24.04.15

Permalink 16:46:08, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Pour 7 €, " Discours à l'Académie suédoise" de Patrick Modiano (Gallimard)

A Paris ou à Stockholm, Patrick Modiano est la catharsis de tout le système médiatique. Voici en librairie son Discours de Prix Nobel de Littérature. Là où neuf écrivains sur dix font un texte ronflant, il a donné un texte sur la littérature telle qu’il l’a conçoit. L’ acte d’écrire, chez lui cela tient de la politique, un acte de résistance. Pas un seul instant, il ne fanfaronne dans des effets de manche pour améliorer la marche du monde, à l’opposé de tous les donneurs de leçons. Des années 1960 à aujourd’hui, il n’a jamais varié: la littérature rien que la littérature. On est loin des vulgaires joueurs de tamtam qui font du bruit pour exister.

Je republie un post intégral du 12 décembre 2014:

La Solitude et la discipline sont les maîtres mots de la vie de Patrick Modiano qui consacre sa vie à la littérature.
Le Discours de Suède de Modiano c’est sa Lettre à un jeune poète (Rilke). Un écrivain débutant devra lire ce texte s’il ne veut pas rester qu’un vulgaire auteur comme il y en a tant.
Vive internet! Grâce au net, on a pu voir en direct le discours de Patrick Modiano.
Pour rien au monde je ne l’aurais raté.
Je n’arrive pas à m’habituer à voir Modiano vieillir car on ne se voit pas vieillir soi-même. J’aurais voulu qu’il restât tout le temps jeune. Je précise qu’il vieillit très bien. La classe n’a pas d’âge. On l’a ou pas.
La salle était de nature humaine, pas un amphithéâtre. Juste une assemblée, disons une pièce pour la musique de chambre.
Il y avait une table ronde, avec les livres de Modiano en suédois. Pour nous français, cela donnait l’impression d’être avec une autre écrivain, à cause des couvertures que l’on découvrait. Heureusement, il y avait sa photo et son nom.
Il est entré par la porte du fond, il leva les sourcils. Déjà, il remerciait cet honneur. Il était gêné dès la première seconde.
Au premier rang, on reconnaissait ses deux filles que je vois comme des héroïnes échappées des films de Truffaut.
J’ai reconnu Antoine Gallimard dont le nom suffit à dire sa profession.
Sur le côté, j’ai vu Bernard Pivot, non sans plaisir. D’autres encore ici et là.
Patrick Modiano a voulu monter tout de suite sur la petite estrade mais on lui a demandé de s’asseoir, ce qui provoqua un gag. La salle se mit à rire. On avait l’impression d’être dans un film du cinéma muet. J’ai pensé aussi à Thomas Bernhard. Un jour de remise de prix, l’écrivain autrichien, s’est assis parmi le public pour démontrer que tout ça était une mascarade: en effet, on l’attendait alors qu’il était présent. Modiano, lui, voulut tout de suite prononcer son discours puisqu’il était venu pour ça. Il a ri de sa gaucherie légendaire. Il prit place à côté de sa femme, émue du parcours commun avec l’homme qu’elle aime depuis leur jeunesse.
Le très chaleureux organisateur de la cérémonie, le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Peter Englund, a dit quelques mots de bienvenue puis il a demandé à Modiano de venir parler aux deux micros.
Il a dit: ” Maestro, s’il vous plait". Oui, Maestro cela convient bien.
17 h 30 affichait la pendule. Il y avait ce parfum du Discours du Roi qui n’était venu à l’esprit, mettant un peu au même niveau la timidité majestueuse de Modiano avec la difficulté d’élocution de George VI.
Dès les premiers mots, Modiano s’est mis à transpirer autant que Jacques Brel.
“Je voudrais vous dire combien je suis heureux et ému” d’être ici. Oui, Modiano est heureux et depuis l’attribution de son prix, on l’est avec lui, pour lui, car à l’inverse de Le Clézio qui a la chaleur humaine d’un bout de banquise - ce qui est étrange pour quelqu’un qui écrit si souvent sur le désert- Modiano, lui, est généreux puisqu’il a partagé ce prix avec tous ses lecteurs. Impossible d’être plus humble que Modiano. Ses filles le regardaient comme des parents regardent leur enfant, le monde à l’envers ! Quand on l’a salué avant qu’il ne commence sa lecture, il a fait un geste qui disait: “Je n’ai rien fait, pourquoi m’applaudir ?”
