Catégorie: GRAND MONSIEUR

08.12.17

20 h foot (Cnews) 7-12-2017: Johnny Hallyday, le 5e Ballon d'or de C. Ronaldo, le PSG...

L’avoir connu en 1990 ou avoir assisté à toute la carrière de Johnny Hallyday, depuis le début des années 1960, ce n’est pas du tout la même chose.
Johnny Hallyday fut un petit garçon abandonné. Et cet abandon il l’a porté toute sa vie.
A propos de son père, je peux vous dire qu’il avait la même présence que son fils.
Johnny abandonné a adopté deux petites filles. Tout est dit.
Des gens de la haute bourgeoisie deviennent écrivains par oisiveté et s’imposent parce qu’ils usent et abusent de tous les pouvoirs.
Johnny Hallyday s’est fait tout seul et avait quelque chose à dire.
Je préfère mille fois les chansons qu’il n’a pas écrites aux livres insipides de ceux qui s’agitent beaucoup parce qu’ils savent au fond d’eux que leur œuvre disparaitra le jour de leur mort. La postérité ne fait pas de cadeau.
Les enfants ont 100 % raison de s’identifier aux chanteurs.
Il y a écrivain et écrivain. Pour Pagnol ou un Guitry combien d’imposteurs !
Quand on aime Jules Renard, on ne perd pas son temps à lire des romans d’aéroport.

06.12.17

Permalien 15:51:48, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Jean-Philippe Smet (1943-2017) est mort mais Johnny Hallyday reste vivant

Un concert de 1963, à Amsterdam. Une “bête” de scène qui ne vivait vraiment que sur les planches, son lieu de vie par excellence. Immense icône populaire française du XXe siècle, avec Chevalier, Piaf, Trenet, Gabin, Cerdan, Anquetil, Poulidor, de Gaulle, Bardot, Delon, Belmondo… Johnny Hallyday c’est aussi les 30 Glorieuses. Il y avait la chanson dite classique(Bécaud, Brel, Brassens) et Johnny Hallyday qui n’a jamais été un produit sans âme.

