Catégorie: GRANDE DAME

24.01.17

Permalien 11:39:59, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Albums illustrés: Prévert/ Badel, Coutard/ Abbasian, Potter/ Blake (Gallimard), Lambé/ Pierpont (Actes Sud) et Sylvia Plath (La Table Ronde)

Document exceptionnel: Prévert évoque Robert Desnos, leur jeunesse commune. Internet dans ce cas-là c’est vraiment grandiose.

-Embrasse-moi, Jacques Prévert, illustrations Ronan Badel (Gallimard, 50 p., 14,90 €)
Merveilleux album. On ne peut pas rester insensible devant les 20 poèmes de Jacques Prévert mis en image par Ronan Badel qui a bien saisi la poésie du grand maître Jacques. Prévert voyait bien et même très bien le visible et l’invisible. En plus, il avait la grâce d’écriture qui laisse livre cours à la divine trouvaille. Enfant éternel prisonnier dans un corps d’adulte, il trouvait les portes de sortie au besoin les issues de secours. Prévert c’est un mélange de Sempé et de Peynet. C’est le meilleur ami que je n’ai pas connu.

-Un arbre pour ami, Victor Coutard. Illustrations de Pooya Abbasian (Gallimard, 64 p., 18 €)
Bel hommage aux arbres trop souvent méprisés en France et adulés en Inde. Voici la vie d’un arbre par le prisme d’un enfant qui croise ses différents habitants, ver de terre, abeille, grenouille. Une histoire de l’humanité.

-The tale of Kitty in Boots, écrit par Beatrix Potter, illustré par Quentin Blake. Traduction de Jean-François Ménard. (Gallimard, 80 p., 16,90 €)
Cette histoire qui remonte à un siècle n’a jamais été vue en librairie par son auteur. Beatrix Potter (1866-1943) se consolait de la présence austère des adultes en dessinant sans cesse les animaux et les fleurs. Un beau jour, elle inventa Peter Rabbit, son cher lapin qui séduit un éditeur dès 1901. Sous-jacent dans toute son œuvre, l’écologie fut son combat par le biais du dessin. Elle fut un actif défenseur du patrimoine culturel de son pays, dont les châteaux.

-Paysage après la bataille, Eric Lambé et Philippe de Pierpont (Actes Sud, 432 p., 29 €)
Une suite de dessins d’une grande sobriété. On est comme au temps du cinéma muet. Les dessins sont d’Eric Lambé et le scénario de Philippe de Pierpont, comme on dirait «décors de Roger Art», les plus anciens voient ce que je veux dire. Au début du livre, on croit voir une femme de dos regarder une bataille, mais en fait elle contemple un tableau, une fresque. Elle sort, va sur un banc. Elle vit dans un mobil home. Un bucheron rôde dans l’album. Une ambiance becktienne, un univers très Edward Hopper. De l’onirisme angoissant. Une science de l’espace et du cadrage.

-Dessins, Sylvia Plath, textes traduits de l’anglais par Valérie Rouzeau (La Table Ronde, 88 p., 22 €)
La fille de l’écrivain - et surtout pas de l’écrivaine- Frida Hughes, présente les dessins de sa mère. A la plume, Sylvia Plath (1932-1963) témoignage de ce qu’elle voit : des natures mortes. Un pneu, comme une couronne mortuaire dans un paysage d’objets du quotidien. Ici, un simple chardon. Elle n’a pas tenu plus de trente ans dans ce monde. Quand elle avait sept ans, c’était le début de la guerre. A treize ans, la fin. On imagine ce qu’elle a dû penser. Etre Américaine ne l’a pas aidé à vivre. Neurasthénique, dépressive, bipolaire (nom de plus à la mode aujourd’hui), trop lucide, pas assez réaliste ? Elle s’est suicidée, non sans avoir connu l’amour et avoir mis au monde deux enfants. Une belle femme, une belle âme, un bel être humain. Trop sensible ? C’est les autres qui ne le sont pas assez.

