Catégorie: LA MAISON BLANCHE

17.03.17

Le tirage au sort des 1/4 de la C1 2017 avec deux duels européens Bayern Munich-Real Madrid, Juventus Turin-Barcelone. Monaco recevra le Dortmund au match retour

Depuis la retraite de Sir Ferguson, Man United n’est plus capable de se qualifier en C1. Une vraie honte pour le club mythique. Cela inspire plus la colère que de la triste. Tant de millions engloutis pour rien. Le club ne sort plus personne du centre de formation. MU est devenu un club de mercenaires. Un choix contre culturel. Une erreur historique. Pour voir de grands matchs de MU, il faut aller sur YouTube !

Vendredi 17 mars 2017, 12 h
Tirage au sort des quarts de finale de la C1 2017
Aller 11 et 12 avril; retour 18 et 19 avril
http://fr.uefa.com/

TIRAGE AU SORT effectué par l’ex grand buteur de Liverpool, Ian Rush:

Atletico Madrid - Leicester
Dortmund - Monaco
Bayern Munich - Real Madrid
Juventus Turin - Barcelone

Voici la liste dans l’ordre du tirage.
Première remarque, les équipes qui reçoivent au match retour ont l’avantage du terrain pour finir le travail à la maison, donc Leicester, Monaco, le Real et le Barça sont mieux lotis.
Je souhaite que Leicester passe ce tour, c’est possible avec leur grinta.
A ce stade, il n’y a plus de petites équipes. A partir des 8e, si l’équipe n’est pas collective vous êtes éjectés. On l’a vu avec le PSG laminé à Barcelone.
Les 1/4 ont deux chocs au sommet:
Bayern Munich - Real Madrid, les retrouvailles entre Ancelotti et Zidane ! Quelle affiche !
Juventus Turin - Barcelone. Un duel entre deux grands d’Europe.

Qualifiés pour les quarts de finale avec le nom de l’entraîneur:

Espagne, Liga:
*Barcelone, Enrique/ Espagnol (vainqueur de la C1 2015, il a annoncé qu’il partait en mai 2017)
*Real Madrid, Zidane/ Français (détenteur du titre C1 2016)
*Atletico Madrid, Simeone/ Argentin (finaliste des C1 2014 et 2016)

Allemagne, Bundesliga:
*Bayern Munich, Ancelotti/ Italien (vainqueur des C1 2003 et 2007/ Milan AC; vainqueur C1 2014/ Real Madrid; finaliste C1 2005/ Milan AC)
*Borussia Dortmund, Tuchel/ Allemand

Angleterre, Premier League: *Leicester/ Anglais, Shakespeare
France, L1: *Monaco, Jardim/ Portugais
Italie, Série A: *Juventus Turin, Allegri/ Italien (finaliste de la C1 2015)

PS: comme joueur au Milan AC, Ancelotti a remporté les C1 1989 et 1990; Zidane, lui, est deux fois finaliste avec la Juventus Turin lors des C1 1997 et 1998, mais il remporte la C1 2016 avec le Real Madrid)

A venir:
Demi-finales (tirage 21 avril): aller 2 et 3 mai, retour 9 et 10 mai
Finale: 3 juin à Cardiff

07.03.17

8es retour de C1: Ancelotti 10- 2 Wenger. OK pour le Real de Zizou

La C1 est la plus grande compétition européenne. Les clubs sont-ils plus importants que les équipes nationales ? On peut se poser la question.

8es retour de Champions League
Mardi 7 mars 2017
Naples 1-3 Real Madrid
But pour Naples : Mertens (24e)
Buts pour le Real Madrid : Ramos (50e) Mertens (57e csc), Morata (90e + 1)

Arsenal 1-5 Bayern Munich
But pour Arsenal : Walcott (20e)av
Buts pour le Bayern Munich : Lewandowski (55e), Robben (68e), Costa (78e), Vidal (80e, 85e)

