Catégorie: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

18.02.17

Jacques Brel a disparu mais il n'est pas mort

Ci-dessus entretien Jacques Brel avec Henri Lemaire à Knokke en 1971
Réalisation par Marc Lobet

A voir sur France 3: Jacques Brel, fou de vivre. Documentaire de Philippe Kohly:

http://pluzz.francetv.fr/videos/jacques_brel_fou_de_vivre_,153337761.html

Dans cette émission, il y a des extraits de l’interview ci-dessus.
Le documentaire ne rappelle pas le mot de Brel: “Sans Trenet, nous serions tous des expert-comptables.” Ni que Brel enfant mis l’empreinte d’une patte de son chat à la case “signature des parents". A part ça, tout y est. Notamment: “Quand on n’a (plus) rien à dire, il faut se taire". Il a arrêté la scène aussi parce qu’il ne voulait pas réécrire en moins bien tout ce qu’il avait déjà dit. Brel n’était pas un produit qui épousait les modes pour durer comme tant de promoteurs de spectacles. Le public est parfois dupe et se laisse piéger par des moins que rien qui ne sont que de pitoyables faiseurs dont je débusque le mensonge professionnel au fond de leurs pitoyables rétines.
Le documentaire est bien sûr à regarder sans hésitation.
On y voit l’un des maîtres de la chanson avec Brassens, Trenet, Ferré, Ferrat, Aznavour et Barbara.
Brel est mort jeune mais il a vécu une vie si intense que cela revient à avoir été centenaire.
Il a laisse une grande partie de sa vie sur scène.
C’est le plus grand interprète de la chanson française du XXe siècle.
Il vivait intensément ce qu’il disait, de la tête aux pieds. Les mots, les émotions, sa rage, sa violence, sa douceur, tout traversait son cœur, son cerveau.
Il a mis ses tripes sur scène pendant quinze ans.
Avant, il était dans une concentration optimale. Un tract qui le faisait vomir.
Il entrait en scène en courant.
Il donnait tout sans aucun rappel. Il ne revenait jamais. Miles Davis agissait de la même façon.
J’ai entendu Coluche dire: “Dans un théâtre, la personne la plus importante et celui qui ouvre et ferme le rideau". Cela voulait dire qu’il fallait battre le rappel pour chauffer la salle.
Brel ne mangeait pas de ce pain-là.
Après ses textes, il ne prenait la parole que pour donner le nom de ses musiciens. (Il n’est revenu devant le public après le rideau tiré que le soir de sa dernière à l’Olympia pour dire: “Ce fut quinze ans d’amour".)
Après avoir mis la vie et la mort sur les planches, il ne pouvait pas aller dormir.
Il allait manger avec ses amis.
La trilogie: tabac, alcool, fille. Il fumait 4 paquets de cigarettes par jour. 80 clous de cercueil comme disait Humprey Bogart.
En Belgique, il y avait sa femme et leurs trois enfants, trois filles. Sa femme acceptait son mari comme il était pour ne pas qu’il lui dise à cinquante ans: “J’ai raté ma vie". Il vaut mieux être mariée à Brel qu’on ne voit jamais qu’à un imbécile qu’on voit tous les jours. Brel polygame, non ? Brel, poète. Il n’y a rien d’autre à dire. On n’enferme pas un oiseau, à moins d’être un sadique.
Sa fille France, avec laquelle il avait un rapport très fort a dit (je cite de mémoire): “Je n’ai pas eu de père. Mon père appartient à tout le monde". C’est vrai. Ainsi quand on voit Brel sur l’écran ou qu’on l’écoute, l’entende, on se dit: “On n’est pas seul, on n’est plus seul". Il y a Brel. Seuls les grands humanistes sont perceptibles.
Je me souviens que ma mère m’a dit quand j’avais 15 ans: “Jacques Brel a interdit à ses filles qu’elles viennent le voir sur scène". Oui, il ne voulait pas que ses filles le voit se mettre aussi “minable", aussi “chiffon". Brel ne trichait pas: quand il disait “je t’aime” ça se voyait, et quand il disait “tu pars ?” ça ce voyait aussi.
Jacques Brel a écrit, a chanté, a joué, a réalisé, a navigué, a piloté des avions.
Jacques Brel fut un vrai vivant.
Jacques Brel n’est pas mort.
Il était encombré par son corps en bonne santé, disait-il.
Ce corps n’est plus là. Son esprit, oui.
Pour qu’il meure il faut que je meure. Je suis un cimetière ambulant.

