Catégorie: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE

31.07.17

Permalien 15:56:17, Catégories: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE, GRANDE DAME  

Adieu Madame Jeanne Moreau (1928-2017)

La Prom’ c’est Jean Vigo et Jeanne Moreau. Ils ont illuminé la Baie des Anges qui est devenue depuis la Baie du Requin, hélas !

Depuis quelques temps, on ne la voyait plus et c’est toujours mauvais signe.
Elle appartient à notre mémoire collective.
Luis Buñuel, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles ou encore François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné et Bertrand Blier, entre autres l’ont dirigée.
Avec elle nous quitte un continent cinématographique.
Avant le cinéma, il y a eu le théâtre.
Jeanne Moreau a tout connu et c’est un monument national qui vient de nous quitter.
Elle a été appréciée par Paul Léautaud, la dent dure par excellence.
Elle a joué pour Jean Vilar.
Elle a joué du Peter Handke, dans une mise en scène de Claude Régy.
Elle incarnait l’intelligence. Pour les médias, Bardot n’était qu’un corps.
On était soit pour Moreau, soit pour Bardot, comme pour Anquetil ou Poulidor, Stones ou Beatles, Prost ou Senna.
Louis Malle les a réunis dans un magnifique navet. Il ne pouvait pas faire à tous les coups Ascenseur pour l’échafaud.
C’était d’abord, un visage. L’insolence de la jeunesse quand Jean Gabin la gifla.
Elle savait jouer les garces comme personne, avec une morgue attractive.
Jeanne Moreau c’était aussi une voix. Grave puis très grave cassée par le tabac.
Des yeux, un regard, une bouche, une certaine idée de la femme égale de l’homme en tous points de vue sans tenir compte de la bimbeloterie Beauvoirdienne.
Un très beau rire, aussi.
Elle a été le visage de la France.
Elle chantait aussi divinement du Rezvani: J’ai la mémoire qui flanche…
François Truffaut s’est évité le chagrin de la voir partir.
Inoubliable dans La Baie de Anges, de Jacques Demy.
Inoubliable dans Jules et Jim, dans La mariée était en noir, de Truffaut.
Inoubliable dans Ascenseur pour l’échafaud.
Filmée par Buñuel…
La liste est trop longue.
Elle était née pour être actrice et ne jouait pas à la comédienne comme tant de vedettes inventées par des “directeurs castings".
Pas un produit marketing mais un être vivant.
Elle était à la fois Deneuve et Darrieux.
Aujourd’hui, Pierre Cardin est triste. Nous aussi.
Demain Libération, le journal fera sa une sur elle. Epoque Jules et Jim, ma main au feu.
Je la vois comme un Maurice Ronet femme quand Bardot, c’est Delon au féminin.
Elle était la France, une certaine idée de la classe. Unique façon de tenir la cigarette au bord d’une piste de danse à moitié vide, vers 5 h du matin avant d’aller marcher sur la Promenade des Anglais, pieds nus, les chaussures à talon dans la main. Avant d’aller dormir toute seule, comme aujourd’hui.
Dans mon panthéon d’images elle est en compagnie de François Rosay, Marguerite Moreno, Maria Casarès, Madeleine Robinson, Arletty, Simone Signoret, Anna Magnani, Bette Davis, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Ingrid Bergman, Katherine Hepburn, Shelley Winters, Vanessa Redgrave, Glenda Jackson, Annie Girardot, Suzanne Flon, Giulietta Masina Françoise Dorléac, Juliet Berto, Catherine Deneuve, Gena Rowlands, Sophia Loren… Toutes si loin des porte-manteaux du 7e Art.
Adieu, Ma Dame.

PS: j’ai à peine écrit qu’on apprend la mort de Sam Sheppard, écrivain et comédien.

[Post dédié à nos doyennes du 7e Art, Mesdames Suzy Delair, Danielle Darrieux et Micheline Presle]

29.05.17

Un documentaire pour fêter Michel Piccoli, sur Arte

L’extravagant monsieur Piccoli
Documentaire français de Yves Jeuland (2016).
Voir en replay sur Arte:

http://www.tv-replay.fr/redirection/28-05-17/l-extravagant-monsieur-piccoli-arte-12413975.html