Après les matchs:
*Le Real Madrid a fait le nécessaire: les Madrilènes accèdent aux 1/4 avec le même score qu’à l’aller 3-1, cette fois donc 1-3. Cela fait 6-2. Il n’y a pas photo. On a encore vu un très grand Ramos et non moins excellent Pepe en charnière centrale. Ils sont supérieurs à Varane.
C.Ronaldo a fait son match, avec un tir sur le montant. Tous ses partenaires aussi. Bravo Zidane !
*A Londres, ce fut une nouvelle catastrophe. Koscielny s’est fait expulser, comme à son habitude. Dès qu’il est sorti, ce fut la Bérézina. Arsenal est vraiment fragile, on le sait depuis une bonne dizaine d’années. Les hommes d’Ancelotti se sont régalés. Ozil est entré en fin de match. Quel gâchis de voir ce joyau réduit au rang d’intermittent du spectacle. Ce n’est pas la première fois qu’un joueur perd son football quand il joue à Arsenal. A force de prôner le collectif, les joueurs perdent leur personnalité. Le collectif est à la base du football, pas besoin d’enfoncer des portes ouvertes. Il est où Reyes ? On nous annoncé un cador, après son séjour à Arsenal, il est devenu méconnaissable. Tout le monde à présent demande la démission du manager français, je veux dire beaucoup de fans et de consultants. Je ne me joins pas à eux, cela fait des années que je dis que la défaite en finale de la C1 2016 a plombé toute la seconde partie de la carrière de Wenger.

Avant les matchs:
*Le Real Madrid arrive à Naples avec le score de l’aller à avantage 3-1. Rien n’est fait. Match périlleux pour le Real.
*Les Gunners eux reçoivent les Bavarois qui ont gagné 5-1 le match aller. Arsenal est en pleine crise, disons médiatique. D’aucuns réclament de nouveau le départ d’Arsène Wenger. RAS. C’est récurent.
Bons matchs !

PS: Le Clasico (21 h- 22 h), Lundi 6 mars 2017, France Info: PSG, Barça, Nice, Wenger, Rugby, Paris-Nice…
http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-clasico/le-clasico-ligue-des-champions-top-14-et-paris-nice_2067319.html

04.03.17

Permalien 00:59:41, Catégories: LE GYM E BASTA, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

Interview sur le vif de Raymond Kopa le 6 février 2011

Un regard droit. Un caractère fort. Un patron sur le terrain. Une âme de chef. Hyper intelligent. Plein d’humour. Une éthique. L’honneur avec les honneurs. Pur bonheur de se retrouver face à un être lumineux. Le pied n’est qu’un instrument, l’artiste c’est le cerveau. Il avait la présence d’un très grand acteur.

