Catégorie: GRANDE DAME

16.01.17

Delacroix (Folio), Chamfort (Tempus) et Eberhardt (Perrin)

-Delacroix, Frédéric Martinez (Folio, 320 p., 9,20 €)
“Ce qu’il y a de plus réel pour moi, ce sont les illusions que je crée avec ma peinture. Le reste est un sable mouvant”. Delacroix (1798-1863) a passé sa vie à travailler. On peut visiter son atelier Place de Furstenberg, à Paris, l’une des plus belles de Paris car elle a une dimension humaine. Delacroix, beaucoup l’ont eu dans leur poche, sous la forme d’un billet de 100 F, sans rien savoir de lui. Il disait qu’un peintre devait être en mesure de dessiner quelqu’un qui tombe d’un balcon, de le figer le temps de la descente, de le croquer exactement comme il était. Ce n’est pas donné à tout le monde. Il disait cela pour défier sa dextérité. C’est l’un des grands romantiques, un Hugo version peinture. Il a peint l’Orient, ce qui n’était pas pour déplaire à Baudelaire qui a vu un frère dans le peintre haut en couleurs, à tout point de vue.

-Chamfort, Claude Arnaud (Tempus, 475 p., 10 €)
Le parcours d’un indépendant toujours prêt à faire valoir son point de vue. Cette réédition nous permet de retrouver un prince des aphorismes qui pesait chaque mot dont il percevait la force ou la faiblesse. Cette remontée du fleuve Chamfort est mieux qu’un roman. L’écorché vif des Lumières n’était pas un intermittent du talent. A la suite de la biographie de premier choix, on a droit à 70 maximes, anecdotes et dialogues inédits ou jaamais réédités.

-Isabelle Eberhardt, Un destin dans l’Islam, Tiffany Tavernier (Perrin, 380 p., 20, 90 €)
Quel destin! Isabelle Eberhardt, née en Suisse en 1877 d’une aristocrate russe et d’un père inconnu, fut une aventurienne attirée par l’exotime. Ce météore de la vie culturelle n’a vécu que 27 ans et l’on s’en souvient encore. Très intelligence, assoiffée de connaissances, la jeune fille parlait… huit langues ! Lors de sa découverte de l’Algérie elle s’habilla en cavalier arabe pour se perdre dans le désert. Elle se convertit à l’islam…

26.12.16

Permalien 08:54:29, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Baudelaire amoureux, Jannick Alimi (Editions Rabelais)

“L’amour est un crime où l’on ne peut pas se passer de complice” ce mot de Charles Baudelaire souvent oublié dit tout sur le poète. Jannick Alimi ne s’y réfère pas mais son livre sur l’amour chez Baudelaire va dans le même sens. Cette nouvelle collection d’un éditeur qui fait son nid dans l’édition est très bien présentée, avec des illustrations éclairantes sur beau papier. Cette fois il s’agit de l’auteur des Fleurs du mal, l’un des maîtres de la littérature mondiale et non pas française. Bien sûr sa gloire fut posthume comme souvent pour les géants de leur spécialité qui savaient très bien qu’ils valaient mieux que les sans intérêts qui tenaient le haut du pavé de leur époque. Pour plaire à la masse, il faut être le plus vulgaire possible, à 95 % c’est une juste vision des choses.

Quatre femmes dominent la vie de Baudelaire:

1/ Sa mère. Il lui demandait souvent de l’argent et elle lui en donnait. Quand elle se remaria, après la mort du père de Charles Baudelaire, le fils prit en grippe son beau-père qu’il haïssait. Le poète au niveau des sentiments avec sa mère se comportait plus en mari qu’en fiston.

2/ Jeanne Duval. Il l’a connue quand elle avait 20 ans. La métis alcoolique est une fille de joie que l’on devrait appeler fille de tristesse. A l’époque de leur rencontre, Baudelaire venait de toucher l’héritage de son père avant de nouveau être vite sans argent. Jeanne Duval erre de taudis en taudis. La relation entre Jeanne et Charles dure 15 ans. Elle le trompe à tour de bras- hors ses clients- et lui tente de se suicider. Elle fait une attaque et sa santé se délabre. Son amant – parmi d’autres- ne la laisse pas tomber. Les historiens des lettres n’arrivent pas à savoir si elle est morte avant le poète, à partir du moment où ils se perdent de vue.

3/ Marie Daubrun. Quand elle rencontre Baudelaire, en 1847, la jeune femme a 26 ans. La blonde prend pour amant Théodore de Banville, un ami de Baudelaire. Elle est comédienne mais dans des spectacles de seconde zone. La liaison Daubrun-Baudelaire court sur 10 ans.

