Catégorie: LITS ET RATURES

02.10.17

Permalien 13:05:39, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Madame Sullerot par Bernard Morlino et Claude Boulanger

Lundi 2 octobre 2017
Fréquence Protestante
Midi Magazine
Par Claude Boulanger
Avec Bernard Morlino
Sujet : Evelyne Sullerot, protestante engagée et insoumise
Livre : L’Insoumise (Ed. L’Archipel), livre entretien d’Evelyne Sullerot par Bernard Morlino

Pour écouter l’émission de Mme Claude Boulanger sur Fréquence Protestante, consacrée à Mme Evelyne Sullerot, avec Bernard Morlino:

https://frequenceprotestante.com/diffusion/midi-magazine-du-02102017/

28.09.17

Permalien 07:42:54, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Eloge des écrivains maudits, par Patrick Poivre d'Arvor ( Ed. Philippe Rey)

L’ami Serge Reggiani (face à Densie Glaser) & Baudelaire.

Les écrivains maudits ? Patrick Poivre d’Arvor livre les siens. Depuis qu’il lit, ils tiennent une place particulière dans son cœur. Dès la première phrase, il écrit : «Très jeune déjà, je ne pouvais m’empêcher d’être fasciné par le malheur». La vie hélas ! ne l’a pas épargné, comme s’il fallait payer le prix de la renommée. Mme de Staël n’a-t-elle pas écrit : «La gloire est le deuil éclatant du bonheur» ? PPDA ne vous inquiétez pas à une grande profondeur d’âme. Les disparus ne masquent pas les vivants. Par contre, en littérature, les vivants ne l’empêchent pas d’aimer les disparus. Il ne confond pas l’écume des vagues avec les montagnes littéraires, celles qu’on ne peut pas éviter dès lors que l’on vit dans le pays des lettres. Il faut se rappeler que PPDA est le petit-fils de Jean-Baptiste Jeuge, alias Jean d’Arvor, poète-relieur qui lui a donné le goût des livres. L’endroit où il aime écrire c’est sa cachette dans le haut d’un arbre de son jardin. Là, PPDA a installé sa cabane, comme celle de notre enfance ou celle de Thoreau. Le journaliste-écrivain ou le contraire aurait pu aussi présenter la météo tant il aime les nuages, comme Saint-Exupéry ou Baudelaire et non comme un doux rêveur inactif.
Patrick Poivre d’Arvor établit une connexion avec les grands hommes de la télévision de jadis : il est au bout de la lignée Max-Pol Fouchet, Pierre Dumayet, Pierre Desgraupes, Jacques Chancel, Bernard Pivot… Il a fait des émissions consacrées aux livres à une époque où les livres commençaient à disparaître des émissions spécifiques pour n’être plus présents que les émissions people. Il a toujours publié depuis son premier livre. Et le succès ne lui a pas vifs atteint presque la centaine de noms non compris Emmanuel Bove ou Germain Nouveau mais il faut bien savoir mettre un point final.
Parlons des présents : Alain-Fournier, Artaud, Chénier, Darien, Huguenin, Lautréamont, fait perdre de vue que Baudelaire traversa la vie en maudit des lettres. Sa liste d’écorchés Rutebœuf, Villon, pour donner une idée des rebelles. Certains maudits ne le sont pas vraiment ou alors maudits volontaires comme Beckett qui haïssait la gloire : l’Irlandais méprisait trop le commerce des hommes pour s’y attardaient. Jean Genet demandait ses droits d’auteur et n’assistait pas aux représentations de ses pièces sauf en cas d’amitié comme avec Patrice Chéreau : je les revois ensemble à Nanterre, le jour où j’ai eu rendez-vous avec Maria Casarès. Le livre de PPDA est plus un dictionnaire avec un zeste d’étude cas par cas. Un survol qui rafraîchit la mémoire. Les plus jeunes d’entre nous y trouveront la vie ramassée des écrivains, et cela leur donnera envie de les (re)lire. Nul imposteur ne vient ternir l’ouvrage où brillent aussi femmes - et non pas des auteures ou écrivaines, deux horribles mots- dont Marina Tsvetaïeva et Virginia Woolf. Avec ce livre, vous avez l’anti Lagarde & Michard par excellence. Le livre scolaire a fait office de bouclier anti littérature auprès de plusieurs générations de lycéens, hélas ! Charcuter les textes, vouloir toujours expliquer l’inexplicable et bannir des pages tant de brillants écrivains voilà les ravages du Lagarde & Michard. “LE” PPDA devrait envahir les lycées mais l’Etat ne tient pas à avoir des poètes pour seuls citoyens. Il préfère les électeurs, c’est plus facile à manœuvrer. Un lecteur du PPDA, lui, est trop libre pour suivre le troupeau.