Dimanche 6 février 2011, j’ai passé un bon moment avec Kopa, dans les locaux de France-Télévisions. Les interviews improvisées sont mes préférées. Evocation de Maradona, Anquetil, Messi, Iniesta, Puskas, dopage, sa suspension, son combat pour la liberté de travail des joueurs…
Avant le tirage au sort -l’OGCNice m’avait demandé de représenter le club- j’ai parlé 30 minutes avec Raymond Kopa. Je suis arrivé à l’avance à France 2 car je savais qu’il était invité. Il est arrivé lui aussi avant le début de l’émission (Stade 2)…
Raymond Kopa est venu avec sa femme, l’une de ses filles et une forte délégation rémoise (7 me semble-t-il). J’ai pu parler à battons rompus avec le Ballon d’Or 1958. J’ai été frappé d’emblée par sa petite taille. Petites jambes aussi.
-C’est un grand moment de rester avec vous… (je lui dis ça tout en observant son fameaux doigt sectionné par un wagon dans la mine.)
-Vous êtes gentil… Vous êtes Niçois ?
-Oui!
-Alors dites moi qui a marqué lorsque vous avez gagné contre le Real Madrid ?
-Un triplé de Vic Nurenberg!
-Ah! vous êtes un vrai niçois!
-Je suis impressionné de voir votre doigt: la mine…
-Je m’en suis bien tiré. J’aurais pu y laisser la main.
-Comment allez-vous ? Votre genou…
-Pourquoi me parlez-vous du genou ?
-J’ai lu qu’une opération était prévue…
-Non, non. J’ai eu une opération à la hanche. Ca va maintenant..(Kopa parle vite, très vite. Les yeux très perçants.)
-Enfant, j’ai été marqué par la mort de votre fils. A l’époque on parlait moins de football qu’aujourd’hui, mais je n’ai jamais oublié la mort de votre fils. Je me disais que cela pourrait être moi. J’avais quasi le même âge que lui… Je me souviens aussi que la FFF vous a suspendu à ce moment-là… Le sélectionneur vous avez allumé dans les médias alors que vous me parliez pas de la très grave maladie de votre fils…
-Puisque vous me parlez de ces moments tragiques, sachez que je me m’entendais pas avec le sélectionneur [Georges Verriest] qui me critiqua dans les journaux alors que mon fils était en train de mourir… Ils m’ont suspendu 6 mois…
-Et votre combat pour que les joueurs cessent d’être des “esclaves” afin de pouvoir quitter leur club d’origine… A ce propos qui a amorcé ce combat, vous ou Fontaine et N’Jo Léa ?
-C’est moi… Et aujourd’hui, je le regrette presque parfois ! Avant, le joueur appartenait à vie à son club et aujourd’hui les contrats ne veulent plus rien dire.
-Je vous donne ma liste des dix plus grands joueurs: Pelé, Di Stefano, Puskas, Cruyff, Maradona, Beckenbauer…
-(Il me coupe) Enlevez le dopé. D’accord sur le début de la liste mais enlevez-moi vite le dopé…
-Vous parlez de Beckenbauer car il y a pas de mal de suspicion autour de la sélection allemande: 1954, 1982… ?
-Non pas lui, l’autre ?
-Maradona… Vous n’aimez pas Maradona!
-L’homme… L’homme est un minable. Tout ce qu’il a fait, c’est honteux. Pour être un grand joueur, la qualité de l’homme compte aussi.
-Et son talent vous laisse indifférent ?
-Son fameux but de 1986 quand il dribble tout le monde…. Au départ de l’action, il avait deux possibilités de passes sur des partenaires. Au lieu de les servir, il n’a pensé qu’à lui et il est parti tout seul..
-Vous ne pouvez pas dissocier le joueur de l’homme et vice-versa ?
-Non, c’est pour cela que mon joueur préféré c’est Ferenc Puskas…
-Moi aussi je le place au sommet.
-Quand il a signé au Real Madrid la presse espagnole l’appelait “le major bedonnant” et non plus le “major galopant". J’ai averti les journalistes qu’un joueur de classe ne perd jamais sa classe. Ses deux premières années au Real, il a fini deux fois meilleurs buteurs! Vous savez Ferenc faisait peur aux défenses quand il avait le ballon à 35 mètres de la cage. Au plan humain, il accueillait chez lui les réfugiés politiques. Son appartement étaient toujours plein de réfugiés! A sa mort, je n’ai pas pu aller à son enterrement: je suis tombé soudainement malade… Impossible de bouger. Rétabli, je suis allé me recueillir sur sa tombe. Puskas était mon idole et j’ai joué avec lui. Vous pouvez imaginer ce que cela représente pour moi…
-Oh oui, très bien…
-Pour vous c’est quoi un grand joueur ? me dit-il du tac ou tac. (Comme je vous l’ai dit, Kopa est d’une vivacité inouie…)
-D’abord, il faut qu’il gagne. Le fait de participer, comme l’a dit Coubertin, me m’intéresse pas.
(Là, il me tend la main pour me la serrer…)