16.01.17

Permalien 17:41:15, Catégories: GRANDE DAME, LA REVUE DE STRESS  

Le nouvel attaquant de Lyon, le club trois fois vainqueur de la C1: Alex Morgan

Vu le titre, on se prend à rêver.
Si un Lyonnais revenait sur terre et tombait sur mon blog, il se dirait: quoi mes Gones ont gagné trois Champions League depuis que je suis mort !
Et Alex Morgan ? Ce doit être le nouveau Alfredo Di Stefano, ma parole !
Tempérez votre enthousiasme: je parle de football féminin.
Eh ! oui, les filles de Lyon ont remporté 3 C1. A rendre jaloux Fekir et Lacazette.
Quant à Alex Morgan, c’est une belle fille qui sait manier le ballon.
Elle aurait sa place dans une équipe de garçons. Bien plus adroite que beaucoup de joueurs, bien mieux démarquée que beaucoup de footballeurs.
Le président de Lyon l’a faite venir pour six mois, étonnante courte durée. Wait and see.
L’Américaine est au centre de compagnes de pub tous azimuts.
Elle a fait la Une de L’Equipe Magazine comme si elle était l’équivalent de Cruyff ou Zidane.
Dans la presse, on ne parle que de ses sponsors.
C’est l’ère twitter. L’important c’est qu’on la voit, qu’on en parle.
Quand j’ai entendu la première fois son nom, j’ai cru qu’il s’agissait de Clara Morgane. Au rythme où l’on va, le Football X, c’est pour bientôt. Et je ne parle pas de sextape.
Avec ou sans Alex Morgan, le football féminin me laisse totalement indifférent.
Je déteste qu’on me force à aimer quelque chose ou quelqu’un.
Le football féminin c’est comme le masculin mais en moins bien.
Le football est un sport de contacts, de duels. Ce n’est pas que de la technique.
Comment dit-on: “Marcher sur une femme” ? Jamais je ne marcherai sur une femme.

Delacroix (Folio), Chamfort (Tempus) et Eberhardt (Perrin)

-Delacroix, Frédéric Martinez (Folio, 320 p., 9,20 €)
“Ce qu’il y a de plus réel pour moi, ce sont les illusions que je crée avec ma peinture. Le reste est un sable mouvant”. Delacroix (1798-1863) a passé sa vie à travailler. On peut visiter son atelier Place de Furstenberg, à Paris, l’une des plus belles de Paris car elle a une dimension humaine. Delacroix, beaucoup l’ont eu dans leur poche, sous la forme d’un billet de 100 F, sans rien savoir de lui. Il disait qu’un peintre devait être en mesure de dessiner quelqu’un qui tombe d’un balcon, de le figer le temps de la descente, de le croquer exactement comme il était. Ce n’est pas donné à tout le monde. Il disait cela pour défier sa dextérité. C’est l’un des grands romantiques, un Hugo version peinture. Il a peint l’Orient, ce qui n’était pas pour déplaire à Baudelaire qui a vu un frère dans le peintre haut en couleurs, à tout point de vue.

-Chamfort, Claude Arnaud (Tempus, 475 p., 10 €)
Le parcours d’un indépendant toujours prêt à faire valoir son point de vue. Cette réédition nous permet de retrouver un prince des aphorismes qui pesait chaque mot dont il percevait la force ou la faiblesse. Cette remontée du fleuve Chamfort est mieux qu’un roman. L’écorché vif des Lumières n’était pas un intermittent du talent. A la suite de la biographie de premier choix, on a droit à 70 maximes, anecdotes et dialogues inédits ou jaamais réédités.

-Isabelle Eberhardt, Un destin dans l’Islam, Tiffany Tavernier (Perrin, 380 p., 20, 90 €)
Quel destin! Isabelle Eberhardt, née en Suisse en 1877 d’une aristocrate russe et d’un père inconnu, fut une aventurienne attirée par l’exotime. Ce météore de la vie culturelle n’a vécu que 27 ans et l’on s’en souvient encore. Très intelligence, assoiffée de connaissances, la jeune fille parlait… huit langues ! Lors de sa découverte de l’Algérie elle s’habilla en cavalier arabe pour se perdre dans le désert. Elle se convertit à l’islam…

26.12.16

Permalien 08:54:29, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Baudelaire amoureux, Jannick Alimi (Editions Rabelais)