Michel Piccoli a tourné sous la direction de Godard, Demy, Cavalier, Hitchcock, Sautet, Luis Buñuel et Marco Ferreri.
A la télévision, il reste le meilleur Don Juan qu’on n’est jamais vu avant lui. La réalisation était de Marcel Bluwal.
Bluwal et Piccoli c’est la gauche pas caviar. Cela existe.
Michel Piccoli reste l’un de nous plus grands comédiens. Aucune concession. N’en fais qu’à sa tête.
Il m’a raccompagné un soir quand j’attendais le bus après une représentation.
Auparavant, je l’avais photographié.
Me voyant seul, il m’a proposé de me ramener à Paris.
C’était au temps de Chéreau, à Nanterre.
Dans la voiture, il m’a dit :"Le théâtre, c’est le retour à la terre. Il faut que j’y revienne tout le temps".
Je vous dit cela pour vous dire que l’homme est à la hauteur de l’artiste.
Luis Buñuel a dit que Michel Piccoli était le seul comédien avec lequel il peut rester entre deux claps. Quel beau compliment !
Je témoigne que Piccoli s’est adressé à moi avec la simplicité d’un inconnu. C’est comme cela qu’il faut être.
Piccoli a joué dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri avec des dialogues de Francis Blanche. Ce film a dérangé beaucoup de gens, les bien-pensants qui se sont trop reconnus ! On y voit quatre amis manger et encore manger. Satire de la société de consommation. Les amis ? Noiret, Piccoli, Mastroianni et Tognazzi.
La grande bouffe est un film encore en avance, toujours en avance.
Si loin des nullités qui se succèdent sur les écrans.
En 1973, Ferreri faisait du cinéma parce qu’il avait quelque chose à dire.

28.05.17

Festival de Cannes la braguette, par le Monégasque Léo Ferré

Rien a changé depuis l’immense Léo Ferré.
Le Festival de Cannes et la montée des marches… C’est ça le cinéma ?
Un défilé d’actrices qui se rabaissent au rang de mannequins. On ne sait plus qui est qui.
C’est de la vulgarité. Et rien que ça. Aucune classe.
Le cinéma c’est François Rosay, Marguerite Moreno ou Gena Rowlands.
Bette Davis et Anna Magnani.
Si on parle de poitrine, celles de Sophia Loren, de Bardot ou Marilyn.
La beauté de l’âme, pas la beauté de l’âne.
Pour une Grace Kelly combien de starlettes qui se la jouent Sarah Bernhardt.
Le préposé au micro: “Alors ça fait quoi de monter les marches ?”
L’ex présentatrice de météo ou top model recyclée au cinéma: “Je suis très émue. J’en rêvais tellement…”
On sait qu’il vaut mieux montrer son cul sur l’écran que jouer Célimène à la Comédie Française.
Rien que des chercheuses de metteur en seins.
C’est l’intérieur de soi qu’il faut mettre sur le tapis et non pas les apparences, même en montant les marches.
J’ai aperçu sur scène Jean-Pierre Léaud, égaré dans une brochette de “guest” (sic). Il n’applaudissait pas. Il était livide. Comme absent. Pourtant, lui, c’est vraiment le Festival de Cannes: Cocteau, Truffaut, Les 400 coups.
Le cinéma doit nous sortir du quotidien et non pas nous y ramener.
On voit des mines patibulaires. Rien que des gens de pouvoir.
De l’argent partout. Malraux a dit qu’il s’agissait aussi, et maintenant surtout, d’une industrie.
Ces gens-là dorment dans des chambres d’hôtel dont chaque nuit correspond à un an de loyer pour le public de base que nous sommes.
Et vous allez voir qu’une fois de plus, ils vont primer des rôles misérabilistes pour se donner bonne connaissance.
Dans ce genre de kermesse, ils haïssent les comédies parce qu’ils la jouent tellement !
Tout ce qui est populaire est banni du Festival de Cannes.
A 19 h, ils priment des chômeurs ou des malades en phase terminale. A 23 h, ils se gavent de champagne avec des “canapés” plein de caviar (bien sûr c’est pour la bonne cause).
Cinéma, tout ça !

Palmarès officiel

Palme d’or: “The Square” de Ruben Östlund
Prix du 70ème anniversaire: Nicole Kidman
Grand prix: “120 battements par minute” de Robin Campillo
Prix de la mise en scène: Sofia Coppola pour “Les proies”
Prix du scénario: “Mise à Mort du Cerf Sacré” de Yórgos Lánthimos, et “You Were Never Really Here” de Lynne Ramsay
Prix d’interprétation féminine: Diane Kruger dans “In the fade” de Fatih Akýn
Prix du jury: “Nelyubov” (Faute d’amour) de Kornél Zvyagintsev
Prix d’interprétation masculine: Joaquin Phoenix pour “You Were Never Really Here” de Lynne Ramsay
Caméra d’or: “Jeune Femme” de Léonor Séraille
Palme d’or du court métrage: “Xiao Cheng Er Yue” (Une nuit douce) de Qiu Yang
Mention spécial du court métrage: “Le plafond” de Teppo Airaksinen

[Post dédié à Keaton, Renoir, Carné, Grémillon, Duvivier, Tati, Bresson, Verneuil, Welles, Hitchcock, Fellini, Pasolini, Kusosawa, Ozu, S. Ray, Bunuel, Resnais, Cassavetes … ]

