qu’il adore. Dégoûté par l’industrie du disque, le chanteur est désormais un poète dépressif. Il ne veut plus appartenir au show biz afin de vivre la vie d’un poète, sorte de résurgence de Verlaine, Rimbaud et Baudelaire.
Célèbre dans le monde entier, il n’est plus qu’un écrivain maudit.
Il ressasse son passé jusqu’à son ultime souffle rue de Beautreillis.
Un fait certain: Morrison était un véritable écrivain, authentique poète, amoureux du langage qu’il savait manier dans son style bien à lui. Cela sonne juste.
Il n’a rien à voir avec les chanteurs qui le copient au point d’en n’être qu’une immonde caricature.
Il n’y a qu’un Jim Morrison, et il faut classer ses textes dans les anthologies de la poésie du XXe siècle, et ne pas se contenter de CD.
La couverture du livre nous le montre dans la peau de celui qu’il ne voulait plus être.
Une photo de Morrison à la fin de sa vie aurait mieux convenu, ne serait-ce que pour être raccord avec ce qu’il voulait être.

Jim, par Harold Cobert. Plon, 217 p., 16,90e

03.10.14

Permalink 05:28:10, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La réédition de deux albums majeurs de Maître Jimi HENDRIX

Quand il est mort, Jimi H. a emporté nos vingt ans avec lui.

«La disparition de Jimi m’a bouleversé.
Il était si jeune et avait un tel avenir.»
(Miles Davis)

Les auditeurs passionnés de Jimi Hendrix peuvent réentendre deux albums du plus étonnant guitariste de l’Histoire (avec Django Reinhardt): The Cry of Love et Rainbow Bridge, premier et deuxième album posthume du natif de Seattle.
Plus de 40 ans après sa disparition, le son vrille toujours l’espace, le cœur et l’âme. Faut compter dans les 20 euros chaque album. Les grincheux diront que d’aucuns font aucun du profil sur le cadavre de l’icône. On ne peut plus hélas! aller voir et surtout entendre le maître en concert. On se contente de nouveaux… anciens albums (!), douce illusion qu’il est encore sur terre.
Des versions vinyles vont aussi être disponibles. Le remastering - mot atroce- de ces albums a été confié à Bernie Grundman (Purple Rain, Thriller) à partir des bandes masters originales. On peut ainsi en prendre plein les oreilles avec Hey Baby (New Rising Sun), Dolly Dagger, Belly Button Window et la version live d’Hear My Train A Comin, captée -beau mot!- au cours du légendaire concert de Berkeley, le 30 mai 1970. See you later, Jimi !

RAINBOW BRIDGE

1. Dolly Dagger
2. Earth Blues
3. Pali Gap
4. Room Full of Mirrors
5. Star Spangled Banner (version studio)
6. Look Over Yonder
7. Hear My Train A Comin’ (live)
8. Hey Baby (New Rising Sun)


THE CRY OF LOVE

1. Freedom
2. Drifting
3. Ezy Ryder
4. Night Bird Flying
5. My Friend
6. Straight Ahead
7. Astro Man
8. Angel
9. In From the Storm
10. Belly Button Window

22.09.14

Permalink 17:00:40, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

La rebelle Maria Callas en 69 CD remasterisés

Tout Maria Callas dans un coffret 69 CD entièrement remasterisés dans les mythiques studios d’Abbey Road, là où les Beatles ont travaillé pour la postérité.
Pendant un an et demi d’excellents ingénieurs du son ont travaillé sur la voix de la divine cantatrice qui a une vie si malheureuse. Pas par sa faute mais parce que ceux qui l’approchaient l’aimer pour son art et jamais pour elle.
Des imbéciles ont prétendu que la plus grande soprano de son temps avaient la voix trop grave ou trop aiguë.
Cela revient à critiquer Maradona ou Pessoa !
La voix de La Callas est claire comme de l’eau de roche. Elle faisait sortir l’âme de sa gorge.
Une femme oiseau, tantôt aigle qui fond sur sa proie tantôt pinson perdu dans la forêt sous la pluie.
Les ingénieurs ont eu accès aux bandes d’origine des 1949 à 69 des enregistrements studio et non pas aux anciens disques.
Autant dire que les nouveaux CD disponibles laissent entendre sa voix comme jamais nous ne l’avons entendue à part en prise directe.
On est suspendu au moindre frémissement. Et on perçoit les qualités de comédienne de la diva.
Maria Callas est l’une des plus grandes dames de l’Histoire du monde depuis sa création.
Le coffret est cher mais quand on aime on…
Dire que des abrutis l’ont sifflée à Paris parce qu’elle s’est cassée la voix sur scène !
Au lieu de la consoler, ils l’ont huée. De vrais sauvages.

Maria Callas remastered
The complete Studio Recording 1949-1969
69 CD et un livre de 132 pages
Warner Classics, 199 €

16.09.14

Permalink 08:53:21, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Popular problems: à 80 ans, Leonard Cohen publie son 13e album

Popular problèmes… Sacré beau titre. Simple, en plus. Tout est dit. Nous sommes logés à la même enseigne.
Avec Bob Dylan, Paul McCartney et Neil Young, Leonard Cohen reste un géant de la chanson moderne.
Son 13e album, Popular problems, est en vente pour ses 80 ans
Leonard Cohen a coécrit neuf chansons. 36 minutes en tout.
Comme toujours il se tient à la lisère du chant et de la récitation, ce qui fait tout son charme.
On ne sait pas s’il effectuera une tournée pour présenter Popular problems.
À 80 ans, Leonard Cohen se situe toujours dans la palette de blues, gospel, country, folk et jazz.
Son timbre éraillé nous vrille l’âme.
Il nous parle à l’oreille, nous chuchote sa mélancolie sans aucune bassesse.
Grande maîtrise des mots et de la musique, à l’inverse de ses imitateurs inaudibles. Sans parler des chanteurs qui ne sont que des machines à cash.
Leonard Cohen, lui, nous enveloppe de son amitié auditive.

[Post dédié à Saga]

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