“L’amour est un crime où l’on ne peut pas se passer de complice” ce mot de Charles Baudelaire souvent oublié dit tout sur le poète. Jannick Alimi ne s’y réfère pas mais son livre sur l’amour chez Baudelaire va dans le même sens. Cette nouvelle collection d’un éditeur qui fait son nid dans l’édition est très bien présentée, avec des illustrations éclairantes sur beau papier. Cette fois il s’agit de l’auteur des Fleurs du mal, l’un des maîtres de la littérature mondiale et non pas française. Bien sûr sa gloire fut posthume comme souvent pour les géants de leur spécialité qui savaient très bien qu’ils valaient mieux que les sans intérêts qui tenaient le haut du pavé de leur époque. Pour plaire à la masse, il faut être le plus vulgaire possible, à 95 % c’est une juste vision des choses.

Quatre femmes dominent la vie de Baudelaire:

1/ Sa mère. Il lui demandait souvent de l’argent et elle lui en donnait. Quand elle se remaria, après la mort du père de Charles Baudelaire, le fils prit en grippe son beau-père qu’il haïssait. Le poète au niveau des sentiments avec sa mère se comportait plus en mari qu’en fiston.

2/ Jeanne Duval. Il l’a connue quand elle avait 20 ans. La métis alcoolique est une fille de joie que l’on devrait appeler fille de tristesse. A l’époque de leur rencontre, Baudelaire venait de toucher l’héritage de son père avant de nouveau être vite sans argent. Jeanne Duval erre de taudis en taudis. La relation entre Jeanne et Charles dure 15 ans. Elle le trompe à tour de bras- hors ses clients- et lui tente de se suicider. Elle fait une attaque et sa santé se délabre. Son amant – parmi d’autres- ne la laisse pas tomber. Les historiens des lettres n’arrivent pas à savoir si elle est morte avant le poète, à partir du moment où ils se perdent de vue.

3/ Marie Daubrun. Quand elle rencontre Baudelaire, en 1847, la jeune femme a 26 ans. La blonde prend pour amant Théodore de Banville, un ami de Baudelaire. Elle est comédienne mais dans des spectacles de seconde zone. La liaison Daubrun-Baudelaire court sur 10 ans.

4/ Apollonie Sabatier. Lors de la rencontre avec Baudelaire, en 1853, elle a 30 ans. La très belle femme reste 4 ans liée au poète. Ils vivent un amour platonique très intense. Cela m’a toujours amusé que platonique finisse par “nique”. Comme disait mon professeur de français (en 1ere, il aimait le football !): Jeanne Duval c’était Eros, et Mme Sabatier, Thanatos) Pour ne pas les confondre, j’avais ce procédé mnémotechnique: Duval comme le Pastis!

Le livre de Jannick Alimi synthétise très bien la vie amoureuse de Baudelaire dont Marcel Proust disait qu’il était en fait inverti, soit gay comme l’on dit à présent. Un fait certain: Les Fleurs du mal est un chef d’oeuvre absolu. Le poème sur la charogne m’a marqué dès sa découverte. La lucidité de Baudelaire était son encre.

-Baudelaire amoureux, Jannick Alimi (Editions Rabelais, 140 p., 14,80 €)

14.12.16

EVENEMENT: Vincent Van Gogh. Le brouillard d’Arles, carnet retrouvé. Bogomila Welsh-Ovcharov (Seuil)

