26.03.15

Permalink 12:06:59, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Les grandes biographies, de Stefan Zweig (Livre de poche) qui avait "soif d'autrui" (Olivier Philipponnat)

Il est très rare qu’un grand écrivain soit plus connu pour ses biographies que pour ses romans. Et il est encore plus rare qu’un vrai écrivain consacre autant de temps aux œuvres des autres. C’est le cas de Stefan Zweig. Peu d’authentiques écrivains écrivent sur les autres ou alors ils s’appellent Suarès ou … Ils sont si peu nombreux. Un, deux ou trois livres maximum sinon rien. Zweig lui a écrit d’innombrables biographies pour devenir un pionnier et donc un spécialiste.
Jamais barbante celle comme des thèses illisibles, la plume de Zweig est toujours très vivante. Cela se lit comme un roman: pas de gare ou d’aéroport, disons plutôt un roman de Bibliothèque Nationale. Lire rue de Richelieu - par exemple- sous la grande verrière c’est quelque chose de somptueux. Il y a une volupté. Nous sommes encerclés de livres, pas de bruit ou presque. Disons du bruit tamisé, comme la lumière, et des chuchotements. Parfois un grand boum de quelque chose qui tombe. Cette ambiance est présente dans les biographies de Zweig. Les vagues de savoir nous submergent mais on avance, on avance. On veut savoir quitte à oublier. On veut lire sans pouvoir tout retenir. On veut être traversé par les phrases de Zweig sur Emile Verhaeren, Marceline Desbordes-Valmore, Romain Rolland, Joseph Fouché, Marie-Antoinette, Marie-Stuart, Magellan et Balzac.
Zweig a été toutes ces personnalités le temps des recherches, le temps de l’écriture.
Une grande biographie ne demande pas moins de grâce qu’un bon roman.
Les biographies qu’ils nous présentent sont autant d’autoportraits déguisés.
Dans son introduction, Olivier Philipponnat signale avec brio les rapports que Zweig entretenait avec les grandes figures qu’il faisait entrer dans son œuvre. Zweig avait “soif d’autrui". On ne peut pas mieux dire.
Avoir “soif d’autrui” est un acte de générosité, quand bien même cela demande un échange.
Face à une œuvre d’un auteur mort, on est en présence de la vie, sinon il s’agit d’une langue morte.
Zweig savait tout cela. Voilà pourquoi, il passait beaucoup de temps dans les livres des autres.
Il est davantage un raconteur d’histoires qu’un historien.
Des exercices d’admiration, le plus souvent.
Il n’écrivait pas que sur des morts. Ses proches eurent doit aussi à ses lauriers littéraires: Verhaeren, Rolland…
L’auteur de La confusion des sentiments n’a jamais pu combler son désir d’apprendre.
Il s’est suicidé, dégoûté par le nazisme et aussi par la vieillesse.
Dans sa génération, 60 ans c’est quasi être un vieillard.
Qu’il soit au Brésil, ne lui permettait pas d’oublier ce qui se passait en Europe.
De surcroît, il était au centre d’une polémique: au Brésil on l’accusait d’avoir parlé d’une carte postale sans parler de la dictature.
Zweig ne savait qu’aimer. Si on se mettait à le détester, il était déstabilisé.
Jusqu’à sa venue au Brésil, il voyageait pour se désangoisser.
Dans sa mort, il entraîne sa femme asthmatique, contre son gré, suis-je tenté d’écrire.
Revenons au livre: 2200 pages d’esprit, de finesse, d’intelligence, d’humanisme pour moins de 30 euros. C’est donné.

-Les grandes biographies, de Stefan Zweig. Introduction, notices et bibliographies d’Olivier Philipponnat, Le Livre de poche, 2200 p., 29,90 €

24.03.15

Permalink 09:21:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le match Gallimard-Grasset sur la 5

Pierre Drieu la Rochelle a sauvé la NRF sous l’Occupation. En signe de remerciement, l’œuvre de Drieu a été éditée dans la Pléiade. Les romans… pas le journal antisémite, édité à part, toujours par Gallimard.