-… disons qu’il faut la classe + le palmarès + les qualités humaines…
-Ah! vous pensez comme moi! Donc le Ballon d’or 2010 vous l’auriez donné à qui?
-Pas à Messi, ah! ça non…
(Il me ressert la main)
-Moi, non plus car il n’a rien gagné d’important vu son niveau.
-Je l’aurais donné à Iniesta ou Xavi.
-Moi aussi, me dit-il. A Iniesta en priorité. Lui a les trois qualités alors qu’en 2010, Messi n’a pas le palmarès réclamé. Il y a eu plus performant que lui…
-Vous parliez du dopage… les deux héros de mon enfance furent Anquetil et vous-même. Anquetil a dit qu’il se dopait, cela n’enlève rien à l’admiration que j’ai pour lui… Chez moi on était pour Anquetil et non pas pour Poulidor… La presse a tué le cyclisme ! Blondin, lui, n’a jamais parlé du dopage d’Anquetil.
-Anquetil était mon ami. On était très proche. Je sais tout de lui. Dans le cyclisme vous savez comment cela se passe. Alors Jacques… mais les courses, il les gagnait !
-Avez-vous conscience d’avoir eu un parcours exceptionnel même s’il vous manque la Coupe du monde?
-J’ai joué dans la meilleure équipe du monde de mon temps. Le Real Madrid était au sommet et j’ai participé à la maintenir au sommet.
-Pour parler d’aujourd’hui, êtes-vous pour ou contre le retour d’Evra en équipe de France?
-Ce qu’ils ont fait l’été dernier est vraiment minable. On ne peut pas faire ça!
-Oui, mais comment peut-on frapper d’interdiction Evra alors que d’autres ont été réintégrés ? Ce n’est pas juste. Les responsables furent le staff, tous les dirigeants. Avec Ferguson, Evra n’aurait pas bougé le petit doigt. Il est impossible de fermer les yeux sur Lloris et cie tout en punissant à vie Evra…
-Vu comme ça, vous avez raison…
-Je voudrais vous parler de Jean Snella et d’Albert Batteux… Mekhloufi a dit qu’il préférait Snella car il parlait plus directement de football alors que Batteux parlait beaucoup de tableau noir…
-Ah bon, il a dit ça…
-Oui, oui…
-Vous savez mes liens avec Batteux…
-Mekhloufi… Ce fut un grand joueur…Vous êtes d’accord ?
-(Kopa opine du chef, sans rien dire d’autre)
-Et Joseph Ujlaki, que j’aime aussi ?
-Oui… mais bon il était spécial….
La conversation s’interrompt, je n’ai plus le temps de lui parler de la rivalité au même poste entre Mekhloufi, Ujlaki et lui-même…
(A ce moment-là, arrive le président de Reims. Celui-ci offre une bouteille de champagne à “Tchouki” Djorkaeff qui est le responsable de la Coupe de France à la FFF).
Kopa intercepte la bouteille et rapproche ses yeux de l’étiquette avant de la rendre à Djorkaeff, en disant:
-"Tu peux être tranquille, c’est une bonne bouteille! “
Sacré Kopa! On sent sa propension à diriger. Un chef naturel. Djorkaeff, lui dit:
-"Tu sais on a joué ensemble une fois…”
Kopa l’arrête:
-"Tu veux dire l’un contre l’autre!".
Djorkaeff: “Oui, oui, bien sûr".
Et alors Kopa, magnanime: “Tu te rappelles du score…”
Djorkaeff: “On a perdu…”
Kopa, du tac au tac: “Je ne te le fais pas dire!”
Raymond Kopa reste un gagneur dans l’âme même plus d’un demi-siècle après ce match.
Un Reims-Lyon a coup sûr.
Djorkaeff a interrompu notre discussion.
C’était l’instant d’aller sur le plateau de Stade 2, en direct.
Après le tirage, Kopa a dit qu’il était satisfait de l’affiche Reims-Nice. Un peu trop satisfait.
C’était en fin d’émission.
D’habitude on interroge les représentants du club après chaque tirage, cette fois c’était une façon d’opérer très anarchiste.
Pendant l’interruption entre les sujets, j’ai bien surveillé que personne ne touche les boules. Personne ne les a touchées quand il n’en restait plus que 4.
Voyant que le temps filait et que le présentateur allait zapper ou moins trois réprésentants de clubs, j’ai demandé a avoir la parole (je sais comment ça marche), surtout que Kopa a expliqué avoir plus peur de Chambéry que de Nice:
-"Bien sûr je respecte Monsieur Kopa mais attention Reims-Nice, affiche rétro au parfum nostalgique, comprend l’OGCNice qui est aussi un grand club. Si Reims à Kopa, nous avons Antoine Bonifaci. Croyez-moi, nous serons présents !” Estimant avoir dit l’essentiel, j’ai passé le micro aux autres représentants qui n’avaient pas osé réclamer leur temps de parole… Je voulais être équitable car je sentais qu’ils étaient aussi contrariés de n’avoir pas été invité à s’exprimer.
Hors caméra, Kopa m’a alors fait signe, en levant son pouce et m’a dit:
-"On vous attend…”
Je lui ai dit tout sourire: “On sera là, croyez-moi…”