Modiano a expliqué qu’il n’avait pas l’habitude de parler devant du monde. On le savait. Qu’il se rassure: il a été magnifique. Il a raconté comment il écrivait, pourquoi il écrivait. Ses lecteurs n’ont rien appris car Modiano n’a jamais menti sur son travail depuis qu’il a commencé à écrire. Ce discours a repris tous ses thèmes fétiches.
“Un romancier ne peut jamais être son lecteur, sauf au moment des corrections.”
Il a comparé la naissance d’un roman au développement d’une photo argentique. Révélateur, bain d’arrêt, fixateur.
Modiano a parlé comme s’il écrivait devant nous. Avec parfois quelques hésitations qui rajoutaient à l’ambiance émouvante de le voir faire ce qu’il ne fait jamais.
Il a expliqué son quotidien, sa vie en quête de la présence perdue à jamais des oubliés.
Il portait un bout de sparadrap à son index droit, comme s’il avait trop écrit: une blessure d’écrivain.
Il a expliqué qu’on ne pouvait plus partir à la recherche du temps perdu à la manière de Proust, en raison du changement de la perception du temps, précisément.
Il se situe à la charnière du XIXe et d’Internet. De la lenteur à la rapidité.
Il se considère tel un musicien qui écrit.
D’ailleurs à la fin on l’a applaudi, comme s’il venait de jouer un concerto. Un concerto de mots, à coup sûr.
“Mon cousin lointain Amédéo Modigliani” a-t-il précisé pour rendre hommage aux vrais gens de la vie. Quel plaisir de le voir saluer ses racines italiennes ! Il a pensé à tout.
Il a utilisé le mot “matrice” pour bien nous expliquer que le Paris de l’occupation est sa préhistoire.
Attention! Moment important, il a choisi le mot “artiste” pour définir un “écrivain". Il n’a jamais usé du terme “intellectuel". Ce choix est capital. Modiano est un artisan qui fait des romans identique à l’ébéniste qui fait un meuble. La poésie aussi a été mise à l’honneur.
Pas question pour lui de vouloir changer le monde. Il n’a rien à voir avec ces prétentieux qui s’agitent sur nos écrans car ils n’ont pour ambition que la vulgaire notoriété. Un écrivain reste un solitaire qui travaille à sa cadence parce qu’il ne peut pas s’empêcher d’écrire, poussé par un mouvement vital. Rien à voir avec les bonimenteurs qui viennent nous dire qu’il faut faire telle ou telle chose pour sauver l’humanité.
“Le romancier est un voyant, un visionnaire, un sismographe.” Parfait rien à rajouter.
Il a cité Yeats et parlé d’Hitchcock pour expliquer que le cinéaste enfant fut enfermé dans une cellule par un policier qui lui a dit: “Voilà ce qui t’attend si tu te comportes mal". De cette aventure pas banale, Modiano a tiré le fil de toute l’existence du magistral Hitchcock. Modiano a parlé d’Hitchcock pour nous faire comprendre que lui aussi avait un terreau créateur. Des “énigmes, des mystères” fondateurs.
Modiano a évoqué magistralement son jeu de l’oie perpétuelle dans les pages des annuaires.
Pendant tout son discours, il n’a pas bu une seule goutte d’eau. Il est resté concentré, exactement comme lorsqu’il écrit et c’est pour cela que ses livres sonnent si justes. “Pourquoi tant de notes, les bonnes suffisent” disait Miles Davis. Modiano, même combat.
Il s’est arrêté brutalement sur le mot “Océan". L’océan si cher à Lautréamont. La littérature encore et toujours. La vraie, celle qui vient du cœur, de l’âme, celle qui demande qu’on se mette à son service et non l’inverse.
La pendule affichait 18 h 10. Quarante minutes non stop. Aussi beau que Camus dans un registre plus intimiste.
Il a semblé un peu perdu. On pouvait croire qu’il avait mélangé ses derniers feuillets, mais non c’était bel et bien fini.
Il a souri. Il avait ce beau visage de l’enfant démesuré qu’il a souvent.
On l’a applaudi comme on applaudissait Rostropovitch ou Pablo Casals ou Hendrix.
L’organisateur, Peter Englund, a mis sur l’estrade Modiano et sa femme Dominique. Il est rare de voir un vrai couple. Cela nous change des pantins du PAF.
La famille Modiano fut à l’honneur et on la remercie de rehausser le niveau de la France.
A Stockholm on a vu de la sincérité, de l’authenticité, du talent et de l’amour.

-Discours à l’Académie suédoise, de Patrick Modiano. Gallimard, 30 p., 7 €

1/2 de C1 2015 Juve-Real et Barça-Bayern. La finale Real-Bayern ?

