Catégorie: EN MARGE

04.03.14

Samir Nasri, le plus doué d'entre tous, n'est même pas sélectionné en équipe de France

Les quatre buts de la finale du 2 mars 2014 avec notamment les deux traits lumineux de Yaya Touré, frappe lointaine en pleine lucarne, et de Nasri, un divin extérieur du droit plein d’effet. Du très grand art. Du football exceptionnel.

Finale de la Coupe de la Ligue anglaise
Manchester City 3-1 Sunderland
Buts pour les Citizens: Yaya Touré (55e), Nasri (56e), Jesús Navas (90e)
But pour Sunderland: Borini (10e)

Vous vous souvenez du mot de Jacques Chirac à propos d’Alain Juppé: “C’est le plus doué d’entre nous".
Les joueurs français de la génération de Samir Nasri peuvent dire la même chose.
A 26 ans, l’ex Petit Prince du Vélodrome étoffe enfin son palmarès.
Grand espoir du football français, il n’avait rien gagné à Arsenal, en trois saisons.
Au bout de deux saisons, il a déjà remporté trois titres à Man City

Carrière de Nasri:

2004-2008: Olympique de Marseille
2008-2011: Arsenal
2011: Manchester City 115

Palmarès:
Marseille:
UEFA Intertoto Cup 2005
Arsenal: NEANT
Manchester City:
Premier League 2012
FA Community Shield 2012
Football League Cup: 2014

A Man City où il n’est pas toujours titulaire- mais qui l’est dans cet ensemble de vrais stars?- Nasri, le 2 mars 2014, a prouvé qu’il avait toujours du ballon.
C’est le meilleur technicien français de sa génération. Il sait conserver le ballon, c’est un passeur capable de marquer.
Ses points faibles: peu résistant dans les duels, ralentit souvent le jeu par sa trop forte temporisation. Inconstant.
Ses points forts: de la fluidité, son explosivité, sa technique.
On en a fait une sorte de voyou médiatique. Je n’en sais rien. Je ne le connais pas. Il ne me donne pas l’impression d’être un voyou. Je vois qu’il a joué dans toutes les sélections bleues au cours de sa jeune. Je vois aussi qu’il compte 41 sélections (5 buts) en équipe de France A. Si c’était un voyou pourquoi l’avoir convoqué autant de fois ? Il ne parlait pas à Gallas… dit-on souvent. Nasri, en fait c’est un problème d’entraîneur et de sélectionneur. En club ou en sélection, les dirigeants doivent mettre de l’ordre. Ses embrouilles avec la presse, ses gestes d’humeur ? Cela n’a rien à voir avec la pelouse. On dit que Nasri pourrait mettre du désordre dans le vestiaire de l’équipe de France. Je n’en sais rien.
Un fait certain: la France n’a pas un Nasri bis.
On dit qu’il revient de blessure… sauf qu’il vient de très bien jouer lors de la conquête de la finale de la Coupe de la Ligue anglaise où il a marqué un but hyper important - celui qui a donné l’avantage à City- alors que Ribéry(Bayern Munich) et Sakho (Liverpool) ont été appelé pour jouer en amical contre les Pays-Bas malgré qu’ils n’aient pas joué un match officiel depuis très longtemps.
Il y a deux poids deux mesures.
Samir Nasri a sa place en équipe de France.
Je n’écarterai jamais un joueur qui a autant de talent.
Il faut lui donner des responsabilités: il n’a que 26 ans. C’est l’âge de la dernière progression.
Il peut faire basculer un match en un seul geste.
En classe pure, il est très supérieur à Ribéry qui n’est qu’un joueur de couloir au jeu stéréotypé.
La France n’a pas assez de joueur de ballon pour se passer de Nasri.
Nasri serait le diable qui nuirait aux Bleus ? Je n’y crois pas une seconde.
Je ne retiens qu’une chose: il faut l’aider à s’exprimer le mieux possible.
Et c’est un supporter de Man United qui vous dit tout ça !
Le plus amusant c’est d’entendre que la France va gagner la Coupe du monde 2014.
Les radios qui bavassent du football 24 h sur 24 disent ça pour appâter les auditeurs.
Donc Nasri serait un boulet pour les tricolores, un boulet qui les empêcherait de briller en finale.
Grotesque. Et surtout faux.
La France jouera moins bien sans Nasri.

PS: le 5 mars 2014, la France a battu 2-0 les Pays-Bas au SDF. Je ne regarde jamais les matchs amicaux. J’ai regardé une très grande émission sur le Vatican (FRANCE 3).