Gaston Gallimard et Bernard Grasset se sont livrés une bataille durant quarante ans où ils se sont disputés les plus grands écrivains.
Grasset représente le provincial qui monte à Paris pour réussir.
Gallimard c’est un héritier de la grande bourgeoisie parisienne, mais au lieu de se la couler douce, son amour des livres va le propulser éditeur par la plus petite porte.
Grasset fut un as de la publicité, un pionnier du clip avec Radiguet. Un homme qui veut faire connaître ses auteurs par le visage. On peut dire que cette politique continue aujourd’hui.
Gallimard, lui, veut des œuvres et table sur l’avenir, le fonds.
Cocteau disait de Grasset: “Bientôt, on mettra en gros GRASSET sur mes livres, avec Paroles de Jean Cocteau” rappelle
Pierre Assouline, le biographe de Gallimard.
Au niveau de la guerre, la Seconde, Grasset est devenu ouvertement collaborateur. Il demande à ses écrivains d’aller en Allemagne mais il faut dire aussi que Stock (Chardonne) et Gallimard (Drieu) y sont allés aussi.
Gallimard l’a été aussi mais avec un masque et ce masque s’appelait Pierre Drieu la Rochelle qui a maintenu vivante la NRF pendant le nazisme. Ce fut très important dans ces années noires.
A la fin de la guerre, les écrivains frappés de la norme NRF ont dit que les éditions Gallimard n’avaient rien à se reprocher et qu’il fallait seulement suspendre la parution de la NRF, ce qui fut fait. Tout a été réglé en trente secondes.
Gallimard, même s’il disait que vendre des livres c’était le contraire d’être épicier, était bien sûr un remarquable commercial, c’était sa force. Il s’entourait d’écrivains pour publier de bons livres. A part l’erreur historique d’avoir laissé à Proust à Grasset, Gallimard a gagné le duel Grasset-Gallimard.
Gallimard et Grasset sont toujours présents en 2015. Ils sont à la littérature ce que Citroën et Renault sont à l’automobile, à la différence près que les ouvrages français n’ont rien à envier aux ouvrages étrangers alors les voitures françaises ne sont pas aussi sublimes que les Porsche, Ferrari, Jaguar ou Mercedes.

L’émission en Replay:

http://www.france5.fr/emissions/duels

22.03.15

Permalink 18:02:21, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

La Red Army de Man United a fait plier Liverpool sur son terrain

Le match Liverpool-MU a été vu par Pelé et Sir Ferguson tous les deux présents dans le stade. Emotions.

Dimanche 22 mars 2015
Liverpool 1-2 Manchester United
Buts pour les Reds: Sturridge (69e)
Buts pour les Red Devils: Mata (14e, 59e)