05.02.17

"La politique devrait être une vocation et non pas un métier." Au plus grand mépris du peuple, la France est un gâteau que se partage la caste de la démocratie totalitaire

Le grand Jean Gabin avec les mots de Michel Audiard. Voilà deux grands hommes. Je vous rappelle que Jean Gabin fut un grand résistant et qu’il libéra Paris et donc la France. Ce n’était pas un politicien qui se remplit les poches en temps de paix avec l’argent des contribuables. Jean Gabin demeure un exemple. C’est un véritable héros. Voilà pourquoi il est si parfait dans Le Président.

Est-ce que l’on vivra assez pour voir une Révolution, celle qui rendra le peuple souverain ?
Le peuple va-t-il encore longtemps se faire confisquer le pays par une poignée de profiteurs, tous partis politiques confondus ?
Pour un Pierre Mendès France combien de voyous ?
Emmanuel Berl m’a dit ce mot que lui a confié Edouard Herriot: “Il faut choisir: la politique ou l’argent ?” Lui avait choisi la politique.
La nouvelle affaire salit une nouvelle fois la France.
Une de plus ! Droite, gauche, même combat.
On nous promet l’extrême droite. Cela serait encore pire !
En fait, les élus ne servent pas la France mais se servent d’elle.
Ecoutons encore une fois Gabin-Audiard-Simenon-Verneuil.
Tout est dit. On était en 1961. C’est toujours d’actualité, hélas !

25.12.16

Le cinéma italien, appassionato(Georges Ayache), Arletty, B.B., le CNC...

Un grand coup de nostalgie nous étreint quand on prend dans les mains le livre de Georges Ayache sur le cinéma italien qui s’est liquéfié. A part Nanni Moretti, plus rien. Oui, excepté Moretti, sorte de Woddy Allen transalpin, le cinéma ne nous a plus rien donné depuis la domination de la télévision de Silvio Berlusconi alors qu’en France, Francis Bouygues a produit Kusturica, Almodovar, Lynch et Wenders, le haut du panier. Notre jeunesse a été bercée par les films de Fellini, Visconti, Pasolini, Antonioni, De Sica, Scola, Risi, Bertolucci, Rosselini, Zurlini… La liste est longue, il y en a d’autres et pas des moindres. On avait rendez-vous avec Toto, Mastroianni, Gassmann, Sordi, Anna Magnani, Sophia Loren, Monica Vitti… Le livre de Georges Ayache nous fait remonter tous les souvenirs : les images ressurgissent, celles des films, le visage familier des acteurs et cinéastes, et aussi les souvenirs de notre propre vie liés à toute cette fantasmagorie cinématographique. Tous ces artistes ont donné beaucoup de chefs-d’œuvre et à coup sûr le meilleur d’eux-mêmes. Ils ne cédaient pas à la facilité ou à l’intellectualisme borné. Toute cette imagination débordante est née d’une Italie qui renaissait sur les cendres du fascisme. Les protagonistes du cinéma italien qui tenait le haut de l’affiche européen étaient d’authentiques artistes. La télé ne produit que des produits de consommation. Où sont les Visconti et Pasolini de la télé ? Il n’y en a pas.
Dans leur Dictionnaire de la pensée du cinéma, Antoine Baecque et Philippe Chevallier recensent un large panorama du cinéma mondial avec des entrées sur les principaux temps forts mais si l’on tombe sur une séquence Assayas on n’a pas un chapitre distinct sur Tati, Eastwood ou Leone. D’autres sont simplement cités, tel Coppola. Pas d’importance particulière accordée aux géniaux Audiard, Kurosawa, Cassavetes mais beaucoup de lignes pour Cournot, Dort et Daney. Rien sur Chalais qui à la télé a pourtant bien aidé le cinéma. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Chalais était un hussard de la pellicule. Il n’avait pas bonne presse. Artaud et Desnos sont heureusement bien là mais pas Soupault. De Funès mais pas Toto. Citizen Kane plus présent que son créateur Orson Welles. Comme si ceux qui regardent sont plus importants que celui qui fait. Pour ma part, j’aime autant les Cahiers du Cinéma que Cinémonde ou Ciné-Revue. L’art aboli les frontières. Il n’y a pas d’un côté les intellos et de l’autre le populo.
La couverture de Chronique d’un monde d’images, de Bénédicte Jourgeaud et Bertrand Richard, nous restitue une Jeanne Moreau éclatante de naturel. Voilà une actrice qui n’avait pas le sexe sur le visage sans avoir la froideur d’une héroïne d’Alfred Hitchcock. Cet ouvrage sur le CNC, nous relate 70 ans de service de la création de manière très claire. C’est grâce au système de redistribution que le cinéma français n’est pas mort comme son frère italien. Le cinéma est né en France depuis 1895 : les frères Lumière, Georges Méliès, Charles Pathé, Léon Gaumont… A partir de 1950, il a fait partie de la civilisation des loisirs. Après-guerre, il est devenu une industrie, selon le mot de Malraux. En 1946, la création du Centre National de la Cinématographie commence à réguler le bon fonctionnement du cinéma avec un système de subventions. En 1970, la télé fait ombrage au cinéma qui doit s’acclimateur et réfléchir. En ce début de XXIe siècle, le 7e Art français est le troisième du monde, derrière les films américains et indiens. L’Inde s’adresse essentiellement à l’Inde avec peu de films destinés à l’étranger.
L’hommage à B.B. par Marie Céhéré est une bonne introduction pour ceux qui ne la connaissent que par ce que la presse en rapporte. B.B. est bien plus qu’une icône. Elle a été plus importante que Beauvoir ou Giroud. B.B. c’est celle qui a dit merde à la gloire et au système. Beaucoup de jeunes aux dents longues devraient réfléchir sur son refus du vedettariat après y avoir goûté. B.B. fut aussi célèbre que De Gaulle et Tintin. Sa mère demandait que sa fille la vouvoie. Cela en dit long sur le besoin de se libérer. On accuse B.B. d’être mauvaise mère comme on accusa Rousseau d’être un mauvais père. Au lieu de parler pour ne rien dire, il vaut mieux savoir ce qui s’est vraiment passé. Le livre de Marie Céhére y concourt même si elle cite trop souvent l’ami Yves Bigot comme on s’appuie sur des béquilles. B.B. n’a jamais voulu devenir fille, femme, mère et grand-mère. Tout ce qui est écrit d’avance l’embête considérablement. B.B. s’est délivrée des chaines sociales. C’est une femme de tempérament. Marylin Monroe n’a pas su résister à la pression de la notoriété. B.B. oui. Elle est toujours là. Elle incarne la France. Elle fut l’une des plus belles femmes du monde. Une beauté sauvage. Libre. Pas domptable par un homme. Un symbole de liberté absolue. Ses rivales, ses imitatrices peuvent aller se rhabiller. Des millions de femmes ont montré leur cul mais il n’y a qu’une Bardot qui a la parole libre à l’inverse des politiques qui bredouillent un catéchisme inaudible. A part Deneuve et Dorléac, personne ne lui arrive à la cheville.