16.02.14

La Revue de Stress: Libération prisonnier des baisses de vente

Concernant la crise de Libération, on peut lire dans www.lemonde.fr :
“Pour passer le cap de janvier, l’Etat a versé de façon anticipée une grande partie des aides à la presse dues à Libération pour 2014, soit 3 millions d’euros. En 2013, le titre avait touché 6 millions d’aides publiques mais ce montant pourrait être plus faible cette année, notamment en raison de la baisse des ventes. « Aucun actionnaire n’investirait dans la situation actuelle », estime une source gouvernementale.” (1)

Et aussi:
“En 2013, les ventes en kiosques ont baissé de 28,8 % par rapport à 2012 et viennent de passer sous la barre des 30 000 exemplaires quotidiens (la diffusion payée est, elle, de 100 000 exemplaires environ). Libération n’est pas adossé à un groupe. Les pertes s’accumulent. La direction a dû négocier un rééchelonnement d’une dette de 6 millions d’euros.”

Sur Canal +, Antoine de Caunes a dit que Libération avait demandé 2 M€ supplémentaires au gouvernement, si possible.

Tous les journaux de grande audience bénéficient d’aide gouvernemental.
Et on ose parler de l’indépendance de la presse…
Un journal de gauche sponsorisé par un gouvernement de gauche n’a plus la liberté de critiquer, et s’il critique c’est un goujat qui n’a pas la reconnaissance du ventre. Bien sûr les théâtres subventionnés montent des spectacles hostiles au pouvoir mais un journal n’a rien voir avec du théâtre.
Ce que je dis pour la gauche est valable aussi à droite.
Dans le camp opposé on ne tire pas à boulets rouges sur son patron marchand d’armes actuellement sous les feux de la justice.

Revenons à Libération. Dans les années 1970, c’était un laboratoire grandiose, un vent d’air frais. Rappelons que nous étions sous la domination de la droite.
Au cours de la présidence F. Mitterrand dans les années 1980, Libération a atteint son meilleur niveau: les pages culturelles étaient superbes avec de magnifiques plumes: Daney, Waintrop, Thibaudat…
J’étais moins sensible aux papiers qui usaient trop d’un langage branchouillard qui vieillit très vite.
Les faits divers étaient bien traités par Denis Robert.
Les sports aussi: Remy Fière. Beaucoup d’autres.
Il y avait une grande politique de la photographie sous l’impulsion de Christian Caujolle.
La page courrier créait chaque jour l’événement et puis tout à coup elle a été supprimée.
A partir de cette suppression qui m’a fait l’effet d’une censure je n’ai plus acheté le journal.
Au départ, Libé c’était un organe de presse mis à la disposition des lecteurs.
A mes yeux, Libé=Serge July, comme Tour Eiffel=Paris.
Les journaux comme le reste sont incarnés par une forte personnalité.
Serge July n’avait peut-être pas que des qualités mais sa direction, Libération avait du caractère.
Maintenant Libé c’est qui ?
Jadis Le quotidien de Paris c’était Philippe Tesson.
Libération n’a pas su se renouveler.
Les noms historiques servaient le journal et ne s’en servaient pas.
Libé fut une grande école de journalisme. Au fil du temps, des signatures moins talentueuses étaient surtout fortes pour les effets de manche.
Dans les années 1970, Libération incarné la contestation.
Dans les années 1980, un grand goût culturel.
En 2014, l’identité est floue. Pour les Bobos ?
Désormais, lire Le Parisien n’est plus ringard.
On ne sait pas si ce journal est de gauche ou de droite.
L’actualité est traitée dans des formats lisibles. C’est bien ventilé.
Le Parisien est populaire dans le meilleur sens du mot.
Etonnamment, Le Parisien traîne encore l’image du béret avec la baguette et le litron de vinasse.
A l’ère internet Libération n’a pas su se situer entre Le Monde et Le Parisien.
J’aime lire des humeurs mais pas qu’on me disent: si tu ne penses pas comme toi tu n’es qu’un pauvre type.

(1)http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2014/02/13/liberation-six-jours-de-crise-et-une-demission_4365938_3236.html

02.02.14

Pourquoi la nuit des César au Fouquet's ne déclenche-t-elle pas la colère médiatique comme lors de la venue de Nicolas Sarkozy ?