On voulait voir un combat d’hommes, on l’a vu !
Sur le terrain, il n’y avait pas de mauviettes comme on a voit trop souvent lors des gros matchs où il ne faut pas se cacher.
Très bon week-end, Nice est allé gagner à Lyon pour respirer et relancer la L1, et Man United est allé gagner à Liverpool dans la bataille pour la C1. Manque plus qu’une victoire du Real Madrid dans le clasico pour réaliser le coup du chapeau !(1)
Me voilà réconcilier avec MU.
J’ai toujours dit que le football était le simulacre de la guerre. Géniale invention démocratique. Rien à voir avec le terrorisme.
Paul Auster n’en pense pas moins: “Les Européens ont eu l’idée géniale d’inventer le football pour se haïr sans s’autodétruire". Je cite de mémoire.
Le choc Liverpool-Man United a illustré tout ça.
En première mi-temps on a retrouvé la fluidité de MU.
L’esprit de la Red Army a répondu présent. Et van Gaal a enfin compris que l’on devait jouer avec Carrick en sentinelle, et Mata en chef aiguilleur. Cela change tout.
Van Gaal a vibré ce jour comme jamais. On l’a vu se réjouir. Il commence à devenir Red Devil ! On a tant d’avance sur lui. Que savait-il du club ? Rien à part la lecture des journaux.
MU a bien fait circuler, confisquant le ballon pendant 45 minutes. Le but de Mata fut merveilleux, le premier (et le second encore plus!); contrôle extérieur puis frappe intérieure placée de l’autre pied.
Au retour des vestiaires, Liverpool s’est un peu révolté, en vain.
Le but de Liverpool a été inscrit logiquement mais le gardien de MU avait mal fermé la porte.
Que dire du second but de Mata ? Un joyau. Un ciseau horizontal. Aussi beau que la bicyclette du Niçois Eduardo à Lyon.
La messe était dite.
MU s’est très bien retrouvé le jour J. Ce fut mieux que le 1/4 de FA Cup peureusement offert aux Gunners, à la plus grande colère des fans de MU. Cette fois, on dit merci. La lutte continue. Et quand on a vu l’âme rouge sur la pelouse verte de Liverpool, la vie redevient grandiose.
A noter: la bêtise crasse de Gerrard, jouer surcoté. Chouchou des médias bobos parce que le millionnaire à une tronche d’ouvrier. Il a aussi un tout petit front, signe de peu d’intelligence. A peine entré, il fut expulsé pour agression stupide. Son regard est vide comme son football. Son plus grand fait d’arme des dernières années c’est une passe à l’adversaire pour offrir le titre à Chelsea afin d’empêcher MU de devenir champion d’Angleterre. A MU, on a de la mémoire. Gerrard, le jour de sa retraite, laissera le souvenir d’une imposture chronique. Au fil des ans, il est devenu une sorte de Gourcuff anglais. Il a été bon, mais il faut des VHS pour s’en rappeler. J’aime encore mieux voir mal jouer Fellaini que bien jouer Gerrard qui joue au working class héro.
On a vu aussi Balotelli attaquer salement des Red Devils dont Jones.
On a vu Jones, pas toujours clean aussi.
On a vu Rooney griffer une jambe adverse sans se faire avertir.
Ce fut un vrai derby, avec plein de duels, de contacts durs.
Le dernier ? Agression de De Gea par Skrtel qui méritait le rouge, ou du moins le visionnage de la commission de la FA. Le joueur hyper tatoué a marché volontairement sur la jambe du gardien de MU.
Rideau, ce fut sublime, surtout si on est pour MU.
Une sublime journée de football. Stade et pelouse impeccable. Public à la hauteur. De la joie, sans fumigène. Les Anglais vont au stade pour voir du ballon et non pas pour s’amuser.

Manchester United:
De Gea/ (5) N’a rien pu faire sur le but de Liverpool, heureusement sans grave conséquence
Valencia (7) Grosse activité
Jones (6) Bon pitbull
Smalling (7) Un de ses meilleurs à l’extérieur
Blind (7) Gros volume de jeu, typiquement hollandais puis 94e Rojo/
Carrick/ (8) La vigie primordiale
Herrera (6) Bonne relance, puis 83e Falcao; Mata (9) La grâce espagnole; Fellaini (8) Poison humain; Young (3) Bad day puis 55e Di Maria (7) Du bon, du très bon, et du mauvais parfois très mauvais/
Rooney (8) Bon match comme 9 fois sur 10

Sur le banc: Valdes, Rafael, Januzaj, Pereira

Manager: van Gaal (10). Son onze et le schéma ont respecté l’esprit de MU.

Classement
1 Chelsea 70 pts 30 m/ 21 7 2/ 63 25/ + 38
2 Manchester City 61 30/ 18 7 5/ 62 28/ + 34
3 Arsenal 60 30/ 18 6 6/ 58 31/ + 27
4 Manchester United 59 30/ 17 8 5/ 52 27/ + 25
5 Liverpool 54 30/ 16 6 8/ 44 32/ + 12

(1) Le Barça a gagné 2-1. Beau match sans être une rencontre historique. Très belle talonnade de Benzema pour offrir le but à Ronaldo.

Liverpool-MU et le Clasico, le 22 mars 2015

Si vous haïssez le football regardez ces deux matchs et vous comprendrez pourquoi le football peut être grand.