Raymond Kopaszewski dit Kopa (Polonais d’origine)
né 13 octobre 1931, à Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais)
Taille 1,68 m
Milieu offensif ou avant-centre
1941-1949 US Nœux-les-Mines
1949-1951 SCO Angers
1951-1956 Stade de Reims
1956-1959 Real Madrid
1959-1967 Stade de Reims
1952-1962 équipe de France, 45 sélection, 18 buts

Palmarès essentiel
4 Championnats de France DI : Stade de Reims, 1953, 1955, 1960, 1962
Copa Latina 1953
Trophée des champions 1955
Championnat de France D2 1966
Vice Champion d’Europe 1956
2 Championnats d’Espagne Liga: Real Madrid, 1957, 1958
Coupe d’Europe des Clubs Champions (Champions League): 1957, 1958, 1959
Copa Latina 1957
Avec la France, 3e de la Coupe du Monde 1958

Ce week-end, Michel Platini a remis un trophée UEFA pour célébrer son immence parcours de joueur. “Ce prix me fait certes très plaisir, mais je souhaite le partager avec ma famille et mes anciens coéquipiers “. Raymond Kopa fut ému de recevoir «la Coupe du Président de l’UEFA 2010», sans oublier ses anciens coéquipiers du Stade de Reims, dont certains - Michel Hidalgo, Roger Piantoni, Armand Penverne, Dominique Colonna, Michel Hidalgo, Just Fontaine - étaient présents à Reims auprès de leur ami.
Michel Platini, pt de l’UEFA, souhaite que ce prix revienne à des footballeurs et non plus à des économistes ou des politiques. “C’est l’occasion de rendre hommage à l’excellence professionnelle et aux qualités personnelles exemplaires. Raymond nous a ouvert la voie. Il possédait un dribble ensorcelant. Ceux qui l’ont vu jouer parlent d’un phénomène presque chorégraphique, avec une couverture de balle diabolique” a dit Platini, lié aux grands anciens par le biais de son père, Aldo, proche de Piantoni, à Nancy. Et « Platoche » de conclure : « Son héritage est immense. c’est l’un des fondateurs du football français ».

-Reims-Nice, 1/4 de finale de la Coupe de France 2011, 1er mars à 20h 45. *

*Score du match Reims 2-3 Nice, après prolongations.

03.03.17

Permalien 18:18:48, Catégories: LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

Mort de Raymond Kopa, un géant du football mondial

J’ai vu Kopa jouer. J’ai vu Kopa dans les studios télés où je représentais l’OGCNice lors d’un tirage de Coupe de France (1) et, lui, Reims, bien sûr. Et j’ai surtout passé une journée historique avec lui. C’était en décembre 2011. Kopa est le premier temps fort du football français. Kopa c’est l’intelligence, l’intelligence et encore l’intelligence. Il est et reste un exemple, comme le fut et le reste mon père. Il s’agit d’un DEUIL NATIONAL mais notre pays n’est hélas! pas un pays qui aime vraiment le sport. On continue à sectoriser par favoritisme comme si les politiciens étaient supérieurs aux sportifs ! Que pèse un imposteur qui puise dans les fonds publics face à Raymond Kopa ? Kopa est l’un des plus grands Français de notre histoire. Un immense serviteur de la nation. Un Français d’origine polonaise.