Les 1/2 finale de la Champions League 2015 ou la Coupe aux grandes oreilles

Barcelone - Bayern Munich
Juventus Turin- Real Madrid

Les matchs auront lieu les 5-6 mai et 12-13 mai 2015

Finale: le samedi 6 juin 2015, à l’Olympiastadion Berlin.

Juve ou Real - Barcelone ou Bayern Munich

Nous allons voir 4 affiches fantastiques. Le hasard n’existe pas. Nous avons les trois meilleurs clubs actuels: Barça, le Real et le Bayern. Plus la Juve en pleine renaissance.
Ici, pas la place pour les rigolos, les enfants.
Je m’en régale d’avance.
La C1 est la plus grande compétition au monde. Je préfère la C1 à la Coupe du Monde.
Ronaldo est en plein boum; Messi est en retour de forme; le Bayern est un rouleau compresseur, et la Juve est coriace collectivement.
Barça-Bayern s’annonce explosif. C’est du 50-50. Guardiola contre le Barça ou le duel cornélien !
Le Real est plus favori contre la Juve.

Les quatre clubs en 1/2 finale ont remporté en tout 21 Champions League!

-Juventus 2 C1(1985, 1996) 5 fois battu en finale
Real Madrid 10 C1 (1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1966, 1998, 2000, 2002, 2014) 3 fois battu en finale

-FC Barcelone 4 (1992, 2006, 2009, 2011) 3 fois battu en finale
Bayern Munich 5 (1974, 1975, 1976, 2001, 2013) 5 fois battu en finale

Les 1/2 Europa League 2015 ou la Coupe des losers.

Napoli - Dnipro
Sevilla - Fiorentina

23.04.15

Le ballon en or du triple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo pour Chicharito, les deux Red Devils exilés au Real

Ronaldo n’est pas qu’un buteur. On vient de voir une nouvelle fois que c’est un immense passeur. Pourquoi le PSG n’est pas en 1/2 finale de la C1 ? Parce que Ronaldo joue au Real ! Quant à Chicharito c’est un joueur merveilleux à tous les sens du terme. Certes Benzema n’est pas mauvais en relayeur mais il n’a pas les qualités de perforateur du Mexicain. Carlo Ancelotti devrait faire plus jouer la concurrence entre le Français et le Sud-Américain au lieu de ne titulariser celui-ci que lorsque Benzema est “out". Chicharito et Ronaldo ont qualifié le Real (avec un relais de James). Ce que n’ont pas su faire Ibrahimovic et Cavani pour le PSG. Les vrais grands joueurs répondent présents le jour J. CR7 n’est pas une création médiatique. Et Chicharito est un joueur fantastique: il a su jouer sans ballon, se démarquer et attendre la sphère au bon endroit. Ronaldo lui a fait tout le travail préparatoire jusqu’au sacrifice ultime puisqu’il est tombé ne pouvant pas aller plus loin. Action magnifique- nous en 1/4 de C 1 svp- avec en plus l’intervention de James sans laquelle rien n’aurait pu arriver. Ultime geste: Chicharito a placé et dosé son ballon, ne tirant pas dans le tas à l’aveugle. Un but typiquement madrilène: intelligence de jeu, finesse tactique. C’est ça le Real. Hélas! les médias n’ont de cesse de préférer le Barça tout simplement parce que Barcelone = les Républicains et le Real = les Franquistes. Niveau esthétisme, la Maison Blanche n’a rien à envier aux Catalans.

Le super remplaçant a libéré le Real Madrid pour le propulser en 1/2 finale de la C1 2015.
Le Mexicain a souvent marqué des buts importants avec Manchester United dont un capital dans la conquête du tire contre Chelsea, “tuant” d’emblée le match.
Ce joueur ultra explosif marquerait encore plus l’Histoire du Real si on le faisait jouer plus souvent au lieu de toujours aligner Benzema les yeux fermés. Benzema a une grande qualité de transmission mais il n’a pas la promptitude de Chicharito. Carlo Ancelotti aligne toujours l’ex lyonnais et jamais l’ex Red Devil qui lui appartient encore à Man United où il ferait de revenir. Louis van Gaal a préféré Falcao qui ne joue… jamais !

La déclaration Chicharito Hernandez après l’unique but marqué contre l’Atlético sur passe de CR7:
- «C’est un derby et ces derniers temps ces matches n’avaient pas apporté beaucoup de bonnes choses au Real depuis la conquête de la Decima [10e C1]. C’est moi qui ai marqué mais ce but appartient à tout le monde, ceux qui ont eu confiance en moi, mes équipiers, ma famille. Ce but est pour eux tous. Oui, c’est le plus important parce que seul le présent est important. J’ai marqué des buts importants dans ma carrière mais ce qui compte c’est le présent. Cela me donne confiance et Cris m’a offert une grande passe décisive. (Sur l’Atlético) C’est un rival digne. Grâce à Dieu nous avons mérité de gagner.»