Dimanche 22 mars 2015
Liverpool - Manchester United (14 h 30, Canal+ Sport)
Barcelone - Real Madrid (21 h, beIN SPORTS 1)

Deux gros matchs à venir.
En Angleterre, Louis van Gaal joue gros à Liverpool, si MU perd, la C1 s’éloignera un peu plus et les jours du Batave seront alors un peu plus comptés à MU. Pour l’instant le manager a recruté Di Maria et Falcao, deux images Panini qui n’ont pas encore trouvé leur place dans l’album des Red Devils.
A l’heure actuelle, on ne peut pas dire que MU va gagner à Liverpool. Les temps ont changé. MU n’est plus l’équipe qui fait peur. Ou alors, elle fait peur à ses supporters !
Comme Arsenal a gagné à Newcastle, MU doit limiter la casse à Liverpool, sous peine de voir Wenger s’échapper vers la C1, son but suprême en attendant mieux.
En Espagne, les détracteurs de Ronaldo s’en donnent à cœur joie. Ils en font des tonnes sur la séparation du couple qu’il formait récemment avec une “femme qui a plaqué le triple Ballon d’Or” disent-ils. Si ce n’est pas du people cela y ressemble.
Ils ne cessent pas de délecter de ce qu’ils appellent les “malheurs” de Ronaldo.
Ils disent que Ronaldo ne joue plus depuis “la séparation".
Tout cela est grotesque. Quand Messi ne mettait plus un pied devant l’autre, ils ne disaient rien.
Ceux qui salissent Ronaldo feraient bien de regarder son palmarès, ses statistiques et sa constance depuis 10 ans.

21.03.15

Vainqueur à Lyon, Nice donne un serieux coup de main au PSG

nice a battu Monaco, Marseille et Bordeaux avant de battre Lyon. Cela un siècle que Nice aime les grosses affiches au détriment des petites alors que 3 points restent 3 points de partout.

Samedi 21 mars 2015
OLYMPIQUE LYONNAIS 1-2 OGC NICE

Buts pour l’OL: Gonalons (56e sp)
Buts pour les Aiglons: Eduardo (22e), Eysseric (86e sp)
Expulsion : Palun (54e) à Nice

Lyon: Lopes - Jallet, Rose, Koné, Dabo (Malbranque, 72e)- Gonalons (cap.), Ferri, Gourcuff (Yattara, 48e), Tolisso - Fekir, Njie (Cornet, 64e)

OGC Nice: Pouplin - Palun, Genevois, Bodmer, Amavi - Mendy, Digard (cap. ; Gomis, 63e)- Bauthéac (Koziello, 80e), C.Eduardo (Albert, 87e), Eysseric - Plea

Claude Puel s’est rappelé au bon souvenir de son ancien club, en venant prendre trois points à Gerland, trois points qui étaient très précieux dans la course au titre.
Dans la course au maintien, Nice a répondu présent.
Les Aiglons se devaient de réagir après une série peu glorieuse qui les a vu prendre trois points en deux mois.
L’hémorragie s’est arrêtée à Lyon. L’hémorragie de cadeaux à l’adversaire, dirons-nous.
Il ne faut jamais prendre un adversaire à la légère. Lyon a traité Nice comme Arsenal a considéré Monaco.
Résultat les clubs du Sud ont gagné.
Edouardo a marqué un but d’anthologie, une roue de bicyclette. Ensuite, Nice a raté le K.O. Du coup, Lyon a égalisé sur pénalty.
Réduit à dix, Nice a tiré la langue mais finalement a été récompensé, avec un grand match de son gardien.
Bravo aux Aiglons. C’est tout eux, ça: perdre à Nice contre Guingamp avant d’aller s’imposer à Lyon qui joue la place de leader.
Désormais Paris, Lyon et Marseille se tiennent en haut de classement, dans un mouchoir de poche.
Dans la bas de tableau, Nice s’est donné un coup de yoyo pour remonter à la surface de la L1, du moins dans le ventre mou.
Nice a été solidaire, à l’inverse de Gourcuff, qui fut lui solitaire.
Gourcuff frappe dans les nuages et ensuite, il nous fait style: “Je me suis blessé…”
Il est sorti aussitôt. Sans saluer son staff. Du jamais vu !
Si Nice jouait tout le temps comme à Lyon, le Gym serait déjà loin de la L2.
Cette journée, Nice a bien fait de réagir car les autres mal classés ont aussi fait de bons résultats.

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