L’affichette, une simple photocopie A4, annonçait:
Raymond Kopa fera une séance de dédicaces à Auchan (Soisy-sous-Montmorency, Val d’Oise) pour présenter son livre LE KOPA, entre 10 h et 19 h.”
J’y suis allé, à 10 h 45.
Il était là, assis, habillé avec une veste. Simple et élégant.
J’ai attendu qu’il signe deux livres et je me suis présenté:
-"Bonjour. On s’est vu au tirage de la Coupe de France. Je représentais l’OGCNice…”
Lui: “Ah! c’était vous… Comment allez-vous ?”
On commence à parler et il me demande de m’asseoir à côté de lui.
Des gens arrivent:
-"C’est vous Kopa ?”
Lui: “Non je suis son frère…”
L’humour aiguisé, il a l’oeil bien brillant, pétillant même.
Une monsieur lui dit:
-"Le football conserve bien…”
Lui: “C’est ce que dit ma femme…” Et v’lan encore un trait d’esprit.
Entre plusieurs visiteurs, on arrive à un peu parler.
Quand il signe d’une belle écriture avec un feutre noir, il demande aux gens d’attendre 10 secondes avant de refermer le livre.
Je me propose de souffler. Il ne rate pas l’occasion de dire:
-"Vous avez vu. Auchan a mis un souffleur à ma disposition. Comme au théâtre…”
J’ai l’impression d’être Piantoni et de former un milieu de terrain avec lui.
Il m’offre un beau cadeau de Noël.
Des gens passent sans le regarder, comme quand je me promenais dans Paris avec Philippe Soupault.
Je vous livre en vrac quelques instants qui me reviennent:
Lui: “Le meilleur Français actuel ? Nasri…”
Moi: “Il n’est pas constant… A Manchester City, il n’est pas titulaire… Le plus constant c’est Lloris. Un gardien. De trois grands joueurs de champ - Vous, Platini et Zidane- on a reculé au gardien…”
Lui: “Quand en 1953, j’ai assisté à Wembley à Angleterre-Hongrie (8-3), Puskas est devenu mon idole.”
Lui: “La génération de 1998 nous a balayé complétement des médias…”
Lui: “En 1998, il vaut mieux que la France n’ait battu le Brésil que 3-1: un score fleuve aurait fait jazzer…”
Lui: “J’aimais dribbler mais dribbler cela est impuissant. Vous en faîtes un pour effacer un adversaire, puis un autre où vous résistez à une charge, au troisième vous êtes très essouffé… C’est pour cela qu’il faut des bons joueurs devant vous pour qu’ils se démarquent bien et ne gaspillent pas votre énergie. Un caviar perdu n’est pas retenu dans la mémoire. Avec Fontaine c’était bien, je savais qu’il ferait les bons appels…”
Lui: “J’ai horreur du grand n’importe quoi. Aussi ne me parlez pas du comportement des joueurs français en Afrique du Sud en 2010…”
Lui: “Antoine Bonifaci aurait dû faire la Coupe du monde 1958 si ses dirigeants italiens l’avaient laissé venir en Suède. Moi aussi j’ai failli ne pas la faire car je ne croyais pas que le Real Madrid allait me laisser prendre le risque d’une blessure…”
Lui: “Je m’attendais à mieux du Real Madrid lors du dernier clasico mais bon… Barcelone c’est la qualité supérieure. Un jeu de passes haut de gamme. Xavi et Iniesta sont aussi fantastiques que Messi. Iniesta méritait le Ballon d’or en 2010. Il fait gagner l’Espagne en finale de la Coupe du monde… Les petits, ils ne sont pas mauvais, hein [clin d’oeil, car il mesure 1 m 69].”
Une dame est venue a un moment donné pour dire:
-"Bonjour Monsieur Kopa. Je suis la petite-fille de Maurine Cottenet, l’ancien gardien de but de l’équipe de France des années 1920…”
Moi: “Ah! oui, votre grand-père à joué 18 fois en sélection mais pardonnez-moi d’être direct: il a encaissé 79 buts lors de ses matchs internationaux…”
Raymond Kopa n’a pas entendu ce que je disais tout occupé à signer des autographes à tour de bras.
Un homme d’origine congolaise, très poli, lui a demandé d’écrire:
-"A PCA qui a connu les trois plus grands 10 de l’équipe de France…”
Ce demandeur d’autographe a confié en partant:
-"Monsieur Kopa, je sais mesurer votre dimension dans le football. Je sais très bien qui vous êtes…”
Kopa souriait quand on lui disait ce qu’il fallait écrire.
Il aime terminer sa dédicace avec cette formule: “En souvenir de la belle époque.”
Lui: “J’ai combattu pour que cesse l’esclavage dans le football. Jadis les dirigeants nous faisaient signer à 17 ans et nous gardaient jusqu’à 35 ans. J’exagère à peine. Aujourd’hui, c’est le contraire: nous voici dans la liberté sans contrainte. On est passé d’une exagération à un autre comportement extrême.”
Quand des gens voulaient une photo avec lui c’est moi qui devenait photographe.
Kopa n’a pas voulu faire une pause déjeuner pour ne pas casser le rythme.
Il voulait signer 150 livres. Il a atteint l’objectif.
A 14h, je suis allé lui offrir un sandwich Paul au jambon parce que ceux d’Auchan “ont trop de mie".
Il voulait de la baguette et un jus d’orange.
Beaucoup de dames se sont arrêtées pour acheter l’un des livres qu’elle faisait signer.
Des jeunes sont venus aussi.
Je l’ai tenu au courant du score des deux matchs de L2 qui se jouaient:
Clermont 1-2 Boulogne-sur-Mer et Le Havre 2-2 Monaco.
Supporter de Reims, il conserve intacte sa passion. Il était hyper content de la défaite de Clermont qui permet à Reims d’être deuxième à trois points du leader, Clermont.
Un monsieur lui a demandé: “Quel est votre équipe préférée ?”
Le cri du coeur de Kopa: “REIMS ! REIMS !”
Une jeune homme, tout timide:
-"C’est vrai que vous avez eu le Ballon d’Or ?”
Kopa sourit et lui montre la photo de son Ballon d’Or 1958…
Le jeune homme poursuit:
-"Vous jouiez dans quelle équipe ?”
Kopa: “Au Real Madrid ! Tu es bien le seul à me le demander…”
Le jeune homme fit deux pas en arrière:
-"QUOI ! Au Real ! Comme Zidane !”
Dès qu’un enfant s’approchait de lui, il redoublait d’attention et de gentillesse.
Il leur demandait aussi de ne pas froisser les pages de l’album consulté
Lui à moi, en douce: “Il faut éduquer les jeunes. Rien n’est plus important.”
Kopa me confia que Zidane était toujours très gentil avec lui quand il le voyait.
J’ai demandé à Kopa s’il était chef dans les vestiaires, à Reims ou en Suède:
-"Pas besoin, il y avait Albert Batteux… Sur le terrain, c’était autre chose. On était seul. Là il fallait bien décider qui fait quoi dans le match… Au Real, on eut pour entraîneur Carniglia mais ensuite avec Di Stefano et mes partenaires vous savez on savait très bien ce qu’il fallait faire pour gagner. En trois ans, je n’ai perdu qu’un match: le derby contre l’Atlético !”
Moi: “Et Piantoni, c’était un sacré joueur tout près de vous…”
Kopa: “Quel pied gauche! Magnifique joueur. Quel buteur ! Comme j’ai déclaré un joueur qu’il était parfois inconstant, il m’en a voulu… Cela me chagrine mais aux entraînements, il se livrait moins que moi. Il m’arrivait de le chercher alors que j’étais devant. Si on ne peut plus rien dire sur ses amis alors…”
Moi: “Et Platini, dirigeant de l’UEFA ?”
Kopa: “Ce n’est pas mon truc ça. Platini est toujours attentif à mon égard. Je n’ai pas à me plaindre de lui. Quel tireur de coup franc ! Il a beaucoup apporté au football. En 1982-1986, ils avaient un belle équipe. Giresse c’était quelqu’un aussi.”
Tout à coup, il me dit:
-"Je ne suis pas sûr de rester dans le souvenir des gens… Fontaine, oui, grâce à son record de 13 buts lors d’une seule Coupe du Monde, celle de 1958…”
Moi: “Vous rigolez ! Vous êtes historique comme Platini, Zidane. Vous êtes un des plus grands sportifs français en compagnie d’Anquetil, Bobet, Hinault, Killy, Jazy, Mimoun, Cerdan, Carpentier…”
Lui: “Français de Pologne…” dit-il avec un large sourire.
Moi: “Oui, oui, comme Bruno Rodzik…”
Concernant la commercialisation de son nom- domaine où il a été pionnier- il m’a confiée:
-"Pour faire plaisir, j’allais parfois faire acte de présence dans un magasin d’une ville en France. J’ai dû stopper. J’ai été taxé de favoritisme. Je ne pouvais pas aller dans tous les magasins. Je choisissais sans but délibéré. C’est ainsi que j’ai dû renoncer au contact avec le public. J’ai dû me contenter de l’après-match. Vous avez vu comme les gens sont gentils avec moi ? J’ai arrêté de jouer pro il y a quasi 50 ans. Il achète l’album, à presque 25 €. C’est une somme. Ce n’est pas rien. Il faut les donner en temps de crise…”
Et là je regarde la main de Kopa, celle avec le doigt coupé, suite à une blessure quand il travaillait au fond de la mine.
Une dame est venue, juste pour lui dire:
-"Vous êtes autre chose qu’Anelka et Ribéry ! Bravo Monsieur Kopa !”
Lui: “Heureusement que ma femme n’est pas là, sinon elle penserait qu’il s’agit d’une de mes anciennes amies…” (rires)
A 17 h 30, il m’a dit:
-"Bon, allez-y si vous voulez. Vous m’avez donné un sacré coup de main, en plaçant les livres, en parlant aux gens. Tous les gens croient que nous sommes venus ensemble tant on s’entend bien.”
Voilà pour vous faire un peu profiter de ce que je viens de vivre avec l’un de mes héros.
A 10 ans, je lisais des articles sur Kopa dans L’Espoir, l’édition du soir de Nice Matin.
Quasi un demi-siècle plus tard, je passe une journée avec Kopa.
Un homme s’est avancé et a dit:
-"Je suis très étonné de vous voir là à Auchan… Quand même, vous êtes un si grand personnage de la vie française…”
Lui: “Vous trouvez humiliant ce que je fais ou pensez-vous que je viens faire de l’argent ? Sachez que la modeste part qui me revient je la reverse pour la recherche contre le cancer…”
Raymond Kopa et sa femme ont perdu leur fils Denis, mort très jeune, frappé par le cancer.
En partant, il me dit:
-"Plus tard vous pourrez dire que vous m’avez payé un bon gueuleton!” (rires)
A un moment, dans l’après-midi, je ne sais plus quand, il a dit à un visiteur qui l’interrogeait sur ma présence:
-"Non, il ne travaille pas à Auchan mais je sais que cela lui fait plaisir de rester avec moi".
Cette année, mon Père Noël s’appelle Raymond Kopa.