4/ Apollonie Sabatier. Lors de la rencontre avec Baudelaire, en 1853, elle a 30 ans. La très belle femme reste 4 ans liée au poète. Ils vivent un amour platonique très intense. Cela m’a toujours amusé que platonique finisse par “nique”. Comme disait mon professeur de français (en 1ere, il aimait le football !): Jeanne Duval c’était Eros, et Mme Sabatier, Thanatos) Pour ne pas les confondre, j’avais ce procédé mnémotechnique: Duval comme le Pastis!

Le livre de Jannick Alimi synthétise très bien la vie amoureuse de Baudelaire dont Marcel Proust disait qu’il était en fait inverti, soit gay comme l’on dit à présent. Un fait certain: Les Fleurs du mal est un chef d’oeuvre absolu. Le poème sur la charogne m’a marqué dès sa découverte. La lucidité de Baudelaire était son encre.

-Baudelaire amoureux, Jannick Alimi (Editions Rabelais, 140 p., 14,80 €)

14.12.16

EVENEMENT: Vincent Van Gogh. Le brouillard d’Arles, carnet retrouvé. Bogomila Welsh-Ovcharov (Seuil)

La peinture c’est l’école du regard. Apollinaire a dit qu’elle “organisait le chaos".
Dès que j’ai eu le livre entre les mains j’ai tout de suite vu qu’il ressemblait à son éditeur. Je veux dire par là que l’exigeant Bernard Comment a tout fait pour que cet album soit le plus proche possible de Vincent Van Gogh et c’est réussi. La présence de la toile sur la couverture rappelle celle sur le châssis des tableaux et surtout c’est simple et beau comme un Van Gogh. J’ai aussi vite compris que le visage sur la couverture était un autoportrait de Van Gogh. Au premier regard, je n’ai pas trouvé de ressemblance avec les autres autoportraits de l’artiste. Ici, il n’est pas torturé, pas sévère, pas triste, pas angoissé, pas angoissant. L’œil gauche est plus petit que le droit. Il était apparemment dans «un jour avec»… Cet autoportrait est de 1888, date de naissance de ma grand-mère paternelle. Ce n’est pas si loin. Cet autoportrait m’a fait dire : « Et si c’était un faux ? C’est possible car cet autoportrait m’a procuré un feeling que je n’ai jamais ressenti face à un autoportrait de Van Gogh». J’utilise beaucoup le mot autoportrait exprès pour souligner l’aspect obsédant de cette pratique. En revanche, le portrait de Gauguin ici présent ressemble aux autres que l’on connait déjà. Les portraits de Joseph-Michel Ginoux, eux, font penser à Louis-Ferdinand Céline.
J’ai pensé à cela alors que je venais d’entendre à la radio que le musée Van Gogh à Amsterdam conteste l’authenticité des 65 dessins retrouvés. Jalousie ? C’est évident puisque les responsables du musée se prononcent sans avoir vu le fameux livre de comptes. Voilà une désinvolture qui renvoie à de l’incompétence. Au lieu de se dire : «Chic ! Allons voir de près cette découverte ». Pour faire un faux, il faudrait tomber sur du vieux papier, de la vieille encre, laisser vieillir l’ensemble, etc… Le musée Van Gogh à Amsterdam accorde l’Imprimatur sur les vrais ou faux Van Gogh mais qui nous dit qu’un faux n’est pas sur leurs cimaises ? Eux sont des spécialistes mais moi j’ai la sensation non pas d’avoir connu Van Gogh mais de le connaître encore aujourd’hui. L’Art rapproche. Encore faut-il en connaître l’algèbre féérique.
Des spécialistes de Modigliani ont visité une exposition sans remarquer la présence d’une toile de leur peintre fétiche, époque “sans long cou". Le comportement du propriétaire des dessins de Van Gogh retrouvés augmente le mystère puisqu’il conserve l’anonymat au niveau du grand public. Cela renvoie au film d’Orson Welles qui nous dit à un moment : «Si vous prenez un vrai dessin que vous en faites une copie et que vous détruisez le vrai… le faux devient vrai ». Nous n’en sommes pas là mais pas très loin quand une dame conviée au lancement de l’album a dit: «Vrai ou faux ces dessins font l’objet d’un livre qui me donne du plaisir… » Bernard Comment est fils de peintre. C’est un homme de goût, de culture. Il aurait détecté la supercherie rien qu’en voyant le carnet de comptes, la patine, les griffes du temps, tout cela il l’a vu. Bernard Comment a été mis en présence avec cette découverte capitale le jour de la date d’anniversaire de son défunt père. Ce clin d’œil de l’au-delà ne peut pas s’inventer.
L’album, en fin de volume, analyse chaque dessin avec beaucoup d’attention. Tous les dessins sont très bien présentés, page par page, nous sommes en compagnie de l’excellente historienne de l’art, Bogomila Welsh-Ovcharov, qui nous sert de guide particulier. Il y a beaucoup de paysages, d’arbres avec le fameux coup de main qui donne vie aux traits qui ressemblent à des flammes. L’ensemble est japonisant. Le plus frappant dans ces dessins est bien sûr la dextérité du peintre, le virtuose ne fait pas dans le remords. C’est clair, limpide, tout est divinement architecturé.