Vous vous souvenez du foin autour de la soirée de victoire électorale de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s.
J’ai toujours été hostile à ces attaques grotesques contre celui qui venait d’être élu démocratiquement à la présidence de la république.
En fait, les opposants au président élu cherchaient une nouvelle affaire bijoux-offerts-à-VGE-par-Bokassa.
Le vacarme autour de cette soirée au Fouquet’s ne fut qu’une manipulation médiatique de plus.
Comme le fut le silence autour de la fille de F. Mitterrand.
Si on disait: halte-là! vous vous offusquez pour rien… on vous taxez de sarkozyste aveuglé.
Alors je répondais: tous les acteurs sont des sarkozystes puiqu’ils vont tous au Fouquet’s…
Comment peut-on à la fois fermer les yeux sur la nuit des César au Fouquet’s et massacrer Nicolas Sarkozy ?
Le dégoût est sélectif chez les manipulateurs qui ont le rejet à la tête du client.
Certains ont le droit de faire des choses qui restent interdites à d’autres.
Quand Sarkozy va au Fouquet’s c’est le symbole des cochons de riches. Quand les acteurs y vont cela fait rêver, c’est Hollywood en France.
Lors de la cérémonie des César on voit des acteurs, des actrices, des cinéastes, des vedettes de la télé qui se prennent pour des actrices et des actrices qui ne sont en fait que des vedettes de la télé. Il n’y a pas un Raimu là-dedans. Pas une seule Gena Rowlands. N’est pas Jean Gabin qui veut. Il ne suffit pas de présenter la météo pour devenir l’égale d’Anna Magnani. Rien que des produits commerciaux, à 90 %. Tout ce monde parade au Fouquet’s sous les caméras, sans que cela ne fasse naître la moindre critique.
Je vous dis ça car je viens de voir l’annonce de la prochaine cérémonie des Césars qui s’est déroulée bien sûr… aux Fouquet’s. Aucun journaliste n’a crié au scandale.
Les médias attendent même que la nouvelle favorite de l’actuel locataire dit socialiste de l’Elysée soit présente au Fouquet’s lors de la prochaine soirée des César.
La presse serait aux anges si les deux tourtereaux de la nouvelle gauche caviar pouvaient être réunis au Fouquet’s.
Comment dit-on déjà ? “Elections pièges à cons!”
En France, on ne peut plus être libre: faut être soit de gauche, doit de droite.

Eloge du dégoût, de Bernard Morlino (Editions du Rocher)

Régulièrement je remonte à la surface du blog ce post hélas! toujours actuel. Je m’adresse un satisfecit car il s’agit de ma modeste contribution au combat contre les imposteurs qui se servent des médias pour nous raconter n’importe quoi. En gros, tout me dégoûte, sauf le talent. Peut-on en finir avec la République bananière ?

Vu l’actualité de la politique intérieure en France, je republie un extrait de mon livre Eloge du dégoût (2012, Editions du Rocher) Le passage ci-dessous provient du chapitre: “Les politichiens dégradent l’action politique” (p.83-p.96)

-"Les peuplades éloignées étaient beaucoup plus artistes que nous. Nos lointains prédécesseurs avaient le sens des volumes. Face aux masques et autres statuettes anonymes, leur âme nous toise. Nous sommes incapables de tirer autant d’un bout de bois ramassé dans les forêts. On marche sur les asperges sauvages et nous ne ramassons plus les figues gorgées de sucre et de soleil, aplaties par les pneus des voitures indifférentes. On prétend tout savoir mais nous ne sommes pas en mesure de donner le nom des habitants de Los Angeles, de Washington et de Chicago.
Cela rassure de signer des autographes. Douce impression d’exister. Le plus connu d’entre nous n’est plus rien dès qu’il voyage. Certains people vont jusqu’à dire : « L’été je pars à l’étranger dans des endroits où personne ne me reconnaît ». C’est le comble du chic : une cure d’anonymat ! A Paris, ils sont pourtant prêts à tuer père et mère pour se faire une place à la devanture des kiosques à journaux. Les plus cyniques usent de leur gloriole pour passer avant tout le monde devant des distributeurs de billets, au seuil des banques sur les Champs Elysées. Les badauds sont contents de voir de près celui qu’ils voient chez eux quand ils sont en train de se curer le nez.
La pensée régnante du texto nous impose une société qui ne pense pas plus loin que les menus des fast-foods. On s’écrit en charabia. On pense en onomatopées. On ouvre un blog dans le désert. On téléphone aux radios par raconter qu’on a trompé sa femme avec le livreur de sushis… On interroge Madame Michu pour savoir si le budget du ministre de la défense lui convient. On fait croire à chaque auditeur qu’il est journaliste. Les radios sont devenues des vide-ordures.
D’ici peu, les présidents de la république feront leurs allocutions télévisées entourés de clodettes. Un ancien président des Etats-Unis se fait payer une fortune à chaque conférence pour ne rien dire de nouveau sur le conflit israélo-palestinien. En Italie, un président du conseil a atteint un degré de cynisme rarement atteint en démocratie.
Les politichiens ne cessent pas de dire que l’ennemi est à l’intérieur du pays. En 1939, il est venu d’Allemagne. Dans les années 2000, des chasseurs de bulletins de vote désignent les Noirs et les Arabes. Les Français ne s’aiment plus. Sous la présidence Mitterrand, le diable s’appelait FN. Depuis la mort de celui qui en l’a fait proliférer, par tactique électorale, le FN a été convié au second tour dans la bataille pour l’Elysée. On nous prédit que ce parti peut accéder à la fonction suprême. De Gaulle nous faisait prendre le dictionnaire pour voir les définitions de «Chienlit» et de «Volapuk» alors que son homologue de 2007-2012 a traité de « pauv’con» un électeur qui ne l’a pas élu.
Au petit matin, on voit des passants avec de gros casques sur les oreilles. Il ressemble à des techniciens d’une régie de radio et à des astronautes. Avec en plus les lacets défaits et le froc qui laisse apparaître leurs fesses. A quand la télévision walkman ? Moderniser ne veut pas dire liquider le passé. A part les progrès de la médecine, tout ou presque se dégrade. Mes grands-parents étaient piétons. Mes parents, automobilistes. Je voyage en TGV. Nos enfants ou petits-enfants sont-ils condamnés à l’avion supersonique ou doit-on revenir au véhicule hippomobile ?
Pierre Bérégovoy s’est suicidé. Depuis la mort de l’ancien Premier ministre, la politique a perdu de son prestige. Il a mis fin à ses jours pour marquer son désaccord avec les pratiques actuelles. Il était de l’ancienne école. Tout devait se mériter. François Mitterrand avait été séduit par le parcours de cet homme différent des bardés de diplômes. Monsieur Bérégovoy n’a jamais porté de col Mao. Sa séance photo, très John Kennedy, avec ses petits enfants sous son bureau lui posa un problème de conscience. Il n’accepta que pour faire plus dans le coup. Cette façon putassière de séduire le révulsa.”