-Eloge des écrivains maudits, Patrick Poivre d’Arvor. Editions Philippe Rey, 384 p., 22 €

25.09.17

François Raveau, héros de la Résistance à 13 ans (Presses de la Cité)

Né en 1928, François Raveau a 11 ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Dès 1940, il s’engage dans la Résistance avec ses parents protestants. En 1944, le jeune homme est déporté à Neuengamme puis Fallersleben et Wöbbelin. Pour l’élaboration de ce livre d’entretiens, il est retourné dans ces camps et aussi sur les lieux de la Résistance en Dordogne. Il raconte aussi comment il est devenu docteur en anthropologie et professeur agrégé de médecine (neuropsychiatre). Le livre existe grâce à son interviewer est Michel Mollard – né en 1964- polytechnicien et docteur ès sciences économiques. Grand merci d’avoir rendu ce bel hommage.
François Raveau dit qu’il n’a pas eu vent de l’Appel du 18 juin 1940 de De Gaulle le jour où il l’a lancé. Cela nous change de tous ceux qui disent l’avoir entendu alors que ce n’est pas vrai. Il faut savoir que très peu de Français connaissaient alors le nom du général et encore moins son visage. Il n’y avait pas la télévision, faut-il rappeler. Il a ensuite lu l’Appel et bien lu. Le Résistant explique qu’on ne sait pas comment on s’engage dans la Résistance, il n’y a ni bureau ni carte. Encore moins d’insigne genre «Francisque» ou «Touche pas à mon pote»- si vous voyez où je veux en venir, ça c’est le Bou[s]quet ! On devient résistant parce qu’on est «contre les Allemands, contre Vichy».
A 13 ans, le jeune Raveau devient «agent de liaison» et transporte des documents d’un point à un autre sans rien demander. Qui pourrait se douter que ce gamin est un héros ? Il cache ses dossiers dans son cartable au milieu de ses livres et cahiers. Personne ne pense à le contrôler. A l’époque, il traite en ennemis le «Maréchal, le gouvernement de Vichy, la police, les gendarmes et le peuple français». Cela fait du bien de lire une parole authentique à l’heure où un histrion médiatique nous raconte que c’est la rue qui a chassé les nazis, au mépris des Alliés. François Raveau à un parcours qui fait grand bien au lecteur trop souvent sollicité par des bouquins sur des collabos. Les héros ne courent pas les rues. François Raveau en est un mais comme tous les héros il ne s’en vante pas. Songez que Jean Moulin n’a jamais dit ce qu’il faisait à son secrétaire Daniel Cordier. Il lui parlait peinture. Se méfier même de ses amis, c’est ça la Résistance. Non par manque de générosité mais pour ne pas qu’ils parlent sous la torture. Il en allait de la Libération de la France.

-Je suis le chat qui va tout seul… Une vie pour comprendre. Entretiens de François Raveau, plus jeune résistant déporté de France avec Michel Mollard . Presses de la Cité, 302 p., 21 €

27.08.17

Permalien 09:34:19, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Bob Dylan Electrique, Newport 1965. Du folk au rock. Histoire d’un coup d’état, par Elijah Wald. (Rivages Rouges)

Le 25 juillet 1965 ne fut pas un jour comme les autres dans la vie de Bob Dylan.
Jusqu’alors, le chanteur était le jeune maître de folk songs.
A partir de ce concert du festival de Newport, il se situe aussi dans le rock avec sa guitare Fender Startocaster.
Il joue avec des superbes musiciens qui font vibrer Maggie Farm et Like a Rolling Stone.
Le concert du 25 juillet 1965 marque donc la fin d’un cycle pour une renaissance.
Elijah Wald remonte le fleuve Dylan, pour nous dire ses influences et ses successives évolutions.
L’auteur de Blowing’ in the Wind nous avez prédit que le temps allait changer.