La peinture c’est l’école du regard. Apollinaire a dit qu’elle “organisait le chaos".
Dès que j’ai eu le livre entre les mains j’ai tout de suite vu qu’il ressemblait à son éditeur. Je veux dire par là que l’exigeant Bernard Comment a tout fait pour que cet album soit le plus proche possible de Vincent Van Gogh et c’est réussi. La présence de la toile sur la couverture rappelle celle sur le châssis des tableaux et surtout c’est simple et beau comme un Van Gogh. J’ai aussi vite compris que le visage sur la couverture était un autoportrait de Van Gogh. Au premier regard, je n’ai pas trouvé de ressemblance avec les autres autoportraits de l’artiste. Ici, il n’est pas torturé, pas sévère, pas triste, pas angoissé, pas angoissant. L’œil gauche est plus petit que le droit. Il était apparemment dans «un jour avec»… Cet autoportrait est de 1888, date de naissance de ma grand-mère paternelle. Ce n’est pas si loin. Cet autoportrait m’a fait dire : « Et si c’était un faux ? C’est possible car cet autoportrait m’a procuré un feeling que je n’ai jamais ressenti face à un autoportrait de Van Gogh». J’utilise beaucoup le mot autoportrait exprès pour souligner l’aspect obsédant de cette pratique. En revanche, le portrait de Gauguin ici présent ressemble aux autres que l’on connait déjà. Les portraits de Joseph-Michel Ginoux, eux, font penser à Louis-Ferdinand Céline.
J’ai pensé à cela alors que je venais d’entendre à la radio que le musée Van Gogh à Amsterdam conteste l’authenticité des 65 dessins retrouvés. Jalousie ? C’est évident puisque les responsables du musée se prononcent sans avoir vu le fameux livre de comptes. Voilà une désinvolture qui renvoie à de l’incompétence. Au lieu de se dire : «Chic ! Allons voir de près cette découverte ». Pour faire un faux, il faudrait tomber sur du vieux papier, de la vieille encre, laisser vieillir l’ensemble, etc… Le musée Van Gogh à Amsterdam accorde l’Imprimatur sur les vrais ou faux Van Gogh mais qui nous dit qu’un faux n’est pas sur leurs cimaises ? Eux sont des spécialistes mais moi j’ai la sensation non pas d’avoir connu Van Gogh mais de le connaître encore aujourd’hui. L’Art rapproche. Encore faut-il en connaître l’algèbre féérique.
Des spécialistes de Modigliani ont visité une exposition sans remarquer la présence d’une toile de leur peintre fétiche, époque “sans long cou". Le comportement du propriétaire des dessins de Van Gogh retrouvés augmente le mystère puisqu’il conserve l’anonymat au niveau du grand public. Cela renvoie au film d’Orson Welles qui nous dit à un moment : «Si vous prenez un vrai dessin que vous en faites une copie et que vous détruisez le vrai… le faux devient vrai ». Nous n’en sommes pas là mais pas très loin quand une dame conviée au lancement de l’album a dit: «Vrai ou faux ces dessins font l’objet d’un livre qui me donne du plaisir… » Bernard Comment est fils de peintre. C’est un homme de goût, de culture. Il aurait détecté la supercherie rien qu’en voyant le carnet de comptes, la patine, les griffes du temps, tout cela il l’a vu. Bernard Comment a été mis en présence avec cette découverte capitale le jour de la date d’anniversaire de son défunt père. Ce clin d’œil de l’au-delà ne peut pas s’inventer.
L’album, en fin de volume, analyse chaque dessin avec beaucoup d’attention. Tous les dessins sont très bien présentés, page par page, nous sommes en compagnie de l’excellente historienne de l’art, Bogomila Welsh-Ovcharov, qui nous sert de guide particulier. Il y a beaucoup de paysages, d’arbres avec le fameux coup de main qui donne vie aux traits qui ressemblent à des flammes. L’ensemble est japonisant. Le plus frappant dans ces dessins est bien sûr la dextérité du peintre, le virtuose ne fait pas dans le remords. C’est clair, limpide, tout est divinement architecturé.