Pas besoin de connaître un artiste pour avoir un lien avec lui. La preuve ? Johnny Hallyday.
Il disait tout dans ses chansons, d’où sa timidité maladive dans les interviews. Je l’ai entendu dire: “Je ne peux pas demander l’autographe de quelqu’un. Il faut du courage pour faire ça…”
Beaucoup d’enfants des années 1960 se sont identifiés à lui: vêtements, conquêtes féminines, autos, motos, sortie avec ses potes… La première fois que ma mère me laissa prendre seul le bus ce fut pour aller acheter un 45 T de Johnny (T’aimer follement). J’aurais pu tomber plus mal. Ses disques étaient matraqués à la radio mais on n’avait besoin de rock pour se rebeller. Ensuite, il y a eu le RAP. Le seul genre qu’il n’a pas épousé épisodiquement, cela veut dire que RAP est contenu dans le rock et le blues.
La mort du chanteur mythique après la tuerie au Bataclan- plus tout ce que vous savez-est une sorte de baisser de rideau.
A la fois fidèle compagne et pire ennemie, la mélancolie le tenaillait depuis son enfance de mal-aimé.
Recueilli par sa tante paternelle, il s’est longtemps cru incapable de fonder un foyer. Son oncle par alliance fera office de père.
Il tendait un miroir au public. Lui c’était nous, et nous c’était lui.
Ses failles étaient détectables dans sa sublime voix. Une gamme exceptionnelle. Un timbre reconnaissable, inimitable, perdu pour toujours, hélas ! J’estime cependant que son fils doit assurer la relève. David en est capable. Il l’a déjà prouvé. C’est à lui de reprendre le flambeau.
Son humour pouvait être assassin: “Je ne fais plus les Enfoirés car là-dedans je serais le moins connu !
Il a vécu jusqu’à 74 ans. Un exploit ! Les rares icônes dans son genre disparaissent toutes très jeunes. Là nous étions en face d’un James Dean qui est devenu vieux, tant mieux. Un Phénix a vécu parmi nous. Il a tenu le plus loin possible.
Son charisme était évident. On n’apprend pas à avoir de la présence. Dès qu’il montait sur un plateau, sa lumière était plus forte que les projecteurs. Un soleil. Certains ne s’en aperçoivent qu’à présent !
Il était un interprète de la race de Piaf, brûlant sa vie sur scène. Quand on donne autant, on s’épuise, on grille de l’énergie. Et comme après un concert, le vrai chanteur ne trouvait pas le sommeil facilement, il allait boire des coups et s’en griller des paquets. Brel faisait la même chose, mais Brel n’a pas chanté aussi longtemps que Johnny.
Quand il chantait, il vivait chaque mot, chaque situation. Crevant ! Un artiste plein de sueur et de larmes. Une beauté inégalée.
Quand il a montré les paroles de Que je t’aime à Eddy Mitchell, son ami de jeunesse lui a dit: “C’est impossible à chanter…” Comme Piaf, il aurait pu chanter l’annuaire.
A la mort de son père, le fils est allé à l’enterrement:
-"A part moi, il n’y avait que les fossoyeurs… Mon père n’avait donc aucun ami, rien, personne…”
Ce père avec qui j’ai pris plusieurs l’ascenseur quand j’ai débuté dans la presse, mais c’est une autre histoire. Ce père était un colosse. Masse imposante. Le fils avait de qui tenir.
Hyper sensible. Hyper timide. Loup sur scène.
Pour ceux qui étaient jeunes aux débuts des années 1960, il a incarné le rock français. Un moment très important. Ses adaptations étaient souvent mieux que les versions originales.
Ce caméléon savait épouser toutes les modes pour rester dans l’actualité. Son obsession de la durée l’a poussé à se médiatiser à outrance. A l’inverse d’Eddy Mitchell qui, lui, a mis une immense barrière entre sa vie publique et sa vie privée.
Ses chansons ont toujours été le baromètre de sa vie. Beaucoup voudraient faire ça mais ils ne nous intéressent pas car ils n’ont pas de fluide pour établir le contact.
Johnny Hallyday savait s’entourer des meilleurs paroliers du moment.
Sur scène, il avait de grands musiciens. Le public en avait pour son argent et même plus.
Chacun à ses souvenirs. J’ai vécu toute l’ascension de Jean-Philippe Smet. Il a tout partagé. Quand il chantait “Je suis seul” c’était vrai. On le croyait tout le temps.
En 1963, je l’ai vu au Casino Municipale de Nice.
Début 1970, au théâtre de Verdure, toujours à Nice.
Des temps forts dans sa carrière. Et dans ma vie.
Au total, il a assuré 3 000 concerts. Tous des triomphes.
30 millions de spectateurs se sont déplacés pour le voir et l’écouter.
Avant de connaître Léo Ferré, Artaud, Brassens, Rimbaud… les enfants de 1960, en France voulaient être lui ou être avec lui.
Il n’était pas un imposteur. Rien à voir avec les marchands de soupasses imbuvables.
Des grincheux disent qu’il n’était connu qu’en pays francophones. Cela ne veut rien dire. Il chantait en français. Qui peut s’en plaindre, surtout qu’il adorait les Etats-Unis.
Dans les années 1960, Jacques Anquetil et Johnny Hallyday étaient nos héros.
Si on l’aimait tant c’est parce qu’il nous aimait. La popularité, la vraie, ne s’achète pas au BHV. Il ne faut pas se moquer des gens qui ressentent des émotions par le biais des chansons. L’intelligence du cœur c’est le plus important. Les cultivés sont souvent imbuvables.
Johnny Hallyday a voulu reprendre la tournée des Vieilles Canailles avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc car “il faut faire plaisir à ceux qui ne nous ont pas vus". Une question de générosité et non d’argent. On connaissait déjà les difficultés respiratoires de Jean-Philippe Smet.
Les impôts ont perdu un grand contribuable et notre jeunesse a pris une sacrée claque ce 6 décembre !
Jean-Philippe Smet est mort mais pas Johnny Hallyday.
Pendant longtemps, il illustra le dicton de Madame de Staël: “La gloire est le deuil éclatant du bonheur". Quand il adopta deux petites filles il boucla la boucle avec sa propre histoire.

PS: un quotidien dit de gauche fait sa une sur lui alors que d’habitude il ne met jamais en couverture un défunt de droite. C’est ce qui s’appelle tendre sa gamelle pour avoir sa ration de soupe.

05.12.17

Sur la polémique Michel Audiard collabo ou/et résistant ?

La télé de Papa n’était pas que commerciale. Heureusement que la 5 et Arte sont là, de nos jours. D’autres chaînes aussi relèvent le niveau.