-Eloge du dégoût
de Bernard Morlino
2012, Editions du Rocher

[Post dédié à Jean Moulin]

22.10.13

Permalink 18:54:34, Catégories: THE RED DEVILS, EN MARGE, GRAND MONSIEUR  

Jadis, les consultants ciblaient sur Domenech, depuis Blanc et Deschamps, le viseur a été déplacé sur les joueurs dont Evra

Evra, avant la Coupe du Monde 2010, nous parle de Sir Ferguson. On voit tout de suite la différence avec Moyes, hélas ! On a échangé une F1 contre un tricycle.

Du temps de Raymond Domenech, les consultants tirés à boulets rouges sur le sélectionneur alors que dans le même temps ils épargnaient les joueurs.
Depuis l’Afsud 2010, tout a changé à 180°.
Souvenez-vous dans l’épisode du bus, il n’y avait plus de sélectionneur puisque, si je me souviens bien, celui-ci n’était pas reconduit après la Coupe du Monde. Donc…
Dès que Blanc a pris l’équipe de France, les consultants ont baissé la garde car certains d’entre eux ont joué avec Blanc.
Après la Coupe du Monde 2010 et la grève du bus, le curseur s’est déplacé sur les joueurs, hormis l’affaire des quotas.
Désormais, les joueurs sont la cible numéro 1.
Idem sous Deschamps. Les consultants phares sont des amis à lui.
J’écoute souvent la radio et c’est vrai qu’Evra y est souvent taillé en pièce, même quand Ribéry a dit qu’Evra avait fait du bien au groupe en parlant dans les vestiaires.
Contre la Finlande, peu de médias ont souligné la très grande performance d’Evra. Son meilleur match en bleu depuis longtemps. Ce soir-là, il joua comme à MU.
Courbis n’apprécie pas les qualités du joueur, il ne cesse pas de dire qu’Evra est plus un ailier qu’un défenseur de métier. Cela revient à considérer le poste comme si nous étions encore dans les années 1950. Dans le football moderne, incarné par G. Facchetti, le plus grand latéral de tous les temps, le latéral monte sans cesse.
Evra est un exceptionnel joueur de MU. Il a une constance extraordinaire. Son seul tort est de souvent mal centrer en bout d’action, défaut qu’il a corrigé depuis deux saisons.
Son règlement de compte n’est pas choquant. Il a dit ce qu’il avait sur le cœur. Il s’est mis une pression supplémentaire.
Autrefois, les joueurs et les journalistes fraternisaient au Variétés Club.
A l’ère d’internet, c’est chacun pour soi.
Je ne regarde jamais les émissions sur le football. Seuls les matchs m’intéressent.
On m’a rapporté qu’un des consultants remis à sa place avait dit, depuis le règlement de compte, qu’Evra n’aurait jamais dû revenir en équipe de France.
On voit donc que la riposte d’Evra était fondée.

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