Et dire que d’aucuns osent encore dire qu’il était «fou». C’était le contraire d’un fou. Ou alors fou car il n’entra jamais dans la combine du commun des mortels qui consiste à mettre en premier la tête de votre prochain sous le robinet. J’ai lu les lettres de Van Gogh et comme tous les grands peintres, il savait aussi très bien écrire. Dans une lettre, il raconte son combat pour trouver le jaune qu’il recherche. Quel combat ! Quelle bataille ! Fou ? Pour la bonne raison qu’il cherchait à dominer la nature pour bien la reproduire. Il entendait des voix parce que personne ne lui disait : « Vincent je t’aime …» Cela m’a toujours frappé comment est-ce possible que personne n’ait pu voir la qualité humaine du peintre quand on voit ce qu’il peignait. Je préfère la vie vue par Van Gogh que la vie par elle-même. J’exagère à peine, bien souvent oui. Il portait le prénom d’un frère mort avant lui. Il avait toujours l’impression de remplacer quelqu’un, d’être moins bien que l’original, et que sa famille aurait préféré le Vincent mort, et que s’il venait à mourir, tout le monde serait content.
Son humilité était si grande qu’il ne signait quasi jamais ses toiles, hormis parfois d’un modeste Vincent. Le contraire du commerçant Picasso dont le nom a fini sur une carrosserie, sans son accord –puisqu’il était mort : ses héritiers ont hérité de sa fibre commerciale, à défaut de son génie créatif. Quand la vie insupportait trop Van Gogh, celle des autres en fait, leur indifférence intolérable, on l’internait. Un destin comparable à Camille Claudel. Le 27 juillet 1890, il se tire une balle dans la poitrine, ratant le cœur. Après deux jours d’agonie, il meurt le 29 juillet au moment de la venue de son frère Théo, son double, la face non destructrice. Les rapports entre les deux frères n’étaient pas des plus simples. Parfois, Théo ne faisait pas tout pour vendre les tableaux de son frère qui avait le rôle du maudit.
Bernard Comment a tenu aussi à reproduire les 26 pages de comptes du carnet du Café de la gare d’Arles, dont les fac-similés nous (re) plongent dans l’ambiance de l’époque. Qu’il est doux de lire : « Remise des livres à Mr le Curé il n’a pu tout prendre il reviens demain ». La faute d’orthographe et l’absence de ponctuation remonte au 13 juin 1890. Ce brouillard des comptes est allègrement désuet. On se prend pour Champollion dès lors que l’on s’amuse à décrypter ce texte qui est désormais un document historique. Chaque dessin retrouvé est mis en perspective avec des travaux similaires et divers documents dont cartes postales et photographies. Voilà des preuves que nous ne sommes pas obligés de rechercher. Les dessins préfigurent d’habitude les toiles à venir. Dans le brouillard d’Arles, il s’agit d’esquisses. Van Gogh dessine ce qu’il a peint pour s’en souvenir.
J’ai fait subir à cet album, le test de Van Gogh, le suicidé de la société. M’est venu l’idée de me plonger dans le texte d’Antonin Artaud en guise de pierre de touche. Le Brouillard d’Arles c’est bien du Van Gogh. Prenons le tableau des corbeaux : « Qui a déjà vu comme dans cette toile la terre équivaloir la mer ». Il faut voir les toiles, les dessins de Van Gogh comme les voyait Artaud. Van Gogh n’était donc vraiment pas fou. Il aurait pu inventer l’art abstrait avec son imaginaire mais non, il est resté figuratif: le plus intéressant dans la vie c’est de se confronter au réel pour voir si l’on sait le voir, le dominer pour le restituer dans une transcendance.
Bernard Comment nous confie qu’il a eu besoin de reprendre ses esprits le jour où il vit pour la première fois le carnet de dessins de Van Gogh. Un choc pour ceux qui aiment la culture, l’art et les artistes. Ce n’est pas tous les jours qu’on déniche 65 inédits de Van Gogh ! Bernard Comment a mis son talent d’écrivain en veilleuse pour se consacrer 100 % à son travail d’éditeur. A son actif, il a dèjà trois grands temps forts de l’édition : des ouvrages jamais vus, jamais lus de et sur Marilyn Monroe, Lou Reed et Vincent van Gogh. Du lourd, du très lourd. Du lourd, en fait très léger. De la grâce face à la pesanteur ambiante. Tant que l’édition présente de tels livres nous sommes encore vivants et bien vivants. Et intelligents. Et sensibles. Et humains. Le brouillard d’Arles coûte 69 €. A défaut d’avoir «un» van Gogh, autant en avoir soixante-cinq. Pas besoin de prendre le train pour Arles. Voyageons sur place.