En définitive, je préfère une ordure qui a du talent qu’un honnête homme qui n’en a aucun.
Précision: Audiard n’était pas une ordure.
La remarquable revue des Littératures Policières, Temps Noir, a déclenché une polémique sur Michel Audiard qui tout à coup passe pour un fieffé collaborateur.
Sur 50 pages, Franck Lhomeau passe au peigne fin le parcours de Michel Audiard qui écrit “le petit youpin Joseph Kessel". Ce n’est pas ça qui va nous le rendre monstrueux surtout sous la plume d’un écrivain qui usait et abusait du langage ultra coloré. Je veux bien qu’on rappelle que Cioran fut facho a un moment de sa vie et que Céline a écrit des pamphlets antisémites si dans le même temps on me rappelle que Paul Eluard a écrit une ode à Staline et que Jean-Paul Sartre ne voulait pas que Camus dise qu’il existait des camps de la mort en URSS. Pourquoi montrer du doigt Audiard et ne pas faire la même chose avec Simone de Beauvoir la rabatteuse de jeunes femmes dans le lit de Jean-Sol Partre ? Jeunes femmes qu’elle testait auparavant. Elle fut même condamnée par Vichy. Je sais ce n’est pas une référence !
Rappeler le passé d’Audiard et de Marguerite Duras ne change pas la décision de la postérité.
Audiard continue de faire rire les spectateurs.
Son petit-fils vient de produire un document qui atteste que son grand-père fut résistant. La guéguerre ne fait que commencer.
Sous l’Occupation, Guitry a fait du théâtre comme les boulangers faisaient du pain.
Tout le monde n’est pas Jean Moulin. Tout le monde n’est pas un héros. Cela ne fait pas pour autant de Michel Audiard.
Audiard n’a jamais actionné un four crématoire.
Jean Gabin, héros de 39-45, savait tout de son dialoguiste fétiche. Pourtant, Jean Gabin n’a pas rompu avec Audiard.
François Mitterrand ami du sinistre Bousquet- le laquais des nazis lors de la rafle du Vel’d'Hiv qui a vu la police français, les 16 et 17 juillet 1942, livrer à l’ennemi plus de 13 000 Juifs dont près d’un tiers étaient des enfants- a dit: “Si l’on m’avait photographié en uniforme nazi lors de mon évasion, on dirait que je suis nazi…”
Je ne suis pas là pour juger. Je regarde ce qu’on me dit, ce que les gens ont fait ou pas.
Franck Lhomeau a fait une grande enquête qu’il faut à présent augmenter du document de la Résistance fourni par la famille.
Je vous conseille de lire cette fabuleuse revue Temps Noir, une mine pour les cinéphiles.
Je ne la connaissais pas et j’avais tort.
Outre Audiard et l’Occupation, il y a aussi tout un dossier exceptionnel sur la Série Noire signé cette fois par François Lhomeau. Un excellent Lhomeau peut en cacher un autre, non moins épatant. Quel travail ! Les Lhomeau sont des limiers à fréquenter de près.
Bien sûr je suis du côté de Kessel et de Jean Prévost mais je n’arrive pas à détester Drieu La Rochelle et Maurice Sachs. Je suis un enfant de l’après-guerre. Je regarde qui a fait quoi mais je ne confonds pas un Audiard avec Hitler. Ni Aragon avec Staline. Morand n’était que Morand, si j’ose dire. Heureusement, il n’a pas pu faire de mal à une seule mouche. Je lis Morand mais non cœur penche pour Bove qui a refusé de publier dans la France occupée. Bove préférait l’honneur aux honneurs. Moi aussi.
Le Monde après la Libération a eu pour critique gastronomique un collabo planqué sous un pseudonyme. Claude Roy, un poète emblématique de la gauche, a signé dans Je suis partout.
Parmi ceux qui crachent sur Audiard d’aucuns auraient sans doute fait de “bons” collabos.
Lucien Combelle a dit qu’il était devenu collabo par pur arrivisme, qu’il avait voulu se faire une place au soleil en basculant du côté des Occupants.
On ne détestera pas plus Audiard que Céline.
Je pense comme Jean Paulhlan: chez un créateur, le talent est au-dessus de la morale.
Le vrai talent, pas la petite ambition.
Audiard, Céline, Aragon, et quelques autres, avaient un talent authentique.
Une certitude: Audiard est un géant du cinéma français comme Prévert.
Ils n’ont aucun héritier.
Les Audiard et Prévert cela ne courent pas les castings.
Avant, seuls les artistes créaient.
Aujourd’hui n’importe qui publie, filme ou chante.
On ne trouve pas un Brel tous les matins.
Ni un Berl.
Je hais les antisémites mais je lis Drieu. Drieu s’est suicidé. Hélas! Tous les antisémites ne se suicident pas.

