Catégorie: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

18.12.17

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La mascarade du "Top 50 des Français qui comptent"

Après le JDD, voici que Le Parisien - qui n’est plus libéré comme jadis- y va aussi de son hit-parade des “Français qui comptent". Qui comptent leur argent ? La première fois que j’ai entendu parler de la liste du JDD, j’ai cru que les sondés pouvaient citer n’importe qui. Pas du tout, la liste est établie d’avance, il suffit de proposer un classement.
Première remarque: il faut être vivant. Dès que vous êtes mort, on vous chasse ! Dans la liste, il n’y a pas Charles de Gaulle, Johnny Hallyday, l’Abbé Pierre et Coluche, des Français qui restent pourtant très présents dans la mémoire et le cœur des Français.
Dans les 10 premiers, on découvre 4 acteurs (Sy, S.Marceau, Cotillard, G. Depardieu) 3 sportifs (Riner, Zidane, Parker), 1 politique (Macron), 1 chanteur (Goldman), et 1 médecin (Pelloux).
Le numéro 1 ? Omar Sy. Après Intouchables, il fait aussai carrière aux Etats-Unis. Sa cote de sympathie est justifiée car il est réellement sympathique. Il faut à présent qu’il choisisse bien ses films car le remake de Knock est un navet total. Ce fut une très mauvaise idée de mettre ses pas dans ceux de Louis Jouvet.
Le numéro 2 ? Emmanuel Macron. Il est très rare de voir un président de la République en exercice aussi bien placé. Le Président Macron a l’intelligence d’épouser à 100% sa fonction. Ceux qui ont gouverné comme un people (Sarkozy) ou comme un quidam (Hollande) ont été renvoyés chez eux. La jeunesse de Macron crève l’écran. Il lui faut cependant absolument éviter de tomber dans la politique de l’image, rien que de l’image. Il a devant lui un second mandat qui lui tend le bras.
Le numéro 3 ? Teddy Riner. Le judoka est aimé comme un footballeur alors que sa discipline n’est pas médiatique. Qui peut se réjouir de voir du judo à part les pratiquants ? Le sportif qui empile les titres est impressionnant à tous les niveaux, dommage que son sport soit plus en vogue au Japon qu’en France. Voir quelqu’un tirer sur le kimono d’un adversaire pour le faire tomber ne m’a jamais bouleversé.
Dans la liste proposée, on remarque l’écrasante majorité de gens de la télé. Journalistes y compris. Etonnamment, il n’y a pas Michel Drucker, à l’inverse de Nagui.
Des icônes de YouTube sont présents pour faire “D’jeunes".
Des choix surprennent. Le VRP olympique Estanquet mais pas le jeune footballeur Mbappé.
Des noms brillent par leur absence: Line Renaud, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Kad Merad, Charles Aznavour, Catherine Deneuve et Isabelle Adjani. VGE et Chirac (Mme et Mr) n’y sont pas non plus. Mélenchon et Le Pen fille, oui. Renaud mais pas Souchou, Lama et Julien Clerc. Oui pas Aznavour mais M’Pokora (23e)… Et Jamel Debbouze tant aimé a été aussi passé à la trappe ! Pas sympa pour l’ex habitant de Trappes.
Par contre, il y a Matthieu Ricard (13e), le fils de Jean-François Revel, qui semble dormir dans les couloirs de la télé tellement il y est présent. Comment peut-on se dire spirituel et se vautrer dans la notoriété ? Les plus indulgents parleront de bonne cause à défendre.

03.12.17

J’ai soigné Pétain, Albert Massonie (Tallandier)

Quand on voit ces images, on note que le Maréchal n’était absolument pas gâteux quand il fait ramper la ramper devant les nazis. Après la Libération, de Gaulle a eu pitié du vieux soldat de 14-18.