-Vincent van Gogh. Le brouillard d’Arles, carnet retrouvé. Bogomila Welsh-Ovcharov. Avant-propos de Ronald Pickvance, Seuil, 280 p., 69 €

15.11.16

Hommage à la résistante Joséphine Baker, par Marie-Florence Ehret (La Différence)

Ce livre tombe bien. Grâce à Marie-Florence Ehret, ceux qui l’ignorent vont apprendre que la mythique meneuse de revue fut une héroïne de la Résistance. Avec quelques photographies en guise de fenêtres ici ou là, le livre rend hommage au parcours de l’une des plus grandes femmes du XXe siècle. Une dame exceptionnelle a vécu parmi nous et beaucoup ne le savent pas. La petite fille d’esclaves a eu une enfance si pénible qu’on a peine à la raconter: né avec un père aux abonnés absents, elle marche dans les rues pieds nus au point de se blesser avec un clou… Elle a risqué l’amputation ! Après cette enfance des plus difficiles, elle devient femme de ménage ou serveuse. Joséphine Baker ne tient pas en place: toujours en train de gesticuler, de danser, l’art de la pirouette aussi.
Son destin est écrit d’avance: c’est une danseuse. Pour les cabarets blancs elle est trop noire, et pour les cabarets blancs elle n’est qu’une “négresse". Son talent est si évident qu’un manager l’engage à New York. Qui dit talent dit jalousie: les autres girls la surnomment la “guenon". Que sont devenues ses copines d’enfance ? Filles de … tristesse ou déjà mortes. Elle est obligée de passer par l’entrée de service mais, solide mentalement, elle n’a qu’un but: gagner de l’argent pour aider sa mère.
Finalement, elle quitte les Etats-Unis pour fuir le racisme et vient à Paris à la demande de Caroline Dudley qui épousera l’écrivain Joseph Delteil. Ainsi débuta l’aventure de la Revue nègre. Picasso allait au Musée de l’Homme pour interroger sans cesse les statues africaines qu’il copia sous toutes leurs formes. Les artistes de l’art primitif- comme ils disaient- ne signaient pas leurs œuvres. Picasso, lui, signera toutes les siennes. D’ailleurs ne voit-on pas dans la rue des voitures Picasso qui n’ont rien d’un Picasso: ils n’ont même pas eu l’idée de mettre trois phares devant, histoire de faire un rappel au peintre qui n’a jamais su que son nom finirait sur une carrosserie. Fermons la parenthèse.
Victime du racisme aux Etats-Unis, Joséphine Baker devient une immense vedette en France, une vraie star. Elle a une présence phénoménale. Dès qu’elle entre sur scène, on ne voit qu’elle. Corps sublime, voix sublime. Elle sait tout faire. Elle a en plus plein d’humour. Sa ceinture de bananes devient aussi célèbre que les Champs-Elysées. Bananes ? Le symbole phallique est évident. Elle les fait valser ! Rien ne l’arrête.
“J’ai deux amours, mon pays et Paris…", chante-t-elle. Les auteurs se battent pour qu’elles les chantent.
Bon, je vais pas raconter toute sa vie… Reportez-vous au livre que je chronique vous ne le lâcherez pas. Impression d’être avec Joséphine Baker, elle-même.
Sachez qu’elle fut une très grande résistante car les Allemands ne se méfiaient pas d’une danseuse nue. Elle a été très importante dans le contre espionnage. Elle entra dans l’armée française, à la plus grande admiration du général de Gaulle. Avec Jean Gabin et Marlène Dietrich, Joséphine Baker est l’honneur des gens du spectacle, presque tous des planqués pendant la guerre. Il est vrai que le courage ne s’achète pas en pharmacie.
Après guerre, elle a inventé une tour de Babel: adopter des enfants d’origine différente pour abolir le racisme.
Parfois des technocrates cherchent des femmes à honorer.
Ne connaissent-ils pas Madame Joséphine Baker ?
Sa place est au Panthéon.