Et dire que d’aucuns osent encore dire qu’il était «fou». C’était le contraire d’un fou. Ou alors fou car il n’entra jamais dans la combine du commun des mortels qui consiste à mettre en premier la tête de votre prochain sous le robinet. J’ai lu les lettres de Van Gogh et comme tous les grands peintres, il savait aussi très bien écrire. Dans une lettre, il raconte son combat pour trouver le jaune qu’il recherche. Quel combat ! Quelle bataille ! Fou ? Pour la bonne raison qu’il cherchait à dominer la nature pour bien la reproduire. Il entendait des voix parce que personne ne lui disait : « Vincent je t’aime …» Cela m’a toujours frappé comment est-ce possible que personne n’ait pu voir la qualité humaine du peintre quand on voit ce qu’il peignait. Je préfère la vie vue par Van Gogh que la vie par elle-même. J’exagère à peine, bien souvent oui. Il portait le prénom d’un frère mort avant lui. Il avait toujours l’impression de remplacer quelqu’un, d’être moins bien que l’original, et que sa famille aurait préféré le Vincent mort, et que s’il venait à mourir, tout le monde serait content.
Son humilité était si grande qu’il ne signait quasi jamais ses toiles, hormis parfois d’un modeste Vincent. Le contraire du commerçant Picasso dont le nom a fini sur une carrosserie, sans son accord –puisqu’il était mort : ses héritiers ont hérité de sa fibre commerciale, à défaut de son génie créatif. Quand la vie insupportait trop Van Gogh, celle des autres en fait, leur indifférence intolérable, on l’internait. Un destin comparable à Camille Claudel. Le 27 juillet 1890, il se tire une balle dans la poitrine, ratant le cœur. Après deux jours d’agonie, il meurt le 29 juillet au moment de la venue de son frère Théo, son double, la face non destructrice. Les rapports entre les deux frères n’étaient pas des plus simples. Parfois, Théo ne faisait pas tout pour vendre les tableaux de son frère qui avait le rôle du maudit.
Bernard Comment a tenu aussi à reproduire les 26 pages de comptes du carnet du Café de la gare d’Arles, dont les fac-similés nous (re) plongent dans l’ambiance de l’époque. Qu’il est doux de lire : « Remise des livres à Mr le Curé il n’a pu tout prendre il reviens demain ». La faute d’orthographe et l’absence de ponctuation remonte au 13 juin 1890. Ce brouillard des comptes est allègrement désuet. On se prend pour Champollion dès lors que l’on s’amuse à décrypter ce texte qui est désormais un document historique. Chaque dessin retrouvé est mis en perspective avec des travaux similaires et divers documents dont cartes postales et photographies. Voilà des preuves que nous ne sommes pas obligés de rechercher. Les dessins préfigurent d’habitude les toiles à venir. Dans le brouillard d’Arles, il s’agit d’esquisses. Van Gogh dessine ce qu’il a peint pour s’en souvenir.
J’ai fait subir à cet album, le test de Van Gogh, le suicidé de la société. M’est venu l’idée de me plonger dans le texte d’Antonin Artaud en guise de pierre de touche. Le Brouillard d’Arles c’est bien du Van Gogh. Prenons le tableau des corbeaux : « Qui a déjà vu comme dans cette toile la terre équivaloir la mer ». Il faut voir les toiles, les dessins de Van Gogh comme les voyait Artaud. Van Gogh n’était donc vraiment pas fou. Il aurait pu inventer l’art abstrait avec son imaginaire mais non, il est resté figuratif: le plus intéressant dans la vie c’est de se confronter au réel pour voir si l’on sait le voir, le dominer pour le restituer dans une transcendance.
Bernard Comment nous confie qu’il a eu besoin de reprendre ses esprits le jour où il vit pour la première fois le carnet de dessins de Van Gogh. Un choc pour ceux qui aiment la culture, l’art et les artistes. Ce n’est pas tous les jours qu’on déniche 65 inédits de Van Gogh ! Bernard Comment a mis son talent d’écrivain en veilleuse pour se consacrer 100 % à son travail d’éditeur. A son actif, il a dèjà trois grands temps forts de l’édition : des ouvrages jamais vus, jamais lus de et sur Marilyn Monroe, Lou Reed et Vincent van Gogh. Du lourd, du très lourd. Du lourd, en fait très léger. De la grâce face à la pesanteur ambiante. Tant que l’édition présente de tels livres nous sommes encore vivants et bien vivants. Et intelligents. Et sensibles. Et humains. Le brouillard d’Arles coûte 69 €. A défaut d’avoir «un» van Gogh, autant en avoir soixante-cinq. Pas besoin de prendre le train pour Arles. Voyageons sur place.

-Vincent van Gogh. Le brouillard d’Arles, carnet retrouvé. Bogomila Welsh-Ovcharov. Avant-propos de Ronald Pickvance, Seuil, 280 p., 69 €

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