En 1949, le docteur Albert Massonie, ancien résistant a été chargé de la santé de Philippe Pétain. Le vieux soldat de 93 ans n’avait plus d’admirateurs à part des maréchalistes antisémites nostalgiques des nazis à Paris. Le cacochyme n’était plus qu’un malade dans une situation déplorable, y compris l’hygiène - très présente dans le livre, je vous passe les détails. Le médecin a tenu le journal précis de ses visites à l’ancien héros de Verdun condamné à mort en août 1945 finalement commuée en prison à perpétuité par le général de Gaulle auteur de la formule hugolienne : la vieillesse est un naufrage. Hitler se suicida, Mussolini fut pendu la tête en bas, mais Pétain est resté en vie dans un cachot de l’Ile d’Yeu (Vendée) pendant que Franco se la coulait douce jusqu’en 1975. Et il faut se rappeler que De Gaulle, avant de mourir, rendit visite au dictateur hispanique, une façon de bien montrer qu’il faisait ce qu’il voulait. Voilà une visite dure à avaler.
Lors de la bataille de Verdun au cours de laquelle, Pétain évita un massacre encore plus grand, le docteur Massonie avait 10 ans, donc il ne connaissait son patient que par le biais de l’Histoire. En 1940, Pétain était toujours dans l’actualité. Ses partisans continuent de dire que la collaboration a évité une guerre civile mais ils se gardent bien de rappeler que le chef des Vichystes a durci les lois antijuives de sa propre main : on le sait depuis que le document a été trouvé. Pétain est passé de héros à zéro. Il est étonnant de voir un ancien résistant prendre soin d’un ancien adversaire : le serment d’Hippocrate sans doute: toujours soigner son prochain sans regarder sa condition. Sens du devoir ? Pitié ? Pétain a finalement fini ses jours dans une maison sous surveillance. Au long des fiches de visites, il est appelé «Pépé». Une astuce pour ne pas être P.P, soit Philippe Pétain.

-J’ai soigné Pétain, Albert Massonie. Préfaces de Fabrice d’Almeida et Philippe Charlier. Tallandier, 333 p., 21,50 €

10.11.17

20 h Foot (jeudi 9-11-2017): La Marseillaise, l'Equipe de France, Fekir, Griezmann...

Jeudi 2 octobre 2017
20 h foot, Cnews
Présentation: le duo Pascal Praud et Julien Pasquet
Avec Giovanni Castaldi, Florian Anselme, Tidiany M’Bo, Bernard Morlino…

La Marseillaise lors de tous les matchs ?
Grotesque ! Fausse bonne idée.
Les sportifs ne sont pas des décérébrés. Il est naturel d’aimer la France comme ses parents.
Il ne faut pas toujours regarder ce qui ne va pas. Il faut aussi regarder ce qui va bien.
Les Français aiment leur pays.
Nous ne sommes plus sous Vichy !
Après les attentats, les pouvoirs se sont servis du football pour célébrer la France avec La Marseillaise. Ce fut magnifique. Là plus personne n’a dénigré le sport.
La Marseillaise devrait être chanté sur le podium du championnat de France cyclisme. C’est évident.
Elle est chantée pour les matchs internationaux, très bien. Cela suffit.
Peut-être d’ici peu, quelqu’un dire: “Il faut chanter La Marseillaise après chaque but d’un Français car en L1 il y a trop d’étrangers…” Et puis quoi encore !
Si on impose la Marseillaise avant les matchs de L1, il faudra aussi que les députés la chantent avant chaque séance parlementaire. Les comédiens de la Comédie française devront eux aussi la chanter.
La Marseillaise, il faudrait la chanter à chaque conseil des ministres parce que les politiques se conduisent souvent plus mal que les sportifs. La liste des-pris-la-main-dans-la-confiture est trop longue à énumérer.

25.09.17

François Raveau, héros de la Résistance à 13 ans (Presses de la Cité)

Né en 1928, François Raveau a 11 ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Dès 1940, il s’engage dans la Résistance avec ses parents protestants. En 1944, le jeune homme est déporté à Neuengamme puis Fallersleben et Wöbbelin. Pour l’élaboration de ce livre d’entretiens, il est retourné dans ces camps et aussi sur les lieux de la Résistance en Dordogne. Il raconte aussi comment il est devenu docteur en anthropologie et professeur agrégé de médecine (neuropsychiatre). Le livre existe grâce à son interviewer est Michel Mollard – né en 1964- polytechnicien et docteur ès sciences économiques. Grand merci d’avoir rendu ce bel hommage.
François Raveau dit qu’il n’a pas eu vent de l’Appel du 18 juin 1940 de De Gaulle le jour où il l’a lancé. Cela nous change de tous ceux qui disent l’avoir entendu alors que ce n’est pas vrai. Il faut savoir que très peu de Français connaissaient alors le nom du général et encore moins son visage. Il n’y avait pas la télévision, faut-il rappeler. Il a ensuite lu l’Appel et bien lu. Le Résistant explique qu’on ne sait pas comment on s’engage dans la Résistance, il n’y a ni bureau ni carte. Encore moins d’insigne genre «Francisque» ou «Touche pas à mon pote»- si vous voyez où je veux en venir, ça c’est le Bou[s]quet ! On devient résistant parce qu’on est «contre les Allemands, contre Vichy».
A 13 ans, le jeune Raveau devient «agent de liaison» et transporte des documents d’un point à un autre sans rien demander. Qui pourrait se douter que ce gamin est un héros ? Il cache ses dossiers dans son cartable au milieu de ses livres et cahiers. Personne ne pense à le contrôler. A l’époque, il traite en ennemis le «Maréchal, le gouvernement de Vichy, la police, les gendarmes et le peuple français». Cela fait du bien de lire une parole authentique à l’heure où un histrion médiatique nous raconte que c’est la rue qui a chassé les nazis, au mépris des Alliés. François Raveau à un parcours qui fait grand bien au lecteur trop souvent sollicité par des bouquins sur des collabos. Les héros ne courent pas les rues. François Raveau en est un mais comme tous les héros il ne s’en vante pas. Songez que Jean Moulin n’a jamais dit ce qu’il faisait à son secrétaire Daniel Cordier. Il lui parlait peinture. Se méfier même de ses amis, c’est ça la Résistance. Non par manque de générosité mais pour ne pas qu’ils parlent sous la torture. Il en allait de la Libération de la France.