-Bob Dylan Electrique, Newport 1965. Du folk au rock. Histoire d’un coup d’état. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Emilien Bernard. Elijah Wald. Rivages Rouges. 384 p. , 23,80 €

25.08.17

Pierre Dac (Cherche Midi), Maurice Garçon (Tempus), Marie Rameau (La ville brûle) et Philippe Henriot (Perrin)

Philippe Henriot incarne ce que la France a de plus détestable, celle capable de se mettre à genoux devant l’occupant, en l’occurrence les nazis. En revanche, Pierre Dac est le Français dans toute sa grandeur: insoumis face à la connerie et plein d’humour. De manière encore plus directe: Henriot fut un collabo et Dac un grand résistant, la voix de la France Libre à Londres avec le général.

Maurice Garçon (1889-1967) fut l’un des plus grands avocats de son temps et son journal vaut le coup pour qui s’intéresse aux années noires de la France, celle de l’occupation, de la collaboration et de la résistance. Alors qu’il était pétainiste, l’avocat vire casaque est devient très critique envers les Vichystes. Farouche opposant aux lois de Vichy, il a de très grandes qualités de portraitistes. Il pense en revue beaucoup de ses contemporains qu’il passe à la moulinette dont Sacha Guitry dont précise qu’il était impuissant. Ce genre d’informations ne passe pas inaperçu. Il aimait écrire, cela se voit, et comme souvent c’est quand il fustige qu’il excelle. Ce journal nous replonge dans notre préhistoire celle sur laquelle Patrick Modiano a beaucoup écrit. Ici tout est écrit en direct, ce n’est pas un roman. Un vrai régal. Une mine d’informations. De l’humeur de partout.
Le gros ouvrage sur Philippe Henriot permet de retrouver l’orateur de la collaboration. Le prof de province a été starifié par la Radio, grand mangeur de micros pour déverser sa haine contre la démocratie. Il éructait, et ne parlait pas. Les gens l’écoutaient, buvaient ses paroles. Pierre Dac un jour lui régla son compte dans une polémique. Le nazi franchouillard prétendit que Dac n’était pas un bon français parce qu’il était Juif. Dac le remit à sa place comme il faut, lui rappelant que des tombes contenaient les siens – dont son frère- «morts pour la France ». Dac fustigea Henriot en prédisant qu’il serait bientôt mort pour Hitler… Bien vu ! Vichy a eu le temps d’organiser des obsèques nationales à l’un des plus grands anti-français de l’Histoire.
A 180° du livre sur Henriot, l’ouvrage de Marie Rameau, Souvenirs, fait un travail de mémoire de très haute importance. On y retrouve des femmes, et rien que des femmes, arrêtées et déportées pour faits de résistance. Claquemurées, humiliées, elles trouvent la force de s’occuper dans de petits travaux pour créer des bijoux. Oui, face à mort qui est partout, elles créent. Le livre nous dévoile ce qu’elles ont fabriqué : broches, bijoux, sacs, dessins, sous-vêtement… Quelques dames présentes dans le livre : Denise Vernay, Violette Maurice, Odette Elina, Denise Lorach, Jeannette L’Herminier, Lise London, Germaine Tillion. Des dames de bonne compagnie.
Et ne pas oublier la nouvelle belle réédition du Parti d’en rire, de l’indémodable Pierre Dac à l’humour indispensable. Avec Francis Blanche, il a ouvert la voie à l’humour décapant qui joue sur les mots de manière toujours hyper intelligente.

-Journal 1939-1945, Maurice Garçon. Tempus. 1092 p., 17 €
-Philippe Henriot, Pierre Brana et Joëlle Dusseau. Perrin, 402 p., 24 €
-Souvenirs, Marie Rameau. La ville brûle, 224 p., 30 €
-Le Parti d’en rire, Pierre Dac. Le Cherche Midi, 154 p., 15,90 €

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