Raymond Kopaszewski dit Kopa
né 13 octobre 1931, à Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais)
Milieu, inter, attaquant

Parcours:
1941-1949/ US Nœux-les-Mines
1949-1951/ SCO Angers
1951-1956/ Stade de Reims
1956-1959/ Real Madrid
1959-1967/ Stade de Reims
1952-1962/ 45 sélections en équipe de France, 18 buts

Palmarès:
3 Champions League: 1957, 1958 et 1959/ Real Madrid
4 Championnats de France: 1953, 1955, 1960, 1962/ Stade Reims
2 Liga: 1957 et 1958/ Real Madrid
Champion de France D2 1966/ Stade Reims
Vice-Champion d’Europe 1956/ Stade Reims
2 Coupes latine: 1953/ Stade Reims et 1957/ Real Madrid
3e de la Coupe du monde 1958
Ballon d’Or 1958

A lire:
-Raymond Kopa et Patrice Burchkalter: LE KOPA, Éditions Jacob-Duvernet, 143 p., 24 € 95.
Un album préfacé superbement par Pelé. Excellent ouvrage qui reprend des anciens articles. Somptueuses illustrations. Le meilleur album de la collection.
-Raymond Kopa et Patrice Burchkalter: Kopa par Raymond Kopa, Éditions Jacob-Duvernet, 267 p, 19 € 90. La vie de Kopa. “Les bons côtés", m’a-t-il dit, avec infiniment de tact.

(1) A lire sur le blog. Le 4 mars 2017, le post sera de nouveau en tête de ligne.

[Post dédié à Jean-Luc Allouche. Et à mes frères Charles et Jean-Luc, plus tous ceux qui ont connu Marcel Morlino et Denis Kopa, et bien sûr aux deux disparus.]

02.03.17

Permalien 10:33:33, Catégories: LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

En trois minutes C. Ronaldo réalise un doublé qui permet le 3-3 lors de Real Madrid-Las Palmas

Mercredi 1er mars 2017
Real Madrid 3-3 Las Palmas
Buts pour le Real: Isco (8e), C. Ronaldo (86e pen., 89e)
Buts pour les visiteurs: Tana (10e), Viera (56e pen.), Boateng (59e)
Le Real se dirigeait vers une défaite à domicile quand C.Ronaldo redoubla d’effort: sur un centre qu’il réalisa, il obtint un penalty qu’il transforma. Score 2-3.
Trois minutes plus tard, il s’élèva dans les airs pour marquer de la tête. Score 3-3.
Voilà ce qui s’appelle être un grand joueur.

Classement de la Liga
1er Barcelone 57 pts 25 matchs + 50
2 Real Madrid 56 pts 24 matchs + 38
3 Séville 52 pts 24 matchs + 19
4 Atletico Madrid 45 pts 24 matchs + 23

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