23.05.17

Roger Moore (1927-2017), clap de fin

Encore un symbole.
Manchester attaqué. Mort de Roger Moore.
Je me revois regarder Ivanhoé.
Il y a 55 ans !
Roger Moore (doublé par Jacques Toja) était Ivanhoé
Robert Brown (doublé par André Valmy avec qui j’étais ami) joué Gurth.
Dans le feuilleton, on percevait bien l’amitié entre Ivanhoé et Gurth.
Le Saint je ne regardais pas trop.
Amicalement vôtre assez souvent. Là encore très bon duo avec Tony Curtis (1925-2010)
Il fut le meilleur James Bond après Sean Connery. A mon goût.
Moore avec une distinction pleine d’humour. L’œil toujours frétillant comme Tony Curtis.
Jadis seuls les acteurs étaient comédiens. Le feu sacré.

18.05.17

Permalien 08:34:05, Catégories: LE CINEAC, AVENUE DE LA VICTOIRE  

Le cinéma ce n'est pas le Festival de Cannes

La grande kermesse du Festival de Cannes a été lancée par des écrivains. Depuis, ce n’est plus qu’une foire industrielle. Sur les marches de la Croisette, il n’y a pas le cinéma mais rien que du cinéma !

Le cinéma c’est de la poésie, alors que tout le décorum de la com. n’est rien d’autre que du prosaïque, du lourdingue agaçant et angoissant.
On est passé de l’autographe au selfie, cela en dit long.
De nos jours, quelqu’un de célèbre c’est celui qui est pris en poussant un caddie au rayon des poudres récurrentes.
Vu avez jeté un œil sur l’ouverture du Festival de Cannes ?
Affligeant comme chaque année.
On y voit un aboyeur au bas des escaliers tendre son micro à des people:
-Alors ça fait quoi de monter les marches ?
-Oh ! C’est si merveilleux ! J’adooooore Caaaaannes…
Les actrices ne sont plus que des porte-manteaux pour couturiers en mal de pub.
Ce clinquant est d’une bêtise infinie. Et tout ça pour finir par récompenser des films sur les déshérités.
Les acteurs dorment dans des suites à plusieurs milliers d’euros la nuit et papotent dans le hall de l’hôtel sur leur rôle d’un chômeur en fin de droits.
Sur la scène du “bunker” cannois, c’est le défilé des gens cinéma. Rien n’est naturel.
Tout ça sent le pouvoir, la force médiatique des régents de la communication. Les vieux beaux s’accrochent à leur notoriété comme Ciceron à son urinal.
Le cinéma ce n’est pas ça. Les femmes y sont réduites à des chercheuses de metteurs en seins.
La vulgarité a couper au couteau. Pas un gramme de classe. Cela bredouille d’ânerie. C’est le prompteur de l’inutilité. Les filles de… rappliquent de partout, le talent n’est pas héréditaire. Tant mieux !
On voit toujours les mêmes, côté français. Un cinéma d’avance sur recetttes qui ne nous regarde pas.
Les émissions sur le cinéma, c’est à vous dégouter du cinéma.
Orson Welles parlait d’un “ruban de rêves". On en est loin, d’ailleurs à la fin de leur vie, plus personne ne voulait faire tourner Tati, Visconti et Losey.
N’est pas François Chalais qui veut. Cinéma cinémas, au début du règne de François Mitterrand, était un émission révolutionnaire. On lui a coupé la tête.

-Cinéma, Jacques Prévert (Folio, 400 p., 9,30 €). Trois scénarios inédits de Prévert. On les lit comme si on était Marcel Carné. Le poète n’est pas mort en 1977. Il reste présent mais on ne peut plus lui parler.
-Servir. La vocation de l’auteur. Entretiens Michel Bouquet-Gabriel Dufay (Klincksieck, 230 p.,17,50 €) “L’acteur doit être plus fort que la mise en scène” dit l’acteur de Jean Grémillon.
-Histoire secrète du cinéma français, Michel Pascal (Robert Laffont, 371 p., 21 €) Les coulisses de tous les films français à partir de l’entame des années 1960 par un “professionnel de la profession” pour citer Jean-Luc Godard qui a disparu des radars. Un fait certain, le cinéma français existe toujours alors que son homologue Italie a disparu des écrans. Triste à ne pas voir !
-A Rome avec Nanni Moretti, Paolo di Paolo et Giorgio Biferalli. Traduit de l’italien par Karine Degliame-O’Keeffe (La Table Ronde, 170 p., 17,50 €) Hier Fellini dans les rue de Mama Roma, aujourd’hui Moretti, le rescapé du massacre des années Berlusconi.

<< Page Précédente :: Page suivante >>

Novembre 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software