La vérité sur l’affaire Audiard, par Franck Lhomeau, dans la revue Temps Noir, N°20. Joseph K., 350 p., 19, 50 €

Jean d'Ormesson par Jean Ferrat

29.11.17

Permalien 09:17:33, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le livre de l'année: Oeuvres, de Georges Perros (Quarto/Gallimard)


L’œuvre de l’attachant Georges Perros est réunie dans un volume qui comprend les indispensables Papiers collés. Il était aussi discret qu’effacé, c’est dire. Apprenti comédien- avec son ami Gérard Philipe, il adorait répéter mais pas jouer en public. Au cinéma, les techniciens captaient toute son attention, délaissant les vedettes. Ecrivain en herbe, il préférait les brouillons aux éditions en papier Japon. Joueur de football, il se passionnait pour les entraîneurs sans goût particulier pour les matchs. Pour faire bref- le temps qui lui convenait le mieux- il ne pouvait pas s’empêcher d’écrire, en dehors de tous rôles à tenir. Jouer à l’écrivain l’écœurait. Le réfractaire détestait faire semblant dans un monde d’apparences. Résultat Georges Perros, a pris sa retraite à 18 ans. L’air marin de Douarnenez lui convenait mieux que les tuyaux d’échappements de la capitale, même s’il faisait aussi de la moto comme Céline et Bernanos. Il aimait mieux le Finistère que les ministères. Pour marquer son attachement à la Bretagne, Georges Poulot, né le 23 août 1923, prit comme pseudonyme Georges Perros, en hommage à Perros-Guirec. La fidélité était l’un de ses traits de caractère bien trempé, il suffit de lire ses multiples correspondances pour y voir vibrer l’amitié.
Au lieu de faire carrière sur les planches, alors qu’il a débuté avec Jean Vilar, Maria Casarès et Jeanne Moreau, il devient lecteur pour le T.N.P puis rédige des notes de lecteurs pour la N.R.F car Jean Paulhan ne passa pas à côté du talent de Perros, alerté sur les qualités de ce rétif au conformisme par Jean Grenier, le fabuleux professeur qui auparavant encouragea Albert Camus. Tout ce qu’écrit Georges Perros est pris sur le vif. Il s’agit de fulgurances. Lucide sur ses limites, ni romancier ni essayiste, il déclara : «Quand on est cul de jatte on ne fait pas le tour de France». Quand il parle des autres, on le voit jaillir entre les phrases. Le portait qu’il fait de Félix Féneon ressemble à un autoportrait de Perros : «Peu bavard, n’a consenti à fragmenter, à interrompre son monologue perpétuel qu’avec le maximum de simplicité, de précision, de concision». Tout cela ressembla à l’art de Perros, docteur ès aphorismes dans la catégorie des moralistes de la trempe de Vauvenargues, Joubert, Chamfort, Bierce et Cioran. Quand ce qu’il a dans la tête l’obsède, il prend ce qui lui tombe sous la main, marge de journal, papier d’emballage et écrit d’un jet, sans correction, plus pour passer à autre chose que pour épater la galerie. Pour lui, l’écriture c’est l’abandon, un pense-bête. «Cela ne se vend pas mais on l’édite», disait-il de ses livres, sans aucune amertume dans une attitude qui faisait songer à Fernando Pessoa.
L’essentiel des notes de Perros est rassemblé dans les trois volumes des «Papiers collés», à partir de 1960. Si on lui demandait pourquoi il écrivait, sa réponse fusait : «J’écris parce que personne ne m’écoute». Son refus d’être un fabriquant de bouquins insipides ne l’empêchait pas d’écrire et de dessiner dans son bureau capharnaüm qu’il appelait «ma camisole de faiblesse». En marge de son œuvre, il passait son temps avec sa femme à élever cinq enfants. Très épris de Tania Moravsky, il se reprochait souvent de ne pas gagner assez d’argent pour faire mieux vivre sa famille qui devait suivre le régime sec d’un écrivain maudit qui faisait chaque jour sa tournée des cafés pour y trouver des anonymes. Ses compagnons ne se doutaient pas qu’ils étaient avec l’un des plus grands prosateurs français de la seconde partie du XXe siècle. Un de ses copains de bistrots confia à propos de Perros: «Il est tellement droit qu’il voudrait que tout le monde soit comme lui».
Face à la mer, il restait vague. Amoureux du quotidien et des rituels, Perros aillait toujours saluer les marchands de fruits et légumes sur le marché. Les gens simples lui faisaient du bien, tout comme les arbres, le ciel et la mer. Il ne comprenait pas ceux qui lui disaient : «Vivre en ici c’est le paradis ». Pourquoi quittaient-ils alors Douarnenez pour retourner à Paris ? Lui restait sur place, plus spirituel qu’un prêtre. «Mes écrits sont posthumes. Prématurés. Je ne suis pas gentil avec moi. Je me fais plus mal qu’on ne peut me faire. Je suis couvert de bleus, on ne peut pas m’en faire beaucoup». Atteint d’un cancer au larynx, Perros fut condamné au silence avant de mourir le 24 janvier 1978, à cinquante-quatre ans. Il a légué un ciel de Bretagne à Paris, et Georges Perros à tous ses amis.

-Œuvres, Georges Perros. Préface et édition de Thierry Gillyboeuf, Quarto/ Gallimard, 1600 p., 32 €

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