-Le cinéma italien, appassionato, Georges Ayache (Editions du Rocher, 310 p., 20 €)
-Arletty, «Si mon cœur est français». David Alliot (Tallandier, 256 p., 18,90 €)
-Brigitte Bardot, l’art de déplaire, Marie Céhére (Pierre Guillaume de Roux, 170 p., 18 €)
-Dictionnaire de la pensée du cinéma, Antoine Baecque et Philippe Chevallier (PUF, 812 p., 39 €)
-Chronique d’un monde d’images. Le CNC, 70 ans de service de la création, Bénédicte Jourgeaud et Bertrand Richard (Cherche Midi, 128 p., 26 €)

13.12.16

Toute la verve de Michel Audiard, de A à Z par Stéphane Germain (Hugo Image)

On ne peut pas se priver de cet album si l’on aime l’esprit français qui va de Rabelais à Prévert, de Guitry à Dac, de Yanne à Devos. Ces artistes-là sont tous merveilleux. Prévert et Audiard sont des écrivains de premier plan. Ils nous touchent en plein cœur, ils visent toujours juste. C’est fin, spirituel, intelligent, sensible plein d’humour. On ne s’en lasse pas.
Jean-Luc Godard a dit à un concierge d’un grand hôtel cannois : «Vous me reconnaissez mais vous n’avez vu aucun de mes films alors que vous ne connaissez pas Georges Lautner mais vous avez vu tous ses films… » Tout est dit. Pierrot le fou c’est très bien mais Les Tontons flingueurs aussi. Le scénario de Pierrot le fou, est mieux que celui des Tontons flingueurs mais les dialogues d’Audiard sont historiques car d’un côté on se prend trop au sérieux tandis que de l’autre on s’amuse intelligemment. Au caviar je préfére un bon pâté sur une tranche de pain de campagne et quelques cornichons. L’album sur Audiard de Stéphane Germain est une mine d’affiches, de photos, de répliques qui font mouche. Tous les films qui portent la signature Michel Audiard y sont présents, sous tous les aspects de son talent : dialoguiste, scénariste, réalisateur et même acteur, avec en plus les projets non réalisés. Voilà un cadeau idéal pour Noël, et aussi pour le Nouvel an, Pâques et le reste.

-Michel Audiard, Stéphane Germain. Hugo Image, 295 p., 24,95 €

Et aussi en complément de lecture vous pouvez vous procurez la remarquable revue Schnock n°21, hiver 2017, consacrée pour l’essentiel à Michel Audiard. Presque 100 pages sur notre dialoguiste préféré avec Jacques Prévert (175 p., 14,50 €).