Sans Modric, Bale et Benzema, le Real a passé l’obstacle des 1/4 de finale. Le club Merengue a au du mal à passer le tour - avec pourtant une possession de balle de 63%- car il s’agissait en plus d’un derby madrilène. Chicharito s’est fait remarquer trois fois mais la défense des Rojiblancos (11e, 13e, 31e) n’a pas plié.
En seconde période, Chicharito a trop croisé son ballon pour inquiéter le portier adverse (49e). A la 80e minute. servi par James, il s’est dégagé de Godin mais son tir a été détournée par Oblak.
À onze contre dix, suite à l’expulsion d’Arda pour un deuxième carton jaune (74e), le Real a trouvé la faille à la 88e minute, quand Ronaldo a fait un relais avec James pour pénétrer dans les 16 mètres afin de transmettre à Chicharito. Une offrande admirablement dosée, du très grand art signé CR7.
Tous les fans de Manchester United espèrent le retour au bercail de Chicharito. Falcao n’est pas compatible avec MU et van Persie est trop vieux.
Chicharito appartient toujours à MU, il n’est que prêté.

[Post dédié à Mérengué]

22.04.15

Le carré magique des 1/2 de la C1

Chicharito a qualifié le Real Madrid en 1/2 grâce à une passe décisive de Ronaldo après un relais avec James

Exit le PSG, Exit Monaco, exit Porto, exit l’Atletico.
Voice le dernier carré de la C1 2015.
Rien que des grands clubs européens.
La finale idéale au niveau du jeu serait Barcelone - Bayern Munich.
Les 1/2 finale vont être superbes. Déjà des finales.
2 Espagnols, et quels clubs !
Un Italien, le vieille Dame.
Et un Allemand.
Les Anglais et les Français sont déjà à la maison !

Barcelone
Real Madrid
Bayern Munich
Juventus Turin

Le Bayern Munich et Guardiola ont joué à 12 contre Porto

Pep Guardiola a été grandiose contre Porto. Eblouissant de combativité positive. Il parle allemand avec une aisance stupéfiante. Il pétille d’intelligence. Le président du conseil d’administration du Bayern, l’ex buteur Karl-Heinz Rummenigge, le considère comme un “frère d’esprit".

Mardi 21 avril 2015
1/4 Retour de C1
Bayern Munich 6-1 Porto

Buts pour le Bayern: Thiago Alcántara (14e), J. Boateng (22e), R. Lewandowski (27e, 40e), T. Müller (36e) et X. Alonso (88e)
But pour Porto: J. Martínez (73e)

Pep Guardiola est l’actuel plus grand entraîneur du monde.
En tout cas c’est mon préféré.
Vous l’avez-vu lors de Bayern Munich-Porto ?
Le Catalan a vraiment participé au jeu. Il appela Boateng pour lui dire :"Tu montes et tu frappes! ” Et puis tout de suite après: but de Boateng ! Il appela Lahm et lui dit: “Monte et centre!” Et dans la foulée, centre et but !
Le chef d’orchestre catalan a dirigé ses joueurs comme des musiciens.
Il les appelait, leur parlait. Le Bayern a joué à douze et non pas à onze.
C’est la première fois que je voyais ça. L’UEFA ne disait rien.
Pep Guardiola était en totale osmose. Il jouait vraiment avec son cerveau, dictant ce qu’il fallait faire à la seconde près.
Lahm est son relais principal. Vous avez-vu les centres de Lahm ? Les plus beaux centres du monde.
La première mi-temps contre Porto est un chef d’œuvre absolu. Ce fut de la géométrie, des mathématiques.
Fantastique football allemand. Je veux souvent voir perdre l’Allemagne depuis que les Allemands ont brisé les rêves de Puskas (1954) et de Platini (1982 et 1986) mais je reconnais leur football. Un jeu splendide, encore plus rapide et réaliste que les Italiens.
Je rêve de voir Guardiola sur le banc de Manchester United alors que le Red Devil Paul Scholes n’arrête pas de dire que le Catalan sera à Manchester … City dès la saison prochaine. Le Bayern Munich a vraiment eu raison de recruter Guardiola. Les Bavarois vont sans doute gagner cette C1. Leur coach est tellement déterminé.
Ce match Bayern Munich-Porto (6-1) fut le remake de Brésil-Allemagne 2014 (1-7). Un opéra de l’œil.

:: Page suivante >>

Avril 2015
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software