-Je suis le chat qui va tout seul… Une vie pour comprendre. Entretiens de François Raveau, plus jeune résistant déporté de France avec Michel Mollard . Presses de la Cité, 302 p., 21 €

25.08.17

Pierre Dac (Cherche Midi), Maurice Garçon (Tempus), Marie Rameau (La ville brûle) et Philippe Henriot (Perrin)

Philippe Henriot incarne ce que la France a de plus détestable, celle capable de se mettre à genoux devant l’occupant, en l’occurrence les nazis. En revanche, Pierre Dac est le Français dans toute sa grandeur: insoumis face à la connerie et plein d’humour. De manière encore plus directe: Henriot fut un collabo et Dac un grand résistant, la voix de la France Libre à Londres avec le général.

Maurice Garçon (1889-1967) fut l’un des plus grands avocats de son temps et son journal vaut le coup pour qui s’intéresse aux années noires de la France, celle de l’occupation, de la collaboration et de la résistance. Alors qu’il était pétainiste, l’avocat vire casaque est devient très critique envers les Vichystes. Farouche opposant aux lois de Vichy, il a de très grandes qualités de portraitistes. Il pense en revue beaucoup de ses contemporains qu’il passe à la moulinette dont Sacha Guitry dont précise qu’il était impuissant. Ce genre d’informations ne passe pas inaperçu. Il aimait écrire, cela se voit, et comme souvent c’est quand il fustige qu’il excelle. Ce journal nous replonge dans notre préhistoire celle sur laquelle Patrick Modiano a beaucoup écrit. Ici tout est écrit en direct, ce n’est pas un roman. Un vrai régal. Une mine d’informations. De l’humeur de partout.
Le gros ouvrage sur Philippe Henriot permet de retrouver l’orateur de la collaboration. Le prof de province a été starifié par la Radio, grand mangeur de micros pour déverser sa haine contre la démocratie. Il éructait, et ne parlait pas. Les gens l’écoutaient, buvaient ses paroles. Pierre Dac un jour lui régla son compte dans une polémique. Le nazi franchouillard prétendit que Dac n’était pas un bon français parce qu’il était Juif. Dac le remit à sa place comme il faut, lui rappelant que des tombes contenaient les siens – dont son frère- «morts pour la France ». Dac fustigea Henriot en prédisant qu’il serait bientôt mort pour Hitler… Bien vu ! Vichy a eu le temps d’organiser des obsèques nationales à l’un des plus grands anti-français de l’Histoire.
A 180° du livre sur Henriot, l’ouvrage de Marie Rameau, Souvenirs, fait un travail de mémoire de très haute importance. On y retrouve des femmes, et rien que des femmes, arrêtées et déportées pour faits de résistance. Claquemurées, humiliées, elles trouvent la force de s’occuper dans de petits travaux pour créer des bijoux. Oui, face à mort qui est partout, elles créent. Le livre nous dévoile ce qu’elles ont fabriqué : broches, bijoux, sacs, dessins, sous-vêtement… Quelques dames présentes dans le livre : Denise Vernay, Violette Maurice, Odette Elina, Denise Lorach, Jeannette L’Herminier, Lise London, Germaine Tillion. Des dames de bonne compagnie.
Et ne pas oublier la nouvelle belle réédition du Parti d’en rire, de l’indémodable Pierre Dac à l’humour indispensable. Avec Francis Blanche, il a ouvert la voie à l’humour décapant qui joue sur les mots de manière toujours hyper intelligente.

-Journal 1939-1945, Maurice Garçon. Tempus. 1092 p., 17 €
-Philippe Henriot, Pierre Brana et Joëlle Dusseau. Perrin, 402 p., 24 €
-Souvenirs, Marie Rameau. La ville brûle, 224 p., 30 €
-Le Parti d’en rire, Pierre Dac. Le Cherche Midi, 154 p., 15,90 €

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