03.11.16

François Morel chanteur: un clown blanc qui fait l'Auguste

François Morel
avec les musiciens Antoine Sahler, piano, claviers, trompette; Lisa Cat-Berro ou Tullia Morand, Sophie Alour, saxophones, trombone, flûte, claviers; Muriel Gastebois, batterie, vibraphone, percussions et Amos Mah, violoncelle, contrebasse, guitares. Mise en scène, Juliette.
La vie (titre provisoire)
Jusqu’au 6 novembre 2016
Théâtre du Rond-Point

Qui a vu les Deschiens sur C+ n’a jamais oublié François Morel et ses partenaires.
Qui a vu Lapin-Chasseur l’a encore moins oublié.
Quand on voit François Morel sur scène entouré de ses amis - tous de remarquables musiciens- on retrouve alors un ami.
Tous les comédiens, les artistes que l’on aime sont tous nos amis.
Aussi bien Morel que Al Pacino ou Francis Blanche.
C’est la magie de l’Art.
D’emblée, Morel imite Yves Montand mais ses partenaires l’interrompent car on vient voir un chanteur pas un imitateur.
Ce clin d’œil aux grands anciens nous fera aussi entrevoir Brassens et Aznavour. Trenet également.
Evacuons les influences.
Deux dominent: Boris Vian. Comme Vian, Morel déteste chanter pour ne rien dire. Toutes ses chansons sont intelligentes.
Ensuite, citons Serge Reggiani.
Le spectacle actuel que nous propose Morel est tonique, convivial, émouvant, une parfaite réussite dans le genre chaleureux qui n’est pas du tout à la mode.
Si Morel décidait de chanter seul, rien que des chansons dites graves, il serait ni plus ni moins le nouveau Serge Reggiani, tant il sait porter haut le verbe autant par le coeur que par les cordes vocales.
Il a des fins de phrases qui sont des uppercuts à l’âme.
Brel, Ferré faisaient dans le minimalisme. Ce qui équivaut au gros plan.
Il n’y a rien de ringard à chanter devant un rideau baissé. C’est le plus difficile. Faire tout voir, avec aucun artifice. Ce n’est pas un hasard si Piaf s’y risquait, sûr de son talent. Aznavour a appris sa gestuelle en observant celle de la Môme.
Au Rond-Point, on voit un Morel dans la globalité de sa personnalité.
Un être humain ultra sensible qui ne peut s’enlever la mort de la tête.
Au lieu de s’en plaindre, il choisit de chanter la vie.
Quand on sait que l’on va mourir, on vit mieux.
Quand on sait que nos proches vont mourir, on les voit mieux, on les aime plus.
Rien n’est morbide, sordide, chez Morel mais il rit pour ne pas pleurer. Le mot de Voltaire à propos de Molière. Le maux aussi.
Sous le masque de l’Auguste, le clown blanc est prêt à bondir. A vrai dire, il est plus Auguste que clown blanc, question de survie. Quand il fait le clown blanc, l’Auguste se repointe aussitôt.
On pourrait dire aussi que l’on voit un Alceste guidé par Philinte. Voir tout noir ne mène à rien. Il faut savoir apprécier les grandes caresses de l’existence: celles de l’amour, celles de la nature, celles de l’amitié, celles de la beauté des jours qui passent et ne reviennent plus.
La nostalgie n’est qu’un présent qui ne s’efface pas.
Morel sait nous faire vibrer avec les bons côtés de la vie.
Morel aime plus les maternités plus que les cimetières.
Ce n’est pas un clown qui gifle son enfant turbulent, à la fin du spectacle.
A propos, d’enfant il chante une chanson qui vrille le cœur quand il ne trouve pas les mots pour évoquer la perte encore plus inhumaine que les autres.
Il chante aussi Jésus pour dire qu’il n’y a pas de quoi être fier.
Morel chante l’amour, le quotidien, l’absurdité qui nous dépasse.
Morel chante la vie. Titre provisoire, comme il dit.
Morel est le bourgeon d’un arbre qui fait a fait fleurir Bourvil, Caussimon, Dimey, Lemarque, Mouloudji, Vassiliu, Lapointe.
Chez les grands auteurs-interprètes, il n’y a pas d’anecdotes car tout est ressenti. Pour émouvoir, il faut avoir été ému.
Morel sait aussi frapper là où il faut. Il a la dent dure quand c’est nécessaire. Ecole Jérôme Deschamps. Famille Tati. Famille d’esprit. De regard. D’observation.

Théâtre du Rond-Point
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris
01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr

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