-Joséphine Baker. Des trottoirs de Saint Louis aux marches du Panthéon, par Marie-Florence Ehret. Editions de la différence, 155 p., 13,50 €

11.11.16

Permalien 17:30:19, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS, GRANDE DAME  

Mascarade: face à Trump, ses détracteurs retournent leur veste

C’est toujours pareil !
Ceux qui crachaient sur Donald Trump retournent tous leur veste.
On a vu le “premier des Français", comme l’on dit, dire:
“J’ai confiance dans les Américains", la veille des élections pour signifier votez Hilary Clinton…
Ensuite, après la victoire de Trump, il a dit: on entre dans une période “d’incertitude…”
Et quelques heures après le verdict du scrutin: “Allo Donald, c’est moi François de France…". A l’autre bout du fil: “François who ?”
Obama a eu raison de dire, le lendemain des élections: “Le soleil s’est levé, comme d’habitude…”
On a bien vu que l’establishment mondial voulait Clinton et non pas Trump.
Maintenant la Real politique impose d’être légaliste et de reconnaître Trump qui doit bien se marrer devant le carnaval de lâchetés.
Le pouvoir c’est comme l’argent, il n’a pas d’odeur.
Les Etats-Unis ce n’est pas la France.
Aux Etats-Unis on livre bataille électorale, on se jette des sacs poubelles à la figure et ensuite on fait la trêve pour le bien du pays.
C’est comme un combat de boxe. A la fin, on s’embrasse.
En politique, la fin justifie les moyens. Pour être élu, il faut plaire à ses ennemis sinon vous ne pouvez pas passer. Alors, ils disent n’importe quoi, c’est la foire aux coups bas. Ensuite, on fera le tri.
Suite au comptage des suffrages, Obama a dit: “Je reçois tout de suite Trump” parce que Bush junior m’avait fait trop attendre.
En Amérique du Nord, on se transmet les dossiers lors de l’alternance.
En France, on les brûle quand son successeur arrive pour lui scier la branche.
Les politiciens américains, de métier ou pas, aiment plus la France que leurs homologues français.
Il est terrifiant de voir les gens - de gauche, de droite et d’ailleurs- retourner leur veste (on peut mettre au pluriel, aussi) devant les vainqueurs.
Inutile de vous dire que les plus nombreux n’ont pas raison. Ni ceux qui crient le plus fort.
Trump n’est pas Hitler comme Poutine n’est pas Staline.
Trump c’est plutôt un Berlusconi américain.
La branchouille française en le traitant de Grock échappé du cirque a encore prouvé son incapacité à capter le pouls d’un pays.
Après Obama voir Trump à la Maison Blanche cela provoque un choc, comme écouter Plastic Bertrand après Miles Davis.
Je suis lecteur de Montaigne à l’ère de Nabila.
Qui vivra, verra.

PS: “Complément d’enquête” du 10 novembre 2016, sur France 2, a diffusé un somptueux reportage “Bienvenue à Trumpland", de Babel Press, proposé par le site d’informations Spicee et signé Sophie Przychodny et Manon Heurtel. Ce travail mérite le prix du meilleur documentaire 2016. On rit, on a peur. Sophie Przychodny est tout simplement grandiose. Elle est si sympathique avec les intervenants qu’ils sont tous aimables avec elle mais en plein reportage elle balance des tacles glissés en français qui sont hilarants. La cruauté absolue avec le plus beau des sourires. Du jamais vu ! Voilà le journalisme que j’aime. Débrouillez-vous pour voir ce document historique. C’est entre Depardon et Gustave Doré voire Honoré Daumier plus exactement, entre aussi Cartier-Bresson et Diane Arbus. Sophie Przychodny est plus efficace que tous les commentateurs politiques. Elle ne juge jamais, et avec Manon Heurtel, se contente de montrer. Cela a une force inouïe. Oui, on rit avec souvent notre sang qui se glace d’effroi.

Voir le site le synopsis sur Babel Press:
http://blogs.spicee.com/welcome-to-trump-land-road-trip-spicee/

Voir le replay de l’émission:
http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/video-bienvenue-a-trumpland_1914809.html

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